L’affaire David Stevenin : un homme disparaît avec son chien.

Originaire de Normandie dans le département du Calvados en France, David était un jeune homme passionné par la nature et la pêche. Début septembre 2018, le jeune homme de 28 ans, qui a pour projet de changer de vie, décide de partir s’installer au Pays basque.

David et son chien Ioshy

Il quitte alors la Normandie au volant de sa Renault Megane et en compagnie de son chien Ioshy, un berger australien qui ne le quitte jamais. David est ainsi hébergé par son ami Julien à Urt, une petite commune des Pyrénées-Atlantiques, en attendant d’obtenir un logement. Il avait pour habitude d’être assez actif sur ses réseaux sociaux, et les premiers jours de sa venue à Urt le jeune homme poste régulièrement des photos de ses parties de pêche et de ses promenades.

Le 27 septembre 2018, David avait rendez-vous au CCAS d’Anglet afin de commencer des démarches administratives. Ne donnant pas de nouvelle, sa mère Sylvie l’appelle, inquiète. Mais David ne lui répond pas. Elle va alors contacter Julien et il lui révèle l’impensable : David a disparu. Dans la nuit du 25 au 26 septembre, les deux hommes, qui étaient hébergés par un couple de sexagénaires, auraient eu une grosse dispute et en seraient venus aux mains, probablement sous l’effet de l’alcool. Furieux, David aurait quitté le domicile en pleine nuit à bord de sa voiture en emmenant Ioshy avec lui, et ne sera plus revu. Pour Sylvie Stevenin, cette annonce est un énorme choc. Les gendarmes d’Urt vont être prévenus, et une enquête pour disparition inquiétante sera ouverte.

L’inquiétude est d’autant plus grande pour les proches de David car le jeune homme est parti sans prendre son téléphone portable et autres effets personnels. Le logement du couple va être fouillé ainsi que le téléphone de David. D’importantes battues vont être organisées et des hélicoptères vont même survoler la région, mais en vain. La disparition de David est particulièrement inquiétante aux yeux de sa soeur Laura, car selon elle, il ne serait jamais parti sans donner de nouvelles à leur mère, dont il était très proche.

Sylvie et Laura vont restées mobilisées et vont créer une page Facebook dédiée à la disparition de David, en plus de distribuer des affiches dans les environs et de participer aux recherches. En avril 2019, l’Unité Mobile d’Intervention et de secours (UMIS) commence à sonder une petite partie du fleuve de l’Adour mais sans succès. La famille voulu ensuite que l’UMIS intervienne à nouveau pour sonder l’Adour, cette fois de Urt à Bayonne, mais cela a un prix. Grâce à une cagnotte lancée en mars 2020, une belle somme a été recueillit. A cause du confinement, l’opération n’a pu se faire qu’en juillet 2020. Sylvie et Laura ont pu suivre l’opération à distance. Pour des raisons financières liées à la crise sanitaire, la soeur de David n’a pas pu se rendre sur place : « Financièrement c’est un coût de se loger sur place et on n’aurait pas vraiment su quoi faire à part stresser au bord de l’eau. Là au moins, on s’occupe un petit peu l’esprit pour penser à autre chose. » Malheureusement, ces nouvelles recherches au fleuve ne donneront rien.

Le député Jean Lassalle va apporter son soutien à la famille Stevenin, faisant renaître un espoir. Le 10 juillet 2020, il a pu rencontrer les bénévoles participant aux recherches. « Nous avons pu entrer en contact avec lui grâce à une bénévole qui le connaissait.  Il m’a appelée, a proposé que nous rencontrions à Paris pour que je lui raconte toute l’histoire. Et il a voulu nous aider » explique Sylvie, qui compte revenir au Pays basque avec sa fille pour continuer les investigations.

Plusieurs théories ont vu le jour, notamment la piste de l’accident. En effet, le soir de sa disparition, David avait bu. Alors qu’il était en train de conduire, l’alcool et l’adrénaline auraient pu lui provoquer un accident de la route. Mais si c’était le cas, on aurait forcément retrouver sa voiture quelque part, ou peut-être même Ioshy, qui aurait pu s’échapper. Vient alors la piste de la disparition volontaire. A priori, David n’avait aucune raison de disparaître de lui-même, d’autant plus qu’il était très proche de sa famille.

Vient ensuite la thèse du crime : les dernières personnes à avoir vu David ce soir-là, son ami et le couple, ont été interrogés, mais cela n’a rien donner. Mais lorsque la mère et la soeur de David avaient demandé au couple si elles pouvaient récupérer les affaires du jeune homme, le couple avait refusé. De plus, ce couple et l’ami de David ont été très peu investis dans les recherches. Les policiers les ont-ils écarté trop rapidement de la liste des suspects ? David aurait-il fait une mauvaise rencontre après son départ ?

Pour information, David mesure 1m85, sa voiture est une Renault Megane noire immatriculée AV-338-PF. Le harnais noir Julius K9 de Ioshy n’a pas été retrouvé, ce qui laisse supposer que David l’avait avec lui. Ioshy est un mâle pucé (250269802306592).

A ce jour, ni David, ni son chien et ni sa voiture n’ont été retrouvés.

Kevin Vanneste : mystérieusement disparu en Corse.

La disparition inquiétante d'un randonneur belge: "Il était affaibli et  demandait de l'aide" | Belgique | 7sur7.be
Kevin Vanneste

Kevin est un jeune homme originaire de Kuurne en Belgique, il est décrit comme étant indépendant et débrouillard, ayant de bonnes compétences en randonnée et en escalade.

Le 14 septembre 2018, Kevin, alors âgé de 30 ans, arrive en Corse avec pour objectif de faire de la randonnée sur le GR 20. Mais ce voyage sur l’île de beauté ne sera pas de tout repos, car le jeune homme n’avait sur lui que de faibles ressources. Il avait acheté un vol bon marché, et séjournait là où il le pouvait. De plus, le 15 septembre, il avait été incapable de se payer un repas dans un restaurant et s’était donc disputé avec le restaurateur. La police, qui avait dû intervenir sur place, a révélé que le jeune homme avait l’air affaiblit.

Malgré tout, dans l’après-midi du 16 septembre 2018, Kevin s’en va entreprendre seul son ascension au GR 20. Mais avant, il va s’arrêter à la cathédrale Sainte-Marie de Bastia et va discuter avec un prêtre. Ce dernier raconte que Kevin aurait douté de ses capacités à se lancer sur le GR 20, se sentant psychologiquement et physiquement faible. Mais après sa conversation avec le prêtre, il serait ensuite parti en laissant son sac et son téléphone portable, disant qu’il viendrait les récupérer plus tard. Mais le jeune homme ne reviendra jamais chercher ses affaires et ne sera plus revu. Son dernier signe de vie est un texto envoyé à une de ses amies, le 16 septembre à 17h30.

https://www.corsenetinfos.corsica/photo/art/grande/41252217-34763032.jpg?v=1577720187

Malgré l’ouverture d’une enquête par la parquet d’Ajaccio et de nombreuses recherches, l’enquête reste au point mort. La maman de Kevin, Lilium Velghe, a fini par quitter la Belgique pour emménager en Corse, afin de contribuer plus facilement à la recherche de son fils. Plusieurs hypothèses ont vu le jour : accident, kidnapping, disparition volontaire… mais aucune piste n’est encore privilégiée. Plusieurs témoignages vont être recueillis, révélant que Kevin n’avait sur lui aucun argent, pas même une carte bancaire, et qu’il était désintéressé par tous les biens matériels, préférant compter sur la générosité des habitants pour être nourri et logé. De plus, il semblait ne pas avoir conscience de certains risques. Après avoir quitté la cathédrale à Bastia, Kevin serait parti ainsi sans aucun biens, ni équipements.

Kevin aurait-il quitté la Corse ? Cela reste peu probable compte tenu de ses maigres moyens financiers. Pour rappel, le jeune homme n’avait même pas pu s’acheter à manger dans un restaurant. Il est révélé que Kevin était depuis longtemps fragilisé par la perte de son frère, survenue il y a quelques années, puis celle de sa grand-mère début 2018. Cela le plongeait parfois dans des états psychologiques compliqués. Affaiblit et sans aucun équipement, cette randonnée aurait pu être fatale pour le jeune homme s’il avait bien décidé de grimper vers le GR 20. Long de 179km, le GR 20 est qualifié comme le « chemin le plus difficile d’Europe ». Mais concrètement, il n’y a aucune preuve que Kevin se soit bien rendu sur le GR 20 lorsqu’il a été vu pour la dernière fois.

« Je m’efforce de garder confiance » confie Lilium Velghe. « Je me dis parfois qu’il a voulu changer de vie, qu’il va me contacter, un jour, pour me dire qu’il a réussi à reconstruire sa vie

Eerste zoektocht is succes, maar Team Kevin wil nog speuren: "Plots  ontbreekt elk spoor" - Samenleving - KW

L’affaire Faith Hedgepeth : tuée par sa meilleure amie ?

Faith Hedgepeth

Faith est née le 26 septembre 1992 dans le comté de Warren en Caroline du Nord, aux Etats-Unis. Elle faisait parti de la tribu amérindienne Haliwa-Saponi et était décrite comme étant très gentille, intelligente et soucieuse des autres. Au lycée, elle était pom-pom girl en plus de faire parti des meilleurs élèves, et elle excellait dans ses activités extrascolaires. Grâce à ses excellentes notes elle avait réussi à décrocher la bourse Gates Millennium, afin d’intégrer l’université de Chapel Hill. Elle envisageait de devenir pédiatre et d’être la première de sa famille à être diplômée de l’université.

En 2012, cela fait deux ans que Faith a commencé l’université. En première année, elle s’est liée d’amitié avec Karena Rosario, avec qui elle partageait un appartement hors du campus. La nuit du 7 septembre 2012, Faith et Karena se rendent à la boîte de nuit The Thrill au centre de Chapel Hill. Au bout d’un moment, Karena a commencé à se sentir mal et a demandé à Faith à rentrer chez elles. Les filles quittent la boîte de nuit vers 2h du matin.

Karena et Faith

Dans la matinée du 7 septembre 2012, Connie Hedgepeth, la mère de Faith, est contactée par l’université de Chapel Hill, et on lui annonce quelque chose d’effroyable : sa fille a été retrouvée morte dans son appartement. La famille de Faith se rend à son immeuble à Chapel Hill, où la police est déjà sur place. Les parents de la jeune fille s’effondrent. Ils apprennent ensuite que c’est Karena qui aurait appelé la police après avoir découvert le corps ensanglanté de Faith.

Lorsque les policiers découvrent le corps, ils décrivent une véritable scène d’horreur. Faith baigne dans son sang, elle est à moitié nue et semble avoir subit un traumatisme à la tête. En fouillant l’appartement, les policiers découvrent une bouteille de rhum vide et couverte de sang, ainsi que des traces de sperme à côté du corps de Faith. Ils vont ensuite trouver un sac en papier blanc sur lequel un message de haine a été écrit au stylo bille :« Je ne suis pas stupide, salope, jalouse. »

Le message près du corps de Faith

Karena sera rapidement interrogée par la police. Elle explique que le soir du meurtre, elle s’était rendu avec Faith à la boîte de nuit The Thrill vers 00h30, et qu’elles seraient parti aux alentours de 2h du matin, car Karena aurait commencé à se sentir mal à cause de l’alcool. Une fois à l’appartement, Karena aurait vomi dans les toilettes, alors que Faith partait se coucher. N’ayant pas sommeil, Karena aurait appelé son ami Jordan McCrary pour lui demander si elle pouvait se rendre chez lui. Elle aurait ensuite quitter l’appartement vers 4h du matin, laissant Faith dormir seule, et ne refermant pas la porte à clé derrière elle, car les filles se partageaient une seule clé. Mais que dans la matinée elle avait envoyé plusieurs messages à son amie qui restaient sans réponse. Inquiète, elle serait parti à l’appartement de Faith en compagnie d’une amie nommée Marisol, et c’est là qu’elles auraient fait la macabre découverte.

Lorsque les policiers découvrent alors que le message a été enregistré le 7 septembre vers 1h23 du matin, soit au moment où Faith et Karena se trouvaient encore en boîte de nuit. Par la suite ils parviennent à accéder aux relevés téléphonies de Faith et découvrent que cette dernière n’est pas allé se coucher directement lorsqu’elle est rentré. Elle aurait envoyé un message à son ami Brandon Edwards, qui est également l’ex petit-ami de Karena. Dans ce message, elle lui dit de venir car Karena a besoin de lui à ce moment-là. Mais étrangement, Brandon avait répondu au message par « Qui est-ce ?»

Brandon sera interrogé par les policiers. Il dira qu’il se trouvait également au Thrill avec les filles ce soir-là, mais qu’il n’y ai pour rien dans la mort de Faith. Les policiers vont ensuite fouiller sa voiture et comparer son ADN avec celui retrouvé sur les lieux du crime. Mais les fouilles de sa voiture ne mènent à rien, et son ADN ne correspond pas à celui retrouvé près du corps de Faith.

Les policiers vont ensuite tourner leur attention au deuxième homme à qui Faith a envoyé des messages avant sa mort. Il s’appelle Ty McNill, et il est l’ex petit-ami de Faith. Ils avaient une relation houleuse à cause de la jalousie et la possessivité du jeune homme, et ils passaient leur temps à se séparer pour ensuite se remettre ensemble. Durant une de leur séparation, Faith avait eu une relation avec un autre, ce qui l’aurait rendu furieux. De plus, lorsque Faith ne répondait pas à ses messages, Ty avait pour habitude de partir à sa recherche. Peu avant sa mort, Faith avait confié qu’elle souhaitait définitivement rompre avec lui car il l’avait frappée.

Suite aux messages échangés entre Faith et Ty, on apprends qu’ils devaient se voir dans la soirée du 6 au 7 septembre, mais qu’à la place, Faith était finalement partie en boîte de nuit. A 3h52 ce soir-là, le dernier message que Faith lui avait envoyé était pour lui dire qu’elle souhaitait qu’ils se remettent ensemble.

Bien évidemment, Ty va subir un interrogatoire. Au commissariat, il va croiser les parents de Faith. Il va leur dire à quel point il est désolé pour ce qui est arrivé à leur fille, et il va également leur confier que Faith lui avait envoyé un message étrange la nuit de sa mort. En effet, ce message contient une faute d’orthographe. Or, Faith était connue pour être très pointilleuse sur l’orthographe, et en voyant cette faute son père va penser que ce n’est pas sa fille qui a écrit ce message.

Lors de son interrogatoire, Ty va affirmer n’avoir rien à voir avec la mort de Faith et va même donner son ADN sans hésitation. Et à nouveau, l’ADN retrouvé sur le lieu du crime et celui de Ty ne correspondent pas. Les soupçons vont alors se tourner vers Jordan McCarty. Alors que les policiers se rendent chez Jordan, ce dernier a tenté de fuir, disant qu’il ne voulait pas être mêlé à cette histoire. Les policiers vont quand même l’interroger, et le jeune homme va raconter que lorsqu’il a retrouvé Karena ce soir-là, elle avait une tâche rouge sur son t-shirt. Ce fameux t-shirt va être retrouvé dans l’appartement des filles et va être analysé. Mais à ce jour, les policiers n’ont toujours pas rendu les résultats publics.

Faith et Karena

En creusant un peu plus, les policiers apprennent que le 11 juillet 2012, Karena avait demandé une ordonnance de non communication à l’encontre de son ex petit-ami, Eriq Takoy Jones. Karena avait même changé les serrures de chez elle, mais cela n’avait pas empêché le jeune homme de défoncer la porte de son appartement. Faith ne l’appréciait pas du tout car il se montrait violent envers Karena. Et Eriq était en colère contre Faith, car c’était elle qui avait conseillé à Karena de demander une ordonnance de non communication. Il avait d’ailleurs menacé Faith de la tuer s’il n’arrivait pas à se remettre avec Karena.

Habitant dans le même groupe d’immeuble que les filles, et en voyant les journalistes traîner autour de l’appartement des filles, Eriq est directement aller les voir en faisant des éloges sur Faith. Tous les amis de Faith ont trouvé cela étrange, car ils savaient qu’en réalité Eriq la détestait. D’ailleurs, peu avant le meurtre, il avait posté ce message sur Facebook : « Seigneur, pardonne-moi pour mes péchés et ceux que je pourrais commettre. Protège-moi des filles qui ne me méritent pas et celles qui voudraient que je sois mort. »

Eriq sera emmené par les policiers afin d’être interroger. Au début il refusera de donner un échantillon ADN, avant de changer d’avis. Sa voiture et son appartement seront fouillés également, mais à nouveau, ni les fouilles ni l’ADN ne se révéleront concluants. Eriq est donc relâché.

En 2013, le FBI est venu prêter main forte à la police, à qui on reprochait de bâcler l’affaire et de dissimuler beaucoup d’éléments, qui furent finalement rendus publics en 2014. Et parmi ces éléments se trouve l’appel qu’a passé Karena au 911 en découvrant le corps de Faith, ce 7 septembre 2012 :

Karena : « Je viens d’entrer dans mon appartement… j’ai retrouvé mon amie inconsciente… Je viens de rentrer dans l’appartement et il y a du sang partout sur l’oreiller, sur la couette.. Je ne sais pas ce qui s’est passé

Opérateur 911 : « Est-ce qu’elle respire ?»

Karena : « Je ne pense pas…»

Opérateur 911 : « Est-elle chaude ?»

Karena : « Non, elle est froide. »

Opérateur 911 : « D’accord, ne touchez à rien dans l’appartement. »

Karena : « Il semble que quelqu’un soit venu ici... »

Cet appel sera jugé louche, car en effet, Karena y décrit Faith comme étant inconsciente, et non morte, alors qu’elle a été retrouvée dans une marre de sang. De plus, elle insiste bien sur le fait qu’elle venait de rentrer dans son appartement en le répétant plusieurs fois, comme si elle tentait de se dédouaner. Par la suite, lorsque l’opératrice du 911 lui demande son identité, Karena esquive la question, avant de la révéler après l’insistance de l’opératrice. Lorsque les policiers l’avaient interrogées, Karena avait dit qu’elle s’était rendu à l’appartement avec son amie Marisol, mais l’opératrice du 911 dira qu’elle avait l’impression que Karena était seule. En effet, alors que la jeune fille était en ligne, on entendait aucune autre voix derrière, pas même des pleurs, rien qui ne pourrait confirmer la présence de Marisol, ce qui est étrange pour quelqu’un censé se trouver face à une scène de crime.

En 2014, le rapport d’autopsie de Faith confirme que la jeune fille est morte d’un traumatisme à la tête et qu’elle avait de nombreuses blessures sur le reste du corps. En revanche il n’y a aucun traumatisme au niveau de son intimité, ce qui montre qu’elle n’a pas été violée. D’autres informations vont être données sur le sac où un message haineux y était écrit, près du cadavre de Faith.

Selon les experts, à la manière dont les lettres sont tracées aussi grossièrement, cela pourrait démontrer que cette personne déversait toute sa colère contre Faith en écrivant ces mots, ce qui signifie que Faith devait connaître son meurtrier. L’écriture de Karena et celle du sac seront comparées, et les experts sont formels : les deux écritures ne matchent pas. En revanche, ils pensent que la personne qui a écrit ce message a utilisé sa main non dominante pour camoufler sa véritable écriture.

Malgré tout, les soupçons vont encore se tourner vers Karena. En plus de ses réactions lors de l’appel au 911, elle était la seule à savoir que la porte de l’appartement n’était pas fermée à clé. Et comme aucune fenêtre ni aucune porte n’a été forcée, la personne qui a tué Faith devait donc savoir que la porte d’entrée n’était pas verrouillée. Mais dans ce cas, pourquoi Karena aurait-elle voulu faire du mal à Faith ? Les deux filles étaient très proches et se considéraient comme des soeurs.

Mais en réalité, il y avait depuis quelques temps des tensions et des disputes entre les deux amies. Faith ne désirait plus vivre avec Karena et avait demandé à son amie Una si elle pouvait emménager dans son appartement. D’ailleurs, l’intervention de Una va faire rebondir l’affaire. En effet, le soir de sa mort, Faith lui avait laissé une message vocal sur son répondeur, un message étrange où on entendait de la musique ainsi que des frottements. Mais avant d’apprendre la mort de Faith, Una avait supprimé le message, ne le trouvant pas important. Par la suite, elle va contacter son opérateur téléphonique et pouvoir récupérer ce message vocal.

En 2016, un expert audio-médico légal va analyser le message vocal laissé par Faith le soir de sa mort. En l’améliorant, on se rend compte qu’il n’y a pas seulement de la musique et des frottements, mais qu’il y a également quatre voix différentes, soit deux hommes et deux femmes. Voici la conversation qui y serait entendue :

Femme 1 : « Oh, ma tête…»

Femme 2 : « Fais-le !»

Homme 1 : « Je pense qu’elle est en train de mourir .»

Homme 2 : « Faites-le de toute façon. »

Femme 1 : « Aïe ! Aidez-moi ! Lâchez-moi ! »

Femme 2 : « Va te faire foutre ! Je vais te frapper au visage salope ! »

Femme 2 : « Menteuse ! Tu m’as menti ! »

Femme 2 : « Ne sois pas une (inaudible). Bats-toi ! »

La femme 1 serait sans aucun doute Faith qui semble en détresse, tandis que la femme 2 reste un peu plus compliquée à reconnaître. En revanche, au fur et à mesure de la conversation, l’expert réussi à identifier deux prénoms :

Homme 2 : « J’arrive pas à croire que tu l’as vraiment fait Rosie. »

Femme 2 : « Va aider Eric.»

Femme 2 : « Tu veux provoquer mon petit-ami ? »

Femme 1 : « Non Rosie ! »

Homme : « Jette-là dans le lac. »

Femme 1 : « Pitié ! Ma main est en feu ! »

Homme : « Je vais les détacher. J’ai l’impression que ses mains sont en feu. Je vais les cacher. »

Lorsque la famille de Faith écoute l’audio, le père de Faith affirme reconnaître la voix de sa fille et celle de Karena, et ajoute que Rosie était le surnom que Faith donnait à Karena. Quant à Eric, cela fait écho à l’ex petit-ami de cette dernière, Eriq Takoy Jones. Pour les enquêteurs cela ne fait aucun doute : plusieurs personnes sont mêlées au meurtre de Faith, et ce vocal a été enregistré au moment où elle se faisait tuer.

L’ADN retrouvé sur le lieu du crime et qui semblerait n’appartenir à aucun suspect interrogé sera analysé par une entreprise qui créé des portraits-robots 3D à partir du phénotypage. Grâce à cela, ils parviennent à reproduire un portrait-robot d’un des potentiels agresseurs de Faith. Il semblerait que ce soit un homme à la peau bronzée, aux cheveux sombres et aux yeux marrons ou noisettes, ayant des origines hispaniques.

Le portrait-robot 3D

En revanche, Karena, Eriq, et Jordan restent toujours les principaux suspects, même si leur ADN ne matchent pas avec celui trouvé près du corps de Faith. Plusieurs autres personnes furent interrogées et testées avec leur ADN, mais en vain.

Huit ans plus tard, et malgré les lourds soupçons contre Karena et les autres hommes, personne n’a encore été arrêté dans cette affaire. Mais les enquêteurs sont sûrs d’une chose : le meurtre de Faith était prémédité par quelqu’un qui la connaissait.

Karena Rosario avait été approchée par Crime Watch Daily pour une interview, mais elle n’a jamais voulu y participer. Depuis, Karena a déménagé dans un autre Etat et ne fait plus parler d’elle. Après tout ce temps, la famille de Faith espère toujours savoir qui a pu s’en prendre à leur fille qui était promise à un brillant avenir.

Lashaya Stine : victime d’un réseau de prostitution ?

Lashaya Stine est née le 8 février 2000. Elle vivait à Aurora dans le Colorado, et était décrite comme une jeune fille sans histoires et une élève studieuse, figurant même sur le tableau d’honneur de son lycée.

Soucieuse des autres, Lashaya avait pour projet de devenir infirmière. D’ailleurs, elle avait obtenu un stage à l’hôpital de l’université du Colorado. Le soir du 15 juillet 2016, Sabrina Jones, la mère de Lashaya, dit bonne nuit à sa fille et part se coucher. Le lendemain, elle va réveiller Lashaya car celle-ci doit passer un entretien d’embauche, mais elle est surprise de constater que sa fille n’est pas dans sa chambre, ni ailleurs dans la maison.

Sabrina va alors tenter de joindre sa fille sur son téléphone portable, mais elle tombe directement sur la messagerie vocale. Elle va alors la chercher partout dans leur quartier, mais sans succès, et la police sera alors prévenue. Les policiers vont d’abord considérer Lashaya comme une fugueuse, mais une semaine plus tard, le chef de police qui revenait de vacances s’est penché un peu plus sur son cas.

Ils vont ainsi trouver des images de vidéosurveillance de la nuit du 15 juillet. On y voit Lashaya en train de marcher seule le long du boulevard East Montview, aux alentours de 2h30 du matin.

Les dernières images de LaShaya

Par la suite, la jeune fille se volatilise. Sabrina Jones a pensé que sa fille devait peut-être rejoindre quelqu’un mais qu’elle avait l’intention de revenir chez elle, car elle était partie sans effets personnels. En effet, Lashaya avait laissé son chargeur de téléphone, son portefeuille et n’avait prit rien d’autre dans sa chambre. La famille, les amis et l’ex petit-ami de Lashaya furent interrogés, mais cela n’a mené à aucune piste.

Que pouvait bien faire une jeune fille de 16 ans, seule dans la rue en pleine nuit ? Pour sa famille, il est impossible que Lashaya ait fugué. C’était une adolescente sérieuse, et de plus, elle avait disparue la veille d’un entretien d’embauche. Etait-elle partie rejoindre quelqu’un ? Lui faisait-on du chantage ?

Sa mère pense que Lashaya a été forcée de se livrer à des trafiquants sexuels. D’ailleurs, au cours des années qui suivirent sa disparition, il y eut plusieurs témoignages qui corroborent cette théorie. En effet, des témoins ont affirmé avoir vu Lashaya dans des motels où elle était forcée de se prostituer, et qu’elle était surveillée en permanence par un homme. Plusieurs fois les policiers se sont rendus dans ces motels suite à ces signalements, mais cela n’a rien donné. Lashaya aurait été aperçue dans plusieurs Etats : Nouveau-Mexique, Kansas, Missouri…

Autre fait troublant, une jeune fille ayant pu s’échapper d’un réseau de prostitution a affirmé avoir vu Lashaya dans le même trafic, et elle a d’ailleurs décrit un signe d’instinctif de l’adolescente : une cicatrice au niveau de la poitrine.

Mais à ce jour et malgré ces témoignages, Lashaya est toujours portée disparue. Une récompense de 15 000 $ est offerte pour une quelconque information qui pourrait aider à retrouver Lashaya Stine.

La disparition de Brittanee Drexel : enlevée en spring break.

Brittanee est née le 7 octobre 1991 à Rochester dans l’Etat de New York. Alors qu’elle n’est qu’un bébé, sa mère Dawn se marie avec Chad Drexel, qui finira par adopter Brittanee et la considérer comme sa propre fille. On sait peu de choses sur son père biologique.

Brittanee Drexel

En 2008, Chad et Dawn se séparent, et c’est un coup dur pour la jeune fille. Brittanee est restée vivre chez sa mère mais gardait contact avec Chad. Brittanee, qui était connue pour être une fille joyeuse et pleine d’énergie, devenait de plus en plus déprimée, et la séparation de ses parents ne fit qu’aggraver les choses. Elle a également commencé à sécher les cours et à se rebeller.

Nous sommes en avril 2009, Brittanee a 17 ans. Elle entend parler d’un spring break censé se dérouler à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, et elle apprend que des élèves de son lycée comptent s’y rendre. Voulant participer afin de se changer les idées, elle demande l’autorisation à sa mère de se rendre au spring break avec son petit-ami John et des copines. Mais sa mère refuse, car Brittanee n’était qu’une jeune adolescente et il n’y avait aucun adulte pour les surveiller, et également car elle ne connaissait pas les autres jeunes avec qui elle s’y rendait.

Cela a provoqué des disputes terribles entre la mère et la fille. Brittanee continuait d’insister auprès de sa mère, mais cette dernière était catégorique : il était hors de question que sa fille mineure aille à un spring break sans être accompagnée d’au moins un adulte responsable. Bien décidée à désobéir, le 22 avril 2009, Brittanee demande à sa mère si elle peut passer quelques jours chez une amie qui vivait non loin afin de se calmer et d’apaiser les tensions au sein de la maison. Mais en réalité, la jeune fille a une toute autre idée derrière la tête.

Le 23 avril, Brittanee arrive à Myrtle Beach avec trois amies. Les premiers jours tout se passe bien. Brittanee s’amuse et savoure cette liberté. De temps à autre, elle appelle sa mère pour la rassurer et lui faire croire que tout se passe bien chez son amie. Pendant ce temps, Dawn ne se doute pas un seul instant que sa fille se trouve en Caroline du Sud. Très vite, Brittanee déchante lorsque ses amies commencent à prendre des drogues. N’étant pas du tout attirée par cela, elle commence à prendre ses distances. Elle va multiplier les sorties en étant seule, dans une ville et un Etat qu’elle ne connait pas.

Le 25 avril 2009, Brittanee est filmée par des caméras de surveillance en train d’entrer à l’hôtel Blue Water Resort, afin de rendre visite à un ami qui y séjourne. Elle en ressort vers 21h45, tout en discutant par message avec son petit-ami John. Elle lui dit qu’elle est triste de rentrer à Rochester le lendemain et qu’elle compte rester à son hôtel. John lui répond qu’elle ferait mieux de profiter de sa dernière soirée à Myrtle Beach. Mais Brittanee arrête soudainement de répondre à ses messages. N’obtenant pas de réponse au bout d’une heure, et commençant à s’inquiéter, John dit à Brittanee que si elle ne lui dit pas si tout va bien il préviendrait sa mère. Brittanee ayant peur que sa mère découvre qu’elle s’est rendue au spring break, John espère obtenir une réponse rapide. Mais la jeune fille se fait silencieuse. Il contacte alors les amis de Brittanee avec qui elle est partie, mais ceux-ci lui affirment ne pas savoir ce que fait Brittanee, ni où elle se trouve.

John prévient alors la police de Myrtle Beach, ainsi que la famille de Brittanee qui arrive en Caroline du Sud. La chambre d’hôtel de la jeune femme sera fouillée, mais on ne retrouvera ni son téléphone ni son portefeuille. La police tente donc de localiser sa position grâce au bornage de son téléphone portable et découvre quelque chose d’étrange : A 21h27, l’appareil est localisé à 11km au sud de Myrtle Beach, et se déplace assez vite, ce qui laisse supposer que Brittanee se trouverait à bord d’une voiture.

A 23h58 son téléphone est localisé à 80km au sud de Myrtle Beach, dans la petite ville de McClellanville, située dans le comté rural de Charleston. Le 26 avril, le téléphone de Brittanee n’émet plus de signal. Les policiers se rendent à McClellanville, et ne peuvent s’empêcher d’imaginer le pire. En effet, la ville est pleine de marais infestés d’alligators et autres animaux dangereux. Qu’irait faire une jeune fille de 17 ans venu profiter du spring break dans un endroit pareil ? Pour eux, il est impossible que Brittanee soit venue ici de son plein gré. D’autant plus que c’est le coin idéal pour se débarrasser d’un corps, au milieu des forêts, des marais et des alligators.

Les policiers vont alors fouiller la zone aidés par des bateaux, des hélicoptères et des chiens renifleurs pendant plusieurs semaines, en vain. L’ami à qui Brittanee était allé rendre visite à l’hôtel Blue Water Resort sera suspecté et interrogé par la police, mais l’homme a un alibi solide et il sera écarté de l’affaire.

En 2016, un prisonnier du nom de Taquan Brown va relancer l’affaire. L’homme purge une peine de 25 ans de prison pour homicide involontaire, et il prétend savoir ce qui est arrivé à Brittanee. Il dit avoir rencontré la jeune femme la nuit de sa disparition. Il devait rendre visite à un certain Sean Taylor à qui il devait de l’argent pour une histoire de drogues. Alors qu’il traversait la maison de Taylor pour se rendre dans la cour, Brown aurait vu Brittanee dans une des pièces se faire agresser par plusieurs hommes, dont Timothy Deshaun Taylor, le fils de Sean Taylor.

A un moment, Brittanee aurait réussi à s’enfuir de la maison mais avait été rapidement rattrapée par Timothy Taylor, qui l’aurait frappée avec son arme et ramenée à l’intérieur. Sean Taylor serait à son tour rentré dans la maison tandis que Taquan Brown attendait dehors, et c’est là qu’il aurait entendu des coups de feu. Brown ajoute qu’il a ensuite vu les hommes transporter le corps de Brittanee dans un tapis et le mettre à l’arrière d’une camionnette, et que les hommes s’étaient débarrassé de son corps en le jetant dans un étang infesté d’alligators. Ce témoignage sera confirmé par un autre détenu qui dira avoir vu Brittanee se faire enlevée par Timothy Taylor à Myrtle Beach.

Il raconte également que Taylor avait emmené Brittanee à McClellanville pour la vendre à un de ses amis. Mais il avait ensuite changé d’avis en voyant que la disparition de Brittanee était devenue très médiatisée, et il avait donc décidé de la tuer. Après ces témoignages, la police va de nouveau fouiller les marais à proximité de la planque des Taylor, mais il ne retrouveront aucun corps. Les policiers apprendront plus tard que Sean Taylor avait tenté de kidnapper une jeune fille de 20 ans, seulement un mois après la disparition de Brittanee, juste en face de l’hôtel Blue Water Resort.

Les policiers vont émettre un mandat d’arrêt contre Sean Taylor, mais ce dernier va leur fournir un alibi solide, et il sera ainsi écarté de la liste des suspetcs. On apprendra alors que Timothy Taylor avait déjà été interrogé en 2009 sur la disparition de Brittanee, bien avant d’être suspecté. Il avait même été soumit au détecteur de mensonge, qu’il avait réussi. Mais Timothy est loin d’être un saint, car en 2011, alors qu’il était âgé de 18 ans, il a été arrêté pour avoir participé au braquage d’un McDonald. Ses deux complices avaient été condamnés à de lourdes peines tandis que Taylor s’en ai sorti avec seulement 2 ans de prison avec sursis.

Le FBI décide de poursuivre Timothy Taylor pour le braquage du Mcdonald, afin de pouvoir l’interroger à nouveau sur l’enlèvement de Brittanee Drexel. Timothy fut à nouveau arrêté et interrogé pour l’attaque du Mcdonald, mais également pour la disparition de Drexel. Comme Taylor risquait plusieurs années de prison pour l’attaque du Mcdonald, le procureur lui a proposé un marché : s’il accepte de passer le détecteur de mensonge et qu’il le réussi alors qu’il est questionné sur Brittanee, il prendrait entre zéro et dix ans de prison. En revanche, il prendrait entre dix ans et la perpétuité en cas d’échec. Taylor refuse l’accord, mais accepte de passer le test. Et ce sera un échec.

Le résultat du polygraphe sera dévoilé en 2018. Les avis concernant la culpabilité de Timothy Taylor divergent. Certains pensent qu’il a quelque chose à se reprocher, d’autres pensent que Taquen Brown l’a accusé à tord et qu’il l’avait impliqué là-dedans pour obtenir une remise de peine, surtout que d’autres personnes qu’il avait accusé se trouvaient en prison au moment des faits. Mais lors d’une interview où Taylor se faisait interroger par un journaliste, il a eu un lapsus qui a interpellé tout le monde : lorsque le journaliste lui dit qu’un témoin affirme l’avoir vu avec Brittanee le jour de sa disparition, Taylor répond qu’il est quasiment sûr de n’avoir jamais rencontrer Brittanee. Le jeune homme s’est rapidement rattrapé en affirmant qu’il est bel et bien sûr de n’avoir jamais vu Brittanee, mais il était trop tard.

Un autre élément ne va pas jouer en faveur de Taylor. Quelques années auparavant, Chad Drexel, le père de Brittanee, était à McClellanville pour distribuer des affiches de sa fille à des automobilistes, avec l’aide de son détective privé, mais lorsqu’il s’est approché d’une des voitures, l’homme à l’intérieur a accéléré. Chad se serait mit devant la voiture pour l’arrêter et lui donner l’affiche, lui expliquant que sa fille avait disparu. L’homme s’était alors mit à rire avant de jeter l’affiche par terre. Chad se souvent d’un détail particulier : l’homme dans la voiture n’avait pas de bras gauche. Et il se trouve que Timothy Taylor n’a également pas de bras gauche. Taylor va nier être cet homme, mais il est vrai que c’est un détail troublant, car être amputé du bras gauche est peu commun.

En 2019, Taquan Brown va répéter son témoignage par téléphone avec WHEC-TV, avec un peu plus de détails, notamment qu’il aurait vu Brittannee au moins quatre fois en l’espace d’un mois.. Il dira que le premier jour où il avait vu Brittanee c’était le 27 avril 2009, elle était bien dans une planque en train de se faire agresser sexuellement par plusieurs hommes, et elle avait un oeil au beurre noir. Il ne l’avait pas reconnue à ce moment là, car il ne savait pas qu’elle était recherchée. Quelques jours plus tard, il dira l’avoir à nouveau rencontrer dans la planque, en train de s’échapper puis d’être rattrapée et ramenée à l’intérieur, avant d’entendre des coups de feu. Il a ensuite vu les hommes sortir un corps enveloppé dans un tapis qui a été dépose à l’arrière d’une camionnette. Il pensait que c’était celui de Brittanee, mais cinq jours plus tard, il aurait à nouveau aperçue la jeune fille alors qu’il se rendait chez son cousin à Jacksonboro à 130km au sud de McClellanville. Il aurait vu Brittanee une dernière fois fin mai, à nouveau sur la propriété de son cousin, alors qu’il s’y rendait avec un ami. Brittanee se trouvait dans une zone boisée à la limite de la propriété du cousin de Brown, et elle était entourée par plusieurs hommes. Et c’est là qu’un homme du nom de Nate lui aurait tiré dessus avec un fusil à double canons. Brown et son ami se serait enfui pour ne pas être impliqués.

Selon WHEC-TV, le récit de Brown semble fiable, même si d’autres éléments n’ont pas pu être corroborés. Mais aucun autre témoin ne peut appuyer son témoignage, car le cousin de Brown est décédé et les autres témoins n’ont jamais été trouvés.

A ce jour, on a jamais retrouvé le corps de Brittanee. Dawn, sa mère, a fini par déménager à Myrtle Beach, le dernier endroit où sa fille a été vue. Elle a également ouvert une ligne téléphonique dédiée à sa fille au cas où quelqu’un aurait des informations à lui fournir.

La disparition mystérieuse de Mekayla Bali.

Mekayla Bali est née le 2 juillet 1999. Elle vivait à Yorktown au Canada, et était décrite comme une fille discrète, sans histoires, qui aimait passer du temps avec ses amis.

Au matin du 12 avril 2016, Mekayla, alors âgée de 16 ans, se prépare comme d’habitude pour aller au lycée, le Sacred Heart High School. Mekayla arrive au lycée à 8h08. Les caméras de surveillance de l’école la filment dans les couloirs, en train de mettre des livres dans son casier. Mais étrangement, vers 8h25, Mekayla est à nouveau filmée par des caméras alors qu’elle quitte le lycée par une porte située à l’arrière du bâtiment.

Mekayla sur les images de vidéosurveillance

Mekayla marche vers l’est sur la rue Smith Ouest puis tourne sur la rue Broadway afin de se rendre dans une banque et y retire 55 dollars. A 9h00, elle se rend dans un magasin qui récupère des bijoux d’occasion pour y faire évaluer le prix d’une bague, bague que le propriétaire de la boutique refusera de lui acheter, jugeant sa valeur trop faible. Le propriétaire sera plus tard interrogé, et affirmera que Mekayla semblait tout à fait normale.

Mekayla se rend ensuite au café Tim Hortons et y achète une boisson. Les images des caméras de surveillance la montrent assise à une table, envoyant des messages sur son téléphone et se retournant plusieurs fois vers la porte d’entrée.

Les images du Tim Hortons

Après quelques minutes, Mekayla sort du café à 09h23, pour y retourner à 9h49. Nous la voyons cette fois en train de téléphoner à quelqu’un pendant dix minutes. Une fois qu’elle raccroche, elle envoit un SMS à sa meilleure amie Shelby Knatuk en lui disant « J’ai besoin d’aide. »

Après plusieurs minutes sans réponse de son amie, elle lui envoie un second message où elle dit « Peu importe, j’ai compris. » Mekayla va de nouveau passer un appel, quitter le café puis y revenir une nouvelle fois. Personne autour ne semble prêter attention à son comportement étrange.

Par la suite, Mekayla va s’approcher d’une dame assise à une table, lui demandant si elle accepterait de lui louer une chambre d’hôtel, mais la dame refuse. De ce fait, Mekayla appelle de nouveau quelqu’un, puis elle va quitter définitivement le café. A 11h30, elle envoie un autre message à Shelby : « On se verra à la cantine. » A 12h00, elle revient au lycée et explique à des amis qu’elle compte prendre un bus pour partir dans la ville de Regina, située à 2h de route en voiture. Ces derniers ne feront aucune remarque. Mekayla va donc à nouveau être filmée par les caméras de surveillance en train de quitter le lycée. Ce seront les dernières images qu’on aura d’elle.

Les dernières images de Mekayla.

Lorsque Margaret, la grand-mère de Mekayla, arrive au lycée vers 15h pour la récupérer, elle remarque que Mekayla ne vient pas la rejoindre. La mère de la jeune fille sera prévenue et va alors contacter les amis de Mekayla, qui vont lui révéler qu’elle a séché les cours toute la journée. Très vite, les proches de l’adolescente vont commencer à l’appeler sur son téléphone, lui envoyer des messages, et également la chercher dans les endroits qu’elle avait l’habitude de fréquenter. Mais Mekayla est introuvable, et chaque appel, chaque message, restera sans réponse de sa part.

Sa disparition sera signalée cette même journée à 20h, et la famille et les amis de Mekayla seront interrogés par les enquêteurs. Shelby va expliquer que la veille, le 11 avril, elle était partie manger dans un fastfood avec Mekayla et une autre amie nommée Oxanna. Mekayla leur aurait alors révélé avoir rencontrer un certain Josh sur un site de rencontre et qu’ils discutaient souvent ensemble. Elle aurait ajouté qu’ils ne s’étaient pour l’instant jamais vus en vrai, et ne racontera pas plus de détails. Mais plus tard, Mekayla lui aurait dit qu’un autre garçon nommé Christopher devait venir la rencontrer, ce à quoi Shelby l’aurait mise en garde. Shelby ajoute que Mekayla avait fait part de son désir de quitter la ville et d’aller à Regina. Elle précise également que si elle n’avait pas répondu aux messages de Mekayla le jour de sa disparition c’était parce qu’elle avait oublié son téléphone chez elle.

On apprendra également que peu avant de disparaître, Mekayla avait envoyé un SMS à son ex petit-ami pour lui dire qu’elle se sentait mal et qu’elle pensait partir pour Regina. Elle avait ensuite envoyé un message à Shelby et à une autre amie leur disant qu’elle était malheureuse à cause d’un garçon. Mais lorsque ses amies lui demandaient plus de détails, Mekayla ne répondait pas. Par la suite, elle avait appelé le service client de sa banque pour vérifier son solde et transférer de l’argent de son compte épargne à son compte courant.

Des conducteurs de bus de Yorktown affirment que le jour de sa disparition, entre 9h et 12h, Mekayla leur avait demandé des renseignements sur les bus partant de Yorktown jusqu’à Regina, mais elle n’aurait acheté aucun ticket. Certains employés disent l’avoir vu manger au restaurant du dépôt de bus aux alentours de midi, et une cliente du restaurant affirme l’avoir vue manger puis se lever pour rejoindre un homme qui lui tenait la porte d’entrée et partir ensemble. L’homme était Blanc et avait un tatouage sur l’avant-bas.

Un avis de recherche sera alors lancé, et l’homme en question va se rendre de lui-même au poste de police afin d’expliquer qu’il ne connaissait pas Mekayla, qu’il lui avait juste tenu la porte par politesse, et que chacun était parti de son côté. Après vérifications, l’homme sera finalement écarté de la liste des suspects.

Le lendemain de sa disparition, le téléphone de Mekayla s’éteint.

Par la suite, les images des vidéosurveillance du 12 avril 2016 seront analysées. Malheureusement, les enquêteurs se retrouvent dans l’incapacité de tracer les nombreux appels qu’elle avait passé cette journée là, car ils ont été passés depuis une application non identifiable. De plus, Mekayla avait pour habitude d’envoyer des messages via des applications comme Snapchat, où les messages se suppriment seuls au bout d’un moment, ce qui n’a pas faciliter le travail des enquêteurs.

Des élèves du lycée de Mekayla vont être interrogés, et ils dévoileront que la jeune fille avait récemment mit en story Snapchat ce message : « Je cherche des amis sur Snap car je n’en ai pas dans la vraie vie. Ajoutez-moi mais ne m’envoyez pas de photos vulgaires. Je cherche juste un ami. » La mère de l’adolescente affirme pourtant qu’elle avait de très bons amis. Mais depuis sa disparition, ces derniers avaient un comportement assez étrange. En effet, aucun d’entre eux ne participaient aux recherches.

On apprend alors que le 14 février dernier, Mekayla avait reçu un bouquet de fleurs d’une personne anonyme devant son lycée. Non seulement la jeune fille était active sur les tchats en ligne, mais elle n’hésitait pas à donner son adresse et celle de son école à de parfaits inconnus. Les enquêteurs pensent alors que Mekayla aurait pu tomber sur un prédateur qui la faisait peut-être chanter. D’ailleurs, le fameux Christopher va être identifié, et l’homme qui vivait en Caroline du Nord leur explique qu’il avait effectivement rencontrer Mekayla sur un site de rencontre. Mais l’homme sera rapidement innocenté car les enquêteurs vont découvrir qu’au moment de la disparition de Mekayla, il se trouvait bien en Amérique du Nord et non au Canada.

Christopher confiera que Mekayla se mutilait, qu’elle parlait à énormément d’homme sur les sites de rencontre, et qu’elle avait un besoin viscéral de savoir qu’elle plaisait.

Plusieurs semaines plus tard, Shelby va contacter les policiers pour expliquer qu’elle avait envoyé un snap à Mekayla le jour même de sa disparition, et qu’il n’avait pas été ouvert. Mais en se réveillant ce matin-là, des semaines après la disparition de son amie, Shelby avait remarqué que Mekayla avait ouvert son snap dans la nuit. En juin 2016, Shelby va envoyer un nouveau snap à Mekayla, qui lui ne sera jamais ouvert. 10 mois plus tard, les enquêteurs ont enfin accès aux comptes Facebook, Instagram et Snapchat de Mekayla, mais ils n’y découvriront rien de suspect.

Plusieurs théories ont vu le jour suite à la disparition mystérieuse de la jeune fille, mais la théorie la plus plausible pour les policiers et les proches de Mekayla est qu’elle aurait rencontré un homme sur internet, et qu’elle lui aurait envoyé des photos intimes pour lui plaire. Il aurait alors commencé à lui faire du chantage, l’obligeant ainsi à le rencontrer pour ne pas divulguer les photos. Cela pourrait expliquer tous ces messages de détresse à ses amis, ainsi que son comportement étrange.

A ce jour, une récompense de 50 000 dollars est offerte pour retrouver Mekayla, qui n’a plus donné signe depuis ce 12 avril 2016.

La mort étrange de deux amies au Panama.

Lisanne Froon et Kris Kremers étaient deux amies hollandaises, nées respectivement le 24 septembre 1991 et le 9 août 1992. Lisanne était décrite comme étant passionnée par le volley-ball, intelligente et réservée, et Kris comme étant ouverte d’esprit, responsable et enjouée. Après leurs études, les deux filles ont économisé de l’argent pendant six mois afin de partir au Panama, dans le but d’apprendre l’espagnol et faire du bénévolat.

Pour finaliser leur projet, les filles passent par l’agence Het Andere Reizen, spécialisée dans les offres de volontariat. Elles songent d’abord à partir pour le Costa Rica, pour finalement choisir le Panama, et comptent y rester pour une période de six semaines. Le samedi 15 mars 2014, les filles atterrissent d’abord à San José au Costa Rica et passent la nuit dans une auberge de jeunesse. Le lendemain, elles arrivent en bus à Bocas del Toro au Panama. Les filles commencent alors leur cours d’espagnol à l’école Spanish the Sea, sur l’île Isla Colon. Dans leur temps libre, elles se promènent, vont à la plage et prennent des photos. Les filles ont également fait la rencontre de deux hollandais nommés Bastian et Edwin, avec qui elles sont devenues amies. Ces garçons décrivent Kris et Lisanne comme étant respectueuses, intelligentes, amicales, mais aussi prudentes. Elles faisaient attention à leurs fréquentations et ont clairement fait comprendre qu’elles ne cherchaient pas à avoir de relations sexuelles lors de leur séjour.

Le 29 mars, Kris et Lisanne arrivent à Boquete et sont récupérées par leur famille d’accueil. Leur espagnol n’étant pas suffisamment au point, les filles rencontrent quelques difficultés à communiquer avec la famille, mais cela ne les empêche pas de bien s’entendre avec eux et de les trouver sympathiques.

Mais Lisanne commence doucement à déprimer. Ses parents lui manquent, et même si leur famille d’accueil est très gentille, elle a du mal à se sentir à l’aise. Elle tente malgré tout de rester optimiste et de tirer du positif de cette épreuve.

Le 30 mars 2014, les filles visitent la ville de Boquete dans la matinée, avant de partir pour leur école dans l’après-midi pour s’informer sur les activités de volontariat censées se dérouler le lendemain avec Aura, une panaméenne responsable d’un établissement pour enfants. Les filles vont par la suite réserver une excursion avec un guide non certifié nommé Feliciano, pour les prochains jours. Le lendemain, les filles vont pour rencontrer Aura, mais cette dernière, qui s’était apparemment montré très désagréable, leur explique que les activités des bénévoles commenceront seulement la semaine prochaine. Interloquées par cette information, les filles vont demander des explications à l’école qui ne sait quoi leur répondre.

Ayant donc une semaine de libre, Kris et Lisanne décident le 1er avril 2014 de faire de la randonnée juste toutes les deux à El Pianista. Elles partent dans la matinée en compagnie de Blue, le chien de leur famille d’accueil. A 13h, les filles atteignent le sommet nommé le Mirador, et vont continuer à s’aventurer dans la jungle. A 13h39, leurs téléphones perdent contact avec le réseau. Au cours de leur périple, les filles vont prendre une trentaine de photos.

Quelques photos prises lors du 1er avril

Mais étrangement, à 16h39, le téléphone de Kris appelle le 112, le numéro d’urgence européen. A 16h51, c’est au tour du téléphone de Lisanne d’appeler le 112. A chaque appel, le réseau téléphonique inexistant dans la forêt empêche la communication de se faire. Dans la soirée, le chien Blue rentre à la famille d’accueil, seul. Sur le coup la famille d’accueil des filles ne s’inquiètent pas trop, se disant qu’elles étaient sans doute aller boire un verre, ou qu’elles avaient rencontré des amis entre temps, et qu’elles rentreront dans la nuit.

Le lendemain, le 2 avril, les filles ne sont toujours pas rentrer et manquent leur rendez-vous avec le guide touristique Feliciano. On découvrira plus tard que cette matinée à 6h58, Lisanne avait tenté d’appeler le 112. Ne voyant pas les hollandaises se présenter au rendez-vous, Feliciano se rend chez la famille d’accueil des filles avec Eileen, la manager de l’école. Il est dit que Feliciano et Eileen avaient eu accès à la chambre des filles où ils y étaient restés un moment. Entre 8h14 et 13h56, les filles vont à nouveau tenter de passer plusieurs appels au 112 puis au 911. Dans l’après-midi, Feliciano serait retourné dans la chambre des filles, seul.

Dans l’après-midi cette même journée, Eileen va contacter Ingrid Lommers, la propriétaire des écoles Spanish at locations qui collabore avec l’agence Het Andere Reizen, par laquelle les filles sont passées pour leur voyage. Elle la prévient que Kris Kremers et Lisanne Froon ne sont pas revenues de leur randonnée depuis hier. Ne se trouvant actuellement pas au Panama, Ingrid lui conseille de prévenir directement la police, ce qu’elle fait. Dans la nuit du 3 avril 2014, Eileen contacte les parents de Lisanne, Dinie et Peter Froon, et leur révèle que leur fille et son amie n’ont pas été revues depuis le 1er avril. Dinie va alors appeler Judith, la directrice de l’agence, pour la prévenir de la situation. Plus tard, la famille de Kris est également prévenue et contacte Eileen pour en savoir plus.

Dans la matinée du 3 avril, Dinie Froon contacte le ministère hollandais des affaires étrangères. Le même jour vers 8h, les premières recherches commencent avec la Sistema Nacional de Proteccion Civil qui va chercher les filles avec un hélicoptère. A 9h33, le téléphone de Kris appelle le 911. Entre 13h30 et 16h19, leurs téléphones vont s’allumer et s’éteindrent plusieurs fois pour vérifier le signal. La même journée, Feliciano commence à faire des recherches jusqu’au Mirator.

Le 4 avril, entre 4h50 et 13h42, les téléphones des filles vont de nouveau s’allumer pour vérifier tour à tour le signal. Mais le téléphone de Lisanne va finir par s’éteindre définitivement. Le 5 avril, entre 10h50 et 13h37, le téléphone de Kris va s’allumer et s’éteindre deux fois, mais la deuxième fois le code PIN n’est pas rentré. Pendant ce temps, les recherches pour retrouver les filles s’accélèrent, et sur les réseaux sociaux Ingrid Lommers va mettre en ligne des photos des filles pour plus de visibilité. Le 6 avril, le téléphone de Kris va à nouveau s’allumer plusieurs fois pour vérifier le signal, et à nouveau le code PIN n’est pas rentré. La même journée, les parents de Kris et Lisanne arrivent au Panama.

Un couple de touristes français, pratiquant de la randonnée à plusieurs kilomètres d’El Pianista, ont été surpris de constater la présence de plusieurs policiers et sauveteurs. Et alors qu’ils se trouvent à un poste de garde, un homme leur aurait raconté quelque chose d’effrayant. Le 5 avril, il prétend avoir entendu des cris terrifiés de femme, un bruit de chute, et avoir vu par la suite trois hommes s’enfuir sur le sentier.

Du 7 au 10 avril, il y eu 90 tentatives d’entrer le code PIN du téléphone de Kris. Le 14 avril, toujours sans aucune trace des deux filles, les recherches sont définitivement arrêtées. Deux mois plus tard, le 13 juin 2014, dans le village Alto Romero qui se trouve à 8 heures de marche du sommet d’El Pianista, une indigène découvre un sac à dos près de la rivière. Le sac, qui est parfaitement conservé, est remit à la police. A l’intérieur on y trouve un téléphone, des lunettes de soleil, un soutien-gorge, un appareil photo et un passeport appartenant à Lisanne, une carte d’assurance, un soutien-gorge et un téléphone appartenant à Kris, ainsi qu’une bouteille d’eau et 83 dollars.

Le contenu du sac à dos

Lorsque les policiers fouillent le contenu des téléphones et de l’appareil photo, ils découvrent alors les photos des filles prises le 1er avril au début de leur randonnée, les nombreux appels passés au 112 et au 911, mais ils découvrent également des images à la fois intrigantes et inquiétantes.

Juste après les photos prises de jour lors de la randonnée, on découvre des photos prises de nuit, entre 1h et 4h du matin. Sur les 90 photos prises de nuit, 87 ne montraient rien d’autre que le noir complet.

Les photos prises de nuit

Les enquêteurs se demandent si ces photos ont bien été prises par Kris et Lisanne. Si c’est le cas, quel est le but de ces photos ? La théorie la plus plausible est que les filles cherchaient à utiliser le flash de l’appareil pour retrouver leur chemin la nuit.

Mais par la suite, on découvre un autre détail assez troublant concernant les photos. En effet, les photos prises par les filles sont numérotées, et entre la photo 508 et 510, on remarque qu’il manque la photo 509, soit celle qui se trouve entre la dernière photo prise de jour, et la première photo prise de nuit. Pourquoi les filles auraient-elles pris le temps d’effacer la numéro 509 parmi toutes les autres photos, dans quel but ?

Toujours en juin 2014, peu après la découverte du sac à dos, une battue est organisée. Feliciano et une équipe d’indigène vont retrouvé le short en jean de Kris à quelques kilomètres de l’endroit où le sac à dos fut trouvé, non loin d’Alto Romero. La police dit que le short fut retrouvé soigneusement plié sur un rochet, mais les locaux affirment qu’il a en fait été retrouvé dans la rivière. Près de l’endroit où le sac à dos fut retrouvé, Feliciano fera également la macabre découverte d’un morceau de pelvis et d’une chaussure avec un pied resté à l’intérieur. Les tests ADN révèlent que le pelvis appartient à Kris, et le pied à Lisanne. On trouvera également aux alentours pas moins de 33 ossements, et selon les tests ADN, tous appartiennent aux deux filles, sauf trois fragments qui ne correspondent à aucun autre ADN. Les ossements des filles et le sac à dos furent tous découvert aux alentours d’Alto Romero, séparés par plusieurs kilomètres.

Lorsque les ossements des filles sont analysés, on remarque qu’il reste des bout de peau sur les os de Lisanne, tandis que les os de Kris ont comme été blanchis. Selon l’anthropologue, il semble que le morceau de peau de Lisanne ait été gardé dans un endroit confiné. Et bien que les ossements aient été retrouvés dans les mêmes zones, ceux de Lisanne ont une décomposition différente de ceux de Kris. On se demande alors si Lisanne aurait survécu plus longtemps après Kris, et qu’elle aurait été retenue quelque part.

L’état de son sac à dos pourrait confirmer cette hypothèse. En effet, le sac a été retrouvé dans un état impeccable, alors qu’il est censé être resté 2 mois dans la forêt tropicale. Au milieu de la pluie, de la chaleur, de l’humidité et des animaux, il aurait obligatoirement gardé des séquelles de cet environnement. Selon les experts, tout porte à croire que Lisanne ne serait pas morte de causes naturelles liées à une chute ou une noyade. Mais le gouvernement du Panama insiste sur le fait que la mort des deux hollandaises serait dû à un accident.

Plusieurs touristes ayant emprunté le même chemin de randonnée que les filles affirment qu’il est impossible de s’y perdre. Kris et Lisanne auraient-elles été suivies par un prédateur ? Les soupçons vont se porter sur le guide Feliciano. En effet, cet homme est connu pour aimer être entouré de femmes touristes et leur faire des avances lors des expéditions. Bien avant la disparition des hollandaises, plusieurs femmes qu’il avait accompagné s’étaient déjà plains de son comportement qu’elles trouvaient déplacé. Certains pensent même qu’il aurait pu manipuler des preuves lorsqu’il s’est retrouvé seul dans la chambre des filles, et ils soulignent que ce soit lui qui, étrangement, ait découvert les ossements des hollandaises ainsi que le short de Kris. Mais il n’y a pas de preuves concrètes pour l’accuser.

En février 2017, une jeune américaine de 23 ans nommée Catherine Johannet a été retrouvée morte étranglée non loin d’El Pianista. Mais il existe plusieurs autres cas de disparitions et de morts mystérieuses de touristes dans le coin.

Que se passe-t-il dans les forêts du Panama ? Un tueur en série serait-il en liberté ?

Disparus en mer : le destin tragique des Lonergan.

Tom Lonergan, né le 28 décembre 1964, et Eileen Hains, née le 3 mars 1969, se sont rencontrés à l’Université d’Etat de Louisiane d’où ils en sont ressortis diplômés. Peu après leurs études, ils se marient à Jefferson au Texas, le 24 juin 1988. Les Lonergan étaient décrits comme un couple complice et très amoureux, et prévoyaient de s’installer bientôt à Hawaii.

Tom et Eileen

En 1998, le jeune couple termine une mission dans les îles Fidji dans le cadre de Peace Corps, une agence bénévole américaine qui tend à aider les pays en développement. Mais avant de rentrer aux Etats-Unis, Tom et Eileen souhaitent s’offrir des vacances à l’étranger. Ils s’arrêtent dans le Queensland en Australie, et très vite le jeune couple passionné par la plongée sous-marine a l’idée de visiter la Grande Barrière de Corail. Ils réservent donc une excursion en haute mer avec l’agence Outer Edge basée à Port Douglas, et le dimanche 25 janvier 1998 ils se lèvent très tôt et prennent un mini-bus depuis Cairns afin de se rendre au lieu de rendez-vous. L’activité doit se dérouler autour du récif de Saint Chrispin, situé à environ 70km au nord-est de Port Douglas.

A 8h30 du matin, Tom et Eileen montent à bord du bateau de plongée avec 26 autres passagers, piloté par Geoffrey Nairn, le gérant de l’agence Outer Edge, et le bateau arrive au récif de Saint Chrispin vers 9h45. Tom, Eileen, ainsi que d’autres plongeurs enfilent leur tenue de plongée et reçoivent les directives des instructeurs. Ils doivent revenir au bout de 30 minutes maximum. Suite à cela, les Lonergan plongent et profitent de la beauté du site. Vers 14h, après leur pause déjeuner, le petit groupe se prépare pour leur dernière plongée. Les Lonergan, qui sont des plongeurs expérimentés et possédant le padi Open Water, informent les instructeurs qu’ils souhaitent plonger un peu plus loin du groupe, de manière plus autonome, demande qui leur sera acceptée.

A 14h30, le couple effectue alors leur dernière plongée, et doivent revenir 30 minutes plus tard au bateau. A 15h, Geoffrey Nairn donne un coup de sirène pour informer tous les plongeurs qu’ils doivent revenir sur le bateau. Un membre de l’équipage effectue le comptage des gens à bord, et informe Nairn qu’il y a bien les 26 passagers présents, et le bateau retourne alors à Port Douglas. Un des employés trouvera un sac oublié à bord, il ne se posera pas plus de question et le jettera dans la corbeille des objets trouvés. En effet, il est très fréquent que des touristes oublient des affaires lors des sorties en bateau.

Plus tard à 16h30, le conducteur du mini-bus chargé de ramener les passagers à Cairns s’étonne de ne pas voir le couple Lonergan qu’il avait rencontré le matin même. Il commence à faire le tour des bars au cas où le couple se serait arrêté pour boire un verre, mais ne les trouvant pas, le conducteur n’a pas d’autres choix que de partir sans eux. Une fois à Cairns, il informe sa patronne de l’absence du couple. Cette dernière appelle alors Geoffrey Nairn, mais ce dernier ne s’en inquiétera pas plus que cela.

Le 26 janvier, Nairn conduit un nouveau groupe de touristes à bord de l‘Outer Edge vers Saint Chrispin. Au cours de la journée, l’un des plongeurs remonte à bord avec six plombs de plongée provenant d’une ceinture de lestage, mais cette découverte n’alarmera pas le responsable, car il est assez fréquent de retrouver des objets perdus ou abandonnés dans cette zone de plongée très fréquentée.

Le 27 janvier, la routine continue et une nouvelle excursion est organisée sur Saint Chrispin. Une fois rentré à Port Douglas, Geoffrey Nairn est intrigué par la corbeille des objets trouvés, dans laquelle se trouve le sac retrouvé par un employé sur le bateau dimanche dernier. Il se permet de fouiller à l’intérieur du sac, et y trouve des vêtements ainsi qu’un portefeuille et un passeport au nom de Tom Lonergan. Nairn va alors commencer à paniquer et à se demander s’il n’avait pas bel et bien oublié Tom et Eileen Lonergan en pleine mer deux jours plus tôt.

Geoffrey Nairn appelle l’auberge de jeunesse où séjourne le couple et on lui confirme que les Lonergan n’ont pas été revus depuis le matin du dimanche 25 janvier. Nairn se résout alors à appeler le 000, l’appel d’urgence de l’Australie. Un hélicoptère est directement envoyé au récif Saint Chrispin pour localiser le couple, mais sans succès. Le 28 janvier, des équipes de sauvetage aérien et maritime, des navires civils et la marine fouillent l’océan pendant trois jours.

Le 5 février 1998, à plus de 100km de Saint Chrispin, on va retrouver sur le rivage de Indian Head une combinaison pour femme. En juin 1998, on retrouve au même endroit des gilets gonflables portant le nom de Tom et Eileen Lonergan, ainsi que leurs bouteilles d’air comprimé. Ces objets seront analysés et on constate la présence de balanes, dont la croissance permet de déterminer que cette combinaison se trouvait dans l’océan depuis janvier 1998.

Le gilet de Tom Lonergan

On retrouvera également une ardoise de plongeur, un objet utilisé pour communiquer sous l’eau. Sur l’ardoise y est écrit : « Lundi 26 janvier 98 à 8h. A toute personne qui peut nous aider, nous avons été abandonnés sur le récif australien Agincourt par l’Outer Edge le 25 janvier 98 à 15h. Aidez-nous s’il vous plaît venez nous sauver avant que l’on meure, à l’aide !!! ».

Le dernier message des Lonergan

Ce message de détresse confirme que le jeune couple a bien été oublié dans l’océan par Geoffrey Nairn. Il sera inculpé d’homicide involontaire et son procès s’ouvre en novembre 1999. Mais lors de l’audience, l’avocat de la défense met en avant les journaux intimes du couple, qui ont été retrouvés par la police, pour soutenir l’idée qu’ils auraient fait un pacte de suicide, ou qu’ils auraient simuler leur mort pour refaire leur vie ailleurs. En effet, quelques mois avant le drame, Tom Lonergan avait écrit dans son journal que sa vie était complète et qu’il était prêt à mourir. Et deux semaines avant leur disparition, Eileen écrira dans son propre journal que son mari espèrait une mort rapide et sans douleur.

Nairn sera finalement jugé non coupable de cet accident, car n’ayant jamais retrouvé leurs corps, le doute subsiste sur la mort des Lonergan. En revanche, son agence sera condamnée à payer une forte amende pour négligence et Nairn se retrouvera ruiné. Le verdict sera mal accueillit par les familles de Tom et Eileen, qui reprochent l’utilisation des journaux intimes du couple pour décrédibiliser leur mort. En parallèle, la sécurité en plongée sous-marine sera renforcée par le gouvernement du Queensland.

En 2003, le film Open Water réalisé par Chris Kentis remet en lumière cette affaire quelque peu oubliée. Le film s’inspire fortement de l’histoire du couple Lonergan et fera un carton au box-office, générant plus de 25 millions de dollars. Mais il ne sera pas vu d’un très bon oeil par Geoffrey Nairn, ni par les agences de plongée sous-marine australiennes, qui gardent des séquelles de cette sombre affaire. En 2006, à plus de 400km au sud de Port Douglas, un homme retrouve sur la plage une palme de plongée jaune en assez bon état. Sur cette palme se trouve un mot rendu presque illisible : Lonergan. L’objet sera restitué à la police. Le 31 décembre 2015, Geoffrey Nairn décède à l’âge de 59 ans.

John Hains, le père d’Eileen, est persuadé que le couple est mort par noyade ou par une attaque de requins. Il ne croit pas en la théorie du suicide et a affirmé que les messages retrouvés dans les journaux intimes ont été sortis de leur contexte. Un avis qui sera partagé par la justice australienne. En effet, Tom et Eileen étaient des catholiques fortement impliqués dans leur religion. L’église catholique condamnant le suicide, ils n’auraient sans doute pas commit l’irréparable. De plus, ils n’auraient certainement pas écrit ce message de détresse s’ils avaient prévu de se suicider en pleine mer, et mourir noyé ou dévoré par des requins n’est certainement pas une manière douce et rapide de mourir comme le souhaitait Tom Lonergan.

Image tirée du film « Open Water »

On pense également à la théorie d’une disparition volontaire. Peut-être que les Lonergan avaient pour objectif de fuir afin de refaire leur vie ailleurs. Peut-être avaient-ils des raisons qui les auraient poussé à disparaître. Mais cela n’explique pas l’appel à l’aide retrouvé sur l’ardoise. La police a finalement écarté cette théorie car aucun mouvement n’a été enregistré sur les comptes bancaire de Tom et Eileen depuis.

La thèse la plus plausible reste celle de l’accident. Il est fort probable qu’ils soient remontés trop tard à la surface, et peut-être qu’ils auraient même vu le bateau s’éloigner. Le bateau se trouvant déjà loin, l’équipage n’aurait pas entendu leurs appels de détresse, les condamnant à leur triste sort. Oubliés au beau milieu de l’océan et de tous les dangers, Tom et Eileen auraient donc écrit un dernier message sur leur ardoise tout en ayant l’espoir que quelqu’un remarquerait leur absence et qu’on reviendrait les chercher. Ils seraient alors morts après une lente agonie, succombant à la noyade ou à une attaque d’animaux marins.

A ce jour, les corps de Tom et Eileen Lonergan n’ont jamais été retrouvés.

Asha Degree : disparue dans la nuit.

Asha Degree est née le 5 août 1990. Elle est la fille de Harold et Iquilla Degree, elle a aussi un frère aîné nommé O’Bryant. La famille vit dans une zone rurale au nord de Shelby en Caroline du Nord.

Asha Degree

La famille d’Asha était très soudée et également croyante. La petite Asha accompagnait sa famille tous les dimanche pour aller à l’église et elle suivait même des cours pour étudier la Bible. Asha était en quatrième année à la Fallston Elementary School et était considérée comme une élève studieuse, elle était également décrite comme étant mature pour son âge et elle excellait dans le basket-ball.

Le 12 février 2000, Asha passe l’après-midi chez sa tante avant de partir pour son entraînement de basket. Mais l’équipe d’Asha perd son premier match de la saison à cause d’une faute qu’elle aurait commise, ce qu’il ‘l’avait beaucoup attristée, mais elle s’en était apparemment vite remise.

Nous sommes le 13 février 2000. Ce jour-là, la famille se rend à l’église pour la messe du dimanche et passe ensuite l’après-midi chez la grand-mère d’Asha qui habitait tout près. Lorsqu’ils rentrent chez eux, Asha et O’Bryant sont partis se coucher vers 20h. Une heure plus tard, les enfants sont réveillés par une panne de courant causée par une tempête d’orage. Vers minuit, Harold Degree rentre du travail et jette un oeil dans la chambre de ses enfants pour voir s’ils dormaient. Les enfants sont plongés dans le sommeil et Harold se couche vers 2h du matin.

Asha et O’Bryant partageaient la même chambre. Dans la nuit, O’Bryant entend le lit de sa soeur couiner et suppose qu’elle bouge dans son sommeil, ou qu’elle s’est levée pour aller aux toilettes. Vers 5h40 du matin, leur mère Iquilla vient réveiller ses enfants pour les préparer pour l’école. Quand elle rentre dans leur chambre, elle remarque que son fils est endormi dans son lit, mais que sa fille est absente. Iquilla fait le tour de la maison et regarde même dans la voiture pour chercher sa fille, mais Asha est introuvable. Paniquée, Iquilla réveille son mari et appelle la police.

Les policiers arrivent vers 6h40 avec des chiens renifleurs. Malheureusement, à cause de la pluie de cette nuit il fut difficile aux chiens de traquer l’odeur d’Asha. Les parents se mirent à chercher leur fille et à crier son nom dans le quartier. La même journée, la famille, les amis et les voisins des Degree se mirent à fouiller les environs et le pasteur de l’église s’est également rendu au domicile de la famille pour les soutenir. On commença à chercher dans les forêts alentours et des hélicoptères furent appelés pour aider dans les recherches.

La chambre des enfants fut fouillée et on a remarque que le sac à dos d’Asha a disparu, ainsi que ses clés de maison, certains vêtements et un sac à main Tweety Bird. Iquilla affirme que le matin de sa disparition toutes les portes et les fenêtres étaient verouillées, ce qui voudrait donc dire que Asha a bien utilisé ses clés pour sortir et a refermé derrière elle. Les enquêteurs pensent alors à une fugue. Le soir même, la disparition d’Asha fait la une de l’actualité. Rapidement, des témoignages sont rapportés à la police. Un automobiliste et un chauffeur de camion affirment avoir vu Asha la nuit de sa disparition, entre 3h45 et 4h du matin. Elle marchait seule dans la nuit et sous la pluie battante, le long de l’autoroute 18, au nord de sa jonction avec l’autoroute 180, et elle était vêtue de blanc. L’automobiliste dit avoir fait demi-tour car il lui semblait étrange qu’une enfant si jeune soit dehors à une telle heure, surtout lors d’une tempête de pluie. Mais lorsqu’il s’est approché d’elle, Asha se serait enfuie dans les bois qui bordent le long de la route.

Le dernier endroit où Asha aurait été vue.

Il est clair que Asha serait partie de son plein gré cette nuit. Mais pourquoi ? La famille Degree n’était pas une famille à problème et Asha semblait épanouie. De plus, avant sa disparition elle ne s’était pas disputer avec ses parents ni avec son frère. La police souligne également l’absence de problèmes qu’Asha aurait pu fuir, même si la disparition volontaire reste l’hypothèse la plus probable.

Par la suite, les bois où Asha se serait enfuie se firent fouiller par la police. Des emballage de bonbons, des crayons et une barrette à cheveux Minnie Mouse ont été trouvés dans un cabanon, et les parents reconnurent la barrette comme appartenant à leur fille. Une levée de fond fut organisée et 5000$ furent récoltés et à donner pour une quelconque information pouvant mener à Asha. Après un an sans que l’enquête n’avance, le 3 août 2001, le sac à dos d’Asha fut retrouvé enterré lors d’un projet de construction au large de la route 18, près de Morganton à environ 42km au nord de Shelby. Le sac à dos était recouvert par des sacs de vidange, et à l’intérieur se trouvait le nom et le numéro de téléphone d’Asha Degree. Le territoire fut soigneusement fouillé et des pantalons d’hommes ainsi que des ossements d’animaux furent trouvés. Le sac d’Asha fut emmené au quartier général du FBI pour une analyse médico-légale, mais les tests ne sont à ce jour toujours pas rendus public. 20 ans après, le FIBI a seulement confirmé qu’à l’intérieur du sac se trouvait une copie de McElligot’s Pool, un livre pour enfant écrit par Theodor Geisel, ainsi qu’un t-shirt du groupe New Kids on the Block. Et bien que le livre provenait de la bibliothèque de l’école d’Asha, les parents affirment que ces deux objets n’ont jamais appartenu à leur fille.

Chaque année, la famille Degree organise une marche pour sensibiliser à la disparition d’Asha. Une photo vieillie d’Asha a également été créée pour montrer à quoi elle pourrait ressembler à un âge plus avancé.

En 2015, le FBI et les enquêteurs réexaminent le dossier d’Asha Degree, et en 2016 un nouveau témoignage va mener vers une nouvelle piste. Selon ce témoin, il aurait vu Asha embarquer dans une Lincoln Continental Mark IV vert foncé ou une Ford Thunderbird cette nuit-là, le long de la route 18, près de l’endroit où elle aurait été vue pour la dernière fois. Il précise que la voiture était rouillée au niveau des roues. En octobre 2018, la police de Cleveland a demandé des informations au public concernant le livre et le tshirt du groupe retrouvés dans le sac d’Asha, déclarant que ces éléments étaient essentiels pour résoudre l’enquête.

Néanmoins, sur le site Reddit, les utilisateurs débattent au sujet du témoin qui affirme avoir vu Asha monter dans une voiture, la nuit de sa disparition. Pourquoi avoir attendu 16 ans pour parler ? De plus, il précise que la voiture était de couleur verte, or, la nuit, cela reste assez difficile de distinguer correctement la couleur d’une voiture, surtout sur une route mal éclairée comme celle où Asha a été vue. De nombreuses théories ont vu le jour, notamment que Asha se serait enfuie pour rejoindre quelqu’un, et que cette personne l’aurait enlevée.

Vingt ans plus tard, la famille d’Asha espère toujours savoir ce qui est arrivé à la petite fille, cette nuit pluvieuse du 14 février 2000.

Une touriste française disparaît au Japon.

Tiphaine Véron est née le 22 juillet 1982. Cette jeune femme originaire de Poitiers est amoureuse de la culture japonaise depuis plusieurs année, mais elle est également passionnée par la musique et le cinéma. Ses proches la décrivent comme une personne joyeuse et amusante, et ayant un bon contact avec les enfants. Elle travaillait d’ailleurs dans un établissement spécialisé pour enfants handicapés.

Tiphaine Véron

Le 27 juillet 2018, Tiphaine atterrit à l’aéroport international de Tokyo. Cela faisait longtemps qu’elle avait planifié ce voyage, elle était très organisée et avait prévu de passer trois semaines au pays du soleil levant. Elle passe une première nuit dans un hôtel proche de l’aéroport, puis le lendemain elle s’en va pour Nikko, une petite ville de la préfecture de Tochigi, au nord de Tokyo. Elle a pour habitude d’être en contact avec ses proches et d’envoyer des photos.

Mais à partir du 29 juillet, Tiphaine cesse de donner de ses nouvelles. Elle aurait été vue pour la dernière à cette même date vers 10h, alors qu’elle quittait son hôtel, emportant seulement un petit sac avec elle. Elle prévoyait d’aller visiter des temples. Le 30 juillet, c’est le gérant de l’hôtel, ne la voyant pas revenir, qui donne l’alerte. L’ambassade de France au Japon prévient la famille Véron et celle-ci arrive à Nikko le 4 août.

Les dernières images de Tiphaine prises par des caméras de surveillance, avant sa disparition.

On remarque qu’elle a laissé toutes ses affaires dans sa chambre d’hôtel, ce qui montre qu’elle comptait évidemment revenir. La famille s’inquiète d’autant plus que Tiphaine est épileptique. Deux thèses sont alors possibles : la thèse de l’accident, ou celle d’un crime. La police penche pour la thèse de l’accident, car en effet, le 28 juillet 2018, le typhon Jongdari s’est rétrogradé en tempête, ce qui a provoqué des pluies torrentielles qui ont rendu certains chemins dangereux. Et Nikko est une ville exposée aux risques naturels, comme les glissements de terrains. Tiphaine étant partie sans équipement approprié, elle aurait sans doute fait une chute mortelle.

Mais pour la famille de Tiphaine, l’accident ne tient pas. Ils pensent que dans ce cas, on aurait retrouvé des affaires de la jeune femme à certains endroits. Les environs furent fouillés, mais hormis ses affaires restées à l’hôtel, aucun objet appartenant à Tiphaine, ni un quelconque autre indice, ne fut trouvé dans la nature. « L’accident est une piste de confort pour la police », assure Damien Véron, son frère. A son tour, Sibylle, la soeur de Tiphaine, ajoute : « La probabilité que ce soit un accident est de plus en plus minime. Compte tenu des recherches menées par la police et par nous-même, une chute derrière l’hôtel est hautement improbable, l’hôtelier lui-même n’y croit pas. En réalité personne n’y croit, sauf la police ».

Le Shinkyô (« Pont sacré »), le premier endroit que Tiphaine a visité à Nikko.

De plus, Tiphaine avait soigneusement planifié son voyage, et grâce à ses notes qui ont été retrouvées dans sa chambre d’hôtel, on apprend qu’elle prévoyait bien de visiter des musées et des temples le 29 juillet, et non de se rendre sur des sentiers de randonnée. L’hypothèse de la police japonaise reste que Tiphaine aurait sans doute pu tomber dans la rivière qui traverse la ville de Nikko. Mais dans ce cas, comment se fait-il que personne n’ait rien remarqué ? Nikko est une ville touristique très fréquentée, des gens auraient forcément vu quelque chose, surtout en plein jour. De plus, on aurait sûrement retrouvé des effets personnels de Tiphaine aux alentours, ou même son corps échoué quelque part. La famille ne croit pas non plus à une disparition volontaire. Tiphaine était très heureuse à l’idée de faire ce voyage et elle n’avait aucune raison de vouloir disparaître d’elle-même. Et une personne qui prévoit de faire une fugue à l’autre bout du monde ne laisse pas toutes ses affaires et son passeport derrière elle.

En septembre 2018, le parquet de Poitiers ouvre une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. Le 17 octobre 2018, Sibylle Véron interpelle le président Emmanuel Macron accompagné de Shinzo Abe, le premier ministre japonais. Lors d’une entrevue, elle leur explique que l’avocat de leur famille en France n’a toujours pas reçu le dossier judiciaire de la famille, et s’il serait possible que des policiers français puissent être envoyés au Japon. Selon Sibylle, les deux chefs d’Etats se seraient engagés à ce que les deux pays coopèrent.

Malheureusement, l’enquête piétine et la famille se débrouille essentiellement par ses propres moyens. « Pendant plus d’une année, on a fait énormément de choses », explique Damien. « Je suis allé au Japon au moins 5 mois essentiellement pour faire des enquêtes, des recherches sur le terrain, puisque jamais une enquête, des recherches de grande ampleur sur le terrain n’ont été faites, c’est nous qui les avons financées depuis plus d’un an ». Le choc des cultures se fait rapidement ressentir. « Au Japon, il y a ce fameux phénomène des évaporés, ce qui fait que les Japonais, lorsque les gens disparaissent, ils ne cherchent pas leurs disparus ».

La famille a tenté de géolocaliser le téléphone de Tiphaine, mais cette information reste difficile à obtenir tant qu’il n’y aucune preuve tangible que la disparition de Tiphaine soit liée à un crime, et les compagnies de téléphones n’avaient donc pas le droit de donner ces informations à la police japonaise. Mais grâce à l’aide de Xavier Niel, le fondateur de l’opérateur de téléphonie mobile Free, la famille a pu être mise au courant que le téléphone portable de Tiphaine a été coupé de manière assez brutale : soit on aurait arraché la batterie, soit il aurait été cassé.

« Ce que nous pouvons simplement retenir c’est qu’il y a toujours de trop grandes zones d’ombre. Des témoignages contradictoires, des données sur le téléphone toujours manquantes. De même que des doutes persistent sur le visionnage de certaines caméras. Malgré tout ces problèmes, il n’y a plus d’enquête. D’ailleurs un nouveau témoignage n’a pas été vérifié. Comme il n’y a jamais eu de collaboration judiciaire entre la France et le Japon et que l’envoi de policiers français à Nikko ne semble pas intéresser grand monde… nous allons faire tout ce qu’il faut pour en finir avec ces trous noirs. »

La marche organisée pour Tiphaine le 28 juillet 2019

Un an plus tard, le 28 juillet 2019, la famille de Tiphaine se rend de nouveau à Nikko afin d’organiser une marche pour marquer l’anniversaire de sa disparition. Ils en profitent également pour remercier les habitants de Nikko pour leur aide et leur accueil. « On continue à demander leur soutien, on sait qu’on peut compter sur eux. Nous allons continuer à nous battre, ça fait un an qu’on se bat. » déclare Damien Véron. « On n’abandonnera jamais » ajoute Anne Désert, la mère de Tiphaine.

En novembre 2019, l’association « Unis pour Tiphaine » est créée. La famille tient également une page Facebook intitulée Unis pour Tiphaine Véron. A ce jour, ils continuent de lutter pour la retrouver et pour qu’une enquête s’ouvre au Japon.