
Maximus William “Max” DeVries est né le 18 avril 1990 dans l’Etat américain du Michigan. Il était le fils de George et Yvonne DeVries, et avait une soeur cadette nommée Dominique. Max était très proche de sa famille avec qui il avait une relation privilégiée. Malheureusement, en 2002, George décède d’une crise cardiaque, un événement qui a profondément marqué la famille.
Passionné par l’eau et les activités nautiques, Max avait grandi en bord de lac et aimait passer du temps à naviguer et à s’amuser en plein air. Elève sociable et curieux, il fréquentait le Scranton Middle School et était décrit par ses proches comme vif d’esprit et aimé de ses amis
Début mai 2004, Max quitte le Michigan pour se rendre à Aruba en compagnie de sa mère et de sa soeur. Ce voyage a une signification particulière pour eux : il s’agit d’une occasion de se retrouver et de changer d’air après le décès de George, deux ans plus tôt. La famille embarque à bord de l’Allegra, un bateau privé ancré près de la côte d’Aruba, où ils passent la nuit.

Quelques jours après leur arrivée au complexe hôtelier d’Aruba, Max passe une partie de son temps libre à jouer au billard lorsqu’il est abordé par homme d’une trentaine d’années nommé David Jr. Les deux entament une partie ensemble, une interaction qui attire brièvement l’attention d’Yvonne. Sur le moment, elle éprouve un léger malaise, mais le contexte détendu des vacances, où les échanges entre inconnus sont fréquents, la rassure, et elle n’y voit finalement rien d’alarmant.
Au fil de la conversation, David Jr. explique qu’il séjourne sur l’île avec son père adoptif, David Sr., venu célébrer l’anniversaire de son adoption. Peu après, ce dernier se joint au groupe. Ils discutent ensemble de leurs projets respectifs, et Yvonne mentionne que sa famille envisage de faire une balade en jet‑ski le lendemain. David Sr. propose alors que lui et son fils se joignent à eux pour l’activité. Après réflexion, Yvonne accepte.
Le jour suivant s’est déroulé sans incident particulier. Toute la famille a profité d’une séance de parasailing, et à un moment, Max est parti faire du jet‑ski avec David Jr. A la fin de cette journée remplie d’activités, les deux familles se sont séparées, sans prévoir de se revoir.
Le jour d’après, le 12 mai, David Sr. a approché la famille DeVries au bord de la piscine de l’hôtel et a demandé à Max s’il voulait refaire du jet‑ski. Au début, Yvonne a refusé, mais après l’insistance de David Sr. et les supplications de son fils, elle a finalement accepté.« Max sautait de joie, il était surexcité, il me suppliait de le laisser partir. Et je l’ai laissé faire », a raconté Yvonne.

Peu de temps après, Max et David Sr. sont partis sur un jet‑ski, tandis que Yvonne et sa fille Dominique les regardaient. C’est la dernière fois que Max a été vu vivant.
Au bout d’une heure, Yvonne commence à s’inquiéter. En effet, les jet-skis avaient été loués pour quarante-cins minutes, et il n’y avait toujours aucune trace de Max et de David Sr. Elle est descendue à la plage et a constaté que le personnel de la société de location de jet-skis était déjà en train de les chercher à l’aide de jumelles. Paniquée, Yvonne est retournée à l’hôtel pour informer le personnel que son fils avait disparu et que la dernière fois qu’elle l’avait vu, il était sur un jet‑ski avec un homme plus âgé, David Sr., également résident de l’hôtel.
Lorsque l’absence de Max est signalée, le personnel de l’hôtel se rend immédiatement à la chambre occupée par David Sr. et son fils, mais la porte reste fermée et personne ne répond. Devant l’absence de nouvelles, la famille DeVries prévient les autorités locales, qui organisent une opération de recherche en mer avec des embarcations. A leur retour sur la côte, seul David Sr. est retrouvé à bord du bateau de sauvetage, mais Max n’a toujours pas été localisé. Peu après, David Jr. fait son apparition sur la plage, sans explication claire sur son absence pendant les premières heures de la recherche. Interrogé, il dit qu’il a dormi dans sa chambre pour récupérer d’un malaise et qu’il n’a pas entendu le personnel frapper à sa porte
Selon son témoignage aux autorités, David Sr. raconte que Max et lui se seraient éloignés de la plage à bord de leurs jet‑skis vers un banc de sable pour explorer. Selon lui, au moment de repartir, les jet-skis ne fonctionnaient plus. Max aurait alors tenté de lier les deux engins ensemble afin qu’ils ne dérivent pas. C’est à ce moment que David Sr. affirme avoir entendu un bruit sourd, et en se retournant, il aurait constaté que Max flottait au loin sur l’un des jet-skis immobilisés. D’après lui, c’est la dernière fois qu’il a vu l’adolescent.

Cependant, David Sr. a fourni plusieurs versions différentes de ce qui s’est passé lors de la sortie en jet‑ski avec Max, ce qui a compliqué l’enquête. Dans une autre version, il prétend que Max aurait éteint son jet‑ski et tenté de nager vers la côte, ce qui diffère de sa première explication. David Sr. a également donné des récits contradictoires concernant le fait d’avoir appelé ou non Max lorsqu’il s’est retrouvé seul.
Quand David Sr. est amené à parler, les autorités notent qu’il est couvert de éraflures et de marques sur le visage, le cou et les bras. Interrogé sur cela, il a expliqué qu’elles seraient survenues lorsqu’il avait tenté de récupérer les jet-skis et de maîtriser la situation en mer, en s’accrochant aux engins et aux cordages, bien que certains enquêteurs aient trouvé ces explications peu plausibles compte tenu de l’état des jet-skis et des conditions.
Yvonne fut la première à ne pas croire aux explications de David Sr. Elle craignait qu’il ait fait du mal à son fils et que ses égratignures soient le résultat d’une tentative de défense de Max. Désespérée, elle demanda à la police de procéder à un prélèvement d’ADN sous les ongles et à un test polygraphique. Mais la police a refusé, prétextant que de telles procédures n’étaient pas courantes ou nécessaires dans leur juridiction.
Les autorités arubaines ont immédiatement lancé une recherche maritime étendue, mobilisant bateaux de sauvetage, garde‑côtière, hélicoptères et avions, mais aucune trace de Max n’a été retrouvée malgré plusieurs jours d’opérations intensives. La police d’Aruba a officiellement conclu qu’il s’agissait d’un accident en mer et déclaré Max « perdu en mer », mettant fin à la phase active des recherches, et laissant la famille DeVries livrée à elle-même.

En 2005, Yvonne a contacté le lieutenant retraité Cory Williams, ancien détective du service de police de Livonia dans le Michigan. Il a accepté de revoir les documents, les rapports et les témoignages de l’enquête arubaine, et a rapidement constaté des contradictions importantes dans les versions données par David Sr. Il a également constaté l’absence de vérifications approfondies, comme les antécédents des deux David. Et en fouillant dans le passé de David Sr. et David Jr., Williams a déclaré avoir identifié des éléments troublants qui l’ont amené à remettre en question certaines des versions officielles de l’enquête.
Dans la série documentaire, il explique avoir contacté les autorités afin de vérifier les antécédents des deux hommes. « L’une des déclarations faites par le plus jeune mentionnait qu’il avait déclaré à la police, en 1981, avoir été victime de son père pour des crimes contre des enfants », affirme-t-il, sans que ces éléments n’aient conduit à une mise en cause officielle dans l’enquête sur la disparition de Max.
Williams a ensuite porté le dossier à l’attention du FBI, ce qui a entraîné une période où le cas a été considéré comme un cold case auprès des autorités fédérales américaines. Cependant, comme plusieurs agents ont été ensuite réaffectés à d’autres enquêtes nationales, le dossier a été mis en suspens, ce qui a poussé Yvonne à continuer à faire pression pour qu’il soit rouvert et examiné plus rigoureusement.
« Le FBI m’a appelée en octobre 2008 pour m’informer qu’ils avaient clos l’enquête le concernant. Ne jamais savoir ce qui s’est passé dans les derniers instants de la vie de Max sera toujours une épreuve difficile. Je peux affirmer sans hésiter que ni notre gouvernement ni celui d’Aruba n’ont fait le nécessaire pour découvrir ce qui est arrivé à mon fils. » déplore Yvonne.
Aucun rebondissement n’a été signalé jusqu’en avril 2016, lorsqu’Yvonne a reçu un message sur Facebook d’une femme souhaitant rester anonyme, qui avait été en couple avec David Jr. pendant un an. Cette dernière racontait qu’un jour, alors qu’elle, David Jr. et David Sr. se trouvaient dans le salon, David Sr. avait soudain évoqué la disparition d’un « garçon de quatorze ans à Aruba », précisant que David Jr. avait été très proche de Max et que sa disparition l’avait profondément affecté.

Selon ses propos, lorsqu’elle a demandé à David Jr. ce qui s’était passé à Aruba, il a réagi avec colère et lui a interdit de mentionner Max. La femme aurait alors remarqué des comportements inappropriés de David Sr. envers son propre fils mineur, ce qui l’a poussée à mettre fin à sa relation. En enquêtant sur la disparition de Max, elle a décidé de contacter Yvonne pour partager ces informations.
Yvonne a ensuite été mise en contact avec une autre ancienne compagne de David Jr., qui affirmait que celui-ci parlait souvent de Max dans son sommeil et que, selon lui, la seule chose positive que son père avait faite pour lui avait été de « l’avoir sorti d’Aruba ». Cette femme rapportait également avoir été victime d’une agression de la part de David Jr., dont elle a pu s’échapper. Aucune arrestation ni inculpation n’a été rendue publique à la suite de ces déclarations.
En 2024, une série documentaire intitulée Never Seen Again a consacré au moins deux épisodes à l’affaire de Max DeVries, remettant sa disparition en lumière. Yvonne, quant à elle, continue de sensibiliser le public à travers des prises de parole, des appels à témoins et des activités sur les réseaux sociaux, notamment sur Tiktok et Facebook. Un peu plus de vingt ans après la disparition de Max, elle espère que les actions qu’elle mène conduiront la police et le FBI à réexaminer le dossier de son fils et à rouvrir l’enquête.



















































