L’affaire Phoenix Coldon : elle quitte sa maison et disparaît.

Née le 23 mai 1988 en Californie, Phoenix Lucille Reeves était la fille de Goldia Reeves. Son père étant absent, elle grandit principalement auprès de sa mère et de son beau-père, Lawrence Coldon. Lorsque Goldia épouse ce dernier, Phoenix adopte à son tour le nom de Coldon. La famille s’installe ensuite à St.Louis, dans l’Etat du Missouri, en raison du travail de Lawrence. Phoenix était scolarisée à la maison et excellait en escrime, jusqu’à devenir championne régionale. Elle jouait également du piano, chantait dans la chorale de l’église et prenait des cours de violon.

Le 18 décembre 2011 commence comme un dimanche ordinaire pour Phoenix. Elle se rend à l’église avec sa mère, comme à son habitude. Après l’office, elles passent ensemble à une épicerie, puis rentrent chez elles. Dans l’après-midi, aux alentours de 14h, Phoenix quitte soudainement le domicile familial au volant de son SUV noir. Son beau-père la voit partir et suppose qu’elle va simplement faire une course ou rendre visite à des amis.

Moins de trois heures plus tard, la situation prend une tournure inquiétante. Sa voiture, une Chevrolet Blazer noire de 1999, est retrouvée abandonnée dans une rue d’East St. Louis, un secteur connu pour être particulièrement dangereux. La voiture intrigue immédiatement : elle est laissée en plein milieu de la route, avec les clés sur le contact. A l’intérieur, les effets personnels de Phoenix sont toujours là : ses lunettes, son sac, ses papiers, et même ses chaussures. Mais Phoenix, elle, a disparu. Aucune trace de lutte, aucun signe évident de ce qui a pu se passer. Comme si la jeune femme s’était volatilisée en quelques minutes.

La voiture de Phoenix retrouvée abandonnée.

Lorsque la voiture est découverte, Phoenix n’a pas encore été signalée comme disparue. Le véhicule est donc simplement remorqué, sans être immédiatement relié à une affaire inquiétante. Plus tard en fin de journée, n’ayant aucune nouvelle, la famille tente de joindre Phoenix, sans succès. C’est à ce moment-là qu’ils comprennent que quelque chose ne va pas.

Ils finissent par signaler sa disparition à la police. Mais un élément crucial complique tout : au même moment, ils ignorent encore que sa voiture a déjà été retrouvée et remorquée plus tôt dans la journée. La famille n’aurait appris la découverte du véhicule que lorsqu’un ami, menant ses propres recherches, l’a retrouvé dans une fourrière plusieurs heures plus tard.

L’inquiétude se transforme rapidement en panique. Les recherches s’intensifient : des battues sont organisées et la famille de Phoenix multiplie les appels à témoins. Malheureusement, ils se rendent vite compte qu’il n’y a aucune piste concrète : pas de témoin fiable de ce qui s’est passé après qu’elle a quitté son domicile, pas de trace de lutte, pas d’activité bancaire, téléphonique ou numérique après le 18 décembre 2011.

Au fil de l’enquête, plusieurs zones d’ombre viennent troubler l’image de Phoenix. Derrière le portrait d’une jeune femme discrète et proche des siens, certains éléments montrent une réalité plus complexe. Les enquêteurs découvrent notamment qu’elle aurait pu posséder un second téléphone, inconnu de ses proches. De plus, certaines de ses relations échappent totalement à son cercle familial. Ces détails laissent supposer une vie plus secrète.

Cette ambiguïté alimente une première hypothèse : celle d’une disparition volontaire. Selon cette théorie, Phoenix aurait choisi de partir pour recommencer ailleurs, possiblement sous une autre identité. L’idée d’une double vie renforce cette possibilité. Pourtant, plusieurs éléments viennent fragiliser cette piste. Le fait qu’elle ait laissé derrière elle tous ses effets personnels, y compris ses chaussures, ainsi que l’absence totale d’activité bancaire ou numérique rendent une fuite organisée difficile à envisager.

La thèse d’un acte criminel est largement considérée comme plausible. La découverte de son véhicule abandonné dans un secteur réputé dangereux, avec ses affaires intactes à l’intérieur, suggère qu’il s’est produit quelque chose de soudain. Mais l’absence de traces de lutte, de témoins fiables ou de suspect identifié empêche une conclusion.

Une autre théorie repose sur l’idée d’un rendez-vous. Phoenix aurait quitté son domicile pour rejoindre quelqu’un volontairement. Mais là encore, aucun élément concret ne permet d’identifier cette éventuelle personne, ni de confirmer qu’un tel rendez-vous ait réellement eu lieu. Encore aujourd’hui, la disparition de Phoenix Coldon demeure un mystère.

Mystère à Hokkaidō: la disparition d’Asami Chida.

Née le 12 avril 1984 sur l’île d’Hokkaidō, Asami Chida a grandit entourée de ses parents et de son petit frère. Elève au lycée Muroran Sakae High School, elle était décrite par ses enseignants et ses camarades comme une adolescente brillante et sociable. En parallèle de ses études, elle occupait un emploi à temps partiel dans une boulangerie locale, où elle travaillait notamment à la caisse et se formait à la préparation de boissons.

Le 6 mars 2001, Asami n’avait pas cours et devait prendre son service à 13h. Mais à 11h30, Asami a appelé la boulangerie pour demander si le gérant était présent et qu’elle viendrait finalement un peu plus tard, sans préciser la raison. En quittant son domicile en début d’après-midi, elle se rend d’abord dans une supérette pour acheter quelques en-cas, puis elle prend un bus à l’arrêt de Hakucho-dai Chuo. A 12h56, le bus passe près de la boulangerie où travaille Asami, mais elle ne descend pas. A 13h03, Asami descend à l’arrêt Higashimachi Nichome et se dirige vers le centre commercial Muroran Saty, aujourd’hui renommé  Aeon Muroran.

A ce moment-là, une caméra de surveillance filme Asami dans le rayon cosmétiques. Elle apparaît seule, sans signe apparent de détresse. Elle flâne plusieurs minutes dans le magasin, sans rien acheter, puis elle quitte le magasin à 13h26. Cette séquence vidéo est considérée comme l’un des éléments les plus fiables pour retracer ses derniers déplacements.

Les dernières images d’Asami.

A 13h30, deux camarades de classe aperçoivent Asami à l’arrêt de bus près de Muroran Saty et la saluent. Asami aurait ensuite prit un bus jusqu’à l’arrêt Higashi-dori, à proximité de son lieu de travail, où elle arrive à 13h41. Elle a ensuite utilisé son téléphone portable pour prévenir son petit ami qu’elle était arrivée. Son petit ami la rappelle peu après, et Asami lui aurait dit qu’elle ne pouvait pas lui parler pour le moment. Après cela, sa trace s’est brusquement interrompue dans les heures qui ont suivi.

La police a été prévenue lorsque les parents d’Asami n’eurent aucune nouvelle de leur fille. Très tôt dans l’enquête, les autorités ont envisagé la possibilité d’une intervention criminelle et ont lancé des recherches approfondies tout en recueillant de nombreux témoignages. Les collègues d’Asami ont décrit la jeune fille comme étant sérieuse et appréciée de tous.

Cependant, certains d’entre eux ont mentionné le fait que Asami semblait victime d’un « stalker » qui la suivait et l’appelait sur son téléphone. Asami recevait apparemment plusieurs appels anonymes et menaçants chaque jour. Une de ces collègues l’a un jour interrogée à ce sujet, et Asami a répondu que c’était probablement des canulars.

L’employeur d’Asami, qui était le gérant de la boulangerie, a été rapidement pointé du doigt. En effet, plusieurs employés auraient décrit un comportement parfois jugé inapproprié de la part du gérant, et qu’il aurait eu des propos et des comportements déplacés envers des jeunes filles travaillant pour lui, incluant Asami.

Les policiers ont prit cette piste au sérieux et le gérant a été placé sous surveillance. Lorsqu’il est interrogé, il affirme avoir fermé sa boulangerie vers 13h30 ce jour-là en constatant l’absence d’Asami, puis qu’il aurait passé la journée avec sa mère. Les policiers ont envisagé la possibilité d’un enlèvement et ont mobilisé plus de 2000 agents. Ils ont ensuite perquisitionné le domicile et la voiture du gérant de la boulangerie, mais ils n’ont rien trouvé de concluant. Peu après, les accusations ont été abandonnées, faute de preuves. Au fil du temps, de nombreux signalements ont été transmis par des habitants pensant avoir aperçu Asami, sans qu’aucun ne puisse être confirmé par les autorités.

Plusieurs années passent sans aucune avancée dans l’enquête, mais en 2010, un article consacré à Asami publié sur un blog suscite un vif intérêt. L’auteur de cet article prétendait être un ancien détective, et d’après lui, les deuxième et troisième étages de l’immeuble abritant la boulangerie auraient été composés de logements locatifs inoccupés à l’époque des faits, le propriétaire de l’immeuble étant également le gérant de la boulangerie. Sur la base de ces éléments, il a émis l’hypothèse que Asami aurait pu être séquestrée dans une partie de ces locaux, et il déplore que les policiers ne se sont pas intéressés à cette possibilité à l’époque.

En 2011, la chaîné de télévision TV Asahi a consacré une épisode à la disparition d’Asami, où ils ont interviewé le gérant de la boulangerie, qui avait demandé à ce que son identité soit préservée. Dans cette interview, il a expliqué que sa boulangerie avait fermée peu après la disparition d’Asami et qu’il travaillait désormais dans un restaurant. Il a à nouveau nié toute implication dans la disparition d’Asami, précisant qu’il n’avait jamais eu de comportements déplacés envers elle et qu’il n’a jamais été obsédé par les jeunes filles.

En 2016, le département de la police de Muroran a affirmé qu’ils poursuivaient leur enquête. Plus de deux décennies après les faits, la disparition d’Asami Chida reste un mystère.

Un petit garçon disparaît en Grèce : l’affaire Ben Needham.

Ben Needham est un enfant britannique né le 29 octobre 1989 à Boston, dans le Lincolnshire. Il est le fils de Kerry Needham et de Simon Ward. Kerry est devenue mère très jeune : elle n’avait que 17 ans au moment de sa naissance, et son couple avec Simon était instable. Ils se séparent peu après la naissance de leur fils, et bien que Kerry ait la garde, Simon est resté impliqué et a entretenu un lien avec Ben. 

La famille de Kerry est originaire du South Yorkshire, près de Sheffield. Ses parents, Eddie et Christine Needham, sont les grands-parents maternels de Ben. Au début des années 1990, ils décident de quitter l’Angleterre pour s’installer sur l’île grecque de Kos, où ils espèrent commencer une nouvelle vie.

En avril 1991, Kerry rejoint ses parents à Kos avec Ben, alors âgé d’environ 18 mois. La famille vit dans des conditions assez simples : les grands-parents résident dans une caravane près d’une oliveraie tandis qu’ils rénovent une vieille ferme dans la région d’Iraklise. Kerry travaille dans un hôtel local, et Ben est souvent gardé par ses grands-parents pendant la journée.

Nous sommes le matin du 24 juillet 1991. La journée commence normalement. Le temps est chaud et ensoleillé. Eddie travaille sur la rénovation de la ferme avec des ouvriers locaux tandis que Christine s’occupe de Ben. L’enfant joue dehors près de la maison, dans un espace ouvert où se trouvent des outils, des matériaux de construction et quelques poules. Entre 9h et 9h30, Christine laisse Ben jouer près de la maison pendant qu’elle entre brièvement à l’intérieur pour s’occuper de tâches ménagères. A ce moment-là, le petit garçon se trouve encore dans la cour ou à proximité.

Quelques minutes plus tard, Christine ressort pour vérifier où se trouve son petit-fils. Ben n’est plus là.

Le lieu où Ben a disparu. (Photo : Phil Harris)

Pensant d’abord qu’il s’est simplement éloigné pour jouer, la famille commence à chercher autour de la maison, dans les champs voisins et près des bâtiments agricoles. Mais malgré leurs recherches rapides, aucune trace du petit garçon n’est retrouvée. Lorsque Kerry termine son travail et apprend la disparition de son fils, elle revient immédiatement sur les lieux. Très vite, la police grecque est alertée et les recherches commencent autour de la ferme et dans les environs du village.

Plusieurs témoignages émergent au cours de la journée : certains habitants affirment avoir aperçu un homme inconnu avec un petit garçon blond près d’une ferme voisine peu après la disparition, tandis qu’un autre témoin déclare avoir vu un homme passer en moto avec un enfant correspondant à la description de Ben. Toutefois, ces témoignages ne permettent pas d’identifier clairement une personne suspecte. Des habitants du village, des touristes et la police grecque participent aux premières recherches, fouillant les oliveraies, les champs, les puits et les routes voisines, mais malgré l’ampleur des efforts entrepris ce jour-là, aucun indice n’est découvert et le petit Ben demeure introuvable.

Au fil des jours, l’enquête s’élargit. Les ports et l’aéroport de Kos sont surveillés et les autorités envisagent de plus en plus la possibilité d’un enlèvement, potentiellement par un touriste qui aurait quitté l’île peu après les faits. Simon, le père de Ben, fait même le voyage jusqu’à l’île de Kos pour participer aux recherches et soutenir la famille. Malgré des recherches intensives et l’attention médiatique croissante, aucun élément n’est découvert, et la disparition de Ben devient progressivement l’un des cas d’enfants disparus les plus médiatisés au Royaume-Uni.

Pendant plus de 20 ans, la disparition de Ben Needham est principalement associée à la théorie d’un enlèvement. Cependant, au milieu des années 2010, une autre hypothèse gagne en crédibilité : celle d’un accident tragique survenu sur le chantier de la ferme familiale le jour de sa disparition.

La disparition de Ben a profondément bouleversé la vie de Kerry. Dans les années qui ont suivi, elle a traversé une période extrêmement difficile marquée par la dépression et un profond sentiment de culpabilité. Elle a raconté qu’elle se réveillait parfois la nuit en pensant entendre son fils pleurer et allait dans sa chambre pour faire semblant de le bercer.

Quelques années après la disparition de son fils, Kerry donne naissance à une fille, Leighanna, la demi-sœur de Ben, née d’une relation ultérieure. La naissance de Leighanna a été encouragée par son entourage, qui pensait qu’avoir un autre enfant pourrait l’aider à surmonter le traumatisme. Cependant, Kerry a expliqué que cette période restait extrêmement difficile pour elle.

Leighanna a grandi en sachant que son frère avait disparu. Devenue adulte, elle a souvent soutenu publiquement sa mère dans la recherche de Ben, participant à des campagnes médiatiques et appels à témoins pour tenter de relancer l’enquête. Elle s’est aussi exprimée dans plusieurs interviews sur l’impact qu’a eu cette disparition sur leur famille.

Eddie et Christine, les grands-parents maternels de Ben, ont toujours exprimé un sentiment de culpabilité profonde depuis la disparition de leur petit-fils. Ayant la responsabilité de Ben le matin du 24 juillet 1991, ils se reprochent de ne pas avoir vu l’enfant disparaître et de ne pas avoir pu empêcher le drame. Dans de nombreuses interviews, ils racontent les nuits d’angoisse et les longues recherches désespérées, affirmant que cette culpabilité les a marqués à vie, tout en soulignant qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour retrouver Ben.

En 2016, de nouveaux témoignages sont transmis à la police britannique et aux autorités grecques. Des ouvriers ayant travaillé sur le chantier près du village d’Iraklise, sur l’île de Kos, affirment qu’un conducteur de pelleteuse aurait accidentellement heurté un enfant pendant des travaux ce jour-là. Selon ces témoignages, l’enfant aurait pu être tué sur le coup sans que le conducteur ne s’en rende immédiatement compte, alors que la machine déplaçait de la terre et des gravats autour de la ferme.

Le conducteur évoqué dans ces déclarations est Konstantinos Barkas, un ouvrier local qui travaillait sur le chantier en juillet 1991. Selon certains témoins, Barkas aurait plus tard confié à des proches qu’il pensait avoir accidentellement frappé un enfant avec la pelleteuse, croyant sur le moment avoir heurté un objet ou un animal. Cette nouvelle a été anéantissante pour Kerry : « Ce qu’ils ont dû m’annoncer était la dernière chose qu’ils auraient voulu me dire. Ils pensent que mon Ben pourrait être mort et enterré. […] Mon instinct maternel m’a toujours dit qu’il était vivant. Et si je m’étais trompée depuis tout ce temps ? »

A la suite de ces informations, la police britannique et grecque lance de nouvelles fouilles en 2016 sur le site de la ferme et dans les champs environnants. Des excavations importantes sont réalisées pour rechercher des restes humains ou des objets appartenant à Ben. Lors de ces recherches, des fragments d’os appartenant à un jeune enfant sont découverts, mais les analyses ADN ne permettent pas de confirmer qu’il s’agit de Ben.

Malgré l’absence de preuve définitive, les enquêteurs britanniques estiment aujourd’hui que l’hypothèse de l’accident est l’explication la plus probable. Selon cette théorie, Ben aurait pu s’approcher de la zone de travaux pendant qu’il jouait autour de la ferme et aurait été accidentellement heurté par la machine. Son corps aurait ensuite été enseveli involontairement sous les décombres déplacés par l’excavatrice.

Kerry a déclaré qu’elle acceptait finalement la possibilité de cet accident, tout en continuant d’espérer qu’un jour la vérité complète sur ce qui est arrivé à Ben sera établie. Simon Ward reste également impliqué dans l’affaire et continue de demander que toute la lumière soit faite sur ce qui est arrivé à son fils. Malgré les nouvelles pistes explorées, le mystère entourant la disparition de Ben Needham reste officiellement non résolu.

L’affaire Tabitha Tuders : disparue sur le chemin de l’école.

Tabitha Danielle Tuders est née le 15 février 1990 et vivait à East Nashville, dans l’Etat américain du Tennessee. Ses parents sont Bo et Debra Tuders, et elle était la plus jeune d’une fratrie de trois enfants. Ses proches la décrivent comme une jeune fille dynamique, aimant faire rire les autres et chanter.

Le 29 avril 2003, Debra se réveille à 5h du matin pour aller travailler. Son mari et sa fille dorment encore. Un peu plus tard, Bo a réveillé Tabitha pour qu’elle se prépare pour l’école et il a ensuite quitté le domicile à 7h du matin pour partir à son tour au travail. Tabitha avait pour habitude de partir à 7h15 pour rejoindre son arrêt de bus, situé à cinq minutes à pied de son domicile, et c’est ce qu’elle aurait fait ce matin-là.

Debra rentre du travail à 13h et il était prévu que sa fille soit à la maison pour 16h. Les minutes passent, puis les heures. 16h arrive, et Tabitha n’est toujours pas rentrée, ce qui est totalement inhabituel. Debra se rend à l’arrêt de bus, mais Tabitha ne s’y trouve pas. Elle ne croise pas non plus sa fille sur le chemin du retour. De plus en plus alarmée, elle décide alors de se rendre à l’établissement scolaire de Tabitha. C’est là qu’elle apprend une information glaçante : sa fille ne s’est jamais présentée à l’école ce jour-là. La police sera prévenue aux alentours de 18h.

Les premières recherches se concentrent sur le quartier d’East Nashville. Les policiers interrogent les voisins, vérifient les rues avoisinantes et cherchent d’éventuels témoins. Très vite, les enquêteurs réalisent qu’aucun camarade de classe ni aucun chauffeur de bus ne se souvient avoir vu la jeune fille ce matin-là.

Selon les autorités, il n’y a alors aucune preuve d’enlèvement forcé, mais aucune indication non plus laissant penser à une fugue. Les parents de Tabitha rejettent immédiatement cette hypothèse. Debra déclarera plus tard dans une interview : « Ma fille ne serait jamais partie sans nous le dire. Elle avait peur du noir, elle ne serait jamais partie seule. » Bo ajoute également que Tabitha n’avait aucune raison de fuguer, elle n’avait pas manifesté de mal-être particulier, et elle n’avait emporté ni vêtements supplémentaires ni effets personnels.

Dans les semaines qui suivent, les enquêteurs se concentrent sur un homme vivant non loin du domicile familial, décrit par certains habitants comme ayant eu un comportement inapproprié avec des mineures. Une perquisition est menée et son ordinateur est saisi. Cependant, aucune preuve directe ne permet de l’inculper dans la disparition de Tabitha. Les recherches s’intensifient. Des bénévoles parcourent les bois et terrains vagues des environs, des battues sont organisées. La police qualifiera rapidement l’affaire de disparition suspecte.

L’affaire prend progressivement une dimension nationale. En 2005, une rumeur attire l’attention : un témoin affirme que Tabitha aurait été vue au Moyen-Orient, possiblement victime d’un réseau d’exploitation. Ces informations déclenchent des vérifications approfondies. Toutefois, les autorités préciseront ne disposer d’aucune preuve confirmant qu’elle ait quitté le territoire américain.

Le Federal Bureau of Investigation est sollicité afin d’examiner la crédibilité des témoignages. Des échanges sont menés avec des agences fédérales et internationales, notamment pour vérifier d’éventuels signalements correspondant à l’âge et au signalement physique de Tabitha.

Cependant, l’enquête se heurte rapidement à un problème : l’absence de preuve matérielle. Aucun document de voyage, aucun enregistrement de passage frontalier, aucune trace administrative ne permet d’étayer l’hypothèse d’une sortie du territoire. Les témoignages à l’origine de la rumeur s’avèrent imprécis et impossibles à corroborer. Rien ne permet d’affirmer qu’elle se trouve à l’étranger.

L’absence de scène de crime identifiée et de preuve matérielle initiale constitue l’un des principaux obstacles. En 2003, les caméras de surveillance étaient peu répandues dans les quartiers résidentiels, et sans enregistrements vidéo, sans ADN exploitable, sans témoin direct, les enquêteurs manquent d’éléments tangibles.

Au fil des années, certaines pistes sont réexaminées des avancées technologiques, notamment en matière d’analyse numérique et génétique. Toutefois, aucune avancée majeure n’a été annoncée publiquement.

Dans les années qui ont suivi, Bo et Debra Tuders ont multiplié les interviews afin de maintenir l’attention médiatique autour de l’affaire. A plusieurs reprises, Debra a expliqué que le plus difficile n’était pas seulement l’absence, mais l’incertitude permanente : « On ne sait pas quoi penser. On ne sait pas si elle souffre, si elle est en sécurité, si elle est encore en vie. »

Les faux signalements, fréquents dans les affaires très médiatisées, ont représenté une charge psychologique importante pour la famille de Tabitha. De plus, la montée d’Internet et des forums consacrés aux affaires criminelles a également contribué à la multiplication des théories. Certaines évoquaient un enlèvement organisé, d’autres impliquaient des suspects non confirmés.

Plus de vingt ans après sa disparition, Tabitha Tuders reste introuvable. Son dossier est toujours ouvert et les autorités continuent de rechercher tout indice pouvant faire avancer l’enquête.

La disparition d’une mère et sa fille : l’affaire Liu Huijun.

Liu Huijun était une femme âgée de 37 ans qui vivait à Yuanlin, dans la région de Changhua, à Taiwan. Elle est décrite comme une femme attentionnée, discrète et réservée.

Liu était également une femme ambitieuse et indépendante, qui souhaitait poursuivre ses études et réaliser ses rêves. Selon plusieurs témoignages, Liu dut renoncer à ses projets pour se plier à un mariage arrangé par sa mère. Elle retourna donc dans sa ville natale et épousa un homme plus âgé, ce qui marqua le début d’une vie familiale complexe.

Son mari était un homme violent et alcoolique, ce qui conduisit à un premier divorce. Cependant, dans un contexte très conservateur où le divorce était fortement stigmatisé, ils se sentirent obligés de se remarier. Le couple eut plusieurs enfants, dont la plus jeune, une fille, qui disparaîtra plus tard avec Liu.

Le 19 janvier 2008, le couple eut une nouvelle dispute. La dispute a reprit le lendemain, tout aussi virulente. N’y tenant plus, Liu a prit sa plus jeune fille, monta sur son scooter et quitta le domicile entre 14h et 15h. Liu avait pour habitude de se réfugier chez sa mère lorsque les disputes dégénéraient, et son mari pensa donc qu’elle était allée se calmer avant de revenir. Mais ne la voyant pas revenir, il se rendit chez sa belle-mère, qui lui révéla que Liu n’était jamais venue. Il tenta alors de la joindre, mais son téléphone portable était éteint. Inquiet, il se rendit finalement au poste de police pour signaler la disparition de sa femme et de leur fille.

Pendant ce temps, au Yuanlin Finance Building, un immeuble de bureaux qui contient également des unités résidentielles, un gardien de surveillance trouve une paire de chaussures de femme jetée devant la cage d’escalier, ainsi qu’un manteau rouge et une autre paire de chaussure abandonnés dans l’ascenseur. Il en informe le gérant de l’immeuble qui décide de voir les images de vidéosurveillance.

Le bâtiment où Liu a été vue pour la dernière fois.

Sur les images du 20 janvier, on y voit une femme et une petite fille entrer dans l’asenseur. Elles seront identifiées comme étant Liu et sa plus jeune fille. Elles ont l’air calmes, voire neutre. Pendant l’ascension vers le 11ᵉ étage, Liu commence à retirer son manteau rouge et celui de sa fille. Elle retire également les chaussures de sa fille puis les siennes.

Ses gestes sont lents, elle ne semble pas pressée, ce qui laisse penser à un acte délibéré. On y voit ensuite Liu prendre sa fille dans ses bras. Après être sorties de l’ascenseur au 11ᵉ étage, Liu et sa fille se dirigent vers une cage d’escalier secondaire plutôt que de suivre les couloirs principaux. Cette cage d’escalier mène en partie au toit et à des zones peu accessibles ou rarement surveillées par les caméras.

C’est à partir de ce moment qu’elles disparaissent complètement du champ des caméras. Les caméras de surveillance du hall ne les montrent plus après ce pas hors de l’ascenseur. Aucun enregistrement ne les capte dans la rue, ni dans les commerces alentour.

Les dernières images de Liu Huijun et sa fille.

Des sources mentionnent que le 28 janvier, un agent de sécurité qui travaillait dans l’immeuble a remarqué un scooter garé juste à l’entrée du parking. L’agent de sécurité, qui connaissait chaque véhicule et leur propriétaire, n’a pas reconnu le scooter, qui était garé ici depuis plusieurs jours et dont les clés étaient toujours sur le contact. Il a donc appelé la police pour signaler ce stationnement gênant.

Lorsqu’ils vérifient la plaque d’immatriculation du véhicule, les agents apprennent que le scooter est au nom de Liu Huijun, signalée disparue depuis le 20 janvier. Peu après, le mari de Liu s’est manifesté après avoir vu les informations sur l’incident. La police va lui montrer les images de vidéosurveillance de l’ascenseur, et il va formellement reconnaitre sa femme et leur fille.

Suite à cela, les autorités lancent des recherches approfondies. L’immeuble est inspecté dans son intégralité : escaliers, couloirs, étages, caves, locaux techniques. Le toit est également fouillé. Les enquêteurs cherchent à écarter toute hypothèse d’accident ou de chute, mais aucun indice n’est découvert. Les policiers interrogent les habitants, mais là encore, aucun témoin ne se manifeste. Personne ne se souvient avoir vu Liu Huijun quitter l’immeuble ou monter dans un véhicule.

Les autorités examinent les enregistrements de vidéosurveillance accessibles dans le quartier. Là encore, aucune image ne permet d’identifier Liu Huijun, ni de reconstituer un itinéraire après sa dernière apparition connue. On n’entendra plus jamais parler de Liu, ni de sa fille.

Plusieurs théories ont été évoquées au fil des années. Certains ont envisagé un accident survenu dans une zone non couverte par les caméras. Cette piste a été rapidement examinée, notamment par l’inspection du toit et des parties techniques de l’immeuble. Aucune trace d’une chute ou d’un incident n’ayant été découverte, cette hypothèse n’a jamais donné suite.

La théorie du suicide a également été évoquée en raison du comportement de Liu Huijun dans l’ascenseur. On la voit retirer son manteau puis ses chaussures, sans signe visible de contrainte. Dans certaines cultures asiatiques, enlever ses chaussures peut être associé à un départ définitif. Cette interprétation a conduit certains à envisager un suicide. Toutefois, aucun élément concret, comme la découverte d’un corps ou d’un message, ne permet de confirmer cette hypothèse, qui reste donc incertaine.

Un départ volontaire a également été envisagé. Certains éléments de la vie personnelle de Liu Huijun ont alimenté cette hypothèse, notamment le fait qu’elle se trouvait dans un mariage arrangé décrit comme conflictuel, et le fait qu’elle venait de quitter le foyer familial suite à une dispute avec son mari. Toutefois, l’absence de préparation apparente, le manque d’activité sur les comptes bancaires et le silence total du téléphone de Liu Huijun rendent cette théorie peu plausible.

Par ailleurs, selon les informations disponibles, Liu Huijun était mère de plusieurs enfants. Dans ce contexte, l’idée d’un départ volontaire en n’emmenant qu’un seul d’entre eux est difficile à comprendre. Rien ne permet d’expliquer pourquoi elle aurait laissé ses autres enfants derrière elle, ni dans quelles conditions une telle décision aurait été prise. On peut également se demander pourquoi elle a choisi d’entrer dans ce bâtiment, alors qu’aucun lien connu ne l’y rattachait.

Une autre théorie suggère l’intervention d’une tierce personne dans l’angle mort des caméras. Cette hypothèse repose principalement sur le caractère soudain de la disparition et sur l’impossibilité de retracer un parcours de sortie. Là encore, aucun témoin ni élément matériel ne vient la confirmer, et aucune preuve d’un acte criminel n’a été rendue publique.

Quelques secondes hors de portée des caméras ont suffi à effacer Liu Huijun de toutes traces. Malgré des recherches intensives, la disparition de Liu et sa fille reste un mystère total.

Disparition troublante à Aruba : l’affaire Max DeVries.

Maximus William “Max” DeVries est né le 18 avril 1990 dans l’Etat américain du Michigan. Il était le fils de George et Yvonne DeVries, et avait une soeur cadette nommée Dominique. Max était très proche de sa famille avec qui il avait une relation privilégiée. Malheureusement, en 2002, George décède d’une crise cardiaque, un événement qui a profondément marqué la famille.

Passionné par l’eau et les activités nautiques, Max avait grandi en bord de lac et aimait passer du temps à naviguer et à s’amuser en plein air. Elève sociable et curieux, il fréquentait le Scranton Middle School et était décrit par ses proches comme vif d’esprit et aimé de ses amis

Début mai 2004, Max quitte le Michigan pour se rendre à Aruba en compagnie de sa mère et de sa soeur. Ce voyage a une signification particulière pour eux : il s’agit d’une occasion de se retrouver et de changer d’air après le décès de George, deux ans plus tôt. La famille embarque à bord de l’Allegra, un bateau privé ancré près de la côte d’Aruba, où ils passent la nuit.

Max et sa mère Yvonne.

Quelques jours après leur arrivée au complexe hôtelier d’Aruba, Max passe une partie de son temps libre à jouer au billard lorsqu’il est abordé par homme d’une trentaine d’années nommé David Jr. Les deux entament une partie ensemble, une interaction qui attire brièvement l’attention d’Yvonne. Sur le moment, elle éprouve un léger malaise, mais le contexte détendu des vacances, où les échanges entre inconnus sont fréquents, la rassure, et elle n’y voit finalement rien d’alarmant.

Au fil de la conversation, David Jr. explique qu’il séjourne sur l’île avec son père adoptif, David Sr., venu célébrer l’anniversaire de son adoption. Peu après, ce dernier se joint au groupe. Ils discutent ensemble de leurs projets respectifs, et Yvonne mentionne que sa famille envisage de faire une balade en jet‑ski le lendemain. David Sr. propose alors que lui et son fils se joignent à eux pour l’activité. Après réflexion, Yvonne accepte.

Le jour suivant s’est déroulé sans incident particulier. Toute la famille a profité d’une séance de parasailing, et à un moment, Max est parti faire du jet‑ski avec David Jr. A la fin de cette journée remplie d’activités, les deux familles se sont séparées, sans prévoir de se revoir.

Le jour d’après, le 12 mai, David Sr. a approché la famille DeVries au bord de la piscine de l’hôtel et a demandé à Max s’il voulait refaire du jet‑ski. Au début, Yvonne a refusé, mais après l’insistance de David Sr. et les supplications de son fils, elle a finalement accepté.« Max sautait de joie, il était surexcité, il me suppliait de le laisser partir. Et je l’ai laissé faire », a raconté Yvonne.

Peu de temps après, Max et David Sr. sont partis sur un jet‑ski, tandis que Yvonne et sa fille Dominique les regardaient. C’est la dernière fois que Max a été vu vivant.

Au bout d’une heure, Yvonne commence à s’inquiéter. En effet, les jet-skis avaient été loués pour quarante-cins minutes, et il n’y avait toujours aucune trace de Max et de David Sr. Elle est descendue à la plage et a constaté que le personnel de la société de location de jet-skis était déjà en train de les chercher à l’aide de jumelles. Paniquée, Yvonne est retournée à l’hôtel pour informer le personnel que son fils avait disparu et que la dernière fois qu’elle l’avait vu, il était sur un jet‑ski avec un homme plus âgé, David Sr., également résident de l’hôtel.

Lorsque l’absence de Max est signalée, le personnel de l’hôtel se rend immédiatement à la chambre occupée par David Sr. et son fils, mais la porte reste fermée et personne ne répond. Devant l’absence de nouvelles, la famille DeVries prévient les autorités locales, qui organisent une opération de recherche en mer avec des embarcations. A leur retour sur la côte, seul David Sr. est retrouvé à bord du bateau de sauvetage, mais Max n’a toujours pas été localisé. Peu après, David Jr. fait son apparition sur la plage, sans explication claire sur son absence pendant les premières heures de la recherche. Interrogé, il dit qu’il a dormi dans sa chambre pour récupérer d’un malaise et qu’il n’a pas entendu le personnel frapper à sa porte

Selon son témoignage aux autorités, David Sr. raconte que Max et lui se seraient éloignés de la plage à bord de leurs jet‑skis vers un banc de sable pour explorer. Selon lui, au moment de repartir, les jet-skis ne fonctionnaient plus. Max aurait alors tenté de lier les deux engins ensemble afin qu’ils ne dérivent pas. C’est à ce moment que David Sr. affirme avoir entendu un bruit sourd, et en se retournant, il aurait constaté que Max flottait au loin sur l’un des jet-skis immobilisés. D’après lui, c’est la dernière fois qu’il a vu l’adolescent.

Cependant, David Sr. a fourni plusieurs versions différentes de ce qui s’est passé lors de la sortie en jet‑ski avec Max, ce qui a compliqué l’enquête. Dans une autre version, il prétend que Max aurait éteint son jet‑ski et tenté de nager vers la côte, ce qui diffère de sa première explication. David Sr. a également donné des récits contradictoires concernant le fait d’avoir appelé ou non Max lorsqu’il s’est retrouvé seul.

Quand David Sr. est amené à parler, les autorités notent qu’il est couvert de éraflures et de marques sur le visage, le cou et les bras. Interrogé sur cela, il a expliqué qu’elles seraient survenues lorsqu’il avait tenté de récupérer les jet-skis et de maîtriser la situation en mer, en s’accrochant aux engins et aux cordages, bien que certains enquêteurs aient trouvé ces explications peu plausibles compte tenu de l’état des jet-skis et des conditions.

Yvonne fut la première à ne pas croire aux explications de David Sr. Elle craignait qu’il ait fait du mal à son fils et que ses égratignures soient le résultat d’une tentative de défense de Max. Désespérée, elle demanda à la police de procéder à un prélèvement d’ADN sous les ongles et à un test polygraphique. Mais la police a refusé, prétextant que de telles procédures n’étaient pas courantes ou nécessaires dans leur juridiction.

Les autorités arubaines ont immédiatement lancé une recherche maritime étendue, mobilisant bateaux de sauvetage, garde‑côtière, hélicoptères et avions, mais aucune trace de Max n’a été retrouvée malgré plusieurs jours d’opérations intensives. La police d’Aruba a officiellement conclu qu’il s’agissait d’un accident en mer et déclaré Max « perdu en mer », mettant fin à la phase active des recherches, et laissant la famille DeVries livrée à elle-même.

En 2005, Yvonne a contacté le lieutenant retraité Cory Williams, ancien détective du service de police de Livonia dans le Michigan. Il a accepté de revoir les documents, les rapports et les témoignages de l’enquête arubaine, et a rapidement constaté des contradictions importantes dans les versions données par David Sr. Il a également constaté l’absence de vérifications approfondies, comme les antécédents des deux David. Et en fouillant dans le passé de David Sr. et David Jr., Williams a déclaré avoir identifié des éléments troublants qui l’ont amené à remettre en question certaines des versions officielles de l’enquête.

Dans la série documentaire, il explique avoir contacté les autorités afin de vérifier les antécédents des deux hommes. « L’une des déclarations faites par le plus jeune mentionnait qu’il avait déclaré à la police, en 1981, avoir été victime de son père pour des crimes contre des enfants », affirme-t-il, sans que ces éléments n’aient conduit à une mise en cause officielle dans l’enquête sur la disparition de Max.

Williams a ensuite porté le dossier à l’attention du FBI, ce qui a entraîné une période où le cas a été considéré comme un cold case auprès des autorités fédérales américaines. Cependant, comme plusieurs agents ont été ensuite réaffectés à d’autres enquêtes nationales, le dossier a été mis en suspens, ce qui a poussé Yvonne à continuer à faire pression pour qu’il soit rouvert et examiné plus rigoureusement.

« Le FBI m’a appelée en octobre 2008 pour m’informer qu’ils avaient clos l’enquête le concernant. Ne jamais savoir ce qui s’est passé dans les derniers instants de la vie de Max sera toujours une épreuve difficile. Je peux affirmer sans hésiter que ni notre gouvernement ni celui d’Aruba n’ont fait le nécessaire pour découvrir ce qui est arrivé à mon fils. » déplore Yvonne.

Aucun rebondissement n’a été signalé jusqu’en avril 2016, lorsqu’Yvonne a reçu un message sur Facebook d’une femme souhaitant rester anonyme, qui avait été en couple avec David Jr. pendant un an. Cette dernière racontait qu’un jour, alors qu’elle, David Jr. et David Sr. se trouvaient dans le salon, David Sr. avait soudain évoqué la disparition d’un « garçon de quatorze ans à Aruba », précisant que David Jr. avait été très proche de Max et que sa disparition l’avait profondément affecté.

Selon ses propos, lorsqu’elle a demandé à David Jr. ce qui s’était passé à Aruba, il a réagi avec colère et lui a interdit de mentionner Max. La femme aurait alors remarqué des comportements inappropriés de David Sr. envers son propre fils mineur, ce qui l’a poussée à mettre fin à sa relation. En enquêtant sur la disparition de Max, elle a décidé de contacter Yvonne pour partager ces informations.

Yvonne a ensuite été mise en contact avec une autre ancienne compagne de David Jr., qui affirmait que celui-ci parlait souvent de Max dans son sommeil et que, selon lui, la seule chose positive que son père avait faite pour lui avait été de « l’avoir sorti d’Aruba ». Cette femme rapportait également avoir été victime d’une agression de la part de David Jr., dont elle a pu s’échapper. Aucune arrestation ni inculpation n’a été rendue publique à la suite de ces déclarations.

En 2024, une série documentaire intitulée Never Seen Again a consacré au moins deux épisodes à l’affaire de Max DeVries, remettant sa disparition en lumière. Yvonne, quant à elle, continue de sensibiliser le public à travers des prises de parole, des appels à témoins et des activités sur les réseaux sociaux, notamment sur Tiktok et Facebook. Un peu plus de vingt ans après la disparition de Max, elle espère que les actions qu’elle mène conduiront la police et le FBI à réexaminer le dossier de son fils et à rouvrir l’enquête.

La disparition mystérieuse de Nevaeh Kingbird.

Nevaeh Leigh Kingbird est née le 26 août 2006 à Bemidji, dans l’État du Minnesota aux États-Unis. A l’époque de sa disparition, elle avait 15 ans et était une élève de première année de lycée. Elle est la troisième des six enfants de sa mère, Teddi Wind, et était très proche de ses frères et sœurs ainsi que de son neveu. Elle est membre inscrite de la communauté Ojibwe, du Red Lake Band of the Minnesota Chippewa Tribe, et parlait couramment à la fois l’Ojibwe et l’anglais.

Nevaeh était décrite comme une jeune fille aimante, sensible et très attachée à sa famille, qui aimait passer du temps avec ses proches et prenait soin de sa maison. Elle n’était pas du genre à s’éloigner longtemps sans donner de nouvelles. Elle est également décrite comme ayant une âme artistique (elle dessinait, peignait et écrivait des poèmes) et rêvait d’aller à l’université dans le Colorado après le lycée. Elle aimait aussi le volleyball, sport qu’elle pratiquait.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2021, Nevaeh se trouvait à Bemidji. Après avoir dit à sa mère qu’elle allait au cinéma avec des amis, elle a en réalité assisté à une première petite réunion dans le quartier de Carter Circle, dans le sud-est de la ville, où elle a été vue vers 1h du matin. Peu après, elle s’est rendue à une deuxième résidence dans le secteur de Southview Terrace Park, où elle aurait été aperçue seule en train de partir vers 2h du matin ; ce sont les dernières observations confirmées d’elle.

Depuis ce moment, elle n’a établit aucun contact avec sa famille ou ses amis, et son téléphone n’a plus émis de signal. Les circonstances entourant ses déplacements cette nuit-là, notamment pourquoi elle est partie à pied entre ces lieux, restent floues, ce qui rend l’enquête particulièrement difficile. Des habitants de la zone ont même signalé une possible apparition d’une jeune femme correspondant à son signalement entre 3h30 et 4h du matin dans un autre quartier proche, mais cela n’a pas encore été confirmé de manière définitive.

Dès l’annonce de la disparition de Nevaeh Kingbird, la police de Bemidji a mobilisé d’importantes ressources. Dans les premiers jours, des équipes au sol, assistées de chiens pisteurs et de volontaires locaux, ont ratissé les zones boisées et marécageuses situées autour de Carter Circle, l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois.

Des drones, des hélicoptères et des caméras thermiques ont été déployés pour tenter de détecter une présence ou un objet personnel pouvant guider les recherches. Le FBI et le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension (BCA) se sont rapidement joints à l’enquête, élargissant le périmètre et vérifiant des dizaines de pistes, y compris les mouvements de personnes présentes la nuit de sa disparition.

Malgré les nombreux signalements et les entrevues menées au sein de son cercle social, aucun élément matériel n’a été retrouvé. Avec le temps, l’absence d’indices exploitables a rendu l’enquête particulièrement difficile.

La disparition de Nevaeh a profondément marqué la communauté de Bemidji et la Red Lake Nation. Sa famille, déterminée à ne jamais abandonner, organise régulièrement des marches, vigiles, événements commémoratifs et campagnes d’affichage pour maintenir son visage visible du public. Sa mère, ses tantes et ses frères et sœurs ne cessent de rappeler que Nevaeh était une jeune fille très proche de sa famille, et que son silence prolongé ne correspond en rien à son caractère.

« Ce n’est pas du tout dans ses habitudes de rester des mois sans contacter qui que ce soit. Elle prenait toujours des nouvelles de sa famille proche et de ses amis. Depuis sa disparition, personne n’a reçu le moindre message. » a déclaré sa cousine, Valahlena Steeprock.

Selon sa mère Teddi Wind, Nevaeh avait des problèmes de santé mentale, notamment un diagnostic de trouble bipolaire, ce qui, d’après elle, pouvait affecter son comportement à certains moments. Sa mère explique également qu’elle avait été inquiète par son état et qu’elle avait parfois tendance à partir sans prévenir, ce qui avait déjà eu lieu auparavant quand elle était en phase maniaque, mais elle restait normalement en contact avec la famille.

De plus, Nevaeh avait perdu deux de ses amis par suicide en 2021 : l’un en avril et l’autre une semaine avant sa disparition. Ces pertes ont été décrites comme des épreuves particulièrement dures pour elle, amplifiant ses difficultés émotionnelles.

Le 22 octobre 2021, quelques heures avant la disparition de Nevaeh, sa mère l’a appelée alors qu’elle se trouvait au travail. Au cours de cette conversation, Nevaeh lui a dit : « Je t’aime, maman. Tu me manques ». Teddi a expliqué plus tard que sa fille avait du mal à parler et que quelque chose dans sa voix l’avait immédiatement inquiétée. Lorsqu’elle lui a demandé si tout allait bien, Nevaeh a répondu par l’affirmative, mais sa mère a confié avoir senti que ce n’était pas le cas.

Certaines sources ont évoqué la possibilité que Nevaeh ait quitté volontairement son domicile, notamment après avoir assisté à des fêtes le soir de sa disparition. Toutefois, sa mère et sa famille insistent fortement sur le fait que cela ne correspond pas à son caractère : Nevaeh était très proche de sa famille et ne s’était jamais éloignée pendant de longues périodes sans prévenir.

Les forces de l’ordre ont envisagé que Nevaeh aurait pu se retrouver dans une situation dangereuse lors de la nuit où elle a été vue pour la dernière fois. L’absence d’indices matériels ou de corps rend cette hypothèse difficile à confirmer, mais elle reste dans la liste des possibilités, notamment étant donné qu’elle circulait seule dans des zones peu surveillées.

La théorie la plus créditée par la police et la famille est que Nevaeh a pu être victime d’un acte criminel. La nuit de sa disparition, Nevaeh a été vue avec d’autres personnes lors de fêtes, et il y aurait eu des individus présents dans sa maison sans autorisation avant d’être chassés par Teddi, ce qui pourrait indiquer que des personnes extérieures à la famille ont eu un rôle dans sa disparition. Le fait que Nevaeh n’ait laissé aucune trace, aucun objet ou message, et que personne ne l’ait revue, alimente l’idée qu’un acte criminel pourrait être impliqué.

Une récompense de 10 000 $ a été mise en place pour encourager toute personne détentrice d’informations crédibles à se manifester. Pour sa famille, chaque anniversaire, chaque saison qui passe et chaque événement communautaire rappelle douloureusement son absence. A ce jour, Nevaeh est toujours portée disparue.

La disparition du petit Christopher Dansby.

Christopher Milton Dansby est un garçon américain né le 30 mars 1987 à Manhattan. Sa mère, Allison Dansby, vivait à Central Harlem avec Christopher et son frère aîné, Levon. Leur père, Milton Robbins, était parti s’installer en Floride peu après la naissance de Christopher, et n’avait qu’un contact intermittent avec ses fils.

Christopher était un petit garçon joyeux, souriant, curieux ; sa mère et sa famille le décrivaient comme vif et plein de vie. Il vivait avec sa mère, son frère, sa grand-mère maternelle Elizabeth Manley et plusieurs oncles et tantes dans l’immeuble des Martin Luther King Jr. Towers, un complexe d’appartements de logements sociaux à Harlem.

Le 18 mai 1989, vers la fin de l’après-midi, Allison emmène Christopher et Levon au parc du complexe, situé à l’angle de la 113e/114e rue et Lenox Avenue. Elle laisse les deux enfants sous la surveillance de leur grand-mère et d’une tante pendant qu’elle part faire quelques courses rapides à l’épicerie proche. Avant de partir, elle serre Christopher dans ses bras et lui dit qu’elle revient très vite. Une trentaine de minutes plus tard, lorsqu’elle revient, Christopher a disparu : Levon, la grand-mère et la tante sont là mais aucun signe de Christopher. Des témoins affirment l’avoir vu quelques instants plus tôt jouer avec une balle rouge, balle qui ne lui appartenait pas, puis il s’était volatilisé.

Les tours Martin Luther King, Harlem.

Carolyn s’est mise à chercher Christopher à son tour. Certains témoins au parc diront avoir vu le petit garçon jouer avec une balle rouge. Elizabeth dira qu’elle avait vu Christopher alors qu’il jouait avec son cousin, elle avait détourné le regard quelques secondes pour parler à quelqu’un, et le petit garçon avait soudainement disparu de son champs de vision. Le cousin de Christopher, qui jouait avec lui, dira également qu’il ne l’avait soudainement plus vu dans le parc. De plus en plus paniquée, Allison a commencé à chercher son fils dans le quartier, mais Christopher était toujours introuvable.

Le 911 fut appelé et des policiers furent rapidement sur place. Ils ont interrogé les passant, ont fouillé les immeubles alentours qui comptaient une dizaine de tours de plusieurs étages, et on ratissé un large secteur s’étendant sur 24 pâtés de maisons. Des hélicoptères et des chiens policiers ont également été déployés, et un chien a pu suivre l’odeur de Christopher au sud de Lenox Avenue, avant de perdre sa trace. Un lac à proximité a été fouillé au cas où Christopher serait tombé dedans, mais il n’y avait aucune trace du petit garçon.

L’inspecteur Lindahl a pointé le fait que la rue où se trouve le parc était particulièrement fréquentée ce jour-là, et que quelqu’un aurait pu kidnapper Christopher en le faisant monter dans un véhicule. Allison est persuadée que son fils n’aurait pas spontanément suivi un inconnu et que quelqu’un l’a emmené contre son gré. Dans les années 1980, New York était connu pour être particulièrement mal fréquenté, avec un taux élevé de crimes et de délits. Harlem, en particulier, était considéré comme un endroit très dangereux, bien que la plupart des familles essayaient de s’en sortir comme elles pouvaient.

Un garçon de 7 ans du voisinage a déclaré avoir vu Christopher plus tard dans la journée, marchant dans la rue (West 111th Street) avec un homme non identifié. Cet homme est décrit comme un Afro-Américain d’environ 25-30 ans, de grande taille, mince, avec des dreadlocks.

Allison Dansby, qui a eu des problèmes de toxicomanie par le passé, est brièvement soupçonnée d’être impliquée dans l’enlèvement de son propre fils, accusation qu’elle réfute avec force. Elle passe au polygraphe, mais les résultats sont jugés inconclusifs. Elle affirme avoir arrêté la drogue et n’avoir aucune dette envers personne. Ces pistes ne mèneront nulle part.

Shane Anthony Walker

Trois mois après la disparition de Christopher, un autre enfant, Shane Anthony Walker, âgé de 19 mois, disparaît dans des circonstances étonnamment similaires : même parc, même jour de la semaine (un jeudi), même créneau horaire. Et détail glaçant : juste avant sa disparition, Shane jouait avec les mêmes deux enfants plus âgés (une fille de 10 ans et un garçon de 5 ans) qui se trouvaient au parc le jour où Christopher a disparu. La mère de Shane, Rosa Glover, se souvient que le garçon et la fille ont insisté pour jouer avec Shane ce jour-là, et qu’elle a finalement accepté à contrecoeur. Juste après, un homme s’est assis à côté d’elle sur le banc et a commencé à lui parler, captant son attention quelques instants. L’homme lui aurait parlé de ce qui peut arriver à des enfants kindappés, et elle se souvient qu’il avait des cicatrices. Lorsque Rosa a relevé les yeux, Shane avait disparu, ainsi que les deux enfants avec qui il jouait.

C’est alors que Rosa a aperçu les deux enfants qui revenaient au parc, mais Shane n’était pas avec eux. Rosa leur a demandé où était son fils, les enfants ont répondu qu’ils sont partis quelques instants mais qu’ils avaient laissé Shane au parc. Rosa a rétorqué que son fils était introuvable et elle a continué à le chercher avant d’appeler la police.

Les deux enfants avec qui Shane a été vu pour la dernière fois ont été interrogés, ainsi que leurs parents, mais les enquêteurs n’ont rien trouvé qui pourrait les lier à l’enquête. L’homme aux cicatrices ayant parlé à Rosa a également été retrouvé et interrogé, mais cela n’a rien donné. Shane n’a jamais été retrouvé.

Néanmoins, pour les enquêteurs comme pour les habitants du quartier, la coïncidence est trop forte. Les deux affaires sont rapidement liées, mais aucun élément concret ne permettra d’établir qu’un même individu soit responsable. Certains mentionnent l’existence d’un “baby black market”, un marché clandestin où des enfants seraient revendus à des couples incapables d’adopter légalement.

Quelques mois avant la disparition de Christopher, un nourrisson nommé Andre Terrance Bryant avait été enlevé à Brooklyn. Sa mère avait ensuite été retrouvée morte dans un parc, et Andre n’a jamais été retrouvé. Certains voient dans ces trois disparitions un schéma inquiétant. Mais la violence meurtrière dans l’affaire Bryant diffère complètement des disparitions “propres” de Christopher et Shane. Les enquêteurs restent donc prudents : peut-être lié, ou peut-être juste une tragique succession d’événements sans rapport.

Malgré l’ampleur des recherches, les portraits-robots, les diffusions médiatiques et les appels à témoins, aucune piste solide n’a jamais permis de retrouver Christopher. Mais Allison n’a jamais cessé de croire que son fils est en vie. Elle a participé à des interviews et à des émissions comme Unsolved Mysteries où elle confie sa culpabilité mais également son espoir de retrouver son fils un jour. Elle s’accroche à des histoires comme celle de Carlina White, enlevée à Harlem bébé et retrouvée vingt-trois ans plus tard. Allison a quitté le complexe d’appartements dans lequel elle vivait avec sa famille pour déménager ailleurs à Manhattan, et elle a tenté de reprendre sa vie en main. A ce jour, elle continue de parler de Christopher dans les médias afin que son fils ne tombe pas dans l’oubli.

La disparition de Tanja Mühlinghaus : vit-elle sous une nouvelle identité ?

Tanja est née le 11 mars 1983 et vivait avec ses parents dans la ville de Wuppertal, en Allemagne. Fille unique, Tanja est décrite comme étant belle et gentille, mais elle était aussi intelligente et sportive, ayant d’excellents résultats scolaires et étant passionnée par la danse. Son rêve était de devenir danseuse dans une comédie musicale. Afin de gagner un peu d’argent de proche, Tanja faisait du babysitting quand elle en avait l’occasion et elle avait un bon contact avec les enfants. Tanja entretenait également de bons rapports avec ses parents, même si elle commençait à se rebeller contre les règles qu’ils lui imposaient. Elle souhaitait devenir plus indépendante et n’aimait pas se sentir entravée.

Au matin du mercredi 21 octobre 1998, Tanja, 15 ans, se prépare pour l’école. Ce jour-là, elle doit passer un examen de latin au lycée. A 8h30, Tanja téléphone à sa mère Elisabeth, qui est déjà partie pour le travail. Elle demande à sa mère si elle peut la récupérer au lycée après ses cours, et Elisabeth accepte. A la fin de l’appel, Elisabeth ne se doute pas un instant que ce sera la dernière fois qu’elle entendra la voix de sa fille. On suppose que Tanja a ensuite préparé ses affaires pour se diriger vers son arrêt de bus.

Quelques heures plus tard, Elisabeth se rend au lycée de sa fille pour la récupérer comme convenu, mais Tanja n’apparaît pas. En se renseignant davantage, Elisabeth tombe de haut en apprenant que sa fille ne s’est pas rendue à l’école de la journée. Elle sait que Tanja n’aurait pas fait en sorte de manquer son examen de latin ce jour-là, ce n’était pas dans ses habitudes de sécher l’école et de ne pas prévenir ses parents s’il se passait quelque chose. De plus, lorsque Elisabeth avait parlé à sa fille au téléphone quelques heures plus tôt, Tanja semblait être dans un état normal, elle était même plutôt joyeuse. Elisabeth a passé le reste de la journée à chercher sa fille et à se renseigner auprès des personnes qui pourraient potentiellement l’avoir aperçue, mais c’est comme si Tanja s’était évaporée. Dans la soirée, les parents de Tanja préviennent la police.

Les policiers ont d’abord minimiser la disparition de Tanja, pensant qu’elle était partie de son propre chef et qu’elle reviendrait probablement assez vite. Les parents de Tanja avaient du mal à croire que leur fille avait fait une fugue, car malgré le fait qu’elle commençait à affirmer son caractère et à se rebeller contre ses parents, Tanja n’était pas connue pour être une adolescente à problème et menait une vie ordinaire sans faire de vagues.

Deux jours plus tard, le 23 octobre, les parents de Tanja reçoivent une lettre au nom de leur fille. Il y est écrit : «  Chère Maman, cher Papa ! Ne vous inquiétez pas trop ! Je suis en bonne santé et je serai de retour à la maison dans deux ou trois mois. C’est pourquoi il n’est pas nécessaire de me chercher. Merci de prendre soin des lapins et du baby-sitting. Veuillez également conserver les choses que j’ai commandées. Inventez simplement quelque chose à dire à l’école. J’ai besoin de prendre de la distance et je vous contacterai la semaine prochaine. Bien à vous, Tanja. »

Le 27 octobre, une deuxième lettre datée du 24 octobre est reçue chez les parents de Tanja. « Chère Maman, cher Papa ! Vous n’avez toujours pas à vous inquiéter ! Je vais bien et je rentrerai déjà chez moi le week-end prochain. C’est pourquoi vous n’avez pas besoin de me chercher. J’espère que vous avez, ou aurez, pris soin des choses que j’ai mentionnées et qui étaient importantes pour moi. Bien à vous, Tanja.”

Une des lettres supposément écrite par Tanja.

Les parents de la jeune fille et les policiers vont déterminer qu’il s’agissait bien de son écriture, et l’ADN de Tanja a bien été trouvé sur la lettre. De plus, il était mentionné des choses personnelles à propos de l’adolescente, comme le fait qu’elle faisait du babysitting et qu’elle possédait des lapins, ce qui accentuait l’hypothèse selon laquelle Tanja avait bel et bien écrit ces lettres. En revanche, les policiers ont découvert un autre ADN sur les lettres, ce qui laissait supposer que quelqu’un d’autre était impliqué. Les parents de Tanja ont également soupçonné qu’elle avait été contrainte d’écrire ces lettres, car la manière de s’exprimer ne correspondait pas à celle de leur fille. Après l’analyse des timbres, les policiers ont déterminé que les lettres avaient été envoyées depuis Düsseldorf, situé à environ 35 kilomètres à l’ouest de Wuppertal. Personne ne parvenait à expliquer pourquoi Tanja aurait voyagé jusqu’à Düsseldorf, ni si elle avait des connaissances là-bas.

Contrairement à ce qu’elle prétendait dans ses écrits, Tanja n’est pas rentrée chez elle le week-end suivant et n’est jamais rentrée. Malgré des recherches et des appels à témoin, la jeune fille était introuvable et l’enquête a rapidement stagné. Les parents de Tanja ont divorcé au début des années 2000. Tous deux avaient une manière différente de réagir face à la disparition de leur fille : le père de Tanja était énervé et frustré par le manque de nouveaux éléments et estimait que la police ne faisait pas correctement son travail, tandis que Elisabeth continuait de chercher des réponses par elle-même avec l’aide du public. L’absence pesante et inexpliquée de leur fille avait finalement eu raison de leur mariage.

Le 2 novembre 2011, l’émission allemande Aktenzeichen XY Show consacre un épisode sur la disparition de Tanja. L’émission a alors commencé à recevoir des appels du public qui suggérait que Tanja pouvait être impliquée dans un réseau de prostitution dans la ville de Cologne, la quatrième plus grande ville d’Allemagne qui se situe à seulement 30 minutes en voiture de Düsseldorf. Des policiers sont allés enquêter sur cette piste, mais cela ne donnera rien.

En 2014, un rebondissement a lieu dans l’affaire lorsqu’un homme sous le nom de « Patrick O » a témoigné sur le sort de Tanja. Entre 1999 et 2001, il affirme qu’il travaillait dans une chronique de presse de Francfort, réputée douteuse avec des méthodes de ventes illégales. En 1999, Patrick aurait rencontré Tanja, qui travaillait aussi pour cette chronique mais qui était également contrainte de se prostituer. Au début méfiante envers lui, Tanja a ensuite noué une relation amoureuse avec l’homme. Il prétend que Tanja lui aurait annoncé qu’elle était enceinte quelques mois plus tard, et ils avaient prévu de changer d’environnement pour pouvoir élever leur enfant en toute sécurité. Mais en décembre 2001, un incident est survenu au cours duquel Tanja aurait été abattue dans une forêt non loin de Königswinter. Patrick a accepté d’escorter les policiers sur le lieu où la jeune fille avait apparemment trouvé la mort, mais ils ne trouvèrent aucune preuve.

Le témoignage de Patrick contenait également des détails personnels sur la vie de Tanja, qui n’avaient jamais été révélés dans les médias. Ces révélations ont éveillé un nouvel espoir chez les proches de Tanja, qui espéraient pouvoir enfin obtenir des réponses. En 2017, Elisabeth et une équipe de tournage ont rendu visite à Patrick, qui était incarcéré pour fraude et agression au centre correctionnel de Wolfenbüttel. Patrick a alors partagé une nouvelle révélation : Tanja avait en réalité survécu à ses blessures.

Patrick rajoute que Tanja vivait désormais avec leur fille à Francfort sous le nom de « Melanie », et qu’ils étaient toujours en contact. Il a ensuite promit à Elisabeth d’informer Tanja de leur rencontre en prison et qu’il allait essayer de les mettre en contact. Pour Elisabeth, une nouvelle lueur d’espoir venait de naître et elle a demandé plusieurs fois à Patrick des preuves selon lesquelles il était toujours en contact avec Tanja. Cependant, Patrick s’est montré incapable de lui fournir une preuve, ce qui a finalement rendu Elisabeth sceptique sur son histoire.

Après avoir été libéré de prison quelques mois plus tard, Patrick a recontacté Elisabeth pour lui annoncer qu’il était retourné vivre auprès de Tanja et de leur enfant. Il a ensuite proposé à Elisabeth la possibilité de rencontrer Tanja à Wuppertal, et il lui a également envoyé des photos d’une femme et d’une jeune fille qui étaient apparemment Tanja et leur fille, Jani. Cela a à nouveau éveillé l’espoir chez la famille de Tanja qui attendait des réponses depuis deux décennies. Elisabeth a finalement convenu d’une date de rencontre entre elle et sa fille, qu’elle espérait enfin retrouver depuis toutes ces années d’incertitude et d’angoisse.

Cependant, la veille du rendez-vous, Patrick a envoyé un message à la nièce d’Elisabeth : « S’il vous plaît, ne dites pas à votre tante ce que j’écris maintenant. J’ai écrit longtemps à Tanja hier soir, elle a peur du lendemain et n’est pas sûre de pouvoir le gérer. Je serai avec elle et Jani cet après-midi. Peut-être que vous pourrez alors parler au téléphone, si elle est d’accord. Jani m’a envoyé un texto à 23h40 pour dire que sa mère pleurait, puis nous avons discuté. Je vous contacterai. Salutations, Pat. »

Un peu plus tard, un autre message venant prétendument de Tanja a été envoyé : « Bonjour, je sais que cela semble assez dur maintenant, mais je ne peux pas venir à Wuppertal demain. Je ne peux tout simplement pas le faire. Je suis vraiment désolée, mais dès que je te ferai face en personne, ma vie actuelle sera terminée et je serais à nouveau Tanja. C’est ma décision et je dois aussi penser à mon enfant. Je vous recontacterai par téléphone dans les prochains jours, mais tout le reste prendra du temps. A bientôt, Melli. »

Mais Patrick et la prétendue Tanja ne donneront plus jamais de nouvelles. Cela a été très douloureux à encaisser pour Elisabeth et sa famille, qui espéraient enfin pouvoir obtenir des réponses après des années de souffrance. Ces faux espoirs les ont laissés davantage confus avec des questions sans réponses. Patrick avait-il dit la vérité ? Et si non, pourquoi avoir inventé toute cette histoire ? L’homme avait pourtant présenté des détails intimes sur Tanja et sa vie d’avant, des détails qui n’avaient été révélés nulle part ailleurs.

Sur son site internet dédié à Tanja, Elisabeth a écrit ces mots pour sa fille : « C’est mon seul et plus fervent souhait : avoir de tes nouvelles sur tout ce que tu as vécu, ce qui t’as poussé à partir, de quoi tu m’accuses et si tu peux me pardonner (…) Je ne suis plus mariée à papa. (…) Si tu veux juste trouver ton chemin vers moi, rien ne s’y oppose. Je voudrais te dire encore une chose : tu n’as pas à avoir honte de quoique ce soit et tu n’as plus à avoir peur de rien. Si quelqu’un doit avoir honte, c’est bien moi. Parce que je n’ai pas remarqué ce que tu ressentais. »

Tanja a-t-elle réellement fugué ce 21 octobre 1998, avant de refaire sa vie sous une nouvelle identité ? A-t-elle été enlevée ? Est-elle toujours vivante aujourd’hui ? A ce jour, son sort demeure incertain. Le père de Tanja est décédé depuis, sans jamais savoir ce qui est arrivé à sa fille. Quant à Elisabeth, elle s’accroche à l’espoir que Tanja soit toujours en vie quelque part.

Un petit garçon disparaît en forêt : l’affaire Derrick Engebretson.

Derrick James Engebretson est né le 5 juillet 1990 et vivait à Klamath Falls, dans l’Etat américain de l’Oregon. Ses parents sont Robert et Lori Engebretson, et il était le plus jeune d’une fratrie de trois enfants. Derrick était surnommé affectueusement « Bear Boy » car il était passionné par la nature et les activités de plein air. Il adorait accompagner son père à la chasse ou aller cueillir des champignons en forêt. Il aimait également le baseball, le basketball et le football. Derrick est décrit comme un esprit libre et intrépide, aimant vagabonder partout et ayant une bonne connaissance de la nature. Il avait l’habitude de passer ses journées exclusivement à l’extérieur et de ne rentrer à la maison qu’à la tombée de la nuit. Lorsqu’il se trouvait chez lui, il aimait regarder des émissions sur les animaux.

Le 5 décembre 1998, en début d’après-midi, le petit Derrick âgé de 8 ans a accompagné son père, Robert, et son grand-père paternel, Bob, en forêt. Comme chaque année lors cette période, leur objectif était de trouver l’arbre de Noël idéal à décorer. Vers 14h, le trio arrive dans la région enneigée de Rocky Point, située dans la forêt nationale de Winema. Bob se souvient que Derrick leur avait dit qu’ils devaient se dépêcher de trouver un arbre convenable avant que la nuit tombe. Durant l’hiver, le soleil disparaît aux alentours de 16h sur la région, et bien que Derrick n’était pas effrayé par grand chose, il avait peur de l’obscurité et n’aimait pas être dehors la nuit.

Le petit groupe s’est ensuite enfoncé dans la forêt avant de monter sur une colline. Robert, qui était le plus expérimenté, a commencé à les distancer, laissant Derrick et Bob quelques mètres derrière lui. Robert finit par être hors de vue alors qu’il s’éloignait plus loin, et Bob et Derrick sont restés ensemble dans la même zone quelques instants. Ne parvenant pas à rester en place, Derrick s’amusait avec sa hachette en coupant des petits arbres, tandis que Bob essayait de surveiller son petit-fils tout en continuant de chercher leur futur arbre de Noël. Derrick se mit alors à insister auprès de Bob pour rejoindre son père qui se trouvait plus haut sur la colline. Au début réticent, Bob finit par accepter, à condition que Derrick suive scrupuleusement les traces de pas de Robert afin de ne pas se perdre. Le petit garçon le lui promit, puis il parti en suivant les traces de son père avec enthousiasme.

Bob remarqua que les traces de pas de Derrick suivaient celles de son père, comme convenu, et il se dit que son petit-fils était parvenu à le rattraper. Le vieil homme continua ses recherches de son côté. Un peu plus tard, Robert et Bob se sont rejoints à la voiture, mais Derrick était absent. Robert lui demanda où était son fils, et Bob lui répondit qu’il pensait que le petit garçon était avec son père durant tout ce temps. Les deux hommes se sont mit à rechercher Derrick et à crier son nom, leurs voix résonnant à travers la forêt enneigée et silencieuse.

Durant leur recherche, l’obscurité et la neige se sont mis à tomber, rendant les deux hommes de plus en plus inquiets au sujet du petit garçon. En descendant dans une clairière, ils ont découvert un ange de neige non loin de la route, et ils ont supposé que c’était Derrick qui l’avait fait. Ils ont continué à l’appeler et à le chercher frénétiquement, mais Derrick était introuvable. En redescendant vers la route principale, Robert est parvenu à arrêter un automobiliste pour lui expliquer la situation et lui demander d’appeler les secours. Cet automobiliste s’est rendu jusqu’à la station balnéaire la plus proche pour appeler le 911. A ce moment-là, les équipes de recherche et de secours participaient à leur repas de Noël annuel, et ils n’ont pas immédiatement considéré la disparition de Derrick comme une urgence. Il a donc fallut attendre plusieurs heures pour que les équipes arrivent sur les lieux.

La communauté a activement participé aux recherches en fouillant à travers la nature épaisse, à l’aide de motoneiges et de chiens pisteurs. Un hélicoptère a également été déployé pour fouiller la zone. Malheureusement, les fortes chutes de neige ont compliqué les recherches. Alors qu’ils cherchaient toujours Derrick, Robert et des bénévoles ont découvert des empreintes de pas dans la neige, assez petites pour appartenir à un enfant. Ils ont suivi les traces qui descendaient jusqu’au lac Klamath supérieur, avant de disparaître au niveau d’une route. Ce détail était particulièrement inquiétant, car si ces empreintes appartenaient bien à Derrick, cela voudrait dire que quelqu’un l’avait probablement récupéré sur la route à bord d’un véhicule. Les policiers ont également découvert un abri de fortune dans la zone où Derrick a disparu. L’abri était construit avec des branches de sapin, mais les chiens n’ont pas pu détecter l’odeur du petit garçon à cet endroit.

Le lac Klamath.

Comme Derrick avait des connaissances de survie et de chasse, ses parents espéraient qu’il pouvait survivre pendant une durée indéterminée dans la nature, mais les fortes tempêtes de neige et les températures glaciales diminuaient ses chances de survie. Les recherches pour retrouver le petit garçon ont cessé le 13 décembre. Cela a été un gros coup dur pour la famille Engebretson, qui a malgré tout continué sa propre enquête avec l’aide de bénévoles. Mais au fil des jours, la météo et les températures extrêmes ont poussé les nouvelles recherches à s’arrêter de nouveau, car cela devenait dangereux. A ce moment-là, il était certain que Derrick ne serait pas retrouvé vivant.

En janvier 1999, un promeneur a trouvé un emballage de bonbon ainsi qu’un marque-page provenant de l’école de Bonanza, où Derrick était scolarisé. Cependant, un détail inquiétant a attiré l’attention de ce promeneur : des traces de sang inconnues et des ossements se trouvaient aux côtés de ces objets. Cette découverte a été faite non loin de l’endroit où Derrick a été vu pour la dernière fois. Bien que les ossements ont été identifiés comme appartenant à un animal, on ne sait toujours pas si le sang et les autres objets appartenaient au petit garçon.

En mai 1999, la neige a commencé à fondre et les forces de l’ordre ont pu reprendre des fouilles intenses pour retrouver la dépouille de Derrick, mais en vain. Robert et Lori ont émis l’hypothèse que leur fils avait pu être kidnappé par quelqu’un dans la forêt. De plus, au début de l’enquête, un témoin a rapporté qu’il avait aperçu un petit garçon se débattre avec un homme ce jour-là. Il pensait qu’il s’agissait simplement d’un père en train de se disputer avec son fils, et c’est pour cela qu’il n’avait pas immédiatement signalé l’incident. D’autres témoignages ont été rapportés concernant un homme au volant d’une Honda à deux portes, qui roulait non loin de la forêt de Winema ce jour-là et qui demandait des renseignements.

Des rumeurs ont commencé à émerger, impliquant la famille Engebretson dans la disparition de Derrick. Bien que les policiers ne les aient pas considérés comme des suspects, Robert, Lori et Bob ont passé le test du polygraphe, qu’ils ont réussi. En septembre 1999, des graffitis troublants ont été trouvés dans les toilettes d’une aire de repos, située à Burns. Le contenu de ces graffitis n’a jamais été rendu public, mais ce serait apparemment lié à la disparition de Derrick. Après analyse, il s’est avéré que ces graffitis étaient une plaisanterie de mauvais goût.

Au début des années 2000, la famille Engebretson et la police ont reçu une lettre d’un homme en prison, qui révélait que son codétenu Frank James Milligan s’était vanté d’être responsable de la disparition de Derrick. En 2000, Milligan était en liberté sous caution pour l’agression sexuelle d’un jeune garçon. La même année, il a enlevé, violé et tué un autre garçon âgé de 10 ans dans l’Oregon. Il a plaidé coupable en 2001 et a été condamné à purger une peine de trente ans de prison. Lorsqu’il fut interrogé par les enquêteurs, Milligan dira qu’il avait bien tué Derrick et qu’il acceptait de les conduire jusqu’à son corps. Après de nouvelles recherches approfondies dans la forêt nationale de Winema, le corps de Derrick n’a pas été retrouvé et Milligan s’est finalement rétracté sur ses propos. Néanmoins, il reste désormais le principal suspect dans cette affaire.

La disparition de Derrick a eu des conséquences désastreuses sur sa famille. Robert a eu des problèmes de santé à force de chercher son fils dans le froid glacial de la forêt au fil des années, et Lori a sombré dans la dépression. Le frère et la soeur de Derrick, Amy et Kenny, ont aussi très mal supporté sa disparition. Robert et Lori ont également dû vendre leur maison pour s’installer dans un mobil home après avoir dépensé toutes leurs économies dans la recherche de leur fils. De plus, Robert n’a jamais pardonné à son père Bob, qu’il considère en partie responsable de la disparition de Derrick. Presque trente ans plus tard, Lori tente malgré tout de garder espoir : « Je veux croire qu’il est toujours en vie aujourd’hui. Jusqu’à ce que quelqu’un me prouve le contraire, je ne pense pas que j’abandonnerai cette idée un jour. », a-t-elle déclaré.

Que s’est-il passé ce 5 décembre 1998 dans la forêt de Winema ? Derrick s’est-il perdu dans la nature luxuriante et a-t-il succombé aux éléments ? Ses ossements ont-ils été éparpillés par des animaux sauvages ? Ou plus effrayant encore, a-t-il croisé le chemin d’une personne malveillante ? A ce jour, le sort du petit Derrick est toujours inconnu.