
Née le 12 avril 1984 sur l’île d’Hokkaidō, Asami Chida a grandit entourée de ses parents et de son petit frère. Elève au lycée Muroran Sakae High School, elle était décrite par ses enseignants et ses camarades comme une adolescente brillante et sociable. En parallèle de ses études, elle occupait un emploi à temps partiel dans une boulangerie locale, où elle travaillait notamment à la caisse et se formait à la préparation de boissons.
Le 6 mars 2001, Asami n’avait pas cours et devait prendre son service à 13h. Mais à 11h30, Asami a appelé la boulangerie pour demander si le gérant était présent et qu’elle viendrait finalement un peu plus tard, sans préciser la raison. En quittant son domicile en début d’après-midi, elle se rend d’abord dans une supérette pour acheter quelques en-cas, puis elle prend un bus à l’arrêt de Hakucho-dai Chuo. A 12h56, le bus passe près de la boulangerie où travaille Asami, mais elle ne descend pas. A 13h03, Asami descend à l’arrêt Higashimachi Nichome et se dirige vers le centre commercial Muroran Saty, aujourd’hui renommé Aeon Muroran.
A ce moment-là, une caméra de surveillance filme Asami dans le rayon cosmétiques. Elle apparaît seule, sans signe apparent de détresse. Elle flâne plusieurs minutes dans le magasin, sans rien acheter, puis elle quitte le magasin à 13h26. Cette séquence vidéo est considérée comme l’un des éléments les plus fiables pour retracer ses derniers déplacements.

A 13h30, deux camarades de classe aperçoivent Asami à l’arrêt de bus près de Muroran Saty et la saluent. Asami aurait ensuite prit un bus jusqu’à l’arrêt Higashi-dori, à proximité de son lieu de travail, où elle arrive à 13h41. Elle a ensuite utilisé son téléphone portable pour prévenir son petit ami qu’elle était arrivée. Son petit ami la rappelle peu après, et Asami lui aurait dit qu’elle ne pouvait pas lui parler pour le moment. Après cela, sa trace s’est brusquement interrompue dans les heures qui ont suivi.
La police a été prévenue lorsque les parents d’Asami n’eurent aucune nouvelle de leur fille. Très tôt dans l’enquête, les autorités ont envisagé la possibilité d’une intervention criminelle et ont lancé des recherches approfondies tout en recueillant de nombreux témoignages. Les collègues d’Asami ont décrit la jeune fille comme étant sérieuse et appréciée de tous.
Cependant, certains d’entre eux ont mentionné le fait que Asami semblait victime d’un « stalker » qui la suivait et l’appelait sur son téléphone. Asami recevait apparemment plusieurs appels anonymes et menaçants chaque jour. Une de ces collègues l’a un jour interrogée à ce sujet, et Asami a répondu que c’était probablement des canulars.
L’employeur d’Asami, qui était le gérant de la boulangerie, a été rapidement pointé du doigt. En effet, plusieurs employés auraient décrit un comportement parfois jugé inapproprié de la part du gérant, et qu’il aurait eu des propos et des comportements déplacés envers des jeunes filles travaillant pour lui, incluant Asami.

Les policiers ont prit cette piste au sérieux et le gérant a été placé sous surveillance. Lorsqu’il est interrogé, il affirme avoir fermé sa boulangerie vers 13h30 ce jour-là en constatant l’absence d’Asami, puis qu’il aurait passé la journée avec sa mère. Les policiers ont envisagé la possibilité d’un enlèvement et ont mobilisé plus de 2000 agents. Ils ont ensuite perquisitionné le domicile et la voiture du gérant de la boulangerie, mais ils n’ont rien trouvé de concluant. Peu après, les accusations ont été abandonnées, faute de preuves. Au fil du temps, de nombreux signalements ont été transmis par des habitants pensant avoir aperçu Asami, sans qu’aucun ne puisse être confirmé par les autorités.
Plusieurs années passent sans aucune avancée dans l’enquête, mais en 2010, un article consacré à Asami publié sur un blog suscite un vif intérêt. L’auteur de cet article prétendait être un ancien détective, et d’après lui, les deuxième et troisième étages de l’immeuble abritant la boulangerie auraient été composés de logements locatifs inoccupés à l’époque des faits, le propriétaire de l’immeuble étant également le gérant de la boulangerie. Sur la base de ces éléments, il a émis l’hypothèse que Asami aurait pu être séquestrée dans une partie de ces locaux, et il déplore que les policiers ne se sont pas intéressés à cette possibilité à l’époque.
En 2011, la chaîné de télévision TV Asahi a consacré une épisode à la disparition d’Asami, où ils ont interviewé le gérant de la boulangerie, qui avait demandé à ce que son identité soit préservée. Dans cette interview, il a expliqué que sa boulangerie avait fermée peu après la disparition d’Asami et qu’il travaillait désormais dans un restaurant. Il a à nouveau nié toute implication dans la disparition d’Asami, précisant qu’il n’avait jamais eu de comportements déplacés envers elle et qu’il n’a jamais été obsédé par les jeunes filles.
En 2016, le département de la police de Muroran a affirmé qu’ils poursuivaient leur enquête. Plus de deux décennies après les faits, la disparition d’Asami Chida reste un mystère.

