Lucas Markham et Kim Edwards : un jeune couple meurtrier.

Lucas et Kim

Kim et Lucas vivaient dans la ville de Spalding, dans le comté du Lincolnshire en Angleterre. Âgés de 14 ans seulement, ils se fréquentaient depuis un an et étaient très amoureux. Kim vivait avec sa mère Elizabeth Edwards, 49 ans, et sa petite soeur Katie, 13 ans.

Dans la journée du 15 avril 2016, les collègues d’Elizabeth s’inquiètent de ne pas la voir au travail. Elle était une employée sérieuse, dévouée, et cela faisait deux jours qu’elle était absente de son travail sans prévenir personne, chose qui ne lui ressemblait pas. Pendant ce temps, les professeurs de Kim et Katie s’étonnent que les filles soient absentes à l’école.

Kim et sa soeur Katie
Elizabeth Edwards

Sans nouvelles d’Elizabeth et de ses filles, des proches ont fini par prévenir la police, qui se rend à la maison des Edwards. Les policiers toquent plusieurs fois à la porte sans obtenir de réponse. En revanche, ils entendent le chien de la famille aboyer à l’intérieur. Les policiers vont alors forcer la porte d’entrée, et lorsqu’ils entrent dans la maison, ils découvrent Kim Edwards en compagnie de son petit-ami, Lucas Markham, enlacés sur un matelas, en train de regarder la télévision.

Les policiers vont alors demander à Kim où se trouvent sa mère et sa petite soeur. L’adolescente va leur répondre froidement « A l’étage ». Les policiers demandent ensuite au jeune couple s’il y a un problème, car cela fait quelques jours que leurs proches s’inquiètent de ne pas avoir de nouvelles. Lucas va leur répondre : « Pourquoi n’allez-vous pas vérifier à l’étage ? »

Les policiers s’exécutent. Ils entrent d’abord dans la chambre d’Elizabeth, et ils découvrent une scène d’horreur. Elizabeth Edwards gît sur son lit dans un bain de sang. La femme a été massacrée. Son meurtre a été tellement violent que du sang avait giclé sur les murs. Après cette horrible découverte, les policiers s’attendent au pire en entrant ensuite dans la chambre de Katie. Ils la découvrent morte dans son lit, recouverte de sang, dans le même état que sa mère.

Kim et Lucas seront alors arrêtés, et rapidement leurs profils se dessinent. Lucas Markham n’a jamais connu son père, et sa mère est décédée alors qu’il était petit. Il a principalement été élevé par sa tante et a toujours démontré un caractère agressif et colérique. Quant à Kim Edwards, elle a très peu de contact avec son père qui était accro aux drogues et qui est parti de la maison lorsqu’elle était petite. Elle avait également une relation tendue avec sa mère. Lorsque Kim avait six ans, sa mère l’avait violemment frappée à la mâchoire, et en réalisant ce qu’elle avait fait, Elizabeth avait prévenu les service sociaux. Par la suite, Kim et Katie avaient été placées en famille d’accueil durant plusieurs mois.

Cet événement avait traumatisé Kim, qui n’avait jamais pardonné à sa mère pour cela. Avec le temps, leur relation se dégradait de plus en plus. En revanche, Elizabeth et Katie s’entendaient à merveille et étaient très proches. Kim enviait la relation privilégiée entre sa mère et sa petite soeur, et cela avait créé une rivalité entre elles. Kim se sentait seule, mise à l’écart et incomprise. En revanche, leurs proches affirment qu’Elizabeth ne faisait pas de favoritisme entre ses filles. En 2015, Elizabeth avait demandé à son médecin généraliste une thérapie familiale.

Kim et Lucas habitaient la même rue et étaient scolarisés dans le même établissement. La jeune fille avait repéré Lucas après que celui-ci ait balancé une chaise à travers leur salle de classe lors d’une grosse colère. Cet acte violent avait fortement plu à Kim, et ils finirent par sortir ensemble. Leur relation était décrite comme fusionnelle. Tous deux détestaient leurs famille, l’école, leurs professeurs. De plus, ils subissaient du harcèlement à l’école et ils se sentaient à leur place que lorsqu’ils étaient ensemble. Elizabeth n’approuvait pas leur couple, elle pensait que Lucas avait une mauvaise influence sur Kim. Cela n’a fit qu’aggraver la relation entre la mère et la fille.

Après avoir découvert que Kim et Lucas avaient des relations sexuelles, Elizabeth avait interdit à l’adolescent de se rendre à nouveau chez elles. De plus, Elizabeth n’aimait pas les changements de comportement qu’elle voyait chez Kim depuis qu’elle avait rencontré Lucas. Les deux jeunes avaient décidé de se rebeller et un jour, ils avaient fugué ensemble jusque dans une forêt, où ils avaient emmené une tente avec d’autres affaires. Après plusieurs avis de recherche, Kim et Lucas avaient fini par être retrouvés au bout de cinq jours de fugue.

Lucas fini par être expulsé de son école et fut scolarisé dans un autre établissement. Kim et Lucas n’allaient donc plus en cours ensemble, mais cela n’a fait que les rapprocher davantage. Ils se sentaient seuls contre tous, et ils s’étaient promis que rien ne les séparerait. Puisqu’ils ne se voyaient plus à l’école, et que Lucas n’avait plus le droit d’aller chez elle, Kim avait alors commencé à s’incruster chez Lucas. Mais chaque fois qu’elle revenait chez elle, elle se rendait compte que ses effets personnels disparaissaient au fur et à mesure. Elle apprit alors que ses affaires étaient données à Katie. La relation entre les deux soeurs devenait de plus en plus tendue.

La situation chez elle était tellement insoutenable pour Kim qu’elle racontait tout ce qui se passait à Lucas. Un jour, alors que Kim se plaignait pour la énième fois de sa mère et de sa soeur, Lucas lui dit calmement : « Nous devrions tuer ta mère. », ce à quoi Kim a acquiescé. Ils commencèrent à planifier leur crime, se disant que même s’ils se faisaient prendre cela ne changeait rien, car le monde était contre eux et qu’ils n’avaient plus rien à perdre.

Le lundi 11 avril 2016, vers minuit, Lucas arrive chez Kim, portant un sac à dos avec quatre couteaux de cuisine à l’intérieur. Il grimpe jusqu’à la fenêtre de la salle de bain et tape plusieurs fois, mais Kim ne l’entend pas car elle dort. Lucas s’en va. Il revient le lendemain soir, mais encore une fois Kim ne l’entend pas. Le mercredi 13 avril au soir, Kim lui ouvre enfin la fenêtre de la salle de bain et le fait entrer. Lucas prend un couteau, enlève ses chaussures, entre prudemment dans la chambre d’Elizabeth et se jette sur elle pour la tuer. Il lui assène deux coups de couteau dans la gorge, c’est alors qu’Elizabeth se réveille brusquement et tente de se défendre. Elle sera alors poignardée cinq fois dans les mains. Lucas va ensuite lui plaquer un coussin sur la tête, tandis qu’Elizabeth le griffe pour tenter de se libérer.

Kim racontera : « Elle luttait. Elle a tendu la main, alors je l’ai attrapée et je l’ai tenue. Quand j’ai réalisé que c’était sa main, j’ai immédiatement retiré la mienne. Je me suis assise à côté de la porte. J’étais sur le point de faire une crise de panique. Mes jambes tremblaient. Puis j’ai tourné en rond en me disant que tout allait bien se passer, que tout était bientôt terminé. Dix minutes plus tard, elle était morte. Elle s’était en quelque sorte relâchée et ne se débattait plus, mais elle émettait des sortes de gargouillements. Il me semble avoir demandé : « Est-ce qu’elle est morte ? » »

Elizabeth est bien morte. Le couple entre ensuite dans la chambre de Katie, où la jeune fille dort profondément. Lucas va également la poignarder deux fois à la gorge avant de l’étouffer avec un oreiller. Kim dira que les derniers mots de sa petite soeur étaient : « Je ne peux pas… » et que sa voix était méconnaissable. Après les meurtres, les adolescents se lavent, descendent le matelas de Kim dans le salon et ont des relations sexuelles tout en regardant les films Twilight. Kim et Lucas prévoient de se suicider le lendemain à 14h, et les policiers découvriront plus tard une lettre d’adieu écrite par Kim : « Je veux que nos cendres soient dispersées dans notre endroit à nous. De la part de Lucas et de Kim : on n’en a plus rien à foutre. » Mais ils ne passeront jamais à l’acte.

Interrogée sur les raisons de ces meurtres, Kim expliquera :  « Depuis toute petite, je ne me suis jamais entendue avec ma mère. Je savais qu’elle préférait ma sœur à moi. Elle affirmait que non, mais je sais qu’elle mentait. Elles parlaient souvent ensemble, et à chaque fois que je me disputais avec ma mère, Katie prenait son parti… Lucas déteste me voir contrariée. C’est pour ça qu’il n’aimait pas ma mère et ma sœur. Je me suis débarrassée de mon plus gros problème, celui qui me déprimait le plus, à savoir ma mère. Ça a été un soulagement. »

Face à leurs actes, Kim et Lucas se sont toujours montré détachés. Lucas dira que selon lui, il avait fait ce qu’il fallait. Lors du procès, Kim a voulu plaider non coupable car elle prétend qu’elle souffrait de troubles mentaux et de pressions psychologiques. Mais le psychiatre ayant évalué Kim lors d’une tentative de suicide en 2015 affirme qu’elle ne présentait aucun trouble mental, et le jury a ajouté qu’elle n’avait donc aucune excuse pour alléger sa peine. Le criminologue David Wilson a décrit les deux adolescents comme ayant un haut niveau de psychopathie. En novembre 2016, Kim et Lucas ont été condamnés à passer minimum 17 ans en prison.

Le meurtre de Kanika Powell : un crime étrange.

Kanika Powell

Kanika est née le 31 janvier 1980. A l’âge de 18 ans, la jeune femme ressort diplômée du lycée Largo High School, situé au Maryland aux Etats-Unis. Par la suite, elle va s’engager dans l’armée et effectuer plusieurs missions en Corée, avant de rentrer aux Etats-Unis en 2004.

Elle vivait seule dans un appartement dans le comté de Prince George au Maryland, et avait fini par trouver un emploi dans un laboratoire de l’université de John Hopkins. Ce laboratoire était réputé pour résoudre « des problèmes complexes de recherche, d’ingénierie et d’analyse qui présentent des défis critiques pour notre nation », selon la description trouvée sur leur site. En 2006, Kanika obtient un poste de haute sécurité au sein du laboratoire, mais la jeune femme n’était pas autorisée à révéler les détails de son travail, ni à ses amis ni à sa famille. On savait juste qu’elle était impliquée dans des projets liés à la sécurité nationale. Il lui arrivait parfois de quitter la ville pour son travail, mais encore une fois la jeune femme devait se faire très discrète sur ses activités.

Kanika T Powell (1980-2008) - Find A Grave Memorial

Le 25 août 2008, la famille et les amis de Kanika reçoivent un mail inquiétant de sa part. La femme y écrit un long texte :

« Je voulais juste partager avec vous la chose la plus effrayante qui m’est arrivée ce week-end. Samedi soir vers 19 heures, un homme frappait à ma porte (comme vous le savez peut-être, je vis seule). J’ai demandé qui c’était et il n’a pas répondu, donc une fois que je me suis approché de la porte et que j’ai regardé par le judas, j’ai vu une silhouette masculine qui ne m’était pas familière du tout. J’ai demandé qui il était et tout ce qu’il a dit, c’est qu’il était du FBI et qu’il cherchait Kanika Powell. Cela m’a vraiment effrayée parce que cet homme connaissait mon nom. Il a tenu un blason mais pas de photo d’identité et il n’a jamais donné son nom. Il m’a dit qu’il me recherchait dans le cadre d’une enquête. Je lui ai dit que je n’avais aucune idée de ce dont il parlait et qu’il aurait besoin de me montrer des documents ainsi qu’un mandat quelconque. Alors il est parti, et j’ai regardé par la fenêtre de ma chambre et je l’ai vu marcher. J’ai aussi entendu une voix lui dire de marcher dans la direction opposée. […] J’ai appelé le FBI et ils m’ont dit que c’était probablement faux parce qu’ils ne venaient jamais à votre porte par eux-mêmes et ils laissent toujours une carte pour que vous puissiez les contacter. J’ai également appelé la police locale pour leur donner une description au cas où quelqu’un essaierait de violer ou de blesser des femmes célibataires. […] Qui sait qui sont ces gars et ce qu’ils font ailleurs… »

Le jour même de l’envoi de cet email, la police est venue chez Kanika pour fouiller la zone, mais ils n’ont rien trouvé. Kanika pensait alors avoir été victime d’un canular. Le 28 août 2008, aux alentours de 7h du matin, on toque à la porte de Kanika. En regardant dans le judas, la jeune femme découvre un homme différent de celui qu’elle a vu il y a quelques jours. Cet homme connaissait aussi son nom, et prétendait être un livreur qui devait lui remettre un colis. Mais Kanika remarque que l’homme n’a pas de colis dans les mains, et elle va à nouveau refuser d’ouvrir sa porte. L’homme est alors parti sans un mot, et sans laisser de colis derrière lui. Les policiers seront appelés de nouveau, mais ils ne trouveront aucune trace de l’homme.

Le même jour, Kanika devait faire des courses avant de partir en voyage pour son travail. Elle pensa qu’il était plus sûr d’y aller en journée. Elle quitte son appartement et revient quelques heures plus tard aux alentours de midi. Et alors qu’elle se trouve dans le couloir de son appartement, elle tombe face à l’homme étrange qui était venu sonner chez elle dans la matinée. Il l’avait attendue devant sa porte.

Avant que Kanika n’ait le temps de réagir, l’homme va lui tirer dessus à plusieurs reprises. Kanika s’effondre, tandis que l’homme prend la fuite. Un voisin alerté par le bruit va découvrir Kanika gisant par terre et appeler les secours. La jeune femme sera rapidement emmenée aux urgences, mais elle décédera le lendemain, le 29 août 2008.

Aucun indice ne fut trouvé, et personne n’a vu l’homme qui a tiré sur Kanika. De plus, son portefeuille et ses clés ont été retrouvés près de son corps, et rien n’a bougé dans son appartement, ce qui exclu la piste d’un vol qui aurait mal tourné. Les proches de Kanika ont affirmé qu’elle n’avait aucun ennemi, c’était une jeune femme sans histoires qui n’avait aucun problème dans ses relations. Alors pourquoi Kanika a-t-elle été tuée ? Pourquoi ces hommes avaient élaboré tout ce stratagème pour l’abattre ? Qui étaient-ils ?

Ce meurtre a fait naître plusieurs théories. Certains pensent que sa mort est liée à son travail au laboratoire de l’université de John Hopkins. Kanika ne devait rien dévoiler sur son travail, et même après sa mort le laboratoire a toujours refusé d’expliquer en quoi consistait le poste de Kanika. Selon les enquêteurs, rien ne prouve que la jeune femme a été tuée à cause de son travail. De plus, quand Kanika avait discuté avec sa mère pour parler de ces hommes étranges, à aucun moment elle n’avait mentionné que son travail pouvait être mêlé à cela.

D’autres ont aussi pensé que Kanika avait été tuée par Jason Thomas Scott, un tueur en série qui résidait également dans le Maryland. Le jeune homme travaillait pour l’United Parcel Service et utilisait les informations des clients de l’entreprise pour trouver ses victimes. Mais son mode opératoire ne correspondait pas à la manière dont a été tuée Kanika, et il a toujours nié être impliqué dans le meurtre de la jeune femme. En revanche, il fut condamné en 2012 pour l’assassinat de cinq femmes.

Les théoriciens soulignent qu’il pourrait y avoir un lien entre Kanika Powell et la mort de Sean Green. Lui aussi vivait dans le comté de Prince George, il travaillait au National Counterterrorism Center en Virginie du Nord et possédait lui aussi un poste de haute sécurité. Trois mois après la mort de Kanika, le 12 novembre 2008, Sean a été tué dans sa voiture par un tireur masqué, alors qu’il se rendait à la salle de gym. Tout portait à croire que le tueur connaissait les habitudes de Sean. De plus, le jeune homme a été tué à quelques kilomètres du domicile de Kanika.

Sean Green

Les meurtres de Kanika Powell et Sean Green ont donc de troublantes similitudes : tous deux vivaient seuls dans le même comté et occupaient un poste important lié à la nation, ils n’avaient pas d’ennemis, aucun antécédent criminel, et de plus ils ont été abattus à seulement trois mois d’intervalle.

Malgré ces points communs, on remarque qu’ils ont été tués de deux manières différentes. Sean n’avait rien vécu d’étrange avant sa mort, ou en tout cas il ne l’avait pas dit à ses proches. Il a ainsi été tué brutalement dans sa voiture, sans avoir eu le temps de prévenir personne. Tandis que pour Kanika, les coupables ont tenté de l’attirer à l’extérieur par diverses méthodes, et la jeune femme avait eu le temps de prévenir sa famille et de voir du monde.

Douze ans plus tard, on ne sait toujours pas pourquoi Kanika Powell a été tuée, ni par qui. Une récompense de 25 000$ est offerte pour quelconque information qui pourrait aider à retrouver les coupables.

Le cas de Diane Augat : une disparition troublante.

Diane Augat

Diane est née en 1958. Elle vivait dans le quartier de Chesapeake Bay Drive à Odessa, dans l’Etat de Floride aux Etats-Unis. Elle était décrite comme étant une épouse et une mère attentionnée, aimant la musique, la pêche et le camping.

Mais dans sa trentaine, on a diagnostiqué à Diane un trouble bipolaire, qui la conduisait parfois dans des états de dépression sévère. Après une crise particulièrement virulente, Diane a perdu la garde de ses enfants en 1988, puis a divorcé en 1991. Elle tomba alors rapidement dans l’alcool et la drogue. Au cours des années qui suivirent, l’état de Diane ne s’arrangeait pas et elle fut incarcérée pas moins de 32 fois pour des délits mineurs. Elle fit également plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Après de sa dernière hospitalisation, Diane s’en alla vivre chez sa soeur Deborah Cronin, qui habitait dans la ville d’Hudson.

Le 10 avril 1998, Diane quitte le domicile de sa soeur vers 11h pour se rendre à un rendez-vous chez son médecin. Deborah se trouvait chez elle à ce moment-là, et elle a bien vu Diane partir à son rendez-vous. Plus tard dans la même journée, Diane sera vue par le barman du pub Hay Loft, situé qu’à quelques kilomètres du domicile de Deborah. Ce soir-là, Diane ne rentrera pas chez sa soeur.

Le Coral Sands Motel

Le 11 avril, Diane est aperçue en train de marcher seule sur la US 19, près de New York Avenue. Entre le 11 et le 13 avril, Diane aurait été vue au Coral Sands Motel, et une serveuse affirme l’avoir également vue déjeuner à l’hôtel Inn on the Gulf. Le 13 avril, la mère de Diane reçoit un appel téléphonique de sa fille. Mais elle ne se trouvait pas chez elle à ce moment-là. Lorsque la mère de Diane est rentrée chez elle, elle a découvert qu’un message vocal a été laissé sur le répondeur. Lorsqu’elle écoute le message, son sang se glace.

Elle y entend sa fille en train de crier : « A l’aide ! A l’aide ! Laisse-moi partir ! », puis des bruits de lutte, comme si quelqu’un essayait de lui arracher le téléphone des mains. Elle entend Diane crier une dernière phrase : « Donne-moi ça ! » puis l’appel se coupe. Lorsque la mère de Diane a tenté de rappeler, personne n’a répondu.

L’identification a indiqué que l’appel provenait d’une entreprise nommée Starlight qui se trouvait à Odessa. Mais en faisant des recherches, les enquêteurs se sont rendu compte qu’il y avait pas moins de six entreprises portant le nom de Starlight, toutes dans un rayon de 70km autour d’Odessa, mais aucune à Odessa même.

Le 15 avril, un doigt coupé dont l’ongle est vernis en rouge a été retrouvé au bord de la route US 19, près de New York Avenue, soit dans la même zone où Diane aurait été aperçue en train de marcher le 11 avril. Ce doigt sera identifié comme étant celui de Diane Augat. Ses proches affirment qu’au moment de sa disparition, Diane portait un vernis à ongle corail. Pourquoi aurait-on repeint ses ongles en rouge ? Et pourquoi avoir laissé son doigt coupé au bord d’une route ? Diane ayant eu des problèmes avec la drogue, aurait-elle pu être impliquée dans des affaires louches ? Pourrait-il donc s’agir d’un avertissement ? Ou tout simplement d’une erreur d’inattention de la part de son meurtrier ?

Entre le 10 et le 18 avril, la maison où vivait Diane à Chesapeake Bay Drive fut cambriolée, mais les policiers n’ont jamais retrouvé les coupables. Ils pensent qu’il pourrait s’agir de personnes que Diane fréquentait. Le 18 avril, la patronne de Deborah découvre dans le congélateur extérieur de son magasin un sac en plastique, avec à l’intérieur des vêtements soigneusement pliés. Deborah va affirmer que ces vêtements appartiennent à sa soeur.

En novembre 2000, Terry Wilson, la petite-amie du frère de Diane, se rend au dépanneur Circle K situé sur la US 19. Elle va alors faire une découverte étrange. Posé sur le comptoir, elle trouve une pochette transparente sur laquelle est écrit le prénom de Diane au marqueur. A l’intérieur il y avait un eye-liner, une bouteille de parfum Taboo, un rouge à lèvres et un tube de dentifrice provenant de l’hôpital psychiatrique où Diane a été hospitalisée. Sa mère affirmera que ces objets auraient pu appartenir à sa fille. De plus, le Circle K se trouve dans un quartier que Diane avait pour habitude de fréquenter.

En 2001, Deborah a reçu un appel d’un des enquêteurs pour lui annoncer qu’un homme était suspecté dans la disparition de Diane. Il s’appelle Gary Robert Evers, il a 52 ans et il est le gérant du Coral Sands Motel, un des derniers endroits où Diane a été vue. Le 27 juin 2001, deux hommes armés et masqués ont fait irruption dans le Coral Sands Motel vers 4h du matin, et Evers avait réussi à les faire fuir en les menaçant avec une arme. Le lendemain, Evers avait confronté Todd Kammers, 26 ans, un délinquant connu des environs. Il l’avait accusé d’avoir participé au cambriolage, ce que Kammers niait. Evers avait alors sorti un pistolet et abattu Kammers.

Hormis le fait que le motel fut l’un des derniers endroits où Diane a été aperçue, et que son doigt a été retrouvé à un pâté de maison du motel également, il n’y avait aucune piste qui aurait pu rattacher Evers à Diane. D’ailleurs, il ne fut jamais inculpé pour la disparition de Diane Augat. En revanche, il fut condamné à perpétuité pour l’assassinat de Kammers, et il mourut en prison en 2012.

Sa mère pense que la maladie mentale de Diane a pu jouer dans sa disparition, car elle avait tendance à faire des crises lorsqu’elle ne prenait pas ses médicaments, et elle faisait facilement confiance aux étrangers. Peut-être que quelqu’un avait profité de sa vulnérabilité ? En revanche, il est très étrange que les effets personnels de Diane furent disposés de manière à ce que sa famille les trouve, comme pour les narguer. De plus, il se pourrait que le responsable de la disparition de Diane la connaissait suffisamment pour savoir où travaillait sa soeur.

A ce jour l’enquête est au point mort. Depuis 2001, il n’y eut plus aucun suspect ni témoin dans la disparition étrange de Diane Augat.

L’affaire Julie Michel : volatilisée lors d’un road trip.

Julie Michel

Julie est née le 10 avril 1987 et vivait à Auxerre dans le département de l’Yonne. Pour l’été 2013, à l’âge de 26 ans, Julie décide de se lancer seule dans un road trip à travers la France, pour ensuite se rendre en Espagne. Elle va donc rassembler toutes ses affaires dans sa Renault 21 Nevada et commencer son périple. Elle passe d’abord quelques jours en Gironde, pour ensuite descendre à Toulouse et où elle va rester quelques jours également.

Julie va ensuite se rendre à Auterive. Pendant son voyage elle est constamment en communication avec ses proches. Dans la soirée du 18 juillet 2013, elle se rendra également au marché nocturne de la ville de Massat, en Ariège. Plus tard dans la nuit, Julie serait allée à Port de Lers, un col pyrénéen qui culmine à 1517 mètres d’altitude. Elle gare sa voiture dans un petit parking du col et y passe la nuit. Le 19 juillet, elle est aperçue par un parapentiste aux alentours de midi en train de déjeuner seule à l’extérieur de sa voiture. Ce sera la dernière fois qu’elle sera vue.

Le 1er août 2013, la mère de Julie signale sa disparition au commissariat d’Auxerre. Cela fait plusieurs jours que Julie ne donne pas de ses nouvelles, mais sa famille ne s’inquiétait pas trop, pensant que la jeune femme profitait de ses vacances et de son indépendance. Mais sa mère avait commencé à s’inquiéter car sa fille ne répondait pas à ses appels. La voiture de Julie sera retrouvée le 6 août 2013, toujours garée sur le parking à Port de Lers. A l’intérieur, les policiers découvre tous ses effets personnels : son téléphone portable, ses chaussures, ses papiers d’identité.

Port de Lers depuis Massat : 1517m
Le parking où la voiture de Julie a été trouvée

En été, il y a beaucoup de visiteurs à Port de Lers, c’est un lieu prisé par les randonneurs et les cyclotouristes sportifs. Mais hormis ce parapentiste, personne d’autre ne semble avoir vu Julie. Autre fait étrange : Julie, qui avait prévu de passer en Espagne, s’est arrêtée à un endroit qui justement ne permet pas de couper vers l’Espagne. Pourquoi avait-elle fait un détour par Massat puis Port de Lers ?

Plusieurs pistes ont été abordées. Peut-être que la jeune femme devait y retrouver quelqu’un ? Ou bien s’était-elle trompé de chemin et avait-elle décidé de faire une pause entre temps ? On se demande également si Julie serait partie faire de la randonnée et aurait eu un accident. Mais selon sa mère, Julie n’était pas intéressée par la randonnée. Autre piste plus sombre, Julie avait peut-être fait une mauvaise rencontre. Il aurait suffit qu’elle s’éloigne du parking et se fasse suivre par un rôdeur. De plus, les vitres de sa voiture n’étaient pas teintées et n’avaient pas de rideaux. N’importe qui pouvait la voir à l’intérieur de son véhicule. Peut-être avait-elle fait une mauvaise rencontre au marché de Massat, et que cette personne l’avait suivie ?

La thèse du suicide a également été envisagée, mais elle a très vite été écartée par Betty Lefebvre, la mère de la jeune femme : selon elle, Julie n’avait aucune raison de se suicider, et même si ça avait été le cas, on aurait forcément retrouver son corps.

En septembre 2013, une centaine de gendarmes et des équipes cynophiles ont organisé des battues pendant plusieurs jours. Port de Lers étant un lieu montagneux avec une végétation dense à certains endroits, les recherches s’avèrent difficiles lorsque l’on s’éloigne du sentier. D’ailleurs, le signalement tardif de la voiture de Julie a fait perdre un temps précieux pour les recherches. Lorsqu’une personne disparaît, les premières 24h sont les plus cruciales. Début novembre 2013, les recherches pour retrouver Julie doivent s’arrêter à cause d’une chute de neige.

En 2014, un homme va affirmé être sûr d’avoir vu Julie au carnaval de Toulouse. Malheureusement cela s’avèrera être une fausse piste. Betty raconte : « C’était un mythomane. Quand je l’ai rencontré, j’ai compris qu’il était bizarre. Son beau-frère m’a appelé quelques mois plus tard, pour m’indiquer qu’il avait menti, et n’avait jamais vu ma fille.»

Par la suite, d’autres hypothèses ont vu le jour, notamment que Julie aurait rejoins une secte. En effet, il y a en Arriège des groupes autonomes de néo-ruraux utopistes qui auraient pu séduire Julie avec ce mode de vie. Encore une fois Betty n’y croit pas. Mère et fille étaient proches, et jamais Julie ne lui aurait caché cela. Mais par la suite, Betty va tomber de haut après avoir exploré les mails de Julie : « J’y ai trouvé des échanges de mails avec la gourelle d’une secte dans laquelle elle était investie depuis plusieurs semaines. Dans ses écrits, je n’ai pas reconnu ma fille, ce n’était plus elle. » Les policiers vont retrouver et interroger cette gourelle, mais cela ne donnera rien.

En 2017, des témoins affirment avoir reconnu Julie parmi des sans-abris à Boulogne-sur-Gesse en Haute-Garonne, où elle se ferait appeler Charlotte. Mais les gendarmes n’ont jamais retrouvé cette jeune SDF. Plus tard, il s’avérera que les témoins n’étaient pas fiables. En mai 2018, toujours sans nouvelle piste, la juge ferme le dossier de Julie Michel.

Mais par la suite, une femme va apporter un témoignage glaçant à la présidente de l’ARPD, l’association pour l’assistance et la recherche de personnes disparues. Selon elle, Julie aurait été tuée dans un gîte et on aurait fait disparaître son corps. Suite à cela, Betty s’est exprimé : « Je demande juste que la justice vérifie cette hypothèse. Ils ont le nom du gîte et plusieurs autres éléments glauques dont je ne préfère pas parler. Pour le moment, ils n’ont rien vérifié. Il faut que je sache, je ne peux pas vivre toute ma vie comme ça. »

Malgré ce témoignage apporté, le dossier reste clôt. « J’ai contacté le procureur de Foix en lui exposant ces nouveaux éléments, malheureusement il ne veut pas rouvrir. » explique Betty Lefebvre. «  […] On m’a dit qu’il fallait que je fasse mon deuil, mais sans corps, ce n’est pas possible. » Lorsque le procureur a été interrogé sur la piste de l’assassinat de Julie, il n’a pas souhaité répondre.

Pendant l’été 2019, des bénévoles et un spéléologue ont effectué des recherches dans la zone, mais cela n’a pas été concluant. A l’été 2020, Betty et David Duval, un bénévole, s’adonnent aux recherches à l’endroit où Julie a disparu, à l’aide d’un drone. « Grâce au travail de plusieurs années, nous avons écarté l’accident en surface, à l’aide d’un drone, je peux visiter les gouffres où elle aurait pu tomber, après cela, nous aurons tout fait concernant la thèse de l’accident en montagne. » explique David Duval.

Malgré tout, Betty est déterminée à faire rouvrir le dossier. Elle a créé la page Facebook « Notre coeur pour Julie » en attendant l’association qui est en cours de création. Via sa page Facebook elle recueille des dons afin de poursuivre des recherches sur place. Après toutes ces années, Betty a toujours l’espoir de connaître la vérité sur la disparition de sa fille, qui s’est volatilisée ce mois de juillet 2013.

La mystérieuse disparition de Wissem Abdelaoui.

Wissem Abdelaoui

Wissem est née le 13 février 2003, elle était originaire d’Evry-Courcouronnes en région parisienne et était décrite comme une jeune fille sans histoires qui envisageait de devenir esthéticienne.

Le matin du 31 juillet 2019, Wissem, 16 ans, part de chez elle pour se rendre au salon Beauty Minute, situé à Villabé, où elle a pu obtenir un stage. Cela faisait un mois que la jeune fille avait commencé son stage et tout se passait bien. Mais plus tard dans la journée, vers 16h, le patron de Wissem appelle sa maman, Samira, pour lui dire que sa fille ne s’est pas présentée au salon. Les parents de la jeune fille s’inquiètent tout de suite, car Wissem était sérieuse et ponctuelle, et ce comportement ne lui ressemblait pas.

Samira tente de contacter Wissem mais elle ne répond pas. Très vite ils vont alors géolocaliser son téléphone portable et découvrir que Wissem se trouverait à Bezons dans le Val d’Oise, plus exactement dans l’allée de Szekszard, juste à côté du parc Bettencourt. Son père Mahi va directement se rendre à cet endroit mais ne trouvera aucune trace de sa fille. Très vite le téléphone de Wissem va s’éteindre, avec donc l’impossibilité de le borner. Avant cela, Wissem avait également supprimé tous ses réseaux sociaux.

Les parents de Wissem vont réussir à obtenir son journal d’appel, et on apprend qu’elle avait appelé un jeune homme majeur qui vivait à Bezons et avec qui Wissem avait rendez-vous cette journée là. Ce jeune sera retrouvé en novembre 2019 et interrogé par les policiers. Il expliquera qu’il était allé manger au Mcdonald de la Défense avec Wissem, puis qu’il avait dû passer à Decathlon. Selon lui, Wissem l’attendait à l’extérieur du magasin, et elle avait disparue à son retour. « Le problème, c’est que les policiers n’ont pas vérifié s’il disait vrai », a déclaré l’avocat des parents de Wissem, Me Arash Derambarsh.

Les policiers vont classer la disparition de Wissem comme une fugue, car dans le passé, l’adolescente avait déjà fugué une fois de l’internat, pendant 12 heures. Mais cette fois les parents ne croient pas à une fugue, car Wissem n’avait aucune raison de tout quitter, d’autant plus qu’elle avait laissé toutes ses affaires, dont sa carte bancaire et sa pièce d’identité.

Plus tard, une réceptionniste d’un hôtel lyonnais va contacter l’association Enfants Disparus car elle est persuadée d’avoir reconnu Wissem à l’accueil. Les policiers vont vérifier les enregistrements des caméras de surveillance et les envoyer aux parents de l’adolescente, mais ces derniers affirmeront que ce n’est pas leur fille sur les images. Cinq mois après la disparition de Wissem, un gérant d’un restaurant kebab situé en Seine-Saint-Denis prévient la famille pour signaler que Wissem s’était rendue à son établissement avec plusieurs autres filles travaillant dans la prostitution, mais après vérification cette jeune fille n’était pas Wissem.

Les proches de Wissem pensent qu’elle est retenue contre son gré par quelqu’un. En effet, ils décrivent Wissem comme vulnérable et facilement influençable. Samira confie ses craintes : « On avait une bonne relation, c’est pour ça que ce n’est pas normal qu’elle ne donne pas de nouvelles. C’est la preuve qu’elle est sous la coupe de quelqu’un. Certainement manipulée. » Avec l’aide de leur avocat, Samira et Mahi vont déposer plainte avec constitution de partie civile pour enlèvement et séquestration. Désormais, la disparition de leur fille est considérée comme une disparition inquiétante.

La meilleure amie de Wissem, Sasou, utilise les réseaux sociaux pour la retrouver. Sur Twitter, elle a lancé le hashtag #oùestwissem qui a été partagé plus de 8000 fois. « On n’arrêtera jamais de chercher. Jusqu’à mon dernier souffle » dit-elle. De leur côté, Samira et Mahi continuent de distribuer des avis de recherche de leur fille. « Ma vie s’est arrêtée ce 31 juillet-là. On ne fait pas de projets, on veut juste la retrouver », explique Samira, qui a toujours l’espoir de retrouver sa fille qui n’a plus donner signe depuis le 31 juillet 2019.

Geraldine Largay : un corps retrouvé en forêt.

Geraldine était une ancienne infirmière de 66 ans qui avait prit sa retraite en 2011. Originaire du Tennessee, elle était décrite comme une femme dynamique, souriante et aimant beaucoup la randonnée.

Geraldine Largay

Comme beaucoup de randonneurs passionnés, Geraldine a pour objectif de traverser le sentier des Appalaches. Ce sentier long de 3510 kilomètres relie le mont Springer dans l’Etat de la Georgie jusqu’au mont Katahdin dans l’Etat du Maine. Le 23 avril 2013, Geraldine se lance à l’assaut des Appalaches, pour une durée de plusieurs mois, en compagnie de son amie Jane Lee. Son mari George Largay va également l’accompagner à sa manière, en la rejoignant en voiture à des points de ravitaillements pour s’assurer que tout va bien.

Le 30 juin, Jane cesse d’accompagner Geraldine à cause d’une urgence familiale. Après avoir parcouru 1000 kilomètres, le 23 juillet 2013, Geraldine quitte seule le sentier pour une pause pipi, prévoyant ensuite de rejoindre le prochain point de ravitaillement, à une trentaine de kilomètres. Elle n’y parviendra jamais.

Le lendemain, George s’inquiète car il n’a pas de nouvelle de sa femme. Il prévient immédiatement les secours, et plusieurs gardes forestiers, hélicoptères, policiers et équipes canines vont être déployés sur place. Malgré d’intenses recherches, Geraldine est introuvable. Il est d’autant plus compliqué de la trouver à cause des terrains forestiers difficiles où l’on peut se blesser facilement. De plus, de fortes pluies vont davantage compliquer la tâche des secours.

Jane racontera que Geraldine avait du mal à se repérer dans la forêt, se trompant de chemin plusieurs fois. Elle avait également peur du noir et pouvait être prise d’attaque de panique. Dévasté, George Largay va promettre la somme de 25 000$ à celui qui retrouvera sa femme. La nuit avant sa disparition, alors que Geraldine se trouvait à un refuge, une femme avec qui elle avait sympathisé la prend en photo. Ce sera la dernière photo de Geraldine.

En octobre 2015, soit deux ans plus tard, un garde forestier qui s’était enfoncé dans la forêt découvre un camp de fortune, où se trouve les restes d’une tente affaissée. A l’intérieur de la tente gît un squelette. Après une analyse ADN, il est confirmé que ce squelette est celui de Geraldine Largay. La tente de la randonneuse se trouvait à seulement 4 kilomètres du sentier, mais elle était difficile à apercevoir car elle se trouvait cachée sous les branches de grands arbres, dans un endroit où la forêt était assez dense.

Aux côtés du corps se trouvait des branches noircies, montrant que la femme avait tenté d’allumer un feu pour se réchauffer. Son téléphone portable et un journal de bord où elle relatait ses journées seront également retrouvés. A l’intérieur, elle y avait écrit qu’elle s’était perdue après avoir quitté son refuge le 23 juillet 2013, passant deux jours à errer dans les bois, envoyant des SMS à son mari, qui ne les recevra jamais à cause de l’absence de réseau. Dans ses textos elle écrivait ceci : « Je me suis perdue, peux-tu prévenir les secours ? Je suis quelque part au nord. » Puis : « Je suis perdue depuis hier. Je suis à 5 ou 6km du chemin. Appelle la police s’il te plaît. » Ses écrits laissent supposer qu’elle aurait survécu jusqu’au 18 août 2013.

Dans son journal, elle fera également une demande émouvante, datée du 6 août 2013 : « Quand vous trouverez mon corps, s’il vous plaît appelez mon mari George et ma fille Kerry. Ils seront heureux de savoir où je suis morte, peu importe dans combien d’années vous me trouverez. Puissiez-vous leur envoyer le contenu de mon sac.»

Les secours ont été déconcertés d’apprendre la localisation du camp de Geraldine, car ils s’étaient déjà approché du campement à moins de 100 mètres pendant les recherches. Ils ne l’avaient pas entendu, et même les chiens policiers ont été incapables de renifler son odeur. De plus, elle se trouvait à proximité d’un centre de formation de la marine américaine. Mais personne n’a rien vu.

« Une vingtaine de randonneurs disparaissent chaque année le long du sentier des Appalaches, mais la grande majorité sont retrouvés dans les 48 heures. Nous retrouvons toujours les gens qui se perdent. Toujours. » avait expliqué le lieutnant Kevin Adam, un an après la disparition de la sexagénaire.

Certains pensent que Geraldine a pu faire une mauvaise rencontre après s’être perdue, et que son corps avait été déplacé plusieurs fois. Mais aucune autre trace ADN ne fut trouvée sur les lieux, et les experts affirment que Geraldine aurait succombé aux éléments et serait morte de faim.

L’étrange disparition de Logan Schiendelman.

Logan Schiendelman

Logan est né le 27 juin 1996 à Olympia dans l’Etat de Washington, aux Etats-Unis. Sa mère, Hannah, l’a confié très jeune à sa grand-mère, afin de pouvoir reprendre ses études, et le jeune homme a donc été élevé principalement par sa grand-mère Ginnie Gebo. Son père, qui était saoudien, a quitté les Etats-Unis avant sa naissance et ils n’ont jamais vraiment eu de contact avec lui. Logan avait également une demi-soeur nommée Chloé.

Logan était scolarisé au lycée de Tumwater où il était bon élève, et il excellait également en sport. Diplômé en 2014, Logan prévoit de rejoindre l’université de l’Etat de Washington à l’automne. Mais alors qu’il commence sa rentrée à l’université, le jeune homme va être victime d’insultes racistes lors d’une fête. S’en suit une période éprouvante où Logan va commencé à s’isoler et à s’éloigner de ses amis, devenant très solitaire. Après sa première année à l’université, Logan était toujours incertain sur son avenir. Il décide donc de tout quitter pour faire des petits boulots à droite à gauche. Il retourne ainsi vivre chez sa grand-mère avec sa demi-soeur.

Le 19 mai 2016, Ginnie Gebo se lève à 7h30 pour se préparer pour le travail. Elle est surprise de trouver Logan dans la cuisine, car son petit-fils a pour habitude de toujours se lever plus tard. Ils discutent alors ensemble, et Logan lui dit qu’il avait eu une révélation, et qu’il avait besoin de lui en parler. Mais Ginnie écourte la conversation car elle doit se rendre au travail. Elle promet à Logan qu’il pourra tout lui raconter ce soir lorsqu’elle rentrera.

Lorsque Ginnie revient du travail dans la soirée, elle remarque que Logan n’est pas rentré. Au bout de quelques heures, Ginnie s’inquiète. Elle appelle Logan sur son téléphone, mais il ne répond pas. A l’aide d’une application, elle réussit à trouver l’emplacement de son téléphone et elle découvre qu’il se trouve à Olympia, près de la maison de sa mère. Ginnie cesse alors de s’inquiéter.

Le 22 mai 2016, après trois jours sans nouvelles de son petit-fils, Ginnie l’appelle plusieurs fois sur son téléphone, sans obtenir de réponse. Elle va contacter sa fille Hannah, qui lui dit que Logan n’était pas venu la voir le 19 mai, comme le croyait Ginnie. Hannah précise que ça faisait une semaine qu’elle n’avait pas vu son fils. Après avoir fait le tour de Tumwater à la recherche de Logan, Ginnie va déclarer sa disparition à la police, et c’est alors qu’on l’informe que la voiture de son petit-fils, une Chrysler Sebring 1996 noire, a été mise à la fourrière le 20 mai dernier. La voiture avait été abandonnée à l’Interstate 5, entre Tumwater et Maytown. A l’intérieur, on y a retrouvé le portefeuille de Logan, son téléphone, ainsi que des sacs de nourriture achetés à une station-service.

Lorsque la disparition de Logan va être signalée publiquement, des témoins vont se présenter à la police pour déclarer avoir vu le véhicule de Logan le 20 mai. Une femme qui se rendait au travail affirme avoir vu Logan en compagnie de deux hommes blancs le matin du 20 mai. Ils étaient debout près de sa voiture qui était garée du côté droit de l’Interstate 5, près de la sortie 95. Lorsqu’elle est repassé au même endroit quelques heures plus tard en sortant du travail, la voiture était toujours là, mais le capot était relevé et les trois hommes avaient disparus. Elle décrit l’un des hommes blancs comme étant blond et très fin, ayant les cheveux courts, faisant à peu près 1m80, portant un jean court et un débardeur trop petit. L’autre homme avaient des cheveux blonds qui lui arrivaient aux épaules, et il portait un jean.

Portrait robot d’un des hommes blancs

Dans la journée du 20 mai 2016, plusieurs personne vont appeler le 911 pour signaler une Chrysler Sebring 1996 noire qui dérivait dangereusement sur les voies de l’Interstate 5, entre Tumwater et Maytown. La voiture va finir par heurter la barrière de sécurité. Un témoin va affirmer avoir vu un homme blanc, avec des cheveux bruns/rouges, sortir précipitamment du côté passager et s’enfuir dans les bois qui longeaient l’autoroute. C’est cette voiture qui sera récupérée par la fourrière, et qui sera identifiée comme étant celle de Logan Schiendelman.

Dans la soirée de cette même journée, un conducteur va appeler la police pour signaler un jeune homme noir qui se promènerait nu. L’emplacement serait à proximité de trafics de crack. Ginnie révèlera que Logan avait commencé à fumer de la marijuana récemment, et que c’était peut-être lui se trouvait à cet endroit. Des recherches approfondies vont avoir lieu, mais aucune trace de Logan ne sera trouvée. Lorsque les enquêteurs analysent le téléphone du jeune homme, on apprend qu’il s’était déplacé vers le sud de la l-5, pour ensuite aller vers le nord et de nouveau vers le sud, jusqu’à l’endroit où sa voiture a été retrouvée.

Le 26 mai 2016, les policiers fouillent l’ordinateur de Logan et ses réseaux sociaux, et ils vont trouver un enregistrement à l’aéroport régional d’Olympia. La famille pensait que Logan avait eu pour projet de rejoindre son père en Arabie Saoudite, mais par la suite, les policiers découvrent que cet enregistrement datait d’il y a un an. Les policiers apprennent alors qu’un an auparavant, Logan avait prit contact avec sa tante paternelle, Tina Crary, avec qui il avait dîné. Lorsqu’elle sera interrogée, Tina dira que Logan avait peur de parler de cette rencontre à sa grand-mère, mais Ginnie a rétorqué que Logan lui avait avoué avoir vu sa tante.

Les policiers vont ensuite découvrir que Logan était mal à l’aise chez sa grand-mère, à cause du petit-ami de sa demi-soeur Chloé. Ce dernier avait emménagé chez eux, et il y avait des tensions entre les deux jeunes hommes. De plus, le petit-ami de Chloé avait un profil inquiétant, ayant auparavant plaidé coupable pour des agressions dans une précédente relation. Cet homme sera interrogé par les enquêteurs, et après avoir réussi le test du polygraphe il sera écarté de la liste des suspects.

L’oncle de Logan, qui a reçu une formation policière, pense que le petit-ami de Chloé a bien quelque chose à voir avec la disparition de son neveu. Il explique que les test du polygraphe conduisent parfois à des faux positifs, et que les enquêteurs l’ont trop rapidement éloigné de la liste des suspects. Le reste de la famille proche de Logan pense qu’il est parti faire sa vie ailleurs, en raison que le jeune homme traversait depuis quelques temps une crise d’identité. On pense également que sa disparition pourrait être due à un trafic de drogue lié à sa consommation. Mais hormis la marijuana, ses proches ont du mal à croire que Logan ait pu consommer des drogues dures. Ginnie déclarera que Logan avait récemment commencé à avoir des tendances paranoïaques ; il était sûr que des gens le regardaient de travers dans la rue, et qu’on l’observait depuis la fenêtre de sa chambre. Le jeune homme aurait pu prendre peur et organiser sa fuite.

Malgré les témoignages, les hommes blancs qui auraient été vus avec Logan n’ont jamais été identifiés, et aucune autre piste ne fut découverte. Et à ce jour, Logan est toujours porté disparu.

L’affaire David Stevenin : un homme disparaît avec son chien.

Originaire de Normandie dans le département du Calvados, David était un jeune homme passionné par la nature et la pêche. Début septembre 2018, le jeune homme de 28 ans, qui a pour projet de changer de vie, décide de partir s’installer au Pays basque.

David et son chien Ioshy

Il quitte alors la Normandie au volant de sa Renault Megane et en compagnie de son chien Ioshy, un berger australien qui ne le quitte jamais. David est ainsi hébergé par son ami Julien à Urt, une petite commune des Pyrénées-Atlantiques, en attendant d’obtenir un logement. Il avait pour habitude d’être assez actif sur ses réseaux sociaux, et les premiers jours de sa venue à Urt le jeune homme poste régulièrement des photos de ses parties de pêche et de ses promenades.

Le 27 septembre 2018, David avait rendez-vous au CCAS d’Anglet afin de commencer des démarches administratives. Ne donnant pas de nouvelle, sa mère Sylvie l’appelle, inquiète. Mais David ne lui répond pas. Elle va alors contacter Julien et il lui révèle l’impensable : David a disparu. Dans la nuit du 25 au 26 septembre, les deux hommes, qui étaient hébergés par un couple de sexagénaires, auraient eu une grosse dispute et en seraient venus aux mains, probablement sous l’effet de l’alcool. Furieux, David aurait quitté le domicile en pleine nuit à bord de sa voiture en emmenant Ioshy avec lui, et ne sera plus revu. Pour Sylvie Stevenin, cette annonce est un énorme choc. Les gendarmes d’Urt vont être prévenus, et une enquête pour disparition inquiétante sera ouverte.

L’inquiétude est d’autant plus grande pour les proches de David car le jeune homme est parti sans prendre son téléphone portable et autres effets personnels. Le logement du couple va être fouillé ainsi que le téléphone de David. D’importantes battues vont être organisées et des hélicoptères vont même survoler la région, mais en vain. La disparition de David est particulièrement inquiétante aux yeux de sa soeur Laura, car selon elle, il ne serait jamais parti sans donner de nouvelles à leur mère, dont il était très proche.

Sylvie et Laura vont restées mobilisées et vont créer une page Facebook dédiée à la disparition de David, en plus de distribuer des affiches dans les environs et de participer aux recherches. En avril 2019, l’Unité Mobile d’Intervention et de secours (UMIS) commence à sonder une petite partie du fleuve de l’Adour mais sans succès. La famille voulu ensuite que l’UMIS intervienne à nouveau pour sonder l’Adour, cette fois de Urt à Bayonne, mais cela a un prix. Grâce à une cagnotte lancée en mars 2020, une belle somme a été recueillit. A cause du confinement, l’opération n’a pu se faire qu’en juillet 2020. Sylvie et Laura ont pu suivre l’opération à distance. Pour des raisons financières liées à la crise sanitaire, la soeur de David n’a pas pu se rendre sur place : « Financièrement c’est un coût de se loger sur place et on n’aurait pas vraiment su quoi faire à part stresser au bord de l’eau. Là au moins, on s’occupe un petit peu l’esprit pour penser à autre chose. » Malheureusement, ces nouvelles recherches au fleuve ne donneront rien.

Le député Jean Lassalle va apporter son soutien à la famille Stevenin, faisant renaître un espoir. Le 10 juillet 2020, il a pu rencontrer les bénévoles participant aux recherches. « Nous avons pu entrer en contact avec lui grâce à une bénévole qui le connaissait.  Il m’a appelée, a proposé que nous rencontrions à Paris pour que je lui raconte toute l’histoire. Et il a voulu nous aider » explique Sylvie, qui compte revenir au Pays basque avec sa fille pour continuer les investigations.

Plusieurs théories ont vu le jour, notamment la piste de l’accident. En effet, le soir de sa disparition, David avait bu. Alors qu’il était en train de conduire, l’alcool et l’adrénaline auraient pu lui provoquer un accident de la route. Mais si c’était le cas, on aurait forcément retrouver sa voiture quelque part, ou peut-être même Ioshy, qui aurait pu s’échapper. Vient alors la piste de la disparition volontaire. A priori, David n’avait aucune raison de disparaître de lui-même, d’autant plus qu’il était très proche de sa famille.

Vient ensuite la thèse du crime : les dernières personnes à avoir vu David ce soir-là, son ami et le couple, ont été interrogés, mais cela n’a rien donner. Mais lorsque la mère et la soeur de David avaient demandé au couple si elles pouvaient récupérer les affaires du jeune homme, le couple avait refusé. De plus, ce couple et l’ami de David ont été très peu investis dans les recherches. Les policiers les ont-ils écarté trop rapidement de la liste des suspects ? David aurait-il fait une mauvaise rencontre après son départ ?

Pour information, David mesure 1m85, sa voiture est une Renault Megane noire immatriculée AV-338-PF. Le harnais noir Julius K9 de Ioshy n’a pas été retrouvé, ce qui laisse supposer que David l’avait avec lui. Ioshy est un mâle pucé (250269802306592).

A ce jour, ni David, ni son chien et ni sa voiture n’ont été retrouvés.

Kevin Vanneste : mystérieusement disparu en Corse.

La disparition inquiétante d'un randonneur belge: "Il était affaibli et  demandait de l'aide" | Belgique | 7sur7.be
Kevin Vanneste

Kevin est un jeune homme originaire de Kuurne en Belgique, il est décrit comme étant indépendant et débrouillard, ayant de bonnes compétences en randonnée et en escalade.

Le 14 septembre 2018, Kevin, alors âgé de 30 ans, arrive en Corse avec pour objectif de faire de la randonnée sur le GR 20. Mais ce voyage sur l’île de beauté ne sera pas de tout repos, car le jeune homme n’avait sur lui que de faibles ressources. Il avait acheté un vol bon marché, et séjournait là où il le pouvait. De plus, le 15 septembre, il avait été incapable de se payer un repas dans un restaurant et s’était donc disputé avec le restaurateur. La police, qui avait dû intervenir sur place, a révélé que le jeune homme avait l’air affaiblit.

Malgré tout, dans l’après-midi du 16 septembre 2018, Kevin s’en va entreprendre seul son ascension au GR 20. Mais avant, il va s’arrêter à la cathédrale Sainte-Marie de Bastia et va discuter avec un prêtre. Ce dernier raconte que Kevin aurait douté de ses capacités à se lancer sur le GR 20, se sentant psychologiquement et physiquement faible. Mais après sa conversation avec le prêtre, il serait ensuite parti en laissant son sac et son téléphone portable, disant qu’il viendrait les récupérer plus tard. Mais le jeune homme ne reviendra jamais chercher ses affaires et ne sera plus revu. Son dernier signe de vie est un texto envoyé à une de ses amies, le 16 septembre à 17h30.

https://www.corsenetinfos.corsica/photo/art/grande/41252217-34763032.jpg?v=1577720187

Malgré l’ouverture d’une enquête par la parquet d’Ajaccio et de nombreuses recherches, l’enquête reste au point mort. La maman de Kevin, Lilium Velghe, a fini par quitter la Belgique pour emménager en Corse, afin de contribuer plus facilement à la recherche de son fils. Plusieurs hypothèses ont vu le jour : accident, kidnapping, disparition volontaire… mais aucune piste n’est encore privilégiée. Plusieurs témoignages vont être recueillis, révélant que Kevin n’avait sur lui aucun argent, pas même une carte bancaire, et qu’il était désintéressé par tous les biens matériels, préférant compter sur la générosité des habitants pour être nourri et logé. De plus, il semblait ne pas avoir conscience de certains risques. Après avoir quitté la cathédrale à Bastia, Kevin serait parti ainsi sans aucun biens, ni équipements.

Kevin aurait-il quitté la Corse ? Cela reste peu probable compte tenu de ses maigres moyens financiers. Pour rappel, le jeune homme n’avait même pas pu s’acheter à manger dans un restaurant. Il est révélé que Kevin était depuis longtemps fragilisé par la perte de son frère, survenue il y a quelques années, puis celle de sa grand-mère début 2018. Cela le plongeait parfois dans des états psychologiques compliqués. Affaiblit et sans aucun équipement, cette randonnée aurait pu être fatale pour le jeune homme s’il avait bien décidé de grimper vers le GR 20. Long de 179km, le GR 20 est qualifié comme le « chemin le plus difficile d’Europe ». Mais concrètement, il n’y a aucune preuve que Kevin se soit bien rendu sur le GR 20 lorsqu’il a été vu pour la dernière fois.

« Je m’efforce de garder confiance » confie Lilium Velghe. « Je me dis parfois qu’il a voulu changer de vie, qu’il va me contacter, un jour, pour me dire qu’il a réussi à reconstruire sa vie

Eerste zoektocht is succes, maar Team Kevin wil nog speuren: "Plots  ontbreekt elk spoor" - Samenleving - KW

Sophie Lionnet : le supplice d’une jeune fille au pair.

Sophie est née le 7 janvier 1996 à Troyes, dans l’Aube. Elle est décrite comme une jeune fille douce, serviable, aimant les animaux et passionnée par le cinéma. Elle possédait un CAP petite enfance, et prévoyait de devenir fille au pair en Angleterre afin d’améliorer son anglais et de s’occuper des enfants.

Sophie Lionnet

En 2015, Sophie fut engagée en tant que fille au pair par Sabrina Kouider, 35 ans, et son compagnon Ouissem Medouni, 40 ans, un couple franco-algériens résidant en Angleterre. Sabrina avait déjà un fils né de sa précédente union avec Mark Walton, le fondateur du groupe Boyzone, et un autre fils né d’un père parisien. Ouissem et Sabrina louaient une belle maison à Southfields, un district de la banlieue sud de Londres. Sabrina, qui se présentait comme styliste de mode, fit tout de suite bonne impression à Sophie, grâce à sa beauté et son attitude décontractée. Ni une ni deux, Sophie saute sur l’occasion et part s’installer avec le couple pour quelques mois.

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider

« Je l’ai vue le 31 décembre 2015, juste avant son départ. Pour la première fois, elle rayonnait, heureuse de s’en aller. » raconte sa cousine.

« Je ne connaissais pas ces gens, je ne les avais jamais contactés et ma fille partait vivre chez eux !… C’était flou, comme projet. Je ne voulais pas qu’elle s’en aille comme ça. Le jour de son départ, j’étais un peu fâchée… » dira sa mère, Catherine.

Au début tout semble aller pour le mieux pour la jeune fille, en tout cas c’est ce qu’elle raconte à ses proches. Mais en réalité, Sophie s’est vite rendu compte que ses patrons l’exploitent. Ils ne la payaient que 56 euros par mois, il y avait chaque jour une ambiance glaciale car Sabrina et Ouissem se disputaient fréquemment, et Sabrina passait sa mauvaise humeur sur Sophie. Petit à petit, Sabrina a commencé à accuser la jeune fille de lui voler des bijoux, et d’avoir eu des relations sexuelles avec son ex Mark Walton. Mais bien évidemment, Sophie et Mark Walton ne s’étaient jamais rencontrés, et de plus, l’homme résidait à Los Angeles.

Ces épisodes psychotiques où Sabrina accusait Sophie des pires choses étaient devenus monnaie courante. Elle pensait également que Sophie avait été envoyée par Mark Walton pour l’espionner, et chaque jour, Sabrina devenait de plus en plus agressive envers la jeune fille. Sabrina avait également posé des caméras dans la maison pour la surveiller, et elle lui avait même volé son passeport et la menaçait de la séquestrer si Sophie n’avouait pas les méfaits dont elle était injustement accusée. De plus, le couple avait commencé à affamer leur fille au pair, qui devenait de plus en plus maigre et faible, allant jusqu’à perdre 20kg.

Afin de faire chanter son ex Mark Walton sur sa supposé realtion avec Sophie, Sabrina a commencé à enregistrer les interrogatoires qu’elle faisait subir à la jeune fille, des interrogatoires qui duraient parfois 12 heures par jour, et auxquels Ouissem participait parfois. Dans ces enregistrements audio et vidéo, on peut y voir Sophie terrorisée, amaigrie, tandis que Sabrina lui hurle dessus : « Tu ne retourneras pas en France avant de m’avoir dit la vérité ! » ou encore « Je prie Dieu pour qu’il m’empêche de te toucher et de me salir les mains ! » « Je vais te gâcher la vie comme tu as gâché la mienne !» « Pourquoi m’as-tu fait du café ce matin-là ? Tu l’avais drogué ? »

Environ six mois après son arrivée en Angleterre, Sophie écrit à sa mère Catherine : « Venir ici ne m’a rien apporté de plus qu’un tout petit peu d’expérience. J’aurais dû t’écouter et non mon cœur. Je suis une idiote… » « Je vais rentrer à la maison, mais je n’ai pas encore reçu de réponse. Je travaille beaucoup et le soir je suis épuisée. (…) Elle dit qu’elle n’en a rien à faire de ma famille et m’accuse d’avoir volé un pendentif avec un diamant dessus, mais je n’ai rien à voir avec ça. Je ne comprends rien à ces histoires, pourquoi j’y suis impliquée.»

En novembre 2016, elle demande à sa mère de l’argent afin de réserver un billet pour rentrer en France. Elle ajoute : « Ils m’ont dit que je pouvais rentrer en novembre, mais le mois touche à sa fin et je ne vois rien venir. Désolée de te déranger avec ça. » Plus tard, Sophie dira à sa mère que Sabrina lui demandait un préavis d’un ou deux mois avant de partir car la mère de famille n’avait pas d’argent pour la payer. Sa mère lui demande de rentrer pour les vacances de Noël, mais Sophie va multiplier les excuses : « Je dois rester aider Sabrina, elle travaille trop je ne peux pas la laisser, elle n’a personne pour me remplacer. » Mais en réalité, c’est Sabrina qui oblige Sophie à trouver des excuses à ses parents, car elle ne veut pas la laisser partir.

Sabrina va commencer à arrêter de donner de l’argent à Sophie et va aller jusqu’à lui confisquer son téléphone portable. Sophie va alors commencer à utiliser l’ordinateur d’une bibliothèque pour contacter ses parents. En février 2017, elle leur écrit : « Je ne peux rien lui dire pour le moment, mais je vais lui parler. (…) Quand elle n’est pas d’humeur, elle me dit que je peux prendre mes affaires et après elle me dit qu’elle est désolée de me parler si mal, qu’elle travaille beaucoup et qu’elle veut m’engager comme modèle pour faire des photos. »

Pendant l’été 2017, Sabrina va appeler Catherine, la mère de Sophie, pour se plaindre de sa fille, lui disant que Sophie traînait avec des hommes plus âgés, qu’elle était paresseuse, et qu’elle avait même agresser ses enfants. Lorsque Sabrina va passer le téléphone à Sophie pour parler à sa mère, la jeune fille est en larmes, mais elle ne dira rien. Catherine va insister pour que Sabrina lui renvoie sa fille en France, mais Sabrina dira qu’elle n’a pas d’argent pour lui payer son billet. En août 2017, Catherine envoie de l’argent à sa fille pour payer son billet d’avion, mais Sabrina appellera à nouveau la mère de Sophie pour lui dire qu’elle décalait son retour en France.

 « On s’est dit que si ça continuait, on s’organiserait pour aller à Londres. Financièrement, c’était dur pour nous. J’avais été licenciée après un long arrêt maladie, seul mon compagnon travaillait. Il n’y avait personne pour garder mon petit garçon. C’était compliqué. Jamais on n’aurait pu imaginer ce qu’il se passait. Je faisais confiance à Sabrina. » raconte Catherine.

Sabrina et Ouissem vont commencer à être violents physiquement et vont battre la jeune fille à la moindre occasion, en plus de continuer leurs interrogatoires musclés où Sophie était insultée et malmenée. Le 18 septembre 2017, après des mois de torture, Sophie craque et avoue ces crimes imaginaires, espérant avoir la paix. Mais le couple va alors l’emmener dans la salle de bain, et la noyer dans la baignoire.

Le 20 septembre 2017, un voisin appelle les policiers car une épaisse fumée se dégage depuis plusieurs heures du jardin de Sabrina Kouider et Ouissem Medouni. Quand les policiers sont arrivés, ils ont vu que Ouissem avait fait un barbecue avec du poulet, mais la fumée noire qui s’en dégageait était tellement épaisse que les policiers ont tout de suite penser que c’était anormal. Et parmi les cendres, ils ont pu découvrir un nez et une main. Très calme, Ouissem dira qu’il avait simplement fait brûler un mouton, ce qui expliquait l’épaisse fumée. Lorsque Sabrina se fera interrogée ce même soir, elle dira qu’elle ne sait pas où se trouve sa fille au pair, et qu’elle est sans doute partie avec Mark Walton.

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider seront rapidement mis en examen pour meurtre et placés en détention. Ils vont reconnaître avoir voulu faire disparaître le corps de Sophie mais nient l’avoir tuée. Le cadavre de Sophie, qui avait été mit dans une valise avant d’être brûlé, avait été calciné au point qu’il fut difficile de détermine le sexe. L’autopsie révélera quatre côtes cassées, des hématomes aux bras, au dos, à la poitrine, ainsi que des fractures au sternum et à la mâchoire.

Lors de leur procès le 19 mars 2018, Sabrina et Ouissem nient les accusations et plaident non coupable. Sabrina dira même : « Elle était très, très heureuse. Elle ne voulait pas aller dans sa famille». Comme quoi elle aurait empêché Sophie de se rendre chez sa famille à Noël 2016, elle répond : «Elle ne l’a pas demandé parce que nous avions des moments formidables. Elle s’amusait. (…) Je pense que c’est le meilleur Noël que nous ayons jamais eu». Sabrina Kouider ajoute que Sophie aurait pu partir quand elle le voulait, qu’elle était toujours payée et qu’elle avait même eu droit à des extras.

Puis, elle va commencer à blâmer la jeune fille : « Sophie me rendait folle! Elle agissait de manière malfaisante (…) elle jouait la victime ! (…) C’était moi la prisonnière (…) pendant que Sophie se baladait avec Mark Walton !» « Je n’ai pas tué Sophie ! Je traitais bien Sophie, je la respectais ! » plaide-t-elle devant le juge. Au cours de leur procès, Sabrina et Ouissem vont ensuite rejeter la faute l’un sur l’autre : « Sabrina m’a réveillé, probablement vers 01h30. Elle disait que Sophie ne respirait pas », raconte Ouissem au tribunal. Il affirme avoir tenté de réanimer en vain la jeune fille, puis avoir enveloppé Sophie dans un draps blanc et l’avoir mise à l’intérieur d’une valise pour ne pas que les enfants la voient. Lorsqu’on lui demande pourquoi il n’a pas prévenu les secours, il répond que c’était à nouveau pour protéger les enfants. Ouissem ajoute que c’est Sabrina qui aurait insisté pour brûler le corps de Sophie.

Ouissem accuse alors sa compagne devant le tribunal : « C’est toi qui l’as fait ! Tu as mis sa tête dans l’eau !» . En ce qui concerne les interrogatoires auxquels il participait, il répond qu’il pensait que Sophie menaçait la sécurité de leur famille et qu’il voulait connaître la vérité : « J’avais à l’esprit l’histoire selon laquelle Sophie emmenait (un des garçons) auprès d’un pédophile.» « Parfois les mots que j’ai utilisés étaient horribles et je le regrette.»

« Les souffrances et la torture que vous lui avez infligées avant sa mort étaient prolongées et sans pitié » leur déclare le juge Nicholas Hilliard. « Je suis certain (…) que vous avez tous les deux torturé Sophie dans la baignoire (…) en la menaçant de la noyer si elle ne vous fournissait pas les informations que vous souhaitiez et qu’elle ne pouvait fournir parce qu’elles n’existent pas. »

Mark Walton, l’ex compagnon de Sabrina, va venir exprès à Londres pour témoigner contre elle au procès : « C’est une femme très intelligente, calculatrice, manipulatrice, capable, en l’espace de quelques secondes, de devenir assez effrayante. » « Elle parlait avec un doux accent français et tout d’un coup elle changeait de ton, s’énervait, parlait très fort et ne se souciait pas de l’endroit où nous étions. » Il a ensuite expliqué qu’à l’époque où il était en couple avec Sabrina, elle avait déjà renvoyé plusieurs nounous car elle les soupçonnait de le draguer, de voler ou de maltraiter leur fils. Elle avait également appelé la police plusieurs fois car elle avait vu les photos d’une autre femme sur le téléphone de Mark.

Et alors qu’elle était enceinte de lui, Sabrina avait disparu avant de le recontacter plus tard pour lui dire qu’elle avait perdu le bébé, et qu’elle se trouvait chez de la famille à Paris. En réalité, elle avait accouché seule aux Etats-Unis, et Mark ne su que plus tard qu’il avait un enfant qu’il croyait perdu. Lorsqu’il avait cessé de lui verser une pension après leur séparation en 2013, Sabrina l’avait accusé de pédophilie et de maltraitance, avant d’afficher ces diffamations sur les réseaux sociaux dans le but de le discréditer. Mark a également démenti avoir été en contact avec Sophie Lionnet.

Le père du second enfant de Sabrina, un certain Anthony François, va également être entendu : « Elle pouvait être adorable comme elle pouvait être détestable. Elle criait souvent et devenait agressive. Son attitude était incompréhensible.»

L’avocat de Sabrina a tenté de plaidé la maladie mentale de sa cliente, car la jeune femme souffrirait de troubles délirants. Pour Ouissem, son avocat le décrit comme un homme mentalement faible, ayant été endoctriné par sa compagne.

Le 24 mai 2018, Sabrina et Ouissem sont reconnus coupables du meurtre de Sophie, et le 26 juin suivant ils sont condamnés à la prison à vie avec une peine de sûreté de trente ans. Un an plus tard, en mai 2019, le couple a fait appel pour revoir leur peine, mais cette demande a été rejetée, et leur condamnation est donc maintenue.

Même si la famille de Sophie est satisfaite du verdict, cela ne change rien à leur douleur : « Tous les matins je viens ouvrir les volets de sa chambre » dit sa mère. « J’ai donné son lit à une association il n’y a pas longtemps. Peut-être qu’un jour, je mettrai autre chose, dans cette pièce. Mais pour l’instant, il reste les posters. Les souvenirs. Le papier peint. C’est elle qui l’avait choisi. Et il restera, ce papier.»  » « On ne peut pas oublier ça, vous savez. »

A sa mort, Sophie avait 21 ans. Elle a été inhumée le 8 juin 2018 et repose dans une sépulture familiale au cimetière de Sens.