La mort mystérieuse d’une étudiante française en Hongrie.

Ophélie Bretnacher

Ophélie Bretnacher est née le 8 juin 1986 à Verdun, dans le département de la Meuse. Elle est décrite comme une fille souriante, sociable et très sportive. Elle pratiquait la natation synchronisée, la randonnée et elle s’entraînait pour participer au marathon. Etudiante à l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims, c’était une élève brillante et appréciée par ses camarades et professeurs.

En 2008, à l’âge de 22 ans, Ophélie part vivre quelques temps à Budapest en Hongrie, dans le programme d’un échange scolaire Erasmus. Le jeudi 4 décembre 2008, pour célébrer la Saint-Nicolas, l’université d’Ophélie organise une soirée dans le bar Portside of Cuba. Ophélie arrive vers 23h. Un de ses amis, Guillaume, arrive peu après. Il raconte : « C’était vraiment une soirée à part, dans le sens où c’était vraiment convivial. Une soirée de Noël, quoi. »

Le bar Portside of Cuba

La soirée se passe sans encombre. Ophélie danse, rit, est joyeuse. D’autant plus qu’elle vient d’obtenir un stage dans un cabinet d’audit très réputé. Vers 2h du matin, Ophélie dit à son ami Guillaume qu’elle veut rentrer car le lendemain elle a des examens à réviser. Mais elle venait de rater son bus et le prochain arrivait dans 40 minutes, elle confie à Guillaume qu’elle comptait peut-être rentrer à pieds.

Ophélie est la seule à vivre aussi loin parmi ses amis étudiants. Elle prévoit finalement de rejoindre la gare routière. Des caméras de surveillance de la ville suivent son trajet. Pour une raison inconnue, on remarque qu’elle prend une tout autre direction. Elle bifurque à l’ouest, passe devant la basilique Saint-Etienne, continue sur une rue piétonne et débouche sur la place Roosevelt. On perd sa trace vers le Pont des Chaînes.

Les dernières images d’Ophélie.

100m séparent la place Roosevelt et le Pont des Chaînes. Comment a-t-elle pu disparaître si soudainement des caméras ? De plus, il est confirmé que pour atteindre la gare routière ou rentrer chez elle, Ophélie n’avait pas à faire tout ce chemin. Elle aurait dû logiquement suivre le trajet vert ci-dessous, c’est le plus rapide. Le rouge est le trajet qui passe par le pont des chaînes, là où Ophélie semblait se diriger.

Le croix est le lieu où on a perdu la trace d’Ophélie, au coin de la place Roosevelt.

Plus tard, un étudiant d’une autre université, qui ne connaissait pas Ophélie et qui sortait lui aussi de soirée, a retrouvé son sac à main sur le trottoir du Pont des Chaînes.

La croix à gauche est l’endroit où le sac d’Ophélie fut trouvé.

« Vers 3h30 du matin il faisait très sombre. » dit-il. « J’étais avec un ami et j’ai trouvé ce sac sur le pont. Il y avait un téléphone portable à l’intérieur. Le lendemain, j’ai appelé un contact au hasards. »

Le vendredi 5 décembre, la meilleure amie d’Ophélie lui envoie un sms, étonnée de ne pas avoir de ses nouvelles. L’étudiant la contacte et elle récupère finalement le sac d’Ophélie. Lorsqu’elle se rend chez son amie pour le lui rendre, elle se rend compte que la maison est vide. Au début, personne ne s’inquiète, mais le soir venu, les amis et la famille d’accueil d’Ophélie, qui n’ont toujours pas de ses nouvelles, commencent à penser que quelque chose est arrivé à la jeune fille. Les parents d’Ophélie sont prévenus ainsi que l’ambassade de France.

Très vite, une énorme mobilisation est organisée sur internet par sa famille et ses amis. Sur Facebook, plusieurs groupes de recherches sont consacrés à la jeune fille. 

Deux mois plus tard, le 12 février 2009, le corps d’Ophélie est retrouvé près d’une station de traitement des eaux usées à Csepel. Hormis un simple hématome, le médecin légiste n’a constaté aucun signe d’agression ou acte criminel sur son corps. La jeune fille serait morte par noyade.

La police pense d’abord à un suicide. Mais les proches d’Ophélie ne croient pas en cette thèse. « Ça ne tient pas une minute», réponds son père, Francis Bretnacher. « C’était une fille avec qui nous n’avions jamais eu de problèmes. Tout allait bien au niveau de sa vie privée, rien qui n’aurait pu la tourmenter.»

Un de ses amis confirme qu’Ophélie n’avait pas du tout le profil d’une personne déprimée ou suicidaire : « Tous les vendredi avant de partir en week-end elle était très heureuse à l’idée de retrouver sa famille et son copain. Elle tenait vraiment à rentrer les week-end pour retrouver le cocon familial. » Il ajoute : « Ophélie était une fille très sérieuse. Elle était à Budapest afin de faire un programme d’étude spécialisé très sélectif qui demandait beaucoup de rigueur et de travail. Il n’y avait que quatre places disponibles. C’est vous dire la rigueur qu’était la sienne pour intégrer ce programme. Ça ne colle pas du tout à l’image que les enquêteurs ont donné d’elle. »

Les enquêteurs commencent alors à analyser le comportement d’Ophélie sur les caméras. Bien qu’ils pensaient au début qu’Ophélie avait beaucoup bu lors de cette soirée et qu’elle aurait pu avoir un accident, ils estiment finalement qu’elle n’a pas l’allure d’une personne soûle sur les images de vidéo-surveillance. Les amis d’Ophélie présents lors de la soirée affirment que personne n’était venu embêter ou harceler Ophélie, et qu’il était donc peu probable qu’elle se soit faite suivre. Aurait-elle mit fin à la soirée dans le but d’aller retrouver quelqu’un ? Ses amis assurent pourtant que toutes les connaissances d’Ophélie se trouvaient au bar ce soir là. 

La seule théorie qui tiendrait la route malgré ce qu’affirment les policiers serait que Ophélie était soûle. Explication : même si sur les caméras nous voyons la jeune femme marcher d’un pas ferme et décidé, cela ne prouve pas qu’elle n’était pas soûle. Les personnes soûles ne marchent pas forcément d’une drôle de manière. Les adeptes de cette théorie imaginent donc cela : Ophélie aurait bu lors de la soirée, et alors qu’elle rentrait chez elle, elle aurait commencé à se sentir mal. Sur son chemin, elle voit alors le Pont des Chaînes et décide d’y aller faire un tour, se sentant prise de haut-le-coeur. Elle se place sur le bord, laisse tomber son sac à ses pieds, et se penche pour vomir. Mais sous l’effet de l’alcool, elle ne se rend pas compte qu’elle se penche dangereusement en avant et fini par tomber. Cela pourrait aussi expliquer l’hématome qu’Ophélie présentait sur son corps. Elle se serait fait mal en passant par-dessus bord.

Même s’il s’agit de la théorie la plus plausible, il reste une ombre au tableau. En effet, le corps d’Ophélie a été retrouvé dans un lieu situé à contre-courant, et il serait donc impossible qu’il ai dérivé depuis le Pont des Chaînes. Quelqu’un aurait donc déposé son corps à cet endroit. De ce fait, et du fait de nombreuses zones d’ombres dans l’enquête, la thèse d’un acte criminel ne peut être totalement écartée. De plus, un témoin aurait affirmé avoir entendu un cri de femme près du lieu de la disparition d’Ophélie, à la même heure où on aurait perdu sa trace.

Le Pont des Chaînes

Encore aujourd’hui, personne ne sait ce qui s’est réellement passé à Budapest cette nuit de décembre 2008. Malheureusement, de nombreuses improbabilités ont souillé l’enquête. En premier lieu, il n’y a eu aucune analyse des diatomées. Or, cette analyse aurait pu se révéler efficace car cela aurait permis de connaître le lieu de décès exact d’Ophélie. Les bornes téléphoniques du trajet d’Ophélie n’ont pas été contrôlées, et les témoignages n’ont pas été approfondis. 

Autre fait troublant : le 1er janvier 2013, Daniel Gliksten, un étudiant en médecine de 23 ans disparaît exactement au même endroit qu’Ophélie à la sortie d’un bar, vers 2h du matin. Son trajet fut lui aussi filmé par des caméras de surveillance, avant de perdre sa trace. Son corps sera retrouvé le 20 mars 2013, et il serait aussi mort noyé. 

Que se passe-t-il à Budapest ? De simples accidents ou l’oeuvre d’actes criminels ?

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