L’affaire Jo-Anne Pedersen : la fillette disparue sous la pluie.

Jo‑Anne Maria Pedersen est née le 17 mai 1972 à Chilliwack, en Colombie‑Britannique, Canada. Décrite par sa famille et ses proches comme une fillette joyeuse, curieuse et pleine de vie, elle aimait jouer à l’extérieur et passait beaucoup de temps avec ses amis et sa famille.

Le 19 février 1983, Jo-Anne, alors âgée de 10 ans, avait passé la journée avec sa sœur et leur cousine de 14 ans. Alors qu’elles rentraient chez elles après avoir passé du temps au centre commercial, une petite dispute éclata entre Jo-Anne et sa sœur aînée. A la suite de cette dispute, sa sœur et sa cousine prirent de l’avance et rentrèrent à la maison avant elle. Dans ce qui semblait être une simple plaisanterie, elles verrouillèrent la porte derrière elles, laissant Jo-Anne seule à l’extérieur. Lorsqu’elle arriva devant la maison, elle tenta pendant quelques minutes d’entrer, mais personne ne lui ouvrit. Entre-temps, le temps s’était dégradé et il pleuvait.

Ne pouvant pas rentrer chez elle, Jo-Anne décida alors de se rendre au Penny Pincher, un petit commerce situé à proximité de son domicile, afin de téléphoner à ses parents. Elle entra d’abord dans le magasin, puis sortit pour utiliser la cabine téléphonique située à l’extérieur. Elle parvint à contacter sa famille et demanda à ce qu’on vienne la chercher.

C’est alors qu’un événement étrange se produisit. Alors que Jo-Anne était encore au téléphone, un homme adulte prit le combiné et s’adressa à ses parents. Il leur demanda de venir chercher rapidement la fillette et leur aurait indiqué que, s’ils ne venaient pas dans la demi-heure, il appellerait la police. Les parents de Jo-Anne se rendirent immédiatement au magasin. Mais lorsqu’ils arrivèrent, Jo-Anne avait disparu.

La GRC va mener une vaste opération terrestre et aérienne, avec notamment des chiens et des équipes de bénévoles. Malgré l’ampleur des recherches, aucune trace de Jo-Anne ni aucun indice évident de violence n’est découvert.

Angela Reilly, la mère de Jo-Anne, expliquera aux enquêteurs qu’un homme se trouvait dans la cabine avec sa fille alors qu’elle était au téléphone avec elle. Plusieurs témoins confirmeront par la suite avoir aperçu un homme en compagnie de Jo-Anne dans la cabine téléphonique. L’homme est alors décrit comme ayant entre 20 et 30 ans, mesurant environ 1,68 à 1,70 m, de corpulence mince à moyenne, avec des cheveux descendant sous les oreilles et portant une veste sombre. Un véhicule lui est également associé : une voiture américaine blanche ou crème, datant du début ou du milieu des années 1970, avec un toit de type Landau.

Malgré ces différents éléments, l’homme reste introuvable. La police va alors lancer d’importantes recherches pour retrouver Jo-Anne et tenter de comprendre ce qui a pu se passer après son départ du Penny Pinchers. Des équipes au sol, des bénévoles, des chiens de recherche et des moyens aériens sont mobilisés. Pourtant, aucune trace de la fillette n’est retrouvée.

L’enquête va progressivement s’enliser. Pendant des années, l’identité de l’homme aperçu avec Jo-Anne reste inconnue et son rôle dans la disparition est incertain. Etait-il simplement un inconnu qui avait tenté de lui venir en aide ? Ou savait-il davantage de choses sur ce qui était arrivé à la fillette ? Au fil des décennies, plusieurs appels sont lancés au public afin de retrouver cet homme et de faire avancer l’enquête. Mais Jo-Anne, elle, reste introuvable.

Les années passent et l’affaire reste irrésolue. En 2008, pour marquer le 25e anniversaire de la disparition, une reconstitution de la soirée est réalisée afin de tenter de raviver les souvenirs du public et d’obtenir de nouveaux témoignages. La vidéo montre notamment une reconstitution de Jo-Anne dans la cabine téléphonique, sous la pluie, avec l’homme qui avait été aperçu auprès d’elle.

Reconstitution de la disparition de Jo-Anne réalisée en 2008.

La même année, Angela Reilly lance un appel public particulièrement émouvant à l’homme présent dans la cabine. Elle lui demande de se manifester et de parler aux enquêteurs, espérant qu’il puisse enfin apporter des réponses sur les dernières minutes connues de sa fille.

Mais trois ans plus tard, en 2011, un nouvel élément vient relancer l’affaire. La GRC reçoit une lettre anonyme, datée du 28 août, contenant des informations concernant la disparition de Jo-Anne. Les enquêteurs estiment que son auteur pourrait être un témoin ayant connaissance de certains événements entourant la disparition. Ils souhaitent donc retrouver cette personne afin de pouvoir l’interroger.

En 2013, la police révèle même que plusieurs lettres anonymes ont été reçues depuis le 25e anniversaire de la disparition. Un homme affirme notamment être témoin des événements ayant précédé la disparition de Jo-Anne. Les enquêteurs cherchent alors toujours à identifier cette personne et à déterminer précisément ce qu’elle sait.

Malgré ces nouveaux éléments, aucune avancée décisive ne permet de retrouver Jo-Anne. L’affaire continue cependant d’être considérée comme une enquête active, et la GRC affirme au fil des années qu’elle reste déterminée à comprendre ce qui est arrivé à la fillette.

Puis, en février 2023, quelques jours avant le 40e anniversaire de sa disparition, un tournant majeur survient enfin. La GRC de Chilliwack annonce avoir identifié l’homme qui se trouvait dans la cabine téléphonique avec Jo-Anne. Après l’avoir retrouvé et interrogé, les enquêteurs parviennent toutefois à une conclusion : l’homme est écarté comme suspect. Cependant, la GRC n’a pas précisé publiquement les éléments qui lui avaient permis de parvenir à cette conclusion. Son identité n’a pas non plus été révélée.

Cette annonce, après quarante années de recherches, soulève donc de nouvelles questions : pourquoi cet homme avait-il été aperçu avec Jo-Anne ce soir-là, et que savait-il réellement de sa disparition ? Cette identification permet donc de résoudre l’un des grands mystères de l’affaire, mais elle ne permet toujours pas de comprendre ce qui est arrivé à Jo-Anne après son départ de la cabine téléphonique.

Quarante ans après sa disparition, la question essentielle reste donc sans réponse : qu’est-il arrivé à Jo-Anne Pedersen après cette nuit du 19 février 1983 ?

L’étrange disparition de Jacob Cabinaw.

Jacob naît le 6 octobre 1978 à Grawn, dans l’Etat américain du Michigan. Membre de la tribu Grand Traverse des Indiens Ottawa et Chippewa, il grandit au sein d’une fratrie de dix enfants, principalement élevé par sa mère. Ses proches le décrivent comme un homme généreux, énergique et ayant des liens très forts avec sa famille.

Après le lycée, Jacob a épousé son amour de jeunesse, Rachel, avec qui il a eu deux enfants. Le couple se sépare en 2008, mais Jacob est resté en bons termes avec son ex-femme et continuait d’être présent dans la vie de leurs enfants. Il lui tenait à coeur de voir ses enfants grandir, car son propre père avait été absent durant une grande partie de sa vie. Côté professionnel, Jacob travaillait dans un garage local tout en suivant des cours de sciences techniques au Northwestern Michigan College. Il était également membre de la Garde nationale américaine.

Le 31 mars 2010 semble être une journée des plus normales. Dans la soirée, Jacob rejoint son ami Gary Wittig pour une partie de disc golf à Traverse City. Après la partie, alors que la nuit tombe, Gary lui propose d’aller boire un verre dans un bar du centre-ville. Jacob refuse poliment, expliquant qu’il doit rentrer pour étudier. Vers 19h30, il dépose son ami près d’Open Space Park avant de reprendre la route seul à bord de sa Chevrolet Malibu grise de 2002. Personne ne se doute alors qu’il s’agit de la dernière fois que Jacob sera vu par un proche.

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2010, sa carte bancaire est utilisée à plusieurs reprises alors qu’il roule vers le sud du Michigan. Vers 1 heure du matin, Jacob contacte également le système automatisé du Northwestern Michigan College afin de confirmer son inscription aux cours, une démarche obligatoire pour conserver certains avantages liés à la Garde nationale. Peu après, il retire 140 dollars à un distributeur automatique à Cadillac, puis achète de l’essence dans la ville de Mattawan, à plus de 230 kilomètres de chez lui. Les images de vidéosurveillance montrent un homme ressemblant à Jacob, seul à bord de sa Chevrolet Malibu grise.

Au fil des heures, Jacob semble poursuivre sa route sans prévenir aucun de ses proches. Son téléphone portable émet pour la dernière fois près de Springfield, dans le Missouri, le 1er avril dans l’après-midi. Puis, peu après minuit le 2 avril, un policier de Hollister, dans le Missouri, contrôle la plaque d’immatriculation de son véhicule. Quelques heures plus tard, à 3h35 du matin, un adjoint du shérif du comté de Washington, dans l’Arkansas, remarque Jacob endormi dans sa voiture sur l’aire de repos de Brentwood, près de West Fork. Il s’agit de la dernière observation officiellement confirmée de Jacob Cabinaw vivant.

A 13h26, la carte bancaire de Jacob est utilisée dans une station-service Exxon à Fort Worth, au Texas. Quelques heures plus tard, un nouvel achat d’essence est effectué dans une station Skinny’s à Sweetwater, petite ville isolée de l’ouest texan. Des images de vidéosurveillance montrent un homme utilisant la carte de Jacob et conduisant sa Chevrolet Malibu. Pourtant, certains membres de sa famille affirment que l’individu filmé ne ressemble pas réellement à Jacob. Sa soeur Sandra explique notamment que l’homme paraît plus petit et plus trapu, et porte un short cargo, un vêtement que Jacob ne mettait jamais selon ses proches. Après cet arrêt à Sweetwater, plus aucune activité bancaire ni aucun signal de téléphone ne seront enregistrés.

L’enquête va rapidement prendre une dimension nationale. Les autorités peinent à comprendre pourquoi Jacob aurait parcouru plus de 1 600 kilomètres sans prévenir sa famille, alors qu’il préparait activement son avenir. Il devait obtenir sa certification de mécanicien seulement deux semaines plus tard et envisageait d’acheter une maison. Ses proches insistent sur le fait qu’il n’aurait jamais abandonné volontairement ses enfants. Plusieurs théories émergent alors : une disparition volontaire, une rencontre ayant mal tourné durant son trajet, voire un acte criminel impliquant une autre personne utilisant ensuite sa voiture et ses cartes bancaires.

Pendant des années, l’affaire Jacob Cabinaw semble sombrer dans l’oubli. Puis, en 2017, un élément inattendu attire de nouveau l’attention des enquêteurs : selon des données du National Insurance Crime Bureau, le numéro VIN de la Chevrolet Malibu de Jacob aurait été détecté dans un dépôt automobile au Mexique. Les autorités ignorent toutefois si le véhicule s’y trouvait réellement ou si seules certaines pièces avaient été revendues.

En avril 2025, le FBI publie officiellement une alerte ViCAP consacrée à Jacob Cabinaw, relançant l’affaire à l’échelle nationale. Ce type d’alerte est généralement utilisé dans des dossiers de disparitions inquiétantes susceptibles d’être liées à un acte criminel ou à des affaires similaires à travers plusieurs États. Le document rappelle notamment les derniers déplacements connus de Jacob entre le Michigan, l’Arkansas et le Texas, ainsi que la possible piste mexicaine concernant sa voiture.

Plus de quinze ans après sa disparition, aucun corps n’a été retrouvé, aucun suspect n’a été identifié et la Chevrolet Malibu grise de Jacob demeure introuvable. Pour sa famille, une question reste sans réponse : pourquoi un père de famille sur le point d’obtenir son diplôme, proche de ses enfants et en train de construire une nouvelle vie, aurait-il disparu sans laisser la moindre trace ?

Kim Teer : disparue durant un road trip australien.

Kim Cherie Mary Teer est née le 15 octobre 1961 à Bourke, dans l’Etat australien de la Nouvelle-Galles du Sud. Ses parents sont Gregory et Colleen, qui se sont séparés. Gregory est parti vivre en Irlande en 1968, et Colleen s’est remariée en 1971 avec Donald Holding, qui était père de trois enfants nés d’un précédent mariage. Par la suite, Kim et sa famille recomposée se sont installés à North Haven.

Kim était décrite par sa famille comme une jeune femme indépendante, sportive et aventurière, mais également très proche de sa famille et avide de voyages. Elle aimait particulièrement la nature et l’idée de parcourir l’Australie. Elle aimait également faire du camping avec son border collie, Crosby.

Photo d’enfance de Kim avec ses parents.

En 1978, peu avant ses 17 ans, Kim décida de partir en voyage à travers l’Australie avec une amie, Sue Mudford. Elles font régulièrement de l’auto-stop, et leur périple les conduisit de la côte Est jusqu’à diverses régions du pays : elles voyagèrent à Sydney, puis traversèrent le sud de l’Australie vers Mildura pour y travailler comme cueilleuses de fruits, avant de continuer leur route ensemble à travers le pays. Le 22 janvier 1979, Kim écrivit à sa mère en l’informant qu’elle et Sue campaient dans le jardin d’une amie à Mildura. Après un certain temps, Sue décida de rentrer et Kim continua ce voyage en solo.

Durant ce périple, Kim envoya régulièrement des lettres à sa mère, Colleen. En mars 1979, Kim travaillait dans les vendanges à Beni, en Australie-Méridionale, où elle fit la connaissance de Gwynneth Clifton et de son petit ami Russell Triggs, avec qui elle se lia d’amitié. Le 28 mars 1979, elle écrivit depuis Renmark, en Australie du Sud. Elle annonce à sa mère qu’elle compte faire une petite excursion jusqu’à Alice Springs avec « Gwenn », avant de revenir à Berri pour travailler.

Début avril 1979, Kim se rendit au festival « Down to Earth » à Renmark où elle rencontra Michael Wagstaffe. Les deux ont reprit contact plus tard à Adélaïde et avaient prévu de traverser ensemble le désert de Nullarbor. Michael conduisit Kim et son chien Crosby jusqu’à Norseman, en Australie-Occidentale.

Kim avec son père.

Le 27 avril 1979, elle se trouve à Esperance, toujours en Australie-Occidentale. Kim évoque dans sa lettre qu’elle se rendra bientôt à Manjimup pour la cueillette de pommes. Elle mentionne également avoir prêté son scooter à un ami, qui devait le renvoyer à sa mère. Elle demande que le courrier soit désormais envoyé au bureau de poste de Broome.

Le 29 mai 1979, elle envoie une lettre depuis Perth, toujours en Australie-Occidentale. Elle écrit qu’elle partira pour Bowen dans Queensland, avec un ami masculin pour se sentir plus en sécurité lors de l’auto-stop. Elle insiste qu’elle n’a pas l’intention de “faire quelque chose de stupide”. Fin juin 1979, depuis Bowen, elle informe sa mère qu’elle a trouvé un travail temporaire et qu’elle a passé deux semaines sur un bateau de pêche, avant de continuer la cueillette de tomates. Le 12 juillet 1979, Kim envoie à nouveau une lettre depuis Bowen. Elle raconte sa vie récente, notamment le travail et ses déplacements dans la région, et ses projets pour les semaines suivantes.

Vers le début du mois d’août 1979, après des mois de voyage à travers l’Australie, Kim retrouva deux personnes qu’elle avait rencontrées quelques mois plus tôt pendant ses vendanges à Berri, en Australie‑Méridionale : Gwynneth Clifton et Russell Triggs.

Ce sont ces deux amis, qui, comme Kim, voyageaient de fermes en fermes en quête de petits travaux saisonniers, qui reprirent contact avec elle à North Haven autour du 11 août 1979. D’après sa mère, Kim semblait enthousiaste de les revoir à ce moment‑là, et elle demanda même à Gwynneth et Russell de l’emmener avec eux jusqu’à Melbourne, ce qu’ils firent tous ensemble quelques jours plus tard.

Arrivés à Melbourne, les trois vécurent ensemble dans un petit appartement à East Melbourne, sur Simpson Street. Selon leurs propres déclarations, ils passèrent la semaine après leur arrivée à aider la mère de Russell, qui était souffrante, à nettoyer une maison voisine appartenant à celle‑ci.

La dernière lettre connue de Kim date du 27 août 1979, dans laquelle elle explique qu’elle et ses amis étaient occupés à « trier et nettoyer » les affaires de la mère de Russell. Elle remercie également sa mère pour un colis reçu et explique qu’elle décide encore où rester, annonçant vouloir acheter une voiture pour arrêter l’auto-stop, qu’elle trouve trop dangereux. Toujours dans cette même lettre, Kim demande à Colleen de ne plus lui envoyer de courrier pour le moment car elle n’est pas sûre de rester à Melbourne.

Par la suite, Kim se fit étrangement silencieuse. Les mois passent, et l’absence de nouvelles inquiète profondément sa mère, qui n’avait plus reçu de lettre ou d’appels à l’approche du 18e anniversaire de Kim. Fin octobre 1979, Colleen envoie un télégramme à Kim, mais elle n’obtiendra jamais de réponse.

Colleen tente de ne pas céder à la panique, elle sait que sa fille est indépendante et probablement occupée durant son périple. Cependant, elle garde en elle un mauvais pressentiment. N’y tenant plus, en décembre 1979, Colleen contacte finalement la police de la Nouvelle-Galles du Sud pour signaler la disparition de Kim.

Les policiers interrogèrent d’abord Gwynneth et Russell, car ils étaient les derniers à avoir vu Kim vivante. Ils expliquèrent qu’ils vivaient temporairement ensemble tous les trois et s’occupaient de retaper la maison de la mère de Russell. Cependant, une tension se produisit entre Kim et Gwynneth à la fin du mois d’août ou au début de septembre, après qu’une dispute éclata à propos d’affaires personnelles. Après cette dispute, Kim quitta l’appartement avec son chien et ne fut plus jamais vue. Gwynneth, qui fut la dernière à l’apercevoir, a déclaré qu’elle croyait que Kim se dirigeait peut‑être vers la région de North Haven, mais elle n’en est pas certaine.

Les recherches ont relevé que Kim n’avait plus utilisé son compte bancaire, n’avait pas obtenu de permis de conduire ni effectué la moindre démarche administrative ou contact depuis sa disparition. Au fil des décennies, le dossier devint une affaire classée “cold case”, mais la police n’a jamais abandonné l’enquête. La Homicide Squad de Victoria réalisa plusieurs relances de l’affaire, notamment en 2012, appelant le public à fournir toute information pouvant éclairer ce mystère de plus de 30 ans.

En 2013, les autorités annoncèrent même une récompense de 100 000 $ pour toute information conduisant à l’arrestation et à la condamnation de responsables liés à sa disparition, convaincues que Kim avait probablement été victime d’un acte criminel ou d’un accident isolé après avoir quitté Melbourne.

Une enquête judiciaire formelle tenue en mars 2015 au Coroners Court of Victoria conclut que Kim est probablement décédée entre la mi-septembre et le 1er octobre 1979, bien que la cause exacte et le lieu de son décès restent inconnus. Le coroner a également établi qu’il n’y avait aucun élément de preuve suggérant qu’elle avait volontairement coupé tout contact avec sa famille ; elle avait, au contraire, toujours maintenu une relation affectueuse avec sa mère avant sa disparition.

Colleen a expliqué combien la disparition de sa fille l’affectait encore : « Je suis pleinement consciente du fait qu’elle est décédée. Ce n’est pas une pensée passagère… c’est toujours là. ».

Etant donné que Gwynneth et Russell étaient les dernières personnes à avoir vu Kim, certains proches se sont interrogés sur leur rôle dans cette histoire. Toutefois, lors de l’enquête coroniale de 2015, les autorités ont conclu qu’il n’existait aucune preuve solide impliquant Gwynneth Clifton ou Russell Triggs dans la disparition de Kim. Ils ont été formellement écartés comme suspects, même si des rumeurs et suspicions persistent dans certains témoignages.

Aujourd’hui encore, la famille de Kim et les forces de l’ordre continuent d’espérer qu’un jour, des témoins ou de nouvelles techniques d’investigation permettront de faire la lumière sur ce qui est arrivé à cette jeune aventurière.

L’affaire Phoenix Coldon : elle quitte sa maison et disparaît.

Née le 23 mai 1988 en Californie, Phoenix Lucille Reeves était la fille de Goldia Reeves. Son père étant absent, elle grandit principalement auprès de sa mère et de son beau-père, Lawrence Coldon. Lorsque Goldia épouse ce dernier, Phoenix adopte à son tour le nom de Coldon. La famille s’installe ensuite à St.Louis, dans l’Etat du Missouri, en raison du travail de Lawrence. Phoenix était scolarisée à la maison et excellait en escrime, jusqu’à devenir championne régionale. Elle jouait également du piano, chantait dans la chorale de l’église et prenait des cours de violon.

Le 18 décembre 2011 commence comme un dimanche ordinaire pour Phoenix. Elle se rend à l’église avec sa mère, comme à son habitude. Après l’office, elles passent ensemble à une épicerie, puis rentrent chez elles. Dans l’après-midi, aux alentours de 14h, Phoenix quitte soudainement le domicile familial au volant de son SUV noir. Son beau-père la voit partir et suppose qu’elle va simplement faire une course ou rendre visite à des amis.

Moins de trois heures plus tard, la situation prend une tournure inquiétante. Sa voiture, une Chevrolet Blazer noire de 1999, est retrouvée abandonnée dans une rue d’East St. Louis, un secteur connu pour être particulièrement dangereux. La voiture intrigue immédiatement : elle est laissée en plein milieu de la route, avec les clés sur le contact. A l’intérieur, les effets personnels de Phoenix sont toujours là : ses lunettes, son sac, ses papiers, et même ses chaussures. Mais Phoenix, elle, a disparu. Aucune trace de lutte, aucun signe évident de ce qui a pu se passer. Comme si la jeune femme s’était volatilisée en quelques minutes.

La voiture de Phoenix retrouvée abandonnée.

Lorsque la voiture est découverte, Phoenix n’a pas encore été signalée comme disparue. Le véhicule est donc simplement remorqué, sans être immédiatement relié à une affaire inquiétante. Plus tard en fin de journée, n’ayant aucune nouvelle, la famille tente de joindre Phoenix, sans succès. C’est à ce moment-là qu’ils comprennent que quelque chose ne va pas.

Ils finissent par signaler sa disparition à la police. Mais un élément crucial complique tout : au même moment, ils ignorent encore que sa voiture a déjà été retrouvée et remorquée plus tôt dans la journée. La famille n’aurait appris la découverte du véhicule que lorsqu’un ami, menant ses propres recherches, l’a retrouvé dans une fourrière plusieurs heures plus tard.

L’inquiétude se transforme rapidement en panique. Les recherches s’intensifient : des battues sont organisées et la famille de Phoenix multiplie les appels à témoins. Malheureusement, ils se rendent vite compte qu’il n’y a aucune piste concrète : pas de témoin fiable de ce qui s’est passé après qu’elle a quitté son domicile, pas de trace de lutte, pas d’activité bancaire, téléphonique ou numérique après le 18 décembre 2011.

Au fil de l’enquête, plusieurs zones d’ombre viennent troubler l’image de Phoenix. Derrière le portrait d’une jeune femme discrète et proche des siens, certains éléments montrent une réalité plus complexe. Les enquêteurs découvrent notamment qu’elle aurait pu posséder un second téléphone, inconnu de ses proches. De plus, certaines de ses relations échappent totalement à son cercle familial. Ces détails laissent supposer une vie plus secrète.

Cette ambiguïté alimente une première hypothèse : celle d’une disparition volontaire. Selon cette théorie, Phoenix aurait choisi de partir pour recommencer ailleurs, possiblement sous une autre identité. L’idée d’une double vie renforce cette possibilité. Pourtant, plusieurs éléments viennent fragiliser cette piste. Le fait qu’elle ait laissé derrière elle tous ses effets personnels, y compris ses chaussures, ainsi que l’absence totale d’activité bancaire ou numérique rendent une fuite organisée difficile à envisager.

La thèse d’un acte criminel est largement considérée comme plausible. La découverte de son véhicule abandonné dans un secteur réputé dangereux, avec ses affaires intactes à l’intérieur, suggère qu’il s’est produit quelque chose de soudain. Mais l’absence de traces de lutte, de témoins fiables ou de suspect identifié empêche une conclusion.

Une autre théorie repose sur l’idée d’un rendez-vous. Phoenix aurait quitté son domicile pour rejoindre quelqu’un volontairement. Mais là encore, aucun élément concret ne permet d’identifier cette éventuelle personne, ni de confirmer qu’un tel rendez-vous ait réellement eu lieu. Encore aujourd’hui, la disparition de Phoenix Coldon demeure un mystère.

Mystère à Hokkaidō: la disparition d’Asami Chida.

Née le 12 avril 1984 sur l’île d’Hokkaidō, Asami Chida a grandit entourée de ses parents et de son petit frère. Elève au lycée Muroran Sakae High School, elle était décrite par ses enseignants et ses camarades comme une adolescente brillante et sociable. En parallèle de ses études, elle occupait un emploi à temps partiel dans une boulangerie locale, où elle travaillait notamment à la caisse et se formait à la préparation de boissons.

Le 6 mars 2001, Asami n’avait pas cours et devait prendre son service à 13h. Mais à 11h30, Asami a appelé la boulangerie pour demander si le gérant était présent et qu’elle viendrait finalement un peu plus tard, sans préciser la raison. En quittant son domicile en début d’après-midi, elle se rend d’abord dans une supérette pour acheter quelques en-cas, puis elle prend un bus à l’arrêt de Hakucho-dai Chuo. A 12h56, le bus passe près de la boulangerie où travaille Asami, mais elle ne descend pas. A 13h03, Asami descend à l’arrêt Higashimachi Nichome et se dirige vers le centre commercial Muroran Saty, aujourd’hui renommé  Aeon Muroran.

A ce moment-là, une caméra de surveillance filme Asami dans le rayon cosmétiques. Elle apparaît seule, sans signe apparent de détresse. Elle flâne plusieurs minutes dans le magasin, sans rien acheter, puis elle quitte le magasin à 13h26. Cette séquence vidéo est considérée comme l’un des éléments les plus fiables pour retracer ses derniers déplacements.

Les dernières images d’Asami.

A 13h30, deux camarades de classe aperçoivent Asami à l’arrêt de bus près de Muroran Saty et la saluent. Asami aurait ensuite prit un bus jusqu’à l’arrêt Higashi-dori, à proximité de son lieu de travail, où elle arrive à 13h41. Elle a ensuite utilisé son téléphone portable pour prévenir son petit ami qu’elle était arrivée. Son petit ami la rappelle peu après, et Asami lui aurait dit qu’elle ne pouvait pas lui parler pour le moment. Après cela, sa trace s’est brusquement interrompue dans les heures qui ont suivi.

La police a été prévenue lorsque les parents d’Asami n’eurent aucune nouvelle de leur fille. Très tôt dans l’enquête, les autorités ont envisagé la possibilité d’une intervention criminelle et ont lancé des recherches approfondies tout en recueillant de nombreux témoignages. Les collègues d’Asami ont décrit la jeune fille comme étant sérieuse et appréciée de tous.

Cependant, certains d’entre eux ont mentionné le fait que Asami semblait victime d’un « stalker » qui la suivait et l’appelait sur son téléphone. Asami recevait apparemment plusieurs appels anonymes et menaçants chaque jour. Une de ces collègues l’a un jour interrogée à ce sujet, et Asami a répondu que c’était probablement des canulars.

L’employeur d’Asami, qui était le gérant de la boulangerie, a été rapidement pointé du doigt. En effet, plusieurs employés auraient décrit un comportement parfois jugé inapproprié de la part du gérant, et qu’il aurait eu des propos et des comportements déplacés envers des jeunes filles travaillant pour lui, incluant Asami.

Les policiers ont prit cette piste au sérieux et le gérant a été placé sous surveillance. Lorsqu’il est interrogé, il affirme avoir fermé sa boulangerie vers 13h30 ce jour-là en constatant l’absence d’Asami, puis qu’il aurait passé la journée avec sa mère. Les policiers ont envisagé la possibilité d’un enlèvement et ont mobilisé plus de 2000 agents. Ils ont ensuite perquisitionné le domicile et la voiture du gérant de la boulangerie, mais ils n’ont rien trouvé de concluant. Peu après, les accusations ont été abandonnées, faute de preuves. Au fil du temps, de nombreux signalements ont été transmis par des habitants pensant avoir aperçu Asami, sans qu’aucun ne puisse être confirmé par les autorités.

Plusieurs années passent sans aucune avancée dans l’enquête, mais en 2010, un article consacré à Asami publié sur un blog suscite un vif intérêt. L’auteur de cet article prétendait être un ancien détective, et d’après lui, les deuxième et troisième étages de l’immeuble abritant la boulangerie auraient été composés de logements locatifs inoccupés à l’époque des faits, le propriétaire de l’immeuble étant également le gérant de la boulangerie. Sur la base de ces éléments, il a émis l’hypothèse que Asami aurait pu être séquestrée dans une partie de ces locaux, et il déplore que les policiers ne se sont pas intéressés à cette possibilité à l’époque.

En 2011, la chaîné de télévision TV Asahi a consacré une épisode à la disparition d’Asami, où ils ont interviewé le gérant de la boulangerie, qui avait demandé à ce que son identité soit préservée. Dans cette interview, il a expliqué que sa boulangerie avait fermée peu après la disparition d’Asami et qu’il travaillait désormais dans un restaurant. Il a à nouveau nié toute implication dans la disparition d’Asami, précisant qu’il n’avait jamais eu de comportements déplacés envers elle et qu’il n’a jamais été obsédé par les jeunes filles.

En 2016, le département de la police de Muroran a affirmé qu’ils poursuivaient leur enquête. Plus de deux décennies après les faits, la disparition d’Asami Chida reste un mystère.

Un petit garçon disparaît en Grèce : l’affaire Ben Needham.

Ben Needham est un enfant britannique né le 29 octobre 1989 à Boston, dans le Lincolnshire. Il est le fils de Kerry Needham et de Simon Ward. Kerry est devenue mère très jeune : elle n’avait que 17 ans au moment de sa naissance, et son couple avec Simon était instable. Ils se séparent peu après la naissance de leur fils, et bien que Kerry ait la garde, Simon est resté impliqué et a entretenu un lien avec Ben. 

La famille de Kerry est originaire du South Yorkshire, près de Sheffield. Ses parents, Eddie et Christine Needham, sont les grands-parents maternels de Ben. Au début des années 1990, ils décident de quitter l’Angleterre pour s’installer sur l’île grecque de Kos, où ils espèrent commencer une nouvelle vie.

En avril 1991, Kerry rejoint ses parents à Kos avec Ben, alors âgé d’environ 18 mois. La famille vit dans des conditions assez simples : les grands-parents résident dans une caravane près d’une oliveraie tandis qu’ils rénovent une vieille ferme dans la région d’Iraklise. Kerry travaille dans un hôtel local, et Ben est souvent gardé par ses grands-parents pendant la journée.

Nous sommes le matin du 24 juillet 1991. La journée commence normalement. Le temps est chaud et ensoleillé. Eddie travaille sur la rénovation de la ferme avec des ouvriers locaux tandis que Christine s’occupe de Ben. L’enfant joue dehors près de la maison, dans un espace ouvert où se trouvent des outils, des matériaux de construction et quelques poules. Entre 9h et 9h30, Christine laisse Ben jouer près de la maison pendant qu’elle entre brièvement à l’intérieur pour s’occuper de tâches ménagères. A ce moment-là, le petit garçon se trouve encore dans la cour ou à proximité.

Quelques minutes plus tard, Christine ressort pour vérifier où se trouve son petit-fils. Ben n’est plus là.

Le lieu où Ben a disparu. (Photo : Phil Harris)

Pensant d’abord qu’il s’est simplement éloigné pour jouer, la famille commence à chercher autour de la maison, dans les champs voisins et près des bâtiments agricoles. Mais malgré leurs recherches rapides, aucune trace du petit garçon n’est retrouvée. Lorsque Kerry termine son travail et apprend la disparition de son fils, elle revient immédiatement sur les lieux. Très vite, la police grecque est alertée et les recherches commencent autour de la ferme et dans les environs du village.

Plusieurs témoignages émergent au cours de la journée : certains habitants affirment avoir aperçu un homme inconnu avec un petit garçon blond près d’une ferme voisine peu après la disparition, tandis qu’un autre témoin déclare avoir vu un homme passer en moto avec un enfant correspondant à la description de Ben. Toutefois, ces témoignages ne permettent pas d’identifier clairement une personne suspecte. Des habitants du village, des touristes et la police grecque participent aux premières recherches, fouillant les oliveraies, les champs, les puits et les routes voisines, mais malgré l’ampleur des efforts entrepris ce jour-là, aucun indice n’est découvert et le petit Ben demeure introuvable.

Au fil des jours, l’enquête s’élargit. Les ports et l’aéroport de Kos sont surveillés et les autorités envisagent de plus en plus la possibilité d’un enlèvement, potentiellement par un touriste qui aurait quitté l’île peu après les faits. Simon, le père de Ben, fait même le voyage jusqu’à l’île de Kos pour participer aux recherches et soutenir la famille. Malgré des recherches intensives et l’attention médiatique croissante, aucun élément n’est découvert, et la disparition de Ben devient progressivement l’un des cas d’enfants disparus les plus médiatisés au Royaume-Uni.

Pendant plus de 20 ans, la disparition de Ben Needham est principalement associée à la théorie d’un enlèvement. Cependant, au milieu des années 2010, une autre hypothèse gagne en crédibilité : celle d’un accident tragique survenu sur le chantier de la ferme familiale le jour de sa disparition.

La disparition de Ben a profondément bouleversé la vie de Kerry. Dans les années qui ont suivi, elle a traversé une période extrêmement difficile marquée par la dépression et un profond sentiment de culpabilité. Elle a raconté qu’elle se réveillait parfois la nuit en pensant entendre son fils pleurer et allait dans sa chambre pour faire semblant de le bercer.

Quelques années après la disparition de son fils, Kerry donne naissance à une fille, Leighanna, la demi-sœur de Ben, née d’une relation ultérieure. La naissance de Leighanna a été encouragée par son entourage, qui pensait qu’avoir un autre enfant pourrait l’aider à surmonter le traumatisme. Cependant, Kerry a expliqué que cette période restait extrêmement difficile pour elle.

Leighanna a grandi en sachant que son frère avait disparu. Devenue adulte, elle a souvent soutenu publiquement sa mère dans la recherche de Ben, participant à des campagnes médiatiques et appels à témoins pour tenter de relancer l’enquête. Elle s’est aussi exprimée dans plusieurs interviews sur l’impact qu’a eu cette disparition sur leur famille.

Eddie et Christine, les grands-parents maternels de Ben, ont toujours exprimé un sentiment de culpabilité profonde depuis la disparition de leur petit-fils. Ayant la responsabilité de Ben le matin du 24 juillet 1991, ils se reprochent de ne pas avoir vu l’enfant disparaître et de ne pas avoir pu empêcher le drame. Dans de nombreuses interviews, ils racontent les nuits d’angoisse et les longues recherches désespérées, affirmant que cette culpabilité les a marqués à vie, tout en soulignant qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour retrouver Ben.

En 2016, de nouveaux témoignages sont transmis à la police britannique et aux autorités grecques. Des ouvriers ayant travaillé sur le chantier près du village d’Iraklise, sur l’île de Kos, affirment qu’un conducteur de pelleteuse aurait accidentellement heurté un enfant pendant des travaux ce jour-là. Selon ces témoignages, l’enfant aurait pu être tué sur le coup sans que le conducteur ne s’en rende immédiatement compte, alors que la machine déplaçait de la terre et des gravats autour de la ferme.

Le conducteur évoqué dans ces déclarations est Konstantinos Barkas, un ouvrier local qui travaillait sur le chantier en juillet 1991. Selon certains témoins, Barkas aurait plus tard confié à des proches qu’il pensait avoir accidentellement frappé un enfant avec la pelleteuse, croyant sur le moment avoir heurté un objet ou un animal. Cette nouvelle a été anéantissante pour Kerry : « Ce qu’ils ont dû m’annoncer était la dernière chose qu’ils auraient voulu me dire. Ils pensent que mon Ben pourrait être mort et enterré. […] Mon instinct maternel m’a toujours dit qu’il était vivant. Et si je m’étais trompée depuis tout ce temps ? »

A la suite de ces informations, la police britannique et grecque lance de nouvelles fouilles en 2016 sur le site de la ferme et dans les champs environnants. Des excavations importantes sont réalisées pour rechercher des restes humains ou des objets appartenant à Ben. Lors de ces recherches, des fragments d’os appartenant à un jeune enfant sont découverts, mais les analyses ADN ne permettent pas de confirmer qu’il s’agit de Ben.

Malgré l’absence de preuve définitive, les enquêteurs britanniques estiment aujourd’hui que l’hypothèse de l’accident est l’explication la plus probable. Selon cette théorie, Ben aurait pu s’approcher de la zone de travaux pendant qu’il jouait autour de la ferme et aurait été accidentellement heurté par la machine. Son corps aurait ensuite été enseveli involontairement sous les décombres déplacés par l’excavatrice.

Kerry a déclaré qu’elle acceptait finalement la possibilité de cet accident, tout en continuant d’espérer qu’un jour la vérité complète sur ce qui est arrivé à Ben sera établie. Simon Ward reste également impliqué dans l’affaire et continue de demander que toute la lumière soit faite sur ce qui est arrivé à son fils. Malgré les nouvelles pistes explorées, le mystère entourant la disparition de Ben Needham reste officiellement non résolu.

L’affaire Tabitha Tuders : disparue sur le chemin de l’école.

Tabitha Danielle Tuders est née le 15 février 1990 et vivait à East Nashville, dans l’Etat américain du Tennessee. Ses parents sont Bo et Debra Tuders, et elle était la plus jeune d’une fratrie de trois enfants. Ses proches la décrivent comme une jeune fille dynamique, aimant faire rire les autres et chanter.

Le 29 avril 2003, Debra se réveille à 5h du matin pour aller travailler. Son mari et sa fille dorment encore. Un peu plus tard, Bo a réveillé Tabitha pour qu’elle se prépare pour l’école et il a ensuite quitté le domicile à 7h du matin pour partir à son tour au travail. Tabitha avait pour habitude de partir à 7h15 pour rejoindre son arrêt de bus, situé à cinq minutes à pied de son domicile, et c’est ce qu’elle aurait fait ce matin-là.

Debra rentre du travail à 13h et il était prévu que sa fille soit à la maison pour 16h. Les minutes passent, puis les heures. 16h arrive, et Tabitha n’est toujours pas rentrée, ce qui est totalement inhabituel. Debra se rend à l’arrêt de bus, mais Tabitha ne s’y trouve pas. Elle ne croise pas non plus sa fille sur le chemin du retour. De plus en plus alarmée, elle décide alors de se rendre à l’établissement scolaire de Tabitha. C’est là qu’elle apprend une information glaçante : sa fille ne s’est jamais présentée à l’école ce jour-là. La police sera prévenue aux alentours de 18h.

Les premières recherches se concentrent sur le quartier d’East Nashville. Les policiers interrogent les voisins, vérifient les rues avoisinantes et cherchent d’éventuels témoins. Très vite, les enquêteurs réalisent qu’aucun camarade de classe ni aucun chauffeur de bus ne se souvient avoir vu la jeune fille ce matin-là.

Selon les autorités, il n’y a alors aucune preuve d’enlèvement forcé, mais aucune indication non plus laissant penser à une fugue. Les parents de Tabitha rejettent immédiatement cette hypothèse. Debra déclarera plus tard dans une interview : « Ma fille ne serait jamais partie sans nous le dire. Elle avait peur du noir, elle ne serait jamais partie seule. » Bo ajoute également que Tabitha n’avait aucune raison de fuguer, elle n’avait pas manifesté de mal-être particulier, et elle n’avait emporté ni vêtements supplémentaires ni effets personnels.

Dans les semaines qui suivent, les enquêteurs se concentrent sur un homme vivant non loin du domicile familial, décrit par certains habitants comme ayant eu un comportement inapproprié avec des mineures. Une perquisition est menée et son ordinateur est saisi. Cependant, aucune preuve directe ne permet de l’inculper dans la disparition de Tabitha. Les recherches s’intensifient. Des bénévoles parcourent les bois et terrains vagues des environs, des battues sont organisées. La police qualifiera rapidement l’affaire de disparition suspecte.

L’affaire prend progressivement une dimension nationale. En 2005, une rumeur attire l’attention : un témoin affirme que Tabitha aurait été vue au Moyen-Orient, possiblement victime d’un réseau d’exploitation. Ces informations déclenchent des vérifications approfondies. Toutefois, les autorités préciseront ne disposer d’aucune preuve confirmant qu’elle ait quitté le territoire américain.

Le Federal Bureau of Investigation est sollicité afin d’examiner la crédibilité des témoignages. Des échanges sont menés avec des agences fédérales et internationales, notamment pour vérifier d’éventuels signalements correspondant à l’âge et au signalement physique de Tabitha.

Cependant, l’enquête se heurte rapidement à un problème : l’absence de preuve matérielle. Aucun document de voyage, aucun enregistrement de passage frontalier, aucune trace administrative ne permet d’étayer l’hypothèse d’une sortie du territoire. Les témoignages à l’origine de la rumeur s’avèrent imprécis et impossibles à corroborer. Rien ne permet d’affirmer qu’elle se trouve à l’étranger.

L’absence de scène de crime identifiée et de preuve matérielle initiale constitue l’un des principaux obstacles. En 2003, les caméras de surveillance étaient peu répandues dans les quartiers résidentiels, et sans enregistrements vidéo, sans ADN exploitable, sans témoin direct, les enquêteurs manquent d’éléments tangibles.

Au fil des années, certaines pistes sont réexaminées des avancées technologiques, notamment en matière d’analyse numérique et génétique. Toutefois, aucune avancée majeure n’a été annoncée publiquement.

Dans les années qui ont suivi, Bo et Debra Tuders ont multiplié les interviews afin de maintenir l’attention médiatique autour de l’affaire. A plusieurs reprises, Debra a expliqué que le plus difficile n’était pas seulement l’absence, mais l’incertitude permanente : « On ne sait pas quoi penser. On ne sait pas si elle souffre, si elle est en sécurité, si elle est encore en vie. »

Les faux signalements, fréquents dans les affaires très médiatisées, ont représenté une charge psychologique importante pour la famille de Tabitha. De plus, la montée d’Internet et des forums consacrés aux affaires criminelles a également contribué à la multiplication des théories. Certaines évoquaient un enlèvement organisé, d’autres impliquaient des suspects non confirmés.

Plus de vingt ans après sa disparition, Tabitha Tuders reste introuvable. Son dossier est toujours ouvert et les autorités continuent de rechercher tout indice pouvant faire avancer l’enquête.

La disparition d’une mère et sa fille : l’affaire Liu Huijun.

Liu Huijun était une femme âgée de 37 ans qui vivait à Yuanlin, dans la région de Changhua, à Taiwan. Elle est décrite comme une femme attentionnée, discrète et réservée.

Liu était également une femme ambitieuse et indépendante, qui souhaitait poursuivre ses études et réaliser ses rêves. Selon plusieurs témoignages, Liu dut renoncer à ses projets pour se plier à un mariage arrangé par sa mère. Elle retourna donc dans sa ville natale et épousa un homme plus âgé, ce qui marqua le début d’une vie familiale complexe.

Son mari était un homme violent et alcoolique, ce qui conduisit à un premier divorce. Cependant, dans un contexte très conservateur où le divorce était fortement stigmatisé, ils se sentirent obligés de se remarier. Le couple eut plusieurs enfants, dont la plus jeune, une fille, qui disparaîtra plus tard avec Liu.

Le 19 janvier 2008, le couple eut une nouvelle dispute. La dispute a reprit le lendemain, tout aussi virulente. N’y tenant plus, Liu a prit sa plus jeune fille, monta sur son scooter et quitta le domicile entre 14h et 15h. Liu avait pour habitude de se réfugier chez sa mère lorsque les disputes dégénéraient, et son mari pensa donc qu’elle était allée se calmer avant de revenir. Mais ne la voyant pas revenir, il se rendit chez sa belle-mère, qui lui révéla que Liu n’était jamais venue. Il tenta alors de la joindre, mais son téléphone portable était éteint. Inquiet, il se rendit finalement au poste de police pour signaler la disparition de sa femme et de leur fille.

Pendant ce temps, au Yuanlin Finance Building, un immeuble de bureaux qui contient également des unités résidentielles, un gardien de surveillance trouve une paire de chaussures de femme jetée devant la cage d’escalier, ainsi qu’un manteau rouge et une autre paire de chaussure abandonnés dans l’ascenseur. Il en informe le gérant de l’immeuble qui décide de voir les images de vidéosurveillance.

Le bâtiment où Liu a été vue pour la dernière fois.

Sur les images du 20 janvier, on y voit une femme et une petite fille entrer dans l’asenseur. Elles seront identifiées comme étant Liu et sa plus jeune fille. Elles ont l’air calmes, voire neutre. Pendant l’ascension vers le 11ᵉ étage, Liu commence à retirer son manteau rouge et celui de sa fille. Elle retire également les chaussures de sa fille puis les siennes.

Ses gestes sont lents, elle ne semble pas pressée, ce qui laisse penser à un acte délibéré. On y voit ensuite Liu prendre sa fille dans ses bras. Après être sorties de l’ascenseur au 11ᵉ étage, Liu et sa fille se dirigent vers une cage d’escalier secondaire plutôt que de suivre les couloirs principaux. Cette cage d’escalier mène en partie au toit et à des zones peu accessibles ou rarement surveillées par les caméras.

C’est à partir de ce moment qu’elles disparaissent complètement du champ des caméras. Les caméras de surveillance du hall ne les montrent plus après ce pas hors de l’ascenseur. Aucun enregistrement ne les capte dans la rue, ni dans les commerces alentour.

Les dernières images de Liu Huijun et sa fille.

Des sources mentionnent que le 28 janvier, un agent de sécurité qui travaillait dans l’immeuble a remarqué un scooter garé juste à l’entrée du parking. L’agent de sécurité, qui connaissait chaque véhicule et leur propriétaire, n’a pas reconnu le scooter, qui était garé ici depuis plusieurs jours et dont les clés étaient toujours sur le contact. Il a donc appelé la police pour signaler ce stationnement gênant.

Lorsqu’ils vérifient la plaque d’immatriculation du véhicule, les agents apprennent que le scooter est au nom de Liu Huijun, signalée disparue depuis le 20 janvier. Peu après, le mari de Liu s’est manifesté après avoir vu les informations sur l’incident. La police va lui montrer les images de vidéosurveillance de l’ascenseur, et il va formellement reconnaitre sa femme et leur fille.

Suite à cela, les autorités lancent des recherches approfondies. L’immeuble est inspecté dans son intégralité : escaliers, couloirs, étages, caves, locaux techniques. Le toit est également fouillé. Les enquêteurs cherchent à écarter toute hypothèse d’accident ou de chute, mais aucun indice n’est découvert. Les policiers interrogent les habitants, mais là encore, aucun témoin ne se manifeste. Personne ne se souvient avoir vu Liu Huijun quitter l’immeuble ou monter dans un véhicule.

Les autorités examinent les enregistrements de vidéosurveillance accessibles dans le quartier. Là encore, aucune image ne permet d’identifier Liu Huijun, ni de reconstituer un itinéraire après sa dernière apparition connue. On n’entendra plus jamais parler de Liu, ni de sa fille.

Plusieurs théories ont été évoquées au fil des années. Certains ont envisagé un accident survenu dans une zone non couverte par les caméras. Cette piste a été rapidement examinée, notamment par l’inspection du toit et des parties techniques de l’immeuble. Aucune trace d’une chute ou d’un incident n’ayant été découverte, cette hypothèse n’a jamais donné suite.

La théorie du suicide a également été évoquée en raison du comportement de Liu Huijun dans l’ascenseur. On la voit retirer son manteau puis ses chaussures, sans signe visible de contrainte. Dans certaines cultures asiatiques, enlever ses chaussures peut être associé à un départ définitif. Cette interprétation a conduit certains à envisager un suicide. Toutefois, aucun élément concret, comme la découverte d’un corps ou d’un message, ne permet de confirmer cette hypothèse, qui reste donc incertaine.

Un départ volontaire a également été envisagé. Certains éléments de la vie personnelle de Liu Huijun ont alimenté cette hypothèse, notamment le fait qu’elle se trouvait dans un mariage arrangé décrit comme conflictuel, et le fait qu’elle venait de quitter le foyer familial suite à une dispute avec son mari. Toutefois, l’absence de préparation apparente, le manque d’activité sur les comptes bancaires et le silence total du téléphone de Liu Huijun rendent cette théorie peu plausible.

Par ailleurs, selon les informations disponibles, Liu Huijun était mère de plusieurs enfants. Dans ce contexte, l’idée d’un départ volontaire en n’emmenant qu’un seul d’entre eux est difficile à comprendre. Rien ne permet d’expliquer pourquoi elle aurait laissé ses autres enfants derrière elle, ni dans quelles conditions une telle décision aurait été prise. On peut également se demander pourquoi elle a choisi d’entrer dans ce bâtiment, alors qu’aucun lien connu ne l’y rattachait.

Une autre théorie suggère l’intervention d’une tierce personne dans l’angle mort des caméras. Cette hypothèse repose principalement sur le caractère soudain de la disparition et sur l’impossibilité de retracer un parcours de sortie. Là encore, aucun témoin ni élément matériel ne vient la confirmer, et aucune preuve d’un acte criminel n’a été rendue publique.

Quelques secondes hors de portée des caméras ont suffi à effacer Liu Huijun de toutes traces. Malgré des recherches intensives, la disparition de Liu et sa fille reste un mystère total.

Disparition troublante à Aruba : l’affaire Max DeVries.

Maximus William “Max” DeVries est né le 18 avril 1990 dans l’Etat américain du Michigan. Il était le fils de George et Yvonne DeVries, et avait une soeur cadette nommée Dominique. Max était très proche de sa famille avec qui il avait une relation privilégiée. Malheureusement, en 2002, George décède d’une crise cardiaque, un événement qui a profondément marqué la famille.

Passionné par l’eau et les activités nautiques, Max avait grandi en bord de lac et aimait passer du temps à naviguer et à s’amuser en plein air. Elève sociable et curieux, il fréquentait le Scranton Middle School et était décrit par ses proches comme vif d’esprit et aimé de ses amis

Début mai 2004, Max quitte le Michigan pour se rendre à Aruba en compagnie de sa mère et de sa soeur. Ce voyage a une signification particulière pour eux : il s’agit d’une occasion de se retrouver et de changer d’air après le décès de George, deux ans plus tôt. La famille embarque à bord de l’Allegra, un bateau privé ancré près de la côte d’Aruba, où ils passent la nuit.

Max et sa mère Yvonne.

Quelques jours après leur arrivée au complexe hôtelier d’Aruba, Max passe une partie de son temps libre à jouer au billard lorsqu’il est abordé par homme d’une trentaine d’années nommé David Jr. Les deux entament une partie ensemble, une interaction qui attire brièvement l’attention d’Yvonne. Sur le moment, elle éprouve un léger malaise, mais le contexte détendu des vacances, où les échanges entre inconnus sont fréquents, la rassure, et elle n’y voit finalement rien d’alarmant.

Au fil de la conversation, David Jr. explique qu’il séjourne sur l’île avec son père adoptif, David Sr., venu célébrer l’anniversaire de son adoption. Peu après, ce dernier se joint au groupe. Ils discutent ensemble de leurs projets respectifs, et Yvonne mentionne que sa famille envisage de faire une balade en jet‑ski le lendemain. David Sr. propose alors que lui et son fils se joignent à eux pour l’activité. Après réflexion, Yvonne accepte.

Le jour suivant s’est déroulé sans incident particulier. Toute la famille a profité d’une séance de parasailing, et à un moment, Max est parti faire du jet‑ski avec David Jr. A la fin de cette journée remplie d’activités, les deux familles se sont séparées, sans prévoir de se revoir.

Le jour d’après, le 12 mai, David Sr. a approché la famille DeVries au bord de la piscine de l’hôtel et a demandé à Max s’il voulait refaire du jet‑ski. Au début, Yvonne a refusé, mais après l’insistance de David Sr. et les supplications de son fils, elle a finalement accepté.« Max sautait de joie, il était surexcité, il me suppliait de le laisser partir. Et je l’ai laissé faire », a raconté Yvonne.

Peu de temps après, Max et David Sr. sont partis sur un jet‑ski, tandis que Yvonne et sa fille Dominique les regardaient. C’est la dernière fois que Max a été vu vivant.

Au bout d’une heure, Yvonne commence à s’inquiéter. En effet, les jet-skis avaient été loués pour quarante-cins minutes, et il n’y avait toujours aucune trace de Max et de David Sr. Elle est descendue à la plage et a constaté que le personnel de la société de location de jet-skis était déjà en train de les chercher à l’aide de jumelles. Paniquée, Yvonne est retournée à l’hôtel pour informer le personnel que son fils avait disparu et que la dernière fois qu’elle l’avait vu, il était sur un jet‑ski avec un homme plus âgé, David Sr., également résident de l’hôtel.

Lorsque l’absence de Max est signalée, le personnel de l’hôtel se rend immédiatement à la chambre occupée par David Sr. et son fils, mais la porte reste fermée et personne ne répond. Devant l’absence de nouvelles, la famille DeVries prévient les autorités locales, qui organisent une opération de recherche en mer avec des embarcations. A leur retour sur la côte, seul David Sr. est retrouvé à bord du bateau de sauvetage, mais Max n’a toujours pas été localisé. Peu après, David Jr. fait son apparition sur la plage, sans explication claire sur son absence pendant les premières heures de la recherche. Interrogé, il dit qu’il a dormi dans sa chambre pour récupérer d’un malaise et qu’il n’a pas entendu le personnel frapper à sa porte

Selon son témoignage aux autorités, David Sr. raconte que Max et lui se seraient éloignés de la plage à bord de leurs jet‑skis vers un banc de sable pour explorer. Selon lui, au moment de repartir, les jet-skis ne fonctionnaient plus. Max aurait alors tenté de lier les deux engins ensemble afin qu’ils ne dérivent pas. C’est à ce moment que David Sr. affirme avoir entendu un bruit sourd, et en se retournant, il aurait constaté que Max flottait au loin sur l’un des jet-skis immobilisés. D’après lui, c’est la dernière fois qu’il a vu l’adolescent.

Cependant, David Sr. a fourni plusieurs versions différentes de ce qui s’est passé lors de la sortie en jet‑ski avec Max, ce qui a compliqué l’enquête. Dans une autre version, il prétend que Max aurait éteint son jet‑ski et tenté de nager vers la côte, ce qui diffère de sa première explication. David Sr. a également donné des récits contradictoires concernant le fait d’avoir appelé ou non Max lorsqu’il s’est retrouvé seul.

Quand David Sr. est amené à parler, les autorités notent qu’il est couvert de éraflures et de marques sur le visage, le cou et les bras. Interrogé sur cela, il a expliqué qu’elles seraient survenues lorsqu’il avait tenté de récupérer les jet-skis et de maîtriser la situation en mer, en s’accrochant aux engins et aux cordages, bien que certains enquêteurs aient trouvé ces explications peu plausibles compte tenu de l’état des jet-skis et des conditions.

Yvonne fut la première à ne pas croire aux explications de David Sr. Elle craignait qu’il ait fait du mal à son fils et que ses égratignures soient le résultat d’une tentative de défense de Max. Désespérée, elle demanda à la police de procéder à un prélèvement d’ADN sous les ongles et à un test polygraphique. Mais la police a refusé, prétextant que de telles procédures n’étaient pas courantes ou nécessaires dans leur juridiction.

Les autorités arubaines ont immédiatement lancé une recherche maritime étendue, mobilisant bateaux de sauvetage, garde‑côtière, hélicoptères et avions, mais aucune trace de Max n’a été retrouvée malgré plusieurs jours d’opérations intensives. La police d’Aruba a officiellement conclu qu’il s’agissait d’un accident en mer et déclaré Max « perdu en mer », mettant fin à la phase active des recherches, et laissant la famille DeVries livrée à elle-même.

En 2005, Yvonne a contacté le lieutenant retraité Cory Williams, ancien détective du service de police de Livonia dans le Michigan. Il a accepté de revoir les documents, les rapports et les témoignages de l’enquête arubaine, et a rapidement constaté des contradictions importantes dans les versions données par David Sr. Il a également constaté l’absence de vérifications approfondies, comme les antécédents des deux David. Et en fouillant dans le passé de David Sr. et David Jr., Williams a déclaré avoir identifié des éléments troublants qui l’ont amené à remettre en question certaines des versions officielles de l’enquête.

Dans la série documentaire, il explique avoir contacté les autorités afin de vérifier les antécédents des deux hommes. « L’une des déclarations faites par le plus jeune mentionnait qu’il avait déclaré à la police, en 1981, avoir été victime de son père pour des crimes contre des enfants », affirme-t-il, sans que ces éléments n’aient conduit à une mise en cause officielle dans l’enquête sur la disparition de Max.

Williams a ensuite porté le dossier à l’attention du FBI, ce qui a entraîné une période où le cas a été considéré comme un cold case auprès des autorités fédérales américaines. Cependant, comme plusieurs agents ont été ensuite réaffectés à d’autres enquêtes nationales, le dossier a été mis en suspens, ce qui a poussé Yvonne à continuer à faire pression pour qu’il soit rouvert et examiné plus rigoureusement.

« Le FBI m’a appelée en octobre 2008 pour m’informer qu’ils avaient clos l’enquête le concernant. Ne jamais savoir ce qui s’est passé dans les derniers instants de la vie de Max sera toujours une épreuve difficile. Je peux affirmer sans hésiter que ni notre gouvernement ni celui d’Aruba n’ont fait le nécessaire pour découvrir ce qui est arrivé à mon fils. » déplore Yvonne.

Aucun rebondissement n’a été signalé jusqu’en avril 2016, lorsqu’Yvonne a reçu un message sur Facebook d’une femme souhaitant rester anonyme, qui avait été en couple avec David Jr. pendant un an. Cette dernière racontait qu’un jour, alors qu’elle, David Jr. et David Sr. se trouvaient dans le salon, David Sr. avait soudain évoqué la disparition d’un « garçon de quatorze ans à Aruba », précisant que David Jr. avait été très proche de Max et que sa disparition l’avait profondément affecté.

Selon ses propos, lorsqu’elle a demandé à David Jr. ce qui s’était passé à Aruba, il a réagi avec colère et lui a interdit de mentionner Max. La femme aurait alors remarqué des comportements inappropriés de David Sr. envers son propre fils mineur, ce qui l’a poussée à mettre fin à sa relation. En enquêtant sur la disparition de Max, elle a décidé de contacter Yvonne pour partager ces informations.

Yvonne a ensuite été mise en contact avec une autre ancienne compagne de David Jr., qui affirmait que celui-ci parlait souvent de Max dans son sommeil et que, selon lui, la seule chose positive que son père avait faite pour lui avait été de « l’avoir sorti d’Aruba ». Cette femme rapportait également avoir été victime d’une agression de la part de David Jr., dont elle a pu s’échapper. Aucune arrestation ni inculpation n’a été rendue publique à la suite de ces déclarations.

En 2024, une série documentaire intitulée Never Seen Again a consacré au moins deux épisodes à l’affaire de Max DeVries, remettant sa disparition en lumière. Yvonne, quant à elle, continue de sensibiliser le public à travers des prises de parole, des appels à témoins et des activités sur les réseaux sociaux, notamment sur Tiktok et Facebook. Un peu plus de vingt ans après la disparition de Max, elle espère que les actions qu’elle mène conduiront la police et le FBI à réexaminer le dossier de son fils et à rouvrir l’enquête.

La disparition mystérieuse de Nevaeh Kingbird.

Nevaeh Leigh Kingbird est née le 26 août 2006 à Bemidji, dans l’État du Minnesota aux États-Unis. A l’époque de sa disparition, elle avait 15 ans et était une élève de première année de lycée. Elle est la troisième des six enfants de sa mère, Teddi Wind, et était très proche de ses frères et sœurs ainsi que de son neveu. Elle est membre inscrite de la communauté Ojibwe, du Red Lake Band of the Minnesota Chippewa Tribe, et parlait couramment à la fois l’Ojibwe et l’anglais.

Nevaeh était décrite comme une jeune fille aimante, sensible et très attachée à sa famille, qui aimait passer du temps avec ses proches et prenait soin de sa maison. Elle n’était pas du genre à s’éloigner longtemps sans donner de nouvelles. Elle est également décrite comme ayant une âme artistique (elle dessinait, peignait et écrivait des poèmes) et rêvait d’aller à l’université dans le Colorado après le lycée. Elle aimait aussi le volleyball, sport qu’elle pratiquait.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2021, Nevaeh se trouvait à Bemidji. Après avoir dit à sa mère qu’elle allait au cinéma avec des amis, elle a en réalité assisté à une première petite réunion dans le quartier de Carter Circle, dans le sud-est de la ville, où elle a été vue vers 1h du matin. Peu après, elle s’est rendue à une deuxième résidence dans le secteur de Southview Terrace Park, où elle aurait été aperçue seule en train de partir vers 2h du matin ; ce sont les dernières observations confirmées d’elle.

Depuis ce moment, elle n’a établit aucun contact avec sa famille ou ses amis, et son téléphone n’a plus émis de signal. Les circonstances entourant ses déplacements cette nuit-là, notamment pourquoi elle est partie à pied entre ces lieux, restent floues, ce qui rend l’enquête particulièrement difficile. Des habitants de la zone ont même signalé une possible apparition d’une jeune femme correspondant à son signalement entre 3h30 et 4h du matin dans un autre quartier proche, mais cela n’a pas encore été confirmé de manière définitive.

Dès l’annonce de la disparition de Nevaeh Kingbird, la police de Bemidji a mobilisé d’importantes ressources. Dans les premiers jours, des équipes au sol, assistées de chiens pisteurs et de volontaires locaux, ont ratissé les zones boisées et marécageuses situées autour de Carter Circle, l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois.

Des drones, des hélicoptères et des caméras thermiques ont été déployés pour tenter de détecter une présence ou un objet personnel pouvant guider les recherches. Le FBI et le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension (BCA) se sont rapidement joints à l’enquête, élargissant le périmètre et vérifiant des dizaines de pistes, y compris les mouvements de personnes présentes la nuit de sa disparition.

Malgré les nombreux signalements et les entrevues menées au sein de son cercle social, aucun élément matériel n’a été retrouvé. Avec le temps, l’absence d’indices exploitables a rendu l’enquête particulièrement difficile.

La disparition de Nevaeh a profondément marqué la communauté de Bemidji et la Red Lake Nation. Sa famille, déterminée à ne jamais abandonner, organise régulièrement des marches, vigiles, événements commémoratifs et campagnes d’affichage pour maintenir son visage visible du public. Sa mère, ses tantes et ses frères et sœurs ne cessent de rappeler que Nevaeh était une jeune fille très proche de sa famille, et que son silence prolongé ne correspond en rien à son caractère.

« Ce n’est pas du tout dans ses habitudes de rester des mois sans contacter qui que ce soit. Elle prenait toujours des nouvelles de sa famille proche et de ses amis. Depuis sa disparition, personne n’a reçu le moindre message. » a déclaré sa cousine, Valahlena Steeprock.

Selon sa mère Teddi Wind, Nevaeh avait des problèmes de santé mentale, notamment un diagnostic de trouble bipolaire, ce qui, d’après elle, pouvait affecter son comportement à certains moments. Sa mère explique également qu’elle avait été inquiète par son état et qu’elle avait parfois tendance à partir sans prévenir, ce qui avait déjà eu lieu auparavant quand elle était en phase maniaque, mais elle restait normalement en contact avec la famille.

De plus, Nevaeh avait perdu deux de ses amis par suicide en 2021 : l’un en avril et l’autre une semaine avant sa disparition. Ces pertes ont été décrites comme des épreuves particulièrement dures pour elle, amplifiant ses difficultés émotionnelles.

Le 22 octobre 2021, quelques heures avant la disparition de Nevaeh, sa mère l’a appelée alors qu’elle se trouvait au travail. Au cours de cette conversation, Nevaeh lui a dit : « Je t’aime, maman. Tu me manques ». Teddi a expliqué plus tard que sa fille avait du mal à parler et que quelque chose dans sa voix l’avait immédiatement inquiétée. Lorsqu’elle lui a demandé si tout allait bien, Nevaeh a répondu par l’affirmative, mais sa mère a confié avoir senti que ce n’était pas le cas.

Certaines sources ont évoqué la possibilité que Nevaeh ait quitté volontairement son domicile, notamment après avoir assisté à des fêtes le soir de sa disparition. Toutefois, sa mère et sa famille insistent fortement sur le fait que cela ne correspond pas à son caractère : Nevaeh était très proche de sa famille et ne s’était jamais éloignée pendant de longues périodes sans prévenir.

Les forces de l’ordre ont envisagé que Nevaeh aurait pu se retrouver dans une situation dangereuse lors de la nuit où elle a été vue pour la dernière fois. L’absence d’indices matériels ou de corps rend cette hypothèse difficile à confirmer, mais elle reste dans la liste des possibilités, notamment étant donné qu’elle circulait seule dans des zones peu surveillées.

La théorie la plus créditée par la police et la famille est que Nevaeh a pu être victime d’un acte criminel. La nuit de sa disparition, Nevaeh a été vue avec d’autres personnes lors de fêtes, et il y aurait eu des individus présents dans sa maison sans autorisation avant d’être chassés par Teddi, ce qui pourrait indiquer que des personnes extérieures à la famille ont eu un rôle dans sa disparition. Le fait que Nevaeh n’ait laissé aucune trace, aucun objet ou message, et que personne ne l’ait revue, alimente l’idée qu’un acte criminel pourrait être impliqué.

Une récompense de 10 000 $ a été mise en place pour encourager toute personne détentrice d’informations crédibles à se manifester. Pour sa famille, chaque anniversaire, chaque saison qui passe et chaque événement communautaire rappelle douloureusement son absence. A ce jour, Nevaeh est toujours portée disparue.