John est né le 11 novembre 1976 à Saigon, au Vietnam. Alors qu’il n’est qu’un enfant, il déménage avec sa famille aux Etats-Unis et s’installe à West Covina, en Californie, avant d’être naturalisé américain. John vit une enfance et une adolescence heureuse, entouré de sa famille et de ses amis. Il est décrit comme un jeune homme extraverti et avenant, toujours souriant et de bonne humeur.
John souhaitait devenir scénariste pour le cinéma et la télévision. De ce fait, il déménage durant l’été 2004 à Dorchester, dans l’Etat du Massachusetts, afin d’étudier les arts libéraux au Quincy College. Afin de pouvoir payer l’appartement qu’il louait, il a également commencé un travail à temps partiel dans un magasin de fournitures pour animaux de compagnie. Les personnes qui l’ont fréquenté durant cette période se souviennent de lui comme d’un jeune homme sociable, studieux et généreux qui avait pour habitude de faire des dons de sang à la Croix Rouge américaine. Certains étudiants le voyaient chaque jour faire du vélo autour du campus.
Le 2 avril 2005, John participe à une fête qui a lieu à Randolph, plus précisément sur l’Avenue Mitchell. Il y a très peu d’informations sur ce qui s’est passé durant cette fête, mais après cet événement John a soudainement cessé de donner des nouvelles à ses proches, ce qui était inhabituel. Inquiète, sa mère finit par contacter Chiến Nguyen, le meilleur ami de John. Les deux amis vivaient non loin l’un de l’autre et avaient pour habitude d’être régulièrement en contact. Lorsque la mère de John lui révèle qu’il n’a plus donné signe de vie, Chiến comprends immédiatement que quelque chose de grave a pu se passer.
Peu d’informations sur la suite de l’enquête sont disponibles. Des sources révèlent que les collègues de travail de John étaient également présents à la fête et qu’ils étaient les derniers à l’avoir vu avant qu’il ne disparaisse. Malgré des recherches et des appels à témoin, personne n’a plus revu John par la suite. Ses proches ont tenté de le chercher par leurs propres moyens mais sans succès. Aucun indice ne sera retrouvé. C’est comme si John avait soudainement disparu de la surface de la Terre.
Plusieurs années vont passer sans aucun rebondissement. En octobre 2021, le FBI a organisé de nouvelles fouilles dans l’arrière-cour de la maison où la fête avait eu lieu, mais les résultats de ces fouilles sont à ce jour inconnus. Malgré le manque d’avancée dans l’enquête, la famille de John continue de collaborer avec le FBI.
Depuis ce 2 avril 2005, la famille de John vit dans l’incompréhension et la douleur. Ils craignent qu’il ait été victime d’un acte criminel. Ils ne pensent pas que John ait pu disparaître de lui-même, car il avait déménagé dans le Massachusetts pour commencer une nouvelle vie et tout semblait aller pour le mieux. Il était également très proche de sa famille et avait pour habitude de leur donner des nouvelles régulièrement. Il ne souffrait apparemment d’aucune maladie mentale qui aurait pu le pousser à fuir.
Les collègues de John présents à la fête ont-ils été témoins de quelque chose d’étrange ? Ont-ils quelque chose à se reprocher et ont-ils fait le choix de se taire ? Qui aurait pu s’en prendre à John et pourquoi ? Il n’était pas impliqué dans des histoires de drogues ou d’argent et il n’était pas connu pour avoir des ennemis. Cependant, il est possible qu’il ait pu rencontrer des personnes malintentionnées durant cette fête. S’est-il retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment ?
Son meilleur ami Chiến reste également très marqué par la disparition de John. Les deux hommes ont grandi ensemble en Californie avant de se retrouver au Massachusetts pour leurs études. Chiến avait vu John avant qu’il aille à cette fête d’où il ne reviendra jamais, et il n’aurait jamais pensé que ce serait la dernière fois qu’il verrait son meilleur ami. « J’ai grandi avec John et j’ai beaucoup de bons souvenirs avec lui. Il me traitait comme si j’étais son petit frère, il a toujours pris soin de moi et de tout le monde. […] John n’a jamais quitté mon esprit, il est toujours dans mon coeur et j’ai toujours pensé à lui depuis. »
Le FBI offre une récompense de 10 000$ pour toute information pouvant résoudre la disparition de John, dont le sort demeure toujours incertain.
Née le 15 décembre 1968, Kirsa Mary Jensen était la fille de Dan et Robyn Jensen. Elle avait également un frère nommé Michael. La famille vivait à Napier, une ville située sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Robyn décrit Kirsa comme une adolescente timide, généreuse et dévouée aux autres. Elle était également une grande défenseuse des animaux.
Elle essayait toujours de prendre soin d’animaux en difficulté et elle faisait également du bénévolat dans une clinique vétérinaire. Kirsa possédait un cheval nommé Commodore, qu’elle adorait et qu’elle entraînait pour participer à des concours. Son rêve était d’intégrer l’équipe équestre néo-zélandaise, et elle souhaitait également rejoindre l’Université Messey pour devenir vétérinaire.
Kirsa et son cheval Commodore.
A la fin du mois d’août 1983, la pluie était présente sur la région, empêchant Kirsa de s’entraîner avec son cheval. Le 1er septembre, le soleil a refait surface et Kirsa comptait profiter du beau temps en faisant une promenade à vélo avec une amie après l’école. Cette amie va finalement annuler le rendez-vous, mais Kirsa va quand même prendre la décision d’aller se promener avec Commodore le long de la plage d’Awatoto, un lieu qu’elle a l’habitude de fréquenter. Elle quitte son domicile aux alentours de 14h45 et dit au revoir à sa mère, précisant qu’elle rentrerait bientôt. A ce moment-là, Robyn ne se doute pas un instant que ce serait la dernière fois qu’elle verrait sa fille.
Vers 17h, Kirsa n’est toujours pas revenue et Robyn l’attend fébrilement. Elle finit par prévenir la police quelques minutes plus tard, alors que sa fille est toujours absente. Les policiers partent directement en direction de la plage d’Awatoto pour chercher l’adolescente de 14 ans. Ils retrouvent rapidement Commodore en train d’errer seul près de la rivière Tutaekuri, mais il n’y avait aucune trace de Kirsa.
Reconstitution policière avec le cheval Commodore.
Des empreintes de sabots, des morceaux de brides et une corde ont été retrouvés aux alentours de la plage, près d’un ancien emplacement de canons datant de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui pouvait suggérer que Kirsa s’était bien rendue à cet endroit avec son cheval. Les recherches vont durer jusque tard dans la nuit, puis vont reprendre le lendemain. Des bénévoles vont également participer aux recherches et la rivière Tutaekuri sera fouillée par des plongeurs, en vain. Une récompense de 5000$ était offerte pour toute information pouvant mener à l’adolescente, avant de monter jusqu’à 30 000$ grâce aux dons publics.
La disparition de Kirsa va faire grand bruit dans ce coin tranquille, et les policiers vont rapidement soupçonner un enlèvement. « […] C’était une affaire tellement énorme. En grande partie parce qu’il s’agissait d’une écolière de 14 ans et que c’était inhabituel. C’était au-delà de la croyance du public. C’est resté à la une du journal pendant un mois », avait déclaré l’inspecteur Ian Holyoake.
Deux témoins faisant du surf diront avoir vu une jeune fille marcher le long de la plage en tenant un cheval par les rênes, ce 1er septembre vers 16h20. Un autre témoin nommé William John Russell va se manifester, disant avoir aperçu Kirsa parler avec un homme près d’un pont non loin de l’emplacement des canons, vers 16h30. Il décrit l’homme comme étant caucasien, chauve, mesurant environ 1m80 et ayant entre 45 et 50 ans. Ils se tenaient près d’une fourgonnette blanche aux côtés marrons. Malgré les recherches, cet homme et la fourgonnette ne seront pas retrouvés.
Toujours selon les dires de Russell, il aurait dépassé Kirsta et l’homme avant de revenir sur ses pas, ayant un mauvais pressentiment. Il aurait alors retrouvé Kirsa avec du sang sur le visage, et l’homme à la fourgonnette avait disparu. Il serait allé la voir et Kirsa lui aurait assuré qu’elle allait bien, qu’elle était juste tombée de son cheval et que ses parents étaient en route pour venir la chercher. Russell serait donc rapidement rentré chez lui, chose qui sera corroborée par ses voisins qui diront l’avoir vu rentrer peu après 16h30.
Les enquêteurs vont rapidement jeter leurs soupçons sur Russell. Des détails ne semblent pas coller dans son récit. Les parents de Kirsa ont notamment précisé plus tard qu’ils n’avaient jamais été prévenus que leur fille avait été blessée, contrairement à ce qu’elle aurait prétendument dit à John Russell. Le jour de la disparition de Kirsa, d’autres témoins ont aperçu Commodore entre 16h40 et 16h45, mais l’adolescente n’était pas avec lui.
Les enquêteurs vont davantage se pencher sur Russell après avoir découvert d’autres détails étranges. Les morceaux de bride et la corde retrouvés correspondaient à ceux utilisés pour attacher Commodore, mais la corde n’appartenait pas à Kirsta. Il s’agissait du même style de corde utilisée dans le verger où travaillait Russell. Il a admis que la corde lui appartenait mais il n’a pas su expliquer pourquoi Kirsa possédait cette corde.
John Russell avait purgé une peine de prison pour viol dans les années 1970 mais semblait ne plus avoir eu de démêlés avec la justice depuis, bien qu’il semblait souffrir d’instabilité mentale. Les enquêteurs sont allés fouiller sa voiture et sa maison en vain. En revanche, quelques mèches de cheveux de Kirsa ont été retrouvées dans sa voiture, mais il a été supposé qu’il pouvait s’agir d’un transfert puisqu’il s’était retrouvé en présence de Kirsa.
Les enquêteurs ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour inculper Russell. Cependant, sa santé mentale s’est davantage détériorée suite à la disparition de Kirsa et il a eu des comportements et des propos étranges durant les années qui ont suivi. Il a été interné dans un hôpital psychiatrique dont il s’est échappé en 1985. Durant sa fuite, il s’est rendu au commissariat pour voir l’inspecteur Holyoake. Il semblait bouleversé et confus, il se parlait à lui-même et disait des choses inquiétantes, comme quoi il avait « peut-être » tué Kirsa. Compte tenu de son état mental défaillant, ses aveux ont été considérés avec prudence et il a été renvoyé en hôpital psychiatrique, où il s’est finalement rétracté sur ses déclarations. William John Russell s’est suicidé en 1992 alors qu’il était toujours interné. Il n’a laissé aucune note expliquant son geste, emportant ses secrets dans la tombe.
Le 19 juin 1987, la petite Teresa Cormack, 6 ans, originaire de Napier, a disparu sur le chemin de l’école et son corps a été retrouvé quelques jours plus tard. Elle avait été violée avant d’être tuée. De l’ADN a été retrouvé sur son corps et l’évolution de la science a permis de mener jusqu’à son assassin, Jules Mikus, arrêté en 2002 et condamné à la prison à vie. Cette affaire avait redonné de l’espoir aux enquêteurs et à la famille de Kirsa, qui espéraient que le progrès de la science permettrait de les aider à la retrouver. En 2012, des ossements trouvés dans la région où Kirsa a disparu ont été analysés, avant de conclure qu’ils n’appartenaient pas à l’adolescente.
Le mémorial de Kirsa.
Touchée par cette disparition, la communauté locale a créé un mémorial au dernier endroit où Kirsa a été vue. « Je n’ai jamais oublié Kirsa Jensen et je ne l’oublierai jamais. Je vis toujours dans l’espoir qu’un jour quelqu’un dira quelque chose qui nous mènera là où elle se trouve, ce qui apporterait un certain soulagement à la famille. », a déclaré l’inspecteur Holyoake. Bien qu’il soit désormais à la retraire, il continue de visiter le mémorial dédié à Kirsa avec d’autres policiers qui ont travaillé sur l’affaire. Il se demande toujours si John Russell avait quelque chose à se reprocher et si sa culpabilité avait aggravé sa santé mentale au point de se suicider.
Quarante ans plus tard, le dossier de Kirsa Jensen est toujours ouvert. Malgré le temps qui passe, sa famille espère toujours découvrir ce qui lui ait arrivé ce 1er septembre 1983. « Une mère n’oublie pas son bébé. Jusqu’au jour de ma mort, je continuerai d’espérer. Je ne perdrai jamais espoir. » a déclaré Robyn Jensen.
Megan Taylor Meier est née le 6 novembre 1992 à O’Fallon, dans l’Etat américain du Missouri. Elle vivait à Dardenne Prairie avec ses parents Ronald et Christina « Tina », et sa soeur Allison. Elle est décrite comme une jeune fille souriante qui aimait passer du temps avec ses proches. Elle aimait également la musique rap, la natation et les animaux.
Alors qu’elle n’est encore qu’une petite fille, on lui diagnostique un trouble du déficit de l’attention ainsi qu’une dépression. Elle avait un traitement médicamenteux pour cela. Megan était également complexée par son poids, et ses complexes ajoutés à sa lutte contre la dépression ont commencé à la faire sombrer. Elle avait d’ailleurs confié à son thérapeute qu’elle avait déjà pensé au suicide, bien qu’elle n’ait jamais fait de tentative.
Auparavant inscrite en école publique, ses parents l’inscrivent ensuite dans une nouvelle école, l’Immaculate Conception Catholic School, afin qu’elle puisse s’y sentir mieux. A ce moment-là, la vie de Megan semblait s’améliorer.
A l’âge de 13 ans, et comme beaucoup de jeunes au début des années 2000, Megan s’est créé un compte Myspace. Là-dessus, elle pouvait partager ce qu’elle voulait et discuter en ligne avec ses amis. Peu après la création de son compte Myspace, un jeune homme de 16 ans nommé Josh Evans va la contacter.
Les deux jeunes vont commencer à sympathiser, sous l’oeil de Tina qui surveille ce que fait sa fille sur le réseau social. Josh lui dit qu’il est scolarisé à la maison et qu’il n’a pas encore de numéro de téléphone. De ce fait, Megan et Josh ne se sont jamais vus, ni parlé au téléphone. Malgré cela, les deux jeunes vont se rapprocher à distance, allant jusqu’à se confier l’un à l’autre.
Megan lui confie ses problèmes de dépression et ses insécurités, et Josh va à chaque fois la couvrir de compliments. Il dit qu’il la trouve très jolie et lui donne des conseils afin de l’aider à se sentir mieux. Pour Megan, c’est quelque chose de nouveau et extraordinaire : pour la première fois, un garçon l’aime bien et la trouve jolie. Megan commence à éprouver un attachement particulier pour ce garçon qu’elle n’a jamais vu mais avec qui elle devient si proche en peu de temps.
Après plusieurs semaines de relation virtuelle idyllique, le comportement de Josh commence à changer. Le 15 octobre 2006, il lui envoi un message étrange : « Je ne sais pas si je peux continuer à rester ton ami parce que j’ai entendu dire que tu n’étais pas gentille avec tes amis. » Megan lui a demandé : « De quoi tu parles ? », mais Josh est resté vague.
Le lendemain, Megan est toujours perturbée par les mots de Josh. Ce jour-là, elle distribue à son école des invitations pour son anniversaire qui devait avoir lieu dans trois semaines. Une fois rentrée chez elle, Megan demande à sa mère si Josh a répondu, mais Tina est occupée à se préparer pour emmener Allison chez l’orthodontiste. Lorsque Megan va se connecter sur Myspace, elle va découvrir plusieurs messages haineux de certains internautes envers elle, et que des conversations entre elle et Josh ont été divulguées.
Avant de partir, Tina dit à sa fille de se déconnecter et de ne plus lire ce qu’on dit sur elle, et Megan répond qu’elle doit finir quelque chose avant. Tina s’en va avec Allison, et alors qu’elles se trouvent chez l’orthodontiste, Tina appelle Megan pour lui demander si elle s’est déconnectée. Megan lui répond que les gens sur internet sont méchants avec elle et sa mère lui répète de se déconnecter. Quelques minutes plus tard, Megan rappelle sa mère ; elle est en pleurs. Elle raconte que les internautes lui disent qu’elle est grosse et moche.
Lorsque Tina rentre à la maison, elle va directement sur l’ordinateur pour voir les messages haineux et remarque que Megan leur a répondu d’une manière très vulgaire. Elle réprimande sa fille sur sa manière de parler et rajoute qu’elle aurait dû l’écouter et se déconnecter pour ne pas lire les horreurs dites sur elle.
Megan explose, lui criant : « Tu es ma mère, tu es censée être de mon côté ! » Elle part ensuite à l’étage pour rejoindre sa chambre. Ronald, qui entend la dispute entre sa femme et sa fille, rattrape Megan pour essayer de la calmer. Megan lui explique qu’on dit des choses horribles sur elle et qu’elle ne comprend pas ce qu’il se passe. Ronald reste calme et lui dit : « Tout va bien. Ils ne te connaissent pas pour dire cela. Tout va bien. » Megan se réfugie ensuite dans sa chambre.
Megan avec sa mère Christina.
Ronald et Tina se réunissent ensuite dans la cuisine pour préparer le dîner. Ils discutent de ce qui se passe sur Myspace et pensent que Megan a besoin de se calmer avant de les rejoindre. Environ 20 minutes plus tard, tandis que Tina parle à son mari, elle s’interrompt et se fige soudainement, en proie à un mauvais pressentiment. Son intuition lui crie qu’il se passe quelque chose à l’étage en ce moment même. Quelque chose est en train de se passer avec sa fille.
En panique, Tina se précipite à l’étage. Elle est suivie par Ronald, qui ne comprend pas pourquoi sa femme réagit ainsi. Lorsqu’ils entrent dans la chambre de Megan, ils découvrent que leur fille de 13 ans s’est pendue dans le placard. Sous le choc, les parents tentent de réanimer Megan tout en appelant les secours, qui la transportent en urgence à l’hôpital. Malheureusement, Megan est déclarée morte le lendemain, le 17 octobre 2006.
Lorsque Ronald est retourné sur le Myspace de sa fille, il a découvert que l’un des derniers messages que Josh a envoyé à Megan était : « Tout le monde à O’Fallon te connait. Tu es méchante et tout le monde te déteste. Tu ferai mieux de mourir. Le monde se porterait mieux sans toi. » Lorsque les parents de Megan ont voulu envoyer un message à Josh, ils ont réalisé que le compte avait été supprimé.
Quelques semaines plus tard, tandis que Ronald et Tina tentaient de surmonter la mort de leur fille, ils ont été contactés par une voisine qui a demandé à les rencontrer. Cette voisine, dont l’identité n’a pas été dévoilée, était une mère célibataire qui élevait seule sa fille. Lors de sa rencontre avec les Meier, la femme leur a révélé quelque chose de troublant : Josh Evans n’a jamais existé.
Josh Evans est en réalité un faux compte créé par la mère d’une ancienne amie de Megan avec qui elle a eu une dispute. La voisine va leur révéler le nom de cette mère : Lori Drew. La voisine des Meier leur a ensuite confié que sa propre fille avait été invitée à se joindre au canular.
Le jour où Megan est décédée, Lori Drew a contacté la fille de cette voisine pour lui dire que quelque chose n’allait pas avec Megan. Après la mort de Megan, Lori et sa famille ont envoyé une lettre d’excuse aux Meier. « Nous sommes désolés pour la douleur extrême que vous vivez et ne pouvons qu’imaginer à quel point cela doit être difficile. Nous avons toute la compassion pour vous et votre famille. » Evidemment, ces simples mots d’excuse n’étaient qu’une piètre consolation dans l’épreuve que les Meier traversaient.
Tina tenant des photos de Megan après sa mort.
Lorsque Lori est interrogée, elle va d’abord nié être impliquée. Lori connaissait bien Megan, car la jeune fille avait été une amie de sa fille, Sarah, et elle était venue plusieurs fois chez les Drew. Quelques semaines auparavant, Megan et Sarah s’étaient disputées et ne s’étaient plus parlées depuis.
Face aux preuves contre elle, Lori va finalement admettre avoir créé ce faux compte sous le nom de Josh Evans. La raison était cette dispute entre sa fille Sarah et Megan. Lori avait eu l’idée de faire ce canular pour savoir ce que Megan pensait de sa fille et si elle disait des choses méchantes sur elle, mais les choses sont allées bien plus loin.
Lori a ensuite révélé que plusieurs internautes possédaient le mot de passe du faux compte car elle avait incité des voisins à se joindre à cette intimidation. Il y avait donc plusieurs personnes qui envoyaient des messages menaçants à Megan, dont Lori, sa fille Sarah et Ashley Grills, une employée de Lori. Dans une interview, Ashley Grills a prétendu avoir accepté d’envoyer des messages haineux, cachée derrière le profil de Josh, afin que Megan ne veuille plus parler à ‘Josh’ et que le canular prenne fin.
Un voisin va rapporter qu’avant le drame, il avait entendu Lori dire qu’elle comptait mettre le bazar dans la vie de Megan car cette dernière aurait lancé des rumeurs sur sa fille. Selon un rapport de police, Lori a déclaré qu’elle ne se sentait pas totalement responsable de la mort de Megan, car elle savait que Megan était suicidaire bien avant cette histoire de faux profil Myspace.
Lori Drew.
Le FBI va se mêler de l’affaire et va analyser l’ordinateur que Megan utilisait, mais ils ne parviendront pas à récupérer les derniers messages Myspace échangés entre Megan et Josh. Le FBI va conseiller aux Meier de ne pas divulguer l’identité de Lori Drew avant la fin de l’enquête, et les médias n’auront également pas accès à son nom.
Ce n’est qu’un an après la mort de Megan, à l’automne 2007, que l’identité de Lori Drew va fuiter grâce à la tante de Megan, qui va contacter le journal The Suburban pour parler de l’histoire de sa nièce. Par la suite, de nombreux internautes vont divulguer sur internet des informations personnelles sur Lori Drew et sa famille. La maison des Drew sera vandalisée, ils vont recevoir des appels téléphoniques inquiétants et Lori devra fermer son entreprise de publicité suite à des menaces. Les intimidations furent telles que des patrouilles de police devaient monter la garde autour de la maison des Drew.
Durant le contre-interrogatoire du procès en 2008, Sarah Drew a témoigné devant le procureur fédéral en chef de Los Angeles, Thomas O’Brien. Elle a déclaré qu’elle savait que Megan était dépressive et qu’elle prenait des médicaments pour cela, mais elle a affirmé que Lori n’était pas au courant. Ce détail a plus tard été démenti par les Meier qui ont affirmé que Lori avait déjà donné des médicaments à Megan pour sa dépression. Sarah a également déclaré qu’elle était présente lorsque Lori et Ashley écrivaient des messages haineux à Megan, mais qu’elle n’y a jamais participé. Selon ses dires, elle avait même tenté de dissuader Ashley d’écrire certains messages, notamment le dernier message qui disait : « Le monde se porterait mieux sans toi.»
Sarah et Lori Drew en 2008.
Ashley Grills avait dévoilé que Megan avait répondu à ce message par : « Tu es le genre de garçon pour lequel une fille se suiciderait. », mais Sarah dira n’avoir vu aucune réponse de la part de Megan. Sarah a ajouté que la seule fois où elle a envoyé un message à Megan derrière le profil de Josh Evans, c’était pour lui demander comment elle allait. Elle a également déclaré qu’elle avait fondu en larmes le jour où elle a apprit le décès de Megan et que cela l’avait dévastée.
Dans son plaidoyer final, le procureur O’Brien a déclaré au jury : « Lori Drew a décidé d’humilier une enfant, et la seule façon dont elle pouvait faire du mal à cette jolie petite fille était avec un ordinateur. Elle a choisi d’utiliser un ordinateur pour blesser une petite fille, et pendant quatre semaines, elle a aimé ça. »
A cette époque, les lois sur le cyberharcèlement n’existaient pas comme elles peuvent exister aujourd’hui. Envoyer des messages haineux au point de provoquer la mort de quelqu’un n’était pas considéré comme un crime en vertu de la loi américaine. Lori a donc seulement été reconnue coupable d’avoir enfreint les conditions d’utilisation de MySpace en utilisant une fausse identité. Aucune autre charge n’a été retenue contre Lori, Sarah, Ashley ou toute autre personne complice de ce canular qui a poussé Megan à s’ôter la vie. Le verdict fut très difficile à accepter pour les Meier.
Cependant, la mort de Megan a ouvert un débat sur le harcèlement en ligne en ce début de l’ère des réseaux sociaux. Peu après cette affaire, l’Etat du Missouri a modifié sa loi sur le cyberharcèlement et au fil du temps, d’autres réseaux sociaux ont commencé à appliquer des règles plus strictes sur le harcèlement.
Par la suite, Lori et Sarah Drew ont déménagé dans un autre Etat et n’ont plus jamais fait entendre parler d’elles. Actuellement, on ne sait pas ce qu’elles sont devenues. Tina et Ronald ont fini par divorcer, brisés par la mort de leur fille. Mais Tina a tenté de rebondir en créant la Megan Meier Fondation, une association à but non lucratif qui tend à lutter contre les intimidations et le harcèlement en ligne.
Ronald Meier a déclaré que peu de temps avant sa mort, Megan était impatiente de fêter son 14ème anniversaire. Pour ce jour-là, elle devait porter une belle robe que sa mère lui avait achetée. « Je n’ai jamais pu la voir dans cette robe avant les funérailles. » a-t-il ajouté. « En fin de compte, c’était le choix de Megan de faire ce qu’elle a fait. Mais c’était comme si quelqu’un lui avait tendu une arme chargée. » Brittany, une amie de Megan, la décrit de cette manière : « Megan ne ressemblait à personne d’autre que j’avais jamais rencontrée. Elle était une âme si douce. »
Tous ceux qui aimaient Megan s’accordent à dire la même chose : bien qu’elle luttait chaque jour contre sa propre santé mentale et ses insécurités, Megan essayait toujours de garder le sourire et de rendre les gens heureux autour d’elle.
Elisabeth est née le 13 mars 1992 aux Etats-Unis. Elle est décrite comme une jeune femme sociable, aventureuse et passionnée par les chevaux dont elle s’occupait dans le ranch où elle vivait. Elle était scolarisée au lycée Kempner dans la ville de Sugar Land, au Texas, et était une élève studieuse et appréciée. Elle faisait parti d’une fratrie de quatre enfants et ses parents étaient divorcés. Son père, Robert, a des origines italiennes et sa mère, Paula, est une immigrée du Mexique.
Elisabeth avait une vie bien remplie. Elle était une fêtarde qui sortait souvent avec ses amis, elle jouait également dans l’équipe de football de son lycée, était membre du Future Farmers of America – une organisation qui soutient l’enseignement agricole – elle s’occupait des chevaux de son ranch et parvenait même à avoir de bons résultats scolaires. Elle travaillait dur en espérant pouvoir rejoindre l’université et devenir vétérinaire.
En fin d’année 2009, Elisabeth a accompagné son père en Italie pour rendre visite à une partie de sa famille et passer le Nouvel An avec eux. Durant ce séjour, la jeune fille va se donner un nouvel objectif : économiser suffisamment d’argent pour rejoindre une université à Rome. Elle allait bientôt obtenir son diplôme d’études secondaires et voulait à tout prix gagner de l’argent rapidement pour atteindre son objectif. Elle va ainsi prendre part à ce qui s’apparentait à une arnaque en ligne pour gagner de l’argent au plus vite.
Peu après, Elisabeth va laisser de côté cette activité et va travailler dans un restaurant comme serveuse, mais également en tant que danseuse exotique dans un établissement haut de gamme de Pasadena, au Texas. Elle va rapidement devenir une des danseuses les plus populaires de l’établissement. Selon certaines sources, les proches d’Elisabeth n’étaient pas au courant de cette double vie, mais un rapport affirme que sa mère avait elle-même décrit aux autorités les activités de sa fille dans cet établissement.
Elisabeth avait également fait savoir qu’elle voulait devenir « coyote », c’est-à-dire une personne qui aide à faire passer clandestinement des immigrants à la frontière américano-mexicaine. Elle avait eu cette idée dans le but de se faire davantage d’argent, mais ses proches ont précisé qu’elle semblait plaisanter et ne l’ont pas vraiment prise au sérieux.
Le mardi 27 avril 2010, Elisabeth rejoint le Mexique en voiture sans prévenir sa mère, lui disant simplement qu’elle partait quelque part et qu’elle reviendrait demain. Le lendemain, Paula découvre que sa fille ne s’est pas rendue à l’école de la journée. Elle parvient à la contacter et Elisabeth tente de la rassurer en lui disant qu’elle se trouve actuellement au Mexique et qu’elle reviendrait jeudi, sans donner plus d’explication.
Certains de ses amis avaient tenté de couvrir son absence au lycée, mais ils ont affirmé ne pas avoir eu davantage de nouvelles. Paula était en colère car Elisabeth n’avait pas le droit de partir comme cela sans demander la permission. Le père d’Elisabeth va également la contacter pour lui rappeler qu’il était dangereux d’être au Mexique seule et qu’elle devait rentrer, mais Elisabeth était déterminée à finir ce qu’elle avait commencé là-bas.
Ce n’était pas la première fois qu’Elisabeth prenait ses parents au dépourvu. Sa soeur aînée Adriana a révélé que lorsque Elisabeth était âgée de 13 ans, elle avait commencé à se rebeller, fuguant de chez elle sans dire où elle allait et étant parfois hébergée par des amis ou par sa soeur aînée. Quand elle avait 16 ans, Elisabeth avait séché l’école avec une amie et n’était pas rentrée à la maison. A ce moment-là, Paula, qui était inquiète pour sa fille et qui ne savait pas où elle se trouvait, avait déposé un rapport de personne disparue mais Elisabeth était finalement revenue le lendemain. Durant cette période, Elisabeth s’était beaucoup rapprochée de sa soeur Adriana. Mais peu avant le drame, les deux soeurs s’étaient disputées et elles n’ont pas eu le temps de se réconcilier.
Le 1er mai, les parents d’Elisabeth signalent sa disparition aux alentours de midi, car ils ne parvenaient pas à la contacter. Et c’est alors qu’ils apprennent le pire : le corps sans vie d’Elisabeth a été retrouvé cette même journée vers 6h du matin. Elle a été retrouvée gisant sur la banquette arrière d’une camionnette Dodge Dakota, qui se situait dans l’Etat mexicain Nuevo León, le long d’une autoroute près de la ville de Mina. La camionnette était immatriculée au Texas, et Elisabeth n’était pas seule à l’intérieur. Deux autres corps ont également été retrouvés, identifiés plus tard comme étant Dante Ruiz Siller, un commerçant âgé de 38 ans, et Luis Angel Estrella Mondragón, un chauffeur de taxi âgé de 44 ans, tous deux originaires de Cuautitlán, dans l’Etat de Mexico. Les policiers ont découvert qu’ils possédaient de fausses pièces d’identité.
Le camionnette était entrée en collision avec un autre véhicule dont le conducteur n’a pas été blessé, et les enquêteurs ont estimé que l’accident n’avait pas été assez violent pour provoquer la mort de trois personnes en même temps. Après l’autopsie, il a été révélé que les trois victimes présentaient des blessures importantes au niveau du crâne, mais que cela ne pouvait pas correspondre aux blessures qu’un accident aussi minime aurait pu provoquer. Le médecin légiste a estimé que les victimes avaient été battues à mort environ dix heures avant l’accident. Les enquêteurs ont également découvert qu’une grosse pierre avait été posée sur l’accélérateur de la camionnette, la lançant à toute vitesse sur la route. Les autorités ont donc soupçonné un meurtre camouflé en accident.
La police de Houston n’avait pas les compétences pour enquêter jusqu’au Mexique et l’affaire a donc été transférée aux autorités mexicaines, mais ils n’ont malheureusement trouvé aucune piste et ont rapidement clos le dossier d’Elisabeth. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi Elisabeth se trouvait dans cette camionnette avec ces deux hommes, ni s’ils se connaissaient, ni par qui ils ont été tués. On ne sait pas non plus pourquoi elle s’est rendue au Mexique, mais sa famille soupçonne un lien avec l’activité de « coyote » dont elle avait parlé. Par la suite, la famille d’Elisabeth a fait rapatrier son corps jusqu’aux Etats-Unis pour lui offrir des funérailles. Elle repose désormais au cimetière Forest Park Westheimer à Houston.
La mort d’Elisabeth a été un énorme choc pour sa famille mais également pour tous les élèves de son lycée, où elle était appréciée. « Cela a affecté tout le monde. Il y avait des gens qui pleuraient au milieu de la classe, dans presque tous les cours où je suis allée. » avait déclaré une camarade de classe à la chaîne KHOU-TV. Une autre élève avait écrit sur Facebook : « J’ai pleuré en regardant les informations sur toi. Personne, surtout toi, ne méritait ce qui s’est passé. Mais je sais que tous tes amis et tes proches, moi y compris, prient pour toi, et je sais qu’en fin de compte, Dieu servira Sa justice.»
On ne connait toujours pas les raisons qui ont poussé la jeune fille à se rendre au Mexique avant de trouver la mort dans des conditions suspectes. Elisabeth menait-elle une double vie ? A-t-elle été contactée par des personnes qui l’ont impliquée dans des activités qui la dépassaient ? Avait-elle un lien avec les deux hommes retrouvés morts à ses côtés ? Depuis 2010, la mort d’Elisabeth Mandala reste un mystère.
Mary Elizabeth Morgan Pewitt est née le 22 février 1963. Elle était la fille de David et Elizabeth Morgan. Elle vivait à Comanche, une petite ville de 1500 habitants située dans l’Etat américain de l’Oklahoma. Elle était décrite comme une femme gentille et déterminée, qui avait également un fort caractère. Elle n’avait pas peur de se confronter aux gens s’il le fallait, mais elle pouvait aussi se montrer attentionnée et serviable envers ses proches.
A l’âge de 16 ans, Mary s’est mariée à son amour de jeunesse, Ricky Tidwell. Ils ont rapidement divorcé et Mary s’est ensuite mariée à un homme nommé Tim Allen. Après quelques années, le couple va prendre la décision de se séparer. Par la suite, elle a rencontré Stanley Pewitt, qui sera son troisième et dernier mari. Au moment de la mort de Mary, ils étaient séparés mais pas officiellement divorcés. Mary était également mère de deux filles, Kira et Amber.
Mary et sa fille Kira.
Mary a d’abord travaillé en tant qu’infirmière dans une maison de retraite, mais a dû arrêter suite à un accident de travail : un patient en surpoids lui ai tombé dessus et cela lui a causé de grosses lésions au dos qui ont nécessité une intervention chirurgicale. Cet événement a beaucoup affaibli la santé de Mary qui ne pouvait plus reprendre son travail d’infirmière. Cela a été un coup dur pour elle car elle avait du mal à joindre les deux bouts, mais elle faisait toujours en sorte de donner le meilleur d’elle-même pour ses filles.
Kira et Amber gardent des doux souvenirs de leur enfance à Comanche avant le drame. « C’était l’Amérique des petites villes. Tout le monde connaissait tout le monde. C’était très communautaire.» dira Kira à Dateline. « Notre maison était adossée au terrain de jeu, nous avions donc notre propre terrain de jeu essentiellement dans notre jardin. » Les filles rajoutent que leur mère était comme leur meilleure amie. Mary s’amusait à tester toutes sortes de coiffures sur ses filles et elles aimaient cuisiner ensemble toutes les trois.
Mary a fini par trouver un poste de serveuse dans le seul bar de la ville, le Harold’s Club. Ce n’était pas un emploi qui la passionnait, mais ses problèmes de santé avaient limité ses choix de carrière et elle ne pouvait pas se permettre de refuser un travail, car elle avait des enfants à nourrir. La beauté de Mary suscitait souvent des convoitises de la part des clients, et certains hommes se permettaient des gestes et des paroles déplacées envers elle. Cela ne faisait que treize jours qu’elle travaillait dans ce bar avant qu’elle ne trouve la mort.
Mary plus jeune.
En début de soirée du 3 juin 1988, Mary dépose ses filles Kira, 7 ans, et Amber, 6 ans, chez ses parents pour commencer son quart de travail. David et Elizabeth Morgan vivaient également à Comanche, et de ce fait, Mary et ses filles les visitaient souvent. Ce jour-là, il était prévu que Kira et Amber passent la nuit chez leurs grands-parents puis qu’elles soient déposées chez leur mère le lendemain matin. A minuit, Mary effectue seule la fermeture du bar puis elle se rend au domicile de son patron pour déposer les reçus, avant de rentrer chez elle.
Ce 4 juin 1988, Elizabeth, Kira et Amber se réveillent tôt. Il était prévu qu’Elizabeth déposent ses petites-filles chez Mary avant de se rendre à une réunion. Elizabeth arrive au domicile de sa fille vers 6h30. Directement, Kira et Amber courent jusqu’à la porte d’entrée et toquent, mais Mary ne vient pas leur ouvrir. Les petites filles décident de faire le tour de la maison, et en regardant par la fenêtre de la chambre de Mary, elles découvrent leur mère allongée sur son lit, inerte, et recouverte de sang.
Choquées, les petites filles retournent voir leur grand-mère qui attends devant la porte. Amber lui dit : « Je ne peux pas réveiller maman, elle est recouverte de sang. » En panique, Elizabeth rentre précipitamment dans la maison et se dirige directement dans la chambre de Mary. Elle y découvre sa fille allongée sur son lit et ensanglantée. Mary ne portait pas de pantalon ni de sous-vêtements, et était uniquement vêtue d’un t-shirt et de chaussettes.
Elizabeth eut l’espoir que sa fille était encore en vie car certaines parties de son corps étaient toujours chaudes, mais elle dû se rendre à l’évidence que Mary était bel et bien morte. Sous le choc, Elizabeth retourne dehors auprès de ses petites-filles et parvient à prévenir les secours. L’autopsie a révélé que Mary avait été poignardée une trentaine de fois au cou et à la poitrine, ses mains et ses bras présentaient des blessures qui laissaient supposer qu’elle s’était défendue. Il a été déterminé qu’elle n’avait pas été agressée sexuellement, bien qu’il soit étrange que la jeune femme ait été trouvée à moitié nue. Un rapport toxicologique a révélé qu’il n’y avait ni drogue ni alcool présent dans le corps de Mary.
Un témoin a affirmé avoir aperçu Mary vers 1h du matin le 4 juin. Elle se tenait sur le porche de sa maison et faisait partir un homme de chez elle. On apprendra peu après que cet homme était Randy Benson. Selon Kira, Mary et Randy se fréquentaient depuis quelques mois. Lorsqu’il sera interrogé, Randy a confirmé qu’il avait rejoint Mary chez elle après son quart de travail et qu’il était resté chez elle jusqu’à 00h45, niant l’avoir tuée. Bien qu’il était la dernière personne à avoir vu Mary en vie, les enquêteurs ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour l’inculper.
Les policiers vont ensuite s’intéresser aux ex-maris de la jeune femme. Ricky Tidwell ne se trouvait apparemment pas à Comanche au moment du meurtre, son alibi ayant été corroboré par sa mère. En ce qui concerne Tim Allen, la situation semblait plus tendue. Un rapport de police avait enregistré une altercation entre Tim, sa nouvelle femme Lynn et Mary peu avant le meurtre. Ils se seraient tous les trois battus dans le jardin de Mary, sous les yeux de Kira et Amber. Le motif de cette bagarre concernait apparemment la garde des enfants. Mary aurait ensuite poignardé Tim à la main en représailles, mais il a affirmé qu’il n’était pas allé voir la police pour cela. Quant à Stanley Pewitt, il était incarcéré au moment du meurtre, mais les parents de Mary ont affirmé qu’il s’était déjà montré violent avec elle.
Mary et une de ses filles.
L’agent spécial du Bureau d’enquête de l’État d’Oklahoma, Ray Homer, a déclaré que la plus grosse difficulté dans cette affaire est qu’il y avait trop de suspects potentiels. Entre un amant, les ex-maris et les hommes qui s’intéressaient à Mary, la liste était assez longue. Mary a-t-elle été tuée par un admirateur dont les avances ont été repoussées ? Etait-ce quelqu’un qu’elle connaissait ? Ou a-t-elle été tuée par une épouse jalouse ? Le fait que Mary n’ait pas été agressée sexuellement peut donner du crédit à cette dernière théorie.
Mary attirait l’attention des hommes grâce à sa beauté, peut-être a-t-elle été tuée par une épouse jalouse de l’intérêt que son mari pouvait porter à la jeune femme. Le fait que Mary ait été retrouvée à moitié nue alors qu’il n’y a pas eu d’agression sexuelle était peut-être une volonté de l’humilier. Pour rappel, Mary aurait été poignardée une trentaine de fois, et lorsqu’un tueur s’acharne autant, c’est qu’il ressent une forte haine ou rancoeur envers sa victime. Etait-ce donc l’oeuvre macabre d’une femme jalouse, d’un homme n’ayant pas supporter un refus ou d’un ex-mari en colère ?
Cependant, Tim Allen reste un suspect intéressant dans cette affaire. En effet, en plus de se disputer la garde des enfants avec Mary, il devait également lui verser des milliers de dollars dans le cadre d’un règlement d’indemnisation des accidents du travail. La nuit où Mary a été tuée, Tim avait appelé chez David et Elizabeth pour demander s’ils gardaient les enfants cette nuit-là, et c’était quelque chose qu’il ne faisait pas habituellement.
Un peu plus tard dans la nuit du meurtre, un voisin a aperçu une camionnette se garer devant la maison de Mary. Une femme en est descendue et s’est dirigée vers la maison, mais il n’a pas pu voir de qui il s’agissait, ni ce qu’elle faisait. Il pense avoir aperçu une autre personne dans la camionnette, mais le voisin n’a pas pu identifier correctement ces personnes ni le véhicule à cause de l’obscurité. Lorsque les enquêteurs ont demandé à Tim et Lynn Allen de soumettre leur ADN, ils ont refusé et ont déménagé au Texas.
Après la mort de Mary, Tim et Lynn ont obtenu la garde de Kira et Amber qui sont parties vivre avec eux au Texas. Les filles gardent des souvenirs moroses de la période qui a suivi. Elles avaient l’interdiction de parler de leur mère ou de garder des photos d’elle, et elles étaient forcées de dire aux gens que Mary était morte d’un cancer. De plus, lorsqu’elles entendaient Tim et Lynn parler de Mary, c’était uniquement pour dire des choses négatives. En grandissant, elles ont également entendu des rumeurs de trafic de drogue qui entouraient la mort de Mary, et en se renseignant elles ont apprit qu’aucune trace de drogue n’avait été trouvée dans le corps de leur mère, ni dans sa maison.
David Morgan s’est battu jusqu’au bout pour rendre justice à Mary. En espérant pouvoir résoudre le meurtre de sa fille, il a commencé des études en justice pénale et a obtenu son diplôme. Il a par la suite commencé sa propre enquête en solitaire. Malheureusement, David et Elizabeth sont décédés sans jamais savoir qui a tué leur fille.
A ce jour, on ne sait toujours pas qui a tué la jeune mère de famille. Des empreintes digitales ont été trouvées dans la maison de Mary et ont été enregistrées dans la base de données du FBI, et un échantillon ADN a également pu être récupéré sur la scène de crime, mais ils n’ont pu être liés à personne pour le moment. La plupart des suspects sont aujourd’hui décédés, mais Kira et Amber ont toujours l’espoir que le temps et le progrès de la science parviennent à résoudre le meurtre de leur mère.
Ludovic est né en 1977 et était l’un des quatre enfants de Jean-Bernard et Maryline Janvier. Il avait un grand frère, Jérôme, ainsi qu’une soeur et un frère cadets, Virginie et Nicolas. La famille Janvier était originaire de Sarthe, dans le grand Ouest de la France. Ludovic est décrit comme un petit garçon gentil, affectueux et particulièrement proche de son grand frère Jérôme, avec qui il n’a qu’un an d’écart.
Au mois de février 1983, la famille déménage à Saint-Martin-d’Hères, une ville située au sud-est de Grenoble, dans l’Isère. Ils vivaient chez une tante en attendant de trouver un nouvel appartement. Seule Virginie était restée vivre temporairement chez sa grand-mère dans le Mans, attendant que ses parents soient mieux installés pour les rejoindre.
Le jeudi 17 mars 1983, les enfants Janvier se trouvent chez leur tante, chez qui ils sont hébergés avec leurs parents. Vers 18h30, alors que Jérôme, 7 ans, et Ludovic, 6 ans, font leurs devoirs, leur père leur demande d’aller lui chercher des cigarettes au buraliste qui se trouve à une centaine de mètres du domicile. Leur petit frère Nicolas, 2 ans, insiste pour les accompagner et leurs parents acceptent.
Jérôme et Ludovic
Après avoir acheté les cigarettes, les trois frères profitent d’être dehors pour s’amuser ensemble. Ils vont trouver un caddie de supermarché abandonné et vont y mettre Nicolas dedans pour le pousser. Dans le processus, le petit garçon se râpe les doigts contre un mur. Un homme témoin de la scène va voir les garçons pour leur demander de faire attention à leur frère, puis s’en va.
Lorsque les trois garçons se lassent de jouer avec le caddie, ils prennent le chemin en direction du domicile de leur tante pour ramener les cigarettes achetées. Alors qu’ils atteignent la place de la République, un autre homme vient vers eux. Jérôme le décrit comme portant un bleu de travail, des chaussures de sécurité et portant un casque de moto sur la tête. L’homme les aborde et leur dit qu’il a perdu son chien. Il demande aux garçons de l’aider à trouver son animal et qu’il leur offrirait des bonbons en contrepartie.
Les garçons ne se méfient pas car malgré son accoutrement étrange, cet inconnu semble sympathique. L’homme casqué propose que Jérôme et Nicolas partent d’un côté pour chercher le chien, tandis qu’il partirait dans l’autre sens avec Ludovic. De ce fait, l’homme attrape la main du petit garçon et l’emmène avec lui. Et tandis qu’ils s’éloignent, Ludovic tourne la tête derrière lui pour lancer un dernier regard à Jérôme. « Ludo n’a rien dit, c’était un gamin plutôt peureux. » racontera Jérôme, plusieurs années après. « Mais il m’a regardé en s’éloignant. J’ai vu son inquiétude dans ses yeux. Là, j’ai compris que j’avais fait une bêtise.»
Paniqué et ne sachant quoi faire d’autre, Jérôme attrape Nicolas par la main et fonce prévenir leurs parents. A ce moment-là, Nicolas est beaucoup trop jeune pour comprendre la gravité de la situation. Lorsqu’ils arrivent au domicile, Jérôme, en panique et essoufflé, annonce à ses parents qu’un homme est parti avec Ludovic. Jean-Bernard et Maryline se mettent à crier et ils se précipitent dans la rue pour chercher leur fils, mais il n’y avait aucune trace de Ludovic et de l’homme casqué. La gendarmerie sera ainsi prévenue.
Pendant ce temps, Virginie se trouve chez sa grand-mère. Ce 17 mars 1983 est le jour de son cinquième anniversaire, mais son anniversaire va se transformer en cauchemar car il marque également le jour de l’enlèvement de son petit frère. C’est en regardant la télévision, où elle voit ses parents et ses frères passer aux informations, qu’elle apprend l’enlèvement de Ludovic.
Les enquêteurs tentent de recueillir des témoignages, mais personne d’autre n’a vu Ludovic en compagnie de l’homme casqué. L’enlèvement s’est pourtant déroulé dans un endroit entouré d’immeubles, mais c’est comme si l’homme et le petit garçons s’étaient volatilisés.
Les gendarmes entendent Jérôme qui leur donne un portrait-robot de l’homme. Ils vont même jusqu’à le chercher pendant qu’il est à l’école pour lui montrer des photos de potentiels suspects, mais cela ne donne rien. Quatre mois après l’enlèvement de Ludovic, le jeune Grégory Dubrulle, 8 ans, est enlevé à Grenoble le 9 juillet 1983. Il sera retrouvé dans une décharge le lendemain, vivant, mais dans un état déplorable. Entre 1980 et 1996, plus d’une dizaine d’enfants ont été enlevés ou tués en Isère, ce qui leur a valu le nom des « Disparus de l’Isère ».
Les disparus de l’Isère
Un mois après l’enlèvement de Ludovic, l’officier de justice du tribunal de Grenoble reçoit un appel d’une personne anonyme. Cette personne prétend que Ludovic a été enlevé pour être adopté par un couple qui ne parvenait pas à avoir d’enfant. Mais dû aux faibles moyens des policiers à l’époque, ils ne sont pas parvenu à retracer la personne. Ce genre de piste est à prendre avec des pincettes, car il n’est pas rare que des charlatans donnent de fausses informations dans une enquête.
Au printemps 1985, le squelette d’un petit garçon est retrouvé dans une grotte du massif du Vercors. La famille Janvier apprend via la presse la découverte de ce squelette, qui est suspecté d’appartenir à Ludovic, disparu deux ans plus tôt. Cela a bouleversé la famille d’apprendre la nouvelle de cette manière, et Jérôme déplore que la justice les a laissés de côtés : « Il fallait que mes parents appellent pour savoir s’il y avait du nouveau. Mon père travaillait comme un fou pour payer les affiches de mon frère qu’on faisait imprimer et que ma mère allait ensuite placarder un peu partout. La justice nous a méprisés. »
A cette époque, il n’y avait pas les mêmes moyens scientifiques pour identifier l’ADN de ce squelette. Certains experts affirmaient qu’il pouvait s’agir de Ludovic tandis que d’autres experts affirmaient le contraire. Un premier non-lieu est prononcé en 1988.
Les prochaines années passent sans aucun rebondissement. Les enfants Janvier voient leurs parents sombrer dans le désespoir, au point de divorcer. Les enfants sont également témoins de rumeurs terribles sur leurs parents, qui sont accusés d’avoir vendu Ludovic à un prédateur. Dans cette ambiance morose, Jérôme, Virginie et Nicolas n’ont pas eu le choix que de continuer de grandir sans leur frère à leurs côtés.
En 1995, des gendarmes se présentent au domicile de Jean-Bernard Janvier. Ils disent qu’ils viennent au sujet de Ludovic. Jean-Bernard croit qu’ils viennent lui donner des nouvelles de son fils, mais ce n’est pas le cas. Les gendarmes accusent Ludovic de ne pas se rendre à son service militaire et qu’ils viennent donc le chercher. En proie au malaise, Jean-Bernard leur explique que son fils a été enlevé il y a plusieurs années, d’où le fait qu’il ne s’était pas rendu à son service militaire.
Jean-Bernard Janvier est décédé en 2007, sans jamais savoir ce qui était arrivé à Ludovic. « Il est mort de chagrin. .Je l’ai vu peu de temps avant son décès et il m’a dit que Ludo lui parlait la nuit, qu’il l’entendait lui parler, et il pleurait. On aurait tant aimé qu’il sache avant de mourir ce qui était arrivé à son fils. » raconte Virginie.
La famille Janvier quelques années après l’enlèvement de Ludovic.
En 2010, une infirmière travaillant dans un hôpital de Reims contacte Virginie. Elle lui dit avoir croisé un homme ressemblant de manière troublante à Jérôme, qu’elle avait vu dans un reportage quelques semaines plus tôt, et elle pense qu’il pourrait s’agir de Ludovic désormais adulte. Suite à cela, Didier Seban et Corinne Herrmann, des avocats spécialisés dans les affaires de disparition non résolues, sont engagés par la famille. Ils vont ainsi demander une expertise ADN sur le squelette retrouvé en 1985, mais on leur a répondu que le squelette avait été détruit en 1998 sur ordre du parquet de Grenoble. Cela a été un énième coup dur à encaisser pour la famille de Ludovic.
En 2014, un nouveau non-lieu est prononcé par la justice, et les avocats ont fait appel de cette décision. En juin 2015, grâce à la ténacité de la famille, le dossier de Ludovic a été réouvert. Jérôme et Virginie ont aujourd’hui construit leur propre vie, ils ont chacun fondé une famille, mais ils sont toujours hantés par l’enlèvement de Ludovic. Ils continuent d’être actifs dans la recherche de leur frère. Nicolas, quant à lui, préfère rester éloigné des médias.
Malgré le temps qui passe, la douleur ne s’efface pas et Jérôme ressent toujours une immense culpabilité. « Ma mère nous habillait pareil, on dormait dans la même chambre, on avait les mêmes jeux, on faisait les mêmes bêtises. J’ai grandi avec ce sentiment de culpabilité. Car c’est moi qui l’ai laissé partir, je n’ai pas su le protéger. Je me souviendrai toujours du regard qu’il m’a lancé quand l’homme l’a emmené. »
A ce jour, Ludovic Janvier n’a jamais été retrouvé.
Virginie et Jérôme avec une photo de Ludovic. (Source : France Bleu – Véronique Pueyo)
Haruchika Derk Miyagi, surnommé Haru, est né le 13 juin 1981. D’origine japonaise, il a grandit à American Fork, une ville située au sud de Salt Lake City, dans l’Etat américain de l’Utah. Il est décrit comme un homme sympathique, intelligent et passionné de technologie. Après avoir été diplômé de la Lehi High School, et il est parti étudier à l’Utah Valley University, la plus grande université de l’Utah.
Haruchika était très actif sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Facebook, LinkedIn, Twitter et YouTube. Il avait posté quelques vidéos de son quotidien avec ses amis, mais également des conseils sur comment gérer son argent. Il avait également fait des vidéos pour présenter son propre logiciel d’investissement, nommé Tensai. Haruchika semblait mener une vie bien remplie et sans histoires.
Le 3 décembre 2015, peu avant 21h, le jeune homme poste un message sur son profil Facebook :« Le pouvoir de donner est important. J’ai envie de donner autant que possible. Cela s’appelle le karma. » A ce moment-là, personne ne se doute que ce sera son dernier message.
Le 5 décembre 2015 vers 17h, une femme vivant dans un ranch équestre situé à Med Bar Road, à l’extérieur de Dewey, en Arizona, appelle le bureau du shérif du comté de Yavapai. Elle leur signale qu’une Mazda Protege 2002 rouge à quatre portes s’était garée sur sa propriété privée. Lorsque la femme était sortie de chez elle pour voir de qui il s’agissait, un homme est sorti du véhicule et lui a demandé s’il pouvait passer la nuit sur sa propriété. La femme a refusé, peu rassurée à l’idée de laisser un inconnu dormir chez elle, et elle lui a conseillé d’aller plutôt chercher un hôtel. L’homme, qui semblait calme, est alors rentré dans sa voiture. Mais au lieu de faire demi-tour, il s’est plutôt dirigé vers le nord de la grande propriété pour partir, percutant le portail au passage. Il s’est avéré plus tard que cet homme était Haruchika.
Cette même journée à 19h, la voiture d’Haruchika est retrouvée à une station de lavage, à seulement 1,6km de la propriété où il était entré. La voiture était fortement endommagée, probablement à cause du portail qu’elle avait percuté, mais son propriétaire était introuvable. Le téléphone portable d’Haruchika a borné une dernière fois près du ranch équestre à Dewey, avant de s’éteindre. Des policiers et des chiens pisteurs vont être déployés pour retrouver l’homme, mais sans succès. Haruchika ne donnera plus aucune nouvelle à personne. Ses réseaux sociaux, où il était habituellement très actif, sont désormais à l’abandon.
Pendant ce temps, dans l’Utah, les amis d’Haruchika avaient déjà prévenu les policiers du comté pour leur signaler sa disparition. Ils étaient inquiets car Haruchika ne s’était pas rendu au travail et était injoignable, ce qui était une chose inhabituelle. Malgré les recherches des policiers, le jeune homme restait introuvable.
Les proches d’Haruchika ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé cette journée-là. De plus, ils ne comprennent pas pourquoi il se trouvait en Arizona, il n’avait apparemment aucune connaissance dans cet Etat et n’y a jamais montré le moindre intérêt. Les hôpitaux de la région ont également été contactés, mais Haruchika ne s’y était pas rendu. Comme les chiens étaient incapables de détecter son odeur, on se demande si l’homme est monté dans un autre véhicule après avoir abandonné sa propre voiture. Si tel est le cas, connaissait-il cette personne qui l’a récupéré ? Ou s’agissait-il d’un inconnu qui lui aurait fait du mal ? Pourquoi était-il allé jusqu’en Arizona ?
On se demande si Haruchika était dans son état normal le jour où il a voulu trouver refuge dans le ranch équestre. Etait-il sous l’influence de drogues ? Haruchika n’était apparemment pas un consommateur de drogues et il n’avait jamais été mêlé à des histoires louches. Devait-il retrouver quelqu’un en Arizona ? Même si ses proches affirment qu’il ne connaissait personne là-bas, il est probable qu’il ait voulu y rencontrer quelqu’un pour une quelconque raison, mais aucune preuve n’a été trouvée à ce sujet.
Haruchika n’avait apparemment aucune raison de partir. Il avait un emploi stable, une maison, des projets, et il n’avait pas de problèmes d’argent. Mais peut-être avait-il une maladie mentale non diagnostiquée ? A-t-il été atteint d’une rupture psychotique ? Cela pourrait expliquer ses derniers instants un peu étranges, mais il ne s’agit que de théories parmi tant d’autres. A ce jour, Haruchika Miyagi n’a toujours pas été retrouvé.
Trude était une jeune norvégienne de 20 ans décrite comme souriante, attentionnée et soucieuse des autres. Fin juillet 1996, Trude obtient un emploi saisonnier en tant que femme de chambre à l’Union Hotel de la ville de Geiranger, située dans la région de Sunnmøre, en Norvège. Geiranger est réputé pour son panorama, où des randonnées et des croisières y sont effectuées par des milliers de touristes chaque année autour du fjord. Le fjord de Geiranger est un site classé à l’UNESCO depuis 2005.
Le 8 août 1996, la jeune Trude est aperçue par plusieurs touristes sur la rive nord-est du fjord, en train de lire un livre, assise sur un rocher. Roine et Birgitta Löf, un couple suédois, se trouve parmi ces témoins. A 17h, alors qu’ils effectuent une promenade, ils passent à côté du rocher où se trouve Trude, mais lorsqu’ils reviennent vers 18h, la jeune femme n’est plus là. Au même moment, Roine remonte légèrement le chemin du talus à proximité pour uriner, tandis que sa femme l’attends plus bas. C’est alors que le couple entend un cri.
Intrigué, Roine décide de monter un peu plus haut sur le chemin et s’enfonce dans la végétation, tandis que sa Birgitta l’attends toujours en bas. En remontant, à environ 30 ou 40 mètres au loin, il aperçoit un homme et ce qu’il suppose être une petite fille. La petite fille était allongée sur le sol et l’homme se tenait au-dessus d’elle.
L’homme a alors tourné son regard vers Roine et l’aurait regardé étrangement. Roine a supposé qu’il s’agissait seulement d’un père en train de jouer avec sa fille, et il est donc monté un peu plus haut pour finir d’uriner. Lorsqu’il est redescendu après un court instant, l’homme et l’enfant avaient déjà disparu. En rejoignant sa femme, il lui a raconté ce qu’il avait vu et lui a demandé si cet homme et cette fille étaient descendu dans sa direction, mais Birgitta n’avait vu personne.
Le lendemain, les collègues de Trude s’inquiètent de ne pas la voir se présenter à son quart de travail. C’était inhabituel car la jeune femme était une employée sérieuse et ponctuelle, et la police a donc été rapidement appelée. Son livre et son sac qu’elle avait avec elle avant de disparaître ont été retrouvés, mais il n’y avait aucune signe de Trude. Les policiers ont rapidement soupçonné un acte criminel.
Les affaires retrouvées de Trude.
Durant l’été, la ville de Geiranger attire de nombreux touristes locaux ou étrangers, et les policiers craignaient que des potentiels témoins aient pu partir sans avoir pu leur fournir de précieuses informations. Les recherches ont été infructueuses, mais le 19 août, alors qu’un couple se promenait près de l’endroit où Trude a été vue pour la dernière fois, ils ont senti une forte odeur nauséabonde.
Le couple a décidé de suivre l’odeur. Ils sont passés à l’endroit où l’homme et l’enfant avaient été vus quelques jours plus tôt par Roine, et ont continué sur 20 mètres. C’est alors qu’ils ont aperçu des chaussures dépassant d’un tas de rochers. Le couple a prévenu la police, et le corps de Trude a été découvert en dessous des rochers et de la végétation. Selon l’autopsie, la jeune femme a été violée et la cause de la mort serait l’asphyxie. Des cheveux inconnus furent retrouvés sur son corps, mais pas en assez grande quantité pour les analyser.
C’est alors que le couple suédois ayant aperçu Trude s’est manifesté pour apporter son témoignage. Roine a décrit l’homme qu’il avait vu avec la petite fille et qui se trouvait à seulement 20 mètres de l’endroit où le corps de Trude fut retrouvé. Il a décrit l’homme comme étant caucasien, brun, portant un polo rayé bleu et blanc ainsi qu’un short blanc, mesurant environ 1m85 et étant âgé entre 30 et 40 ans.
Portait robot du suspect.
Lorsque le portait robot fut rendu public, une femme s’est présentée à la police pour rapporter qu’elle avait croisé cet homme alors qu’elle se prélassait à 500 mètres de l’endroit où Trude a été vue pour la dernière fois. Elle a affirmé que l’homme était habillé de la même manière que sur le portait robot et qu’il l’avait observée étrangement pendant plusieurs minutes, avant de la rejoindre et de lui demander l’heure en allemand. Lorsqu’elle lui a répondu qu’il était 17h10, l’homme est parti en direction de l’endroit où se trouvait Trude.
Les policiers vont ensuite reconstituer la scène étrange de l’homme se tenant au-dessus d’une petite fille, telle qu’elle était décrite par Roine Löf. Avec le recul, Roine n’est pas totalement sûr qu’il s’agissait d’une petite fille, mais à cause de la distance il ne parvenait pas à distinguer précisément les individus. En revanche, il se souvient très bien du regard étrange que lui a lancé l’homme. « J’ai ces yeux juste devant moi. Des yeux un peu paniqués. C’est ce dont je me souviens. » racontera-t-il dans une interview.
Reconstitution de la scène selon le point de vue de Roine.
Parmi les milliers de visiteurs qui séjournent chaque jour à Geiranger, les policiers ont interrogé plus de 3000 touristes de 40 pays différents. Plusieurs d’entre eux ont rapporté avoir vu Trude sur le rocher en train de lire un livre, et diront qu’elle portait un T-shirt rouge. Les policiers ont également réquisitionné leurs appareils photos pour y trouver des indices. Parmi les nombreuses photos qu’ils vont analyser, une en particulier va attirer leur attention.
Il s’agit d’une photo prise en hauteur avec vue sur le fjord. Rien de particulier ne semble se démarquer du cliché, mais en zoomant en bas à droite, les enquêteurs ont pensé voir une personne non identifiée sur le rocher où Trude a été vue assise. La photo a été prise le 8 août 1996 à 17h15, soit le jour et la tranche horaire à laquelle Trude a été vue sur le rocher. Les policiers pensent qu’il pourrait s’agir de la dernière photo de Trude vivante.
Photo originale.
La silhouette supposée de Trude sur le rocher.
Lorsque les policiers vont fouiller la chambre de Trude, ils vont y retrouver son journal dans lequel elle écrivait des notes. A la date du 2 août 1996, Trude a écrit simplement « Allemand, béquilles. » Avait-elle rencontré un allemand en béquilles les jours précédant sa mort ? Pour rappel, la femme qui avait reconnu l’homme sur le portrait robot du suspect a affirmé qu’il avait parlé allemand. En revanche, aucun témoin n’a dit que l’homme avait des béquilles avec lui.
En 2017, le cas de Trude est apparu dans une émission allemande. Suite à cela, l’émission norvégienne Åsted Norge, qui traite des affaires criminelles, va recevoir un mail d’un certain Norbert Bartling. Norbert est un allemand qui était en vacances à Geiranger le 2 août 1996. Ce jour-là, il avait prit plusieurs photos qu’il va envoyer à l’émission. Parmi ces photos se trouve celle d’un homme non identifié, appuyé sur des béquilles.
Photo d’un homme inconnu, le 2 août 1996 à Geiranger.
Lorsque cette photo sera rendue publique, les journalises d’Åsted Norge vont se rendre à Geiranger pour interroger Camilla Rønneberg, qui les avaient contactés. En août 1996, Camilla avait 16 ans et travaillait dans un kiosque de Geiranger. Elle dira qu’elle avait vu cet homme agir étrangement dans les environs, puis qu’il était venu lui parler et lui poser des questions qui la mettaient mal à l’aise. Elle ajoutera que cet homme avait la cinquantaine, qui lui manquait une jambe et qu’il parlait couramment allemand. Trude faisait-elle référence à cet homme dans ses notes ?
Trude était une personne attentionnée et empathique, il est possible que son tueur ait pu l’attendrir en prétendant avoir besoin d’aide avec ses béquilles. Cependant, les policiers soulignent de la difficulté de maîtriser et tuer quelqu’un avant de cacher un corps tout en étant en béquilles. De plus, le suspect du portrait robot n’avait pas de béquilles avec lui, et son physique ne semble pas correspondre avec l’allemand en béquilles sur la photo. Il est important de savoir que les touristes allemands ne sont pas rares à Geiranger. A l’époque où Trude a été tuée, plus de 800 allemands ont été recensés dans la ville, et la plupart étaient des touristes qui n’étaient que de passage.
Le rocher où Trude a été vue pour la dernière fois.
Pour les enquêteurs, il est peu probable que Trude ait été agressée alors qu’elle était assise sur le rocher, car il se trouvait sur une route particulièrement fréquentée, et personne n’a rapporté avoir vu la jeune femme en compagnie de quelqu’un. Une théorie suggère que Trude s’est levée du rocher pour aller uriner plus loin, s’enfonçant dans la végétation à l’abri des regards, et c’est à ce moment-là qu’elle aurait rencontré une personne malveillante. Peut-être a-t-elle été attirée dans la végétation par une autre manière.
Il est également possible que Roine ait pu apercevoir Trude en compagnie de son tueur ce jour-là, alors qu’il pensait qu’il s’agissait d’un père avec sa fille. A ce jour, le doute subsiste toujours. Au fil des années, il a essayé de se remémorer plus de détails, en vain. Il trouve toujours étrange que ces deux personnes aient disparu si vite du chemin le temps qu’il fasse ses besoins naturels, et qu’ils n’ont pas été revus par la suite.
Malgré ces nouveaux témoignages et les années qui passent, il n’y a toujours aucune réelle avancée dans l’enquête. A ce jour, la mort de Trude Espås est toujours irrésolue.
Michelle Marie Martinko est née le 6 octobre 1961 à Cedar Rapids, dans l’Etat de l’Iowa, dans le Midwest des Etats-Unis. Elle était la fille d’Albert et Janet Martinko, et avait également une soeur aînée nommée Janelle. Michelle était décrite comme une jeune femme douce, sociable et amicale. Elle était considérée comme une élève populaire de l’école secondaire Kennedy High School et excellait en classe ainsi que dans ses activités. Elle participait aux chorales et aux productions théâtrales scolaires tout en pratiquant le twirling bâton. Elle comptait étudier le design d’intérieur après le lycée.
Nous sommes le soir du 19 décembre 1979. Michelle, âgée de 18 ans, participe au banquet de choral à l’hôtel Sheraton, en compagnie de ses camarades. Lorsque le banquet se termine à 19h30, Michelle propose à son amie Jane de l’accompagner au nouveau centre commercial Westdale, qui avait ouvert deux mois plus tôt. Elle devait aller régler l’achat d’un manteau qui avait été mis de côté pour elle et également effectuer ses derniers achats de Noël. Mais Jane décline son offre, préférant rentrer chez elle pour faire ses devoirs.
A 20h, Michelle arrive seule au centre commercial à bord de la Buick 1972 que ses parents lui ont prêtée. Une fois là-bas, Michelle va y rencontrer plusieurs amis. Premièrement, elle va croiser son ex petit ami Andy Seidel. Ils avaient rompu récemment mais ils étaient restés en bons termes. Puis elle va croiser le chemin de son amie Tracy Price, avec qui elle va discuter quelques instants.
Par la suite, elle s’est rendu dans un magasin où son ami Curtis Thomas travaillait. A ce moment-là Curtis prenait sa pause et il est resté discuter avec Michelle, puis ils sont allés prendre quelque chose à manger. Michelle lui a dit qu’elle ne savait pas où se trouvait le magasin où son manteau était mis de côté, qu’il se faisait tard et qu’elle préférait donc le récupérer une prochaine fois. La pause de Curtis prend fin et il doit retourner travailler. Michelle récupère donc les cadeaux qu’elle avait acheté pour ses proches et dit au revoir à son ami avant de se diriger vers la sortie.
Le centre commercial Westdale de Cedar Rapids.
Plus tard dans la soirée, Albert et Janet sont surpris que leur fille ne soit toujours pas rentrée. Ils savaient qu’elle devait se rendre au centre commercial et qu’elle s’y était peut-être attardée, mais il n’était pas prévu qu’elle rentre aussi tard. Ils vont téléphoner chez les amis de Michelle, mais personne ne l’avait vue depuis la chorale et le centre commercial. A minuit, Michelle n’était toujours pas rentrée et cela devenait vraiment inquiétant. La police sera alors prévenue.
A 4h du matin, l’agent de police James Kincaid est envoyé au centre commercial Westdale. Il va trouver la Buick 1972 de Michelle toujours garée sur le parking malgré l’heure tardive, près d’un magasin JCPenney. En regardant à l’intérieur, il découvre des traces de sang et le corps de Michelle. Elle était affalée sur le siège passager, toujours habillée de sa robe noire et de son manteau en fourrure. Le détective Harvey Denlinger sera appelé au renfort.
Des éclaboussures de sang et des poils du manteau de Michelle tâchaient l’intérieur du véhicule. Son sac à main se trouvait sous son corps, les cadeaux de Noël qu’elle venait d’acheter étaient toujours là et les 186$ qui devaient servir à payer le manteau qu’elle n’avait pas récupéré étaient toujours dans son sac. Grâce à ces détails, les enquêteurs ont compris qu’il ne s’agissait pas d’un vol qui aurait mal tourné.
Le médecin légiste a estimé que Michelle avait été poignardée 29 fois au cou, aux bras et à la poitrine. Son coeur avait été touché et c’est ce qui lui avait été fatal. Elle portait des blessures défensives qui montraient qu’elle avait lutté contre son agresseur. Il a été déterminé qu’elle n’avait pas été agressée sexuellement. En l’absence de sang et de signe de lutte à l’extérieur, il a été conclu qu’elle avait été tuée alors qu’elle se trouvait à l’intérieur de la voiture. Les enquêteurs ont également soupçonner son assassin de porter de gants, car aucune empreinte digitale n’a été trouvée sur le lieu du crime.
Le meurtre de Michelle va instaurer un climat d’insécurité dans cette ville tranquille et sans histoires. Jane va particulièrement culpabiliser d’avoir laissé son amie seule ce soir-là. Elle confiera qu’après la mort de Michelle, les jeunes adolescents et particulièrement les femmes avaient peur d’être dehors la nuit. Les parents ne laissaient plus leurs enfants sortir seuls. Jane avait un job étudiant à Target et quittait son travail à 22h, elle n’avait jamais été inquiète de rejoindre sa voiture seule sur le parking la nuit, mais depuis la mort de Michelle elle demandait à un agent de sécurité de l’accompagner jusqu’à sa voiture, craignant de subir le même sort que son amie.
Tracy Price, l’amie qui avait parlé avec Michelle au centre commercial, a révélé que Michelle lui avait confié quelque chose d’assez troublant ce soir-là : depuis qu’elle s’était garée sur le parking, elle avait la sensation d’être observée et suivie par quelqu’un.
Les soupçons vont d’abord se porter sur Andy Seidel, l’ex petit ami de Michelle. Ils s’étaient rencontré lorsque Michelle avait 15 ans et ils étaient sorti ensemble pendant deux ans. Bien qu’ils étaient restés en bons termes, Andy avait du mal à accepter la rupture et était toujours amoureux d’elle. D’après certaines de leurs connaissances, Andy avait plusieurs fois eu des comportements possessifs envers Michelle depuis leur séparation, ce qui avait déplu aux proches de la jeune fille.
Andy et Michelle avant leur rupture.
Il sera interrogé et fournira un alibi : il se trouvait chez lui avec sa mère au moment du meurtre de Michelle et son alibi a été corroboré par sa mère, mais cela n’a pas totalement convaincu les enquêteurs. Néanmoins, ils n’avaient pas suffisamment de preuve pour inculper Andy. Bien que Michelle était une élève appréciée, sa beauté avait suscité de la jalousie auprès de certains camarades de classe, mais rien n’a pu lier l’un d’eux à sa mort.
De nombreuses personnes seront interrogées et soumises au test du polygraphe, mais sans succès. Une femme va alors se manifester pour apporter un témoignage : elle conduisait près du parking du centre commercial Westdale, aux alentours de 2h du matin le 20 décembre 1979. Elle dira avoir vu la voiture de Michelle garée sur le parking, avec un homme debout près de la portière ouverte du côté conducteur.
La femme a d’abord hésité à apporter ce témoignage à cause des horaires, car le meurtre de Michelle avait eu lieu entre 21h et minuit, mais elle avait vu cet homme à 2h du matin. Elle a tout de même fournit ces informations à la fille du secrétaire qui travaillait au commissaire de la sécurité publique afin qu’il puisse transmettre l’information à la police, mais ce témoignage ne parviendra à la police que des mois plus tard, lorsque la femme a appelé pour savoir si son témoignage avait pu les emmener vers une piste.
En juin 1980, un portrait-robot de l’assassin de Michelle sera rendu public suite à des témoignages de personnes mises sous hypnose. Ces personnes vont décrire un homme blanc dans la vingtaine, avec des cheveux bruns bouclés, mesurant à peu près 1m80. Malgré la médiatisation du cas de Michelle et les 10 000$ promis pour toute information menant à son assassin, il va se passer de longues années sans aucune nouvelle piste. Malheureusement, Albert Martinko est décédé en 1995, suivi par Janet en 1998. Tous deux sont décédés sans jamais savoir qui avait tué leur fille. Cependant, Janelle, la grande soeur de Michelle, ne voulait pas perdre espoir.
Malgré leurs 12 ans d’écart, les deux soeurs étaient très proches et complices. En 1968, Janelle s’est mariée avec John Stonebraker, son petit ami qu’elle avait rencontré à l’université de l’Iowa. Ils auront deux fils, Robert et Martin. Lorsque le couple a déménagé à Davenport, à environ 1h30 de route de Cedar Rapids, les deux soeurs s’envoyaient régulièrement des lettres et se voyaient le week-end avec leurs familles. La mort de Michelle a plongé Janelle et leurs parents dans un abîme de chagrin.
Michelle et Janelle en 1968.
Janelle et Michelle.
Mais l’espoir renaît en 2005, lorsque le nouvel enquêteur principal Doug Larison a de nouveau examiné les preuves trouvées sur le lieu du crime. Larison avait connu Michelle au lycée alors qu’ils étaient dans la même classe, et il était déterminé à résoudre cette affaire grâce aux progrès de la science. Il a alors découvert que du sang trouvé sur la robe de Michelle et sur le levier de vitesse de sa voiture appartenait à un homme.
Larison et les enquêteurs ont comparé ce sang avec d’autres ADN provenant de différents individus, dont Andy Seidel, le principal suspect. Mais cela ne correspondait à aucun d’eux, et cela a donc officiellement lavé Andy de tout soupçon. En 2015, Doug Larison part à la retraite et c’est Matt Delinger qui prend la relève. Matt n’est autre que le fils d’Hervey Delinger, le premier détective qui a enquêté sur le meurtre de Michelle en 1979.
Matt Delinger va prendre contact avec la société Parabon NanoLabs, qui peut prédire le phénotype d’une personne ainsi que son ascendance biogéographique via son ADN. Après avoir analysé le sang de l’individu retrouvé dans la voiture et sur la robe de Michelle, la société a déterminé qu’il s’agissait d’un homme blanc, blond aux yeux bleus, assez différent du portrait-robot qui avait été décrit en 1980. L’apparence approximative du suspect a été rendue publique lors d’une conférence de presse, avec une apparence juvénile mais également une apparence vieillie.
Le résultat rendu par Parabon NanoLabs.
En 2018, la société Parabon a saisie les données collectées dans GEDmatch, un site Web qui permet aux gens de retrouver leur arbre généalogique via leur ADN. Grâce à cela, ils vont découvrir le nom de deux cousines germaines de l’assassin de Michelle : Brandy Jennings et Janice Burns. Petit à petit, l’arbre généalogique du tueur s’est dessiné plus précisément et l’ADN s’est réduit à trois frères vivant dans l’Iowa : Donald Burns, Kenneth Burns et Jerry Burns.
Les enquêteurs vont commencer à surveiller discrètement les trois frères afin de pouvoir collecter l’ADN de chacun et le comparer avec celui trouvé sur le lieu du crime. Le 29 octobre 2018, les enquêteurs ont suivi Jerry Burns et l’ont vu boire un soda avec une paille, qu’il va ensuite jeter à la poubelle. La paille sera récupérée pour analyser l’ADN, et ils vont par la suite pouvoir récupérer l’ADN des deux autres frères pour les comparer. Après analyse, seul l’ADN de Jerry Burns matchait avec le sang retrouvé sur le lieu du crime.
Né en 1953, Jerry Lynn Burns vivait à Manchester, dans l’Iowa. En 1975, à l’âge de 22 ans, il se marie avec Patricia Dunkel et le couple aura trois enfants. Il était décrit comme un homme sans histoires au casier judiciaire vierge, et il était également un homme d’affaires qui dirigeait une entreprise de revêtement en poudre. En 2008, sa femme Patricia se suicide, le laissant veuf.
Jerry Lynn Burns dans le yearbook de son lycée.
Jerry Lynn Burns lors de son interrogatoire en décembre 2018.
Le 19 décembre 2018, cela faisait 39 ans jour pour jour que Michelle avait été tuée. Ce même jour, les policiers se sont rendus sur le lieu de travail de Burns pour l’interroger. L’homme était calme, presque nonchalant. Il a prétendu qu’il s’était déjà rendu au centre commercial Westdale mais qu’il n’avait rien à voir avec le meurtre de Michelle. Il a d’abord refusé de donner un nouvel échantillon de son ADN, mais il va être obligé de s’y plier après avoir reçu un mandat de perquisition. Les policiers lui prélevèrent son ADN qui correspondait à celui trouvé dans la voiture et sur la robe de Michelle. Burns sera arrêté et inculpé de meurtre au premier degré.
Les enquêteurs vont également fouiller son historique internet et découvrir que Burns avait plusieurs fois effectué des recherches inquiétantes, fréquentant des sites montrant des femmes blondes torturées, violées et poignardées, ainsi que des contenus nécrophiles.
Cette même journée à 19h, le chef de la police de Cedar Rapids, Wayne Jerman, annonce lors d’une conférence de presse que Jerry Burns a été arrêté pour le meurtre de Michelle Martinko. Le procès devait se dérouler le 14 octobre 2019, mais il sera reporté au 12 février 2020 afin de recueillir davantage de preuves. L’arrestation de Burns a été un immense soulagement pour tous ceux qui aimaient Michelle. Lors du procès, les amis et la famille de la jeune femme vont témoigner pour décrire quel genre de personne elle était, décrivant Michelle comme une personne douce, souriante et toujours prête à aider les autres.
Leon Spies, l’avocat de Burns, a tenté de défendre son client en s’appuyant sur l’argument du Dr Michael Spence, qui a déclaré que l’ADN de Burns a pu se retrouver dans la voiture et sur la robe de Michelle via un transfert. Par exemple, si Michelle et Burns étaient passé l’un à côté de l’autre alors qu’ils se trouvaient au centre commercial ce soir-là, le frôlement de leurs vêtements auraient pu faire transférer l’ADN de Burns sur Michelle.
Le procureur a contesté cet argument car Michelle avait fréquenté plusieurs personnes ce soir-là, que ce soit lors de la chorale ou au centre commercial, et aucun autre ADN que celui de Burns n’a été trouvé. En se débattant avec lui dans la voiture, Michelle avait réussi à le blesser suffisamment pour le faire saigner. Le jury a délibéré pendant trois heures avant de déclarer Jerry Lynn Burns coupable de meurtre au premier degrés.
Le verdict est un choc pour la famille de Burns, qui n’aurait jamais pu l’imaginer commettre un tel acte, mais les proches de Michelle ont accueillis la nouvelle avec joie et soulagement après toutes ces années de souffrance. « Nous ne connaissons pas exactement le pourquoi, ni certains détails, mais nous savons certainement qui l’a fait, et c’était extrêmement important pour nous. J’aimerais que mes parents soient là pour voir ça. », a déclaré Janelle.
Janelle, son mari John et les proches de Michelle réagissent à l’annonce du verdict.
D’autres détails troublants entourent Jerry Lynn Burns. Le 19 décembre 2013, exactement 34 ans après la mort de Michelle, Brian Burns, le cousin de Jerry, disparaît mystérieusement et ne sera jamais retrouvé. De plus, lors de son interrogatoire, Jerry a mentionné Jodi Huisentruit, une présentatrice de la chaîne locale de l’Iowa. « Je viens de voir quelque chose à propos de Jodi Huisentruit récemment. » avait-il déclaré.
Jodi vivait à Mason City, dans l’Iowa, et a soudainement disparu au matin du 27 juin 1995, à l’âge de 27 ans, alors qu’elle se rendait à son travail. Elle n’a plus jamais été revue depuis. Burns a été brièvement suspecté d’avoir un lien avec la disparition de son cousin et celle de Jodi Huisentruit, mais les policiers ont finalement estimé qu’il n’était pas impliqué.
En août 2020, Jerry Burns est condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle, avant d’être emprisonné au pénitencier de l’Etat d’Anamosa. Le mois suivant, il a tenté de faire appel de sa condamnation, mais la Cour suprême de l’Iowa a rejeté l’appel. Burns passera donc le reste de sa vie en prison, rendant enfin justice à Michelle qui a été injustement assassinée durant cette nuit froide de décembre 1979.
Franco est né le 10 octobre 1996 au Kenya, en Afrique de l’Est. Dans son enfance, il part s’installer en France avec sa famille. Il vient d’une famille catholique qui se rend chaque dimanche à la messe, il est également le cadet de trois enfants et il vivait dans la ville de Tourcoing, située dans les Hauts-de-France. Franco est décrit comme un jeune homme sportif, amical et généreux, ayant beaucoup d’amis. Il est passionné par le football et pratique la course à pieds, il aime jouer aux jeux vidéo, dessiner et lire des mangas.
Après le lycée, Franco prévoyait d’entrer directement dans le monde du travail, contrairement à ses parents qui souhaitaient qu’il continue des études. Avec deux de ses amis, il est finalement parvenu à trouver un travail en tant qu’hôte d’accueil dans une gare, et tout semblait aller pour le mieux.
Le samedi 1er octobre 2016 semble être un week-end comme les autres. « Franco a passé la journée avec nous, comme d’habitude. On est allé se coucher en laissant nos deux plus grands enfants dans le salon. Son frère, qui venait de faire un match de football américain, est ensuite parti dormir, laissant Franco seul devant la télé. » a expliqué Françoise, la mère de Franco.
Le 2 octobre 2016, Françoise se lève à 3h du matin pour commencer son travail au centre hospitalier de Wattrelos. En passant devant la chambre de Franco, elle remarque que la porte de sa chambre a été laissée ouverte, et ce petit détail lui a semblé étrange car son fils avait pour habitude de toujours dormir avec la porte fermée. Elle a supposé qu’il était allé aux toilettes, mais il ne s’y trouvait pas non plus. Françoise cherche son fils partout dans la maison, mais il est nulle part. La famille possédait un chien, et Françoise a donc pensé qu’il était peut-être sorti promener le chien, mais l’animal se trouvait dans la maison.
Françoise ne s’inquiète pas immédiatement car il est arrivé plusieurs fois que Franco sorte voir des amis ou parte sans prévenir ses parents, mais il revenait toujours très vite. C’était un jeune homme indépendant et sans histoires, et ses parents avaient confiance en lui. La seule fois où Franco s’est enfui c’était à l’âge de 15 ans, pour aller voir une fille qui lui plaisait et qui habitait à Roubaix. Hormis cela, il ne s’était jamais rien passé d’autre.
Le 3 octobre, Franco n’est toujours pas revenu et ne donne aucune nouvelle, ce qui est une chose inhabituelle. Ses parents vont fouiller sa chambre – qui est anormalement bien rangée – et découvrir que leur fils est parti avec un sac à dos, sa carte de crédit et sa carte d’identité, mais il n’a pas emmené sa carte vitale, ni son passeport, ni son chien qu’il adorait. Ils vont également se rendre compte que Franco a supprimé son compte Facebook et Instagram, ainsi que ses réponses dans ses messages privés sur Messenger. Ses amis et sa famille vont essayé de le contacter sans succès.
Le 5 octobre, Franco contacte ses parents et prétend être parti avec des amis dans un camping à Arras pour quelques jours. Il leur dit également qu’il doit se rendre à Paris mais sans vouloir leur expliquer pourquoi. Rassurés d’avoir eu des nouvelles de leur fils, les parents de Franco ne se posent pas plus de questions et le laisse vaquer à ses occupations. Le 10 octobre 2016 est le jour du vingtième anniversaire de Franco, ses proches tentent de le contacter pour lui souhaiter son anniversaire, mais le jeune homme ne répond à personne. La disparition de Franco sera signalée le 14 octobre 2016 au commissariat de Lille, puis son dossier sera transféré au commissariat de Tourcoing.
Les enquêteurs sont parvenus à retracer les derniers faits de Franco. Entre le 1er et le 10 octobre 2016, il a effectué plusieurs retraits bancaire qui vont témoigner de ses derniers achats. Franco a acheté un ticket de bus Ouibus pour une destination inconnue le 1er octobre. Il serait également parti à la gare routière Lille Europe en direction de Lyon, où il va acheter un autre ticket de bus pour se rendre à l’Hôtel de l’Europe, le 5 octobre. Le tenancier de l’hôtel sera interrogé et il dira que Franco avait bel et bien séjourné dans son hôtel, qu’il avait un comportement normal et qu’il était seul. Il ajoutera qu’il voyait Franco sortir faire sa course à pieds chaque matin et soir.
Le 8 octobre 2016, Franco a reprit un ticket de bus pour se rendre à La Confluence, un quartier du 2ème arrondissement de Lyon, où il a effectué des achats à Decathlon, puis il va acheter une place dans un cinéma. Le 9 octobre, il va acheter un nouveau ticket TCL (Transports en commun lyonnais), puis il va effectuer des achats aux enseignes Relay et Paul, qui se trouvent à la gare ferroviaire Lyon-Perrache. Ce seront les derniers mouvements sur le compte bancaire de Franco. Les policiers ont tenté une réquisition auprès de la société Ouibus pour obtenir davantage d’informations, mais sans succès. Faute de nouveaux éléments, la disparition de Franco a été classée sans suite en 2017.
La gare Lyon-Perrache, dernier endroit où les enquêteurs ont pu situer Franco.
Françoise déplore ne pas avoir obtenu suffisamment d’aide de la part de la police. Elle a fini par trouver du soutien auprès de la ARPD (L’association Assistance et recherche de personnes disparues) et a également fait appel à un détective privé. Les enquêteurs bénévoles de la ARPD ont analysé les derniers appels reçus sur le téléphone portable de Franco, et le 8 octobre 2016, il aurait laissé un message vocal de 9 secondes sur sa propre messagerie, mais on ne sait pas ce qui a été dit dans ce message vocal. Il a également appeler sa conseillère bancaire le 5 octobre et l’appel a duré 10 minutes.
Plusieurs théories ont vu le jour, notamment celle où Franco aurait pu disparaitre volontairement. Même si cela semble être une théorie plausible, le fait que le jeune homme soit parti sans son passeport et qu’il n’ait plus touché à l’argent sur son compte bancaire reste questionnable. De plus, peu après sa disparition, il avait reçu son salaire qui n’a jamais été dépensé.
Selon les proches de Franco, le jeune homme n’avait aucune connaissance sur Lyon, mais il aurait confié à des amis qu’il devait partir pour un projet professionnel. Ses amis le décrivent comme étant assez influençable, et ils pensent qu’il est possible que Franco ait pu rencontrer une personne avec de mauvaises intentions qui l’a convaincu de la rejoindre sur Lyon. De plus, le fait qu’il ait effacé ses messages privés et ses réseaux sociaux peut démontrer qu’il était sous l’influence de quelqu’un, peut-être pour être embrigadé dans une secte. La théorie du suicide a brièvement été envisagée, mais ses proches n’y croient pas.
A ce jour, Franco n’a toujours pas été retrouvé et son sort reste incertain.