Disparus en mer : le destin tragique des Lonergan.

Tom Lonergan, né le 28 décembre 1964, et Eileen Hains, née le 3 mars 1969, se sont rencontrés à l’Université d’Etat de Louisiane d’où ils en sont ressortis diplômés. Peu après leurs études, ils se marient à Jefferson au Texas, le 24 juin 1988. Les Lonergan étaient décrits comme un couple complice et très amoureux, et prévoyaient de s’installer bientôt à Hawaii.

Tom et Eileen

En 1998, le jeune couple termine une mission dans les îles Fidji dans le cadre de Peace Corps, une agence bénévole américaine qui tend à aider les pays en développement. Mais avant de rentrer aux Etats-Unis, Tom et Eileen souhaitent s’offrir des vacances à l’étranger. Ils s’arrêtent dans le Queensland en Australie, et très vite le jeune couple passionné par la plongée sous-marine a l’idée de visiter la Grande Barrière de Corail. Ils réservent donc une excursion en haute mer avec l’agence Outer Edge basée à Port Douglas, et le dimanche 25 janvier 1998 ils se lèvent très tôt et prennent un mini-bus depuis Cairns afin de se rendre au lieu de rendez-vous. L’activité doit se dérouler autour du récif de Saint Chrispin, situé à environ 70km au nord-est de Port Douglas.

A 8h30 du matin, Tom et Eileen montent à bord du bateau de plongée avec 26 autres passagers, piloté par Geoffrey Nairn, le gérant de l’agence Outer Edge, et le bateau arrive au récif de Saint Chrispin vers 9h45. Tom, Eileen, ainsi que d’autres plongeurs enfilent leur tenue de plongée et reçoivent les directives des instructeurs. Ils doivent revenir au bout de 30 minutes maximum. Suite à cela, les Lonergan plongent et profitent de la beauté du site. Vers 14h, après leur pause déjeuner, le petit groupe se prépare pour leur dernière plongée. Les Lonergan, qui sont des plongeurs expérimentés et possédant le padi Open Water, informent les instructeurs qu’ils souhaitent plonger un peu plus loin du groupe, de manière plus autonome, demande qui leur sera acceptée.

A 14h30, le couple effectue alors leur dernière plongée, et doivent revenir 30 minutes plus tard au bateau. A 15h, Geoffrey Nairn donne un coup de sirène pour informer tous les plongeurs qu’ils doivent revenir sur le bateau. Un membre de l’équipage effectue le comptage des gens à bord, et informe Nairn qu’il y a bien les 26 passagers présents, et le bateau retourne alors à Port Douglas. Un des employés trouvera un sac oublié à bord, il ne se posera pas plus de question et le jettera dans la corbeille des objets trouvés. En effet, il est très fréquent que des touristes oublient des affaires lors des sorties en bateau.

Plus tard à 16h30, le conducteur du mini-bus chargé de ramener les passagers à Cairns s’étonne de ne pas voir le couple Lonergan qu’il avait rencontré le matin même. Il commence à faire le tour des bars au cas où le couple se serait arrêté pour boire un verre, mais ne les trouvant pas, le conducteur n’a pas d’autres choix que de partir sans eux. Une fois à Cairns, il informe sa patronne de l’absence du couple. Cette dernière appelle alors Geoffrey Nairn, mais ce dernier ne s’en inquiétera pas plus que cela.

Le 26 janvier, Nairn conduit un nouveau groupe de touristes à bord de l‘Outer Edge vers Saint Chrispin. Au cours de la journée, l’un des plongeurs remonte à bord avec six plombs de plongée provenant d’une ceinture de lestage, mais cette découverte n’alarmera pas le responsable, car il est assez fréquent de retrouver des objets perdus ou abandonnés dans cette zone de plongée très fréquentée.

Le 27 janvier, la routine continue et une nouvelle excursion est organisée sur Saint Chrispin. Une fois rentré à Port Douglas, Geoffrey Nairn est intrigué par la corbeille des objets trouvés, dans laquelle se trouve le sac retrouvé par un employé sur le bateau dimanche dernier. Il se permet de fouiller à l’intérieur du sac, et y trouve des vêtements ainsi qu’un portefeuille et un passeport au nom de Tom Lonergan. Nairn va alors commencer à paniquer et à se demander s’il n’avait pas bel et bien oublié Tom et Eileen Lonergan en pleine mer deux jours plus tôt.

Geoffrey Nairn appelle l’auberge de jeunesse où séjourne le couple et on lui confirme que les Lonergan n’ont pas été revus depuis le matin du dimanche 25 janvier. Nairn se résout alors à appeler le 000, l’appel d’urgence de l’Australie. Un hélicoptère est directement envoyé au récif Saint Chrispin pour localiser le couple, mais sans succès. Le 28 janvier, des équipes de sauvetage aérien et maritime, des navires civils et la marine fouillent l’océan pendant trois jours.

Le 5 février 1998, à plus de 100km de Saint Chrispin, on va retrouver sur le rivage de Indian Head une combinaison pour femme. En juin 1998, on retrouve au même endroit des gilets gonflables portant le nom de Tom et Eileen Lonergan, ainsi que leurs bouteilles d’air comprimé. Ces objets seront analysés et on constate la présence de balanes, dont la croissance permet de déterminer que cette combinaison se trouvait dans l’océan depuis janvier 1998.

Le gilet de Tom Lonergan

On retrouvera également une ardoise de plongeur, un objet utilisé pour communiquer sous l’eau. Sur l’ardoise y est écrit : « Lundi 26 janvier 98 à 8h. A toute personne qui peut nous aider, nous avons été abandonnés sur le récif australien Agincourt par l’Outer Edge le 25 janvier 98 à 15h. Aidez-nous s’il vous plaît venez nous sauver avant que l’on meure, à l’aide !!! ».

Le dernier message des Lonergan

Ce message de détresse confirme que le jeune couple a bien été oublié dans l’océan par Geoffrey Nairn. Il sera inculpé d’homicide involontaire et son procès s’ouvre en novembre 1999. Mais lors de l’audience, l’avocat de la défense met en avant les journaux intimes du couple, qui ont été retrouvés par la police, pour soutenir l’idée qu’ils auraient fait un pacte de suicide, ou qu’ils auraient simuler leur mort pour refaire leur vie ailleurs. En effet, quelques mois avant le drame, Tom Lonergan avait écrit dans son journal que sa vie était complète et qu’il était prêt à mourir. Et deux semaines avant leur disparition, Eileen écrira dans son propre journal que son mari espèrait une mort rapide et sans douleur.

Nairn sera finalement jugé non coupable de cet accident, car n’ayant jamais retrouvé leurs corps, le doute subsiste sur la mort des Lonergan. En revanche, son agence sera condamnée à payer une forte amende pour négligence et Nairn se retrouvera ruiné. Le verdict sera mal accueillit par les familles de Tom et Eileen, qui reprochent l’utilisation des journaux intimes du couple pour décrédibiliser leur mort. En parallèle, la sécurité en plongée sous-marine sera renforcée par le gouvernement du Queensland.

En 2003, le film Open Water réalisé par Chris Kentis remet en lumière cette affaire quelque peu oubliée. Le film s’inspire fortement de l’histoire du couple Lonergan et fera un carton au box-office, générant plus de 25 millions de dollars. Mais il ne sera pas vu d’un très bon oeil par Geoffrey Nairn, ni par les agences de plongée sous-marine australiennes, qui gardent des séquelles de cette sombre affaire. En 2006, à plus de 400km au sud de Port Douglas, un homme retrouve sur la plage une palme de plongée jaune en assez bon état. Sur cette palme se trouve un mot rendu presque illisible : Lonergan. L’objet sera restitué à la police. Le 31 décembre 2015, Geoffrey Nairn décède à l’âge de 59 ans.

John Hains, le père d’Eileen, est persuadé que le couple est mort par noyade ou par une attaque de requins. Il ne croit pas en la théorie du suicide et a affirmé que les messages retrouvés dans les journaux intimes ont été sortis de leur contexte. Un avis qui sera partagé par la justice australienne. En effet, Tom et Eileen étaient des catholiques fortement impliqués dans leur religion. L’église catholique condamnant le suicide, ils n’auraient sans doute pas commit l’irréparable. De plus, ils n’auraient certainement pas écrit ce message de détresse s’ils avaient prévu de se suicider en pleine mer, et mourir noyé ou dévoré par des requins n’est certainement pas une manière douce et rapide de mourir comme le souhaitait Tom Lonergan.

Image tirée du film « Open Water »

On pense également à la théorie d’une disparition volontaire. Peut-être que les Lonergan avaient pour objectif de fuir afin de refaire leur vie ailleurs. Peut-être avaient-ils des raisons qui les auraient poussé à disparaître. Mais cela n’explique pas l’appel à l’aide retrouvé sur l’ardoise. La police a finalement écarté cette théorie car aucun mouvement n’a été enregistré sur les comptes bancaire de Tom et Eileen depuis.

La thèse la plus plausible reste celle de l’accident. Il est fort probable qu’ils soient remontés trop tard à la surface, et peut-être qu’ils auraient même vu le bateau s’éloigner. Le bateau se trouvant déjà loin, l’équipage n’aurait pas entendu leurs appels de détresse, les condamnant à leur triste sort. Oubliés au beau milieu de l’océan et de tous les dangers, Tom et Eileen auraient donc écrit un dernier message sur leur ardoise tout en ayant l’espoir que quelqu’un remarquerait leur absence et qu’on reviendrait les chercher. Ils seraient alors morts après une lente agonie, succombant à la noyade ou à une attaque d’animaux marins.

A ce jour, les corps de Tom et Eileen Lonergan n’ont jamais été retrouvés.

Asha Degree : disparue dans la nuit.

Asha Degree est née le 5 août 1990. Elle est la fille de Harold et Iquilla Degree, elle a aussi un frère aîné nommé O’Bryant. La famille vit dans une zone rurale au nord de Shelby en Caroline du Nord.

Asha Degree

La famille d’Asha était très soudée et également croyante. La petite Asha accompagnait sa famille tous les dimanche pour aller à l’église et elle suivait même des cours pour étudier la Bible. Asha était en quatrième année à la Fallston Elementary School et était considérée comme une élève studieuse, elle était également décrite comme étant mature pour son âge et elle excellait dans le basket-ball.

Le 12 février 2000, Asha passe l’après-midi chez sa tante avant de partir pour son entraînement de basket. Mais l’équipe d’Asha perd son premier match de la saison à cause d’une faute qu’elle aurait commise, ce qu’il ‘l’avait beaucoup attristée, mais elle s’en était apparemment vite remise.

Nous sommes le 13 février 2000. Ce jour-là, la famille se rend à l’église pour la messe du dimanche et passe ensuite l’après-midi chez la grand-mère d’Asha qui habitait tout près. Lorsqu’ils rentrent chez eux, Asha et O’Bryant sont partis se coucher vers 20h. Une heure plus tard, les enfants sont réveillés par une panne de courant causée par une tempête d’orage. Vers minuit, Harold Degree rentre du travail et jette un oeil dans la chambre de ses enfants pour voir s’ils dormaient. Les enfants sont plongés dans le sommeil et Harold se couche vers 2h du matin.

Asha et O’Bryant partageaient la même chambre. Dans la nuit, O’Bryant entend le lit de sa soeur couiner et suppose qu’elle bouge dans son sommeil, ou qu’elle s’est levée pour aller aux toilettes. Vers 5h40 du matin, leur mère Iquilla vient réveiller ses enfants pour les préparer pour l’école. Quand elle rentre dans leur chambre, elle remarque que son fils est endormi dans son lit, mais que sa fille est absente. Iquilla fait le tour de la maison et regarde même dans la voiture pour chercher sa fille, mais Asha est introuvable. Paniquée, Iquilla réveille son mari et appelle la police.

Les policiers arrivent vers 6h40 avec des chiens renifleurs. Malheureusement, à cause de la pluie de cette nuit il fut difficile aux chiens de traquer l’odeur d’Asha. Les parents se mirent à chercher leur fille et à crier son nom dans le quartier. La même journée, la famille, les amis et les voisins des Degree se mirent à fouiller les environs et le pasteur de l’église s’est également rendu au domicile de la famille pour les soutenir. On commença à chercher dans les forêts alentours et des hélicoptères furent appelés pour aider dans les recherches.

La chambre des enfants fut fouillée et on a remarque que le sac à dos d’Asha a disparu, ainsi que ses clés de maison, certains vêtements et un sac à main Tweety Bird. Iquilla affirme que le matin de sa disparition toutes les portes et les fenêtres étaient verouillées, ce qui voudrait donc dire que Asha a bien utilisé ses clés pour sortir et a refermé derrière elle. Les enquêteurs pensent alors à une fugue. Le soir même, la disparition d’Asha fait la une de l’actualité. Rapidement, des témoignages sont rapportés à la police. Un automobiliste et un chauffeur de camion affirment avoir vu Asha la nuit de sa disparition, entre 3h45 et 4h du matin. Elle marchait seule dans la nuit et sous la pluie battante, le long de l’autoroute 18, au nord de sa jonction avec l’autoroute 180, et elle était vêtue de blanc. L’automobiliste dit avoir fait demi-tour car il lui semblait étrange qu’une enfant si jeune soit dehors à une telle heure, surtout lors d’une tempête de pluie. Mais lorsqu’il s’est approché d’elle, Asha se serait enfuie dans les bois qui bordent le long de la route.

Le dernier endroit où Asha aurait été vue.

Il est clair que Asha serait partie de son plein gré cette nuit. Mais pourquoi ? La famille Degree n’était pas une famille à problème et Asha semblait épanouie. De plus, avant sa disparition elle ne s’était pas disputer avec ses parents ni avec son frère. La police souligne également l’absence de problèmes qu’Asha aurait pu fuir, même si la disparition volontaire reste l’hypothèse la plus probable.

Par la suite, les bois où Asha se serait enfuie se firent fouiller par la police. Des emballage de bonbons, des crayons et une barrette à cheveux Minnie Mouse ont été trouvés dans un cabanon, et les parents reconnurent la barrette comme appartenant à leur fille. Une levée de fond fut organisée et 5000$ furent récoltés et à donner pour une quelconque information pouvant mener à Asha. Après un an sans que l’enquête n’avance, le 3 août 2001, le sac à dos d’Asha fut retrouvé enterré lors d’un projet de construction au large de la route 18, près de Morganton à environ 42km au nord de Shelby. Le sac à dos était recouvert par des sacs de vidange, et à l’intérieur se trouvait le nom et le numéro de téléphone d’Asha Degree. Le territoire fut soigneusement fouillé et des pantalons d’hommes ainsi que des ossements d’animaux furent trouvés. Le sac d’Asha fut emmené au quartier général du FBI pour une analyse médico-légale, mais les tests ne sont à ce jour toujours pas rendus public. 20 ans après, le FIBI a seulement confirmé qu’à l’intérieur du sac se trouvait une copie de McElligot’s Pool, un livre pour enfant écrit par Theodor Geisel, ainsi qu’un t-shirt du groupe New Kids on the Block. Et bien que le livre provenait de la bibliothèque de l’école d’Asha, les parents affirment que ces deux objets n’ont jamais appartenu à leur fille.

Chaque année, la famille Degree organise une marche pour sensibiliser à la disparition d’Asha. Une photo vieillie d’Asha a également été créée pour montrer à quoi elle pourrait ressembler à un âge plus avancé.

En 2015, le FBI et les enquêteurs réexaminent le dossier d’Asha Degree, et en 2016 un nouveau témoignage va mener vers une nouvelle piste. Selon ce témoin, il aurait vu Asha embarquer dans une Lincoln Continental Mark IV vert foncé ou une Ford Thunderbird cette nuit-là, le long de la route 18, près de l’endroit où elle aurait été vue pour la dernière fois. Il précise que la voiture était rouillée au niveau des roues. En octobre 2018, la police de Cleveland a demandé des informations au public concernant le livre et le tshirt du groupe retrouvés dans le sac d’Asha, déclarant que ces éléments étaient essentiels pour résoudre l’enquête.

Néanmoins, sur le site Reddit, les utilisateurs débattent au sujet du témoin qui affirme avoir vu Asha monter dans une voiture, la nuit de sa disparition. Pourquoi avoir attendu 16 ans pour parler ? De plus, il précise que la voiture était de couleur verte, or, la nuit, cela reste assez difficile de distinguer correctement la couleur d’une voiture, surtout sur une route mal éclairée comme celle où Asha a été vue. De nombreuses théories ont vu le jour, notamment que Asha se serait enfuie pour rejoindre quelqu’un, et que cette personne l’aurait enlevée.

Vingt ans plus tard, la famille d’Asha espère toujours savoir ce qui est arrivé à la petite fille, cette nuit pluvieuse du 14 février 2000.

Une touriste française disparaît au Japon.

Tiphaine Véron est née le 22 juillet 1982. Cette jeune femme originaire de Poitiers est amoureuse de la culture japonaise depuis plusieurs année, mais elle est également passionnée par la musique et le cinéma. Ses proches la décrivent comme une personne joyeuse et amusante, et ayant un bon contact avec les enfants. Elle travaillait d’ailleurs dans un établissement spécialisé pour enfants handicapés.

Tiphaine Véron

Le 27 juillet 2018, Tiphaine atterrit à l’aéroport international de Tokyo. Cela faisait longtemps qu’elle avait planifié ce voyage, elle était très organisée et avait prévu de passer trois semaines au pays du soleil levant. Elle passe une première nuit dans un hôtel proche de l’aéroport, puis le lendemain elle s’en va pour Nikko, une petite ville de la préfecture de Tochigi, au nord de Tokyo. Elle a pour habitude d’être en contact avec ses proches et d’envoyer des photos.

Mais à partir du 29 juillet, Tiphaine cesse de donner de ses nouvelles. Elle aurait été vue pour la dernière à cette même date vers 10h, alors qu’elle quittait son hôtel, emportant seulement un petit sac avec elle. Elle prévoyait d’aller visiter des temples. Le 30 juillet, c’est le gérant de l’hôtel, ne la voyant pas revenir, qui donne l’alerte. L’ambassade de France au Japon prévient la famille Véron et celle-ci arrive à Nikko le 4 août.

Les dernières images de Tiphaine prises par des caméras de surveillance, avant sa disparition.

On remarque qu’elle a laissé toutes ses affaires dans sa chambre d’hôtel, ce qui montre qu’elle comptait évidemment revenir. La famille s’inquiète d’autant plus que Tiphaine est épileptique. Deux thèses sont alors possibles : la thèse de l’accident, ou celle d’un crime. La police penche pour la thèse de l’accident, car en effet, le 28 juillet 2018, le typhon Jongdari s’est rétrogradé en tempête, ce qui a provoqué des pluies torrentielles qui ont rendu certains chemins dangereux. Et Nikko est une ville exposée aux risques naturels, comme les glissements de terrains. Tiphaine étant partie sans équipement approprié, elle aurait sans doute fait une chute mortelle.

Mais pour la famille de Tiphaine, l’accident ne tient pas. Ils pensent que dans ce cas, on aurait retrouvé des affaires de la jeune femme à certains endroits. Les environs furent fouillés, mais hormis ses affaires restées à l’hôtel, aucun objet appartenant à Tiphaine, ni un quelconque autre indice, ne fut trouvé dans la nature. « L’accident est une piste de confort pour la police », assure Damien Véron, son frère. A son tour, Sibylle, la soeur de Tiphaine, ajoute : « La probabilité que ce soit un accident est de plus en plus minime. Compte tenu des recherches menées par la police et par nous-même, une chute derrière l’hôtel est hautement improbable, l’hôtelier lui-même n’y croit pas. En réalité personne n’y croit, sauf la police ».

Le Shinkyô (« Pont sacré »), le premier endroit que Tiphaine a visité à Nikko.

De plus, Tiphaine avait soigneusement planifié son voyage, et grâce à ses notes qui ont été retrouvées dans sa chambre d’hôtel, on apprend qu’elle prévoyait bien de visiter des musées et des temples le 29 juillet, et non de se rendre sur des sentiers de randonnée. L’hypothèse de la police japonaise reste que Tiphaine aurait sans doute pu tomber dans la rivière qui traverse la ville de Nikko. Mais dans ce cas, comment se fait-il que personne n’ait rien remarqué ? Nikko est une ville touristique très fréquentée, des gens auraient forcément vu quelque chose, surtout en plein jour. De plus, on aurait sûrement retrouvé des effets personnels de Tiphaine aux alentours, ou même son corps échoué quelque part. La famille ne croit pas non plus à une disparition volontaire. Tiphaine était très heureuse à l’idée de faire ce voyage et elle n’avait aucune raison de vouloir disparaître d’elle-même. Et une personne qui prévoit de faire une fugue à l’autre bout du monde ne laisse pas toutes ses affaires et son passeport derrière elle.

En septembre 2018, le parquet de Poitiers ouvre une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. Le 17 octobre 2018, Sibylle Véron interpelle le président Emmanuel Macron accompagné de Shinzo Abe, le premier ministre japonais. Lors d’une entrevue, elle leur explique que l’avocat de leur famille en France n’a toujours pas reçu le dossier judiciaire de la famille, et s’il serait possible que des policiers français puissent être envoyés au Japon. Selon Sibylle, les deux chefs d’Etats se seraient engagés à ce que les deux pays coopèrent.

Malheureusement, l’enquête piétine et la famille se débrouille essentiellement par ses propres moyens. « Pendant plus d’une année, on a fait énormément de choses », explique Damien. « Je suis allé au Japon au moins 5 mois essentiellement pour faire des enquêtes, des recherches sur le terrain, puisque jamais une enquête, des recherches de grande ampleur sur le terrain n’ont été faites, c’est nous qui les avons financées depuis plus d’un an ». Le choc des cultures se fait rapidement ressentir. « Au Japon, il y a ce fameux phénomène des évaporés, ce qui fait que les Japonais, lorsque les gens disparaissent, ils ne cherchent pas leurs disparus ».

La famille a tenté de géolocaliser le téléphone de Tiphaine, mais cette information reste difficile à obtenir tant qu’il n’y aucune preuve tangible que la disparition de Tiphaine soit liée à un crime, et les compagnies de téléphones n’avaient donc pas le droit de donner ces informations à la police japonaise. Mais grâce à l’aide de Xavier Niel, le fondateur de l’opérateur de téléphonie mobile Free, la famille a pu être mise au courant que le téléphone portable de Tiphaine a été coupé de manière assez brutale : soit on aurait arraché la batterie, soit il aurait été cassé.

« Ce que nous pouvons simplement retenir c’est qu’il y a toujours de trop grandes zones d’ombre. Des témoignages contradictoires, des données sur le téléphone toujours manquantes. De même que des doutes persistent sur le visionnage de certaines caméras. Malgré tout ces problèmes, il n’y a plus d’enquête. D’ailleurs un nouveau témoignage n’a pas été vérifié. Comme il n’y a jamais eu de collaboration judiciaire entre la France et le Japon et que l’envoi de policiers français à Nikko ne semble pas intéresser grand monde… nous allons faire tout ce qu’il faut pour en finir avec ces trous noirs. »

La marche organisée pour Tiphaine le 28 juillet 2019

Un an plus tard, le 28 juillet 2019, la famille de Tiphaine se rend de nouveau à Nikko afin d’organiser une marche pour marquer l’anniversaire de sa disparition. Ils en profitent également pour remercier les habitants de Nikko pour leur aide et leur accueil. « On continue à demander leur soutien, on sait qu’on peut compter sur eux. Nous allons continuer à nous battre, ça fait un an qu’on se bat. » déclare Damien Véron. « On n’abandonnera jamais » ajoute Anne Désert, la mère de Tiphaine.

En novembre 2019, l’association « Unis pour Tiphaine » est créée. La famille tient également une page Facebook intitulée Unis pour Tiphaine Véron. A ce jour, ils continuent de lutter pour la retrouver et pour qu’une enquête s’ouvre au Japon.

Tiffany Whitton : disparue dans un parking.

Tiffany Whitton

Tiffany est née le 30 janvier 1987. Lorsqu’elle était petite, elle était décrite comme une enfant dynamique et enjouée. Mais très vite, elle a commencé à montrer un comportement cleptomane et mythomane : lorsque Tiffany avait deux ans, sa mère, Lisa Daniels, trouvait souvent dans son coffre à jouets des objets qui ne lui appartenaient pas, et sa fille lui assurait que c’était la garderie qui les lui avait offert.

Cela ne fit que s’aggraver à l’âge adulte, en plus du fait que Tiffany devenait de plus en plus rebelle. Prévoyant de devenir vétérinaire, elle abandonne finalement ses études au lycée. Alors qu’elle est encore adolescente, elle tombe enceinte et mets son enfant à l’adoption. Elle eut un autre enfant en 2008, une fille, et c’est également à cette période qu’elle commença à prendre de la drogue, en plus de continuer à voler dans les magasins.

En mars 2011, Tiffany est arrêtée et inculpée pour invasion de domicile. Elle a déclaré qu’elle voulait simplement récupérer de l’argent qui lui avait été volé, et la police a directement soupçonné qu’il s’agissait d’un paiement pour des médicaments que la victime ne lui aurait pas livré. Tiffany se serait également faite quitter par son compagnon de l’époque pour infidélité et virée par sa colocataire Sheila Fuller pour vol.

Tiffany fit un court séjour en prison en 2012. Sa mère Lisa Daniels, qui élevait la fille de Tiffany, tenta de la ramener à la raison en lui posant un ultimatum : tant qu’elle ne se sera pas prise en main, Tiffany n’aura plus le droit de s’approcher de sa fille. A sa sortie de prison, la jeune femme entra dans un centre de désintoxication, et finira par trouver un emploi dans un IHOP à Marietta, en Georgie.

Tiffany fit la rencontre d’Ashley Caudle avec qui elle commença une relation. Tous deux commencèrent à se droguer ensemble, notamment avec de la méthamphétamine et de l’héroïne, à laquelle Tiffany devint accro. La relation entre Tiffany et Ashley était explosive, la police fut même appelée à cause d’une dispute qui aurait dégénéré dans un motel. Peu après, alors qu’ils s’étaient installés dans un parc à caravanes, ils furent expulsés à cause de leurs bagarres et disputes incessantes.

Les déboires de Tiffany commencèrent à se répercuter à son travail, elle arrivait souvent en retard et se présentait avec des marques d’aiguilles sur ses bras. Elle fut également filmée par des caméras de sécurité en train de voler dans l’IHOP. Lisa Daniels fini par couper tout contact avec sa fille.

Tiffany, Ashley et la fille de ce dernier finirent par s’installer dans une maison à Powder Springs. Dans la nuit du 12 septembre 2013, ils se sont rendus chez un ami, Stephen Weinstein, pour se droguer. Vers 1h du matin le 13 septembre, ils se rendirent au Walmart de Marietta où ils firent leurs courses. Sur les caméras de surveillance, nous voyons Tiffany se promener avec son chariot puis enlever des vêtements pour les replacer. Les agents qui visionnaient les images des caméras ont commencé à croire que Tiffany cachaient des vêtements volés, comme elle l’avait déjà fait.

Les dernières images de Tiffany dans un Walmart

A 2h du matin, Tiffany voulait continuer de faire les courses, mais Ashley lui répondit qu’il devait aller ailleurs. Après que Ashley aient payé ses achats, Tiffany abandonne son chariot et se dirige vers la sortie. C’est à ce moment là que des agents de sécurité se sont présentés à elle, la soupçonnant d’avoir volé des vêtements. Ashley s’arrête devant les portes de sorties et Tiffany l’appelle sans qu’il lui réponde. Un agent a commencé à agripper la sangle de son sac à main, et c’est alors que Tiffany aurait lâché son sac et retiré ses tongs pour courir jusqu’au parking. Ni Ashley ni les agents de sécurité ne la suivirent.

Peu après, Ashley serait sorti du magasin pour chercher Tiffany sur le parking après avoir récupéré le sac à main de la jeune femme. Il n’entra pas dans son camion car il y cachait de la drogue et craignait d’être arrêté. Ne trouvant pas sa compagne, il alla chercher dans les magasins voisins jusqu’au IHOP où elle avait travaillé. L’ancienne colocataire de Tiffany, Sheila Fuller, croisa la route d’Ashley, assis sur le banc extérieur d’un restaurant, seul, à 2h du matin. Ashley lui expliqua qu’il avait perdu la trace de Tiffany, et Sheila lui demanda alors comment il comptait la trouver en restant assis sur un banc. L’homme lui répondit qu’il attendait que des amis devaient venir le chercher.1h30 plus tard, Stephen Weinstein récupéra Ashley en voiture.

Les jours passent. La mère de Tiffany n’était pas étonnée de ne pas avoir des nouvelles de sa fille aussi longtemps. Mais la grand-mère de la jeune femme commence à sentir que quelque chose ne va pas. « Ma mère a commencé à s’inquiéter« , explique Lisa Daniels. « Elle pensait que quelque chose était arrivé à Tiffany. Je lui ai dit « Enfin, tu la connais. Elle ne nous contactera sûrement pas si elle n’a pas besoin d’aide. » Lisa Daniels dénonce également le comportement suspect d’Ashley Caudle : « Ca n’a pas de sens qu’il ne sache pas où elle se trouve et qu’il ne l’ai plus jamais revue. Il sait ce qu’il lui est arrivé et il sait où elle est. » En effet, après la disparition de Tiffany, l’homme n’a jamais prévenu la famille de la jeune femme, ni la police. La mère de Tiffany pense que sa fille est allée se réfugier à la voiture d’Ashley après s’être échappée du magasin. Ashley l’aurait rejoins, ils se seraient disputé et il l’aurait tuée. Ou alors, elle a fait une overdose et il l’a laissée.

Au grand malheur de Lisa, le détective qui traitait l’affaire ne semblait pas prendre cette disparition au sérieux. Compte tenu du passé de Tiffany, il disait que sa fille reviendrait de son plein gré, ou qu’elle recevrait de ses nouvelles lorsqu’elle se fera de nouveau arrêtée. Le cas de Tiffany fut alors réaffecté à un autre détective, Jonnie Moeller, qui a rapidement compris que ce cas avait quelque chose d’inquiétant. Grâce à l’implication de Moeller, quelques mois plus tard, une équipe de travail multi-juridictionnel chargée de l’application des lois sur les drogues a fait une descente dans la maison de Powder Spring. Il y trouvèrent de la méthamphétamine, des seringues usagées, des armes à feu et de la marijuana. Ashley Caudle et huit autres personnes furent arrêtés. La fille de Caudle fut confiée aux services sociaux.

Même s’il n’existe aucune preuve concrète pour accuser Ashley de la disparition de Tiffany, certains éléments font qu’il reste le principal suspect. En effet, dans son premier récit, Ashley déclare avoir essayé de joindre Tiffany sur son téléphone lorsqu’elle s’est enfui sur le parking. Ce qui n’est pas logique, car il avait avec lui le sac de Tiffany, dans lequel se trouvait son téléphone. De plus, les enregistrements téléphoniques d’Ashley ne montrent aucun appel au numéro de la jeune femme. Mais Ashley met en avant un autre suspect : un ancien petit-ami de Tiffany, également accro aux drogues, était resté sur le parking après que Ashley et Stephen Weinstein soient rentrés chez eux, le soir de la disparition. En décembre 2013, la police intervient à 4h du matin à cause de l’homme qui, dans un état psychotique, avait commencé à donner des coups de pieds dans les portes des maisons en hurlant qu’il était poursuivi par des hommes armés qui voulaient venger une femme à qui il aurait fait du mal.

En juillet 2014, un mandat de perquisition est exécuté chez la mère de Caudle, ils fouillèrent à l’aide de chiens renifleurs, mais rien ne fut trouvé en lien avec la disparition de Tiffany. En 2015, Ashley Caudle est condamné pour possessions de drogues et d’armes à feu illégales.

A ce jour, on ne sait toujours pas ce qui est arrivé à Tiffany Whitton, cette nuit du 13 septembre 2013. A chaque anniversaire de la disparition de Tiffany, sa famille et ses proches participent à un lâcher de ballons dans le ciel. Lisa Daniels gère également la page facebook « Find Tiffany Whitton». « Indépendamment de ce qu’elle a pu faire, de son style de vie, elle mérite d’être retrouvée», dit-elle. «Elle est la fille de quelqu’un, la mère de quelqu’un, la sœur de quelqu’un et mérite d’être trouvée. Elle mérite justice. »

Le mystère de l’inconnue d’Isdal.

Nous sommes le 29 novembre 1970 en Norvège. Ce jour là, un père et ses enfants font une randonnée dans la vallée d’Isdal autour du mont Ulriken. Alors qu’ils entrent dans une clairière en plein coeur de la forêt, ils font une terrible découverte. Caché entre les rochers se trouve le cadavre à moitié calciné d’une femme nue. Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, ils découvrent non loin du corps un parapluie, des bouteilles en plastique fondues, une verre, une cuillère en argent, des bouts de vêtements, une bouteille d’alcool, un morceau de plastique endommagé ressemblant à un passeport. Les étiquettes de ses vêtements ont été coupées, le fond des bouteilles en plastique a été gratté, et on trouve également un peu de pétrole sous le corps. Le cadavre dégage une odeur pestilentielle, laissant supposer qu’il se trouve ici depuis plusieurs jours.

Lors de l’autopsie, on constate que la femme a ingéré plus d’une cinquantaine de somnifères dans les heures qui ont précédé sa mort, elle n’aurait jamais eu d’enfants et on constate également la présence d’un bleu dans son cou. Peu après, deux valises appartenant à cette femme sont retrouvées consignées à la gare de Bergen. A l’intérieur se trouve plusieurs lunettes de soleil (sur l’une d’elle on découvre une empreinte digitale concordant avec le corps), une perruque, des cuillères en argent semblables à celle trouvée près du corps, une ordonnance dont la date et le nom du médecin ont été effacés… Un sac provenant du magasin de chaussures Oscar Rørtvedt dans la ville de Stavanger est également trouvé, ainsi qu’un carnet contenant des codes étranges, tel que « 11 M 16 ML ».

Lorsque les enquêteurs se rendent à la boutique de chaussure, le fils du gérant dit qu’il se souvient d’une femme étrangère venue trois semaines plus tôt pour acheter des bottes en caoutchouc bleues, ces mêmes bottes qui ont été trouvées près du cadavre. Il la décrit comme étant une femme de taille moyenne, avec des yeux bruns, des cheveux noirs, de jolies jambes. Il ajoute que la femme semblait hésitante, elle mettait du temps à se décider et ne parlait pas très bien anglais. Ce témoignage va permettre d’établir un portrait-robot.

Portrait robot

Les enquêteurs vont commencer à retracer son parcours en commençant par l’hôtel Saint Svithun, où elle s’est enregistrée sous le nom de Finella Lorck et prétendait venir de Belgique. Par la suite, on découvre qu’entre mars et novembre, cette femme a séjourné dans plusieurs hôtels à travers l’Europe et la Norvège sous différentes identités. Avec ces faux noms, cette perruque et ces mystérieux codes écrits dans le carnet, la police pense avoir affaire à une espionne.

Petit à petit, l’étrange voyage de cette femme prend forme grâce aux témoignages. Elle aurait voyagé en Allemagne, en France, en Suisse, en Suède et en Norvège. Fin octobre, elle aurait prit un avion depuis Paris pour attérir en Norvège, où elle a séjourné à Stavanger, Olso, Trondheim et Bergen. Elle aurait été vue pour la dernière fois le 23 novembre 1970 alors qu’elle quittait l’hôtel Hordaheimen où elle réglait le montant de sa chambre, avant de prendre un taxi pour la mener à la gare de Bergen où ses valises furent retrouvées. Le personnel de l’hôtel la décrivit comme une femme ayant entre 30 et 40 ans, environ 1m64, bronzée, des hanches larges. Ils précisent qu’elle sortait rarement de sa chambre, qu’elle avait une mine sombre et semblait méfiante. Les témoins qui ont croisé sa route à travers son voyage ont rapporté qu’elle parlait plusieurs langues, dont l’allemand, le français, l’anglais et le néerlandais. Elle prétendait être née entre 1943 et 1945, et selon où elle se trouvait elle disait soit qu’elle voyageait, soit qu’elle rendait visite à de la famille. Elle disait à qui voulait l’entendre qu’elle était décoratrice, secrétaire ou antiquaire. Des employés disent l’avoir vu parler à des hommes dans plusieurs langues. Des analyses de son écriture nous apprennent également qu’elle aurait pu être scolarisée en France ou en Belgique.

La gare de Bergen, où les valises de l’inconnue furent retrouvées.

Pour en revenir au pourquoi du comment, on pense d’abord à un suicide à cause de tous ces somnifères retrouvés dans son organisme. Mais tous les enquêteurs ne sont pas convaincus. Plusieurs théories voient le jour. Dans le contexte de l’époque où on était en pleine guerre froide, et à en juger par ses fausses identités et faux passeports, on pense que cette femme était bien une espionne. De plus, ses déplacements correspondent à des essais de missiles norvégiens top-secrets, et un témoin affirme l’avoir aperçue en train d’observer des essais militaires à Stavanger. De plus, entre les années 1960-1970, la Norvège a connu diverses disparitions mystérieuses à proximité d’installations militaires.

 « Personnellement, je suis convaincu qu’il s’agit d’un meurtre. Elle avait plusieurs identités, elle utilisait des codes, portait des perruques, voyageait de ville en ville, et changeait d’hôtel après quelques jours. C’est ce que les policiers appellent un comportement conspirateur. De plus, ses voyages en Europe ont dû lui coûter de l’argent. Où a-t-elle trouvé cet argent si personne ne lui fournissait ? » déclare Knut Haavik, un reporter local spécialisé dans le crime.

32 ans plus tard, soit en 2002, un témoignage d’un homme fait surface : le 24 novembre 1970, alors âgé de 26 ans, il était en train de faire une randonnée dans la vallée d’Isdal. C’était en fin d’après-midi et il commençait à faire sombre. Il aurait alors croisé la route d’une femme habillée d’une manière inadaptée pour une randonnée en montagne. Elle semblait terrifiée et était suivie de près par deux hommes en noir d’apparence étrangère. Après la découverte du corps, ce témoin a reconnu la femme sur le portrait-robot mais un policier lui aurait dit : « Oubliez-la, elle a été liquidée. L’affaire ne sera jamais résolue ».

A ce jour, on se pose encore beaucoup de questions sur son existence, mais la théorie la plus plausible reste celle d’une espionne oeuvrant dans le contexte de la guerre froide. Cette femme qu’on appelle désormais l’Inconnue d’Isdal est enterrée le 5 février 1971 au cimetière de Møllendal à Bergen, sous une pierre tombale sans nom et dans un cercueil qui ne se décompose pas, afin que le mystère sur son identité puisse être percé un jour.

L'affaire Natalee Holloway : disparue en voyage scolaire.

Natalee Holloway

Natalee est née le 21 octobre 1986 à Clinton dans le Mississippi. Fille de David et Elizabeth Holloway, elle était l’aînée d’une fratrie de deux enfants. Alors que Natalee est encore enfant, ses parents divorcent et sa mère se remarie à un certain George Twitty. Par la suite, la famille déménage dans l’Alabama au début des années 2000.

Natalee était considérée comme une élève brillante et populaire. Elle excellait dans ses activités extrascolaires et avait beaucoup d’amis. Natalee fut diplômée du lycée de Moutain Brooke en mai 2005. Elle pu décrocher une bourse grâce à ses excellentes notes et elle comptait intégrer l’université d’Alabama afin de suivre des études de médecine.

Pour fêter leurs diplômes, Natalee et d’autres élèvent avaient prévu de faire un voyage scolaire sur l’île d’Aruba. Le 26 mai 2005, c’est plus de 100 élèves et 7 accompagnateurs qui arrivèrent à Aruba.

Natalee (à gauche) avec des amies

Les adolescents faisaient beaucoup la fête et Natalee se présentait souvent avec la gueule de bois. Tout le monde passait un bon moment et les étudiants menaient parfois la vie dure à leurs accompagnateurs qui ne pouvaient pas toujours surveiller leurs faits et gestes.

La veille du départ, les étudiants voulurent profiter de leur dernière soirée sur l’île, et après le dîner ils se sont rendu dans un bar nommé Carlos’n’Charlie. Au cours de la soirée, Natalee fit la connaissance de Joran van der Sloot, un étudiant hollandais de 17 ans, ainsi que ses deux amis, les frères Deepak et Satish Kalpoe. C’est avec eux que Natalee sera vue pour la dernière fois, alors qu’elle quittait le bar pour monter dans une voiture en leur compagnie.

Le lendemain, les élèves se mirent en route pour prendre leur vol et ils remarquent l’absence de Natalee. L’hôtel où résidait la jeune femme fut fouillé, et on découvre que ses affaires, sa valise et son passeport étaient toujours dans la chambre.

Les autorités d’Aruba commencèrent d’importantes recherches, et lorsque les parents de Natalee fut prévenus de la disparition de leur fille ils s’envolèrent immédiatement pour l’île. Le gérant du bar avertit les parents de Natalee de l’identité des trois hommes avec qui leur fille était partie, et les policiers se rendirent directement chez Joran Van der Sloot. Au début, Joran va nier connaître Natalee. Puis il va dire qu’il avait déposé Natalee à son hôtel vers 2h du matin cette soirée là, après avoir été faire un tour sur la plage. Selon lui, Natalee était ivre et lorsqu’il l’avait déposée à son hôtel, elle était tellement saoule qu’elle serait tombée en sortant de la voiture. Elle se serait ensuite faite approcher par un homme en costume noir, semblable à un agent de sécurité, et comme ils semblaient bien s’entendre, Joran et les frères Kalpoe partirent.

Joran Van der Sloot

Le 9 juin 2005, Joran et les frères Kalpoe sont placés en détention provisoire. Joran a rapidement changé sa version des faits et explique qu’après être parti du bar, il aurait emmené Natalee sur une plage, et par la suite il aurait quitté les lieux en laissant Natalee seule, et qu’il n’avait pas osé l’avouer dès le début car il se sentait honteux de l’avoir abandonnée. Le jardinier du Racquet Club va apporter un témoignage : il dit avoir vu Joran et les deux frères en train de conduire en direction de son club ce soir-là vers 2h30 et 3h30, et que Joran essayait de cacher son visage. Un autre témoin affirme avoir vu les trois garçons en train d’enterrer une fille blonde dans les dépotoirs de l’île d’Aruba, les lieux furent fouillés à l’aide d’un chien renifleur mais sans succès. La police a pu obtenir un mandat pour fouiller le domicile de Joran, mais rien ne fut trouvé.

Un ruban adhésif fut trouvé dans un dépotoir avec des cheveux blonds collés dessus, mais après des tests ADN il est révélé qu’il ne s’agissait pas de Natalee. Le 3 septembre 2005, les trois garçons sont libérés, faute de preuves. Le 14 septembre, la cour d’appel des Antilles néerlandaises et d’Aruba supprime toutes leurs restrictions. Joran est ensuite rentré aux Pays-Bas.

Par la suite, Joran donnera plusieurs interviews, et dans l’une d’elles il changera à nouveau sa version des faits. Il dira que lorsqu’il se trouvait sur la plage avec Natalee ils se seraient embrassé et elle aurait commencé à vouloir avoir des relations sexuelles. Joran aurait refusé et lui aurait dit qu’il devait partir car il avait cours le lendemain. Les frères Kalpoe seraient venus le chercher et il aurait laissé la jeune femme seule sur la plage. Mais Joran et les frères Kalpoe ne se mettent pas d’accord sur la version de l’histoire. Le 17 mai 2006, Guido Wever, le fils d’un ancien politicien d’Aruba, est arrêté et soupçonné de complicité d’enlèvement et du meurtre de Natalee Holloway. Il sera interrogé pendant six jours, puis relâché après un accord entre le procureur et son avocat.

Grâce à des micros cachés, un journaliste réussit à avoir une autre version de cette nuit là. Joran confessa que lorsqu’il se trouvait sur la plage avec Natalee, la jeune femme aurait commencé à être prise de convulsions et elle serait décédée. Ayant peur d’être accusé de meurtre, il aurait appelé un ami qui lui promettait d’arriver très vite pour venir cacher le corps, et Joran serait alors rentré chez lui.

En novembre 2008, Joran déclare à Fox News que Natalee avait été vendue comme esclave sexuelle et qu’elle se trouvait au Venezuela, mais il se rétracte assez vite. En mars 2010, Joran prend contact avec l’avocat des Holloway et propose de leur dire où est caché le corps de la jeune femme en échange d’une somme de 250 000 $. Mais les enquêteurs vont se rendre compte que les informations fournies par Joran sont fausses et il sera inculpé pour fraude et extorsion de fonds.

Le 30 mai 2010, Joran van der Sloot est à nouveau au coeur d’une affaire ; une étudiante de 21 ans, Stephany Tatiana Flores Ramirez, est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel au nom de Van der Sloot. Le 7 juin, Joran avoue avoir tué la jeune étudiante après qu’elle ait compris qu’il avait un lien avec la disparition de Natalee Holloway. Le 11 janvier 2012, Joran van der Sloot plaide coupable pour le meurtre de Stephany Ramirez et est condamné à 28 ans de prison.

Le père de Natalee Holloway a publié un livre : « Aruba : The Tragic Untold Story of Natalee Holloway and Corruption in Paradise» dans lequel il relate l’enquête pour retrouver sa fille. Un téléfilm basé sur le livre d’Elizabeth Holloway (« Living Natalee») nommé « Natalee Holloway : la détresse d’une mère » est diffusé pour la première fois sur la chaîne Lifetime Movie Network en 2009. En 2011 est diffusée la suite « Natalee Holloway : justice pour ma fille».

Depuis le 12 janvier 2012, Natalee est déclarée comme officiellement décédée, et son corps n’a jamais été retrouvé.

Susan Powell : la disparition d’une mère de famille.

Susan Cox Powell

Susan Cox est née le 16 octobre 1981 dans l’Oregon aux Etats-Unis. Elle était la fille de Chuck et Judy Cox et elle faisait partie d’une fratrie de quatre filles. Les Cox étaient des pratiquants mormons et Susan a toujours démontré une grande implication dans sa foi. Au sein de l’église, Susan s’était fait pleins d’amis et elle était décrite comme ayant une personnalité attirante, drôle et soucieuse des autres. Elle était également très proche de ses parents et de ses soeurs. Ensemble ils formaient une famille soudée.

A l’âge de 19 ans, Susan rencontre Joshua Powell, né en 1976, au sein de l’église des mormons. Il faisait parti d’une famille de cinq enfants et également mormons, mais contrairement à Susan la vie de famille de Joshua était plus chaotique. Ses parents, Steve et Terrica, étaient en conflit permanent et avaient eu un divorce houleux. De plus, Terrica avait reproché à Steve sa renonciation à la religion mormone et l’avait accusé d’avoir partagé de la pornographie à leurs enfants. Tout cela avait fortement perturbé Joshua qui avait fait une tentative de suicide. Après le divorce, Steve Powell a obtenu la garde de trois de ses cinq enfants, dont Joshua.

Joshua était déjà connu par la famille Cox car il avait eu une courte relation avec l’une des soeurs de Susan. Cette dernière avait prévenu Susan du comportement bizarre et agaçant de Joshua, mais cela n’a pas empêché le jeune couple de se marier en 2001.

Joshua et Susan à leur mariage

Après leur mariage et pour cause de problèmes d’argent, Susan et Joshua ont habité quelques temps chez Steve Powell, le père de Joshua. A ce moment-là, les choses ont commencé à s’envenimer car Steve ne cachait pas son attirance obsessionnelle pour sa belle-fille. Il la filmait et la prenait en photo à son insu, il lui volait des sous-vêtements, il lui avait même fait une déclaration d’amour et avait déjà tenté de l’embrasser. Malgré les nombreux refus de Susan, Steve était persuadé que la jeune femme partageait ses sentiments.

En 2003, le couple a pu s’acheter une maison à West Valley City dans l’Utah et ainsi s’éloigner de Steve Powell. Susan a rapidement trouvé un emploi en tant qu’esthéticienne. Joshua, qui avait un baccalauréat en affaires, avait du mal à garder un emploi à cause de ses nombreuses querelles avec ses collègues et patrons.

Dans l’Utah, Susan s’est rapidement fait de nouveaux amis à qui elle confiait ses problèmes de couple. En effet, si Susan était une épouse douce et attentionné, Joshua était plus distant. Le couple se disputait à cause du comportement de Joshua et son refus d’assister aux événements religieux ou aux réunions de famille, ce qui blessait Susan. De plus, Joshua gardait un contact continu avec son père, malgré les avances de celui-ci envers sa femme. En 2005, Joshua et Susan ont accueillit leur premier enfant, un petit garçon nommé Charles, surnommé Charlie. Puis en 2007 est né leur deuxième fils, Braden.

Joshua, Susan et leurs enfants

Rapidement Joshua a commencé à se montrer contrôlant et agressif envers sa femme. Il avait arrêté toute forme d’affection, il contrôlait le salaire de Susan et l’argent qu’elle dépensait. Avec la naissance des enfants, le couple, qui ne roulait pas sur l’or, a commencé à avoir des problèmes financiers. La famille vivait exclusivement du salaire d’esthéticienne de Susan, Joshua n’arrivant pas à trouver un emploi stable.

Joshua a commencé à interdire à Susan de prendre la voiture pour aller travailler car l’essence leur coûtait trop cher. Il obligeait Susan à utiliser un vélo pour aller au travail, lui faisant faire plusieurs kilomètres. De plus, pour économiser davantage, Joshua avait également obligé Susan à s’occuper d’un potager chez eux afin de ne plus payer les légumes. Susan gérait tout à la maison, sans aucune aide de la part de son mari.

Susan commençait à sérieusement envisager le divorce, mais Joshua avait fait pression sur sa femme en lui disant qu’il lui rendrait la vie impossible si elle décidait de se séparer. En 2008, sur les conseils d’un avocat, Susan filme ses possessions ainsi que les dommages matériels provoqués par Joshua. Elle a ensuite commencé à mettre de l’argent sur un compte à part et a écrit un testament secret où elle déclarait : « Je veux documenter quelque part qu’il y a beaucoup de problèmes dans mon mariage. […] Si je meurs, ce n’est pas peut-être pas un accident, même si ça y ressemble. Prenez soin de mes garçons. Je veux que mes parents Chuck et Judy Cox soient très impliqués et qu’ils soient en charge de Charlie et Braden. […] »

Le matin du 7 décembre 2009, la mère et la soeur de Joshua ont prévenu la police car elles avaient été informées que Charlie et Braden n’avaient pas été emmenés à la crèche, et ni Joshua ni Susan ne répondaient au téléphone. Il venait d’y avoir une tempête de neige et ils craignaient que la famille ait succombé à un empoisonnement au monoxyde de carbone chez eux.

Lorsque les policiers sont entrés dans la maison qui était vide, ils ont remarqué un détail intriguant : deux ventilateurs étaient en marche et pointaient vers le canapé. Susan avait également laissé son sac à main et elle ne s’était pas présentée à son travail. Il n’y avait aucun signe de violence ou d’effraction dans la maison, ce qui laissait supposer que les Powell n’avaient pas été victimes d’une intrusion.

La même journée vers 17h, Joshua est rentré chez lui avec ses fils et a tout de suite été emmené au poste de police afin d’être interrogé. Joshua explique qu’il était partie avec ses garçons faire du camping pendant que Susan était restée à la maison. Cela n’avait aucun sens. Qui irait faire du camping avec ses enfants de 4 ans et 2 ans en pleine tempête de neige ? Le 9 décembre, de microscopiques traces de sang appartenant à Susan sont retrouvées dans la maison.

Les microscopiques traces de sang

Le comportement de Joshua devenait de plus en plus suspect. Il avait liquidé les comptes de retraite de Susan, avait retiré ses enfants de la garderie, et selon des collègues de travail Joshua aurait parlé sur la manière de cacher un corps dans le désert de l’Utah. Le fils aîné, Charlie, fut interrogé par la police. Le garçon confirme le voyage pour aller faire du camping. Mais contrairement à Joshua qui prétendait que Susan était restée à la maison, Charlie affirme que Susan était partie avec eux et qu’elle n’était pas revenue. Autre fait troublant, à la garderie, Braden avait fait un dessin représentant une voiture avec trois personnes à l’intérieur, en disant que sa mère se trouvait dans le coffre.

Les policiers fouillèrent la voiture de Joshua, et ils y trouvèrent une scie circulaire, des couteaux, une boîte de gants en latex, une pelle, un générateur électrique. Les policiers voulurent alors fouiller les téléphones portables de Joshua et Susan, mais Joshua avait prit soin de retirer les cartes sim. Peu après, des voisins affirment avoir vu Joshua nettoyer sa voiture de fond en comble en pleine nuit.

Les policiers réussirent à obtenir un mandat pour fouiller la maison et Joshua fut à nouveau interrogé. A aucun moment Joshua ne semblait préoccupé par l’enquête ni par la disparition de sa femme. Les enquêteurs firent part à Joshua des déclarations troublantes de ses fils à propos de Susan, ils lui confirmèrent qu’il était le principal suspect dans l’affaire.

Une voisine des Powell nommée Gionvanna contacta les policiers pour apporter un témoignage. Le dimanche avant la disparition de Susan, Giovanna avait passé l’après-midi avec la mère de famille, et affirme que ce jour-là Joshua avait un comportement totalement différent que d’habitude. Il était particulièrement serviable et avait même fait des crêpes pour les servir à Susan, Giovanna et les garçons. Après avoir mangé les crêpes, vers 16h30, Susan aurait commencé à se sentir mal. Le lendemain, Susan avait disparue.

Il est rapporté que quelques mois avant sa disparition, Susan avait déjà commencé à se sentir malade. Elle était très fatiguée et avait beaucoup de nausées. Elle pensait être enceinte et avait donc fait plusieurs tests qui s’étaient révélés négatifs. A ce jour, on ne sait toujours pas avec certitude ce qui a pu rendre Susan malade à ce point, mais tout porte à croire que Joshua essayait de l’empoisonner.

L’histoire de Susan fut rapidement très médiatisée et Joshua fini par engager un avocat ainsi qu’un expert en relation publique. Le 6 janvier 2010, Joshua est revenu chez lui avec son frère Michael pour l’aider à déménager. Un ami du couple qui a également aider Josh à emballer ses cartons de déménagement affirme que Josh lui aurait dit en plaisantant : »Attention je viens juste de pacter la tête de Susan. » Et lorsqu’il y avait des traces dans la maison, il disait sur le même ton : « Attention au sang de Susan. »

Joshua a fini par arrêter de coopérer avec la police. Il refusa de se soumettre au détecteur de mensonge et n’a jamais voulu révéler l’endroit exact où il est allé soit-disant camper.

Pendant les recherches, Joshua et son père Steve ont créer un site internet afin d’aider à retrouver Susan, où ils spéculaient que Susan s’étaient enfuie avec Steven Koecher, un mormon de 30 ans ayant disparu la même semaine que Susan. Joshua amenait des théories comme quoi Susan s’était enfuie pour abandonner sa famille et qu’elle avait des problèmes psychologiques, ce qui était faux. A ce moment là, des tensions ont commencé à se créer entre les Cox et les Powell.

L’enquête s’est étendue jusqu’à Steve Powell que les policier soupçonnaient d’avoir un lien avec la disparition de Susan. Ils ont obtenu un mandat pour fouiller sa maison et on découvert sept journaux intimes dans lequel Steve écrivait à quel point il était obsédé par Susan. Sur son ordinateur ont été retrouvées plus de 4500 photos de Susan prises à son insu. Michael Powell, le frère de Joshua, a également attiré l’attention des policiers après qu’il ait vendu sa voiture à un chantier de démolition dans l’Oregon et acheté des images satellites pour voir si on avait déjà détruit sa voiture. Les policier sont allés sur le chantier avec un chien renifleur qui s’est directement dirigé vers la voiture de Michael, indiquant qu’un corps humain en décomposition s’y trouvait auparavant.

Michael Powell a été interrogé plusieurs fois, mais il semblait évasif sur les raisons pour lesquelles sa voiture se trouvait à la décharge. Les policiers ont commencé à penser que Michael était le complice de Joshua, et qu’il avait aidé son frère à se débarrasser du corps.

En septembre 2011, Steve Powell est arrêté et condamné pour voyeurisme et pornographie juvénile après avoir trouvé plusieurs photos et vidéos de femmes et jeunes filles mineures, en plus de celles de Susan. Peu après, les services sociaux ont pu retirer la garde de Charlie et Braden à Joshua, et les confier à Chuck et Judy Cox. Joshua obtient le droit de visiter ses enfants deux fois par semaine sous la supervison d’une assistante sociale.

Le 5 février 2012, l’assistante sociale Elizabeth Griffin a conduit Charlie et Braden chez Joshua pour la visite supervisée. A peine les garçons sont-ils allés vers leur père que Joshua a saisit ses fils et s’est enfermé dans la maison avec eux. Elizabeth a toqué plusieurs fois à la porte et rapporte avoir entendu Charlie appeler à l’aide. Directement, elle appelle le 911.

A 12h16, avant que les secours n’aient le temps d’arriver, la maison de Joshua explose.

La maison de Joshua après l’explosion.

Après une enquête brève, il est confirmé que l’explosion a été délibérément planifiée lorsqu’on a découvert dans la maison plusieurs bidons d’essence renversés. Le coroner a noté que les enfants avaient d’importantes blessures au cou et à la tête, et une hache a été trouvée près du corps de Joshua, laissant supposer qu’il aurait attaqué ses enfants avant de succomber à une intoxication au monoxyde de carbone.

Charlie et Braden reposent au cimetière Woodbine dans l’Etat de Washington, près d’un mémorial dédié à leur mère, tandis que Joshua a été incinéré.

En février 2013, Michael Powell se suicide en sautant du toit d’un parking. Le 21 mai 2013, la police annonce qu’elle arrête les recherches du corps de Susan. Steve Powell a été libéré de prison en juillet 2017 et est décédé de causes naturelles l’année suivante.

A ce jour, le corps de Susan n’a jamais été retrouvé.

Lucas Tronche : volatilisé dans la nature.

Lucas Tronche est né le 18 avril 1999. Il est le fils cadet d’une famille de trois enfants et vit à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Ses proches le décrivent comme un garçon joyeux, amusant, sociable, ayant beaucoup d’amis. Il était également bon élève et souhaitait devenir vétérinaire. Lucas pratiquait la natation, le badminton et également le scoutisme depuis plusieurs années.

Lucas Tronche

Le mercredi 18 mars 2015, Lucas doit se rendre à un cours de natation avec son frère aîné Valentin. Au moment de partir, Lucas dit à son frère de partir avant lui car il doit refermer la porte derrière, et qu’il le rejoindrait à l’arrêt de bus. A 17h30, ne voyant pas arriver son frère, Valentin essaie de le contacter sur son portable, mais le téléphone de Lucas est éteint. 

Vers 20h, lorsque Nathalie vient chercher ses fils à l’arrêt de bus qui les ramène de la piscine, elle remarque que Valentin est seul. Elle lui demande où est Lucas, Valentin lui réponds qu’il n’est pas venu à la piscine et qu’il est donc resté à la maison. A ce moment-là, Nathalie comprends que quelque chose ne va pas. Cela faisait 2h qu’elle était à la maison et il n’y avait personne d’autre qu’elle-même. 

Les parents de Lucas pensent d’abord qu’il a eu un accident. Ils font des recherches autour de chez eux et appellent les urgences pour savoir si leur fils était hospitalisé. Ils contactent ensuite les amis de Lucas qui disent n’avoir aucune nouvelle de lui. La police est finalement prévenue et une enquête pour disparition inquiétante est ouverte dans la soirée du 18 mars.

Lucas et sa mère Nathalie

En premier lieu, la disparition de Lucas est vue comme un départ volontaire. En effet, il était parti avec un sac à dos, mais avait laissé ses affaires de piscine ainsi que ses affaires de survie en tant que scout (sac de couchage, couteau…) et n’avait pas prit d’argent ni ses papiers. On sait seulement qu’il serait parti en doudoune et en pull. Lucas n’avait pourtant pas le profil d’un fugueur. C’était un garçon équilibré et sans histoires. Il était proche de sa famille et n’aimait pas les décevoir. 

Le 30 mars, le parquet de Nîmes ouvre une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. 

Les enquêteurs s’intéressent au téléphone portable de Lucas. Le jour de sa disparition il serait allé plusieurs fois sur l’application Snapchat, dont les messages s’effacent mais dont les serveurs conservent une trace. Une commission rogatoire a été lancée aux États-Unis pour pouvoir accéder aux conversations et échanges que Lucas avait eu sur cette application, mais rien d’anormal fut trouvé, ni sur son ordinateur ou sa tablette.

A l’évidence, Lucas avait parlé à quelqu’un via Snapchat avant de disparaître ce 18 mars 2015. Au lieu d’aller à la piscine ce jour-là, il comptait manifestement se rendre à un rendez-vous avec cette personne. 

Plusieurs témoins disent avoir vu Lucas le jour de sa disparition. Une femme assure l’avoir aperçu entre 17h15 et 17h30 ce 18 mars, au chemin du Saduran, se dirigeant du côté des vignes. Le 19 mars, une autre femme affirme avoir vu un adolescent tout près de sa ferme, vers midi, qui portait une doudoune bordeaux. Faisant le rapprochement avec l’affaire Lucas, elle prévient la police qui arrive avec un chien de recherche. Le chien va marquer une trace à 1km en direction du nord, avant de s’arrêter à cause de la fatigue.

Le même jour en fin d’après-midi, Rachid, un ami de la famille accompagné d’un groupe de bénévoles, voit une silhouette semblable à celle d’un adolescent se tenant assise sur le sommet du piton rocheux. La distance ne permet pas de confirmer qu’il s’agisse de Lucas. Rachid l’appelle : « Lucas ! Lucas ! ». Pas de réponse. Rachid et les bénévoles s’approchent du piton, et soudainement, la silhouette se met debout et disparaît. 

Le piton rocheux

Le 23 mars vers 10h30, une équipe de bénévoles aurait aperçu une silhouette se tenant sur les hauteurs de Saint-Gervais. La personne se tenait de profil, portait des vêtements sombres et regardait un groupe de travailleurs dans les vignes. Mais le temps que les bénévoles parviennent à la rejoindre, la personne avait disparue dans les bois. Un chien de police va marquer une piste à cet endroit, laissant supposer qu’il pouvait s’agir de Lucas. 

Un peu plus tard, un motard affirmera avoir vu Lucas aux alentours de 17h10-17h30 le 23 mars. Il portait un sac à dos et marchait vers le lieu-dit Esbrezun, en direction de la colline. A ce moment-là, le motard ne sait pas que Lucas est recherché, c’est donc deux jours plus tard en voyant un avis de recherche qu’il va contacter les parents de Lucas. L’homme fera une description très précise du jeune garçon. La zone sera fouillée par un chien et un hélicoptère, mais sans succès.

Le 28 mars, un père et sa fille disent avoir aperçu Lucas au magasin Cultura du Pontet, dans le Vaucluse. Il aurait été en compagnie d’une femme d’âge mûr, entre 45-50 ans. Mais les vérifications n’ont rien donné.

En octobre 2015, les parents de Lucas commencent à recevoir des lettres anonymes d’une personne affirmant que Lucas va bien et qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter. Les enquêteurs parviendront à identifier cette personne, il s’agissait d’un homme de 57 ans, mythomane, qui n’avait rien à voir avec la disparition de Lucas. En décembre 2016, la police nationale lance un portrait robot pour retrouver un témoin qui aurait été aperçu à proximité de la maison de Lucas le jour de sa disparition. 

En janvier 2018, Nordahl Lelandais, l’assassin de la petite Maëlys de Araujo, sera soupçonné d’être impliqué dans la disparition de Lucas, Lelandais ayant de la famille habitant proche de Bagnols-sur-Cèze et s’étant rendu plusieurs fois dans le Gard. Mais l’analyse du bornage de son mobile prouvera que Lelandais se trouvait en Isère au moment des faits, et il est donc écarté de l’enquête.

Finalement, le 17 octobre 2018, le témoin recherché depuis deux ans est retrouvé à Bagnols-sur-Cèze et placé en garde à vue pour être interrogé par les enquêteurs. Mais rien n’a pu prouver qu’il avait un lien avec l’affaire.

A ce jour, Lucas est toujours porté disparu et sa famille continue de le chercher activement.

Marion Wagon : portée disparue depuis 22 ans.

Née le 3 août 1986, Marion Wagon était la cadette d’une fratrie de trois enfants. C’était une petite fille joyeuse et souriante, mais aussi indépendante car elle allait à l’école toute seule.

Marion Wagon

Tout commence à Agen, le 14 novembre 1996. Il est environ midi lorsque Marion, 10 ans, quitte son école pour rentrer manger chez elle. Marion habite à seulement quelques minutes de l’école.

A 12h25, ses parents s’inquiètent car ils ne la voient toujours pas arriver. Ils envoient le frère et la soeur de Marion la chercher, mais ils ne la trouveront pas. A 12h45, ils préviennent la police. Les premières investigations débutent. Dès 13h les policiers parcourent les rues à la recherche d’indices et de témoins. A 17h, une équipe de cynophile fouille les halls d’immeuble et les caves.

Les jours suivants, les recherches se poursuivent. Ce sont des gendarmes et des militaires du 48ème Régiment de transmission, ainsi que près de 20 000 chasseurs qui fouillent les bois et les campagnes. Très vite, la disparition de Marion est jugée comme inquiétante. Une information judiciaire est alors ouverte pour enlèvement par le parquet d’Agen. Des affiches montrant le visage de la petite fille sont collées et distribuées partout, dans les commerces, lieux publics, péages, et même sur des packs de lait. Une première en France. Jusqu’à 1 million de portraits de la fillette seront diffusés dans le pays et à l’étranger.

Le 2 décembre, toujours sans aucune piste, les parents de Marion, Michel et Françoise Wagon, parlent aux journalistes : « Si quelqu’un la retient, nous le supplions de nous rendre notre enfant. Je lance aussi cet appel à toute personne qui pourrait nous aider à retrouver notre petite fille Marion. »

Michel et Françoise Wagon

Le 14 janvier 1997, une opération Ruban Blanc est organisée, ce qui relance l’attention des médias sur l’affaire. En février, à l’initiative de La Mouette et d’Orphelins sans Frontières, des associations européennes pour la défense de l’enfance se réunissent à Agen afin de discuter d’une collaboration transfrontalière. 

En avril, un homme connu des services de police est arrêté et placé en garde à vue. Le 14 novembre 1996, l’homme aurait demandé, à travers les ondes des cibistes, une route discrète pour se rendre à Agen. Mais il sera finalement relâché, faute de preuve. Un mois plus tard, le canal latéral à la Garonne est vidé sur 14 kilomètres, et pendant une semaine les plongeurs de la brigade nautique et la gendarmerie procèdent à des nouvelles recherches. 

En juillet, une touriste en vacances en Martinique assure avoir parlé à une petite fille qui disait s’appeler Marion Wagon et qu’elle souhaitait rentrer chez elle. Mais peu après, un autre témoin affirme l’avoir aperçue sur une plage en Espagne. Malgré que des milliers de personnes aient été entendues, l’enquête reste au point mort.

Début 1998, un faux détective se présente aux parents de Marion. Il prétends savoir où se trouve leur fille et leur réclame 30 000 francs pour pouvoir aller la chercher. Il sera interpellé et condamné à deux ans de prison ferme. En mai de la même année, les gendarmes de la cellule Marion éditent un portrait vieilli de la fillette.

Portrait vieilli de Marion

En 2003, un rebondissement a lieu dans l’enquête : un travesti toulousain se faisant surnommé « Djamel » affirme avoir vu Marion dans des soirées organisées par le tueur en série Patrice Alègre. Ce témoignage s’avère être une fausse piste, et l’homme est mis en examen. Pendant un temps, le pédophile Michel Fourniret fut soupçonné d’être responsable de la disparition de Marion et les gendarmes firent des investigation, mais Fourniret sera finalement écarté de l’affaire.

En 2013, l’affaire des séquestrées de Cleveland aux Etats-Unis, qui concerne trois jeunes femmes enlevées en 2002 et retrouvées vivantes en mai 2013 redonne de l’espoir aux parents de Marion, ainsi qu’à Annie Gourgues, présidente de l’association La Mouette, qui suit de près l’affaire de Marion depuis le début. 

En novembre 2016, à l’initiative de l’association La Mouette, des pins et des enveloppes à l’effigie de Marion sont distribués à Agen, pour rappeler de ne pas oublier la petite fille même 20 ans après. Une marche silencieuse sera également organisée le 14 novembre 2016. Les parents de Marion ne participèrent pas à cette marche silencieuse, préférant s’isoler durant cette période difficile. Mais ils restent très touchés de toute cette mobilisation autour de leur fille : « Tous les messages de sympathie, toute cette solidarité qui s’est créée autour de Marion, les mots de réconfort, les petits signes, les petits gestes, ça nous a aidé très certainement à tenir le coup, et nous sommes très reconnaissants aux Agenais et Agenaises. » A ce jour, ils ont toujours l’espoir de savoir ce qui est arrivé à Marion, ce 14 novembre 1996.

La disparition de Mélina Martin.

Née en 1992, Mélina Martin était la cinquième d’une famille de sept enfants. Elle vivait à Farnham au Québec, et était décrite comme une adolescente normale et sans histoires, qui aimait faire les magasins et passer du temps avec ses amis.

Mélina Martin

Le 22 janvier 2005, la jeune Mélina âgée de 13 ans se voit dans l’obligation de rester dormir chez une amie à cause d’une tempête de neige. Le lendemain, sa mère Françoise Algier vient la récupérer. Toutes deux mangent dans un restaurant le midi et s’en vont ensuite faire les magasins. La même journée, Mélina devait participer à une fête hivernale qui se déroulait au parc Roch-Bourbonnais. Vers 13h, sa mère la dépose au parc, lui faisant promettre de la rejoindre à 17h au restaurant Valentine. Quelques minutes après être arrivée à Boubonnais, Mélina se rend chez une amie qui habite tout près du parc afin de lui proposer de l’accompagner aux festivités. Mais son amie était malade et ne pouvait pas venir. Mélina se dirige ensuite vers le domicile de son copain. La jeune fille lui aurait annoncé qu’elle voulait rompre avec lui, et l’échange ce serait plutôt bien déroulé.

A 17h, Françoise Algier attends sa fille au restaurant Valentine comme convenu. Mais Mélina est en retard. Françoise attends encore un peu, mais comme Mélina ne vient toujours pas, elle commence à s’inquiéter, surtout que sa fille avait pour habitude de la prévenir lorsqu’elle avait du retard ou un empêchement. « Le lendemain, ma mère m’a appelée pour me dire que Mélina n’était toujours pas revenue. » explique Marie-Josée Demers, une des soeurs de Mélina. « Je suis allée chez ma mère pour savoir si on devait appeler la police ou non. On ne savait pas où elle avait passé la nuit et elle ne s’était pas présentée à l’école.« 

Françoise et Marie-Josée commencent alors à interroger les amis de Mélina, et demandent aux passants s’ils auraient aperçu la jeune fille. Mais personne n’était au courant que Mélina avait disparue et personne ne l’avait vue, hormis son amie et son ex-copain chez qui elle s’était rendue avant d’être recherchée . Le soir venu, sa mère prévient la police. Peu après, Françoise s’est rendue à l’école de sa fille afin de discuter de sa disparition avec le directeur et des professeurs. Elle fouilla le casier et la chambre de Mélina dans l’espoir de trouver un indice, mais rien d’anormal ne fut découvert. Trois jours après la disparition de Mélina, Françoise placarde des avis de recherche en ville.

Selon les proches de Mélina, il ne pouvait pas s’agir d’une fugue, car Mélina était une fille heureuse et sans problèmes, elle était proche de sa famille et n’avait pas de soucis à l’école. De plus, elle avait laissé toutes ses affaires à la maison. « Je ne crois pas à cette histoire de fugue. » assure Roxanne, une autre soeur de Mélina. « Nous n’avons jamais manqué de rien. Nous n’étions pas gâtés, mais nous n’étions pas malheureux non plus. Notre mère a toujours tout donné pour nous. » Malgré tout, la police privilégie la thèse de la fugue et de ce fait aucune recherche n’est organisée sur le terrain. Selon les enquêteurs, il n’y avait aucun indice qui aurait pu indiquer une disparition inquiétante. 

Françoise Algier décide alors de se débrouiller par ses propres moyens. Elle continue de distribuer des affiches de sa fille et plusieurs personnes fouillent le parc Boubonnais de fond en comble. 

La famille de Mélina fut consternée que sa disparition n’attira pas l’attention des médias. Pourquoi son cas n’a-t-il pas été plus diffusé ? Il était pourtant question de la disparition troublante d’une mineure.

Finalement, le 3 février 2005 le réseau Enfants-Retour Québec offre son aide à la famille de Mélina, et va continuer à les soutenir des années durant, notamment en ajoutant Mélina à leur affiche annuelle, en publiant ses photos sur des enveloppes de banque et en procédant à une vieillissement de photo en 2007.

Photo vieillie de Mélina

Ce sont 4 millions d’enveloppes avec la photo de Mélina qui furent postées à travers le Canada. Malheureusement, il y eu très peu de nouvelles pistes par la suite.

Le 23 janvier 2006, soit un an après la disparition de Mélina Martin, la sûreté du Québec établit un poste de commandement au parc Bourbonnais, dans le but de recueillir des informations. Finalement, l’hypothèse comme quoi Mélina aurait été victime d’un acte criminel n’est pas écartée.

Le 12 janvier 2010, c’était le jour du 18ème anniversaire de Mélina. A ce moment là, sa famille espérait encore qu’elle donne signe de vie. Même s’ils ne croyaient pas à la fugue, ils espéraient néanmoins que Mélina ait fugué pour ensuite revenir saine et sauve. Mais la jeune fille n’est pas rentrée à la maison.

Françoise Algier est persuadée qu’il y a quelque part une personne qui sait ce qui est arrivé à sa fille, mais qui ne veut pas parler. « Que la personne qui sait ce qui est arrivé à Mélina parle. » supplie Roxanne. « Qu’elle se mette à notre place, surtout à celle de ma mère. Je vois comment elle vit cela chaque jour, c’est encore plus dur.« 

Malgré tout, la famille de Mélina garde espoir et est persuadée qu’un jour ils sauront ce qui est arrivée à la jeune fille.

La dernière fois que Mélina a été vue, elle portait un jean avec de la fourrure au bas, une camisole beige, une veste en jean avec fourrure aux manches, un manteau noir avec capuchon à fourrure, un foulard blanc, et une sacoche en vinyle beige avec une étoile bleue.

Si vous avez des informations qui permettraient de faire avancer l’enquête, contactez : Sûreté du Québec au 1 800 659-4264 ou Réseau Enfants-Retour au 1 888 692-4673.