Marion Wagon : portée disparue depuis 22 ans.

Née le 3 août 1986, Marion Wagon était la cadette d’une fratrie de trois enfants. C’était une petite fille joyeuse et souriante, mais aussi indépendante car elle allait à l’école toute seule.

Marion Wagon

Tout commence à Agen, le 14 novembre 1996. Il est environ midi lorsque Marion, 10 ans, quitte son école pour rentrer manger chez elle. Marion habite à seulement quelques minutes de l’école.

A 12h25, ses parents s’inquiètent car ils ne la voient toujours pas arriver. Ils envoient le frère et la soeur de Marion la chercher, mais ils ne la trouveront pas. A 12h45, ils préviennent la police. Les premières investigations débutent. Dès 13h les policiers parcourent les rues à la recherche d’indices et de témoins. A 17h, une équipe de cynophile fouille les halls d’immeuble et les caves.

Les jours suivants, les recherches se poursuivent. Ce sont des gendarmes et des militaires du 48ème Régiment de transmission, ainsi que près de 20 000 chasseurs qui fouillent les bois et les campagnes. Très vite, la disparition de Marion est jugée comme inquiétante. Une information judiciaire est alors ouverte pour enlèvement par le parquet d’Agen. Des affiches montrant le visage de la petite fille sont collées et distribuées partout, dans les commerces, lieux publics, péages, et même sur des packs de lait. Une première en France. Jusqu’à 1 million de portraits de la fillette seront diffusés dans le pays et à l’étranger.

Le 2 décembre, toujours sans aucune piste, les parents de Marion, Michel et Françoise Wagon, parlent aux journalistes : « Si quelqu’un la retient, nous le supplions de nous rendre notre enfant. Je lance aussi cet appel à toute personne qui pourrait nous aider à retrouver notre petite fille Marion. »

Michel et Françoise Wagon

Le 14 janvier 1997, une opération Ruban Blanc est organisée, ce qui relance l’attention des médias sur l’affaire. En février, à l’initiative de La Mouette et d’Orphelins sans Frontières, des associations européennes pour la défense de l’enfance se réunissent à Agen afin de discuter d’une collaboration transfrontalière. 

En avril, un homme connu des services de police est arrêté et placé en garde à vue. Le 14 novembre 1996, l’homme aurait demandé, à travers les ondes des cibistes, une route discrète pour se rendre à Agen. Mais il sera finalement relâché, faute de preuve. Un mois plus tard, le canal latéral à la Garonne est vidé sur 14 kilomètres, et pendant une semaine les plongeurs de la brigade nautique et la gendarmerie procèdent à des nouvelles recherches. 

En juillet, une touriste en vacances en Martinique assure avoir parlé à une petite fille qui disait s’appeler Marion Wagon et qu’elle souhaitait rentrer chez elle. Mais peu après, un autre témoin affirme l’avoir aperçue sur une plage en Espagne. Malgré que des milliers de personnes aient été entendues, l’enquête reste au point mort.

Début 1998, un faux détective se présente aux parents de Marion. Il prétends savoir où se trouve leur fille et leur réclame 30 000 francs pour pouvoir aller la chercher. Il sera interpellé et condamné à deux ans de prison ferme. En mai de la même année, les gendarmes de la cellule Marion éditent un portrait vieilli de la fillette.

Portrait vieilli de Marion

En 2003, un rebondissement a lieu dans l’enquête : un travesti toulousain se faisant surnommé « Djamel » affirme avoir vu Marion dans des soirées organisées par le tueur en série Patrice Alègre. Ce témoignage s’avère être une fausse piste, et l’homme est mis en examen. Pendant un temps, le pédophile Michel Fourniret fut soupçonné d’être responsable de la disparition de Marion et les gendarmes firent des investigation, mais Fourniret sera finalement écarté de l’affaire.

En 2013, l’affaire des séquestrées de Cleveland aux Etats-Unis, qui concerne trois jeunes femmes enlevées en 2002 et retrouvées vivantes en mai 2013 redonne de l’espoir aux parents de Marion, ainsi qu’à Annie Gourgues, présidente de l’association La Mouette, qui suit de près l’affaire de Marion depuis le début. 

En novembre 2016, à l’initiative de l’association La Mouette, des pins et des enveloppes à l’effigie de Marion sont distribués à Agen, pour rappeler de ne pas oublier la petite fille même 20 ans après. Une marche silencieuse sera également organisée le 14 novembre 2016. Les parents de Marion ne participèrent pas à cette marche silencieuse, préférant s’isoler durant cette période difficile. Mais ils restent très touchés de toute cette mobilisation autour de leur fille : « Tous les messages de sympathie, toute cette solidarité qui s’est créée autour de Marion, les mots de réconfort, les petits signes, les petits gestes, ça nous a aidé très certainement à tenir le coup, et nous sommes très reconnaissants aux Agenais et Agenaises. » A ce jour, ils ont toujours l’espoir de savoir ce qui est arrivé à Marion, ce 14 novembre 1996.

La disparition de Mélina Martin.

Née en 1992, Mélina Martin était la cinquième d’une famille de sept enfants. Elle vivait à Farnham au Québec, et était décrite comme une adolescente normale et sans histoires, qui aimait faire les magasins et passer du temps avec ses amis.

Mélina Martin

Le 22 janvier 2005, la jeune Mélina âgée de 13 ans se voit dans l’obligation de rester dormir chez une amie à cause d’une tempête de neige. Le lendemain, sa mère Françoise Algier vient la récupérer. Toutes deux mangent dans un restaurant le midi et s’en vont ensuite faire les magasins. La même journée, Mélina devait participer à une fête hivernale qui se déroulait au parc Roch-Bourbonnais. Vers 13h, sa mère la dépose au parc, lui faisant promettre de la rejoindre à 17h au restaurant Valentine. Quelques minutes après être arrivée à Boubonnais, Mélina se rend chez une amie qui habite tout près du parc afin de lui proposer de l’accompagner aux festivités. Mais son amie était malade et ne pouvait pas venir. Mélina se dirige ensuite vers le domicile de son copain. La jeune fille lui aurait annoncé qu’elle voulait rompre avec lui, et l’échange ce serait plutôt bien déroulé.

A 17h, Françoise Algier attends sa fille au restaurant Valentine comme convenu. Mais Mélina est en retard. Françoise attends encore un peu, mais comme Mélina ne vient toujours pas, elle commence à s’inquiéter, surtout que sa fille avait pour habitude de la prévenir lorsqu’elle avait du retard ou un empêchement. « Le lendemain, ma mère m’a appelée pour me dire que Mélina n’était toujours pas revenue. » explique Marie-Josée Demers, une des soeurs de Mélina. « Je suis allée chez ma mère pour savoir si on devait appeler la police ou non. On ne savait pas où elle avait passé la nuit et elle ne s’était pas présentée à l’école.« 

Françoise et Marie-Josée commencent alors à interroger les amis de Mélina, et demandent aux passants s’ils auraient aperçu la jeune fille. Mais personne n’était au courant que Mélina avait disparue et personne ne l’avait vue, hormis son amie et son ex-copain chez qui elle s’était rendue avant d’être recherchée . Le soir venu, sa mère prévient la police. Peu après, Françoise s’est rendue à l’école de sa fille afin de discuter de sa disparition avec le directeur et des professeurs. Elle fouilla le casier et la chambre de Mélina dans l’espoir de trouver un indice, mais rien d’anormal ne fut découvert. Trois jours après la disparition de Mélina, Françoise placarde des avis de recherche en ville.

Selon les proches de Mélina, il ne pouvait pas s’agir d’une fugue, car Mélina était une fille heureuse et sans problèmes, elle était proche de sa famille et n’avait pas de soucis à l’école. De plus, elle avait laissé toutes ses affaires à la maison. « Je ne crois pas à cette histoire de fugue. » assure Roxanne, une autre soeur de Mélina. « Nous n’avons jamais manqué de rien. Nous n’étions pas gâtés, mais nous n’étions pas malheureux non plus. Notre mère a toujours tout donné pour nous. » Malgré tout, la police privilégie la thèse de la fugue et de ce fait aucune recherche n’est organisée sur le terrain. Selon les enquêteurs, il n’y avait aucun indice qui aurait pu indiquer une disparition inquiétante. 

Françoise Algier décide alors de se débrouiller par ses propres moyens. Elle continue de distribuer des affiches de sa fille et plusieurs personnes fouillent le parc Boubonnais de fond en comble. 

La famille de Mélina fut consternée que sa disparition n’attira pas l’attention des médias. Pourquoi son cas n’a-t-il pas été plus diffusé ? Il était pourtant question de la disparition troublante d’une mineure.

Finalement, le 3 février 2005 le réseau Enfants-Retour Québec offre son aide à la famille de Mélina, et va continuer à les soutenir des années durant, notamment en ajoutant Mélina à leur affiche annuelle, en publiant ses photos sur des enveloppes de banque et en procédant à une vieillissement de photo en 2007.

Photo vieillie de Mélina

Ce sont 4 millions d’enveloppes avec la photo de Mélina qui furent postées à travers le Canada. Malheureusement, il y eu très peu de nouvelles pistes par la suite.

Le 23 janvier 2006, soit un an après la disparition de Mélina Martin, la sûreté du Québec établit un poste de commandement au parc Bourbonnais, dans le but de recueillir des informations. Finalement, l’hypothèse comme quoi Mélina aurait été victime d’un acte criminel n’est pas écartée.

Le 12 janvier 2010, c’était le jour du 18ème anniversaire de Mélina. A ce moment là, sa famille espérait encore qu’elle donne signe de vie. Même s’ils ne croyaient pas à la fugue, ils espéraient néanmoins que Mélina ait fugué pour ensuite revenir saine et sauve. Mais la jeune fille n’est pas rentrée à la maison.

Françoise Algier est persuadée qu’il y a quelque part une personne qui sait ce qui est arrivé à sa fille, mais qui ne veut pas parler. « Que la personne qui sait ce qui est arrivé à Mélina parle. » supplie Roxanne. « Qu’elle se mette à notre place, surtout à celle de ma mère. Je vois comment elle vit cela chaque jour, c’est encore plus dur.« 

Malgré tout, la famille de Mélina garde espoir et est persuadée qu’un jour ils sauront ce qui est arrivée à la jeune fille.

La dernière fois que Mélina a été vue, elle portait un jean avec de la fourrure au bas, une camisole beige, une veste en jean avec fourrure aux manches, un manteau noir avec capuchon à fourrure, un foulard blanc, et une sacoche en vinyle beige avec une étoile bleue.

Si vous avez des informations qui permettraient de faire avancer l’enquête, contactez : Sûreté du Québec au 1 800 659-4264 ou Réseau Enfants-Retour au 1 888 692-4673.

La mort mystérieuse d’une étudiante française en Hongrie.

Ophélie Bretnacher

Ophélie Bretnacher est née le 8 juin 1986 à Verdun, dans le département de la Meuse. Elle est décrite comme une fille souriante, sociable et très sportive. Elle pratiquait la natation synchronisée, la randonnée et elle s’entraînait pour participer au marathon. Etudiante à l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims, c’était une élève brillante et appréciée par ses camarades et professeurs.

En 2008, à l’âge de 22 ans, Ophélie part vivre quelques temps à Budapest en Hongrie, dans le programme d’un échange scolaire Erasmus. Le jeudi 4 décembre 2008, pour célébrer la Saint-Nicolas, l’université d’Ophélie organise une soirée dans le bar Portside of Cuba. Ophélie arrive vers 23h. Un de ses amis, Guillaume, arrive peu après. Il raconte : « C’était vraiment une soirée à part, dans le sens où c’était vraiment convivial. Une soirée de Noël, quoi. »

Le bar Portside of Cuba

La soirée se passe sans encombre. Ophélie danse, rit, est joyeuse. D’autant plus qu’elle vient d’obtenir un stage dans un cabinet d’audit très réputé. Vers 2h du matin, Ophélie dit à son ami Guillaume qu’elle veut rentrer car le lendemain elle a des examens à réviser. Mais elle venait de rater son bus et le prochain arrivait dans 40 minutes, elle confie à Guillaume qu’elle comptait peut-être rentrer à pieds.

Ophélie est la seule à vivre aussi loin parmi ses amis étudiants. Elle prévoit finalement de rejoindre la gare routière. Des caméras de surveillance de la ville suivent son trajet. Pour une raison inconnue, on remarque qu’elle prend une tout autre direction. Elle bifurque à l’ouest, passe devant la basilique Saint-Etienne, continue sur une rue piétonne et débouche sur la place Roosevelt. On perd sa trace vers le Pont des Chaînes.

Les dernières images d’Ophélie.

100m séparent la place Roosevelt et le Pont des Chaînes. Comment a-t-elle pu disparaître si soudainement des caméras ? De plus, il est confirmé que pour atteindre la gare routière ou rentrer chez elle, Ophélie n’avait pas à faire tout ce chemin. Elle aurait dû logiquement suivre le trajet vert ci-dessous, c’est le plus rapide. Le rouge est le trajet qui passe par le pont des chaînes, là où Ophélie semblait se diriger.

Le croix est le lieu où on a perdu la trace d’Ophélie, au coin de la place Roosevelt.

Plus tard, un étudiant d’une autre université, qui ne connaissait pas Ophélie et qui sortait lui aussi de soirée, a retrouvé son sac à main sur le trottoir du Pont des Chaînes.

La croix à gauche est l’endroit où le sac d’Ophélie fut trouvé.

« Vers 3h30 du matin il faisait très sombre. » dit-il. « J’étais avec un ami et j’ai trouvé ce sac sur le pont. Il y avait un téléphone portable à l’intérieur. Le lendemain, j’ai appelé un contact au hasards. »

Le vendredi 5 décembre, la meilleure amie d’Ophélie lui envoie un sms, étonnée de ne pas avoir de ses nouvelles. L’étudiant la contacte et elle récupère finalement le sac d’Ophélie. Lorsqu’elle se rend chez son amie pour le lui rendre, elle se rend compte que la maison est vide. Au début, personne ne s’inquiète, mais le soir venu, les amis et la famille d’accueil d’Ophélie, qui n’ont toujours pas de ses nouvelles, commencent à penser que quelque chose est arrivé à la jeune fille. Les parents d’Ophélie sont prévenus ainsi que l’ambassade de France.

Très vite, une énorme mobilisation est organisée sur internet par sa famille et ses amis. Sur Facebook, plusieurs groupes de recherches sont consacrés à la jeune fille. 

Deux mois plus tard, le 12 février 2009, le corps d’Ophélie est retrouvé près d’une station de traitement des eaux usées à Csepel. Hormis un simple hématome, le médecin légiste n’a constaté aucun signe d’agression ou acte criminel sur son corps. La jeune fille serait morte par noyade.

La police pense d’abord à un suicide. Mais les proches d’Ophélie ne croient pas en cette thèse. « Ça ne tient pas une minute», réponds son père, Francis Bretnacher. « C’était une fille avec qui nous n’avions jamais eu de problèmes. Tout allait bien au niveau de sa vie privée, rien qui n’aurait pu la tourmenter.»

Un de ses amis confirme qu’Ophélie n’avait pas du tout le profil d’une personne déprimée ou suicidaire : « Tous les vendredi avant de partir en week-end elle était très heureuse à l’idée de retrouver sa famille et son copain. Elle tenait vraiment à rentrer les week-end pour retrouver le cocon familial. » Il ajoute : « Ophélie était une fille très sérieuse. Elle était à Budapest afin de faire un programme d’étude spécialisé très sélectif qui demandait beaucoup de rigueur et de travail. Il n’y avait que quatre places disponibles. C’est vous dire la rigueur qu’était la sienne pour intégrer ce programme. Ça ne colle pas du tout à l’image que les enquêteurs ont donné d’elle. »

Les enquêteurs commencent alors à analyser le comportement d’Ophélie sur les caméras. Bien qu’ils pensaient au début qu’Ophélie avait beaucoup bu lors de cette soirée et qu’elle aurait pu avoir un accident, ils estiment finalement qu’elle n’a pas l’allure d’une personne soûle sur les images de vidéo-surveillance. Les amis d’Ophélie présents lors de la soirée affirment que personne n’était venu embêter ou harceler Ophélie, et qu’il était donc peu probable qu’elle se soit faite suivre. Aurait-elle mit fin à la soirée dans le but d’aller retrouver quelqu’un ? Ses amis assurent pourtant que toutes les connaissances d’Ophélie se trouvaient au bar ce soir là. 

La seule théorie qui tiendrait la route malgré ce qu’affirment les policiers serait que Ophélie était soûle. Explication : même si sur les caméras nous voyons la jeune femme marcher d’un pas ferme et décidé, cela ne prouve pas qu’elle n’était pas soûle. Les personnes soûles ne marchent pas forcément d’une drôle de manière. Les adeptes de cette théorie imaginent donc cela : Ophélie aurait bu lors de la soirée, et alors qu’elle rentrait chez elle, elle aurait commencé à se sentir mal. Sur son chemin, elle voit alors le Pont des Chaînes et décide d’y aller faire un tour, se sentant prise de haut-le-coeur. Elle se place sur le bord, laisse tomber son sac à ses pieds, et se penche pour vomir. Mais sous l’effet de l’alcool, elle ne se rend pas compte qu’elle se penche dangereusement en avant et fini par tomber. Cela pourrait aussi expliquer l’hématome qu’Ophélie présentait sur son corps. Elle se serait fait mal en passant par-dessus bord.

Même s’il s’agit de la théorie la plus plausible, il reste une ombre au tableau. En effet, le corps d’Ophélie a été retrouvé dans un lieu situé à contre-courant, et il serait donc impossible qu’il ai dérivé depuis le Pont des Chaînes. Quelqu’un aurait donc déposé son corps à cet endroit. De ce fait, et du fait de nombreuses zones d’ombres dans l’enquête, la thèse d’un acte criminel ne peut être totalement écartée. De plus, un témoin aurait affirmé avoir entendu un cri de femme près du lieu de la disparition d’Ophélie, à la même heure où on aurait perdu sa trace.

Le Pont des Chaînes

Encore aujourd’hui, personne ne sait ce qui s’est réellement passé à Budapest cette nuit de décembre 2008. Malheureusement, de nombreuses improbabilités ont souillé l’enquête. En premier lieu, il n’y a eu aucune analyse des diatomées. Or, cette analyse aurait pu se révéler efficace car cela aurait permis de connaître le lieu de décès exact d’Ophélie. Les bornes téléphoniques du trajet d’Ophélie n’ont pas été contrôlées, et les témoignages n’ont pas été approfondis. 

Autre fait troublant : le 1er janvier 2013, Daniel Gliksten, un étudiant en médecine de 23 ans disparaît exactement au même endroit qu’Ophélie à la sortie d’un bar, vers 2h du matin. Son trajet fut lui aussi filmé par des caméras de surveillance, avant de perdre sa trace. Son corps sera retrouvé le 20 mars 2013, et il serait aussi mort noyé. 

Que se passe-t-il à Budapest ? De simples accidents ou l’oeuvre d’actes criminels ?

Disparition en croisière : le cas inquiétant d’Amy Bradley.

Amy Lynn Bradley est née le 12 mai 1974 à Petersbourg, dans l’Etat de la Virginie aux Etats-Unis. Ses parents sont Ron et Iva Bradley, et elle a un frère cadet nommé Brad. Amy est décrite comme une jeune femme sportive, sociable et amicale. Elle étudiait à l’université de Longwood et avait récemment obtenu son diplôme en éducation physique. Peu après, elle avait emménagé seule dans un appartement.

Un jour de 1998, alors que Amy est âgée de 23 ans, son père Ron annonça qu’il avait gagné une croisière pour deux personnes. Les parents de la jeune femme avaient prévu de faire cette croisière ensemble, mais ils proposèrent finalement à Amy et à Brad de les rejoindre afin de faire un voyage familial. Bien que Amy soit une excellente nageuse, elle avait une grande peur de l’océan et fut tout d’abord réticente. Néanmoins, elle se laissa convaincre de faire ce voyage. Le 21 mars 1998, Amy et sa famille montèrent à bord du Rhapsody of the Seas, un immense bateau de croisière pouvant accueillir plus de 2400 passagers. Le navire était en route pour les Antilles.

Les Bradley en croisière.

A bord du Rhaposdy, Amy sympathisa très vite avec certains employés. Tout se passait bien, la famille passait du bon temps. A un moment, la famille Bradley fut prise en photo par un photographe du bateau, et un peu plus tard, lorsqu’ils allèrent pour récupérer leurs photos de famille, ils se rendirent compte d’un fait pour le moins troublant : toutes les photos d’Amy avaient déjà été achetées par une personne inconnue. Mais les Bradley ne se sont pas plus inquiété que cela, pensant sans doute à une erreur, et ils continuèrent à profiter de leur croisière. 

Dans la nuit du 24 mars, Amy et Brad sont allés dans l’un des bars du bateau où jouait le groupe Blue Orchid. Amy sympathisa avec l’un des membres nommé Alister Douglas, surnommé Yellow. Yellow semblait flirter avec Amy, et bien que celle-ci n’avait pas l’air intéressée, elle accepta tout de même de danser avec lui. 

Plus tard, Yellow affirmera aux enquêteurs qu’il s’était séparé de Amy vers 1h du matin. Cela qui fut contredit par le père d »Amy, qui dira que lorsqu’il était descendu au bar pour vérifier que ses enfants allaient bien, il était presque 3h du matin et il avait vu que Amy était toujours en compagnie de Yellow à ce moment-là.. 

Plus tard dans la soirée, Amy et Brad rentrent ensemble dans leur cabine et s’installent sur le balcon pour discuter. Par la suite, Brad part se coucher tandis que Amy décide de rester un peu plus longtemps sur le balcon. Brad se réveille une première fois et s’aperçoit que Amy est toujours sur le balcon, puis il se rendort. Vers 5h30 du matin, Brad se réveille à nouveau et voit que Amy n’est plus là. En revanche, elle a laissé ses chaussures qui sont toujours sur le balcon. Brad ne s’est pas inquiété sur le moment, mais à 6h du matin, il a commencé à avoir un mauvais pressentiment. Brad s’en va réveiller ses parents et ils se mettent à chercher Amy partout sur le bateau. Selon Ron Bradley, ce n’était pas dans les habitudes de sa fille de partir comme cela sans prévenir quelqu’un. Et pourquoi était-elle partie sans ses chaussures ?

Pendant les recherches, Brad croise le chemin de Yellow, qui l’arrête et lui dit « Je suis désolé d’apprendre ce qui est arrivé à ta soeur. » A ce moment-là, seul le capitaine et la sécurité étaient censés être au courant que Amy était recherchée.

Le bateau allait bientôt accoster sur l’île Curaçao et les parents d’Amy craignaient que leur fille puisse descendre sans eux sur l’île, ou que quelqu’un responsable de sa disparition puisse s’enfuir. Ils demandèrent à ce que le bateau n’accoste pas, ce qui leur fut refusé. Le superviseur ne voulait pas tout interrompre pour une jeune fille disparue, et il ne voulait pas faire paniquer les autres passagers. Il proposa aux parents d’Amy de fouiller toutes les chambres afin de retrouver leur fille. Malheureusement, la jeune femme était introuvable. De plus, de nombreux passagers étaient déjà descendus sur l’île avant la fin des recherches. Si Amy avait bien été enlevée, ses ravisseurs auraient pu facilement s’enfuir avec elle.

Une fois sur l’île Curaçao, les parents fouillèrent toute l’île mais ne trouvèrent pas leur fille. La garde côtière des Antilles et le bateau Royal Caribbean ont effectué des recherches de quelques jours, la mer fut également fouillée au cas où Amy serait tombée par-dessus bord, mais sans succès. Le FBI va finalement intervenir et annoncera à la famille Bradley que le superviseur du bateau avait seulement fouillé les toilettes et les aires communes du bateau, et non toutes les chambres comme il l’avait prétendu. Les parents pensèrent alors que leur fille était toujours retenue prisonnière dans une des chambres du bateau. Ils parvinrent à regagner le navire et ils allèrent trouver le superviseur pour lui annoncer que le FBI était maintenant sur l’affaire. 

Amy et ses parents.

Le bateau fut à nouveau fouillé de fond en comble cette fois, mais il n’y avait aucune trace d’Amy. Des recherches continuèrent sur l’île Curaçao, mais la jeune femme était toujours introuvable. Le coeur lourd, les Bradley durent se résoudre à rentrer chez eux par manque de moyens. Un mois plus tard, ils retournèrent à Curaçao avec des affiches d’Amy et ils se mirent à les distribuer un peu partout sur l’île. Un chauffeur de taxi affirmera avoir vu Amy le matin du 24 mars. Amy se serait approchée de lui, paniquée, pour lui demander où se trouvait le téléphone le plus proche. Le chauffeur ne l’a plus jamais revue par la suite.

Alors qu’ils continuaient leurs recherches sur l’île, Brad est persuadé d’avoir entendu la voix de sa soeur l’appeler. La voix provenait d’une voiture qui était passée à toute vitesse près de lui. « J’ai entendu Amy m’appeler. Elle le disait toujours d’une manière spéciale. J’ai grandi toute ma vie avec elle, je sais comment elle m’appelait. » Brad et son père ont poursuivit la voiture, mais lorsque le conducteur s’est arrêté, ils se sont rendu compte qu’il était seul.

Amy et Brad.

En août 1998, un touriste canadien qui se trouvait sur la plage de l’île Curaçao a rapporté avoir aperçu une jeune femme qui correspondait à la description d’Amy. La femme était escortée par deux hommes et elle avait les mêmes tatouages qu’Amy : un diable de Tazmanie sur l’épaule, un symbole chinois sur la cheville, un soleil dans le bas du dos et un lézard sur le nombril. Lorsqu’elle se serait aperçu que les touristes parlaient anglais, elle se serait précipité vers eux avant d’être emmenée de force par les deux hommes. « Je n’ai même pas besoin de réfléchir. Ce n’est pas seulement à 99%, je suis sûr à 100% que c’était elle. » affirmera le touriste.

En 1999, un membre de la marine s’est rendu dans une maison close dans les Caraïbes. Il a affirmé avoir rencontrer Amy. La jeune femme lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, et elle avait l’air en détresse. Elle se serait approchée de lui pour lui dire qu’elle s’appelait Amy Bradley avant de le supplier de lui venir en aide. Lorsque le FBI est parti enquêter sur cette maison close, un incendie avait tout ravagé.

En 2005, la famille Bradley reçoit un courrier électronique de la part d’un membre d’une organisation qui localise les victimes de trafic sexuel. Le courrier contenait la photo d’une jeune femme qui ressemblait étrangement à Amy, allongée sur un lit en sous-vêtements. Cela confirmerait l’hypothèse comme quoi Amy a été enlevée pour servir dans un réseau de prostitution.

Une victime d’un réseau de prostitution ressemblant à Amy.

En 2005 également, une touriste nommée Judy Maurer, qui était en vacances sur l’île de la Barbade, a rapporté qu’elle avait rencontré Amy. Judy se trouvait dans une cabine de toilettes dans un centre commercial de la Barbade, quand elle a entendu une femme et plusieurs hommes entrer dans les toilettes. Les hommes semblaient en colère et étaient en train de menacer la femme, avant de sortir et de la laisser seule. Quand les hommes furent partis, Judy est sortie de la cabine et alla voir la jeune femme qui était totalement stressée et affolée. Judy lui demanda son nom, la femme répondit qu’elle s’appelait Amy et qu’elle venait de l’Etat de la Virginie aux Etats-Unis. A ce moment-là, la porte des toilettes s’ouvrit et Judy se cacha dans une cabine, puis elle entendit la jeune femme sortir avec les hommes. Plus tard, Judy fit un dessin de la jeune femme qu’elle avait rencontrée : 

Une ressemblance troublante.

Les parents d’Amy croient fermement qu’elle a été enlevée. Brad affirmera que l’équipage du bateau portait une attention particulière à sa soeur, et les soupçonne d’être complices d’un trafic. Sa mère Iva ajoutera : « Je me souviens avoir vu des gens la regarder avec admiration […] Amy aurait été un trophée. » Il est bon de se rappeler de la personne inconnue qui aurait acheté les photos de croisière d’Amy. Il se pourrait que cet inconnu travaillait pour ce trafic, et avait acheté les photos d’Amy afin de montrer la « marchandise ». Et aux yeux de l’opinion public, Yellow serait loin d’être innocent dans cette affaire. A ce jour, Amy est toujours portée disparue et sa famille est toujours à sa recherche.