La mort mystérieuse de deux amies au Panama.

Lisanne Froon et Kris Kremers étaient deux amies hollandaises, nées respectivement le 24 septembre 1991 et le 9 août 1992. Lisanne était décrite comme étant passionnée par le volley-ball, intelligente et réservée, et Kris comme étant ouverte d’esprit, responsable et enjouée. Après leurs études, les deux filles ont économisé de l’argent pendant six mois afin de partir au Panama, dans le but d’apprendre l’espagnol et faire du bénévolat.

Pour finaliser leur projet, les filles passent par l’agence Het Andere Reizen, spécialisée dans les offres de volontariat. Elles songent d’abord à partir pour le Costa Rica, pour finalement choisir le Panama, et comptent y rester pour une période de six semaines. Le samedi 15 mars 2014, les filles atterrissent d’abord à San José au Costa Rica et passent la nuit dans une auberge de jeunesse. Le lendemain, elles arrivent en bus à Bocas del Toro au Panama.

Les filles commencent alors leur cours d’espagnol à l’école Spanish the Sea, sur l’île Isla Colon. Dans leur temps libre, elles se promènent, vont à la plage et prennent des photos. Les filles ont également fait la rencontre de deux hollandais nommés Bastian et Edwin, avec qui elles sont devenues amies. Ces garçons décrivent Kris et Lisanne comme étant respectueuses, intelligentes, amicales, mais aussi prudentes. Elles faisaient attention à leurs fréquentations, et ont clairement fait comprendre qu’elles ne cherchaient à avoir ni relations amoureuses ou sexuelles lors de leur séjour.

Le 29 mars, Kris et Lisanne arrivent à Boquete et sont récupérées par leur famille d’accueil. Leur espagnol n’étant pas suffisamment au point, les filles rencontrent quelques difficultés à communiquer avec la famille, mais cela ne les empêche pas de bien s’entendre avec eux et de les trouver sympathiques.

Mais Lisanne commence doucement à déprimer. Ses parents lui manquent, et même si leur famille d’accueil est très gentille, elle a du mal à se sentir à l’aise. Elle tente malgré tout de rester optimiste et de tirer du positif de cette épreuve.

Le 30 mars 2014, les filles visitent la ville de Boquete dans la matinée, avant de partir pour leur école dans l’après-midi pour s’informer sur les activités de volontariat censées se dérouler le lendemain avec Aura, une panaméenne responsable d’un établissement pour enfants. Les filles vont par la suite réserver une excursion avec un guide non certifié nommé Feliciano, pour les prochains jours. Le lendemain, les filles vont pour rencontrer Aura, mais cette dernière, qui s’était apparemment montré très désagréable, leur explique que les activités des bénévoles commenceront seulement la semaine prochaine. Interloquées par cette information, les filles vont demander des explications à l’école qui ne sait quoi leur répondre.

Ayant donc une semaine de libre, Kris et Lisanne décident le 1er avril 2014 de faire de la randonnée juste toutes les deux à El Pianista. Elles partent dans la matinée en compagnie de Blue, le chien de leur famille d’accueil. A 13h, les filles atteignent le sommet nommé le Mirador, et vont continuer à s’aventurer dans la jungle. A 13h39, leurs téléphones perdent contact avec le réseau. Au cours de leur périple, les filles vont prendre une trentaine de photos.

Quelques photos prises lors du 1er avril 2014.

Mais étrangement, à 16h39, le téléphone de Kris appelle le 112, le numéro d’urgence européen. A 16h51, c’est au tour du téléphone de Lisanne d’appeler le 112. A chaque appel, le réseau téléphonique inexistant dans la forêt empêche la communication de se faire. Dans la soirée, le chien Blue rentre à la famille d’accueil, seul. Sur le coup la famille d’accueil des filles ne s’inquiètent pas trop, se disant qu’elles étaient sans doute aller boire un verre ou qu’elles avaient rencontré des amis entre temps, et qu’elles rentreront dans la nuit.

Le lendemain, le 2 avril, les filles ne sont toujours pas rentrées et manquent leur rendez-vous avec le guide touristique Feliciano. On découvrira plus tard que cette matinée à 6h58, Lisanne avait tenté d’appeler le 112. Ne voyant pas les hollandaises se présenter au rendez-vous, Feliciano se rend chez la famille d’accueil des filles avec Eileen, la manager de l’école. Il est dit que Feliciano et Eileen avaient eu accès à la chambre des filles où ils y étaient restés un moment. Entre 8h14 et 13h56, les filles vont à nouveau tenter de passer plusieurs appels au 112 puis au 911. Dans l’après-midi, Feliciano serait retourné dans la chambre des filles, seul.

Dans l’après-midi cette même journée, Eileen va contacter Ingrid Lommers, la propriétaire des écoles Spanish at locations qui collabore avec l’agence Het Andere Reizen, par laquelle les filles sont passées pour leur voyage. Elle la prévient que Kris Kremers et Lisanne Froon ne sont pas revenues de leur randonnée depuis hier. Ne se trouvant actuellement pas au Panama, Ingrid lui conseille de prévenir directement la police, ce qu’elle fait. Dans la nuit du 3 avril 2014, Eileen contacte les parents de Lisanne, Dinie et Peter Froon, et leur révèle que leur fille et son amie n’ont pas été revues depuis le 1er avril. Dinie va alors appeler Judith, la directrice de l’agence, pour la prévenir de la situation. Plus tard, la famille de Kris est également prévenue et contacte Eileen pour en savoir plus.

Dans la matinée du 3 avril, Dinie Froon contacte le ministère hollandais des affaires étrangères. Le même jour vers 8h, les premières recherches commencent avec la Sistema Nacional de Proteccion Civil qui va chercher les filles avec un hélicoptère. A 9h33, le téléphone de Kris appelle le 911. Entre 13h30 et 16h19, leurs téléphones vont s’allumer et s’éteindrent plusieurs fois pour vérifier le signal. La même journée, Feliciano commence à faire des recherches jusqu’au Mirator.

Le 4 avril, entre 4h50 et 13h42, les téléphones des filles vont de nouveau s’allumer pour vérifier tour à tour le signal. Mais le téléphone de Lisanne va finir par s’éteindre définitivement. Le 5 avril, entre 10h50 et 13h37, le téléphone de Kris va s’allumer et s’éteindre deux fois, mais la deuxième fois le code PIN n’est pas rentré. Pendant ce temps, les recherches pour retrouver les filles s’accélèrent, et sur les réseaux sociaux Ingrid Lommers va mettre en ligne des photos des filles pour plus de visibilité. Le 6 avril, le téléphone de Kris va à nouveau s’allumer plusieurs fois pour vérifier le signal, et à nouveau le code PIN n’est pas rentré. La même journée, les parents de Kris et Lisanne arrivent au Panama.

Deux touristes français qui faisaient de la randonnée à plusieurs kilomètres d’El Pianista ont été surpris de constater la présence de plusieurs policiers et sauveteurs. Et alors qu’ils se trouvent à un poste de garde, un homme leur aurait raconté quelque chose d’effrayant. Le 5 avril, il prétend avoir entendu des cris terrifiés de femme, un bruit de chute, et avoir vu par la suite trois hommes s’enfuir sur le sentier.

Du 7 au 10 avril, il y eu 90 tentatives d’entrer le code PIN du téléphone de Kris. Le 14 avril, toujours sans aucune trace des deux filles, les recherches sont définitivement arrêtées. Deux mois plus tard, le 13 juin 2014, dans le village Alto Romero qui se trouve à 8 heures de marche du sommet d’El Pianista, une indigène découvre un sac à dos près de la rivière. Le sac, qui est parfaitement conservé, est remit à la police. A l’intérieur on y trouve un téléphone, des lunettes de soleil, un soutien-gorge, un appareil photo et un passeport appartenant à Lisanne, une carte d’assurance, un soutien-gorge et un téléphone appartenant à Kris, ainsi qu’une bouteille d’eau et 83 dollars.

Le contenu du sac à dos

Lorsque les policiers fouillent le contenu des téléphones et de l’appareil photo, ils découvrent alors les photos des filles prises le 1er avril au début de leur randonnée, les nombreux appels passés au 112 et au 911, mais ils découvrent également des images à la fois intrigantes et inquiétantes.

Juste après les photos prises de jour lors de la randonnée, on découvre des photos prises de nuit, entre 1h et 4h du matin. Sur les 90 photos prises de nuit, 87 ne montraient rien d’autre que le noir complet.

Les photos prises de nuit

On se demande si ces photos ont bien été prises par Kris et Lisanne. Si c’est le cas, quel est le but de ces photos ? Selon les enquêteurs, la théorie la plus plausible est que les filles cherchaient à utiliser le flash de l’appareil pour retrouver leur chemin la nuit.

Mais par la suite, on découvre un autre détail assez troublant concernant les photos. En effet, les photos prises par les filles sont numérotées, et entre la photo 508 et 510, on remarque qu’il manque la photo 509, soit celle qui se trouve entre la dernière photo prise de jour, et la première photo prise de nuit. Pourquoi les filles auraient-elles pris le temps d’effacer la numéro 509 parmi toutes les autres photos, dans quel but ?

Toujours en juin 2014, peu après la découverte du sac à dos, une battue est organisée. Feliciano et une équipe d’indigène vont retrouvé le short en jean de Kris à quelques kilomètres de l’endroit où le sac à dos fut trouvé, non loin d’Alto Romero. La police dit que le short fut retrouvé soigneusement plié sur un rochet, mais les locaux affirment qu’il a en fait été retrouvé dans la rivière. Près de l’endroit où le sac à dos fut retrouvé, Feliciano fera également la macabre découverte d’un morceau de pelvis et d’une chaussure avec un pied resté à l’intérieur. Les tests ADN révèlent que le pelvis appartient à Kris, et que le pied est celui de Lisanne. On trouvera également aux alentours pas moins de 33 ossements, et selon les tests ADN, tous appartiennent aux deux filles, sauf trois fragments qui ne correspondent à aucun autre ADN. Les ossements des filles et le sac à dos furent tous découvert aux alentours d’Alto Romero, séparés par plusieurs kilomètres.

Lorsque les ossements des filles sont analysés, on remarque qu’il reste des bout de peau sur les os de Lisanne, tandis que les os de Kris ont comme été blanchis. Selon l’anthropologue, il semble que le morceau de peau de Lisanne ait été gardé dans un endroit confiné. Et bien que les ossements aient été retrouvés dans les mêmes zones, ceux de Lisanne ont une décomposition différente de ceux de Kris. On se demande alors si Lisanne aurait survécu plus longtemps après Kris, et qu’elle aurait été retenue quelque part.

L’état de son sac à dos pourrait confirmer cette hypothèse. En effet, le sac a été retrouvé dans un état impeccable, alors qu’il est censé être resté 2 mois dans la forêt tropicale. Au milieu de la pluie, de la chaleur, de l’humidité et des animaux, il aurait obligatoirement gardé des séquelles de cet environnement. Selon les experts, tout porte à croire que Lisanne ne serait pas morte de causes naturelles liées à une chute ou une noyade. Mais le gouvernement du Panama insiste sur le fait que la mort des deux hollandaises serait dû à un accident.

Plusieurs touristes ayant emprunté le même chemin de randonnée que les filles affirment qu’il est impossible de s’y perdre. Kris et Lisanne auraient-elles été suivies par un prédateur ? Les soupçons vont se porter sur le guide Feliciano. En effet, cet homme est connu pour aimer être entouré de femmes touristes et leur faire des avances lors des expéditions. Bien avant la disparition des hollandaises, plusieurs femmes qu’il a accompagné se sont déjà plaintes de son comportement qu’elles ont trouvé déplacé. Certains pensent même qu’il aurait pu manipuler des preuves lorsqu’il s’est retrouvé seul dans la chambre des filles, et ils soulignent que ce soit lui qui, étrangement, ait découvert les ossements des hollandaises ainsi que le short de Kris. Mais il n’y a pas de preuves concrètes pour l’accuser.

En février 2017, une jeune américaine de 23 ans nommée Catherine Johannet a été retrouvée morte étranglée non loin d’El Pianista. Mais il existe plusieurs autres cas de disparitions et de morts mystérieuses de touristes dans le coin. Que se passe-t-il dans les forêts du Panama ? Un tueur en série serait-il en liberté ?

L’affaire Missy Bevers : était-elle attendue par son meurtrier ?

Terry « Missy » Bevers est née le 9 août 1970 à Graham au Texas. En 1998, elle se marie avec Brandon Bevers avec qui elle aura trois filles. Missy vivait à Midlothian dans l’Etat du Texas avec sa petite famille. Dynamique et sportive, elle exerçait en tant que professeur de fitness et était très appréciée par ses élèves.

Missy avait pour habitude de donner ses cours de fitness très tôt le matin sur le parking d’une église, la Creekside Church. Depuis quelques jours il pleut averse sur la région, et le 17 avril 2016 Missy poste un message sur Facebook où elle informe ses élèves que le cours de fitness du lendemain sera maintenu, mais au lieu se de dérouler sur le parking il se fera donc exceptionnellement à l’intérieur de l’église.

Le 18 avril 2016, vers 3h50 du matin, les caméras de surveillance à l’intérieur de l’église filment une personne non identifiée et affublée d’une tenue de policier et d’un casque, qui erre seule dans les couloirs. On pense d’abord à quelqu’un qui s’est infiltré dans l’église dans le but de voler des objets, mais on se rend rapidement compte que l’individu n’a pas le profil d’un cambrioleur. Il déambule tranquillement dans l’église, ouvre certaines portes, mais il ne prend aucun objet. Cependant, on remarque qu’il tient un marteau à la main. Son attitude calme et détachée semble montrer qu’il attend quelqu’un. A 4h16, une caméra de surveillance filme Missy arriver à l’église et y entrer afin de préparer son cours qui doit se dérouler une heure plus tard. Vers 5h06 du matin, les élèves de Missy appellent le 911 lorsqu’ils découvrent son corps sans vie dans l’église.

Les images du suspect

La pauvre femme baigne dans une marre de sang, et lorsque les secours arrivent, ils ne peuvent que constater son décès. Elle présente des blessures importantes à la tête et au thorax. Un examen du bâtiment a révélé que l’intrus était entré par effraction par une porte latérale. Il est clair pour les enquêteurs qu’il s’agit bien d’un meurtre prémédité, et non d’un cambriolage qui aurait mal tourné. Encore une fois, l’attitude du suspect ne correspond pas à un cambrioleur, il ne semble pas s’intéresser à ce qui se trouve dans les pièces, et après vérification on constate qu’aucun objet n’a été volé dans l’église. Sur les caméras, on le voit en revanche taper plusieurs dans le mur d’un couloir avec son marteau, comme s’il cherchait à faire croire à un cambriolage qui aurait tourné à la lutte. De plus, on pense qu’il devait forcément savoir que Missy devait se rendre à l’église à cette heure-là, et qu’elle serait seule.

Lorsqu’on se penche sur les images filmées cette nuit là, on remarque que l’individu a une démarche assez particulière, il marche les jambes en « canard », et semble presque boiter de la jambe droite. On pense qu’il ferait entre 1m57 et 1m70. Certains ont même penser qu’il pourrait s’agir d’une femme. Il est fort probable que le meurtre de Missy fut filmé par les caméras à l’intérieur de l’église, mais les images ne furent jamais rendues public. Un minuscule ADN sera retrouvé sur la scène de crime, mais malheureusement pas en quantité suffisante pour être analysé.

Rapidement, les enquêteurs font une nouvelle découverte. Plus tôt ce matin-là, environ deux heures avant le meurtre, une Nissan Altina de 2010-2012 a été filmée par des caméra de surveillance en train de circuler sur le parking d’un magasin SWFA Outdoor, situé à environ 800 mètres de l’église. Le conducteur, qui n’a pas été identifié, a une attitude des plus étranges. A bord de sa voiture, on le voit faire lentement le tour du bâtiment, s’arrêter quelques minutes, éteindre ses feux et les rallumer, pour ensuite continuer à faire le tour du magasin. Ce petit manège dure environ six minutes. Mais tout comme le conducteur, la plaque d’immatriculation du véhicule n’a pas pu être identifiée.

L’entourage de Missy sera rapidement interrogé, dont Brandon, son mari. L’attitude de Brandon a été jugée suspicieuse car il disait ne pas vouloir savoir qui aurait pu commettre cet acte, mais l’homme possède un alibi : au moment des faits, il se trouvait à plus de 965km d’ici. Il précise plus tard que s’il voulait se tenir éloigner de l’enquête, c’était pour le bien de ses filles qui étaient très perturbées par les événements. Plus tard, une amie de Missy va confier aux enquêteurs que quelques jours avant le meurtre, Missy avait reçu un message anonyme sur LinkedIn qu’elle avait jugé inquiétant, mais elle ne se rappelle plus du pseudonyme du profil.

Rapidement, les soupçons vont ensuite se tourner vers Randy Bevers, le père de Brandon, et donc le beau-père de Missy. En effet, on constate que la corpulence ainsi que la démarche du suspect et celle de Randy ont des similitudes particulièrement troublantes, voire quasiment identiques.

Brandon et Randy Bevers

Quatre jours après le drame, on apprend que Randy s’était présenté au pressing avec un t-shirt tâché de sang. Il disait qu’il s’agissait du sang de son chien qui s’était battu avec un autre chien. Le vétérinaire sera interrogé, et il confirmera l’histoire. Mais les soupçons continuent de peser sur lui. On apprend alors que comme son fils, Randy a un alibi : il se rendait en Californie avec sa femme au moment du meurtre. Mais cela ne rassure pas l’opinion public. Il est étrange que précisément ce jour-là, Randy et Brandon aient fait en sorte de se fournir chacun un alibi en se trouvant très loin de la ville.

Mais dans ce cas, si Randy est bien le coupable, pourquoi s’en serait-il prit à sa belle-fille qui était une femme sans histoires ? Certains avancent la théorie qu’il aurait fait cela pour aider son fils qui subissait une situation compliquée avec sa femme. En effet, depuis quelques temps, le couple avait des problèmes financiers et relationnels. En fouillant le téléphone portable de Missy, on trouvera également des messages échangés avec des hommes, où elle semblait flirter avec eux. Les enquêteurs se demandent alors si Missy avait déjà trompé Brandon, et qu’il avait décidé de se venger avec l’aide de son père. En tout cas, aucun nom d’un potentiel amant ne fut révélé, et les enquêteurs finiront pas écarter Randy de la liste des suspects, faute de preuves tangibles.

Etant donné que l’intrus de l’église fut également soupçonné d’être une femme, les enquêteurs se sont un peu plus penchés sur cette théorie. Comme Missy flirtait apparemment avec d’autres hommes, peut-être s’agissait-il de la femme vengeresse d’un de ses amants ? La femme porterait des chaussures trop larges ou trop lourdes, ce qui expliquerait cette démarche étrange. Elle aurait également pu s’ajouter plusieurs couches de vêtements afin de tromper sur sa corpulence. Mais pourquoi cet habit de policier ? Peut-être que l’époux de cette femme était policier, et qu’elle avait utilisé son uniforme pour se déguiser aux yeux des caméras. Peut-être s’agissait-il d’une manière d’éviter les problèmes avec de potentiels témoins : en voyant un policier vaquer à ses occupations, les gens n’oseraient sans doute pas l’importuner. Le déguisement aurait également pu servir à approcher plus facilement Missy, qui aurait baisser sa garde à la vue de ce prétendu policier. Il y eut également la théorie d’un tueur à gage qui aurait été engagé par Randy et Brandon, leur permettant ainsi de se créer leurs alibis. Mais encore une fois, cela ne reste qu’une supposition.

Malgré les images de vidéosurveillance de l’individu et de la voiture suspecte filmée la même nuit, on ne sait toujours pas qui a pu s’en prendre à cette mère de famille appréciée de tous, ni pourquoi. Cependant, bien que Randy fut écarté de la liste des suspects par la police, il reste tout de même le principal coupable aux yeux de l’opinion public. Non seulement à cause des fortes similitudes entre lui et l’intrus de l’église, mais également car il connaissait l’emploi du temps de Missy. Mais encore une fois, il n’y a pas assez de preuves concrètes pour l’inculper.

Au moment de sa mort, Missy avait 45 ans. Elle laisse derrière elle ses trois filles, qui sont maintenant élevées par Brandon.

Disparus en mer : le destin tragique des Lonergan.

Thomas Joseph Lonergan, dit Tom, né le 28 décembre 1964, et Eileen Cassidy Hains, née le 3 mars 1969, se sont rencontrés à l’Université d’Etat de Louisiane d’où ils en sont ressortis diplômés. Peu après leurs études, ils se marient à Jefferson au Texas, le 24 juin 1988. Les Lonergan étaient décrits comme un couple complice et très amoureux, et prévoyaient de s’installer bientôt à Hawaii.

En 1998, le jeune couple termine une mission dans les îles Fidji dans le cadre de Peace Corps, une agence bénévole américaine qui tend à aider les pays en développement. Mais avant de rentrer aux Etats-Unis, Tom et Eileen souhaitent s’offrir des vacances à l’étranger. Ils s’arrêtent dans le Queensland en Australie, et très vite le jeune couple passionné par la plongée sous-marine a l’idée de visiter la Grande Barrière de Corail. Ils réservent donc une excursion en haute mer avec l’agence Outer Edge basée à Port Douglas, et le dimanche 25 janvier 1998 ils se lèvent très tôt et prennent un mini-bus depuis Cairns afin de se rendre au lieu de rendez-vous. L’activité doit se dérouler autour du récif de Saint Chrispin, situé à environ 70km au nord-est de Port Douglas.

A 8h30 du matin, Tom et Eileen montent à bord du bateau de plongée avec 26 autres passagers, piloté par Geoffrey Nairn, le gérant de l’agence Outer Edge, et le bateau arrive au récif de Saint Chrispin vers 9h45. Tom, Eileen, ainsi que d’autres plongeurs enfilent leur tenue de plongée et reçoivent les directives des instructeurs. Ils doivent revenir au bout de 30 minutes maximum. Suite à cela, les Lonergan plongent et profitent de la beauté du site. Vers 14h, après leur pause déjeuner, le petit groupe se prépare pour leur dernière plongée. Les Lonergan, qui sont des plongeurs expérimentés et possédant le padi Open Water, informent les instructeurs qu’ils souhaitent plonger un peu plus loin du groupe, de manière plus autonome, demande qui leur sera acceptée.

A 14h30, le couple effectue alors leur dernière plongée, et doivent revenir 30 minutes plus tard au bateau. A 15h, Geoffrey Nairn donne un coup de sirène pour informer tous les plongeurs qu’ils doivent revenir sur le bateau. Un membre de l’équipage effectue le comptage des gens à bord, et informe Nairn qu’il y a bien les 26 passagers présents, et le bateau retourne alors à Port Douglas. Un des employés trouvera un sac oublié à bord, il ne se posera pas plus de question et le jettera dans la corbeille des objets trouvés. En effet, il est très fréquent que des touristes oublient des affaires lors des sorties en bateau.

Plus tard à 16h30, le conducteur du mini-bus chargé de ramener les passagers à Cairns s’étonne de ne pas voir le couple Lonergan qu’il avait rencontré le matin même. Il commence à faire le tour des bars au cas où le couple se serait arrêté pour boire un verre, mais ne les trouvant pas, le conducteur n’a pas d’autres choix que de partir sans eux. Une fois à Cairns, il informe sa patronne de l’absence du couple. Cette dernière appelle alors Geoffrey Nairn, mais ce dernier ne s’en inquiétera pas plus que cela.

Le 26 janvier, Nairn conduit un nouveau groupe de touristes à bord de l‘Outer Edge vers Saint Chrispin. Au cours de la journée, l’un des plongeurs remonte à bord avec six plombs de plongée provenant d’une ceinture de lestage, mais cette découverte n’alarmera pas le responsable, car il est assez fréquent de retrouver des objets perdus ou abandonnés dans cette zone de plongée très fréquentée.

Le 27 janvier, la routine continue et une nouvelle excursion est organisée sur Saint Chrispin. Une fois rentré à Port Douglas, Geoffrey Nairn est intrigué par la corbeille des objets trouvés, dans laquelle se trouve le sac retrouvé par un employé sur le bateau dimanche dernier. Il se permet de fouiller à l’intérieur du sac, et y trouve des vêtements, des lunettes de vue, ainsi qu’un portefeuille et un passeport au nom de Tom Lonergan. Nairn va alors commencer à paniquer et à se demander s’il n’avait pas bel et bien oublié Tom et Eileen Lonergan en pleine mer deux jours plus tôt.

Geoffrey Nairn appelle l’auberge de jeunesse où séjourne le couple et on lui confirme que les Lonergan n’ont pas été revus depuis le matin du dimanche 25 janvier. Nairn se résout alors à appeler le 000, l’appel d’urgence de l’Australie. Un hélicoptère est directement envoyé au récif Saint Chrispin pour localiser le couple, mais sans succès. Le 28 janvier, des équipes de sauvetage aérien et maritime, des navires civils et la marine fouillent l’océan pendant trois jours.

Le 5 février 1998, à plus de 100km de Saint Chrispin, on va retrouver sur le rivage de Indian Head une combinaison pour femme. En juin 1998, on retrouve au même endroit des gilets gonflables et des combinaisons de plongée portant le nom de Tom et Eileen Lonergan, ainsi que leurs réservoirs d’air. Ces objets seront analysés et on constate la présence de balanes, dont la croissance permet de déterminer que cette combinaison se trouvait dans l’océan depuis janvier 1998.

On retrouvera également une ardoise de plongeur, un objet utilisé pour communiquer sous l’eau. Sur l’ardoise y est écrit : « Lundi 26 janvier 98 à 8h. A toute personne qui peut nous aider, nous avons été abandonnés sur le récif australien Agincourt par l’Outer Edge le 25 janvier 98 à 15h. Aidez-nous s’il vous plaît venez nous sauver avant que l’on meure, à l’aide !!! ».

Le gilet de Tom Lonergan
Le dernier message des Lonergan

Ce message de détresse confirme que le jeune couple a bien été oublié dans l’océan par Geoffrey Nairn. Il sera inculpé d’homicide involontaire et son procès s’ouvre en novembre 1999. Mais lors de l’audience, l’avocat de la défense met en avant les journaux intimes du couple, qui ont été retrouvés par la police, pour soutenir l’idée qu’ils auraient fait un pacte de suicide, ou qu’ils auraient simuler leur mort pour refaire leur vie ailleurs. En effet, quelques mois avant le drame, Tom Lonergan avait écrit dans son journal que sa vie était complète et qu’il était prêt à mourir. Et deux semaines avant leur disparition, Eileen écrira dans son propre journal que son mari espérait une mort rapide et sans douleur.

Nairn sera finalement jugé non coupable de cet accident, car n’ayant jamais retrouvé leurs corps, le doute subsiste sur la mort des Lonergan. En revanche, son agence sera condamnée à payer une forte amende pour négligence et Nairn se retrouvera ruiné. Le verdict sera mal accueillit par les familles de Tom et Eileen, qui reprochent l’utilisation des journaux intimes du couple pour décrédibiliser leur mort. En parallèle, la sécurité en plongée sous-marine sera renforcée par le gouvernement du Queensland.

En 2003, le film Open Water réalisé par Chris Kentis remet en lumière cette affaire quelque peu oubliée. Le film s’inspire fortement de l’histoire du couple Lonergan et fera un carton au box-office, générant plus de 25 millions de dollars. Mais il ne sera pas vu d’un très bon oeil par Geoffrey Nairn, ni par les agences de plongée sous-marine australiennes, qui gardent des séquelles de cette sombre affaire. En 2006, à plus de 400km au sud de Port Douglas, un homme retrouve sur la plage une palme de plongée jaune en assez bon état. Sur cette palme se trouve un mot rendu presque illisible : Lonergan. L’objet sera restitué à la police. Le 31 décembre 2015, Geoffrey Nairn décède à l’âge de 59 ans.

Image tirée du film « Open Water ».

John Hains, le père d’Eileen, est persuadé que le couple est mort par noyade ou par une attaque de requins. Il ne croit pas en la théorie du suicide et a affirmé que les messages retrouvés dans les journaux intimes ont été sortis de leur contexte. Un avis qui sera partagé par la justice australienne. En effet, Tom et Eileen étaient des catholiques fortement impliqués dans leur religion. L’église catholique condamnant le suicide, ils n’auraient sans doute pas commit l’irréparable. De plus, ils n’auraient certainement pas écrit ce message de détresse s’ils avaient prévu de se suicider en pleine mer, et mourir noyé ou dévoré par des requins n’est certainement pas une manière douce et rapide de mourir comme le souhaitait Tom Lonergan.

On pense également à la théorie d’une disparition volontaire. Peut-être que les Lonergan avaient pour objectif de fuir afin de refaire leur vie ailleurs. Peut-être avaient-ils des raisons qui les auraient poussé à disparaître. Mais cela n’explique pas l’appel à l’aide retrouvé sur l’ardoise. La police a finalement écarté cette théorie car aucun mouvement n’a été enregistré sur les comptes bancaire de Tom et Eileen depuis.

Pour leurs proches, la thèse la plus plausible reste celle de l’accident. Il est fort probable qu’ils soient remontés trop tard à la surface, et peut-être qu’ils auraient même vu le bateau s’éloigner. Le bateau se trouvant déjà loin, l’équipage n’aurait pas entendu leurs appels de détresse, les condamnant à leur triste sort. Oubliés au beau milieu de l’océan et de tous les dangers, Tom et Eileen auraient donc écrit un dernier message sur leur ardoise tout en ayant l’espoir que quelqu’un remarquerait leur absence et qu’on reviendrait les chercher. Ils seraient morts après une lente agonie, succombant à la noyade ou à une attaque d’animaux marins.

Cependant, les experts affirment que la majorité des requins qui peuplent les eaux d’Australie sont inoffensifs pour l’humain, et que les combinaisons de plongée du couple qui ont été retrouvées ne présentaient pas de signes d’attaque de requin. Mais pour l’australien Benjamin Cropp, réalisateur de documentaire et ancien champion de chasse sous-marine, il est probable que des requins tigres aient pu s’attaquer au couple. Si c’est le cas, il estime que les Lonergan n’auraient pas pu survivre plus de 48 heures en mer.

Si les requins ne sont pas responsables de leur mort, les experts émettent l’hypothèse que les Lonergan aient pu devenir délirant à cause de la déshydratation, ce qui les aurait poussés à se débarrasser de leurs gilets de sauvetage et de leurs réservoirs d’air pour tenter de nager jusqu’au rivage. Ils seraient alors certainement morts d’épuisement ou de déshydratation.

A ce jour, les corps de Tom et Eileen Lonergan n’ont jamais été retrouvés.

Asha Degree : une enfant disparue dans la nuit.

Asha Jaquilla Degree est née le 5 août 1990. Elle est la fille de Harold et Iquilla Degree, elle a également un frère aîné nommé O’Bryant. Harold travaillait en tant que chargeur de quai et Inquilla était une employée pour une société d’instruments de musique. Ils se sont mariés en 1988 et ont rapidement fondé une famille. La famille Degree vit dans le lotissement résidentiel de Oakcrest Drive, situé dans une zone rurale au nord de Shelby, dans l’Etat américain de la Caroline du Nord.

La famille d’Asha était très soudée et également croyante. La petite Asha accompagnait sa famille tous les dimanche pour aller à l’église et elle suivait même des cours pour étudier la Bible. Asha était en quatrième année à la Fallston Elementary School et était considérée comme une élève studieuse, passionnée par les mathématiques et les sciences. Elle était également décrite comme étant mature pour son âge et elle excellait dans le basket-ball. Asha et O’Bryant étaient des enfants relativement indépendants qui avaient pour habitude de rentrer seuls de l’école et de commencer leurs devoirs pendant que leurs parents étaient toujours au travail.

Le 12 février 2000, Asha passe l’après-midi chez sa tante avant de partir pour son entraînement de basket. Mais l’équipe d’Asha perd son premier match de la saison à cause d’une faute qu’elle aurait commise, ce qu’il l’avait beaucoup attristée, mais elle s’en était apparemment vite remise.

Nous sommes le 13 février 2000. Ce jour-là, la famille Degree se rend à l’église pour la messe du dimanche et passe ensuite l’après-midi chez la grand-mère d’Asha qui habitait tout près. La grand-mère a offert à Asha et O’Bryant des bonbons pour la St-Valentin qui avait lieu le lendemain. Lorsqu’ils sont rentrés chez eux, Asha était fatiguée car elle avait fait une soirée pyjama chez sa cousine la veille, elle est donc allée faire une sieste à 18h avant d’être réveillée par l’orage.

Elle serait ensuite allée regarder la télévision avec sa mère et son frère dans le salon, puis elle et O’Bryant sont partis se coucher vers 21h. Au même moment, une panne de courant a éré causée par une voiture qui était rentrée dans un poteau électrique. Vers minuit, Harold Degree rentre du travail et jette un oeil dans la chambre de ses enfants pour vérifier s’ils dorment bien. Ces derniers sont plongés dans le sommeil. Le courant revient aux alentours de 00h30. Harold regarde la télévision puis se couche aux alentours de 2h du matin.

Asha et O’Bryant partageaient la même chambre. Dans la nuit, O’Bryant entend le lit de sa soeur couiner et suppose qu’elle bouge dans son sommeil, ou qu’elle s’est levée pour aller aux toilettes. Il n’y prête donc pas plus d’attention et se rendort rapidement. A 6h30 du matin, Iquilla vient réveiller ses enfants pour qu’ils prennent un bain et se préparent pour l’école. Quand elle rentre dans leur chambre, elle remarque que son fils dort toujours, mais que le lit de sa fille est vide. Iquilla fait le tour de la maison et regarde même dans la voiture pour chercher sa fille, mais Asha est introuvable. Paniquée, Iquilla réveille son mari et appelle la police.

Des policiers aidés de chiens pisteurs arrivent à 6h40 . Malheureusement, à cause de la forte pluie qui était tombée toute la nuit, il fut difficile aux chiens de traquer l’odeur d’Asha. Harold et Iquilla se sont mis à chercher leur fille et à crier son nom dans le quartier. La même journée, la famille, les amis et les voisins des Degree se mirent à fouiller les environs et le pasteur de l’église s’est également rendu au domicile de la famille pour les soutenir. On commença à chercher dans les forêts alentours et des hélicoptères furent appelés pour aider dans les recherches.

La chambre des enfants fut fouillée et on a remarque que le sac à dos d’Asha a disparu, ainsi que ses clés de maison, certains vêtements et un sac à main Tweety Bird. Iquilla affirme que le matin de sa disparition toutes les portes et les fenêtres étaient verouillées, ce qui voudrait donc dire que Asha a bien utilisé ses clés pour sortir et a refermé derrière elle. Les enquêteurs pensent alors à une fugue. Le soir même, la disparition d’Asha fait la une de l’actualité.

Des témoins vont rapidement se manifester à la police. Un automobiliste et un chauffeur de camion affirment avoir vu Asha la nuit de sa disparition, entre 3h45 et 4h du matin. Elle marchait seule dans la nuit et sous la pluie battante, le long de l’autoroute 18, au nord de sa jonction avec l’autoroute 180. La petite fille était vêtue de blanc. L’automobiliste dit avoir fait demi-tour car il lui semblait étrange qu’une enfant si jeune soit dehors à une heure aussi tardive, surtout lors d’une tempête. De plus, l’enfant ne portait pas de manteau, ni de parapluie, ni quoique ce soit pour se protéger du mauvais temps. Mais lorsqu’il s’est approché d’elle, Asha aurait prit peur et se serait enfuie dans les bois qui bordent le long de la route.

Le dernier endroit où Asha aurait été vue.

Il est clair que Asha serait partie de son plein gré cette nuit. Mais pourquoi ? La famille Degree n’était pas une famille à problème et Asha semblait épanouie. De plus, avant sa disparition elle ne s’était pas disputée avec ses parents, ni avec son frère. Au contraire, elle était proche et en bons termes avec tous les membres de sa famille. La police a également souligné l’absence de problèmes qu’Asha aurait pu fuir, même si la disparition volontaire reste l’hypothèse la plus probable. Les Degree décrivent Asha comme très timide et méfiante, et ils ne comprennent pas pour quelle raison elle aurait décidé de partir seule dans la nuit. De plus, la famille ne possédaient pas d’ordinateur car ils craignaient que leurs enfants ne soient en contact avec des prédateurs.

Par la suite, les bois où Asha se serait enfuie ont été fouillés par la police. Des emballages de bonbons, des crayons et une barrette à cheveux Minnie Mouse ont été trouvés dans un cabanon, et les parents ont reconnu la barrette comme appartenant à leur fille. Une levée de fond fut organisée et 5000$ furent récoltés et à donner pour une quelconque information pouvant mener à Asha. Après un an sans que l’enquête n’avance, le 3 août 2001, le sac à dos d’Asha fut retrouvé enterré lors d’un projet de construction au large de la route 18, près de Morganton, à environ 42km au nord de Shelby.

Le sac à dos était recouvert par des sacs de vidange, et à l’intérieur se trouvait le nom et le numéro de téléphone d’Asha Degree. Le territoire fut soigneusement fouillé et des pantalons d’hommes ainsi que des ossements d’animaux furent trouvés. Le sac d’Asha fut emmené au quartier général du FBI pour une analyse médico-légale, mais les tests ne sont à ce jour toujours pas rendus public. 20 ans après, le FIBI a seulement confirmé qu’à l’intérieur du sac se trouvait une copie de McElligot’s Pool, un livre pour enfant écrit par Theodor Geisel, ainsi qu’un t-shirt du groupe New Kids on the Block et la photographie d’une petite fille. Il y avait également les clés de maison d’Asha, certains de ses vêtements et autres objets lui appartenant.

Et bien que le livre provenait de la bibliothèque de l’école d’Asha, les Degree affirment que ce livre et le t-shirt du groupe de musique n’ont jamais appartenus à leur fille. La petite fille sur la photo retrouvée n’était pas Asha, et à ce jour on ne sait toujours pas de qui il s’agit, ni pourquoi cette photo était dans le sac à dos d’Asha. En revanche, les enquêteurs ont pu confirmer que cette petite fille inconnue n’était pas scolarisée dans le même établissement qu’Asha. Sa photo a été rendue publique afin qu’on puisse l’identifier.

Le t-shirt et le livre retrouvés dans le sac à dos d’Asha.
La photo d’une petite fille non identifiée retrouvée dans le sac d’Asha.

Chaque année, la famille Degree organise une marche pour sensibiliser à la disparition d’Asha. Une photo vieillie d’Asha a également été créée pour montrer à quoi elle pourrait ressembler à un âge plus avancé.

En 2015, le FBI et les enquêteurs réexaminent le dossier d’Asha Degree, et en 2016 un nouveau témoignage va mener vers une nouvelle piste. Selon ce témoin, il aurait vu Asha embarquer dans une Lincoln Continental Mark IV vert foncé ou une Ford Thunderbird cette nuit-là, le long de la route 18, près de l’endroit où elle aurait été vue pour la dernière fois. Il précise que la voiture était rouillée au niveau des roues et qu’il y avait deux autres personnes à l’intérieur. En octobre 2018, la police de Cleveland a demandé des informations au public concernant le livre et le tshirt du groupe retrouvés dans le sac d’Asha, déclarant que ces éléments étaient essentiels pour résoudre l’enquête.

Le modèle de voiture dans lequel Asha serait montée le jour de sa disparition.

Néanmoins, sur le site Reddit, les utilisateurs débattent au sujet du témoin qui affirme avoir vu Asha monter dans une voiture la nuit de sa disparition. Pourquoi avoir attendu 16 ans pour parler ? De plus, il précise que la voiture était de couleur verte, or, la nuit, cela reste assez difficile de distinguer correctement la couleur d’une voiture, surtout sur une route mal éclairée comme celle où Asha a été vue. De nombreuses théories ont vu le jour, et l’une d’elle serait que Asha se serait enfuie pour rejoindre quelqu’un, et que cette personne l’aurait enlevée.

A ce jour, la petite Asha est toujours portée disparue et sa famille espère toujours savoir ce qui s’est passé durant cette nuit pluvieuse du 14 février 2000.

Une touriste française disparaît au Japon.

Tiphaine Véron est née le 22 juillet 1982. Cette jeune femme originaire de Poitiers est amoureuse de la culture japonaise depuis plusieurs année, mais elle est également passionnée par la musique et le cinéma. Ses proches la décrivent comme une personne joyeuse et amusante, et ayant un bon contact avec les enfants. Elle travaillait d’ailleurs dans un établissement spécialisé pour enfants handicapés.

Tiphaine Véron

Le 27 juillet 2018, Tiphaine atterrit à l’aéroport international de Tokyo. Cela faisait longtemps qu’elle avait planifié ce voyage, elle était très organisée et avait prévu de passer trois semaines au pays du soleil levant. Elle passe une première nuit dans un hôtel proche de l’aéroport, puis le lendemain elle s’en va pour Nikko, une petite ville de la préfecture de Tochigi, au nord de Tokyo. Elle a pour habitude d’être en contact avec ses proches et d’envoyer des photos.

Mais à partir du 29 juillet, Tiphaine cesse de donner de ses nouvelles. Elle aurait été vue pour la dernière à cette même date vers 10h, alors qu’elle quittait son hôtel, emportant seulement un petit sac avec elle. Elle prévoyait d’aller visiter des temples. Le 30 juillet, c’est le gérant de l’hôtel, ne la voyant pas revenir, qui donne l’alerte. L’ambassade de France au Japon prévient la famille Véron et celle-ci arrive à Nikko le 4 août.

Les dernières images de Tiphaine prises par des caméras de surveillance, avant sa disparition.

On remarque qu’elle a laissé toutes ses affaires dans sa chambre d’hôtel, ce qui montre qu’elle comptait évidemment revenir. La famille s’inquiète d’autant plus que Tiphaine est épileptique. Deux thèses sont alors possibles : la thèse de l’accident, ou celle d’un crime. La police penche pour la thèse de l’accident, car en effet, le 28 juillet 2018, le typhon Jongdari s’est rétrogradé en tempête, ce qui a provoqué des pluies torrentielles qui ont rendu certains chemins dangereux. Et Nikko est une ville exposée aux risques naturels, comme les glissements de terrains. Tiphaine étant partie sans équipement approprié, elle aurait sans doute fait une chute mortelle.

Mais pour la famille de Tiphaine, l’accident ne tient pas. Ils pensent que dans ce cas, on aurait retrouvé des affaires de la jeune femme à certains endroits. Les environs furent fouillés, mais hormis ses affaires restées à l’hôtel, aucun objet appartenant à Tiphaine, ni un quelconque autre indice, ne fut trouvé dans la nature. « L’accident est une piste de confort pour la police », assure Damien Véron, son frère. A son tour, Sibylle, la soeur de Tiphaine, ajoute : « La probabilité que ce soit un accident est de plus en plus minime. Compte tenu des recherches menées par la police et par nous-même, une chute derrière l’hôtel est hautement improbable, l’hôtelier lui-même n’y croit pas. En réalité personne n’y croit, sauf la police ».

Le Shinkyô (« Pont sacré »), le premier endroit que Tiphaine a visité à Nikko.

De plus, Tiphaine avait soigneusement planifié son voyage, et grâce à ses notes qui ont été retrouvées dans sa chambre d’hôtel, on apprend qu’elle prévoyait bien de visiter des musées et des temples le 29 juillet, et non de se rendre sur des sentiers de randonnée. L’hypothèse de la police japonaise reste que Tiphaine aurait sans doute pu tomber dans la rivière qui traverse la ville de Nikko. Mais dans ce cas, comment se fait-il que personne n’ait rien remarqué ? Nikko est une ville touristique très fréquentée, des gens auraient forcément vu quelque chose, surtout en plein jour. De plus, on aurait sûrement retrouvé des effets personnels de Tiphaine aux alentours, ou même son corps échoué quelque part. La famille ne croit pas non plus à une disparition volontaire. Tiphaine était très heureuse à l’idée de faire ce voyage et elle n’avait aucune raison de vouloir disparaître d’elle-même. Et une personne qui prévoit de faire une fugue à l’autre bout du monde ne laisse pas toutes ses affaires et son passeport derrière elle.

En septembre 2018, le parquet de Poitiers ouvre une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. Le 17 octobre 2018, Sibylle Véron interpelle le président Emmanuel Macron accompagné de Shinzo Abe, le premier ministre japonais. Lors d’une entrevue, elle leur explique que l’avocat de leur famille en France n’a toujours pas reçu le dossier judiciaire de la famille, et s’il serait possible que des policiers français puissent être envoyés au Japon. Selon Sibylle, les deux chefs d’Etats se seraient engagés à ce que les deux pays coopèrent.

Malheureusement, l’enquête piétine et la famille se débrouille essentiellement par ses propres moyens. « Pendant plus d’une année, on a fait énormément de choses », explique Damien. « Je suis allé au Japon au moins 5 mois essentiellement pour faire des enquêtes, des recherches sur le terrain, puisque jamais une enquête, des recherches de grande ampleur sur le terrain n’ont été faites, c’est nous qui les avons financées depuis plus d’un an ». Le choc des cultures se fait rapidement ressentir. « Au Japon, il y a ce fameux phénomène des évaporés, ce qui fait que les Japonais, lorsque les gens disparaissent, ils ne cherchent pas leurs disparus ».

La famille a tenté de géolocaliser le téléphone de Tiphaine, mais cette information reste difficile à obtenir tant qu’il n’y aucune preuve tangible que la disparition de Tiphaine soit liée à un crime, et les compagnies de téléphones n’avaient donc pas le droit de donner ces informations à la police japonaise. Mais grâce à l’aide de Xavier Niel, le fondateur de l’opérateur de téléphonie mobile Free, la famille a pu être mise au courant que le téléphone portable de Tiphaine a été coupé de manière assez brutale : soit on aurait arraché la batterie, soit il aurait été cassé.

« Ce que nous pouvons simplement retenir c’est qu’il y a toujours de trop grandes zones d’ombre. Des témoignages contradictoires, des données sur le téléphone toujours manquantes. De même que des doutes persistent sur le visionnage de certaines caméras. Malgré tout ces problèmes, il n’y a plus d’enquête. D’ailleurs un nouveau témoignage n’a pas été vérifié. Comme il n’y a jamais eu de collaboration judiciaire entre la France et le Japon et que l’envoi de policiers français à Nikko ne semble pas intéresser grand monde… nous allons faire tout ce qu’il faut pour en finir avec ces trous noirs. »

La marche organisée pour Tiphaine le 28 juillet 2019

Un an plus tard, le 28 juillet 2019, la famille de Tiphaine se rend de nouveau à Nikko afin d’organiser une marche pour marquer l’anniversaire de sa disparition. Ils en profitent également pour remercier les habitants de Nikko pour leur aide et leur accueil. « On continue à demander leur soutien, on sait qu’on peut compter sur eux. Nous allons continuer à nous battre, ça fait un an qu’on se bat. » déclare Damien Véron. « On n’abandonnera jamais » ajoute Anne Désert, la mère de Tiphaine.

En novembre 2019, l’association « Unis pour Tiphaine » est créée. La famille tient également une page Facebook intitulée Unis pour Tiphaine Véron. A ce jour, ils continuent de lutter pour la retrouver et pour qu’une enquête s’ouvre au Japon.

Tiffany Whitton : disparue dans un parking.

Tiffany Michelle Whitton est née le 30 janvier 1987 à Marietta, dans l’Etat américain de la Géorgie. Ses parents ont divorcé peu de temps après sa naissance et elle a principalement été élevée par sa mère, Lisa Daniels. Lorsqu’elle était petite, Tiffany était décrite comme une enfant dynamique et enjouée. Mais très vite, elle a commencé à montrer un comportement cleptomane et mythomane : lorsque Tiffany avait deux ans, sa mère trouvait souvent dans son coffre à jouets des objets qui ne lui appartenaient pas, et sa fille lui assurait que c’était la garderie qui les lui avait donnés.

Cela ne fit que s’aggraver à l’âge adulte, en plus du fait que Tiffany devenait de plus en plus rebelle. Prévoyant de devenir vétérinaire, elle abandonne finalement ses études au lycée. Alors qu’elle est encore adolescente, elle tombe enceinte et met son enfant à l’adoption. Elle eut un autre enfant en 2008, une fille, et c’est également à cette période qu’elle commença à prendre de la drogue en plus de continuer à voler dans les magasins.

En mars 2011, Tiffany est arrêtée et inculpée pour invasion de domicile. Elle a déclaré qu’elle voulait simplement récupérer de l’argent qui lui avait été volé, et la police a directement soupçonné qu’il s’agissait d’un paiement pour des médicaments que la victime ne lui aurait pas livré. Tiffany se serait également faite quitter par son compagnon de l’époque pour infidélité et virée par sa colocataire Sheila Fuller pour vol.

Tiffany fit un court séjour en prison en 2012. Sa mère Lisa Daniels, qui élevait la fille de Tiffany, tenta de la ramener à la raison en lui posant un ultimatum : tant qu’elle ne se sera pas prise en main, Tiffany n’aura plus le droit de voir de sa fille. A sa sortie de prison, la jeune femme entra dans un centre de désintoxication, et finira par trouver un emploi dans un IHOP à Marietta, en Georgie.

Peu après que sa colocataire l’ait expulsée, Tiffany fit la rencontre d’Ashley Caudle avec qui elle commença une relation amoureuse. Tous deux commencèrent à se droguer ensemble, notamment avec de la méthamphétamine et de l’héroïne, à laquelle Tiffany devint accro. La relation entre Tiffany et Ashley était explosive, la police fut même appelée à cause d’une dispute qui aurait dégénéré dans un motel. Peu après, alors qu’ils s’étaient installés dans un parc à caravanes, ils furent expulsés à cause de leurs bagarres et disputes incessantes.

Ashley Caudle

Les déboires de Tiffany commencèrent à se répercuter à son travail, elle arrivait souvent en retard et se présentait avec des marques d’aiguilles sur ses bras. Elle fut également filmée par des caméras de sécurité en train de voler dans l’IHOP. Lisa Daniels fini par couper tout contact avec sa fille.

Tiffany, Ashley et la fille de ce dernier finirent par s’installer dans une maison à Powder Springs. Dans la nuit du 12 septembre 2013, ils se sont rendus chez un ami, Stephen Weinstein, pour se droguer. Le 13 septembre à 1h du matin, ils se rendirent au Walmart de Marietta où ils firent leurs courses. Sur les caméras de surveillance, nous voyons Tiffany se promener avec son chariot puis enlever des vêtements pour les replacer. Les agents qui visionnaient les images des caméras ont commencé à croire que Tiffany cachaient des vêtements volés, comme elle l’avait déjà fait auparavant.

Les dernières images de Tiffany dans un Walmart

A 2h du matin, Tiffany voulait continuer de faire les courses, mais Ashley lui répondit qu’il devait aller ailleurs. Après que Ashley ait payé ses achats, Tiffany abandonne son chariot et se dirige vers la sortie. C’est à ce moment-là que des agents de sécurité se sont présentés à elle, la soupçonnant d’avoir volé des vêtements. Ashley s’arrête devant les portes de sortie et Tiffany l’appelle sans qu’il lui réponde. Un agent se mit à agripper la sangle de son sac à main, et c’est alors que Tiffany aurait lâché son sac et retiré ses tongs pour courir jusqu’au parking. Ni Ashley ni les agents de sécurité ne la suivirent.

Peu après, Ashley serait sorti du magasin pour chercher Tiffany sur le parking après avoir récupéré le sac à main de la jeune femme. Il n’entra pas dans son camion car il y cachait de la drogue et craignait d’être arrêté. Ne trouvant pas sa compagne, il alla chercher dans les magasins voisins jusqu’au IHOP où elle avait travaillé. L’ancienne colocataire de Tiffany, Sheila Fuller, croisa la route d’Ashley, assis sur le banc extérieur d’un restaurant, seul, à 2h du matin. Ashley lui expliqua qu’il avait perdu la trace de Tiffany, et Sheila lui demanda alors comment il comptait la trouver en restant assis sur un banc. L’homme lui répondit qu’il attendait que des amis devaient venir le chercher.1h30 plus tard, Stephen Weinstein récupéra Ashley en voiture.

Les jours passèrent. La mère de Tiffany n’était pas étonnée de ne pas avoir des nouvelles de sa fille aussi longtemps. Mais la grand-mère de la jeune femme a commencé à sentir que quelque chose ne va pas. « Ma mère a commencé à s’inquiéter« , explique Lisa Daniels. « Elle pensait que quelque chose était arrivé à Tiffany. Je lui ai dit « Enfin, tu la connais. Elle ne nous contactera sûrement pas si elle n’a pas besoin d’aide. » Plus tard, Lisa Daniels dénoncera également le comportement suspect d’Ashley Caudle : « Ca n’a pas de sens qu’il ne sache pas où elle se trouve et qu’il ne l’ai plus jamais revue. Il sait ce qu’il lui est arrivé et il sait où elle est. » En effet, après la disparition de Tiffany, l’homme n’a jamais prévenu la famille de la jeune femme, ni la police. La mère de Tiffany pense que sa fille est allée se réfugier à la voiture d’Ashley après s’être échappée du magasin. Ashley l’aurait rejoins, ils se seraient disputé et il l’aurait tuée. Ou alors, elle aurait fait une overdose et il l’aurait laissée.

Au grand malheur de Lisa, le détective qui traitait l’affaire ne semblait pas prendre cette disparition au sérieux. Compte tenu du passé de Tiffany, il disait que sa fille reviendrait de son plein gré, ou qu’elle recevrait de ses nouvelles lorsqu’elle se fera de nouveau arrêtée. Le cas de Tiffany fut alors réaffecté à un autre détective, Jonnie Moeller, qui a rapidement compris que ce cas avait quelque chose d’inquiétant. Grâce à l’implication de Moeller, quelques mois plus tard, une équipe de travail multi-juridictionnel chargée de l’application des lois sur les drogues a fait une descente dans la maison de Powder Spring. Il y trouvèrent de la méthamphétamine, des seringues usagées, des armes à feu et de la marijuana. Ashley Caudle et huit autres personnes furent arrêtés. La fille de Caudle fut confiée aux services sociaux.

Même s’il n’existe aucune preuve concrète pour accuser Ashley de la disparition de Tiffany, certains éléments font qu’il reste le principal suspect. En effet, dans son premier récit, Ashley déclare avoir essayé de joindre Tiffany sur son téléphone lorsqu’elle s’est enfuie sur le parking. Ce qui n’est pas logique, car il avait avec lui le sac de Tiffany, dans lequel se trouvait son téléphone. De plus, les enregistrements téléphoniques d’Ashley ne montrent aucun appel au numéro de la jeune femme. Mais Ashley met en avant un autre suspect : un ancien petit ami de Tiffany, également accro aux drogues, était resté sur le parking après que Ashley et Stephen Weinstein soient rentrés chez eux, le soir de la disparition. En décembre 2013, la police intervient à 4h du matin à cause de l’homme qui, dans un état psychotique, avait commencé à donner des coups de pieds dans les portes des maisons en hurlant qu’il était poursuivi par des hommes armés qui voulaient venger une femme à qui il aurait fait du mal.

En juillet 2014, un mandat de perquisition est exécuté chez la mère de Caudle, ils fouillèrent à l’aide de chiens renifleurs, mais rien ne fut trouvé en lien avec la disparition de Tiffany. En 2015, Ashley Caudle est condamné pour possessions de drogues et d’armes à feu illégales.

A ce jour, on ne sait toujours pas ce qui est arrivé à Tiffany Whitton, cette nuit du 13 septembre 2013. A chaque anniversaire de la disparition de Tiffany, sa famille et ses proches participent à un lâcher de ballons dans le ciel. Lisa Daniels gère également la page facebook « Find Tiffany Whitton». « Indépendamment de ce qu’elle a pu faire, de son style de vie, elle mérite d’être retrouvée», dit-elle. «Elle est la fille de quelqu’un, la mère de quelqu’un, la sœur de quelqu’un et mérite d’être trouvée. Elle mérite justice. »

Le mystère de l’inconnue d’Isdal.

Nous sommes le 29 novembre 1970 en Norvège. Ce jour là, un père et ses enfants font une randonnée dans la vallée d’Isdal autour du mont Ulriken. Alors qu’ils entrent dans une clairière en plein coeur de la forêt, ils font une terrible découverte. Caché entre les rochers se trouve le cadavre à moitié calciné d’une femme nue. Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, ils découvrent non loin du corps un parapluie, des bouteilles en plastique fondues, une verre, une cuillère en argent, des bouts de vêtements, une bouteille d’alcool, un morceau de plastique endommagé ressemblant à un passeport. Les étiquettes de ses vêtements ont été coupées, le fond des bouteilles en plastique a été gratté, et on trouve également un peu de pétrole sous le corps. Le cadavre dégage une odeur pestilentielle, laissant supposer qu’il se trouve ici depuis plusieurs jours.

Lors de l’autopsie, on constate que la femme a ingéré plus d’une cinquantaine de somnifères dans les heures qui ont précédé sa mort, elle n’aurait jamais eu d’enfants et on constate également la présence d’un bleu dans son cou. Peu après, deux valises appartenant à cette femme sont retrouvées consignées à la gare de Bergen. A l’intérieur se trouve plusieurs lunettes de soleil (sur l’une d’elle on découvre une empreinte digitale concordant avec le corps), une perruque, des cuillères en argent semblables à celle trouvée près du corps, une ordonnance dont la date et le nom du médecin ont été effacés… Un sac provenant du magasin de chaussures Oscar Rørtvedt dans la ville de Stavanger est également trouvé, ainsi qu’un carnet contenant des codes étranges, tel que « 11 M 16 ML ».

Lorsque les enquêteurs se rendent à la boutique de chaussure, le fils du gérant dit qu’il se souvient d’une femme étrangère venue trois semaines plus tôt pour acheter des bottes en caoutchouc bleues, ces mêmes bottes qui ont été trouvées près du cadavre. Il la décrit comme étant une femme de taille moyenne, avec des yeux bruns, des cheveux noirs, de jolies jambes. Il ajoute que la femme semblait hésitante, elle mettait du temps à se décider et ne parlait pas très bien anglais. Ce témoignage va permettre d’établir un portrait-robot.

Portrait robot

Les enquêteurs vont commencer à retracer son parcours en commençant par l’hôtel Saint Svithun, où elle s’est enregistrée sous le nom de Finella Lorck et prétendait venir de Belgique. Par la suite, on découvre qu’entre mars et novembre, cette femme a séjourné dans plusieurs hôtels à travers l’Europe et la Norvège sous différentes identités. Avec ces faux noms, cette perruque et ces mystérieux codes écrits dans le carnet, la police pense avoir affaire à une espionne.

Petit à petit, l’étrange voyage de cette femme prend forme grâce aux témoignages. Elle aurait voyagé en Allemagne, en France, en Suisse, en Suède et en Norvège. Fin octobre, elle aurait prit un avion depuis Paris pour attérir en Norvège, où elle a séjourné à Stavanger, Olso, Trondheim et Bergen. Elle aurait été vue pour la dernière fois le 23 novembre 1970 alors qu’elle quittait l’hôtel Hordaheimen où elle réglait le montant de sa chambre, avant de prendre un taxi pour la mener à la gare de Bergen où ses valises furent retrouvées.

Le personnel de l’hôtel la décrivit comme une femme ayant entre 30 et 40 ans, environ 1m64, bronzée, des hanches larges. Ils précisent qu’elle sortait rarement de sa chambre, qu’elle avait une mine sombre et semblait méfiante. Les témoins qui ont croisé sa route à travers son voyage ont rapporté qu’elle parlait plusieurs langues, dont l’allemand, le français, l’anglais et le néerlandais. Elle prétendait être née entre 1943 et 1945, et selon où elle se trouvait elle disait soit qu’elle voyageait, soit qu’elle rendait visite à de la famille. Elle disait à qui voulait l’entendre qu’elle était décoratrice, secrétaire ou antiquaire. Des employés disent l’avoir vu parler à des hommes dans plusieurs langues. Des analyses de son écriture nous apprennent également qu’elle aurait pu être scolarisée en France ou en Belgique.

La gare de Bergen, où les valises de l’inconnue furent retrouvées.

Pour en revenir au pourquoi du comment, on pense d’abord à un suicide à cause de tous ces somnifères retrouvés dans son organisme. Mais tous les enquêteurs ne sont pas convaincus. Plusieurs théories voient le jour. Dans le contexte de l’époque où on était en pleine guerre froide, et à en juger par ses fausses identités et faux passeports, on pense que cette femme était bien une espionne. De plus, ses déplacements correspondent à des essais de missiles norvégiens top-secrets, et un témoin affirme l’avoir aperçue en train d’observer des essais militaires à Stavanger. De plus, entre les années 1960-1970, la Norvège a connu diverses disparitions mystérieuses à proximité d’installations militaires.

 « Personnellement, je suis convaincu qu’il s’agit d’un meurtre. Elle avait plusieurs identités, elle utilisait des codes, portait des perruques, voyageait de ville en ville, et changeait d’hôtel après quelques jours. C’est ce que les policiers appellent un comportement conspirateur. De plus, ses voyages en Europe ont dû lui coûter de l’argent. Où a-t-elle trouvé cet argent si personne ne lui fournissait ? » déclare Knut Haavik, un reporter local spécialisé dans le crime.

32 ans plus tard, soit en 2002, un témoignage d’un homme fait surface : le 24 novembre 1970, alors âgé de 26 ans, il était en train de faire une randonnée dans la vallée d’Isdal. C’était en fin d’après-midi et il commençait à faire sombre. Il aurait alors croisé la route d’une femme habillée d’une manière inadaptée pour une randonnée en montagne. Elle semblait terrifiée et était suivie de près par deux hommes en noir d’apparence étrangère. Après la découverte du corps, ce témoin a reconnu la femme sur le portrait-robot mais un policier lui aurait dit : « Oubliez-la, elle a été liquidée. L’affaire ne sera jamais résolue ».

A ce jour, on se pose encore beaucoup de questions sur son existence, mais la théorie la plus plausible reste celle d’une espionne oeuvrant dans le contexte de la guerre froide. Cette femme qu’on appelle désormais l’Inconnue d’Isdal est enterrée le 5 février 1971 au cimetière de Møllendal à Bergen, sous une pierre tombale sans nom et dans un cercueil qui ne se décompose pas, afin que le mystère sur son identité puisse être percé un jour.

L'affaire Natalee Holloway : disparue en voyage scolaire.

Natalee Ann Holloway est née le 21 octobre 1986 à Clinton, dans l’Etat américain du Mississippi. Ses parents sont David et Elizabeth Holloway, et elle a un frère cadet nommé Matthew. Alors que Natalee est encore enfant, ses parents divorcent et sa mère se remarie à un certain George Twitty. Par la suite, la famille déménage dans l’Alabama au début des années 2000, s’installant dans la ville de Mountain Brooks.

Natalee était considérée comme une élève brillante et populaire. Elle excellait dans ses activités extrascolaires et avait beaucoup d’amis. Elle fut diplômée du lycée de Mountain Brooke en mai 2005. Elle réussit à décrocher une bourse grâce à ses excellentes notes et comptait intégrer l’université d’Alabama afin de suivre des études de médecine. Pour fêter leurs diplômes, Natalee et d’autres élèvent avaient prévu de faire un voyage scolaire sur l’île d’Aruba. Le 26 mai 2005, c’est plus de 100 élèves et 7 accompagnateurs qui arrivent à Aruba.

Natalee (à gauche) avec des amies

Les adolescents faisaient la fête et consommaient beaucoup d’alcool. Tout le monde passait un bon moment et les étudiants menaient parfois la vie dure à leurs accompagnateurs qui ne pouvaient pas toujours surveiller leurs faits et gestes. Plus tard, l’organisateur de ce voyage scolaire a avoué que personne ne surveillait réellement les étudiants.

La veille du départ, les étudiants voulurent profiter de leur dernière soirée sur l’île, et après le dîner ils se sont rendu dans un bar nommé Carlos’n’Charlie. Au cours de la soirée, Natalee fit la connaissance de Joran van der Sloot, un étudiant hollandais de 17 ans, ainsi que ses deux amis, les frères Deepak et Satish Kalpoe, âgés de 21 et 18 ans. C’est avec eux que Natalee sera vue pour la dernière fois, alors qu’elle quittait le bar pour monter dans une voiture en leur compagnie.

Le lendemain, les élèves et les accompagnateurs sont en route pour prendre leur vol de retour, mais ils remarquent rapidement l’absence de Natalee. L’hôtel où séjournait la jeune femme fut fouillé, et on découvre que ses affaires, sa valise et son passeport étaient toujours dans sa chambre.

Les autorités d’Aruba commencèrent d’importantes recherches, et lorsque les parents de Natalee furent prévenus de la disparition de leur fille ils s’envolèrent immédiatement pour l’île. Le gérant du bar avertit les parents de Natalee de l’identité des trois hommes avec qui leur fille était partie, et les policiers se rendirent directement chez Joran Van der Sloot. Au début, Joran va nier connaître Natalee. Puis il va dire qu’il avait déposé Natalee à son hôtel vers 2h du matin cette soirée là, après avoir été faire un tour sur la plage. Selon lui, Natalee était ivre et lorsqu’il l’avait déposée à son hôtel, elle était tellement saoule qu’elle serait tombée en sortant de la voiture. Elle se serait ensuite faite approcher par un homme en costume noir, semblable à un agent de sécurité, et comme ils semblaient bien s’entendre, Joran et les frères Kalpoe partirent.

Joran Van der Sloot

Le 9 juin 2005, Joran et les frères Kalpoe sont placés en détention provisoire. Joran a rapidement changé sa version des faits et a expliqué qu’après être parti du bar, il aurait emmené Natalee sur une plage, et qu’il aurait ensuite quitté les lieux en laissant Natalee seule. Il ajoute qu’il n’avait pas osé l’avouer dès le début car il se sentait honteux de l’avoir abandonnée. Le jardinier du Racquet Club va apporter un témoignage : il dit avoir vu Joran et les deux frères en train de conduire en direction de son club ce soir-là entre 2h30 et 3h30, et que Joran essayait de cacher son visage. Un autre témoin affirme avoir vu les trois garçons en train d’enterrer une fille blonde dans les dépotoirs de l’île d’Aruba. Les lieux furent fouillés à l’aide d’un chiens de cadavre mais sans succès. La police a pu obtenir un mandat pour fouiller le domicile de Joran, mais rien ne fut trouvé.

Un ruban adhésif fut alors trouvé dans un dépotoir avec des cheveux blonds collés dessus, mais après des tests ADN; il est révélé qu’il ne s’agissait pas de Natalee. Le 3 septembre 2005, les trois garçons sont libérés, faute de preuves. Le 14 septembre, la cour d’appel des Antilles néerlandaises et d’Aruba supprime toutes leurs restrictions. Joran est ensuite rentré aux Pays-Bas.

Par la suite, Joran donnera plusieurs interviews. Dans l’une d’elles, il changera à nouveau sa version des faits. Il dira que lorsqu’il se trouvait sur la plage avec Natalee, ils se seraient embrassé et elle aurait voulu avoir des relations sexuelles. Joran aurait refusé et lui aurait dit qu’il devait partir car il avait cours le lendemain. Les frères Kalpoe seraient venus le chercher et il aurait laissé la jeune femme seule sur la plage. Mais Joran et les frères Kalpoe ne se mettent pas d’accord sur la version de l’histoire. Le 17 mai 2006, Guido Wever, le fils d’un ancien politicien d’Aruba, est arrêté et soupçonné de complicité d’enlèvement et du meurtre de Natalee Holloway. Il sera interrogé pendant six jours, puis relâché après un accord entre le procureur et son avocat.

Grâce à des micros cachés, un journaliste réussit à avoir une autre version sur ce qui s’est passé la nuit de la disparition de Natalee. Joran confessa que lorsqu’il se trouvait sur la plage avec Natalee, la jeune femme aurait commencé à être prise de convulsions et elle serait décédée. Ayant peur d’être accusé de meurtre, il aurait appelé un ami qui lui promettait d’arriver très vite pour venir cacher le corps, et Joran serait alors rentré chez lui.

En novembre 2008, Joran déclare à Fox News que Natalee avait été vendue comme esclave sexuelle et qu’elle se trouvait au Venezuela, mais il se rétracte assez vite. En mars 2010, Joran prend contact avec l’avocat des Holloway et propose de leur dire où est caché le corps de la jeune femme en échange d’une somme de 250 000 $. Mais les enquêteurs vont se rendre compte que les informations fournies par Joran sont fausses et il sera inculpé pour fraude et extorsion de fonds.

Le 30 mai 2010, Joran van der Sloot est à nouveau au coeur d’une affaire ; une étudiante de 21 ans, Stephany Tatiana Flores Ramirez, est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel au nom de Van der Sloot. Le 7 juin 2010, Joran avoue avoir tué la jeune étudiante après qu’elle ait compris qu’il avait un lien avec la disparition de Natalee Holloway. Le 11 janvier 2012, Joran van der Sloot plaide coupable pour le meurtre de Stephany Ramirez et est condamné à 28 ans de prison.

Le père de Natalee Holloway a publié un livre : « Aruba : The Tragic Untold Story of Natalee Holloway and Corruption in Paradise» dans lequel il relate l’enquête pour retrouver sa fille. Un téléfilm basé sur le livre d’Elizabeth Holloway (« Living Natalee») nommé « Natalee Holloway : la détresse d’une mère » est diffusé pour la première fois sur la chaîne Lifetime Movie Network en 2009. En 2011 est diffusée la suite « Natalee Holloway : justice pour ma fille». Depuis le 12 janvier 2012, Natalee est déclarée comme officiellement décédée, et son corps n’a jamais été retrouvé.

Susan Powell : la disparition d’une mère de famille.

Susan Cox Powell

Susan Cox est née le 16 octobre 1981 dans l’Oregon aux Etats-Unis. Elle était la fille de Chuck et Judy Cox et elle faisait partie d’une fratrie de quatre filles. Les Cox étaient des pratiquants mormons et Susan a toujours démontré une grande implication dans sa foi. Au sein de l’église, Susan s’était fait pleins d’amis et elle était décrite comme ayant une personnalité attirante, drôle et soucieuse des autres. Elle était également très proche de ses parents et de ses soeurs. Ensemble ils formaient une famille soudée.

A l’âge de 19 ans, Susan rencontre Joshua Powell, né en 1976, au sein de l’église des mormons. Il faisait parti d’une famille de cinq enfants et également mormons, mais contrairement à Susan la vie de famille de Joshua était plus chaotique. Ses parents, Steve et Terrica, étaient en conflit permanent et avaient eu un divorce houleux. De plus, Terrica avait reproché à Steve sa renonciation à la religion mormone et l’avait accusé d’avoir partagé de la pornographie à leurs enfants. Tout cela avait fortement perturbé Joshua qui avait fait une tentative de suicide. Après le divorce, Steve Powell a obtenu la garde de trois de ses cinq enfants, dont Joshua.

Joshua était déjà connu par la famille Cox car il avait eu une courte relation avec l’une des soeurs de Susan. Cette dernière avait prévenu Susan du comportement bizarre et agaçant de Joshua, mais cela n’a pas empêché le jeune couple de se marier en 2001.

Joshua et Susan à leur mariage

Après leur mariage et pour cause de problèmes d’argent, Susan et Joshua ont habité quelques temps chez Steve Powell, le père de Joshua. A ce moment-là, les choses ont commencé à s’envenimer car Steve ne cachait pas son attirance obsessionnelle pour sa belle-fille. Il la filmait et la prenait en photo à son insu, il lui volait des sous-vêtements, il lui avait même fait une déclaration d’amour et avait déjà tenté de l’embrasser. Malgré les nombreux refus de Susan, Steve était persuadé que la jeune femme partageait ses sentiments.

En 2003, le couple a pu s’acheter une maison à West Valley City dans l’Utah et ainsi s’éloigner de Steve Powell. Susan a rapidement trouvé un emploi en tant qu’esthéticienne. Joshua, qui avait un baccalauréat en affaires, avait du mal à garder un emploi à cause de ses nombreuses querelles avec ses collègues et patrons.

Dans l’Utah, Susan s’est rapidement fait de nouveaux amis à qui elle confiait ses problèmes de couple. En effet, si Susan était une épouse douce et attentionné, Joshua était plus distant. Le couple se disputait à cause du comportement de Joshua et son refus d’assister aux événements religieux ou aux réunions de famille, ce qui blessait Susan. De plus, Joshua gardait un contact continu avec son père, malgré les avances de celui-ci envers sa femme. En 2005, Joshua et Susan ont accueillit leur premier enfant, un petit garçon nommé Charles, surnommé Charlie. Puis en 2007 est né leur deuxième fils, Braden.

Joshua, Susan et leurs enfants

Rapidement Joshua a commencé à se montrer contrôlant et agressif envers sa femme. Il avait arrêté toute forme d’affection, il contrôlait le salaire de Susan et l’argent qu’elle dépensait. Avec la naissance des enfants, le couple, qui ne roulait pas sur l’or, a commencé à avoir des problèmes financiers. La famille vivait exclusivement du salaire d’esthéticienne de Susan, Joshua n’arrivant pas à trouver un emploi stable.

Joshua a commencé à interdire à Susan de prendre la voiture pour aller travailler car l’essence leur coûtait trop cher. Il obligeait Susan à utiliser un vélo pour aller au travail, lui faisant faire plusieurs kilomètres. De plus, pour économiser davantage, Joshua avait également obligé Susan à s’occuper d’un potager chez eux afin de ne plus payer les légumes. Susan gérait tout à la maison, sans aucune aide de la part de son mari.

Susan commençait à sérieusement envisager le divorce, mais Joshua avait fait pression sur sa femme en lui disant qu’il lui rendrait la vie impossible si elle décidait de se séparer. En 2008, sur les conseils d’un avocat, Susan filme ses possessions ainsi que les dommages matériels provoqués par Joshua. Elle a ensuite commencé à mettre de l’argent sur un compte à part et a écrit un testament secret où elle déclarait : « Je veux documenter quelque part qu’il y a beaucoup de problèmes dans mon mariage. […] Si je meurs, ce n’est pas peut-être pas un accident, même si ça y ressemble. Prenez soin de mes garçons. Je veux que mes parents Chuck et Judy Cox soient très impliqués et qu’ils soient en charge de Charlie et Braden. […] »

Le matin du 7 décembre 2009, la mère et la soeur de Joshua ont prévenu la police car elles avaient été informées que Charlie et Braden n’avaient pas été emmenés à la crèche, et ni Joshua ni Susan ne répondaient au téléphone. Il venait d’y avoir une tempête de neige et ils craignaient que la famille ait succombé à un empoisonnement au monoxyde de carbone chez eux.

Lorsque les policiers sont entrés dans la maison qui était vide, ils ont remarqué un détail intriguant : deux ventilateurs étaient en marche et pointaient vers le canapé. Susan avait également laissé son sac à main et elle ne s’était pas présentée à son travail. Il n’y avait aucun signe de violence ou d’effraction dans la maison, ce qui laissait supposer que les Powell n’avaient pas été victimes d’une intrusion.

La même journée vers 17h, Joshua est rentré chez lui avec ses fils et a tout de suite été emmené au poste de police afin d’être interrogé. Joshua explique qu’il était partie avec ses garçons faire du camping pendant que Susan était restée à la maison. Cela n’avait aucun sens. Qui irait faire du camping avec ses enfants de 4 ans et 2 ans en pleine tempête de neige ? Le 9 décembre, de microscopiques traces de sang appartenant à Susan sont retrouvées dans la maison.

Les microscopiques traces de sang

Le comportement de Joshua devenait de plus en plus suspect. Il avait liquidé les comptes de retraite de Susan, avait retiré ses enfants de la garderie, et selon des collègues de travail Joshua aurait parlé sur la manière de cacher un corps dans le désert de l’Utah. Le fils aîné, Charlie, fut interrogé par la police. Le garçon confirme le voyage pour aller faire du camping. Mais contrairement à Joshua qui prétendait que Susan était restée à la maison, Charlie affirme que Susan était partie avec eux et qu’elle n’était pas revenue. Autre fait troublant, à la garderie, Braden avait fait un dessin représentant une voiture avec trois personnes à l’intérieur, en disant que sa mère se trouvait dans le coffre.

Les policiers fouillèrent la voiture de Joshua, et ils y trouvèrent une scie circulaire, des couteaux, une boîte de gants en latex, une pelle, un générateur électrique. Les policiers voulurent alors fouiller les téléphones portables de Joshua et Susan, mais Joshua avait prit soin de retirer les cartes sim. Peu après, des voisins affirment avoir vu Joshua nettoyer sa voiture de fond en comble en pleine nuit.

Les policiers réussirent à obtenir un mandat pour fouiller la maison et Joshua fut à nouveau interrogé. A aucun moment Joshua ne semblait préoccupé par l’enquête ni par la disparition de sa femme. Les enquêteurs firent part à Joshua des déclarations troublantes de ses fils à propos de Susan, ils lui confirmèrent qu’il était le principal suspect dans l’affaire.

Une voisine des Powell nommée Gionvanna contacta les policiers pour apporter un témoignage. Le dimanche avant la disparition de Susan, Giovanna avait passé l’après-midi avec la mère de famille, et affirme que ce jour-là Joshua avait un comportement totalement différent que d’habitude. Il était particulièrement serviable et avait même fait des crêpes pour les servir à Susan, Giovanna et les garçons. Après avoir mangé les crêpes, vers 16h30, Susan aurait commencé à se sentir mal. Le lendemain, Susan avait disparue.

Il est rapporté que quelques mois avant sa disparition, Susan avait déjà commencé à se sentir malade. Elle était très fatiguée et avait beaucoup de nausées. Elle pensait être enceinte et avait donc fait plusieurs tests qui s’étaient révélés négatifs. A ce jour, on ne sait toujours pas avec certitude ce qui a pu rendre Susan malade à ce point, mais tout porte à croire que Joshua essayait de l’empoisonner.

L’histoire de Susan fut rapidement très médiatisée et Joshua fini par engager un avocat ainsi qu’un expert en relation publique. Le 6 janvier 2010, Joshua est revenu chez lui avec son frère Michael pour l’aider à déménager. Un ami du couple qui a également aider Josh à emballer ses cartons de déménagement affirme que Josh lui aurait dit en plaisantant : »Attention je viens juste de pacter la tête de Susan. » Et lorsqu’il y avait des traces dans la maison, il disait sur le même ton : « Attention au sang de Susan. »

Joshua a fini par arrêter de coopérer avec la police. Il refusa de se soumettre au détecteur de mensonge et n’a jamais voulu révéler l’endroit exact où il est allé soit-disant camper.

Pendant les recherches, Joshua et son père Steve ont créer un site internet afin d’aider à retrouver Susan, où ils spéculaient que Susan s’étaient enfuie avec Steven Koecher, un mormon de 30 ans ayant disparu la même semaine que Susan. Joshua amenait des théories comme quoi Susan s’était enfuie pour abandonner sa famille et qu’elle avait des problèmes psychologiques, ce qui était faux. A ce moment là, des tensions ont commencé à se créer entre les Cox et les Powell.

L’enquête s’est étendue jusqu’à Steve Powell que les policier soupçonnaient d’avoir un lien avec la disparition de Susan. Ils ont obtenu un mandat pour fouiller sa maison et on découvert sept journaux intimes dans lequel Steve écrivait à quel point il était obsédé par Susan. Sur son ordinateur ont été retrouvées plus de 4500 photos de Susan prises à son insu. Michael Powell, le frère de Joshua, a également attiré l’attention des policiers après qu’il ait vendu sa voiture à un chantier de démolition dans l’Oregon et acheté des images satellites pour voir si on avait déjà détruit sa voiture. Les policier sont allés sur le chantier avec un chien renifleur qui s’est directement dirigé vers la voiture de Michael, indiquant qu’un corps humain en décomposition s’y trouvait auparavant.

Michael Powell a été interrogé plusieurs fois, mais il semblait évasif sur les raisons pour lesquelles sa voiture se trouvait à la décharge. Les policiers ont commencé à penser que Michael était le complice de Joshua, et qu’il avait aidé son frère à se débarrasser du corps.

En septembre 2011, Steve Powell est arrêté et condamné pour voyeurisme et pornographie juvénile après avoir trouvé plusieurs photos et vidéos de femmes et jeunes filles mineures, en plus de celles de Susan. Peu après, les services sociaux ont pu retirer la garde de Charlie et Braden à Joshua, et les confier à Chuck et Judy Cox. Joshua obtient le droit de visiter ses enfants deux fois par semaine sous la supervison d’une assistante sociale.

Le 5 février 2012, l’assistante sociale Elizabeth Griffin a conduit Charlie et Braden chez Joshua pour la visite supervisée. A peine les garçons sont-ils allés vers leur père que Joshua a saisit ses fils et s’est enfermé dans la maison avec eux. Elizabeth a toqué plusieurs fois à la porte et rapporte avoir entendu Charlie appeler à l’aide. Directement, elle appelle le 911.

A 12h16, avant que les secours n’aient le temps d’arriver, la maison de Joshua explose.

La maison de Joshua après l’explosion.

Après une enquête brève, il est confirmé que l’explosion a été délibérément planifiée lorsqu’on a découvert dans la maison plusieurs bidons d’essence renversés. Le coroner a noté que les enfants avaient d’importantes blessures au cou et à la tête, et une hache a été trouvée près du corps de Joshua, laissant supposer qu’il aurait attaqué ses enfants avant de succomber à une intoxication au monoxyde de carbone.

Charlie et Braden reposent au cimetière Woodbine dans l’Etat de Washington, près d’un mémorial dédié à leur mère, tandis que Joshua a été incinéré.

En février 2013, Michael Powell se suicide en sautant du toit d’un parking. Le 21 mai 2013, la police annonce qu’elle arrête les recherches du corps de Susan. Steve Powell a été libéré de prison en juillet 2017 et est décédé de causes naturelles l’année suivante.

A ce jour, le corps de Susan n’a jamais été retrouvé.

L’affaire Lucas Tronche : volatilisé dans la nature.

Lucas Tronche est né le 18 avril 1999. Il était le fils cadet d’une famille de trois enfants et vivait à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard, situé dans le sud de la France. Ses proches le décrivent comme un garçon joyeux, amusant, sociable, ayant beaucoup d’amis. Il était également bon élève et souhaitait devenir vétérinaire. Lucas pratiquait la natation, le badminton et également le scoutisme depuis plusieurs années.

Le mercredi 18 mars 2015, Lucas doit se rendre à un cours de natation avec son frère aîné Valentin. Au moment de partir, Lucas dit à son frère de partir avant lui car il doit refermer la porte derrière, et qu’il le rejoindrait à l’arrêt de bus. A 17h30, ne voyant pas arriver son frère, Valentin essaie de le contacter sur son portable mais le téléphone de Lucas est éteint. 

Vers 20h, lorsque Nathalie vient chercher ses fils à l’arrêt de bus qui les ramène de la piscine, elle remarque que Valentin est seul. Elle lui demande où est Lucas, Valentin lui réponds qu’il n’est pas venu à la piscine et qu’il est donc resté à la maison. Nathalie comprend immédiatement que quelque chose ne va pas, car cela faisait 2h qu’elle était à la maison et il n’y avait personne d’autre qu’elle-même. 

Les parents de Lucas pensent d’abord qu’il a eu un accident. Ils font des recherches autour de chez eux et appellent les urgences pour savoir si leur fils était hospitalisé. Ils contactent ensuite les amis de Lucas qui disent n’avoir aucune nouvelle de lui. La police est finalement prévenue et une enquête pour disparition inquiétante est ouverte dans la soirée du 18 mars.

Lucas et sa mère Nathalie

En premier lieu, la disparition de Lucas est vue comme un départ volontaire. En effet, il était parti avec un sac à dos, mais avait laissé ses affaires de piscine ainsi que ses affaires de survie en tant que scout (sac de couchage, couteau…) et n’avait pas prit d’argent ni ses papiers. On sait seulement qu’il serait parti en doudoune et en pull. Lucas n’avait pourtant pas le profil d’un fugueur. C’était un garçon équilibré et sans histoires, il était proche de sa famille et n’aimait pas les décevoir. Le 30 mars, le parquet de Nîmes ouvre une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. 

Les enquêteurs s’intéressent au téléphone portable de Lucas. Le jour de sa disparition il serait allé plusieurs fois sur l’application Snapchat, dont les messages s’effacent mais dont les serveurs conservent une trace. Une commission rogatoire a été lancée aux États-Unis pour pouvoir accéder aux conversations et échanges que Lucas avait eu sur cette application, mais rien d’anormal fut trouvé, ni sur son ordinateur ou sa tablette.

A l’évidence, Lucas avait parlé à quelqu’un via Snapchat avant de disparaître ce 18 mars 2015. Au lieu d’aller à la piscine ce jour-là il comptait manifestement se rendre à un rendez-vous avec cette personne. 

Plusieurs témoins disent avoir vu Lucas le jour de sa disparition. Une femme assure l’avoir aperçu entre 17h15 et 17h30 ce 18 mars, au chemin du Saduran, se dirigeant du côté des vignes. Le 19 mars, une autre femme affirme avoir vu un adolescent tout près de sa ferme, vers midi, qui portait une doudoune bordeaux. Faisant le rapprochement avec l’affaire Lucas, elle prévient la police qui arrive avec un chien de recherche. Le chien va marquer une trace à 1km en direction du nord avant de s’arrêter à cause de la fatigue.

Le même jour en fin d’après-midi, Rachid, un ami de la famille accompagné d’un groupe de bénévoles, voit une silhouette semblable à celle d’un adolescent se tenant assise sur le sommet du piton rocheux. La distance ne permet pas de confirmer qu’il s’agisse de Lucas. Rachid l’appelle : « Lucas ! Lucas ! ». Pas de réponse. Rachid et les bénévoles s’approchent du piton, et soudainement, la silhouette se met debout et disparaît. 

Le piton rocheux

Le 23 mars vers 10h30, une équipe de bénévoles aurait aperçu une silhouette se tenant sur les hauteurs de Saint-Gervais. La personne se tenait de profil, portait des vêtements sombres et regardait un groupe de travailleurs dans les vignes. Mais le temps que les bénévoles parviennent à la rejoindre, la personne avait disparue dans les bois. Un chien de police va marquer une piste à cet endroit, laissant supposer qu’il pouvait s’agir de Lucas. 

Un peu plus tard, un motard affirmera avoir vu Lucas aux alentours de 17h10-17h30 le 23 mars. Il portait un sac à dos et marchait vers le lieu-dit Esbrezun en direction de la colline. A ce moment-là le motard ne sait pas que Lucas est recherché, c’est donc deux jours plus tard en voyant un avis de recherche qu’il va contacter les parents de Lucas. L’homme fera une description très précise du jeune garçon. La zone sera fouillée par un chien et un hélicoptère, mais sans succès.

Le 28 mars, un père et sa fille disent avoir aperçu Lucas au magasin Cultura du Pontet, dans le Vaucluse. Il aurait été en compagnie d’une femme d’âge mûr, entre 45-50 ans. Mais les vérifications n’ont rien donné.

En octobre 2015, les parents de Lucas commencent à recevoir des lettres anonymes d’une personne affirmant que Lucas va bien et qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter. Les enquêteurs parviendront à identifier cette personne, il s’agissait d’un homme de 57 ans, mythomane, qui n’avait rien à voir avec la disparition de Lucas. En décembre 2016, la police nationale lance un portrait robot pour retrouver un témoin qui aurait été aperçu à proximité de la maison de Lucas le jour de sa disparition. 

En janvier 2018, Nordahl Lelandais, l’assassin de la petite Maëlys de Araujo, sera soupçonné d’être impliqué dans la disparition de Lucas, Lelandais ayant de la famille habitant proche de Bagnols-sur-Cèze et s’étant rendu plusieurs fois dans le Gard. Mais l’analyse du bornage de son mobile prouvera que Lelandais se trouvait en Isère au moment des faits et il est donc écarté de l’enquête.

Finalement, le 17 octobre 2018, le témoin recherché depuis deux ans est retrouvé à Bagnols-sur-Cèze et placé en garde à vue pour être interrogé par les enquêteurs. Mais rien n’a pu prouver qu’il avait un lien avec l’affaire.

EDIT 08/07/2021

Le 7 juin 2021, l’émission Appel à témoins est diffusée pour la première fois sur la chaîne M6. La famille de Lucas y participe pour parler de la disparition de l’adolescent, accordant un regain d’attention à l’affaire. Peu après, la juge d’instruction en charge du dossier de Lucas ordonne de nouvelles recherches, ce qui conduira, le 24 juin 2021, à la découverte d’un sac à dos et d’ossements situés dans un lieu difficile d’accès, sur le versant d’une falaise où la végétation est particulièrement dense. Peu après, un téléphone portable sera retrouvé au même endroit avec des bouts de vêtements et les restes d’une montre. Le 8 juillet 2021, après des examens médico-légaux, le procureur de Nîmes confirme qu’il s’agit bien des ossements de Lucas Tronche.

Un non-lieu est ordonné en janvier 2023 par la juge d’instruction du tribunal de Nîmes. A ce jour, on ne sait toujours pas ce qui a pu causer la mort de l’adolescent.