La disparition de Marie-Pascale Sidolle : enlevée à son travail.

Gard : un mois que Marie-Pascale Sidolle s'est... volatilisée - midilibre.fr
Marie-Pascale Sidolle

Marie-Pascale était une aide soignante de 54 ans qui vivait à Roquemaure, une petite commune située dans le Gard, dans le sud-est de la France. Elle travaillait depuis trois ans au service d’oncologie-hématologie au Centre Hospitalier Henri-Duffaut à Avignon, et était décrite comme une employée responsable, sérieuse et dévouée.

Le dimanche 14 avril 2019, Marie-Pascale se lève très tôt pour se rendre à son travail. Les caméras de surveillance filment sa Renault Twingo blanche (immatriculée AE-066-JQ) entrer dans le parking de l’hôpital aux alentours de 6h30. A l’intérieur, on distingue Marie-Pascale sur le siège conducteur, seule. L’aide soignante est de nature prudente et a pour habitude de toujours se garer au plus près possible de la porte de son service.

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Mais plus tard dans la journée, l’hôpital appelle Stéphanie Sidolle pour lui annoncer que sa mère ne s’est pas présentée au travail. Stéphanie s’inquiète immédiatement. Ce comportement ne ressemble absolument pas à sa mère. Si elle avait du retard elle aurait obligatoirement prévenu quelqu’un. Stéphanie tente de l’appeler sur son téléphone, en vain. Elle pense alors que sa mère a peut-être eu un accident de voiture, ou un soucis chez elle. Accompagnée de sa marraine, Stéphanie se rend au domicile de Marie-Pascale, qui vit seule. Mais l’aide soignante ne se trouve pas chez elle, et tout est en ordre. Il n’y a aucune trace d’effraction ou de lutte. Sa voisine dira également avoir bien entendu Marie-Pascale quitter son domicile ce matin-là.

Les images de vidéosurveillance du parking de l’hôpital sont analysées, et on découvre quelque chose de troublant. Vers 6h30, nous voyons bien Marie-Pascale arriver seule au volant de sa voiture. Mais étrangement, quelque minutes plus tard, la caméra filme sa voiture ressortir du parking. Au volant, on distingue la silhouette d’un homme. Le pare-soleil étant baissé, il est très difficile de l’identifier. Sur le siège passager, on remarque une silhouette plus frêle, celle de Marie-Pascale. Mais impossible de voir si elle est calme ou effrayée. Son téléphone a été éteint, mais sa dernière géolocalisation montre que ce jour-là à 7h29, elle se trouvait à Pujau, sur le chemin des falaises. Puis on perd toute trace GPS. Les heures vont passer ainsi, sans aucune nouvelle de sa part.

Que s’est-il passé sur le parking ? Qui était cet homme dans sa voiture ? Marie-Pascale n’était pas une femme à problèmes, et elle n’avait pas le profil d’une fugueuse. C’était une mère et une grand-mère épanouie, qui sortait peu, qui était de nature méfiante. On ne lui connaissait aucun ennemi, et c’était une employée appréciée au sein de son travail. Qui aurait pu lui en vouloir au point de la kidnapper ? Aurait-elle fait une mauvaise rencontre ?

Assistance et recherche de Personnes disparues

Le lundi 15 avril 2019, aux alentours de 2h du matin, les habitants du quartier de Monclair, situé dans le quartier d’Avignon Ouest, sont réveillés par une déflagration. Lorsque les policiers arrivent sur place, ils découvrent une voiture calcinée au fond de l’impasse de l’Ancien chemin du bac de Ramatuelle, mais il n’y a personne à l’intérieur. Cette voiture sera identifiée comme étant la Twingo de Marie-Pascale.

Une enquête pour disparition inquiétante va être ouverte. Les policiers vont procéder à des interrogatoires et des perquisitions. Ils vont également vérifier tous les véhicules entrant et sortant du parking de l’hôpital entre 4h et 7h du matin, mais sans succès. Bien que la disparition de Marie-Pascale soit très troublante, l’enquête a malheureusement mit du temps à démarrer. « Il existe en France une loi, explique Stéphanie Sidolle. Un droit de retrait pendant 48 heures pour les personnes adultes. Cela signifie qu’un adulte a le droit de s’isoler pendant 48 heures sans donner de nouvelles. C’est pour cette raison que pour porter une personne disparue, il faut attendre deux jours. Je trouve cette loi ridicule. Cela fait perdre un temps précieux. Ce sont les heures les plus importantes ».

Quelques mois plus tard, Stéphanie a témoigné à la station de radio France bleu Vaucluse pour parler de sa mère. Elle y explique l’étrange circonstance de sa disparition ainsi que l’avancée de l’enquête. Elle ajoute également qu’elle soupçonne une personne de son entourage, soupçon qu’elle a confié aux enquêteurs, mais sans pouvoir en dire plus. La disparition de Marie-Pascale a été un immense bouleversement pour ses proches, mais Stéphanie tente malgré tout de garder espoir : « […] Ma mère a disparue, mais on a pas retrouvé de corps. On a bien retrouvé des gens dix ans plus tard, donc tant que je ne verrais pas le corps de ma mère il y aura toujours un espoir. […] Même si elle est morte, on ne peut pas la laisser comme ça dans la nature, il faut qu’on la retrouve. »

EDIT 06/06/2021

En janvier 2021, un chasseur trouve des ossements dans une campagne d’Aramon, dans le Gard. Le 2 juin 2021, le procureur de la République de Nîmes a révélé qu’il s’agissait bien des ossements de Marie-Pascale, disparue deux ans plus tôt.

Stéphanie Sidolle a tenu à adresser quelques mots à l’assassin de sa mère : « « Tu as fait souffrir assez de monde comme ça, tu as tué ma mère. Maintenant, il faut que tu te rendes, que tu ailles te dénoncer ! »

Une information judiciaire pour meurtre et enlèvement a été ouverte.

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