Née le 12 avril 1984 sur l’île d’Hokkaidō, Asami Chida a grandit entourée de ses parents et de son petit frère. Elève au lycée Muroran Sakae High School, elle était décrite par ses enseignants et ses camarades comme une adolescente brillante et sociable. En parallèle de ses études, elle occupait un emploi à temps partiel dans une boulangerie locale, où elle travaillait notamment à la caisse et se formait à la préparation de boissons.
Le 6 mars 2001, Asami n’avait pas cours et devait prendre son service à 13h. Mais à 11h30, Asami a appelé la boulangerie pour demander si le gérant était présent et qu’elle viendrait finalement un peu plus tard, sans préciser la raison. En quittant son domicile en début d’après-midi, elle se rend d’abord dans une supérette pour acheter quelques en-cas, puis elle prend un bus à l’arrêt de Hakucho-dai Chuo. A 12h56, le bus passe près de la boulangerie où travaille Asami, mais elle ne descend pas. A 13h03, Asami descend à l’arrêt Higashimachi Nichome et se dirige vers le centre commercial Muroran Saty, aujourd’hui renommé Aeon Muroran.
A ce moment-là, une caméra de surveillance filme Asami dans le rayon cosmétiques. Elle apparaît seule, sans signe apparent de détresse. Elle flâne plusieurs minutes dans le magasin, sans rien acheter, puis elle quitte le magasin à 13h26. Cette séquence vidéo est considérée comme l’un des éléments les plus fiables pour retracer ses derniers déplacements.
Les dernières images d’Asami.
A 13h30, deux camarades de classe aperçoivent Asami à l’arrêt de bus près de Muroran Saty et la saluent. Asami aurait ensuite prit un bus jusqu’à l’arrêt Higashi-dori, à proximité de son lieu de travail, où elle arrive à 13h41. Elle a ensuite utilisé son téléphone portable pour prévenir son petit ami qu’elle était arrivée. Son petit ami la rappelle peu après, et Asami lui aurait dit qu’elle ne pouvait pas lui parler pour le moment. Après cela, sa trace s’est brusquement interrompue dans les heures qui ont suivi.
La police a été prévenue lorsque les parents d’Asami n’eurent aucune nouvelle de leur fille. Très tôt dans l’enquête, les autorités ont envisagé la possibilité d’une intervention criminelle et ont lancé des recherches approfondies tout en recueillant de nombreux témoignages. Les collègues d’Asami ont décrit la jeune fille comme étant sérieuse et appréciée de tous.
Cependant, certains d’entre eux ont mentionné le fait que Asami semblait victime d’un « stalker » qui la suivait et l’appelait sur son téléphone. Asami recevait apparemment plusieurs appels anonymes et menaçants chaque jour. Une de ces collègues l’a un jour interrogée à ce sujet, et Asami a répondu que c’était probablement des canulars.
L’employeur d’Asami, qui était le gérant de la boulangerie, a été rapidement pointé du doigt. En effet, plusieurs employés auraient décrit un comportement parfois jugé inapproprié de la part du gérant, et qu’il aurait eu des propos et des comportements déplacés envers des jeunes filles travaillant pour lui, incluant Asami.
Les policiers ont prit cette piste au sérieux et le gérant a été placé sous surveillance. Lorsqu’il est interrogé, il affirme avoir fermé sa boulangerie vers 13h30 ce jour-là en constatant l’absence d’Asami, puis qu’il aurait passé la journée avec sa mère. Les policiers ont envisagé la possibilité d’un enlèvement et ont mobilisé plus de 2000 agents. Ils ont ensuite perquisitionné le domicile et la voiture du gérant de la boulangerie, mais ils n’ont rien trouvé de concluant. Peu après, les accusations ont été abandonnées, faute de preuves. Au fil du temps, de nombreux signalements ont été transmis par des habitants pensant avoir aperçu Asami, sans qu’aucun ne puisse être confirmé par les autorités.
Plusieurs années passent sans aucune avancée dans l’enquête, mais en 2010, un article consacré à Asami publié sur un blog suscite un vif intérêt. L’auteur de cet article prétendait être un ancien détective, et d’après lui, les deuxième et troisième étages de l’immeuble abritant la boulangerie auraient été composés de logements locatifs inoccupés à l’époque des faits, le propriétaire de l’immeuble étant également le gérant de la boulangerie. Sur la base de ces éléments, il a émis l’hypothèse que Asami aurait pu être séquestrée dans une partie de ces locaux, et il déplore que les policiers ne se sont pas intéressés à cette possibilité à l’époque.
En 2011, la chaîné de télévision TV Asahi a consacré une épisode à la disparition d’Asami, où ils ont interviewé le gérant de la boulangerie, qui avait demandé à ce que son identité soit préservée. Dans cette interview, il a expliqué que sa boulangerie avait fermée peu après la disparition d’Asami et qu’il travaillait désormais dans un restaurant. Il a à nouveau nié toute implication dans la disparition d’Asami, précisant qu’il n’avait jamais eu de comportements déplacés envers elle et qu’il n’a jamais été obsédé par les jeunes filles.
En 2016, le département de la police de Muroran a affirmé qu’ils poursuivaient leur enquête. Plus de deux décennies après les faits, la disparition d’Asami Chida reste un mystère.
Julie Elizabeth Pacey est née en 1955 et a grandi dans la région de Grantham, dans le Lincolnshire, en Angleterre. Elle était décrite par ceux qui l’ont connue comme une personne chaleureuse, aimante et très attachée à sa famille, mais également appréciée dans sa communauté locale. Elle aimait discuter avec les gens autour d’elle et était considérée comme une “vivacious blonde”, c’est-à-dire une mère de famille populaire et très bien intégrée socialement.
Julie a rencontré Andrew Pacey, son futur mari, quand ils étaient tous deux enfants. Ils se sont mariés très jeunes et ont rapidement eu deux enfants, Helen et Matthew. Andrew travaillait comme plombier indépendant à Grantham, tandis que Julie travaillait à temps partiel dans une crèche locale, St Peter’s Day Nursery. Elle faisait également du babysitting pour une amie de la famille.
Dès la fin du mois de septembre 1994, plusieurs habitants du quartier signalent la présence inhabituelle d’un homme inconnu. Rapidement surnommé « l’homme à la salopette », en raison du vêtement distinctif qu’il porte, cet individu attire l’attention par son comportement. Décrit comme trapu, au visage rougeaud, il est aperçu à différentes reprises dans les rues proches du domicile de Julie. Tantôt immobile, semblant observer les maisons, tantôt en mouvement, il aborde certains riverains sous des prétextes anodins, comme demander son chemin. Mais ce qui frappe, c’est la répétition de ces apparitions, toujours dans le même périmètre, comme si l’homme s’était fixé sur une zone précise.
Portrait robot de l’homme à la salopette.
L’épisode le plus troublant survient trois jours avant le drame, le 23 septembre 1994. Ce jour-là, l’homme se présente directement au domicile de Julie. Il frappe à la porte et parvient à entrer brièvement à l’intérieur, prétextant demander son chemin pour se rendre à Eskdale Road. La scène prend une tournure encore plus étrange lorsqu’une jeune fille du quartier arrive peu après, près de la maison de Julie : à sa vue, l’individu quitte précipitamment les lieux, sans donner d’explication.
Dans les jours qui suivent, un autre détail vient compliquer davantage la situation. Plusieurs témoins affirment avoir aperçu Julie en compagnie d’un véhicule inhabituel : une BMW série 5. Or, la famille utilise habituellement une autre voiture. Cette même BMW est de nouveau signalée le 26 septembre 1994, stationnée dans l’allée du domicile des Pacey, le jour même du meurtre. L’origine de ce véhicule, et l’identité de son conducteur, ne seront jamais clairement établies.
Le 26 septembre 1994, justement, quelques heures avant le drame, l’homme à la salopette est aperçu une nouvelle fois dans le quartier. Cette fois, sa présence coïncide directement avec le retour de Julie à son domicile. Selon un témoignage, il marche dans la rue au moment où elle arrive en voiture et se place sur sa trajectoire, comme s’il cherchait à capter son attention ou à ralentir son avancée. Puis, soudainement, il fait demi-tour et s’éloigne.
Dans la même journée du 26 septembre, Helen, la fille de Julie, rentre de l’école en début d’après-midi. Elle s’attend à retrouver une maison comme les autres jours. Pourtant, dès qu’elle franchit la porte, quelque chose ne va pas. L’atmosphère est différente. En avançant, elle appelle sa mère, sans obtenir de réponse. L’inquiétude monte.
C’est alors qu’elle fait la terrible découverte : Helen trouve le corps de sa mère dans la salle de bain, victime d’une attaque d’une extrême violence. Sous le choc, Helen donne l’alerte. Les secours et la police arrivent rapidement sur place. A l’intérieur de la maison, les enquêteurs découvrent une scène d’une grande violence.
L’autopsie pratiquée sur le corps de Julie vient rapidement préciser la nature du crime. La cause du décès n’est pas liée à une arme, mais à un étranglement. Elle aurait aussi été agressée sexuellement. Les enquêteurs ont écarté la thèse du cambriolage qui aurait mal tourné, car rien n’était déplacé et rien ne manquait, hormis une montre que portait Julie.
L’absence de signes évidents d’effraction, combinée aux événements signalés dans les jours précédents, notamment la visite de l’homme à la salopette, laisse envisager que Julie a pu ouvrir la porte à son agresseur, ou que celui-ci connaissait déjà les lieux. Dans tous les cas, le meurtrier savait précisément ce qu’il faisait. Andrew Pacey a été brièvement suspecté, mais il avait un alibi solide et a donc été mis hors de cause.
La présence répétée de l’homme à la salopette dans le quartier et son intrusion dans la maison trois jours plus tôt, prennent alors une importance capitale. Les enquêteurs commencent alors à dresser un profil psychologique. Le comportement décrit : repérage, intrusion préalable, présence répétée, correspond à celui d’un individu méthodique et patient, voire obsessionnel. La violence extrême de l’attaque, combinée à la nature personnelle de l’étranglement, laisse penser que l’agresseur avait une cible spécifique.
Dans les jours qui suivent, la police passe au peigne fin le quartier et recoupe tous les témoignages concernant l’homme à la salopette. Les enquêteurs cherchent à identifier un suspect déjà connu des services de police, mais aucun profil précis ne se dégage immédiatement. L’affaire se complique encore avec le temps : les souvenirs des témoins s’estompent, et les preuves matérielles restent limitées. L’enquête judiciaire ne parvient pas à établir de liens définitifs. Des semaines, puis des mois, passent sans arrestation. L’homme à la salopette semble avoir disparu dans la nature.
Pour sa famille et ses proches, le choc est indescriptible. Sa fille Helen, confrontée à la mort brutale de sa mère, éprouve une incompréhension et une douleur profondes. Les amis et voisins, eux, oscillent entre peur et tristesse, peinant à accepter qu’une femme discrète et respectée du quartier ait pu être victime d’un acte aussi cruel.
La question qui hante tous ceux qui s’intéressent à l’affaire reste la même : pourquoi Julie Pacey en particulier a-t-elle été ciblée ? Rien dans sa vie ne la distinguait comme une cible évidente, et aucune dispute, conflit ou menace préalable n’a été rapportée. Les enquêteurs et les proches s’interrogent sur la raison qui a poussé l’agresseur à la choisir parmi tant d’autres. Était-ce une fixation sur elle, une observation minutieuse de ses habitudes, ou un crime opportuniste qui a pris une tournure tragique ?
Sharon Harper
Deux mois avant le meurtre de Julie, une autre jeune femme nommée Sharon Harper, résidant à Grantham, avait également été retrouvée morte. Agée de 21 ans et mère d’un bébé de cinq mois, Sharon travaillait comme serveuse dans un bar. Son corps a été découvert le 3 juillet 1994 dans les buissons d’un parking ; elle avait été battue, étranglée et agressée sexuellement. Son meurtrier n’a jamais été identifié. Le fait que Sharon et Julie vivaient dans la même ville et aient été retrouvées mortes à peu de temps d’intervalle a suscité des interrogations et des inquiétudes parmi les habitants, mais les autorités n’ont établi aucun lien officiel entre ces deux affaires.
Lors de la reconstitution du meurtre diffusée dans l’émission Crimewatch en 1994, un acteur nommé Steve Watson avait été choisi pour incarner le suspect surnommé « l’homme à la salopette », en raison de sa ressemblance frappante avec le portrait-robot. Cette similitude était telle qu’il fut parfois pris pour le véritable suspect. Plus de vingt ans plus tard, lors de la rediffusion de l’émission en 2015, plusieurs téléspectateurs ont même signalé l’acteur à la police. Celui-ci a alors été interrogé et soumis à un test ADN afin d’être définitivement écarté de l’enquête. A ce jour, le meurtre de Julie Pacey reste un mystère.
Ben Needham est un enfant britannique né le 29 octobre 1989 à Boston, dans le Lincolnshire. Il est le fils de Kerry Needham et de Simon Ward. Kerry est devenue mère très jeune : elle n’avait que 17 ans au moment de sa naissance, et son couple avec Simon était instable. Ils se séparent peu après la naissance de leur fils, et bien que Kerry ait la garde, Simon est resté impliqué et a entretenu un lien avec Ben.
La famille de Kerry est originaire du South Yorkshire, près de Sheffield. Ses parents, Eddie et Christine Needham, sont les grands-parents maternels de Ben. Au début des années 1990, ils décident de quitter l’Angleterre pour s’installer sur l’île grecque de Kos, où ils espèrent commencer une nouvelle vie.
En avril 1991, Kerry rejoint ses parents à Kos avec Ben, alors âgé d’environ 18 mois. La famille vit dans des conditions assez simples : les grands-parents résident dans une caravane près d’une oliveraie tandis qu’ils rénovent une vieille ferme dans la région d’Iraklise. Kerry travaille dans un hôtel local, et Ben est souvent gardé par ses grands-parents pendant la journée.
Nous sommes le matin du 24 juillet 1991. La journée commence normalement. Le temps est chaud et ensoleillé. Eddie travaille sur la rénovation de la ferme avec des ouvriers locaux tandis que Christine s’occupe de Ben. L’enfant joue dehors près de la maison, dans un espace ouvert où se trouvent des outils, des matériaux de construction et quelques poules. Entre 9h et 9h30, Christine laisse Ben jouer près de la maison pendant qu’elle entre brièvement à l’intérieur pour s’occuper de tâches ménagères. A ce moment-là, le petit garçon se trouve encore dans la cour ou à proximité.
Quelques minutes plus tard, Christine ressort pour vérifier où se trouve son petit-fils. Ben n’est plus là.
Le lieu où Ben a disparu. (Photo : Phil Harris)
Pensant d’abord qu’il s’est simplement éloigné pour jouer, la famille commence à chercher autour de la maison, dans les champs voisins et près des bâtiments agricoles. Mais malgré leurs recherches rapides, aucune trace du petit garçon n’est retrouvée. Lorsque Kerry termine son travail et apprend la disparition de son fils, elle revient immédiatement sur les lieux. Très vite, la police grecque est alertée et les recherches commencent autour de la ferme et dans les environs du village.
Plusieurs témoignages émergent au cours de la journée : certains habitants affirment avoir aperçu un homme inconnu avec un petit garçon blond près d’une ferme voisine peu après la disparition, tandis qu’un autre témoin déclare avoir vu un homme passer en moto avec un enfant correspondant à la description de Ben. Toutefois, ces témoignages ne permettent pas d’identifier clairement une personne suspecte. Des habitants du village, des touristes et la police grecque participent aux premières recherches, fouillant les oliveraies, les champs, les puits et les routes voisines, mais malgré l’ampleur des efforts entrepris ce jour-là, aucun indice n’est découvert et le petit Ben demeure introuvable.
Au fil des jours, l’enquête s’élargit. Les ports et l’aéroport de Kos sont surveillés et les autorités envisagent de plus en plus la possibilité d’un enlèvement, potentiellement par un touriste qui aurait quitté l’île peu après les faits. Simon, le père de Ben, fait même le voyage jusqu’à l’île de Kos pour participer aux recherches et soutenir la famille. Malgré des recherches intensives et l’attention médiatique croissante, aucun élément n’est découvert, et la disparition de Ben devient progressivement l’un des cas d’enfants disparus les plus médiatisés au Royaume-Uni.
Pendant plus de 20 ans, la disparition de Ben Needham est principalement associée à la théorie d’un enlèvement. Cependant, au milieu des années 2010, une autre hypothèse gagne en crédibilité : celle d’un accident tragique survenu sur le chantier de la ferme familiale le jour de sa disparition.
La disparition de Ben a profondément bouleversé la vie de Kerry. Dans les années qui ont suivi, elle a traversé une période extrêmement difficile marquée par la dépression et un profond sentiment de culpabilité. Elle a raconté qu’elle se réveillait parfois la nuit en pensant entendre son fils pleurer et allait dans sa chambre pour faire semblant de le bercer.
Quelques années après la disparition de son fils, Kerry donne naissance à une fille, Leighanna, la demi-sœur de Ben, née d’une relation ultérieure. La naissance de Leighanna a été encouragée par son entourage, qui pensait qu’avoir un autre enfant pourrait l’aider à surmonter le traumatisme. Cependant, Kerry a expliqué que cette période restait extrêmement difficile pour elle.
Leighanna a grandi en sachant que son frère avait disparu. Devenue adulte, elle a souvent soutenu publiquement sa mère dans la recherche de Ben, participant à des campagnes médiatiques et appels à témoins pour tenter de relancer l’enquête. Elle s’est aussi exprimée dans plusieurs interviews sur l’impact qu’a eu cette disparition sur leur famille.
Eddie et Christine, les grands-parents maternels de Ben, ont toujours exprimé un sentiment de culpabilité profonde depuis la disparition de leur petit-fils. Ayant la responsabilité de Ben le matin du 24 juillet 1991, ils se reprochent de ne pas avoir vu l’enfant disparaître et de ne pas avoir pu empêcher le drame. Dans de nombreuses interviews, ils racontent les nuits d’angoisse et les longues recherches désespérées, affirmant que cette culpabilité les a marqués à vie, tout en soulignant qu’ils ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour retrouver Ben.
En 2016, de nouveaux témoignages sont transmis à la police britannique et aux autorités grecques. Des ouvriers ayant travaillé sur le chantier près du village d’Iraklise, sur l’île de Kos, affirment qu’un conducteur de pelleteuse aurait accidentellement heurté un enfant pendant des travaux ce jour-là. Selon ces témoignages, l’enfant aurait pu être tué sur le coup sans que le conducteur ne s’en rende immédiatement compte, alors que la machine déplaçait de la terre et des gravats autour de la ferme.
Le conducteur évoqué dans ces déclarations est Konstantinos Barkas, un ouvrier local qui travaillait sur le chantier en juillet 1991. Selon certains témoins, Barkas aurait plus tard confié à des proches qu’il pensait avoir accidentellement frappé un enfant avec la pelleteuse, croyant sur le moment avoir heurté un objet ou un animal. Cette nouvelle a été anéantissante pour Kerry : « Ce qu’ils ont dû m’annoncer était la dernière chose qu’ils auraient voulu me dire. Ils pensent que mon Ben pourrait être mort et enterré. […] Mon instinct maternel m’a toujours dit qu’il était vivant. Et si je m’étais trompée depuis tout ce temps ? »
A la suite de ces informations, la police britannique et grecque lance de nouvelles fouilles en 2016 sur le site de la ferme et dans les champs environnants. Des excavations importantes sont réalisées pour rechercher des restes humains ou des objets appartenant à Ben. Lors de ces recherches, des fragments d’os appartenant à un jeune enfant sont découverts, mais les analyses ADN ne permettent pas de confirmer qu’il s’agit de Ben.
Malgré l’absence de preuve définitive, les enquêteurs britanniques estiment aujourd’hui que l’hypothèse de l’accident est l’explication la plus probable. Selon cette théorie, Ben aurait pu s’approcher de la zone de travaux pendant qu’il jouait autour de la ferme et aurait été accidentellement heurté par la machine. Son corps aurait ensuite été enseveli involontairement sous les décombres déplacés par l’excavatrice.
Kerry a déclaré qu’elle acceptait finalement la possibilité de cet accident, tout en continuant d’espérer qu’un jour la vérité complète sur ce qui est arrivé à Ben sera établie. Simon Ward reste également impliqué dans l’affaire et continue de demander que toute la lumière soit faite sur ce qui est arrivé à son fils. Malgré les nouvelles pistes explorées, le mystère entourant la disparition de Ben Needham reste officiellement non résolu.
Alonzo Tyree Brooks est né le 19 mai 1980 à Topeka, dans l’Etat du Kansas aux Etats-Unis. Fils de Billy Brooks Sr. et de Maria Ramirez, il est le benjamin d’une fratrie de cinq enfants. Dans son enfance, la famille s’installe à Gardner, toujours dans l’Etat du Kansas. Ses proches le décrivent comme un jeune homme timide et casanier, mais il avait aussi un côté plus sociable, doté d’un grand sens de l’humour. Passionné de sport, il pratiquait le football et le judo, et accordait une place importante à sa famille, avec laquelle il aimait passer du temps.
Le 3 avril 2004, Alonzo se rend à une fête organisée dans une maison isolée à La Cygne. Il est accompagné de plusieurs amis, parmi lesquels Justin Sprague, Tyler Broughard et Daniel Fune. Le groupe parcourt environ une heure de route depuis Gardner pour rejoindre la soirée. A un moment de la soirée, Alonzo se retrouve séparé de ses amis.
Aux alentours de 2h du matin, Justin, Tyler et Daniel décident de quitter la fête. Avant de partir, ils disent avoir cherché Alonzo, pensant qu’il se trouvait peut-être à l’extérieur ou dans un autre véhicule. Ne le voyant nulle part, ils supposent qu’il a quitté les lieux avec quelqu’un d’autre ou qu’il a trouvé un autre moyen de rentrer. Ils reprennent alors la route sans lui.
Dans la matinée du 4 avril, Alonzo ne rentre pas à Gardner. Il ne répond pas aux appels. Sa mère, Maria, comprend que quelque chose ne va pas. Alonzo n’aurait jamais disparu sans prévenir. Maria contacte les amis d’Alonzo, qui ne savent pas où il se trouve. La famille contacte ensuite les autorités pour signaler sa disparition.
Selon les témoignages recueillis par les enquêteurs, l’ambiance de la fête, qui était au début conviviale, aurait progressivement changé au cours de la soirée. Plusieurs personnes présentes évoqueront plus tard des tensions apparues au cours de la soirée. Certains témoins parleront de propos racistes visant Alonzo. D’autres mentionneront une altercation verbale survenue à l’extérieur de la maison. Les récits divergent sur le déroulement précis des événements. Ce qui semble certain, en revanche, c’est qu’à un moment de la nuit, Alonzo se retrouve isolé, séparé du groupe avec lequel il était venu. C’est à partir de cet instant que sa trace se perd.
Des proches, des bénévoles et des membres de la communauté se mobilisent rapidement. Les environs sont fouillés à pied. Les bois, les champs et les abords de la rivière Marais des Cygnes sont inspectés. La zone est rurale, partiellement isolée, composée de terrains accidentés et de végétation dense.
Maria Ramirez a toujours insisté sur le fait qu’Alonzo n’aurait jamais disparu sans donner de nouvelles, ce qui a renforcé les préoccupations de la famille quant à un acte criminel : « Il n’aurait jamais quitté sans prévenir. Alonzo était très proche de sa famille. S’il avait eu un problème, il nous aurait appelés. » Ses proches insistent également sur le fait qu’Alonzo était un jeune homme stable qui n’aurait pas disparu sans raison.
Alonzo et sa famille.
L’enquête est dirigée par le Linn County Sheriff’s Office. Selon la famille, les premières recherches manquent d’ampleur et de coordination. Certains proches affirmeront plus tard avoir eu le sentiment que l’affaire n’était pas traitée avec l’urgence nécessaire.
Lors des recherches menées autour de la maison où la fête avait eu lieu, des objets personnels d’Alonzo Brooks ont été retrouvés à proximité de la rivière Marais des Cygnes. Parmi ces objets, un chapeau et des chaussures appartenant à Alonzo ont été découverts dans une zone qui n’avait pas été fouillée initialement. Ces découvertes ont renforcé l’idée qu’Alonzo n’avait pas quitté les lieux de manière ordinaire, mais qu’il pourrait avoir été victime d’une altercation ou avoir quitté précipitamment la fête. La présence de ces objets personnels à proximité du site de la fête a immédiatement soulevé des questions : Pourquoi ces affaires étaient‑elles retrouvées si loin de l’endroit où il était supposé être ? Et que s’était-il réellement passé cette nuit‑là ?
Les lieux où les chaussures et le chapeau d’Alonzo ont été retrouvés.
Le 1ᵉʳ mai 2004, près d’un mois après sa disparition, le corps d’Alonzo a été retrouvé dans un ruisseau à quelques centaines de mètres de la maison où la fête s’était déroulée. Son corps avait pourtant été dans une zone déjà explorée plusieurs fois lors des recherches initiales. Cette découverte souleva immédiatement des interrogations : Comment son corps a-t-il pu rester non détecté lors des premières fouilles ? Pourquoi n’avait‑il pas été retrouvé plus tôt ?
L’état de décomposition est avancé. Une autopsie est réalisée, mais la cause du décès est classée comme indéterminée. Les autorités déclarent ne pas disposer d’éléments suffisants pour établir avec certitude s’il s’agit d’un homicide. Pour la famille, cette conclusion est difficile à accepter. Ils restent convaincus qu’Alonzo a été victime d’un acte criminel.
Des éléments de la soirée, tels qu’ils ont été rapportés parfois de manière contradictoire, ont conduit certaines personnes à se demander si les amis présents ce soir‑là avaient vraiment cherché Alonzo avec sérieux ou s’ils avaient usé de termes imprécis pour décrire leurs actions durant la nuit. Sa famille déplore que, cette nuit-là, les amis d’Alonzo ne soient pas restés à ses côtés, alors qu’Alonzo, lui, avait pour habitude d’être attentif aux autres et aurait été le premier à s’assurer que ses amis allaient bien pendant la fête.
Selon des reconstitutions basées sur des interviews réalisées avec plusieurs participants, Justin Sprague aurait quitté la fête avec un autre ami pour aller chercher des cigarettes. Il aurait ensuite fait face à des problèmes de voiture et fait déposer un message indiquant qu’il n’arriverait pas à revenir à la ferme, laissant ainsi Alonzo derrière lui.
D’autres témoignages suggèrent que certains invités étaient partis avant minuit, laissant Alonzo seul ou avec très peu de personnes encore présentes. La chronologie exacte reste difficile à établir, car les souvenirs divergent entre les différents témoignages recueillis par les autorités et les forces de l’ordre.
Bien que ces récits aient pu nourrir des soupçons ou des interrogations dans l’opinion publique, aucune accusation ou inculpation n’a pour autant été portée contre Justin Sprague ou les autres amis. Les enquêteurs n’ont jamais déclaré publiquement que ces derniers étaient responsables de la mort ou de la disparition d’Alonzo. Les autorités ont d’ailleurs souligné le manque d’éléments matériels concrets reliant directement les personnes présentes à un acte criminel spécifique lors de cette soirée.
Après la réouverture du dossier par le Federal Bureau of Investigation en 2019 et l’exhumation du corps d’Alonzo en 2020, un examen médico‑légal plus poussé est réalisé. En avril 2021, un nouvel examen conclut que la mort d’Alonzo Brooks est bien un homicide. Les autorités précisent que des éléments du corps sont « incompatibles avec une décomposition normale » et qu’il ne s’agit pas d’un accident.
L’annonce de la reclassification de sa mort a été accompagnée d’une déclaration du procureur américain par intérim du Kansas soulignant que ce n’était pas un accident, et que des ressources substantielles seraient mobilisées pour faire avancer l’enquête. L’annonce a également été accompagnée de l’offre d’une récompense de 100 000 $ pour toute information menant à l’arrestation ou à la condamnation des responsables.
La réouverture du dossier a suscité un regain d’attention médiatique, notamment après la diffusion de l’affaire dans un épisode du documentaire Unsolved Mysteries sur Netflix en 2020. Cet épisode a remis le dossier sous les projecteurs. Dans ce documentaire, Justin Sprague, Daniel Fune et Tyler Broughard apparaissent pour témoigner de la soirée du 3 avril 2004 et des circonstances dans lesquelles ils ont quitté la fête avant qu’Alonzo ne disparaisse.
La diffusion de ces témoignages a suscité de vives réactions du public, notamment sur les réseaux sociaux. Certains spectateurs ont mis en doute les récits des amis et se sont montrés critiques envers Justin Sprague et les autres présents cette nuit‑là, estimant qu’ils ne s’étaient pas suffisamment impliqués pour vérifier si Alonzo allait bien avant de repartir.
Depuis la reclassification de la mort d’Alonzo en homicide en 2021, le FBI poursuit ses recherches. Malgré les années, aucun suspect n’a été officiellement inculpé, et de nombreuses questions demeurent : pourquoi le corps n’a-t-il pas été découvert lors des premières recherches ? Que s’est-il réellement passé pendant la fête ? Et quelles sont les responsabilités exactes des participants présents cette nuit-là ? Pendant ce temps, la famille d’Alonzo continue de chercher justice et de préserver sa mémoire, en espérant que des témoins parleront enfin.
Tabitha Danielle Tuders est née le 15 février 1990 et vivait à East Nashville, dans l’Etat américain du Tennessee. Ses parents sont Bo et Debra Tuders, et elle était la plus jeune d’une fratrie de trois enfants. Ses proches la décrivent comme une jeune fille dynamique, aimant faire rire les autres et chanter.
Le 29 avril 2003, Debra se réveille à 5h du matin pour aller travailler. Son mari et sa fille dorment encore. Un peu plus tard, Bo a réveillé Tabitha pour qu’elle se prépare pour l’école et il a ensuite quitté le domicile à 7h du matin pour partir à son tour au travail. Tabitha avait pour habitude de partir à 7h15 pour rejoindre son arrêt de bus, situé à cinq minutes à pied de son domicile, et c’est ce qu’elle aurait fait ce matin-là.
Debra rentre du travail à 13h et il était prévu que sa fille soit à la maison pour 16h. Les minutes passent, puis les heures. 16h arrive, et Tabitha n’est toujours pas rentrée, ce qui est totalement inhabituel. Debra se rend à l’arrêt de bus, mais Tabitha ne s’y trouve pas. Elle ne croise pas non plus sa fille sur le chemin du retour. De plus en plus alarmée, elle décide alors de se rendre à l’établissement scolaire de Tabitha. C’est là qu’elle apprend une information glaçante : sa fille ne s’est jamais présentée à l’école ce jour-là. La police sera prévenue aux alentours de 18h.
Les premières recherches se concentrent sur le quartier d’East Nashville. Les policiers interrogent les voisins, vérifient les rues avoisinantes et cherchent d’éventuels témoins. Très vite, les enquêteurs réalisent qu’aucun camarade de classe ni aucun chauffeur de bus ne se souvient avoir vu la jeune fille ce matin-là.
Selon les autorités, il n’y a alors aucune preuve d’enlèvement forcé, mais aucune indication non plus laissant penser à une fugue. Les parents de Tabitha rejettent immédiatement cette hypothèse. Debra déclarera plus tard dans une interview : « Ma fille ne serait jamais partie sans nous le dire. Elle avait peur du noir, elle ne serait jamais partie seule. » Bo ajoute également que Tabitha n’avait aucune raison de fuguer, elle n’avait pas manifesté de mal-être particulier, et elle n’avait emporté ni vêtements supplémentaires ni effets personnels.
Dans les semaines qui suivent, les enquêteurs se concentrent sur un homme vivant non loin du domicile familial, décrit par certains habitants comme ayant eu un comportement inapproprié avec des mineures. Une perquisition est menée et son ordinateur est saisi. Cependant, aucune preuve directe ne permet de l’inculper dans la disparition de Tabitha. Les recherches s’intensifient. Des bénévoles parcourent les bois et terrains vagues des environs, des battues sont organisées. La police qualifiera rapidement l’affaire de disparition suspecte.
L’affaire prend progressivement une dimension nationale. En 2005, une rumeur attire l’attention : un témoin affirme que Tabitha aurait été vue au Moyen-Orient, possiblement victime d’un réseau d’exploitation. Ces informations déclenchent des vérifications approfondies. Toutefois, les autorités préciseront ne disposer d’aucune preuve confirmant qu’elle ait quitté le territoire américain.
Le Federal Bureau of Investigation est sollicité afin d’examiner la crédibilité des témoignages. Des échanges sont menés avec des agences fédérales et internationales, notamment pour vérifier d’éventuels signalements correspondant à l’âge et au signalement physique de Tabitha.
Cependant, l’enquête se heurte rapidement à un problème : l’absence de preuve matérielle. Aucun document de voyage, aucun enregistrement de passage frontalier, aucune trace administrative ne permet d’étayer l’hypothèse d’une sortie du territoire. Les témoignages à l’origine de la rumeur s’avèrent imprécis et impossibles à corroborer. Rien ne permet d’affirmer qu’elle se trouve à l’étranger.
L’absence de scène de crime identifiée et de preuve matérielle initiale constitue l’un des principaux obstacles. En 2003, les caméras de surveillance étaient peu répandues dans les quartiers résidentiels, et sans enregistrements vidéo, sans ADN exploitable, sans témoin direct, les enquêteurs manquent d’éléments tangibles.
Au fil des années, certaines pistes sont réexaminées des avancées technologiques, notamment en matière d’analyse numérique et génétique. Toutefois, aucune avancée majeure n’a été annoncée publiquement.
Dans les années qui ont suivi, Bo et Debra Tuders ont multiplié les interviews afin de maintenir l’attention médiatique autour de l’affaire. A plusieurs reprises, Debra a expliqué que le plus difficile n’était pas seulement l’absence, mais l’incertitude permanente : « On ne sait pas quoi penser. On ne sait pas si elle souffre, si elle est en sécurité, si elle est encore en vie. »
Les faux signalements, fréquents dans les affaires très médiatisées, ont représenté une charge psychologique importante pour la famille de Tabitha. De plus, la montée d’Internet et des forums consacrés aux affaires criminelles a également contribué à la multiplication des théories. Certaines évoquaient un enlèvement organisé, d’autres impliquaient des suspects non confirmés.
Plus de vingt ans après sa disparition, Tabitha Tuders reste introuvable. Son dossier est toujours ouvert et les autorités continuent de rechercher tout indice pouvant faire avancer l’enquête.
Liu Huijun était une femme âgée de 37 ans qui vivait à Yuanlin, dans la région de Changhua, à Taiwan. Elle est décrite comme une femme attentionnée, discrète et réservée.
Liu était également une femme ambitieuse et indépendante, qui souhaitait poursuivre ses études et réaliser ses rêves. Selon plusieurs témoignages, Liu dut renoncer à ses projets pour se plier à un mariage arrangé par sa mère. Elle retourna donc dans sa ville natale et épousa un homme plus âgé, ce qui marqua le début d’une vie familiale complexe.
Son mari était un homme violent et alcoolique, ce qui conduisit à un premier divorce. Cependant, dans un contexte très conservateur où le divorce était fortement stigmatisé, ils se sentirent obligés de se remarier. Le couple eut plusieurs enfants, dont la plus jeune, une fille, qui disparaîtra plus tard avec Liu.
Le 19 janvier 2008, le couple eut une nouvelle dispute. La dispute a reprit le lendemain, tout aussi virulente. N’y tenant plus, Liu a prit sa plus jeune fille, monta sur son scooter et quitta le domicile entre 14h et 15h. Liu avait pour habitude de se réfugier chez sa mère lorsque les disputes dégénéraient, et son mari pensa donc qu’elle était allée se calmer avant de revenir. Mais ne la voyant pas revenir, il se rendit chez sa belle-mère, qui lui révéla que Liu n’était jamais venue. Il tenta alors de la joindre, mais son téléphone portable était éteint. Inquiet, il se rendit finalement au poste de police pour signaler la disparition de sa femme et de leur fille.
Pendant ce temps, au Yuanlin Finance Building, un immeuble de bureaux qui contient également des unités résidentielles, un gardien de surveillance trouve une paire de chaussures de femme jetée devant la cage d’escalier, ainsi qu’un manteau rouge et une autre paire de chaussure abandonnés dans l’ascenseur. Il en informe le gérant de l’immeuble qui décide de voir les images de vidéosurveillance.
Le bâtiment où Liu a été vue pour la dernière fois.
Sur les images du 20 janvier, on y voit une femme et une petite fille entrer dans l’asenseur. Elles seront identifiées comme étant Liu et sa plus jeune fille. Elles ont l’air calmes, voire neutre. Pendant l’ascension vers le 11ᵉ étage, Liu commence à retirer son manteau rouge et celui de sa fille. Elle retire également les chaussures de sa fille puis les siennes.
Ses gestes sont lents, elle ne semble pas pressée, ce qui laisse penser à un acte délibéré. On y voit ensuite Liu prendre sa fille dans ses bras. Après être sorties de l’ascenseur au 11ᵉ étage, Liu et sa fille se dirigent vers une cage d’escalier secondaire plutôt que de suivre les couloirs principaux. Cette cage d’escalier mène en partie au toit et à des zones peu accessibles ou rarement surveillées par les caméras.
C’est à partir de ce moment qu’elles disparaissent complètement du champ des caméras. Les caméras de surveillance du hall ne les montrent plus après ce pas hors de l’ascenseur. Aucun enregistrement ne les capte dans la rue, ni dans les commerces alentour.
Les dernières images de Liu Huijun et sa fille.
Des sources mentionnent que le 28 janvier, un agent de sécurité qui travaillait dans l’immeuble a remarqué un scooter garé juste à l’entrée du parking. L’agent de sécurité, qui connaissait chaque véhicule et leur propriétaire, n’a pas reconnu le scooter, qui était garé ici depuis plusieurs jours et dont les clés étaient toujours sur le contact. Il a donc appelé la police pour signaler ce stationnement gênant.
Lorsqu’ils vérifient la plaque d’immatriculation du véhicule, les agents apprennent que le scooter est au nom de Liu Huijun, signalée disparue depuis le 20 janvier. Peu après, le mari de Liu s’est manifesté après avoir vu les informations sur l’incident. La police va lui montrer les images de vidéosurveillance de l’ascenseur, et il va formellement reconnaitre sa femme et leur fille.
Suite à cela, les autorités lancent des recherches approfondies. L’immeuble est inspecté dans son intégralité : escaliers, couloirs, étages, caves, locaux techniques. Le toit est également fouillé. Les enquêteurs cherchent à écarter toute hypothèse d’accident ou de chute, mais aucun indice n’est découvert. Les policiers interrogent les habitants, mais là encore, aucun témoin ne se manifeste. Personne ne se souvient avoir vu Liu Huijun quitter l’immeuble ou monter dans un véhicule.
Les autorités examinent les enregistrements de vidéosurveillance accessibles dans le quartier. Là encore, aucune image ne permet d’identifier Liu Huijun, ni de reconstituer un itinéraire après sa dernière apparition connue. On n’entendra plus jamais parler de Liu, ni de sa fille.
Plusieurs théories ont été évoquées au fil des années. Certains ont envisagé un accident survenu dans une zone non couverte par les caméras. Cette piste a été rapidement examinée, notamment par l’inspection du toit et des parties techniques de l’immeuble. Aucune trace d’une chute ou d’un incident n’ayant été découverte, cette hypothèse n’a jamais donné suite.
La théorie du suicide a également été évoquée en raison du comportement de Liu Huijun dans l’ascenseur. On la voit retirer son manteau puis ses chaussures, sans signe visible de contrainte. Dans certaines cultures asiatiques, enlever ses chaussures peut être associé à un départ définitif. Cette interprétation a conduit certains à envisager un suicide. Toutefois, aucun élément concret, comme la découverte d’un corps ou d’un message, ne permet de confirmer cette hypothèse, qui reste donc incertaine.
Un départ volontaire a également été envisagé. Certains éléments de la vie personnelle de Liu Huijun ont alimenté cette hypothèse, notamment le fait qu’elle se trouvait dans un mariage arrangé décrit comme conflictuel, et le fait qu’elle venait de quitter le foyer familial suite à une dispute avec son mari. Toutefois, l’absence de préparation apparente, le manque d’activité sur les comptes bancaires et le silence total du téléphone de Liu Huijun rendent cette théorie peu plausible.
Par ailleurs, selon les informations disponibles, Liu Huijun était mère de plusieurs enfants. Dans ce contexte, l’idée d’un départ volontaire en n’emmenant qu’un seul d’entre eux est difficile à comprendre. Rien ne permet d’expliquer pourquoi elle aurait laissé ses autres enfants derrière elle, ni dans quelles conditions une telle décision aurait été prise. On peut également se demander pourquoi elle a choisi d’entrer dans ce bâtiment, alors qu’aucun lien connu ne l’y rattachait.
Une autre théorie suggère l’intervention d’une tierce personne dans l’angle mort des caméras. Cette hypothèse repose principalement sur le caractère soudain de la disparition et sur l’impossibilité de retracer un parcours de sortie. Là encore, aucun témoin ni élément matériel ne vient la confirmer, et aucune preuve d’un acte criminel n’a été rendue publique.
Quelques secondes hors de portée des caméras ont suffi à effacer Liu Huijun de toutes traces. Malgré des recherches intensives, la disparition de Liu et sa fille reste un mystère total.
Maximus William “Max” DeVries est né le 18 avril 1990 dans l’Etat américain du Michigan. Il était le fils de George et Yvonne DeVries, et avait une soeur cadette nommée Dominique. Max était très proche de sa famille avec qui il avait une relation privilégiée. Malheureusement, en 2002, George décède d’une crise cardiaque, un événement qui a profondément marqué la famille.
Passionné par l’eau et les activités nautiques, Max avait grandi en bord de lac et aimait passer du temps à naviguer et à s’amuser en plein air. Elève sociable et curieux, il fréquentait le Scranton Middle School et était décrit par ses proches comme vif d’esprit et aimé de ses amis
Début mai 2004, Max quitte le Michigan pour se rendre à Aruba en compagnie de sa mère et de sa soeur. Ce voyage a une signification particulière pour eux : il s’agit d’une occasion de se retrouver et de changer d’air après le décès de George, deux ans plus tôt. La famille embarque à bord de l’Allegra, un bateau privé ancré près de la côte d’Aruba, où ils passent la nuit.
Max et sa mère Yvonne.
Quelques jours après leur arrivée au complexe hôtelier d’Aruba, Max passe une partie de son temps libre à jouer au billard lorsqu’il est abordé par homme d’une trentaine d’années nommé David Jr. Les deux entament une partie ensemble, une interaction qui attire brièvement l’attention d’Yvonne. Sur le moment, elle éprouve un léger malaise, mais le contexte détendu des vacances, où les échanges entre inconnus sont fréquents, la rassure, et elle n’y voit finalement rien d’alarmant.
Au fil de la conversation, David Jr. explique qu’il séjourne sur l’île avec son père adoptif, David Sr., venu célébrer l’anniversaire de son adoption. Peu après, ce dernier se joint au groupe. Ils discutent ensemble de leurs projets respectifs, et Yvonne mentionne que sa famille envisage de faire une balade en jet‑ski le lendemain. David Sr. propose alors que lui et son fils se joignent à eux pour l’activité. Après réflexion, Yvonne accepte.
Le jour suivant s’est déroulé sans incident particulier. Toute la famille a profité d’une séance de parasailing, et à un moment, Max est parti faire du jet‑ski avec David Jr. A la fin de cette journée remplie d’activités, les deux familles se sont séparées, sans prévoir de se revoir.
Le jour d’après, le 12 mai, David Sr. a approché la famille DeVries au bord de la piscine de l’hôtel et a demandé à Max s’il voulait refaire du jet‑ski. Au début, Yvonne a refusé, mais après l’insistance de David Sr. et les supplications de son fils, elle a finalement accepté.« Max sautait de joie, il était surexcité, il me suppliait de le laisser partir. Et je l’ai laissé faire », a raconté Yvonne.
Peu de temps après, Max et David Sr. sont partis sur un jet‑ski, tandis que Yvonne et sa fille Dominique les regardaient. C’est la dernière fois que Max a été vu vivant.
Au bout d’une heure, Yvonne commence à s’inquiéter. En effet, les jet-skis avaient été loués pour quarante-cins minutes, et il n’y avait toujours aucune trace de Max et de David Sr. Elle est descendue à la plage et a constaté que le personnel de la société de location de jet-skis était déjà en train de les chercher à l’aide de jumelles. Paniquée, Yvonne est retournée à l’hôtel pour informer le personnel que son fils avait disparu et que la dernière fois qu’elle l’avait vu, il était sur un jet‑ski avec un homme plus âgé, David Sr., également résident de l’hôtel.
Lorsque l’absence de Max est signalée, le personnel de l’hôtel se rend immédiatement à la chambre occupée par David Sr. et son fils, mais la porte reste fermée et personne ne répond. Devant l’absence de nouvelles, la famille DeVries prévient les autorités locales, qui organisent une opération de recherche en mer avec des embarcations. A leur retour sur la côte, seul David Sr. est retrouvé à bord du bateau de sauvetage, mais Max n’a toujours pas été localisé. Peu après, David Jr. fait son apparition sur la plage, sans explication claire sur son absence pendant les premières heures de la recherche. Interrogé, il dit qu’il a dormi dans sa chambre pour récupérer d’un malaise et qu’il n’a pas entendu le personnel frapper à sa porte
Selon son témoignage aux autorités, David Sr. raconte que Max et lui se seraient éloignés de la plage à bord de leurs jet‑skis vers un banc de sable pour explorer. Selon lui, au moment de repartir, les jet-skis ne fonctionnaient plus. Max aurait alors tenté de lier les deux engins ensemble afin qu’ils ne dérivent pas. C’est à ce moment que David Sr. affirme avoir entendu un bruit sourd, et en se retournant, il aurait constaté que Max flottait au loin sur l’un des jet-skis immobilisés. D’après lui, c’est la dernière fois qu’il a vu l’adolescent.
Cependant, David Sr. a fourni plusieurs versions différentes de ce qui s’est passé lors de la sortie en jet‑ski avec Max, ce qui a compliqué l’enquête. Dans une autre version, il prétend que Max aurait éteint son jet‑ski et tenté de nager vers la côte, ce qui diffère de sa première explication. David Sr. a également donné des récits contradictoires concernant le fait d’avoir appelé ou non Max lorsqu’il s’est retrouvé seul.
Quand David Sr. est amené à parler, les autorités notent qu’il est couvert de éraflures et de marques sur le visage, le cou et les bras. Interrogé sur cela, il a expliqué qu’elles seraient survenues lorsqu’il avait tenté de récupérer les jet-skis et de maîtriser la situation en mer, en s’accrochant aux engins et aux cordages, bien que certains enquêteurs aient trouvé ces explications peu plausibles compte tenu de l’état des jet-skis et des conditions.
Yvonne fut la première à ne pas croire aux explications de David Sr. Elle craignait qu’il ait fait du mal à son fils et que ses égratignures soient le résultat d’une tentative de défense de Max. Désespérée, elle demanda à la police de procéder à un prélèvement d’ADN sous les ongles et à un test polygraphique. Mais la police a refusé, prétextant que de telles procédures n’étaient pas courantes ou nécessaires dans leur juridiction.
Les autorités arubaines ont immédiatement lancé une recherche maritime étendue, mobilisant bateaux de sauvetage, garde‑côtière, hélicoptères et avions, mais aucune trace de Max n’a été retrouvée malgré plusieurs jours d’opérations intensives. La police d’Aruba a officiellement conclu qu’il s’agissait d’un accident en mer et déclaré Max « perdu en mer », mettant fin à la phase active des recherches, et laissant la famille DeVries livrée à elle-même.
En 2005, Yvonne a contacté le lieutenant retraité Cory Williams, ancien détective du service de police de Livonia dans le Michigan. Il a accepté de revoir les documents, les rapports et les témoignages de l’enquête arubaine, et a rapidement constaté des contradictions importantes dans les versions données par David Sr. Il a également constaté l’absence de vérifications approfondies, comme les antécédents des deux David. Et en fouillant dans le passé de David Sr. et David Jr., Williams a déclaré avoir identifié des éléments troublants qui l’ont amené à remettre en question certaines des versions officielles de l’enquête.
Dans la série documentaire, il explique avoir contacté les autorités afin de vérifier les antécédents des deux hommes. « L’une des déclarations faites par le plus jeune mentionnait qu’il avait déclaré à la police, en 1981, avoir été victime de son père pour des crimes contre des enfants », affirme-t-il, sans que ces éléments n’aient conduit à une mise en cause officielle dans l’enquête sur la disparition de Max.
Williams a ensuite porté le dossier à l’attention du FBI, ce qui a entraîné une période où le cas a été considéré comme un cold case auprès des autorités fédérales américaines. Cependant, comme plusieurs agents ont été ensuite réaffectés à d’autres enquêtes nationales, le dossier a été mis en suspens, ce qui a poussé Yvonne à continuer à faire pression pour qu’il soit rouvert et examiné plus rigoureusement.
« Le FBI m’a appelée en octobre 2008 pour m’informer qu’ils avaient clos l’enquête le concernant. Ne jamais savoir ce qui s’est passé dans les derniers instants de la vie de Max sera toujours une épreuve difficile. Je peux affirmer sans hésiter que ni notre gouvernement ni celui d’Aruba n’ont fait le nécessaire pour découvrir ce qui est arrivé à mon fils. » déplore Yvonne.
Aucun rebondissement n’a été signalé jusqu’en avril 2016, lorsqu’Yvonne a reçu un message sur Facebook d’une femme souhaitant rester anonyme, qui avait été en couple avec David Jr. pendant un an. Cette dernière racontait qu’un jour, alors qu’elle, David Jr. et David Sr. se trouvaient dans le salon, David Sr. avait soudain évoqué la disparition d’un « garçon de quatorze ans à Aruba », précisant que David Jr. avait été très proche de Max et que sa disparition l’avait profondément affecté.
Selon ses propos, lorsqu’elle a demandé à David Jr. ce qui s’était passé à Aruba, il a réagi avec colère et lui a interdit de mentionner Max. La femme aurait alors remarqué des comportements inappropriés de David Sr. envers son propre fils mineur, ce qui l’a poussée à mettre fin à sa relation. En enquêtant sur la disparition de Max, elle a décidé de contacter Yvonne pour partager ces informations.
Yvonne a ensuite été mise en contact avec une autre ancienne compagne de David Jr., qui affirmait que celui-ci parlait souvent de Max dans son sommeil et que, selon lui, la seule chose positive que son père avait faite pour lui avait été de « l’avoir sorti d’Aruba ». Cette femme rapportait également avoir été victime d’une agression de la part de David Jr., dont elle a pu s’échapper. Aucune arrestation ni inculpation n’a été rendue publique à la suite de ces déclarations.
En 2024, une série documentaire intitulée Never Seen Again a consacré au moins deux épisodes à l’affaire de Max DeVries, remettant sa disparition en lumière. Yvonne, quant à elle, continue de sensibiliser le public à travers des prises de parole, des appels à témoins et des activités sur les réseaux sociaux, notamment sur Tiktok et Facebook. Un peu plus de vingt ans après la disparition de Max, elle espère que les actions qu’elle mène conduiront la police et le FBI à réexaminer le dossier de son fils et à rouvrir l’enquête.
Nevaeh Leigh Kingbird est née le 26 août 2006 à Bemidji, dans l’État du Minnesota aux États-Unis. A l’époque de sa disparition, elle avait 15 ans et était une élève de première année de lycée. Elle est la troisième des six enfants de sa mère, Teddi Wind, et était très proche de ses frères et sœurs ainsi que de son neveu. Elle est membre inscrite de la communauté Ojibwe, du Red Lake Band of the Minnesota Chippewa Tribe, et parlait couramment à la fois l’Ojibwe et l’anglais.
Nevaeh était décrite comme une jeune fille aimante, sensible et très attachée à sa famille, qui aimait passer du temps avec ses proches et prenait soin de sa maison. Elle n’était pas du genre à s’éloigner longtemps sans donner de nouvelles. Elle est également décrite comme ayant une âme artistique (elle dessinait, peignait et écrivait des poèmes) et rêvait d’aller à l’université dans le Colorado après le lycée. Elle aimait aussi le volleyball, sport qu’elle pratiquait.
Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2021, Nevaeh se trouvait à Bemidji. Après avoir dit à sa mère qu’elle allait au cinéma avec des amis, elle a en réalité assisté à une première petite réunion dans le quartier de Carter Circle, dans le sud-est de la ville, où elle a été vue vers 1h du matin. Peu après, elle s’est rendue à une deuxième résidence dans le secteur de Southview Terrace Park, où elle aurait été aperçue seule en train de partir vers 2h du matin ; ce sont les dernières observations confirmées d’elle.
Depuis ce moment, elle n’a établit aucun contact avec sa famille ou ses amis, et son téléphone n’a plus émis de signal. Les circonstances entourant ses déplacements cette nuit-là, notamment pourquoi elle est partie à pied entre ces lieux, restent floues, ce qui rend l’enquête particulièrement difficile. Des habitants de la zone ont même signalé une possible apparition d’une jeune femme correspondant à son signalement entre 3h30 et 4h du matin dans un autre quartier proche, mais cela n’a pas encore été confirmé de manière définitive.
Dès l’annonce de la disparition de Nevaeh Kingbird, la police de Bemidji a mobilisé d’importantes ressources. Dans les premiers jours, des équipes au sol, assistées de chiens pisteurs et de volontaires locaux, ont ratissé les zones boisées et marécageuses situées autour de Carter Circle, l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois.
Des drones, des hélicoptères et des caméras thermiques ont été déployés pour tenter de détecter une présence ou un objet personnel pouvant guider les recherches. Le FBI et le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension (BCA) se sont rapidement joints à l’enquête, élargissant le périmètre et vérifiant des dizaines de pistes, y compris les mouvements de personnes présentes la nuit de sa disparition.
Malgré les nombreux signalements et les entrevues menées au sein de son cercle social, aucun élément matériel n’a été retrouvé. Avec le temps, l’absence d’indices exploitables a rendu l’enquête particulièrement difficile.
La disparition de Nevaeh a profondément marqué la communauté de Bemidji et la Red Lake Nation. Sa famille, déterminée à ne jamais abandonner, organise régulièrement des marches, vigiles, événements commémoratifs et campagnes d’affichage pour maintenir son visage visible du public. Sa mère, ses tantes et ses frères et sœurs ne cessent de rappeler que Nevaeh était une jeune fille très proche de sa famille, et que son silence prolongé ne correspond en rien à son caractère.
«Ce n’est pas du tout dans ses habitudes de rester des mois sans contacter qui que ce soit. Elle prenait toujours des nouvelles de sa famille proche et de ses amis. Depuis sa disparition, personne n’a reçu le moindre message. » a déclaré sa cousine, Valahlena Steeprock.
Selon sa mère Teddi Wind, Nevaeh avait des problèmes de santé mentale, notamment un diagnostic de trouble bipolaire, ce qui, d’après elle, pouvait affecter son comportement à certains moments. Sa mère explique également qu’elle avait été inquiète par son état et qu’elle avait parfois tendance à partir sans prévenir, ce qui avait déjà eu lieu auparavant quand elle était en phase maniaque, mais elle restait normalement en contact avec la famille.
De plus, Nevaeh avait perdu deux de ses amis par suicide en 2021 : l’un en avril et l’autre une semaine avant sa disparition. Ces pertes ont été décrites comme des épreuves particulièrement dures pour elle, amplifiant ses difficultés émotionnelles.
Le 22 octobre 2021, quelques heures avant la disparition de Nevaeh, sa mère l’a appelée alors qu’elle se trouvait au travail. Au cours de cette conversation, Nevaeh lui a dit : « Je t’aime, maman. Tu me manques ». Teddi a expliqué plus tard que sa fille avait du mal à parler et que quelque chose dans sa voix l’avait immédiatement inquiétée. Lorsqu’elle lui a demandé si tout allait bien, Nevaeh a répondu par l’affirmative, mais sa mère a confié avoir senti que ce n’était pas le cas.
Certaines sources ont évoqué la possibilité que Nevaeh ait quitté volontairement son domicile, notamment après avoir assisté à des fêtes le soir de sa disparition. Toutefois, sa mère et sa famille insistent fortement sur le fait que cela ne correspond pas à son caractère : Nevaeh était très proche de sa famille et ne s’était jamais éloignée pendant de longues périodes sans prévenir.
Les forces de l’ordre ont envisagé que Nevaeh aurait pu se retrouver dans une situation dangereuse lors de la nuit où elle a été vue pour la dernière fois. L’absence d’indices matériels ou de corps rend cette hypothèse difficile à confirmer, mais elle reste dans la liste des possibilités, notamment étant donné qu’elle circulait seule dans des zones peu surveillées.
La théorie la plus créditée par la police et la famille est que Nevaeh a pu être victime d’un acte criminel. La nuit de sa disparition, Nevaeh a été vue avec d’autres personnes lors de fêtes, et il y aurait eu des individus présents dans sa maison sans autorisation avant d’être chassés par Teddi, ce qui pourrait indiquer que des personnes extérieures à la famille ont eu un rôle dans sa disparition. Le fait que Nevaeh n’ait laissé aucune trace, aucun objet ou message, et que personne ne l’ait revue, alimente l’idée qu’un acte criminel pourrait être impliqué.
Une récompense de 10 000 $ a été mise en place pour encourager toute personne détentrice d’informations crédibles à se manifester. Pour sa famille, chaque anniversaire, chaque saison qui passe et chaque événement communautaire rappelle douloureusement son absence. A ce jour, Nevaeh est toujours portée disparue.
Rhonda Sue Coleman est née le 18 janvier 1972 à Hazlehurst, dans l’Etat américain de la Géorgie. Fille unique, elle grandit aux côtés de ses parents, Milton et Gayle, dans cette petite ville rurale où tout le monde se connaît. À 18 ans, Rhonda est en terminale au Jeff Davis High School, membre du Future Farmers of America et du Epilogue Y-Club, engagée dans la vie scolaire comme dans celle de son église, la Tabernacle Baptist Church.
Travailleuse et responsable, elle occupe un emploi de caissière au supermarché Piggly Wiggly, tout en préparant son futur : Rhonda rêve de poursuivre ses études à Georgia State University pour devenir infirmière pédiatrique. Ses amis la décrivent comme une jeune femme simple, sociable, toujours souriante, parfois un peu garçon manqué, plus à l’aise dans les activités en plein air que dans les artifices.
Le 17 mai 1990, la journée s’annonçait comme beaucoup d’autres pour les élèves de terminale de Hazlehurst. À l’approche de leur remise de diplôme, les lycéens du Jeff Davis High School s’étaient réunis en début de soirée chez une camarade pour préparer une banderole de fin d’année. Rhonda faisait naturellement partie du groupe. L’ambiance était légère, festive, et personne ne se doutait que quelques heures plus tard, tout allait basculer.
Vers 22 heures, Rhonda quitte la petite fête. Elle doit rentrer chez elle et prévoit, selon ce qu’elle confie à ses amies, de passer brièvement au drive-in d’un restaurant local avant de respecter le couvre-feu imposé par ses parents. Elle conduit sa Chevrolet Cavalier 1989, un véhicule qu’elle maîtrise bien. Mais cette nuit-là, Rhonda n’arrivera jamais à destination.
Peu après 22h30, Layla Miller Marshall revenait de chez son petit ami lorsqu’elle a repéré la voiture de Rhonda, garée dans une zone boisée du comté de Montgomery. Le moteur était encore en marche, les phares allumés, la porte côté conducteur entrouverte, et son sac à main posé sur le siège. Une scène figée et étrange, comme si la jeune femme avait été interrompue en pleine action ou contrainte de sortir précipitamment du véhicule.
Layla, qui est une camarade de Rhonda, a été troublée par cette scène. Elle a coupé le moteur avant de revenir chez son petit ami pour téléphoner à la police, puis est revenue sur les lieux avec lui pour tenter de retrouver Rhonda. Après 30 minutes sans intervention de la police, Layla et son petit ami sont retournés à nouveau chez lui pour rappeler la police, qui finit par arriver sur les lieux à 23h30. Pendant ce temps, les parents de Rhonda, de plus en plus inquiets car leur fille ne rentre pas et n’a pas prévenu, commencent à la chercher aux alentours de 23 heures.
La voiture de Rhonda, retrouvée abandonnée.
« L’un de mes souvenirs les plus marquants reste l’arrivée de son père en voiture. » se souvient Layla lors d’une interview avec Dateline. « Il me demandait « Layla, où est Rhonda ? », j’ai répondu : « Monsieur Coleman, je ne sais pas ». Ses yeux se sont remplis de larmes. J’ai tout de suite compris qu’il savait que quelque chose n’allait vraiment pas. »
Pendant trois jours, la petite ville de Hazlehurst vit au rythme d’une recherche frénétique. Les patrouilles de police quadrillent les routes de campagne, les volontaires locaux fouillent bois, fossés et clairières, tandis que les parents de Rhonda, épuisés, oscillent entre l’espoir et la terreur.
Le 20 mai 1990, l’inquiétude laisse place à l’horreur. Le corps de Rhonda Sue Coleman est découvert dans une zone boisée et isolée du comté de Montgomery, à environ 15 kilomètres de l’endroit où sa voiture avait été retrouvée. Elle est encore entièrement vêtue, mais une partie de son corps est brûlée, signe d’une tentative d’effacer des preuves, ou d’un acte post-mortem destiné à brouiller la scène.
Un enquêteur présent ce jour-là dira plus tard : « Il était clair que quelqu’un avait essayé de détruire des preuves. L’emplacement, les brûlures, la distance par rapport à la voiture… rien de tout cela n’était accidentel. »
Les enquêteurs notent la présence de traces de pneus supplémentaires près de la voiture, qui n’appartiennent pas à la Chevrolet Cavalier de Rhonda. Même si elles ne peuvent pas être associées de manière certaine à un modèle ou à un suspect, elles indiquent clairement qu’un autre véhicule s’est arrêté à côté, et qu’une seconde personne (ou plusieurs) était probablement présente au moment critique.
On rapporte également la présence d’empreintes de pas autour du véhicule. Elles n’ont pas pu être exploitées ou associées formellement à quelqu’un, mais leur orientation et leur proximité suggèrent qu’une interaction a eu lieu à l’extérieur du véhicule. L’emplacement de la découverte n’est pas anodin : il s’agit d’une route de campagne, sombre, bordée de bois. Ce n’est pas un lieu où une adolescente se serait arrêtée volontairement à cette heure de la nuit. Cependant, la voiture semblait intacte : pas de vitre brisée, pas de signe de vol, pas d’objet manquant. Rien qui permette d’établir une agression claire. Mais tout laissait penser que Rhonda avait été interrompue, surprise, ou approchée par quelqu’un qu’elle connaissait peut-être suffisamment pour baisser sa garde.
Comme le dira plus tard un enquêteur ayant travaillé sur l’affaire : « Ce que nous avons vu ce soir-là, c’était une scène figée. Quelqu’un l’a arrêtée, ou quelqu’un l’a fait s’arrêter. Elle n’est pas partie d’elle-même. »
La théorie la plus courante est celle de l’enlèvement par un inconnu. Le fait que la voiture soit abandonnée sur une route isolée, le moteur allumé et les phares allumés, laisse penser que Rhonda a été forcée de quitter son véhicule. Les traces de pneus et les empreintes autour de la voiture renforcent cette hypothèse : quelqu’un d’autre était présent ce soir-là. Cette théorie suppose que l’agresseur connaissait les habitudes de Rhonda, ou avait observé la fête de fin d’année à l’avance.
Certains enquêteurs avancent que le crime pourrait impliquer une personne que Rhonda connaissait. La scène ne présente pas de signe d’effraction dans le véhicule, et aucun objet personnel n’a été volé. Cela suggère que la jeune fille n’était pas en alerte et que l’agresseur pouvait être quelqu’un en qui elle avait confiance. Le corps de Rhonda ayant été partiellement brûlé laisse penser à une tentative de détruire des preuves. Cela pourrait indiquer que l’agresseur, après un geste impulsif ou violent, a cherché à effacer ses traces. Les enquêteurs considèrent aussi la possibilité d’un meurtre motivé par la haine ou la vengeance, mais aucune preuve directe n’a jamais confirmé cette piste.
Plus de trente ans après la disparition et le meurtre de Rhonda Sue Coleman, son visage et son histoire continuent de hanter Hazlehurst et le comté de Montgomery. Pour sa famille, chaque jour sans réponses est un combat. Comme le confie sa mère, Gayle Coleman : « Même après toutes ces années, nous voulons juste savoir la vérité. Nous voulons que Rhonda ait la paix, et que la personne responsable réponde de ses actes. »
Christopher Milton Dansby est un garçon américain né le 30 mars 1987 à Manhattan. Sa mère, Allison Dansby, vivait à Central Harlem avec Christopher et son frère aîné, Levon. Leur père, Milton Robbins, était parti s’installer en Floride peu après la naissance de Christopher, et n’avait qu’un contact intermittent avec ses fils.
Christopher était un petit garçon joyeux, souriant, curieux ; sa mère et sa famille le décrivaient comme vif et plein de vie. Il vivait avec sa mère, son frère, sa grand-mère maternelle Elizabeth Manley et plusieurs oncles et tantes dans l’immeuble des Martin Luther King Jr. Towers, un complexe d’appartements de logements sociaux à Harlem.
Le 18 mai 1989, vers la fin de l’après-midi, Allison emmène Christopher et Levon au parc du complexe, situé à l’angle de la 113e/114e rue et Lenox Avenue. Elle laisse les deux enfants sous la surveillance de leur grand-mère et d’une tante pendant qu’elle part faire quelques courses rapides à l’épicerie proche. Avant de partir, elle serre Christopher dans ses bras et lui dit qu’elle revient très vite. Une trentaine de minutes plus tard, lorsqu’elle revient, Christopher a disparu : Levon, la grand-mère et la tante sont là mais aucun signe de Christopher. Des témoins affirment l’avoir vu quelques instants plus tôt jouer avec une balle rouge, balle qui ne lui appartenait pas, puis il s’était volatilisé.
Les tours Martin Luther King, Harlem.
Carolyn s’est mise à chercher Christopher à son tour. Certains témoins au parc diront avoir vu le petit garçon jouer avec une balle rouge. Elizabeth dira qu’elle avait vu Christopher alors qu’il jouait avec son cousin, elle avait détourné le regard quelques secondes pour parler à quelqu’un, et le petit garçon avait soudainement disparu de son champs de vision. Le cousin de Christopher, qui jouait avec lui, dira également qu’il ne l’avait soudainement plus vu dans le parc. De plus en plus paniquée, Allison a commencé à chercher son fils dans le quartier, mais Christopher était toujours introuvable.
Le 911 fut appelé et des policiers furent rapidement sur place. Ils ont interrogé les passant, ont fouillé les immeubles alentours qui comptaient une dizaine de tours de plusieurs étages, et on ratissé un large secteur s’étendant sur 24 pâtés de maisons. Des hélicoptères et des chiens policiers ont également été déployés, et un chien a pu suivre l’odeur de Christopher au sud de Lenox Avenue, avant de perdre sa trace. Un lac à proximité a été fouillé au cas où Christopher serait tombé dedans, mais il n’y avait aucune trace du petit garçon.
L’inspecteur Lindahl a pointé le fait que la rue où se trouve le parc était particulièrement fréquentée ce jour-là, et que quelqu’un aurait pu kidnapper Christopher en le faisant monter dans un véhicule. Allison est persuadée que son fils n’aurait pas spontanément suivi un inconnu et que quelqu’un l’a emmené contre son gré. Dans les années 1980, New York était connu pour être particulièrement mal fréquenté, avec un taux élevé de crimes et de délits. Harlem, en particulier, était considéré comme un endroit très dangereux, bien que la plupart des familles essayaient de s’en sortir comme elles pouvaient.
Un garçon de 7 ans du voisinage a déclaré avoir vu Christopher plus tard dans la journée, marchant dans la rue (West 111th Street) avec un homme non identifié. Cet homme est décrit comme un Afro-Américain d’environ 25-30 ans, de grande taille, mince, avec des dreadlocks.
Allison Dansby, qui a eu des problèmes de toxicomanie par le passé, est brièvement soupçonnée d’être impliquée dans l’enlèvement de son propre fils, accusation qu’elle réfute avec force. Elle passe au polygraphe, mais les résultats sont jugés inconclusifs. Elle affirme avoir arrêté la drogue et n’avoir aucune dette envers personne. Ces pistes ne mèneront nulle part.
Shane Anthony Walker
Trois mois après la disparition de Christopher, un autre enfant, Shane Anthony Walker, âgé de 19 mois, disparaît dans des circonstances étonnamment similaires : même parc, même jour de la semaine (un jeudi), même créneau horaire. Et détail glaçant : juste avant sa disparition, Shane jouait avec les mêmes deux enfants plus âgés (une fille de 10 ans et un garçon de 5 ans) qui se trouvaient au parc le jour où Christopher a disparu. La mère de Shane, Rosa Glover, se souvient que le garçon et la fille ont insisté pour jouer avec Shane ce jour-là, et qu’elle a finalement accepté à contrecoeur. Juste après, un homme s’est assis à côté d’elle sur le banc et a commencé à lui parler, captant son attention quelques instants. L’homme lui aurait parlé de ce qui peut arriver à des enfants kindappés, et elle se souvient qu’il avait des cicatrices. Lorsque Rosa a relevé les yeux, Shane avait disparu, ainsi que les deux enfants avec qui il jouait.
C’est alors que Rosa a aperçu les deux enfants qui revenaient au parc, mais Shane n’était pas avec eux. Rosa leur a demandé où était son fils, les enfants ont répondu qu’ils sont partis quelques instants mais qu’ils avaient laissé Shane au parc. Rosa a rétorqué que son fils était introuvable et elle a continué à le chercher avant d’appeler la police.
Les deux enfants avec qui Shane a été vu pour la dernière fois ont été interrogés, ainsi que leurs parents, mais les enquêteurs n’ont rien trouvé qui pourrait les lier à l’enquête. L’homme aux cicatrices ayant parlé à Rosa a également été retrouvé et interrogé, mais cela n’a rien donné. Shane n’a jamais été retrouvé.
Néanmoins, pour les enquêteurs comme pour les habitants du quartier, la coïncidence est trop forte. Les deux affaires sont rapidement liées, mais aucun élément concret ne permettra d’établir qu’un même individu soit responsable. Certains mentionnent l’existence d’un “baby black market”, un marché clandestin où des enfants seraient revendus à des couples incapables d’adopter légalement.
Quelques mois avant la disparition de Christopher, un nourrisson nommé Andre Terrance Bryant avait été enlevé à Brooklyn. Sa mère avait ensuite été retrouvée morte dans un parc, et Andre n’a jamais été retrouvé. Certains voient dans ces trois disparitions un schéma inquiétant. Mais la violence meurtrière dans l’affaire Bryant diffère complètement des disparitions “propres” de Christopher et Shane. Les enquêteurs restent donc prudents : peut-être lié, ou peut-être juste une tragique succession d’événements sans rapport.
Malgré l’ampleur des recherches, les portraits-robots, les diffusions médiatiques et les appels à témoins, aucune piste solide n’a jamais permis de retrouver Christopher. Mais Allison n’a jamais cessé de croire que son fils est en vie. Elle a participé à des interviews et à des émissions comme Unsolved Mysteries où elle confie sa culpabilité mais également son espoir de retrouver son fils un jour. Elle s’accroche à des histoires comme celle de Carlina White, enlevée à Harlem bébé et retrouvée vingt-trois ans plus tard. Allison a quitté le complexe d’appartements dans lequel elle vivait avec sa famille pour déménager ailleurs à Manhattan, et elle a tenté de reprendre sa vie en main. A ce jour, elle continue de parler de Christopher dans les médias afin que son fils ne tombe pas dans l’oubli.