L’affaire Julie Michel : volatilisée lors d’un road trip.

Julie Michel

Julie est née le 10 avril 1987 et vivait à Auxerre dans le département de l’Yonne. Pour l’été 2013, à l’âge de 26 ans, Julie décide de se lancer seule dans un road trip à travers la France, pour ensuite se rendre en Espagne. Elle va donc rassembler toutes ses affaires dans sa Renault 21 Nevada et commencer son périple. Elle passe d’abord quelques jours en Gironde, pour ensuite descendre à Toulouse et où elle va rester quelques jours également.

Julie va ensuite se rendre à Auterive. Pendant son voyage elle est constamment en communication avec ses proches. Dans la soirée du 18 juillet 2013, elle se rendra également au marché nocturne de la ville de Massat, en Ariège. Plus tard dans la nuit, Julie serait allée à Port de Lers, un col pyrénéen qui culmine à 1517 mètres d’altitude. Elle gare sa voiture dans un petit parking du col et y passe la nuit. Le 19 juillet, elle est aperçue par un parapentiste aux alentours de midi en train de déjeuner seule à l’extérieur de sa voiture. Ce sera la dernière fois qu’elle sera vue.

Le 1er août 2013, la mère de Julie signale sa disparition au commissariat d’Auxerre. Cela fait plusieurs jours que Julie ne donne pas de ses nouvelles, mais sa famille ne s’inquiétait pas trop, pensant que la jeune femme profitait de ses vacances et de son indépendance. Mais sa mère avait commencé à s’inquiéter car sa fille ne répondait pas à ses appels. La voiture de Julie sera retrouvée le 6 août 2013, toujours garée sur le parking à Port de Lers. A l’intérieur, les policiers découvre tous ses effets personnels : son téléphone portable, ses chaussures, ses papiers d’identité.

Port de Lers depuis Massat : 1517m
Le parking où la voiture de Julie a été trouvée

En été, il y a beaucoup de visiteurs à Port de Lers, c’est un lieu prisé par les randonneurs et les cyclotouristes sportifs. Mais hormis ce parapentiste, personne d’autre ne semble avoir vu Julie. Autre fait étrange : Julie, qui avait prévu de passer en Espagne, s’est arrêtée à un endroit qui justement ne permet pas de couper vers l’Espagne. Pourquoi avait-elle fait un détour par Massat puis Port de Lers ?

Plusieurs pistes ont été abordées. Peut-être que la jeune femme devait y retrouver quelqu’un ? Ou bien s’était-elle trompé de chemin et avait-elle décidé de faire une pause entre temps ? On se demande également si Julie serait partie faire de la randonnée et aurait eu un accident. Mais selon sa mère, Julie n’était pas intéressée par la randonnée. Autre piste plus sombre, Julie avait peut-être fait une mauvaise rencontre. Il aurait suffit qu’elle s’éloigne du parking et se fasse suivre par un rôdeur. De plus, les vitres de sa voiture n’étaient pas teintées et n’avaient pas de rideaux. N’importe qui pouvait la voir à l’intérieur de son véhicule. Peut-être avait-elle fait une mauvaise rencontre au marché de Massat, et que cette personne l’avait suivie ?

La thèse du suicide a également été envisagée, mais elle a très vite été écartée par Betty Lefebvre, la mère de la jeune femme : selon elle, Julie n’avait aucune raison de se suicider, et même si ça avait été le cas, on aurait forcément retrouver son corps.

En septembre 2013, une centaine de gendarmes et des équipes cynophiles ont organisé des battues pendant plusieurs jours. Port de Lers étant un lieu montagneux avec une végétation dense à certains endroits, les recherches s’avèrent difficiles lorsque l’on s’éloigne du sentier. D’ailleurs, le signalement tardif de la voiture de Julie a fait perdre un temps précieux pour les recherches. Lorsqu’une personne disparaît, les premières 24h sont les plus cruciales. Début novembre 2013, les recherches pour retrouver Julie doivent s’arrêter à cause d’une chute de neige.

En 2014, un homme va affirmé être sûr d’avoir vu Julie au carnaval de Toulouse. Malheureusement cela s’avèrera être une fausse piste. Betty raconte : « C’était un mythomane. Quand je l’ai rencontré, j’ai compris qu’il était bizarre. Son beau-frère m’a appelé quelques mois plus tard, pour m’indiquer qu’il avait menti, et n’avait jamais vu ma fille.»

Par la suite, d’autres hypothèses ont vu le jour, notamment que Julie aurait rejoins une secte. En effet, il y a en Arriège des groupes autonomes de néo-ruraux utopistes qui auraient pu séduire Julie avec ce mode de vie. Encore une fois Betty n’y croit pas. Mère et fille étaient proches, et jamais Julie ne lui aurait caché cela. Mais par la suite, Betty va tomber de haut après avoir exploré les mails de Julie : « J’y ai trouvé des échanges de mails avec la gourelle d’une secte dans laquelle elle était investie depuis plusieurs semaines. Dans ses écrits, je n’ai pas reconnu ma fille, ce n’était plus elle. » Les policiers vont retrouver et interroger cette gourelle, mais cela ne donnera rien.

En 2017, des témoins affirment avoir reconnu Julie parmi des sans-abris à Boulogne-sur-Gesse en Haute-Garonne, où elle se ferait appeler Charlotte. Mais les gendarmes n’ont jamais retrouvé cette jeune SDF. Plus tard, il s’avérera que les témoins n’étaient pas fiables. En mai 2018, toujours sans nouvelle piste, la juge ferme le dossier de Julie Michel.

Mais par la suite, une femme va apporter un témoignage glaçant à la présidente de l’ARPD, l’association pour l’assistance et la recherche de personnes disparues. Selon elle, Julie aurait été tuée dans un gîte et on aurait fait disparaître son corps. Suite à cela, Betty s’est exprimé : « Je demande juste que la justice vérifie cette hypothèse. Ils ont le nom du gîte et plusieurs autres éléments glauques dont je ne préfère pas parler. Pour le moment, ils n’ont rien vérifié. Il faut que je sache, je ne peux pas vivre toute ma vie comme ça. »

Malgré ce témoignage apporté, le dossier reste clôt. « J’ai contacté le procureur de Foix en lui exposant ces nouveaux éléments, malheureusement il ne veut pas rouvrir. » explique Betty Lefebvre. «  […] On m’a dit qu’il fallait que je fasse mon deuil, mais sans corps, ce n’est pas possible. » Lorsque le procureur a été interrogé sur la piste de l’assassinat de Julie, il n’a pas souhaité répondre.

Pendant l’été 2019, des bénévoles et un spéléologue ont effectué des recherches dans la zone, mais cela n’a pas été concluant. A l’été 2020, Betty et David Duval, un bénévole, s’adonnent aux recherches à l’endroit où Julie a disparu, à l’aide d’un drone. « Grâce au travail de plusieurs années, nous avons écarté l’accident en surface, à l’aide d’un drone, je peux visiter les gouffres où elle aurait pu tomber, après cela, nous aurons tout fait concernant la thèse de l’accident en montagne. » explique David Duval.

Malgré tout, Betty est déterminée à faire rouvrir le dossier. Elle a créé la page Facebook « Notre coeur pour Julie » en attendant l’association qui est en cours de création. Via sa page Facebook elle recueille des dons afin de poursuivre des recherches sur place. Après toutes ces années, Betty a toujours l’espoir de connaître la vérité sur la disparition de sa fille, qui s’est volatilisée ce mois de juillet 2013.

La mystérieuse disparition de Wissem Abdelaoui.

Wissem Abdelaoui

Wissem est née le 13 février 2003, elle était originaire d’Evry-Courcouronnes en région parisienne et était décrite comme une jeune fille sans histoires qui envisageait de devenir esthéticienne.

Le matin du 31 juillet 2019, Wissem, 16 ans, part de chez elle pour se rendre au salon Beauty Minute, situé à Villabé, où elle a pu obtenir un stage. Cela faisait un mois que la jeune fille avait commencé son stage et tout se passait bien. Mais plus tard dans la journée, vers 16h, le patron de Wissem appelle sa maman, Samira, pour lui dire que sa fille ne s’est pas présentée au salon. Les parents de la jeune fille s’inquiètent tout de suite, car Wissem était sérieuse et ponctuelle, et ce comportement ne lui ressemblait pas.

Samira tente de contacter Wissem mais elle ne répond pas. Très vite ils vont alors géolocaliser son téléphone portable et découvrir que Wissem se trouverait à Bezons dans le Val d’Oise, plus exactement dans l’allée de Szekszard, juste à côté du parc Bettencourt. Son père Mahi va directement se rendre à cet endroit mais ne trouvera aucune trace de sa fille. Très vite le téléphone de Wissem va s’éteindre, avec donc l’impossibilité de le borner. Avant cela, Wissem avait également supprimé tous ces réseaux sociaux.

Les parents de Wissem vont réussir à obtenir son journal d’appel, et on apprend qu’elle avait appelé un jeune homme majeur qui vivait à Bezons et avec qui Wissem avait rendez-vous cette journée là. Ce jeune sera retrouvé en novembre 2019 et interrogé par les policiers. Il expliquera qu’il était allé manger au Mcdonald de la Défense avec Wissem, puis qu’il avait dû passer à Decathlon. Selon lui, Wissem l’attendait à l’extérieur du magasin, et elle avait disparue à son retour. « Le problème, c’est que les policiers n’ont pas vérifié s’il disait vrai », a déclaré l’avocat des parents de Wissem, Me Arash Derambarsh.

Les policiers vont classer la disparition de Wissem comme une fugue, car dans le passé, l’adolescente avait déjà fugué une fois de l’internat, pendant 12 heures. Mais cette fois les parents ne croient pas à une fugue, car Wissem n’avait aucune raison de tout quitter, d’autant plus qu’elle avait laissé toutes ses affaires, dont sa carte bancaire et sa pièce d’identité.

Plus tard, une réceptionniste d’un hôtel lyonnais va contacter l’association Enfants Disparus car elle est persuadée d’avoir reconnu Wissem à l’accueil. Les policiers vont vérifier les enregistrements des caméras de surveillance et les envoyer aux parents de l’adolescente, mais ces derniers affirmeront que ce n’est pas leur fille sur les images. Cinq mois après la disparition de Wissem, un gérant d’un restaurant kebab situé en Seine-Saint-Denis prévient la famille pour signaler que Wissem s’était rendue à son établissement avec plusieurs autres filles travaillant dans la prostitution, mais après vérification cette jeune fille n’était pas Wissem.

Les proches de Wissem pensent qu’elle est retenue contre son gré par quelqu’un. En effet, ils décrivent Wissem comme vulnérable et facilement influençable. Samira confie ses craintes : « On avait une bonne relation, c’est pour ça que ce n’est pas normal qu’elle ne donne pas de nouvelles. C’est la preuve qu’elle est sous la coupe de quelqu’un. Certainement manipulée. » Avec l’aide de leur avocat, Samira et Mahi vont déposer plainte avec constitution de partie civile pour enlèvement et séquestration. Désormais, la disparition de leur fille est considérée comme une disparition inquiétante.

La meilleure amie de Wissem, Sasou, utilise les réseaux sociaux pour la retrouver. Sur Twitter, elle a lancé le hashtag #oùestwissem qui a été partagé plus de 8000 fois. « On n’arrêtera jamais de chercher. Jusqu’à mon dernier souffle » dit-elle. De leur côté, Samira et Mahi continuent de distribuer des avis de recherche de leur fille. « Ma vie s’est arrêtée ce 31 juillet-là. On ne fait pas de projets, on veut juste la retrouver », explique Samira, qui a toujours l’espoir de retrouver sa fille qui n’a plus donner signe depuis le 31 juillet 2019.

Geraldine Largay : un corps retrouvé en forêt.

Geraldine était une ancienne infirmière de 66 ans qui avait prit sa retraite en 2011. Originaire du Tennessee, elle était décrite comme une femme dynamique, souriante et aimant beaucoup la randonnée.

Geraldine Largay

Comme beaucoup de randonneurs passionnés, Geraldine a pour objectif de traverser le sentier des Appalaches. Ce sentier long de 3510 kilomètres relie le mont Springer dans l’Etat de la Georgie jusqu’au mont Katahdin dans l’Etat du Maine. Le 23 avril 2013, Geraldine se lance à l’assaut des Appalaches, pour une durée de plusieurs mois, en compagnie de son amie Jane Lee. Son mari George Largay va également l’accompagner à sa manière, en la rejoignant en voiture à des points de ravitaillements pour s’assurer que tout va bien.

Le 30 juin, Jane cesse d’accompagner Geraldine à cause d’une urgence familiale. Après avoir parcouru 1000 kilomètres, le 23 juillet 2013, Geraldine quitte seule le sentier pour une pause pipi, prévoyant ensuite de rejoindre le prochain point de ravitaillement, à une trentaine de kilomètres. Elle n’y parviendra jamais.

Le lendemain, George s’inquiète car il n’a pas de nouvelle de sa femme. Il prévient immédiatement les secours, et plusieurs gardes forestiers, hélicoptères, policiers et équipes canines vont être déployés sur place. Malgré d’intenses recherches, Geraldine est introuvable. Il est d’autant plus compliqué de la trouver à cause des terrains forestiers difficiles où l’on peut se blesser facilement. De plus, de fortes pluies vont davantage compliquer la tâche des secours.

Jane racontera que Geraldine avait du mal à se repérer dans la forêt, se trompant de chemin plusieurs fois. Elle avait également peur du noir et pouvait être prise d’attaque de panique. Dévasté, George Largay va promettre la somme de 25 000$ à celui qui retrouvera sa femme. La nuit avant sa disparition, alors que Geraldine se trouvait à un refuge, une femme avec qui elle avait sympathisé la prend en photo. Ce sera la dernière photo de Geraldine.

En octobre 2015, soit deux ans plus tard, un garde forestier qui s’était enfoncé dans la forêt découvre un camp de fortune, où se trouve les restes d’une tente affaissée. A l’intérieur de la tente gît un squelette. Après une analyse ADN, il est confirmé que ce squelette est celui de Geraldine Largay. La tente de la randonneuse se trouvait à seulement 4 kilomètres du sentier, mais elle était difficile à apercevoir car elle se trouvait cachée sous les branches de grands arbres, dans un endroit où la forêt était assez dense.

Aux côtés du corps se trouvait des branches noircies, montrant que la femme avait tenté d’allumer un feu pour se réchauffer. Son téléphone portable et un journal de bord où elle relatait ses journées seront également retrouvés. A l’intérieur, elle y avait écrit qu’elle s’était perdue après avoir quitté son refuge le 23 juillet 2013, passant deux jours à errer dans les bois, envoyant des SMS à son mari, qui ne les recevra jamais à cause de l’absence de réseau. Dans ses textos elle écrivait ceci : « Je me suis perdue, peux-tu prévenir les secours ? Je suis quelque part au nord. » Puis : « Je suis perdue depuis hier. Je suis à 5 ou 6km du chemin. Appelle la police s’il te plaît. » Ses écrits laissent supposer qu’elle aurait survécu jusqu’au 18 août 2013.

Dans son journal, elle fera également une demande émouvante, datée du 6 août 2013 : « Quand vous trouverez mon corps, s’il vous plaît appelez mon mari George et ma fille Kerry. Ils seront heureux de savoir où je suis morte, peu importe dans combien d’années vous me trouverez. Puissiez-vous leur envoyer le contenu de mon sac.»

Les secours ont été déconcertés d’apprendre la localisation du camp de Geraldine, car ils s’étaient déjà approché du campement à moins de 100 mètres pendant les recherches. Ils ne l’avaient pas entendu, et même les chiens policiers ont été incapables de renifler son odeur. De plus, elle se trouvait à proximité d’un centre de formation de la marine américaine. Mais personne n’a rien vu.

« Une vingtaine de randonneurs disparaissent chaque année le long du sentier des Appalaches, mais la grande majorité sont retrouvés dans les 48 heures. Nous retrouvons toujours les gens qui se perdent. Toujours. » avait expliqué le lieutnant Kevin Adam, un an après la disparition de la sexagénaire.

Certains pensent que Geraldine a pu faire une mauvaise rencontre après s’être perdue, et que son corps avait été déplacé plusieurs fois. Mais aucune autre trace ADN ne fut trouvée sur les lieux, et les experts affirment que Geraldine aurait succombé aux éléments et serait morte de faim.

L’étrange disparition de Logan Schiendelman.

Logan Schiendelman

Logan est né le 27 juin 1996 à Olympia dans l’Etat de Washington, aux Etats-Unis. Sa mère, Hannah, l’a confié très jeune à sa grand-mère, afin de pouvoir reprendre ses études, et le jeune homme a donc été élevé principalement par sa grand-mère Ginnie Gebo. Son père, qui était saoudien, a quitté les Etats-Unis avant sa naissance et ils n’ont jamais vraiment eu de contact avec lui. Logan avait également une demi-soeur nommée Chloé.

Logan était scolarisé au lycée de Tumwater où il était bon élève, et il excellait également en sport. Diplômé en 2014, Logan prévoit de rejoindre l’université de l’Etat de Washington à l’automne. Mais alors qu’il commence sa rentrée à l’université, le jeune homme va être victime d’insultes racistes lors d’une fête. S’en suit une période éprouvante où Logan va commencé à s’isoler et à s’éloigner de ses amis, devenant très solitaire. Après sa première année à l’université, Logan était toujours incertain sur son avenir. Il décide donc de tout quitter pour faire des petits boulots à droite à gauche. Il retourne ainsi vivre chez sa grand-mère avec sa demi-soeur.

Le 19 mai 2016, Ginnie Gebo se lève à 7h30 pour se préparer pour le travail. Elle est surprise de trouver Logan dans la cuisine, car son petit-fils a pour habitude de toujours se lever plus tard. Ils discutent alors ensemble, et Logan lui dit qu’il avait eu une révélation, et qu’il avait besoin de lui en parler. Mais Ginnie écourte la conversation car elle doit se rendre au travail. Elle promet à Logan qu’il pourra tout lui raconter ce soir lorsqu’elle rentrera.

Lorsque Ginnie revient du travail dans la soirée, elle remarque que Logan n’est pas rentré. Au bout de quelques heures, Ginnie s’inquiète. Elle appelle Logan sur son téléphone, mais il ne répond pas. A l’aide d’une application, elle réussit à trouver l’emplacement de son téléphone et elle découvre qu’il se trouve à Olympia, près de la maison de sa mère. Ginnie cesse alors de s’inquiéter.

Le 22 mai 2016, après trois jours sans nouvelles de son petit-fils, Ginnie l’appelle plusieurs fois sur son téléphone, sans obtenir de réponse. Elle va contacter sa fille Hannah, qui lui dit que Logan n’était pas venu la voir le 19 mai, comme le croyait Ginnie. Hannah précise que ça faisait une semaine qu’elle n’avait pas vu son fils. Après avoir fait le tour de Tumwater à la recherche de Logan, Ginnie va déclarer sa disparition à la police, et c’est alors qu’on l’informe que la voiture de son petit-fils, une Chrysler Sebring 1996 noire, a été mise à la fourrière le 20 mai dernier. La voiture avait été abandonnée à l’Interstate 5, entre Tumwater et Maytown. A l’intérieur, on y a retrouvé le portefeuille de Logan, son téléphone, ainsi que des sacs de nourriture achetés à une station-service.

Lorsque la disparition de Logan va être signalée publiquement, des témoins vont se présenter à la police pour déclarer avoir vu le véhicule de Logan le 20 mai. Une femme qui se rendait au travail affirme avoir vu Logan en compagnie de deux hommes blancs le matin du 20 mai. Ils étaient debout près de sa voiture qui était garée du côté droit de l’Interstate 5, près de la sortie 95. Lorsqu’elle est repassé au même endroit quelques heures plus tard en sortant du travail, la voiture était toujours là, mais le capot était relevé et les trois hommes avaient disparus. Elle décrit l’un des hommes blancs comme étant blond et très fin, ayant les cheveux courts, faisant à peu près 1m80, portant un jean court et un débardeur trop petit. L’autre homme avaient des cheveux blonds qui lui arrivaient aux épaules, et il portait un jean.

Portrait robot d’un des hommes blancs

Dans la journée du 20 mai 2016, plusieurs personne vont appeler le 911 pour signaler une Chrysler Sebring 1996 noire qui dérivait dangereusement sur les voies de l’Interstate 5, entre Tumwater et Maytown. La voiture va finir par heurter la barrière de sécurité. Un témoin va affirmer avoir vu un homme blanc, avec des cheveux bruns/rouges, sortir précipitamment du côté passager et s’enfuir dans les bois qui longeaient l’autoroute. C’est cette voiture qui sera récupérée par la fourrière, et qui sera identifiée comme étant celle de Logan Schiendelman.

Dans la soirée de cette même journée, un conducteur va appeler la police pour signaler un jeune homme noir qui se promènerait nu. L’emplacement serait à proximité de trafics de crack. Ginnie révèlera que Logan avait commencé à fumer de la marijuana récemment, et que c’était peut-être lui se trouvait à cet endroit. Des recherches approfondies vont avoir lieu, mais aucune trace de Logan ne sera trouvée. Lorsque les enquêteurs analysent le téléphone du jeune homme, on apprend qu’il s’était déplacé vers le sud de la l-5, pour ensuite aller vers le nord et de nouveau vers le sud, jusqu’à l’endroit où sa voiture a été retrouvée.

Le 26 mai 2016, les policiers fouillent l’ordinateur de Logan et ses réseaux sociaux, et ils vont trouver un enregistrement à l’aéroport régional d’Olympia. La famille pensait que Logan avait eu pour projet de rejoindre son père en Arabie Saoudite, mais par la suite, les policiers découvrent que cet enregistrement datait d’il y a un an. Les policiers apprennent alors qu’un an auparavant, Logan avait prit contact avec sa tante paternelle, Tina Crary, avec qui il avait dîné. Lorsqu’elle sera interrogée, Tina dira que Logan avait peur de parler de cette rencontre à sa grand-mère, mais Ginnie a rétorqué que Logan lui avait avoué avoir vu sa tante.

Les policiers vont ensuite découvrir que Logan était mal à l’aise chez sa grand-mère, à cause du petit-ami de sa demi-soeur Chloé. Ce dernier avait emménagé chez eux, et il y avait des tensions entre les deux jeunes hommes. De plus, le petit-ami de Chloé avait un profil inquiétant, ayant auparavant plaidé coupable pour des agressions dans une précédente relation. Cet homme sera interrogé par les enquêteurs, et après avoir réussi le test du polygraphe il sera écarté de la liste des suspects.

L’oncle de Logan, qui a reçu une formation policière, pense que le petit-ami de Chloé a bien quelque chose à voir avec la disparition de son neveu. Il explique que les test du polygraphe conduisent parfois à des faux positifs, et que les enquêteurs l’ont trop rapidement éloigné de la liste des suspects. Le reste de la famille proche de Logan pense qu’il est parti faire sa vie ailleurs, en raison que le jeune homme traversait depuis quelques temps une crise d’identité. On pense également que sa disparition pourrait être due à un trafic de drogue lié à sa consommation. Mais hormis la marijuana, ses proches ont du mal à croire que Logan ait pu consommer des drogues dures. Ginnie déclarera que Logan avait récemment commencé à avoir des tendances paranoïaques ; il était sûr que des gens le regardaient de travers dans la rue, et qu’on l’observait depuis la fenêtre de sa chambre. Le jeune homme aurait pu prendre peur et organiser sa fuite.

Malgré les témoignages, les hommes blancs qui auraient été vus avec Logan n’ont jamais été identifiés, et aucune autre piste ne fut découverte. Et à ce jour, Logan est toujours porté disparu.

L’affaire David Stevenin : un homme disparaît avec son chien.

Originaire de Normandie dans le département du Calvados, David était un jeune homme passionné par la nature et la pêche. Début septembre 2018, le jeune homme de 28 ans, qui a pour projet de changer de vie, décide de partir s’installer au Pays basque.

David et son chien Ioshy

Il quitte alors la Normandie au volant de sa Renault Megane et en compagnie de son chien Ioshy, un berger australien qui ne le quitte jamais. David est ainsi hébergé par son ami Julien à Urt, une petite commune des Pyrénées-Atlantiques, en attendant d’obtenir un logement. Il avait pour habitude d’être assez actif sur ses réseaux sociaux, et les premiers jours de sa venue à Urt le jeune homme poste régulièrement des photos de ses parties de pêche et de ses promenades.

Le 27 septembre 2018, David avait rendez-vous au CCAS d’Anglet afin de commencer des démarches administratives. Ne donnant pas de nouvelle, sa mère Sylvie l’appelle, inquiète. Mais David ne lui répond pas. Elle va alors contacter Julien et il lui révèle l’impensable : David a disparu. Dans la nuit du 25 au 26 septembre, les deux hommes, qui étaient hébergés par un couple de sexagénaires, auraient eu une grosse dispute et en seraient venus aux mains, probablement sous l’effet de l’alcool. Furieux, David aurait quitté le domicile en pleine nuit à bord de sa voiture en emmenant Ioshy avec lui, et ne sera plus revu. Pour Sylvie Stevenin, cette annonce est un énorme choc. Les gendarmes d’Urt vont être prévenus, et une enquête pour disparition inquiétante sera ouverte.

L’inquiétude est d’autant plus grande pour les proches de David car le jeune homme est parti sans prendre son téléphone portable et autres effets personnels. Le logement du couple va être fouillé ainsi que le téléphone de David. D’importantes battues vont être organisées et des hélicoptères vont même survoler la région, mais en vain. La disparition de David est particulièrement inquiétant aux yeux de sa soeur Laura, car selon elle, il ne serait jamais parti sans donner de nouvelles à leur mère, dont il était très proche.

Sylvie et Laura vont restées mobilisées et vont créer une page Facebook dédiée à la disparition de David, en plus de distribuer des affiches dans les environs et de participer aux recherches. En avril 2019, l’Unité Mobile d’Intervention et de secours (UMIS) commence à sonder une petite partie du fleuve de l’Adour mais sans succès. La famille voulu ensuite que l’UMIS intervienne à nouveau pour sonder l’Adour, cette fois de Urt à Bayonne, mais cela a un prix. Grâce à une cagnotte lancée en mars 2020, une belle somme a été recueillit. A cause du confinement, l’opération n’a pu se faire qu’en juillet 2020. Sylvie et Laura ont pu suivre l’opération à distance. Pour des raisons financières liées à la crise sanitaire, la soeur de David n’a pas pu se rendre sur place : « Financièrement c’est un coût de se loger sur place et on n’aurait pas vraiment su quoi faire à part stresser au bord de l’eau. Là au moins, on s’occupe un petit peu l’esprit pour penser à autre chose. » Malheureusement, ces nouvelles recherches au fleuve ne donneront rien.

Le député Jean Lassalle va apporter son soutien à la famille Stevenin, faisant renaître un espoir. Le 10 juillet 2020, il a pu rencontrer les bénévoles participant aux recherches. « Nous avons pu entrer en contact avec lui grâce à une bénévole qui le connaissait.  Il m’a appelée, a proposé que nous rencontrions à Paris pour que je lui raconte toute l’histoire. Et il a voulu nous aider » explique Sylvie, qui compte revenir au Pays basque avec sa fille pour continuer les investigations.

Plusieurs théories ont vu le jour, notamment la piste de l’accident. En effet, le soir de sa disparition, David avait bu. Alors qu’il était en train de conduire, l’alcool et l’adrénaline auraient pu lui provoquer un accident de la route. Mais si c’était le cas, on aurait forcément retrouver sa voiture quelque part, ou peut-être même Ioshy, qui aurait pu s’échapper. Vient alors la piste de la disparition volontaire. A priori, David n’avait aucune raison de disparaître de lui-même, d’autant plus qu’il était très proche de sa famille. Vient ensuite la thèse du crime : les dernières personnes à avoir vu David ce soir-là, son ami et le couple, ont été interrogés, mais cela n’a rien donner. Les policiers les ont-ils écarté trop tôt de la liste de suspects ? David aurait-il fait une mauvaise rencontre après son départ ?

Pour information, David mesure 1m85, sa voiture est une Renault Megane noire immatriculée AV-338-PF. Le harnais noir Julius K9 de Ioshy n’a pas été retrouvé, ce qui laisse supposer que David l’avait avec lui. Ioshy est un mâle pucé (250269802306592).

A ce jour, ni David, ni son chien et ni sa voiture n’ont été retrouvés.

Kevin Vanneste : mystérieusement disparu en Corse.

La disparition inquiétante d'un randonneur belge: "Il était affaibli et  demandait de l'aide" | Belgique | 7sur7.be
Kevin Vanneste

Kevin est un jeune homme originaire de Kuurne en Belgique, il est décrit comme étant indépendant et débrouillard, ayant de bonnes compétences en randonnée et en escalade.

Le 14 septembre 2018, Kevin, alors âgé de 30 ans, arrive en Corse avec pour objectif de faire de la randonnée sur le GR 20. Mais ce voyage sur l’île de beauté ne sera pas de tout repos, car le jeune homme n’avait sur lui que de faibles ressources. Il avait acheté un vol bon marché, et séjournait là où il le pouvait. De plus, le 15 septembre, il avait été incapable de se payer un repas dans un restaurant et s’était donc disputé avec le restaurateur. La police, qui avait dû intervenir sur place, a révélé que le jeune homme avait l’air affaiblit.

Malgré tout, dans l’après-midi du 16 septembre 2018, Kevin s’en va entreprendre seul son ascension au GR 20. Mais avant, il va s’arrêter à la cathédrale Sainte-Marie de Bastia et va discuter avec un prêtre. Ce dernier raconte que Kevin aurait douté de ses capacités à se lancer sur le GR 20, se sentant psychologiquement et physiquement faible. Mais après sa conversation avec le prêtre, il serait ensuite parti en laissant son sac et son téléphone portable, disant qu’il viendrait les récupérer plus tard. Mais le jeune homme ne reviendra jamais chercher ses affaires et ne sera plus revu. Son dernier signe de vie est un texto envoyé à une de ses amies, le 16 septembre à 17h30.

https://www.corsenetinfos.corsica/photo/art/grande/41252217-34763032.jpg?v=1577720187

Malgré l’ouverture d’une enquête par la parquet d’Ajaccio et de nombreuses recherches, l’enquête reste au point mort. La maman de Kevin, Lilium Velghe, a fini par quitter la Belgique pour emménager en Corse, afin de contribuer plus facilement à la recherche de son fils. Plusieurs hypothèses ont vu le jour : accident, kidnapping, disparition volontaire… mais aucune piste n’est encore privilégiée. Plusieurs témoignages vont être recueillis, révélant que Kevin n’avait sur lui aucun argent, pas même une carte bancaire, et qu’il était désintéressé par tous les biens matériels, préférant compter sur la générosité des habitants pour être nourri et logé. De plus, il semblait ne pas avoir conscience de certains risques. Après avoir quitté la cathédrale à Bastia, Kevin serait parti ainsi sans aucun biens, ni équipements.

Kevin aurait-il quitté la Corse ? Cela reste peu probable compte tenu de ses maigres moyens financiers. Pour rappel, le jeune homme n’avait même pas pu s’acheter à manger dans un restaurant. Il est révélé que Kevin était depuis longtemps fragilisé par la perte de son frère, survenue il y a quelques années, puis celle de sa grand-mère début 2018. Cela le plongeait parfois dans des états psychologiques compliqués. Affaiblit et sans aucun équipement, cette randonnée aurait pu être fatale pour le jeune homme s’il avait bien décidé de grimper vers le GR 20. Long de 179km, le GR 20 est qualifié comme le « chemin le plus difficile d’Europe ». Mais concrètement, il n’y a aucune preuve que Kevin se soit bien rendu sur le GR 20 lorsqu’il a été vu pour la dernière fois.

« Je m’efforce de garder confiance » confie Lilium Velghe. « Je me dis parfois qu’il a voulu changer de vie, qu’il va me contacter, un jour, pour me dire qu’il a réussi à reconstruire sa vie

Eerste zoektocht is succes, maar Team Kevin wil nog speuren: "Plots  ontbreekt elk spoor" - Samenleving - KW

Sophie Lionnet : le supplice d’une jeune fille au pair.

Sophie est née le 7 janvier 1996 à Troyes, dans l’Aube. Elle est décrite comme une jeune fille douce, serviable, aimant les animaux et passionnée par le cinéma. Elle possédait un CAP petite enfance, et prévoyait de devenir fille au pair en Angleterre afin d’améliorer son anglais et de s’occuper des enfants.

Sophie Lionnet

En 2015, Sophie fut engagée en tant que fille au pair par Sabrina Kouider, 35 ans, et son compagnon Ouissem Medouni, 40 ans, un couple franco-algériens résidant en Angleterre. Sabrina avait déjà un fils né de sa précédente union avec Mark Walton, le fondateur du groupe Boyzone, et un autre fils né d’un père parisien. Ouissem et Sabrina louaient une belle maison à Southfields, un district de la banlieue sud de Londres. Sabrina, qui se présentait comme styliste de mode, fit tout de suite bonne impression à Sophie, grâce à sa beauté et son attitude décontractée. Ni une ni deux, Sophie saute sur l’occasion et part s’installer avec le couple pour quelques mois.

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider

« Je l’ai vue le 31 décembre 2015, juste avant son départ. Pour la première fois, elle rayonnait, heureuse de s’en aller. » raconte sa cousine.

« Je ne connaissais pas ces gens, je ne les avais jamais contactés et ma fille partait vivre chez eux !… C’était flou, comme projet. Je ne voulais pas qu’elle s’en aille comme ça. Le jour de son départ, j’étais un peu fâchée… » dira sa mère, Catherine.

Au début tout semble aller pour le mieux pour la jeune fille, en tout cas c’est ce qu’elle raconte à ses proches. Mais en réalité, Sophie s’est vite rendu compte que ses patrons l’exploitent. Ils ne la payaient que 56 euros par mois, il y avait chaque jour une ambiance glaciale car Sabrina et Ouissem se disputaient fréquemment, et Sabrina passait sa mauvaise humeur sur Sophie. Petit à petit, Sabrina a commencé à accuser la jeune fille de lui voler des bijoux, et d’avoir eu des relations sexuelles avec son ex Mark Walton. Mais bien évidemment, Sophie et Mark Walton ne s’étaient jamais rencontrés, et de plus, l’homme résidait à Los Angeles.

Ces épisodes psychotiques où Sabrina accusait Sophie des pires choses étaient devenus monnaie courante. Elle pensait également que Sophie avait été envoyée par Mark Walton pour l’espionner, et chaque jour, Sabrina devenait de plus en plus agressive envers la jeune fille. Sabrina avait également posé des caméras dans la maison pour la surveiller, et elle lui avait même volé son passeport et la menaçait de la séquestrer si Sophie n’avouait pas les méfaits dont elle était injustement accusée. De plus, le couple avait commencé à affamer leur fille au pair, qui devenait de plus en plus maigre et faible, allant jusqu’à perdre 20kg.

Afin de faire chanter son ex Mark Walton sur sa supposé realtion avec Sophie, Sabrina a commencé à enregistrer les interrogatoires qu’elle faisait subir à la jeune fille, des interrogatoires qui duraient parfois 12 heures par jour, et auxquels Ouissem participait parfois. Dans ces enregistrements audio et vidéo, on peut y voir Sophie terrorisée, amaigrie, tandis que Sabrina lui hurle dessus : « Tu ne retourneras pas en France avant de m’avoir dit la vérité ! » ou encore « Je prie Dieu pour qu’il m’empêche de te toucher et de me salir les mains ! » « Je vais te gâcher la vie comme tu as gâché la mienne !» « Pourquoi m’as-tu fait du café ce matin-là ? Tu l’avais drogué ? »

Environ six mois après son arrivée en Angleterre, Sophie écrit à sa mère Catherine : « Venir ici ne m’a rien apporté de plus qu’un tout petit peu d’expérience. J’aurais dû t’écouter et non mon cœur. Je suis une idiote… » « Je vais rentrer à la maison, mais je n’ai pas encore reçu de réponse. Je travaille beaucoup et le soir je suis épuisée. (…) Elle dit qu’elle n’en a rien à faire de ma famille et m’accuse d’avoir volé un pendentif avec un diamant dessus, mais je n’ai rien à voir avec ça. Je ne comprends rien à ces histoires, pourquoi j’y suis impliquée.»

En novembre 2016, elle demande à sa mère de l’argent afin de réserver un billet pour rentrer en France. Elle ajoute : « Ils m’ont dit que je pouvais rentrer en novembre, mais le mois touche à sa fin et je ne vois rien venir. Désolée de te déranger avec ça. » Plus tard, Sophie dira à sa mère que Sabrina lui demandait un préavis d’un ou deux mois avant de partir car la mère de famille n’avait pas d’argent pour la payer. Sa mère lui demande de rentrer pour les vacances de Noël, mais Sophie va multiplier les excuses : « Je dois rester aider Sabrina, elle travaille trop je ne peux pas la laisser, elle n’a personne pour me remplacer. » Mais en réalité, c’est Sabrina qui oblige Sophie à trouver des excuses à ses parents, car elle ne veut pas la laisser partir.

Sabrina va commencer à arrêter de donner de l’argent à Sophie et va aller jusqu’à lui confisquer son téléphone portable. Sophie va alors commencer à utiliser l’ordinateur d’une bibliothèque pour contacter ses parents. En février 2017, elle leur écrit : « Je ne peux rien lui dire pour le moment, mais je vais lui parler. (…) Quand elle n’est pas d’humeur, elle me dit que je peux prendre mes affaires et après elle me dit qu’elle est désolée de me parler si mal, qu’elle travaille beaucoup et qu’elle veut m’engager comme modèle pour faire des photos. »

Pendant l’été 2017, Sabrina va appeler Catherine, la mère de Sophie, pour se plaindre de sa fille, lui disant que Sophie traînait avec des hommes plus âgés, qu’elle était paresseuse, et qu’elle avait même agresser ses enfants. Lorsque Sabrina va passer le téléphone à Sophie pour parler à sa mère, la jeune fille est en larmes, mais elle ne dira rien. Catherine va insister pour que Sabrina lui renvoie sa fille en France, mais Sabrina dira qu’elle n’a pas d’argent pour lui payer son billet. En août 2017, Catherine envoie de l’argent à sa fille pour payer son billet d’avion, mais Sabrina appellera à nouveau la mère de Sophie pour lui dire qu’elle décalait son retour en France.

 « On s’est dit que si ça continuait, on s’organiserait pour aller à Londres. Financièrement, c’était dur pour nous. J’avais été licenciée après un long arrêt maladie, seul mon compagnon travaillait. Il n’y avait personne pour garder mon petit garçon. C’était compliqué. Jamais on n’aurait pu imaginer ce qu’il se passait. Je faisais confiance à Sabrina. » raconte Catherine.

Sabrina et Ouissem vont commencer à être violents physiquement et vont battre la jeune fille à la moindre occasion, en plus de continuer leurs interrogatoires musclés où Sophie était insultée et malmenée. Le 18 septembre 2017, après des mois de torture, Sophie craque et avoue ces crimes imaginaires, espérant avoir la paix. Mais le couple va alors l’emmener dans la salle de bain, et la noyer dans la baignoire.

Le 20 septembre 2017, un voisin appelle les policiers car une épaisse fumée se dégage depuis plusieurs heures du jardin de Sabrina Kouider et Ouissem Medouni. Quand les policiers sont arrivés, ils ont vu que Ouissem avait fait un barbecue avec du poulet, mais la fumée noire qui s’en dégageait était tellement épaisse que les policiers ont tout de suite penser que c’était anormal. Et parmi les cendres, ils ont pu découvrir un nez et une main. Très calme, Ouissem dira qu’il avait simplement fait brûler un mouton, ce qui expliquait l’épaisse fumée. Lorsque Sabrina se fera interrogée ce même soir, elle dira qu’elle ne sait pas où se trouve sa fille au pair, et qu’elle est sans doute partie avec Mark Walton.

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider seront rapidement mis en examen pour meurtre et placés en détention. Ils vont reconnaître avoir voulu faire disparaître le corps de Sophie mais nient l’avoir tuée. Le cadavre de Sophie, qui avait été mit dans une valise avant d’être brûlé, avait été calciné au point qu’il fut difficile de détermine le sexe. L’autopsie révélera quatre côtes cassées, des hématomes aux bras, au dos, à la poitrine, ainsi que des fractures au sternum et à la mâchoire.

Lors de leur procès le 19 mars 2018, Sabrina et Ouissem nient les accusations et plaident non coupable. Sabrina dira même : « Elle était très, très heureuse. Elle ne voulait pas aller dans sa famille». Comme quoi elle aurait empêché Sophie de se rendre chez sa famille à Noël 2016, elle répond : «Elle ne l’a pas demandé parce que nous avions des moments formidables. Elle s’amusait. (…) Je pense que c’est le meilleur Noël que nous ayons jamais eu». Sabrina Kouider ajoute que Sophie aurait pu partir quand elle le voulait, qu’elle était toujours payée et qu’elle avait même eu droit à des extras.

Puis, elle va commencer à blâmer la jeune fille : « Sophie me rendait folle! Elle agissait de manière malfaisante (…) elle jouait la victime ! (…) C’était moi la prisonnière (…) pendant que Sophie se baladait avec Mark Walton !» « Je n’ai pas tué Sophie ! Je traitais bien Sophie, je la respectais ! » plaide-t-elle devant le juge. Au cours de leur procès, Sabrina et Ouissem vont ensuite rejeter la faute l’un sur l’autre : « Sabrina m’a réveillé, probablement vers 01h30. Elle disait que Sophie ne respirait pas », raconte Ouissem au tribunal. Il affirme avoir tenté de réanimer en vain la jeune fille, puis avoir enveloppé Sophie dans un draps blanc et l’avoir mise à l’intérieur d’une valise pour ne pas que les enfants la voient. Lorsqu’on lui demande pourquoi il n’a pas prévenu les secours, il répond que c’était à nouveau pour protéger les enfants. Ouissem ajoute que c’est Sabrina qui aurait insisté pour brûler le corps de Sophie.

Ouissem accuse alors sa compagne devant le tribunal : « C’est toi qui l’as fait ! Tu as mis sa tête dans l’eau !» . En ce qui concerne les interrogatoires auxquels il participait, il répond qu’il pensait que Sophie menaçait la sécurité de leur famille et qu’il voulait connaître la vérité : « J’avais à l’esprit l’histoire selon laquelle Sophie emmenait (un des garçons) auprès d’un pédophile.» « Parfois les mots que j’ai utilisés étaient horribles et je le regrette.»

« Les souffrances et la torture que vous lui avez infligées avant sa mort étaient prolongées et sans pitié » leur déclare le juge Nicholas Hilliard. « Je suis certain (…) que vous avez tous les deux torturé Sophie dans la baignoire (…) en la menaçant de la noyer si elle ne vous fournissait pas les informations que vous souhaitiez et qu’elle ne pouvait fournir parce qu’elles n’existent pas. »

Mark Walton, l’ex compagnon de Sabrina, va venir exprès à Londres pour témoigner contre elle au procès : « C’est une femme très intelligente, calculatrice, manipulatrice, capable, en l’espace de quelques secondes, de devenir assez effrayante. » « Elle parlait avec un doux accent français et tout d’un coup elle changeait de ton, s’énervait, parlait très fort et ne se souciait pas de l’endroit où nous étions. » Il a ensuite expliqué qu’à l’époque où il était en couple avec Sabrina, elle avait déjà renvoyé plusieurs nounous car elle les soupçonnait de le draguer, de voler ou de maltraiter leur fils. Elle avait également appelé la police plusieurs fois car elle avait vu les photos d’une autre femme sur le téléphone de Mark.

Et alors qu’elle était enceinte de lui, Sabrina avait disparu avant de le recontacter plus tard pour lui dire qu’elle avait perdu le bébé, et qu’elle se trouvait chez de la famille à Paris. En réalité, elle avait accouché seule aux Etats-Unis, et Mark ne su que plus tard qu’il avait un enfant qu’il croyait perdu. Lorsqu’il avait cessé de lui verser une pension après leur séparation en 2013, Sabrina l’avait accusé de pédophilie et de maltraitance, avant d’afficher ces diffamations sur les réseaux sociaux dans le but de le discréditer. Mark a également démenti avoir été en contact avec Sophie Lionnet.

Le père du second enfant de Sabrina, un certain Anthony François, va également être entendu : « Elle pouvait être adorable comme elle pouvait être détestable. Elle criait souvent et devenait agressive. Son attitude était incompréhensible.»

L’avocat de Sabrina a tenté de plaidé la maladie mentale de sa cliente, car la jeune femme souffrirait de troubles délirants. Pour Ouissem, son avocat le décrit comme un homme mentalement faible, ayant été endoctriné par sa compagne.

Le 24 mai 2018, Sabrina et Ouissem sont reconnus coupables du meurtre de Sophie, et le 26 juin suivant ils sont condamnés à la prison à vie avec une peine de sûreté de trente ans. Un an plus tard, en mai 2019, le couple a fait appel pour revoir leur peine, mais cette demande a été rejetée, et leur condamnation est donc maintenue.

Même si la famille de Sophie est satisfaite du verdict, cela ne change rien à leur douleur : « Tous les matins je viens ouvrir les volets de sa chambre » dit sa mère. « J’ai donné son lit à une association il n’y a pas longtemps. Peut-être qu’un jour, je mettrai autre chose, dans cette pièce. Mais pour l’instant, il reste les posters. Les souvenirs. Le papier peint. C’est elle qui l’avait choisi. Et il restera, ce papier.»  » « On ne peut pas oublier ça, vous savez. »

A sa mort, Sophie avait 21 ans. Elle a été inhumée le 8 juin 2018 et repose dans une sépulture familiale au cimetière de Sens.

L’affaire Faith Hedgepeth : tuée par sa meilleure amie ?

Faith Hedgepeth

Faith est née le 26 septembre 1992 dans le comté de Warren en Caroline du Nord, aux Etats-Unis. Elle faisait parti de la tribu amérindienne Haliwa-Saponi et était décrite comme étant très gentille, intelligente et soucieuse des autres. Au lycée, elle était pom-pom girl en plus de faire parti des meilleurs élèves, et elle excellait dans ses activités extrascolaires. Grâce à ses excellentes notes elle avait réussi à décrocher la bourse Gates Millennium, afin d’intégrer l’université de Chapel Hill. Elle envisageait de devenir pédiatre et d’être la première de sa famille à être diplômée de l’université.

En 2012, cela fait deux ans que Faith a commencé l’université. En première année, elle s’est liée d’amitié avec Karena Rosario, avec qui elle partageait un appartement hors du campus. La nuit du 7 septembre 2012, Faith et Karena se rendent à la boîte de nuit The Thrill au centre de Chapel Hill. Au bout d’un moment, Karena a commencé à se sentir mal et a demandé à Faith à rentrer chez elles. Les filles quittent la boîte de nuit vers 2h du matin.

Karena et Faith

Dans la matinée du 7 septembre 2012, Connie Hedgepeth, la mère de Faith, est contactée par l’université de Chapel Hill, et on lui annonce quelque chose d’effroyable : sa fille a été retrouvée morte dans son appartement. La famille de Faith se rend à son immeuble à Chapel Hill, où la police est déjà sur place. Les parents de la jeune fille s’effondrent. Ils apprennent ensuite que c’est Karena qui aurait appelé la police après avoir découvert le corps ensanglanté de Faith.

Lorsque les policiers découvrent le corps, ils décrivent une véritable scène d’horreur. Faith baigne dans son sang, elle est à moitié nue et semble avoir subit un traumatisme à la tête. En fouillant l’appartement, les policiers découvrent une bouteille de rhum vide et couverte de sang, ainsi que des traces de sperme à côté du corps de Faith. Ils vont ensuite trouver un sac en papier blanc sur lequel un message de haine a été écrit au stylo bille :« Je ne suis pas stupide, salope, jalouse. »

Le message près du corps de Faith

Karena sera rapidement interrogée par la police. Elle explique que le soir du meurtre, elle s’était rendu avec Faith à la boîte de nuit The Thrill vers 00h30, et qu’elles seraient parti aux alentours de 2h du matin, car Karena aurait commencé à se sentir mal à cause de l’alcool. Une fois à l’appartement, Karena aurait vomi dans les toilettes, alors que Faith partait se coucher. N’ayant pas sommeil, Karena aurait appelé son ami Jordan McCrary pour lui demander si elle pouvait se rendre chez lui. Elle aurait ensuite quitter l’appartement vers 4h du matin, laissant Faith dormir seule, et ne refermant pas la porte à clé derrière elle, car les filles se partageaient une seule clé. Mais que dans la matinée elle avait envoyé plusieurs messages à son amie qui restaient sans réponse. Inquiète, elle serait parti à l’appartement de Faith en compagnie d’une amie nommée Marisol, et c’est là qu’elles auraient fait la macabre découverte.

Lorsque les policiers découvrent alors que le message a été enregistré le 7 septembre vers 1h23 du matin, soit au moment où Faith et Karena se trouvaient encore en boîte de nuit. Par la suite ils parviennent à accéder aux relevés téléphonies de Faith et découvrent que cette dernière n’est pas allé se coucher directement lorsqu’elle est rentré. Elle aurait envoyé un message à son ami Brandon Edwards, qui est également l’ex petit-ami de Karena. Dans ce message, elle lui dit de venir car Karena a besoin de lui à ce moment-là. Mais étrangement, Brandon avait répondu au message par « Qui est-ce ?»

Brandon sera interrogé par les policiers. Il dira qu’il se trouvait également au Thrill avec les filles ce soir-là, mais qu’il n’y ai pour rien dans la mort de Faith. Les policiers vont ensuite fouiller sa voiture et comparer son ADN avec celui retrouvé sur les lieux du crime. Mais les fouilles de sa voiture ne mènent à rien, et son ADN ne correspond pas à celui retrouvé près du corps de Faith.

Les policiers vont ensuite tourner leur attention au deuxième homme à qui Faith a envoyé des messages avant sa mort. Il s’appelle Ty McNill, et il est l’ex petit-ami de Faith. Ils avaient une relation houleuse à cause de la jalousie et la possessivité du jeune homme, et ils passaient leur temps à se séparer pour ensuite se remettre ensemble. Durant une de leur séparation, Faith avait eu une relation avec un autre, ce qui l’aurait rendu furieux. De plus, lorsque Faith ne répondait pas à ses messages, Ty avait pour habitude de partir à sa recherche. Peu avant sa mort, Faith avait confié qu’elle souhaitait définitivement rompre avec lui car il l’avait frappée.

Suite aux messages échangés entre Faith et Ty, on apprends qu’ils devaient se voir dans la soirée du 6 au 7 septembre, mais qu’à la place, Faith était finalement partie en boîte de nuit. A 3h52 ce soir-là, le dernier message que Faith lui avait envoyé était pour lui dire qu’elle souhaitait qu’ils se remettent ensemble.

Bien évidemment, Ty va subir un interrogatoire. Au commissariat, il va croiser les parents de Faith. Il va leur dire à quel point il est désolé pour ce qui est arrivé à leur fille, et il va également leur confier que Faith lui avait envoyé un message étrange la nuit de sa mort. En effet, ce message contient une faute d’orthographe. Or, Faith était connue pour être très pointilleuse sur l’orthographe, et en voyant cette faute son père va penser que ce n’est pas sa fille qui a écrit ce message.

Lors de son interrogatoire, Ty va affirmer n’avoir rien à voir avec la mort de Faith et va même donner son ADN sans hésitation. Et à nouveau, l’ADN retrouvé sur le lieu du crime et celui de Ty ne correspondent pas. Les soupçons vont alors se tourner vers Jordan McCarty. Alors que les policiers se rendent chez Jordan, ce dernier a tenté de fuir, disant qu’il ne voulait pas être mêlé à cette histoire. Les policiers vont quand même l’interroger, et le jeune homme va raconter que lorsqu’il a retrouvé Karena ce soir-là, elle avait une tâche rouge sur son t-shirt. Ce fameux t-shirt va être retrouvé dans l’appartement des filles et va être analysé. Mais à ce jour, les policiers n’ont toujours pas rendu les résultats publics.

Faith et Karena

En creusant un peu plus, les policiers apprennent que le 11 juillet 2012, Karena avait demandé une ordonnance de non communication à l’encontre de son ex petit-ami, Eriq Takoy Jones. Karena avait même changé les serrures de chez elle, mais cela n’avait pas empêché le jeune homme de défoncer la porte de son appartement. Faith ne l’appréciait pas du tout car il se montrait violent envers Karena. Et Eriq était en colère contre Faith, car c’était elle qui avait conseillé à Karena de demander une ordonnance de non communication. Il avait d’ailleurs menacé Faith de la tuer s’il n’arrivait pas à se remettre avec Karena.

Habitant dans le même groupe d’immeuble que les filles, et en voyant les journalistes traîner autour de l’appartement des filles, Eriq est directement aller les voir en faisant des éloges sur Faith. Tous les amis de Faith ont trouvé cela étrange, car ils savaient qu’en réalité Eriq la détestait. D’ailleurs, peu avant le meurtre, il avait posté ce message sur Facebook : « Seigneur, pardonne-moi pour mes péchés et ceux que je pourrais commettre. Protège-moi des filles qui ne me méritent pas et celles qui voudraient que je sois mort. »

Eriq sera emmené par les policiers afin d’être interroger. Au début il refusera de donner un échantillon ADN, avant de changer d’avis. Sa voiture et son appartement seront fouillés également, mais à nouveau, ni les fouilles ni l’ADN ne se révéleront concluants. Eriq est donc relâché.

En 2013, le FBI est venu prêter main forte à la police, à qui on reprochait de bâcler l’affaire et de dissimuler beaucoup d’éléments, qui furent finalement rendus publics en 2014. Et parmi ces éléments se trouve l’appel qu’a passé Karena au 911 en découvrant le corps de Faith, ce 7 septembre 2012 :

Karena : « Je viens d’entrer dans mon appartement… j’ai retrouvé mon amie inconsciente… Je viens de rentrer dans l’appartement et il y a du sang partout sur l’oreiller, sur la couette.. Je ne sais pas ce qui s’est passé

Opérateur 911 : « Est-ce qu’elle respire ?»

Karena : « Je ne pense pas…»

Opérateur 911 : « Est-elle chaude ?»

Karena : « Non, elle est froide. »

Opérateur 911 : « D’accord, ne touchez à rien dans l’appartement. »

Karena : « Il semble que quelqu’un soit venu ici... »

Cet appel sera jugé louche, car en effet, Karena y décrit Faith comme étant inconsciente, et non morte, alors qu’elle a été retrouvée dans une marre de sang. De plus, elle insiste bien sur le fait qu’elle venait de rentrer dans son appartement en le répétant plusieurs fois, comme si elle tentait de se dédouaner. Par la suite, lorsque l’opératrice du 911 lui demande son identité, Karena esquive la question, avant de la révéler après l’insistance de l’opératrice. Lorsque les policiers l’avaient interrogées, Karena avait dit qu’elle s’était rendu à l’appartement avec son amie Marisol, mais l’opératrice du 911 dira qu’elle avait l’impression que Karena était seule. En effet, alors que la jeune fille était en ligne, on entendait aucune autre voix derrière, pas même des pleurs, rien qui ne pourrait confirmer la présence de Marisol, ce qui est étrange pour quelqu’un censé se trouver face à une scène de crime.

En 2014, le rapport d’autopsie de Faith confirme que la jeune fille est morte d’un traumatisme à la tête et qu’elle avait de nombreuses blessures sur le reste du corps. En revanche il n’y a aucun traumatisme au niveau de son intimité, ce qui montre qu’elle n’a pas été violée. D’autres informations vont être données sur le sac où un message haineux y était écrit, près du cadavre de Faith.

Selon les experts, à la manière dont les lettres sont tracées aussi grossièrement, cela pourrait démontrer que cette personne déversait toute sa colère contre Faith en écrivant ces mots, ce qui signifie que Faith devait connaître son meurtrier. L’écriture de Karena et celle du sac seront comparées, et les experts sont formels : les deux écritures ne matchent pas. En revanche, ils pensent que la personne qui a écrit ce message a utilisé sa main non dominante pour camoufler sa véritable écriture.

Malgré tout, les soupçons vont encore se tourner vers Karena. En plus de ses réactions lors de l’appel au 911, elle était la seule à savoir que la porte de l’appartement n’était pas fermée à clé. Et comme aucune fenêtre ni aucune porte n’a été forcée, la personne qui a tué Faith devait donc savoir que la porte d’entrée n’était pas verrouillée. Mais dans ce cas, pourquoi Karena aurait-elle voulu faire du mal à Faith ? Les deux filles étaient très proches et se considéraient comme des soeurs.

Mais en réalité, il y avait depuis quelques temps des tensions et des disputes entre les deux amies. Faith ne désirait plus vivre avec Karena et avait demandé à son amie Una si elle pouvait emménager dans son appartement. D’ailleurs, l’intervention de Una va faire rebondir l’affaire. En effet, le soir de sa mort, Faith lui avait laissé une message vocal sur son répondeur, un message étrange où on entendait de la musique ainsi que des frottements. Mais avant d’apprendre la mort de Faith, Una avait supprimé le message, ne le trouvant pas important. Par la suite, elle va contacter son opérateur téléphonique et pouvoir récupérer ce message vocal.

En 2016, un expert audio-médico légal va analyser le message vocal laissé par Faith le soir de sa mort. En l’améliorant, on se rend compte qu’il n’y a pas seulement de la musique et des frottements, mais qu’il y a également quatre voix différentes, soit deux hommes et deux femmes. Voici la conversation qui y serait entendue :

Femme 1 : « Oh, ma tête…»

Femme 2 : « Fais-le !»

Homme 1 : « Je pense qu’elle est en train de mourir .»

Homme 2 : « Faites-le de toute façon. »

Femme 1 : « Aïe ! Aidez-moi ! Lâchez-moi ! »

Femme 2 : « Va te faire foutre ! Je vais te frapper au visage salope ! »

Femme 2 : « Menteuse ! Tu m’as menti ! »

Femme 2 : « Ne sois pas une (inaudible). Bats-toi ! »

La femme 1 serait sans aucun doute Faith qui semble en détresse, tandis que la femme 2 reste un peu plus compliquée à reconnaître. En revanche, au fur et à mesure de la conversation, l’expert réussi à identifier deux prénoms :

Homme 2 : « J’arrive pas à croire que tu l’as vraiment fait Rosie. »

Femme 2 : « Va aider Eric.»

Femme 2 : « Tu veux provoquer mon petit-ami ? »

Femme 1 : « Non Rosie ! »

Homme : « Jette-là dans le lac. »

Femme 1 : « Pitié ! Ma main est en feu ! »

Homme : « Je vais les détacher. J’ai l’impression que ses mains sont en feu. Je vais les cacher. »

Lorsque la famille de Faith écoute l’audio, le père de Faith affirme reconnaître la voix de sa fille et celle de Karena, et ajoute que Rosie était le surnom que Faith donnait à Karena. Quant à Eric, cela fait écho à l’ex petit-ami de cette dernière, Eriq Takoy Jones. Pour les enquêteurs cela ne fait aucun doute : plusieurs personnes sont mêlées au meurtre de Faith, et ce vocal a été enregistré au moment où elle se faisait tuer.

L’ADN retrouvé sur le lieu du crime et qui semblerait n’appartenir à aucun suspect interrogé sera analysé par une entreprise qui créé des portraits-robots 3D à partir du phénotypage. Grâce à cela, ils parviennent à reproduire un portrait-robot d’un des potentiels agresseurs de Faith. Il semblerait que ce soit un homme à la peau bronzée, aux cheveux sombres et aux yeux marrons ou noisettes, ayant des origines hispaniques.

Le portrait-robot 3D

En revanche, Karena, Eriq, et Jordan restent toujours les principaux suspects, même si leur ADN ne matchent pas avec celui trouvé près du corps de Faith. Plusieurs autres personnes furent interrogées et testées avec leur ADN, mais en vain.

Huit ans plus tard, et malgré les lourds soupçons contre Karena et les autres hommes, personne n’a encore été arrêté dans cette affaire. Mais les enquêteurs sont sûrs d’une chose : le meurtre de Faith était prémédité par quelqu’un qui la connaissait.

Karena Rosario avait été approchée par Crime Watch Daily pour une interview, mais elle n’a jamais voulu y participer. Depuis, Karena a déménagé dans un autre Etat et ne fait plus parler d’elle. Après tout ce temps, la famille de Faith espère toujours savoir qui a pu s’en prendre à leur fille qui était promise à un brillant avenir.

Bianca Devins : un meurtre qui a choqué internet.

Bianca est née le 2 octobre 2001. Originaire d’Utica dans l’Etat de New York, elle était considérée comme une E-Girl sur Instagram à cause de son style assez particulier. Elle était récemment diplômée du lycée et prévoyait d’étudier la psychologie.

Bianca Devins
Brandon Clark

En 2019, alors qu’elle est âgée de 17 ans, Bianca rencontre Brandon Clark, 21 ans. On ne connait pas réellement la nature de leur relation, certains proches disent qu’ils avaient eu une brève liaison, d’autres disent qu’ils ne sont jamais sorti ensemble.

Le 13 juillet 2019, Bianca devait se rendre à un concert de la chanteuse Nicole Dollanganger. N’ayant pas de voiture, elle avait d’abord demandé à Brandon s’il pouvait l’emmener et assister au concert avec elle, avant de finalement changer d’avis et partir avec un ami. Brandon va les rejoindre aux alentours de minuit, et au cours de la soirée il va reprocher à Bianca de flirter avec ce garçon.

A la fin du concert, Brandon propose à Bianca de la ramener chez elle. Mais au lieu de rentrer, les deux jeunes vont s’installer dans la voiture de Brandon garée dans une impasse, et y rester environ deux heures.

Dans la nuit du 14 juillet, un utilisateur de Discord appelle 911 pour signaler les photos du cadavre d’une jeune fille qui circulent sur la plateforme. Peu après, plusieurs autres personnes vont passer des appels au 911 pour signaler les mêmes photos qui seraient mises en ligne sur Instagram. Puis c’est au tour de Brandon de contacter le 911, où il dit avoir tué Bianca. L’appel est tracé jusqu’à l’impasse où ils s’étaient arrêtés.

Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, ils surprennent Brandon en train de se prendre en photo devant le cadavre de Bianca, dont la gorge a été tranchée. Puis lorsqu’il voit les policiers, le jeune homme tente de se suicider en plantant un couteau dans le cou. Gravement blessé, il est hospitalisé puis inculpé pour meurtre au second degré.

Une amie de Bianca confiera que celle-ci lui avait envoyé des messages durant cette soirée, et dans l’un d’eux elle écrit que Brandon était très en colère de la voir flirter avec cet ami au concert. Sur son compte Instagram, Brandon avait publié des photos du cadavre de Bianca en écrivant en légende : « Désolé les connards, mais vous allez devoir trouver quelqu’un d’autre à qui tourner autour. » Ensuite, toujours sur Instagram, Brandon poste une vidéo où il se filme en train de conduire de nuit, accompagné du message :« L’enfer arrive, c’est la rédemption, non ?»

Suite à cela, le compte Instagram de Bianca qui cumulait 400 abonnés va voir son chiffre exploser et atteindre les 100 000 abonnés. Sur le site 4chan, certains Incels se sont réjouis de la mort de la jeune fille, reprochant à Bianca d’avoir refusé les avances de Brandon, avant de partager les photos de son cadavre. Les Incels sont un groupe auto-nommé constitué principalement d’hommes nourrissant une haine féroce envers les femmes, qui, selon eux, seraient responsables de tous leurs malheurs, dont leur célibat.

Alors que les photos du corps de Bianca étaient partagées sur internet, des internautes plus bienveillants ont diffusé massivement le hashtag #RIPBianca accompagné de photos mignonnes, afin de « noyer » les images du cadavre.

En février 2020, Brandon a plaidé coupable pour le meurtre de Bianca, et s’est ensuite excusé :« Bianca ne méritait pas ce qui lui ai arrivé. Je m’excuse auprès de toutes les personnes qui la connaissaient et l’aimaient. Je m’excuse auprès de tous ceux qui sont touchés par cela, tous ceux qui ont dû voir cette horrible photo d’elle. Je sais que les excuses ne suffisent pas et que cela ne reprendra pas ce que j’ai fait. »

Le 5 août 2020, Brandon a comparé devant le tribunal du comté d’Oneida, et a déclaré vouloir retirer son plaidoyer de culpabilité. La défense a jusqu’au 22 septembre pour répondre à sa demande et une date d’audience est prévue pour le 30 septembre 2020.

Lashaya Stine : victime d’un réseau de prostitution ?

Lashaya Stine est née le 8 février 2000. Elle vivait à Aurora dans le Colorado, et était décrite comme une jeune fille sans histoires et une élève studieuse, figurant même sur le tableau d’honneur de son lycée.

Soucieuse des autres, Lashaya avait pour projet de devenir infirmière. D’ailleurs, elle avait obtenu un stage à l’hôpital de l’université du Colorado. Le soir du 15 juillet 2016, Sabrina Jones, la mère de Lashaya, dit bonne nuit à sa fille et part se coucher. Le lendemain, elle va réveiller Lashaya car celle-ci doit passer un entretien d’embauche, mais elle est surprise de constater que sa fille n’est pas dans sa chambre, ni ailleurs dans la maison.

Sabrina va alors tenter de joindre sa fille sur son téléphone portable, mais elle tombe directement sur la messagerie vocale. Elle va alors la chercher partout dans leur quartier, mais sans succès, et la police sera alors prévenue. Les policiers vont d’abord considérer Lashaya comme une fugueuse, mais une semaine plus tard, le chef de police qui revenait de vacances s’est penché un peu plus sur son cas.

Ils vont ainsi trouver des images de vidéosurveillance de la nuit du 15 juillet. On y voit Lashaya en train de marcher le long du boulevard East Montview, aux alentours de 2h30 du matin.

Les dernières images de LaShaya

Par la suite, la jeune fille se volatilise. Sabrina Jones a pensé que sa fille devait peut-être rejoindre quelqu’un mais qu’elle avait l’intention de revenir chez elle, car elle était partie sans effets personnels. En effet, Lashaya avait laissé son chargeur de téléphone, son portefeuille et n’avait prit rien d’autre dans sa chambre. La famille, les amis et l’ex petit-ami de Lashaya furent interrogés, mais cela n’a mené à aucune piste.

Que pouvait bien faire une jeune fille de 16 ans, seule dans la rue en pleine nuit ? Pour sa famille, il est impossible que Lashaya ait fugué. Elle n’avait jamais posé de problèmes à personne, c’était une adolescente sérieuse, et de plus, elle avait disparue la veille d’un entretien d’embauche. Etait-elle partie rejoindre quelqu’un ? Lui faisait-on du chantage ?

Sa mère pense que Lashaya a été forcée de se livrer à des trafiquants sexuels. D’ailleurs, au cours des années qui suivirent sa disparition, il y eut plusieurs témoignages qui corroborent cette théorie. En effet, des témoins ont affirmé avoir vu Lashaya dans des motels où elle était forcée de se prostituer, et qu’elle était surveillée en permanence par un homme. Plusieurs fois les policiers se sont rendus dans ces motels suite à ces signalements, mais cela n’a rien donné. Lashaya aurait été aperçue dans plusieurs Etats : Nouveau-Mexique, Kansas, Missouri…

Autre fait troublant, une jeune fille ayant pu s’échapper d’un réseau de prostitution a affirmé avoir vu Lashaya dans le même trafic, et elle a d’ailleurs décrit un signe d’instinctif de l’adolescente : une cicatrice au niveau de la poitrine.

Mais à ce jour et malgré ces témoignages, Lashaya est toujours portée disparue. Une récompense de 15 000 $ est offerte pour une quelconque information qui pourrait aider à retrouver Lashaya Stine.