L’étrange disparition de Logan Schiendelman.

Logan est né le 27 juin 1996 à Olympia dans l’Etat de Washington, aux Etats-Unis. Sa mère, Hannah, l’a confié très jeune à sa grand-mère afin de pouvoir reprendre ses études, et le jeune homme a donc été élevé principalement par sa grand-mère Ginnie Gebo. Son père, qui était saoudien, a quitté les Etats-Unis avant sa naissance et ils n’ont jamais vraiment eu de contact avec lui. Logan avait également une demi-soeur nommée Chloé.

Logan était scolarisé au lycée de Tumwater où il était bon élève et excellait également en sport. Diplômé du lycée en 2014, Logan prévoyait de rejoindre l’université de l’Etat de Washington à l’automne. Mais alors qu’il commence sa rentrée à l’université, le jeune homme va être victime de remarques racistes lors d’une fête, et ses amis présents ne le défendront pas. S’en suit une période éprouvante où Logan va commencé à s’isoler et à s’éloigner de ses amis, devenant très solitaire. Après sa première année à l’université, Logan était toujours incertain de son avenir. Il va prendre la décision de tout quitter pour faire des petits boulots. Il retourne ainsi vivre chez sa grand-mère et le conjoint de cette dernière, Bill, où vit également sa demi-soeur Chloée.

Le 19 mai 2016, Ginnie Gebo se lève à 7h30 pour se préparer pour le travail. Elle est surprise de trouver Logan dans la cuisine, car son petit-fils a pour habitude de toujours se lever plus tard. Ils discutent ensemble et Logan lui dit qu’il avait eu une révélation, mais qu’il ne savait pas comment l’expliquer. Ginnie écourte la conversation car elle doit se rendre au travail. Elle promet à Logan qu’il pourra tout lui raconter ce soir lorsqu’elle rentrera.

Lorsque Ginnie revient du travail dans la soirée, elle remarque que Logan n’est pas rentré. Au bout de quelques heures, Ginnie s’inquiète. Elle appelle Logan sur son téléphone, mais il ne répond pas. A l’aide d’une application, elle réussit à trouver l’emplacement de son téléphone et elle découvre qu’il se trouve à Olympia, près de la maison de sa mère. Ginnie cesse alors de s’inquiéter.

Le 22 mai 2016, après trois jours sans nouvelles de son petit-fils, Ginnie l’appelle plusieurs fois sur son téléphone sans obtenir de réponse. Elle va contacter sa fille Hannah, qui lui dit que Logan n’était pas venu la voir le 19 mai, comme le croyait Ginnie. Hannah précise que cela fait une semaine qu’elle n’a pas vu son fils. Après avoir fait le tour de Tumwater à la recherche de Logan, Ginnie va déclarer sa disparition à la police, et c’est alors qu’on l’informe que la voiture de son petit-fils, une Chrysler Sebring 1996 noire, a été mise à la fourrière le 20 mai dernier. La voiture avait été abandonnée à l’Interstate 5, entre Tumwater et Maytown. A l’intérieur, on y a retrouvé le portefeuille de Logan, son téléphone, ainsi que des sacs de nourriture provenant d’une station-service.

Lorsque la disparition de Logan va être signalée publiquement, des témoins vont se présenter à la police pour déclarer avoir vu le véhicule de Logan le 20 mai. Une femme qui se rendait au travail affirme avoir vu Logan en compagnie de deux hommes blancs le matin du 20 mai. Ils étaient debout près de sa voiture qui était garée du côté droit de l’Interstate 5, près de la sortie 95. Lorsqu’elle est repassée au même endroit quelques heures plus tard en sortant du travail, la voiture était toujours là, mais le capot était relevé et les trois hommes avaient disparu. Elle décrit l’un des hommes blancs comme étant blond et très mince, ayant les cheveux courts, faisant à peu près 1m80, portant un jean court et un débardeur trop petit. L’autre homme avaient des cheveux blonds qui lui arrivaient aux épaules, et il portait un jean.

Portrait robot d’un des hommes blancs

Dans la journée du 20 mai 2016, plusieurs personne vont appeler le 911 pour signaler une Chrysler Sebring 1996 noire qui dérivait dangereusement sur les voies de l’Interstate 5, entre Tumwater et Maytown. La voiture va finir par heurter la barrière de sécurité. Un témoin affirme avoir vu un homme blanc, avec des cheveux bruns/rouges, sortir précipitamment du côté passager et s’enfuir dans les bois le long de l’autoroute. C’est cette voiture qui sera récupérée par la fourrière et qui sera identifiée comme étant celle de Logan.

Dans la soirée de cette même journée, un conducteur va appeler la police pour signaler un jeune homme noir qui se promenait nu. L’emplacement était à proximité de trafics de crack. Ginnie révèlera que Logan avait commencé à fumer de la marijuana récemment, et que c’était peut-être lui se trouvait à cet endroit. Des recherches approfondies vont avoir lieu, mais aucune trace de Logan ne sera trouvée. Lorsque les enquêteurs analysent le téléphone du jeune homme, on apprend qu’il s’était déplacé vers le sud de la l-5, pour ensuite aller vers le nord et de nouveau vers le sud, jusqu’à l’endroit où sa voiture a été retrouvée.

Le 26 mai 2016, les policiers fouillent l’ordinateur de Logan et ses réseaux sociaux, et ils vont trouver un enregistrement à l’aéroport régional d’Olympia. La famille pensait que Logan avait eu pour projet de rejoindre son père en Arabie Saoudite, mais par la suite, les policiers découvrent que cet enregistrement datait d’il y a un an. Les policiers apprennent alors qu’un an auparavant, Logan avait prit contact avec sa tante paternelle, Tina Crary, avec qui il avait dîné. Lorsqu’elle sera interrogée, Tina dira que Logan avait peur de parler de cette rencontre à sa grand-mère, mais Ginnie a rétorqué que Logan lui avait avoué avoir vu sa tante.

Les policiers vont ensuite découvrir que Logan était mal à l’aise chez sa grand-mère, à cause du petit ami de sa demi-soeur Chloé. Ce dernier avait emménagé chez eux et il y avait des tensions entre les deux jeunes hommes. De plus, le petit ami de Chloé avait un profil inquiétant, ayant auparavant plaidé coupable pour des agressions dans une précédente relation. Cet homme sera interrogé par les enquêteurs, et après avoir réussi le test du polygraphe il sera écarté de la liste des suspects.

L’oncle de Logan, qui a reçu une formation policière, pense que le petit ami de Chloé a bien quelque chose à voir avec la disparition de son neveu. Il explique que les test du polygraphe conduisent parfois à des faux positifs, et que les enquêteurs l’ont trop rapidement éloigné de la liste des suspects. Le reste de la famille proche de Logan pense qu’il est parti faire sa vie ailleurs, en raison que le jeune homme traversait depuis quelques temps une crise d’identité. On pense également que sa disparition pourrait être due à un trafic de drogue lié à sa consommation. Mais hormis la marijuana, ses proches ont du mal à croire que Logan ait pu consommer des drogues dures. Ginnie a déclaré que Logan avait récemment commencé à avoir des tendances paranoïaques ; il était sûr que des gens le regardaient de travers dans la rue et qu’on l’observait depuis la fenêtre de sa chambre. Le jeune homme aurait pu prendre peur et organiser sa fuite.

Malgré les témoignages, les hommes blancs qui auraient été vus avec Logan n’ont jamais été identifiés, et aucune autre piste ne fut découverte. A ce jour, Logan est toujours porté disparu.

L’affaire David Stevenin : un homme disparaît avec son chien.

David et son chien Ioshy

Né le 12 octobre 1989, David était un jeune homme originaire de Normandie, dans le département du Calvados. David est décrit comme étant passionné par la nature et la pêche, aimant faire des randonnées aux côtés de son chien Ioshy, un berger australien qui l’accompagne partout. Début septembre 2018, le jeune homme de 28 ans, qui a pour projet de changer de vie, décide de partir s’installer au Pays basque.

Il quitte alors la Normandie au volant de sa Renault Megane et en compagnie de son inséparable Ioshy. David est hébergé par son ami Julien à Urt, une petite commune des Pyrénées-Atlantiques, en attendant d’obtenir un logement. Il avait pour habitude d’être assez actif sur ses réseaux sociaux, et les premiers jours de sa venue à Urt le jeune homme poste régulièrement des photos de ses parties de pêche et de ses promenades.

Le 27 septembre 2018, David avait rendez-vous au CCAS d’Anglet afin de commencer des démarches administratives. Comme il a soudainement cessé de donner des nouvelles, sa mère Sylvie tente de le contacter, mais David ne lui répond pas. Elle va alors contacter Julien, qui lui révèle l’impensable : David a disparu. Il prétend que dans la nuit du 25 au 26 septembre, les deux hommes, qui étaient hébergés par un couple de sexagénaires, auraient eu une grosse dispute et en seraient venus aux mains, probablement sous l’effet de l’alcool. Furieux, David aurait quitté le domicile en pleine nuit à bord de sa voiture en emmenant Ioshy avec lui, et ne sera plus revu. Pour Sylvie Stevenin, cette annonce est un énorme choc. Les gendarmes d’Urt vont être prévenus, et une enquête pour disparition inquiétante sera ouverte.

L’inquiétude est d’autant plus grande pour les proches de David car le jeune homme est parti sans prendre son téléphone portable et autres effets personnels. Le logement du couple va être fouillé ainsi que le téléphone de David. D’importantes battues vont être organisées et des hélicoptères vont même survoler la région, mais en vain. La disparition de David est particulièrement inquiétante aux yeux de sa soeur Laura, car selon elle, il ne serait jamais parti sans donner de nouvelles à leur mère, dont il était très proche.

Sylvie et Laura vont restées mobilisées et vont créer une page Facebook dédiée à la disparition de David, en plus de distribuer des affiches dans les environs et de participer aux recherches. En avril 2019, l’Unité Mobile d’Intervention et de secours (UMIS) commence à sonder une petite partie du fleuve de l’Adour mais sans succès. La famille voulu ensuite que l’UMIS intervienne à nouveau pour sonder l’Adour, cette fois de Urt à Bayonne, mais cela a un prix. Grâce à une cagnotte lancée en mars 2020, une belle somme a été recueillit. A cause du confinement, l’opération n’a pu se faire qu’en juillet 2020. Sylvie et Laura ont pu suivre l’opération à distance. Pour des raisons financières liées à la crise sanitaire, la soeur de David n’a pas pu se rendre sur place : « Financièrement c’est un coût de se loger sur place et on n’aurait pas vraiment su quoi faire à part stresser au bord de l’eau. Là au moins, on s’occupe un petit peu l’esprit pour penser à autre chose. » Malheureusement, ces nouvelles recherches au fleuve ne donneront rien.

Le député Jean Lassalle va apporter son soutien à la famille Stevenin, faisant renaître un espoir. Le 10 juillet 2020, il a pu rencontrer les bénévoles participant aux recherches. « Nous avons pu entrer en contact avec lui grâce à une bénévole qui le connaissait.  Il m’a appelée, a proposé que nous rencontrions à Paris pour que je lui raconte toute l’histoire. Et il a voulu nous aider » explique Sylvie, qui compte revenir au Pays basque avec sa fille pour continuer les investigations.

Plusieurs théories ont vu le jour, notamment la piste de l’accident. En effet, le soir de sa disparition, David avait bu. Alors qu’il était en train de conduire, l’alcool et l’adrénaline auraient pu lui provoquer un accident de la route. Mais si c’était le cas, on aurait forcément retrouver sa voiture quelque part, ou peut-être même Ioshy, qui aurait pu s’échapper. Vient alors la piste de la disparition volontaire. A priori, David n’avait aucune raison de disparaître de lui-même, d’autant plus qu’il était très proche de sa famille.

Vient ensuite la thèse du crime : les dernières personnes à avoir vu David ce soir-là, son ami et le couple, ont été interrogés, mais cela n’a rien donner. Mais lorsque la mère et la soeur de David avaient demandé au couple si elles pouvaient récupérer les affaires du jeune homme, le couple avait refusé. De plus, ce couple et l’ami de David ont été très peu investis dans les recherches. Les policiers les ont-ils écarté trop rapidement de la liste des suspects ? David aurait-il fait une mauvaise rencontre après son départ ?

Pour information, David mesure 1m85, sa voiture est une Renault Megane noire immatriculée AV-338-PF. Le harnais noir Julius K9 de Ioshy n’a pas été retrouvé, ce qui laisse supposer que David l’avait avec lui. Ioshy est un mâle pucé (250269802306592).

EDIT 27/04/2022

Le 26 avril 2022, la page Facebook Tous à la recherche de David Stevenin annonce que le crâne d’un chien a été trouvé aux alentours de l’Adour. Le crâne a été envoyé à l’école vétérinaire de Nantes afin d’être identifié.

EDIT JUILLET 2022

Le 17 juillet, la page Facebook Tous à la recherche de David Stevenin révèle les résultats de l’expertise vétérinaire : le crâne retrouvé serait bien celui d’un berger australien mâle assez jeune. D’autres analyses sont prévues pour comparer l’ADN avec des poils appartenant à Ioshy. Après plusieurs mois d’attente, les résultats ont révélé que le crâne n’appartenait pas à Ioshy.

Kevin Vanneste : mystérieusement disparu en Corse.

La disparition inquiétante d'un randonneur belge: "Il était affaibli et  demandait de l'aide" | Belgique | 7sur7.be

Kevin est un jeune homme originaire de Kuurne en Belgique, il est décrit comme étant indépendant et débrouillard, ayant de bonnes compétences en randonnée et en escalade.

Le 14 septembre 2018, Kevin, alors âgé de 30 ans, arrive en Corse avec pour objectif de faire de la randonnée sur le GR 20. Mais ce voyage sur l’île de beauté ne sera pas de tout repos, car le jeune homme n’avait sur lui que de faibles ressources. Il avait acheté un vol bon marché, et séjournait là où il le pouvait. De plus, le 15 septembre, il avait été incapable de se payer un repas dans un restaurant et s’était donc disputé avec le restaurateur. La police, qui avait dû intervenir sur place, a révélé que le jeune homme avait l’air affaiblit.

Dans l’après-midi du 16 septembre 2018, Kevin s’en va entreprendre seul son ascension au GR 20. Mais avant, il va s’arrêter à la cathédrale Sainte-Marie de Bastia et va discuter avec un prêtre. Ce dernier raconte que Kevin aurait douté de ses capacités à se lancer sur le GR 20, se sentant psychologiquement et physiquement faible. Mais après sa conversation avec le prêtre, il serait ensuite parti en laissant son sac et son téléphone portable, disant qu’il viendrait les récupérer plus tard. Mais le jeune homme ne reviendra jamais chercher ses affaires et ne sera plus revu. Son dernier signe de vie est un texto envoyé à une de ses amies, le 16 septembre à 17h30.

https://www.corsenetinfos.corsica/photo/art/grande/41252217-34763032.jpg?v=1577720187

Malgré l’ouverture d’une enquête par la parquet d’Ajaccio et de nombreuses recherches, l’enquête reste au point mort. La maman de Kevin, Lilium Velghe, a fini par quitter la Belgique pour emménager en Corse, afin de contribuer plus facilement à la recherche de son fils. Plusieurs hypothèses ont vu le jour : accident, kidnapping, disparition volontaire… mais aucune piste n’est encore privilégiée. Plusieurs témoignages vont être recueillis, révélant que Kevin n’avait sur lui aucun argent, pas même une carte bancaire, et qu’il était désintéressé par tous les biens matériels, préférant compter sur la générosité des habitants pour être nourri et logé. De plus, il semblait ne pas avoir conscience de certains risques. Après avoir quitté la cathédrale à Bastia, Kevin serait parti ainsi sans aucun biens, ni équipements.

Kevin aurait-il quitté la Corse ? Cela reste peu probable compte tenu de ses maigres moyens financiers. Pour rappel, le jeune homme n’avait même pas pu s’acheter à manger dans un restaurant. Il est révélé que Kevin était depuis longtemps fragilisé par la perte de son frère, survenue il y a quelques années, puis celle de sa grand-mère début 2018. Cela le plongeait parfois dans des états psychologiques compliqués. Affaiblit et sans aucun équipement, cette randonnée aurait pu être fatale pour le jeune homme s’il avait bien décidé de grimper vers le GR 20. Long de 179km, le GR 20 est qualifié comme le « chemin le plus difficile d’Europe ». Mais concrètement, il n’y a aucune preuve que Kevin se soit bien rendu sur le GR 20 lorsqu’il a été vu pour la dernière fois.

« Je m’efforce de garder confiance » confie Lilium Velghe. « Je me dis parfois qu’il a voulu changer de vie, qu’il va me contacter, un jour, pour me dire qu’il a réussi à reconstruire sa vie

Sophie Lionnet : le supplice d’une jeune fille au pair.

Sophie est née le 7 janvier 1996 à Troyes, dans le département français de l’Aube. Elle est décrite comme une jeune fille douce, serviable, aimant les animaux et passionnée par le cinéma. Elle possédait un CAP petite enfance, et prévoyait de devenir fille au pair en Angleterre afin d’améliorer son anglais et de s’occuper des enfants.

En 2015, Sophie fut engagée en tant que fille au pair par Sabrina Kouider, 35 ans, et son compagnon Ouissem Medouni, 40 ans, un couple franco-algériens résidant en Angleterre. Sabrina avait déjà un fils né de sa précédente union avec Mark Walton, le fondateur du groupe Boyzone, et un autre fils né d’un père parisien. Ouissem et Sabrina louaient une belle maison à Southfields, un district de la banlieue sud de Londres. Sabrina, qui se présentait comme styliste de mode, fit tout de suite bonne impression à Sophie grâce à sa beauté et son attitude décontractée. Ni une ni deux, Sophie saute sur l’occasion et part s’installer avec le couple pour quelques mois.

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider

« Je l’ai vue le 31 décembre 2015, juste avant son départ. Pour la première fois, elle rayonnait, heureuse de s’en aller. » raconte sa cousine.

« Je ne connaissais pas ces gens, je ne les avais jamais contactés et ma fille partait vivre chez eux !… C’était flou, comme projet. Je ne voulais pas qu’elle s’en aille comme ça. Le jour de son départ, j’étais un peu fâchée… » dira sa mère, Catherine.

Au début tout semble aller pour le mieux pour la jeune fille, en tout cas c’est ce qu’elle raconte à ses proches. Mais en réalité, Sophie s’est vite rendu compte que ses patrons l’exploitent. Ils ne la payaient que 56 euros par mois, il y avait chaque jour une ambiance glaciale car Sabrina et Ouissem se disputaient fréquemment, et Sabrina passait sa mauvaise humeur sur Sophie. Petit à petit, Sabrina a commencé à accuser la jeune fille de lui voler des bijoux, et d’avoir eu des relations sexuelles avec son ex Mark Walton. Mais bien évidemment, Sophie et Mark Walton ne s’étaient jamais rencontrés, et de plus, l’homme résidait à Los Angeles.

Ces épisodes psychotiques où Sabrina accusait Sophie des pires choses étaient devenus monnaie courante. Elle pensait également que Sophie avait été envoyée par Mark Walton pour l’espionner, et chaque jour, Sabrina devenait de plus en plus agressive envers la jeune fille. Sabrina avait également posé des caméras dans la maison pour la surveiller, et elle lui avait même volé son passeport et la menaçait de la séquestrer si Sophie n’avouait pas les méfaits dont elle était injustement accusée. De plus, le couple avait commencé à affamer leur fille au pair, qui devenait de plus en plus maigre et faible, allant jusqu’à perdre 20kg.

Afin de faire chanter son ex Mark Walton sur sa supposée relation avec Sophie, Sabrina a commencé à enregistrer les interrogatoires qu’elle faisait subir à la jeune fille, des interrogatoires qui duraient parfois 12 heures par jour, et auxquels Ouissem participait parfois. Dans ces enregistrements audio et vidéo on peut y voir Sophie terrorisée, amaigrie, tandis que Sabrina lui hurle dessus : « Tu ne retourneras pas en France avant de m’avoir dit la vérité ! » ou encore « Je prie Dieu pour qu’il m’empêche de te toucher et de me salir les mains ! » « Je vais te gâcher la vie comme tu as gâché la mienne !» « Pourquoi m’as-tu fait du café ce matin-là ? Tu l’avais drogué ? »

Environ six mois après son arrivée en Angleterre, Sophie écrit à sa mère Catherine : « Venir ici ne m’a rien apporté de plus qu’un tout petit peu d’expérience. J’aurais dû t’écouter et non mon cœur. Je suis une idiote… » « Je vais rentrer à la maison, mais je n’ai pas encore reçu de réponse. Je travaille beaucoup et le soir je suis épuisée. (…) Elle dit qu’elle n’en a rien à faire de ma famille et m’accuse d’avoir volé un pendentif avec un diamant dessus, mais je n’ai rien à voir avec ça. Je ne comprends rien à ces histoires, pourquoi j’y suis impliquée.»

En novembre 2016, elle demande à sa mère de l’argent afin de réserver un billet pour rentrer en France. Elle ajoute : « Ils m’ont dit que je pouvais rentrer en novembre, mais le mois touche à sa fin et je ne vois rien venir. Désolée de te déranger avec ça. » Plus tard, Sophie dira à sa mère que Sabrina lui demandait un préavis d’un ou deux mois avant de partir car la mère de famille n’avait pas d’argent pour la payer. Sa mère lui demande de rentrer pour les vacances de Noël, mais Sophie va multiplier les excuses : « Je dois rester aider Sabrina, elle travaille trop je ne peux pas la laisser, elle n’a personne pour me remplacer. » Mais en réalité, c’est Sabrina qui oblige Sophie à trouver des excuses à ses parents, car elle ne veut pas la laisser partir.

Sabrina va commencer à arrêter de donner de l’argent à Sophie et va aller jusqu’à lui confisquer son téléphone portable. Sophie va alors commencer à utiliser l’ordinateur d’une bibliothèque pour contacter ses parents. En février 2017, elle leur écrit : « Je ne peux rien lui dire pour le moment, mais je vais lui parler. (…) Quand elle n’est pas d’humeur, elle me dit que je peux prendre mes affaires et après elle me dit qu’elle est désolée de me parler si mal, qu’elle travaille beaucoup et qu’elle veut m’engager comme modèle pour faire des photos. »

Pendant l’été 2017 Sabrina va appeler Catherine, la mère de Sophie, pour se plaindre de sa fille, lui disant que Sophie traînait avec des hommes plus âgés, qu’elle était paresseuse et qu’elle avait même agresser ses enfants. Lorsque Sabrina va passer le téléphone à Sophie pour parler à sa mère, la jeune fille est en larmes mais elle ne dira rien. Catherine va insister pour que Sabrina lui renvoie sa fille en France, mais Sabrina dira qu’elle n’a pas d’argent pour lui payer son billet. En août 2017, Catherine envoie de l’argent à sa fille pour payer son billet d’avion, mais Sabrina appellera à nouveau la mère de Sophie pour lui dire qu’elle décalait son retour en France.

 « On s’est dit que si ça continuait, on s’organiserait pour aller à Londres. Financièrement, c’était dur pour nous. J’avais été licenciée après un long arrêt maladie, seul mon compagnon travaillait. Il n’y avait personne pour garder mon petit garçon. C’était compliqué. Jamais on n’aurait pu imaginer ce qu’il se passait. Je faisais confiance à Sabrina. » raconte Catherine.

Sabrina et Ouissem vont commencer à être violents physiquement et vont battre la jeune fille à la moindre occasion, en plus de continuer leurs interrogatoires musclés où Sophie était insultée et malmenée. Le 18 septembre 2017, après des mois de torture, Sophie craque et avoue ces crimes imaginaires, espérant qu’on la laisse enfin tranquille. Mais le couple va alors l’emmener dans la salle de bain et la noyer dans la baignoire.

Le 20 septembre 2017, un voisin appelle les policiers car une épaisse fumée se dégage depuis plusieurs heures du jardin de Sabrina Kouider et Ouissem Medouni. Quand les policiers sont arrivés, ils ont vu que Ouissem avait fait un barbecue avec du poulet, mais la fumée noire qui s’en dégageait était tellement épaisse que les policiers ont tout de suite penser que c’était anormal. Et parmi les cendres, ils ont pu apercevoir un nez et une main. Très calme, Ouissem dira qu’il avait simplement fait brûler un mouton, ce qui expliquait l’épaisse fumée. Lorsque Sabrina se fera interrogée ce même soir, elle dira qu’elle ne sait pas où se trouve sa fille au pair et qu’elle est sans doute partie avec Mark Walton.

Ouissem Medouni et Sabrina Kouider seront rapidement mis en examen pour meurtre et placés en détention. Ils vont reconnaître avoir voulu faire disparaître le corps de Sophie mais nient l’avoir tuée. Le corps de Sophie, qui avait été mit dans une valise avant d’être brûlé, avait été calciné au point qu’il fut difficile de détermine le sexe. L’autopsie révélera quatre côtes cassées, des hématomes aux bras, au dos, à la poitrine, ainsi que des fractures au sternum et à la mâchoire.

Lors de leur procès le 19 mars 2018, Sabrina et Ouissem nient les accusations et plaident non coupable. Sabrina dira même : « Elle était très, très heureuse. Elle ne voulait pas aller dans sa famille». Comme quoi elle aurait empêché Sophie de se rendre chez sa famille à Noël 2016, elle répond : «Elle ne l’a pas demandé parce que nous avions des moments formidables. Elle s’amusait. (…) Je pense que c’est le meilleur Noël que nous ayons jamais eu». Sabrina Kouider ajoute que Sophie aurait pu partir quand elle le voulait, qu’elle était toujours payée et qu’elle avait même eu droit à des extras.

Puis, elle va commencer à blâmer la jeune fille : « Sophie me rendait folle! Elle agissait de manière malfaisante (…) elle jouait la victime ! (…) C’était moi la prisonnière (…) pendant que Sophie se baladait avec Mark Walton !» « Je n’ai pas tué Sophie ! Je traitais bien Sophie, je la respectais ! » plaide-t-elle devant le juge. Au cours de leur procès, Sabrina et Ouissem vont ensuite rejeter la faute l’un sur l’autre : « Sabrina m’a réveillé, probablement vers 01h30. Elle disait que Sophie ne respirait pas », raconte Ouissem au tribunal. Il affirme avoir tenté de réanimer en vain la jeune fille, puis avoir enveloppé Sophie dans un draps blanc et l’avoir mise à l’intérieur d’une valise pour ne pas que les enfants la voient. Lorsqu’on lui demande pourquoi il n’a pas prévenu les secours, il répond que c’était à nouveau pour protéger les enfants. Ouissem ajoute que c’est Sabrina qui aurait insisté pour brûler le corps de Sophie.

Ouissem accuse alors sa compagne devant le tribunal : « C’est toi qui l’as fait ! Tu as mis sa tête dans l’eau !» . En ce qui concerne les interrogatoires auxquels il participait, il répond qu’il pensait que Sophie menaçait la sécurité de leur famille et qu’il voulait connaître la vérité : « J’avais à l’esprit l’histoire selon laquelle Sophie emmenait (un des garçons) auprès d’un pédophile.» « Parfois les mots que j’ai utilisés étaient horribles et je le regrette.»

« Les souffrances et la torture que vous lui avez infligées avant sa mort étaient prolongées et sans pitié » leur déclare le juge Nicholas Hilliard. « Je suis certain (…) que vous avez tous les deux torturé Sophie dans la baignoire (…) en la menaçant de la noyer si elle ne vous fournissait pas les informations que vous souhaitiez et qu’elle ne pouvait fournir parce qu’elles n’existent pas. »

Mark Walton, l’ex compagnon de Sabrina, va venir exprès à Londres pour témoigner contre elle au procès : « C’est une femme très intelligente, calculatrice, manipulatrice, capable, en l’espace de quelques secondes, de devenir assez effrayante. » « Elle parlait avec un doux accent français et tout d’un coup elle changeait de ton, s’énervait, parlait très fort et ne se souciait pas de l’endroit où nous étions. » Il a ensuite expliqué qu’à l’époque où il était en couple avec Sabrina, elle avait déjà renvoyé plusieurs nounous car elle les soupçonnait de le draguer, de voler ou de maltraiter leur fils. Elle avait également appelé la police plusieurs fois car elle avait vu les photos d’une autre femme sur le téléphone de Mark.

Et alors qu’elle était enceinte de lui, Sabrina avait disparu avant de le recontacter plus tard pour lui dire qu’elle avait perdu le bébé et qu’elle se trouvait chez de la famille à Paris. En réalité, elle avait accouché seule aux Etats-Unis et Mark ne su que plus tard qu’il avait un enfant qu’il croyait perdu. Lorsqu’il avait cessé de lui verser une pension après leur séparation en 2013, Sabrina l’avait accusé de pédophilie et de maltraitance avant d’afficher ces diffamations sur les réseaux sociaux dans le but de le discréditer. Mark a également démenti avoir été en contact avec Sophie Lionnet.

Le père du second enfant de Sabrina, un certain Anthony François, va également être entendu : « Elle pouvait être adorable comme elle pouvait être détestable. Elle criait souvent et devenait agressive. Son attitude était incompréhensible.»

L’avocat de Sabrina a tenté de plaidé la maladie mentale de sa cliente, car la jeune femme souffrirait de troubles délirants. Pour Ouissem, son avocat le décrit comme un homme mentalement faible, ayant été endoctriné par sa compagne.

Le 24 mai 2018, Sabrina et Ouissem sont reconnus coupables du meurtre de Sophie, et le 26 juin suivant ils sont condamnés à la prison à vie avec une peine de sûreté de trente ans. Un an plus tard, en mai 2019, le couple a fait appel pour revoir leur peine, mais cette demande a été rejetée, et leur condamnation est donc maintenue.

Même si la famille de Sophie est satisfaite du verdict, cela ne change rien à leur douleur : « Tous les matins je viens ouvrir les volets de sa chambre » dit sa mère. « J’ai donné son lit à une association il n’y a pas longtemps. Peut-être qu’un jour, je mettrai autre chose, dans cette pièce. Mais pour l’instant, il reste les posters. Les souvenirs. Le papier peint. C’est elle qui l’avait choisi. Et il restera, ce papier.»  » « On ne peut pas oublier ça, vous savez. »

A sa mort, Sophie avait 21 ans. Elle a été inhumée le 8 juin 2018 et repose dans une sépulture familiale au cimetière de Sens.

L’affaire Faith Hedgepeth : tuée par sa meilleure amie ?

Faith Danielle Hedgepeth est née le 26 septembre 1992 dans le comté de Warren, dans l’Etat américain de la Caroline du Nord. Elle faisait parti de la tribu amérindienne Haliwa-Saponi et était décrite comme étant très gentille, intelligente et soucieuse des autres. Au lycée, elle était pom-pom girl en plus de faire parti des meilleurs élèves, et elle excellait dans ses activités extrascolaires. Grâce à ses excellentes notes elle avait réussi à décrocher la bourse Gates Millennium, afin d’intégrer l’université de Chapel Hill. Elle envisageait de devenir pédiatre et d’être la première de sa famille à être diplômée de l’université.

En 2012, cela fait deux ans que Faith a commencé l’université. En première année, elle s’est liée d’amitié avec Karena Rosario, avec qui elle partageait un appartement hors du campus. La nuit du 7 septembre 2012, Faith et Karena se rendent à la boîte de nuit The Thrill au centre de Chapel Hill. Au bout d’un moment, Karena a commencé à se sentir mal et a demandé à Faith à rentrer chez elles. Les filles quittent la boîte de nuit vers 2h du matin.

Karena et Faith

Dans la matinée du 7 septembre 2012, Connie Hedgepeth, la mère de Faith, est contactée par l’université de Chapel Hill, et on lui annonce quelque chose d’effroyable : sa fille a été retrouvée morte dans son appartement. La famille de Faith se rend à son immeuble à Chapel Hill, où la police est déjà sur place. Les parents de la jeune fille s’effondrent. Ils apprennent ensuite que c’est Karena qui aurait appelé la police après avoir découvert le corps ensanglanté de Faith.

Lorsque les policiers découvrent le corps, ils décrivent une véritable scène d’horreur. Faith baigne dans son sang, elle est à moitié nue et semble avoir subit un traumatisme à la tête. En fouillant l’appartement, les policiers découvrent une bouteille de rhum vide et couverte de sang, ainsi que des traces de sperme à côté du corps de Faith. Ils vont ensuite trouver un sac en papier blanc sur lequel un message de haine a été écrit au stylo bille : « Je ne suis pas stupide, salope, jalouse. »

Le message près du corps de Faith

Karena sera rapidement interrogée par la police. Elle explique que le soir du meurtre, elle s’était rendu avec Faith à la boîte de nuit The Thrill vers 00h30, et qu’elles seraient parti aux alentours de 2h du matin, car Karena aurait commencé à se sentir mal à cause de l’alcool. Une fois à l’appartement, Karena aurait vomi dans les toilettes, alors que Faith partait se coucher. N’ayant pas sommeil, Karena aurait appelé son ami Jordan McCrary pour lui demander si elle pouvait se rendre chez lui. Elle aurait ensuite quitter l’appartement vers 4h du matin, laissant Faith dormir seule, et ne refermant pas la porte à clé derrière elle car les filles se partageaient une seule clé. Mais que dans la matinée, elle avait envoyé plusieurs messages à son amie qui sont restés sans réponse. Inquiète, elle serait parti à l’appartement de Faith en compagnie d’une amie nommée Marisol, et c’est à ce moment-là qu’elles auraient fait la macabre découverte.

Les policiers découvrent alors que le message a été enregistré le 7 septembre vers 1h23 du matin, soit au moment où Faith et Karena se trouvaient encore en boîte de nuit. Par la suite, ils parviennent à accéder aux relevés téléphoniques de Faith et découvrent que cette dernière n’est pas allée se coucher directement lorsqu’elle est rentrée. Elle aurait envoyé un message à son ami Brandon Edwards, qui est également l’ex petit ami de Karena. Dans ce message, elle lui dit de venir car Karena a besoin de lui à ce moment-là. Brandon avait répondu au message par « Qui est-ce ?»

Brandon sera interrogé par les policiers. Il dira qu’il se trouvait également au Thrill avec les filles ce soir-là, mais qu’il n’y ai pour rien dans la mort de Faith. Les policiers vont ensuite fouiller sa voiture et comparer son ADN avec celui retrouvé sur les lieux du crime. Mais les fouilles de sa voiture ne mènent à rien, et son ADN ne correspond pas à celui retrouvé près du corps de Faith.

Les policiers vont ensuite tourner leur attention au deuxième homme à qui Faith a envoyé des messages avant sa mort. Il s’appelle Ty McNill, et il est l’ex-petit ami de Faith. Ils avaient une relation houleuse à cause de la jalousie et de la possessivité du jeune homme, et ils passaient leur temps à se séparer pour ensuite se remettre ensemble. Durant une de leur séparation, Faith avait eu une relation avec un autre garçon, ce qui l’aurait rendu furieux. De plus, lorsque Faith ne répondait pas à ses messages, Ty avait pour habitude de partir à sa recherche. Peu avant sa mort, Faith avait confié qu’elle souhaitait définitivement rompre avec lui car il l’avait frappée.

Suite aux messages échangés entre Faith et Ty, on apprends qu’ils devaient se voir dans la soirée du 6 au 7 septembre, mais qu’à la place, Faith était finalement partie en boîte de nuit. A 3h52 ce soir-là, le dernier message que Faith lui avait envoyé était pour lui dire qu’elle souhaitait qu’ils se remettent ensemble.

Bien évidemment, Ty va subir un interrogatoire. Au commissariat, il va croiser les parents de Faith. Il va leur dire à quel point il est désolé pour ce qui est arrivé à leur fille, et il va également leur confier que Faith lui avait envoyé un message étrange la nuit de sa mort. En effet, ce message contient une faute d’orthographe. Or, Faith était connue pour être très pointilleuse sur l’orthographe, et en voyant cette faute son père va penser que ce n’est pas sa fille qui a écrit ce message.

Lors de son interrogatoire, Ty va affirmé ne pas être responsable de la mort de Faith et va même donner son ADN sans hésitation. Et à nouveau, l’ADN retrouvé sur le lieu du crime et celui de Ty ne correspondent pas. Les soupçons vont alors se tourner vers Jordan McCarty. Alors que les policiers se rendent chez Jordan, ce dernier a tenté de fuir, disant qu’il ne voulait pas être mêlé à cette histoire. Les policiers vont quand même l’interroger, et le jeune homme va raconter que lorsqu’il a retrouvé Karena ce soir-là, elle avait une tâche rouge sur son T-shirt. Ce T-shirt va être retrouvé dans l’appartement des filles et va être analysé. Mais à ce jour, les policiers n’ont toujours pas dévoiler publiquement les résultats.

Faith et Karena

En creusant un peu plus, les policiers apprennent que le 11 juillet 2012, Karena avait demandé une ordonnance de non communication à l’encontre de son ex-petit ami, Eriq Takoy Jones. Karena avait même changé les serrures de chez elle, mais cela n’avait pas empêché le jeune homme de défoncer la porte de son appartement. Faith ne l’appréciait pas du tout car il se montrait violent envers Karena. Et Eriq était en colère contre Faith, car c’était elle qui avait conseillé à Karena de demander une ordonnance de non communication. Il avait d’ailleurs menacé Faith de la tuer s’il n’arrivait pas à se remettre avec Karena.

Habitant dans le même groupe d’immeuble que les filles, et en voyant les journalistes traîner autour de l’appartement des filles, Eriq est allé les voir en faisant des éloges sur Faith. Tous les amis de Faith ont trouvé cela étrange, car ils savaient qu’en réalité, Eriq la détestait. D’ailleurs, peu avant le meurtre, il avait posté ce message sur Facebook : « Seigneur, pardonne-moi pour mes péchés et ceux que je pourrais commettre. Protège-moi des filles qui ne me méritent pas et celles qui voudraient que je sois mort. »

Eriq sera emmené par les policiers afin d’être interrogé. Il refusera d’abord de donner un échantillon ADN, avant de changer d’avis. Sa voiture et son appartement seront fouillés également, mais à nouveau, ni les fouilles et ni l’ADN ne se révéleront concluants. Eriq est donc relâché.

En 2013, le FBI est venu prêter main forte à la police, à qui on reprochait de bâcler l’affaire et de dissimuler beaucoup d’éléments, qui furent finalement rendus publics en 2014. Et parmi ces éléments se trouve l’appel qu’a passé Karena au 911 en découvrant le corps de Faith, ce 7 septembre 2012 :

Karena : « Je viens d’entrer dans mon appartement… j’ai retrouvé mon amie inconsciente… Je viens de rentrer dans l’appartement et il y a du sang partout sur l’oreiller, sur la couette.. Je ne sais pas ce qui s’est passé

Opérateur 911 : « Est-ce qu’elle respire ?»

Karena : « Je ne pense pas…»

Opérateur 911 : « Est-elle chaude ?»

Karena : « Non, elle est froide. »

Opérateur 911 : « D’accord, ne touchez à rien dans l’appartement. »

Karena : « Il semble que quelqu’un soit venu ici... »

Cet appel sera jugé étrange, car Karena décrit Faith comme étant inconsciente, et non morte, alors qu’elle a été retrouvée dans une marre de sang. De plus, elle insiste bien sur le fait qu’elle venait de rentrer dans son appartement en le répétant plusieurs fois, comme si elle tentait de se dédouaner. Par la suite, lorsque l’opératrice du 911 lui demande son identité, Karena esquive la question, avant de la révéler après l’insistance de l’opératrice. Lorsque les policiers l’avaient interrogée, Karena avait dit qu’elle s’était rendue à l’appartement avec son amie Marisol, mais l’opératrice du 911 dira qu’elle avait l’impression que Karena était seule. En effet, alors que la jeune fille était en ligne, on entendait aucune autre voix derrière, pas même des pleurs ou des exclamations, rien qui pouvait confirmer la présence de Marisol.

En 2014, le rapport d’autopsie de Faith confirme que la jeune fille est morte d’un traumatisme à la tête et qu’elle avait de nombreuses blessures sur le reste du corps. En revanche il n’y a aucun traumatisme au niveau de son intimité, ce qui montre qu’elle n’a pas été violée. D’autres informations vont être données sur le sac où un message haineux y était écrit, près du cadavre de Faith. Selon les experts, à la manière dont les lettres sont tracées aussi grossièrement, cela pourrait démontrer que cette personne déversait toute sa colère contre Faith en écrivant ces mots, ce qui signifie que Faith devait connaître son meurtrier. L’écriture de Karena et celle du sac seront comparées, et les experts sont formels : les deux écritures ne matchent pas. En revanche, ils pensent que la personne qui a écrit ce message a utilisé sa main non dominante pour camoufler sa véritable écriture.

Mais les soupçons vont à nouveau se tourner vers Karena. En plus de ses réactions étranges lors de l’appel au 911, elle était la seule à savoir que la porte de l’appartement n’était pas fermée à clé. Et comme aucune fenêtre ni aucune porte n’a été forcée, la personne qui a tué Faith devait donc savoir que la porte d’entrée n’était pas verrouillée. Dans ce cas, pourquoi Karena aurait-elle voulu faire du mal à Faith ? Les deux filles étaient très proches et se considéraient comme des soeurs.

Mais en réalité, il y avait depuis quelques temps des tensions et des disputes entre les deux amies. Faith ne désirait plus vivre avec Karena et avait demandé à son amie Una si elle pouvait emménager dans son appartement. D’ailleurs, l’intervention de Una va faire rebondir l’affaire. En effet, le soir de sa mort, Faith lui avait laissé une message vocal sur son répondeur, un message étrange où on entendait de la musique ainsi que des frottements. Mais avant d’apprendre la mort de Faith, Una avait supprimé le message, ne le trouvant pas important. Par la suite, elle va contacter son opérateur téléphonique et pouvoir récupérer ce message vocal.

En 2016, un expert audio-médico légal va analyser le message vocal laissé par Faith le soir de sa mort. En l’améliorant, on se rend compte qu’il n’y a pas seulement de la musique et des bruits de frottements, mais qu’il y a également quatre voix différentes, celles de deux hommes et deux femmes. Voici la conversation qui y serait entendue :

Femme 1 : « Oh, ma tête…»

Femme 2 : « Fais-le !»

Homme 1 : « Je pense qu’elle est en train de mourir .»

Homme 2 : « Faites-le de toute façon. »

Femme 1 : « Aïe ! Aidez-moi ! Lâchez-moi ! »

Femme 2 : « Va te faire foutre ! Je vais te frapper au visage salope ! »

Femme 2 : « Menteuse ! Tu m’as menti ! »

Femme 2 : « Ne sois pas une (inaudible). Bats-toi ! »

La femme 1 est sans aucun doute Faith qui semble en détresse, tandis que la femme 2 reste un peu plus difficile à reconnaître. En revanche, au fur et à mesure de la conversation, l’expert réussi à identifier deux prénoms :

Homme 2 : « J’arrive pas à croire que tu l’as vraiment fait Rosie. »

Femme 2 : « Va aider Eric.»

Femme 2 : « Tu veux provoquer mon petit ami ? »

Femme 1 : « Non Rosie ! »

Homme : « Jette-là dans le lac. »

Femme 1 : « Pitié ! Ma main est en feu ! »

Homme : « Je vais les détacher. J’ai l’impression que ses mains sont en feu. Je vais les cacher. »

Lorsque la famille de Faith écoute l’audio, Roland Hedgepeth affirme reconnaître la voix de sa fille et celle de Karena, et ajoute que Rosie était le surnom que Faith donnait à Karena. Quant à ‘Eric’, cela fait écho à l’ex petit ami de cette dernière, Eriq Takoy Jones. Pour les enquêteurs, cela ne fait aucun doute : plusieurs personnes sont mêlées au meurtre de Faith, et ce vocal a été enregistré au moment où elle se faisait tuer.

L’ADN retrouvé sur le lieu du crime et qui semblerait appartenir à aucun suspect interrogé, sera analysé par une entreprise qui créé des portraits-robots 3D à partir du phénotypage. Grâce à cela, ils parviennent à reproduire un portrait-robot d’un d’un des agresseurs de Faith. Il semblerait que ce soit un homme à la peau bronzée, aux cheveux sombres et aux yeux marrons ou noisettes, ayant des origines hispaniques.

Le portrait-robot 3D

En revanche, Karena, Eriq, et Jordan restent toujours les principaux suspects, même si leur ADN ne matchent pas avec celui trouvé près du corps de Faith. Plusieurs autres personnes furent interrogées et testées avec leur ADN, mais en vain. Huit ans plus tard, et malgré les lourds soupçons contre Karena et les autres hommes, personne n’a encore été arrêté dans cette affaire. Mais les enquêteurs sont sûrs d’une chose : le meurtre de Faith était prémédité par quelqu’un qui la connaissait.

Karena Rosario avait été approchée par Crime Watch Daily pour une interview, mais elle n’a jamais voulu y participer. Depuis, Karena a déménagé dans un autre Etat et ne fait plus parler d’elle. Elle est également introuvable sur les réseaux sociaux. Après tout ce temps, la famille de Faith espère toujours savoir qui a pu s’en prendre à leur fille qui était promise à un brillant avenir.

EDIT :

En septembre 2021, un homme nommé Miguel Salguero-Olivares, 28 ans, est arrêté par le service de police de Chapel Hill. L’homme, qui avait initialement été arrêté pour conduite en état d’ébriété en août 2021, et a été identifié grâce à son ADN qui correspondait à celui retrouvé sur le lieu du crime. Pour le moment, il n’y a pas d’autres détails sur cette affaire, et la police a expliqué qu’il allait falloir faire preuve d’encore un peu de patience pour que l’enquête soit résolue.

Lashaya Stine : victime d’un réseau de prostitution ?

Lashaya Stine est née le 8 février 2000. Elle vivait à Aurora dans le Colorado, et était décrite comme une jeune fille sans histoires et une élève studieuse, figurant même sur le tableau d’honneur de son lycée. Soucieuse des autres, Lashaya avait pour projet de devenir infirmière. D’ailleurs, elle avait obtenu un stage à l’hôpital de l’université du Colorado. Le soir du 15 juillet 2016, Sabrina Jones, la mère de Lashaya, dit bonne nuit à sa fille et part se coucher. Le lendemain, elle va réveiller Lashaya car celle-ci doit passer un entretien d’embauche, mais elle est surprise de constater que sa fille n’est pas dans sa chambre, ni ailleurs dans la maison.

Sabrina va alors tenter de joindre sa fille sur son téléphone portable, mais elle tombe directement sur la messagerie vocale. Elle va alors la chercher partout dans leur quartier, mais sans succès, et la police sera alors prévenue. Les policiers vont d’abord considérer Lashaya comme une fugueuse, mais une semaine plus tard, le chef de police qui revenait de vacances s’est penché un peu plus sur son cas. Ils vont ainsi trouver des images de vidéosurveillance de la nuit du 15 juillet. On y voit Lashaya en train de marcher seule le long du boulevard East Montview, aux alentours de 2h30 du matin.

Les dernières images de LaShaya

Par la suite, la jeune fille se volatilise. Sabrina Jones a pensé que sa fille devait peut-être rejoindre quelqu’un mais qu’elle avait l’intention de revenir chez elle, car elle était partie sans effets personnels. En effet, Lashaya avait laissé son chargeur de téléphone, son portefeuille et n’avait prit rien d’autre dans sa chambre. La famille, les amis et l’ex petit ami de Lashaya furent interrogés, mais cela n’a mené à aucune piste.

Que pouvait bien faire une jeune fille de 16 ans, seule dans la rue en pleine nuit ? Pour sa famille, il est impossible que Lashaya ait fugué. C’était une adolescente sérieuse, et de plus, elle avait disparue la veille d’un entretien d’embauche. Etait-elle partie rejoindre quelqu’un ? Lui faisait-on du chantage ?

Sa mère pense que Lashaya a été forcée de se livrer à des trafiquants sexuels. D’ailleurs, au cours des années qui suivirent sa disparition, il y eut plusieurs témoignages qui corroborent cette théorie. En effet, des témoins ont affirmé avoir vu Lashaya dans des motels où elle était forcée de se prostituer, et qu’elle était surveillée en permanence par un homme. Plusieurs fois les policiers se sont rendus dans ces motels suite à ces signalements, mais cela n’a rien donné. Lashaya aurait été aperçue dans plusieurs Etats : Nouveau-Mexique, Kansas, Missouri.. Autre fait troublant, une jeune fille ayant pu s’échapper d’un réseau de prostitution a affirmé avoir vu Lashaya dans le même trafic, et elle a d’ailleurs décrit un signe d’instinctif de l’adolescente : une cicatrice au niveau de la poitrine.

Mais à ce jour et malgré ces témoignages, Lashaya est toujours portée disparue. Une récompense de 15 000 $ est offerte pour une quelconque information qui pourrait aider à retrouver Lashaya Stine.

La disparition de Brittanee Drexel : enlevée en spring break.

Brittanee est née le 7 octobre 1991 à Rochester dans l’Etat de New York. Alors qu’elle n’est qu’un bébé, sa mère Dawn se marie avec Chad Drexel, qui finira par adopter Brittanee et la considérer comme sa propre fille. On sait peu de choses sur son père biologique. En 2008, Chad et Dawn se séparent, et c’est un coup dur pour la jeune fille. Brittanee est restée vivre chez sa mère mais gardait contact avec Chad. Brittanee, qui était connue pour être une fille joyeuse et pleine d’énergie, devenait de plus en plus déprimée, et la séparation de ses parents ne fit qu’aggraver les choses. Elle a également commencé à sécher les cours et à se rebeller.

Nous sommes en avril 2009, Brittanee a 17 ans. Elle entend parler d’un spring break censé se dérouler à Myrtle Beach, en Caroline du Sud, et elle apprend que des élèves de son lycée comptent s’y rendre. Voulant participer afin de se changer les idées, elle demande l’autorisation à sa mère de se rendre au spring break avec son petit-ami John et des copines. Mais sa mère refuse, car Brittanee n’était qu’une jeune adolescente et il n’y avait aucun adulte pour les surveiller, et également car elle ne connaissait pas les autres jeunes avec qui elle s’y rendait.

Cela a provoqué des disputes terribles entre la mère et la fille. Brittanee continuait d’insister auprès de sa mère, mais cette dernière était catégorique : il était hors de question que sa fille mineure aille à un spring break sans être accompagnée d’au moins un adulte responsable. Bien décidée à désobéir, le 22 avril 2009, Brittanee demande à sa mère si elle peut passer quelques jours chez une amie qui vivait non loin afin de se calmer et d’apaiser les tensions au sein de la maison. Mais en réalité, la jeune fille a une toute autre idée derrière la tête.

Le 23 avril, Brittanee arrive à Myrtle Beach avec trois amies. Les premiers jours tout se passe bien. Brittanee s’amuse et savoure cette liberté. De temps à autre, elle appelle sa mère pour la rassurer et lui faire croire que tout se passe bien chez son amie. Pendant ce temps, Dawn ne se doute pas un seul instant que sa fille se trouve en Caroline du Sud. Très vite, Brittanee déchante lorsque ses amies commencent à prendre des drogues. N’étant pas du tout attirée par cela, elle commence à prendre ses distances. Elle va multiplier les sorties en étant seule, dans une ville et un Etat qu’elle ne connait pas.

Les dernières images de Brittanee sortant de l’hôtel Blue Water Resort

Le 25 avril 2009, Brittanee est filmée par des caméras de surveillance en train d’entrer à l’hôtel Blue Water Resort, afin de rendre visite à un ami qui y séjourne. Elle en ressort vers 21h45, tout en discutant par message avec son petit ami John. Elle lui dit qu’elle est triste de rentrer à Rochester le lendemain et qu’elle compte rester à son hôtel. John lui répond qu’elle ferait mieux de profiter de sa dernière soirée à Myrtle Beach. Mais Brittanee arrête soudainement de répondre à ses messages. N’obtenant pas de réponse au bout d’une heure, et commençant à s’inquiéter, John dit à Brittanee que si elle ne lui dit pas si tout va bien il préviendrait sa mère. Brittanee ayant peur que sa mère découvre qu’elle s’est rendue au spring break, John espère obtenir une réponse rapide. Mais la jeune fille se fait silencieuse. Il contacte alors les amis de Brittanee avec qui elle est partie, mais ceux-ci lui affirment ne pas savoir ce que fait Brittanee, ni où elle se trouve.

John prévient alors la police de Myrtle Beach, ainsi que la famille de Brittanee qui arrive en Caroline du Sud. La chambre d’hôtel de la jeune femme sera fouillée, mais on ne retrouvera ni son téléphone ni son portefeuille. La police tente donc de localiser sa position grâce au bornage de son téléphone portable et découvre quelque chose d’étrange : A 21h27, l’appareil est localisé à 11km au sud de Myrtle Beach, et se déplace assez vite, ce qui laisse supposer que Brittanee se trouverait à bord d’une voiture.

A 23h58 son téléphone est localisé à 80km au sud de Myrtle Beach, dans la petite ville de McClellanville, située dans le comté rural de Charleston. Le 26 avril, le téléphone de Brittanee n’émet plus de signal. Les policiers se rendent à McClellanville, et ne peuvent s’empêcher d’imaginer le pire. En effet, la ville est pleine de marais infestés d’alligators et autres animaux dangereux. Qu’irait faire une jeune fille de 17 ans venu profiter du spring break dans un endroit pareil ? Pour eux, il est impossible que Brittanee soit venue ici de son plein gré. D’autant plus que c’est le coin idéal pour se débarrasser d’un corps, au milieu des forêts, des marais et des alligators.

Les policiers vont alors fouiller la zone aidés par des bateaux, des hélicoptères et des chiens renifleurs pendant plusieurs semaines, en vain. L’ami à qui Brittanee était allé rendre visite à l’hôtel Blue Water Resort sera suspecté et interrogé par la police, mais l’homme a un alibi solide et il sera écarté de l’affaire.

En 2016, un prisonnier du nom de Taquan Brown va relancer l’affaire. L’homme purge une peine de 25 ans de prison pour homicide involontaire, et il prétend savoir ce qui est arrivé à Brittanee. Il dit avoir rencontré la jeune femme la nuit de sa disparition. Il devait rendre visite à un certain Sean Taylor à qui il devait de l’argent pour une histoire de drogues. Alors qu’il traversait la maison de Taylor pour se rendre dans la cour, Brown aurait vu Brittanee dans une des pièces se faire agresser par plusieurs hommes, dont Timothy Deshaun Taylor, le fils de Sean Taylor.

A un moment, Brittanee aurait réussi à s’enfuir de la maison mais avait été rapidement rattrapée par Timothy Taylor, qui l’aurait frappée avec son arme et ramenée à l’intérieur. Sean Taylor serait à son tour rentré dans la maison tandis que Taquan Brown attendait dehors, et c’est là qu’il aurait entendu des coups de feu. Brown ajoute qu’il a ensuite vu les hommes transporter le corps de Brittanee dans un tapis et le mettre à l’arrière d’une camionnette, et que les hommes s’étaient débarrassé de son corps en le jetant dans un étang infesté d’alligators. Ce témoignage sera confirmé par un autre détenu qui dira avoir vu Brittanee se faire enlevée par Timothy Taylor à Myrtle Beach.

Il raconte également que Taylor avait emmené Brittanee à McClellanville pour la vendre à un de ses amis. Mais il avait ensuite changé d’avis en voyant que la disparition de Brittanee était devenue très médiatisée, et il avait donc décidé de la tuer. Après ces témoignages, la police va de nouveau fouiller les marais à proximité de la planque des Taylor, mais il ne retrouveront aucun corps. Les policiers apprendront plus tard que Sean Taylor avait tenté de kidnapper une jeune fille de 20 ans, seulement un mois après la disparition de Brittanee, juste en face de l’hôtel Blue Water Resort.

Les policiers vont émettre un mandat d’arrêt contre Sean Taylor, mais ce dernier va leur fournir un alibi solide, et il sera ainsi écarté de la liste des suspetcs. On apprendra alors que Timothy Taylor avait déjà été interrogé en 2009 sur la disparition de Brittanee, bien avant d’être suspecté. Il avait même été soumit au détecteur de mensonge, qu’il avait réussi. Mais Timothy est loin d’être un saint, car en 2011, alors qu’il était âgé de 18 ans, il a été arrêté pour avoir participé au braquage d’un McDonald. Ses deux complices avaient été condamnés à de lourdes peines tandis que Taylor s’en ai sorti avec seulement 2 ans de prison avec sursis.

Le FBI décide de poursuivre Timothy Taylor pour le braquage du Mcdonald, afin de pouvoir l’interroger à nouveau sur l’enlèvement de Brittanee Drexel. Timothy fut à nouveau arrêté et interrogé pour l’attaque du Mcdonald, mais également pour la disparition de Drexel. Comme Taylor risquait plusieurs années de prison pour l’attaque du Mcdonald, le procureur lui a proposé un marché : s’il accepte de passer le détecteur de mensonge et qu’il le réussi alors qu’il est questionné sur Brittanee, il prendrait entre zéro et dix ans de prison. En revanche, il prendrait entre dix ans et la perpétuité en cas d’échec. Taylor refuse l’accord, mais accepte de passer le test. Et ce sera un échec.

Le résultat du polygraphe sera dévoilé en 2018. Les avis concernant la culpabilité de Timothy Taylor divergent. Certains pensent qu’il a quelque chose à se reprocher, d’autres pensent que Taquen Brown l’a accusé à tord et qu’il l’avait impliqué là-dedans pour obtenir une remise de peine, surtout que d’autres personnes qu’il avait accusé se trouvaient en prison au moment des faits. Mais lors d’une interview où Taylor se faisait interroger par un journaliste, il a eu un lapsus qui a interpellé tout le monde : lorsque le journaliste lui dit qu’un témoin affirme l’avoir vu avec Brittanee le jour de sa disparition, Taylor répond qu’il est quasiment sûr de n’avoir jamais rencontrer Brittanee. Le jeune homme s’est rapidement rattrapé en affirmant qu’il est bel et bien sûr de n’avoir jamais vu Brittanee, mais il était trop tard.

Un autre élément ne va pas jouer en faveur de Taylor. Quelques années auparavant, Chad Drexel, le père de Brittanee, était à McClellanville pour distribuer des affiches de sa fille à des automobilistes, avec l’aide de son détective privé, mais lorsqu’il s’est approché d’une des voitures, l’homme à l’intérieur a accéléré. Chad se serait mit devant la voiture pour l’arrêter et lui donner l’affiche, lui expliquant que sa fille avait disparu. L’homme s’était alors mit à rire avant de jeter l’affiche par terre. Chad se souvent d’un détail particulier : l’homme dans la voiture n’avait pas de bras gauche, et il se trouve que Timothy Taylor n’a également pas de bras gauche. Taylor va cependant nier être cet homme.

En 2019, Taquan Brown va répéter son témoignage par téléphone avec WHEC-TV en ajoutant un peu plus de détails, notamment qu’il aurait vu Brittannee au moins quatre fois en l’espace d’un mois. Il dira que le premier jour où il avait vu Brittanee c’était le 27 avril 2009, elle était bien dans une planque en train de se faire agresser sexuellement par plusieurs hommes et elle avait un oeil au beurre noir. Il ne l’avait pas reconnue à ce moment-là car il ne savait pas qu’elle était recherchée.

Quelques jours plus tard, il dira l’avoir à nouveau rencontrer dans la planque en train de s’échapper puis d’être rattrapée et ramenée à l’intérieur, avant d’entendre des coups de feu. Il a ensuite vu les hommes sortir un corps enveloppé dans un tapis qui a été dépose à l’arrière d’une camionnette. Il pensait que c’était celui de Brittanee, mais cinq jours plus tard, il aurait à nouveau aperçue la jeune fille alors qu’il se rendait chez son cousin à Jacksonboro, à 130km au sud de McClellanville. Il aurait vu Brittanee une dernière fois fin mai, à nouveau sur la propriété de son cousin, alors qu’il s’y rendait avec un ami. Selon ses dires, Brittanee se trouvait dans une zone boisée à la limite de la propriété du cousin de Brown et elle était entourée par plusieurs hommes. Et c’est là qu’un homme du nom de Nate lui aurait tiré dessus avec un fusil à double canons. Brown et son ami se serait enfui pour ne pas être impliqués.

Selon WHEC-TV le récit de Brown semble fiable, même si d’autres éléments n’ont pas pu être corroborés. Mais aucun autre témoin ne peut appuyer son témoignage, car le cousin de Brown est décédé et les autres témoins n’ont jamais été trouvés. Dawn, la mère de Brittanee, a fini par déménager à Myrtle Beach, le dernier endroit où sa fille a été vue. Elle a également ouvert une ligne téléphonique dédiée à sa fille au cas où quelqu’un aurait des informations à lui fournir.

EDIT 18/05/2022

Début mai 2022, la police inculpe Raymond Douglas Moody, 62 ans, pour enlèvement, meurtre, entrave à la justice et de comportement sexuel au premier degré. Le shérif du comté de Georgetown a annoncé que le FBI avait récupéré des restes humains dans les bois de Georgetown le 11 mai suite à l’arrestation et aux aveux de Moody. Les dossiers dentaires et l’ADN ont confirmé qu’il s’agissait des restes de Brittanee Drexel, disparue 13 ans plus tôt. Selon le mandat d’arrêt, la jeune fille avait été étranglée à mort avant d’être enterrée au matin du 26 avril 2009. En octobre 2022, Moody plaide coupable pour le meurtre de Brittanee et est condamné à la prison à vie.

La disparition mystérieuse de Mekayla Bali.

Mekayla Bali est née le 2 juillet 1999. Elle vivait à Yorkton, dans la province de Saskatchewan au Canada, aux côtés de sa mère Paula, de sa grand-mère Margaret, de sa tante et de ses frères et soeurs. Elle est décrite comme une fille discrète, timide et attentionnée, qui aime passer du temps avec ses amis. Il y a très peu d’informations concernant son père biologique, avec qui elle entretenait peu de contact.

Au matin du 12 avril 2016, Mekayla, alors âgée de 16 ans, se prépare comme d’habitude pour aller au lycée, le Sacred Heart High School. Mekayla arrive au lycée à 8h08. Les caméras de surveillance de l’école la filment dans les couloirs, en train de mettre des livres dans son casier. Mais étrangement, vers 8h25, Mekayla est à nouveau filmée par des caméras alors qu’elle quitte le lycée par une porte située à l’arrière du bâtiment.

Mekayla sur les images de vidéosurveillance

Mekayla marche vers l’est sur la rue Smith Ouest puis tourne sur la rue Broadway afin de se rendre dans une banque et y retire 55 dollars. A 9h00, elle se rend dans un magasin qui récupère des bijoux d’occasion pour y faire évaluer le prix d’une bague, bague que le propriétaire de la boutique refusera de lui acheter, jugeant sa valeur trop faible. Le propriétaire sera plus tard interrogé, et affirmera que Mekayla semblait tout à fait normale.

Mekayla se rend ensuite au café Tim Hortons et y achète une boisson. Les images des caméras de surveillance la montrent assise à une table, envoyant des messages sur son téléphone et se retournant plusieurs fois vers la porte d’entrée.

Les images du Tim Hortons

Après quelques minutes, Mekayla sort du café à 09h23, pour y retourner à 9h49. Nous la voyons cette fois en train de téléphoner à quelqu’un pendant dix minutes. Une fois qu’elle raccroche, elle envoit un SMS à sa meilleure amie Shelby Knatuk en lui disant « J’ai besoin d’aide. » Après plusieurs minutes sans réponse de son amie, elle lui envoie un second message où elle dit « Peu importe, j’ai compris. » Mekayla va de nouveau passer un appel, quitter le café puis y revenir une nouvelle fois. Personne autour ne semble prêter attention à son comportement étrange.

Par la suite, Mekayla va s’approcher d’une dame assise à une table, lui demandant si elle accepterait de lui louer une chambre d’hôtel, mais la dame refuse. De ce fait, Mekayla appelle de nouveau quelqu’un, puis elle va quitter définitivement le café. A 11h30, elle envoie un autre message à Shelby : « On se verra à la cantine. » A 12h00, elle revient au lycée et explique à des amis qu’elle compte prendre un bus pour partir dans la ville de Regina, située à 2h de route en voiture. Ces derniers ne feront aucune remarque. Mekayla va donc à nouveau être filmée par les caméras de surveillance en train de quitter le lycée. Ce seront les dernières images qu’on aura d’elle.

Les dernières images de Mekayla.

Lorsque Margaret, la grand-mère de Mekayla, arrive au lycée vers 15h pour la récupérer, elle remarque que Mekayla ne vient pas la rejoindre. La mère de la jeune fille sera prévenue et va alors contacter les amis de Mekayla, qui vont lui révéler qu’elle a séché les cours toute la journée. Très vite, les proches de l’adolescente vont commencer à l’appeler sur son téléphone, lui envoyer des messages, et également la chercher dans les endroits qu’elle avait l’habitude de fréquenter. Mais Mekayla est introuvable, et chaque appel, chaque message, restera sans réponse de sa part.

Sa disparition sera signalée cette même journée à 20h, et la famille et les amis de Mekayla seront interrogés par les enquêteurs. Shelby va expliquer que la veille, le 11 avril, elle était partie manger dans un fastfood avec Mekayla et une autre amie nommée Oxanna. Mekayla leur aurait alors révélé avoir rencontrer un certain Josh sur un site de rencontre et qu’ils discutaient souvent ensemble. Elle aurait ajouté qu’ils ne s’étaient pour l’instant jamais vus en vrai, et ne racontera pas plus de détails. Mais plus tard, Mekayla lui aurait dit qu’un autre garçon nommé Christopher devait venir la rencontrer, ce à quoi Shelby l’aurait mise en garde. Shelby ajoute que Mekayla avait fait part de son désir de quitter la ville et d’aller à Regina. Elle précise également que si elle n’avait pas répondu aux messages de Mekayla le jour de sa disparition c’était parce qu’elle avait oublié son téléphone chez elle.

On apprendra également que peu avant de disparaître, Mekayla avait envoyé un SMS à son ex petit-ami pour lui dire qu’elle se sentait mal et qu’elle pensait partir pour Regina. Elle avait ensuite envoyé un message à Shelby et à une autre amie leur disant qu’elle était malheureuse à cause d’un garçon. Mais lorsque ses amies lui demandaient plus de détails, Mekayla ne répondait pas. Par la suite, elle avait appelé le service client de sa banque pour vérifier son solde et transférer de l’argent de son compte épargne à son compte courant.

Des conducteurs de bus de Yorktown affirment que le jour de sa disparition, entre 9h et 12h, Mekayla leur avait demandé des renseignements sur les bus partant de Yorktown jusqu’à Regina, mais elle n’aurait acheté aucun ticket. Certains employés disent l’avoir vu manger au restaurant du dépôt de bus aux alentours de midi, et une cliente du restaurant affirme l’avoir vue manger puis se lever pour rejoindre un homme qui lui tenait la porte d’entrée et partir ensemble. L’homme était Blanc et avait un tatouage sur l’avant-bas.

Un avis de recherche sera alors lancé, et l’homme en question va se rendre de lui-même au poste de police afin d’expliquer qu’il ne connaissait pas Mekayla, qu’il lui avait juste tenu la porte par politesse, et que chacun était parti de son côté. Après vérifications, l’homme sera finalement écarté de la liste des suspects. Le lendemain de sa disparition, le téléphone de Mekayla s’éteint.

Par la suite, les images des vidéosurveillance du 12 avril 2016 seront analysées. Malheureusement, les enquêteurs se retrouvent dans l’incapacité de tracer les nombreux appels qu’elle avait passé cette journée là, car ils ont été passés depuis une application non identifiable. De plus, Mekayla avait pour habitude d’envoyer des messages via des applications comme Snapchat, où les messages se suppriment seuls au bout d’un moment, ce qui n’a pas faciliter le travail des enquêteurs.

Des élèves du lycée de Mekayla vont être interrogés, et ils dévoileront que la jeune fille avait récemment mit en story Snapchat ce message : « Je cherche des amis sur Snap car je n’en ai pas dans la vraie vie. Ajoutez-moi mais ne m’envoyez pas de photos vulgaires. Je cherche juste un ami. » La mère de l’adolescente affirme pourtant qu’elle avait de très bons amis. Mais depuis sa disparition, ces derniers avaient un comportement assez étrange. En effet, aucun d’entre eux ne participaient aux recherches.

On apprend alors que le 14 février dernier, Mekayla avait reçu un bouquet de fleurs d’une personne anonyme devant son lycée. Non seulement la jeune fille était active sur les tchats en ligne, mais elle n’hésitait pas à donner son adresse et celle de son école à de parfaits inconnus. Les enquêteurs pensent alors que Mekayla aurait pu tomber sur un prédateur qui la faisait peut-être chanter. D’ailleurs, le fameux Christopher va être identifié, et l’homme qui vivait en Caroline du Nord leur explique qu’il avait effectivement rencontrer Mekayla sur un site de rencontre. Mais l’homme sera rapidement innocenté car les enquêteurs vont découvrir qu’au moment de la disparition de Mekayla, il se trouvait bien en Amérique du Nord et non au Canada.

Christopher confiera que Mekayla se mutilait, qu’elle parlait à énormément d’homme sur les sites de rencontre, et qu’elle avait un besoin viscéral de savoir qu’elle plaisait. Plusieurs semaines plus tard, Shelby va contacter les policiers pour expliquer qu’elle avait envoyé un snap à Mekayla le jour même de sa disparition, et qu’il n’avait pas été ouvert. Mais en se réveillant ce matin-là, des semaines après la disparition de son amie, Shelby avait remarqué que Mekayla avait ouvert son snap dans la nuit. En juin 2016, Shelby va envoyer un nouveau snap à Mekayla, qui lui ne sera jamais ouvert. 10 mois plus tard, les enquêteurs ont enfin accès aux comptes Facebook, Instagram et Snapchat de Mekayla, mais ils n’y découvriront rien de suspect.

Plusieurs théories ont vu le jour suite à la disparition de la jeune fille, mais la théorie la plus plausible pour les policiers et les proches de Mekayla est qu’elle aurait rencontré un homme sur internet, et qu’elle lui aurait envoyé des photos intimes pour lui plaire. Il aurait alors commencé à lui faire du chantage, l’obligeant ainsi à le rencontrer pour ne pas divulguer les photos. Cela pourrait expliquer tous ces messages de détresse à ses amis, ainsi que son comportement étrange.

A ce jour, une récompense de 50 000$ est offerte pour retrouver Mekayla, qui n’a plus donné signe depuis ce 12 avril 2016.

La mort mystérieuse de deux amies au Panama.

Lisanne Froon et Kris Kremers étaient deux amies hollandaises, nées respectivement le 24 septembre 1991 et le 9 août 1992. Lisanne était décrite comme étant passionnée par le volley-ball, intelligente et réservée, et Kris comme étant ouverte d’esprit, responsable et enjouée. Après leurs études, les deux filles ont économisé de l’argent pendant six mois afin de partir au Panama, dans le but d’apprendre l’espagnol et faire du bénévolat.

Pour finaliser leur projet, les filles passent par l’agence Het Andere Reizen, spécialisée dans les offres de volontariat. Elles songent d’abord à partir pour le Costa Rica, pour finalement choisir le Panama, et comptent y rester pour une période de six semaines. Le samedi 15 mars 2014, les filles atterrissent d’abord à San José au Costa Rica et passent la nuit dans une auberge de jeunesse. Le lendemain, elles arrivent en bus à Bocas del Toro au Panama.

Les filles commencent alors leur cours d’espagnol à l’école Spanish the Sea, sur l’île Isla Colon. Dans leur temps libre, elles se promènent, vont à la plage et prennent des photos. Les filles ont également fait la rencontre de deux hollandais nommés Bastian et Edwin, avec qui elles sont devenues amies. Ces garçons décrivent Kris et Lisanne comme étant respectueuses, intelligentes, amicales, mais aussi prudentes. Elles faisaient attention à leurs fréquentations, et ont clairement fait comprendre qu’elles ne cherchaient à avoir ni relations amoureuses ou sexuelles lors de leur séjour.

Le 29 mars, Kris et Lisanne arrivent à Boquete et sont récupérées par leur famille d’accueil. Leur espagnol n’étant pas suffisamment au point, les filles rencontrent quelques difficultés à communiquer avec la famille, mais cela ne les empêche pas de bien s’entendre avec eux et de les trouver sympathiques.

Mais Lisanne commence doucement à déprimer. Ses parents lui manquent, et même si leur famille d’accueil est très gentille, elle a du mal à se sentir à l’aise. Elle tente malgré tout de rester optimiste et de tirer du positif de cette épreuve.

Le 30 mars 2014, les filles visitent la ville de Boquete dans la matinée, avant de partir pour leur école dans l’après-midi pour s’informer sur les activités de volontariat censées se dérouler le lendemain avec Aura, une panaméenne responsable d’un établissement pour enfants. Les filles vont par la suite réserver une excursion avec un guide non certifié nommé Feliciano, pour les prochains jours. Le lendemain, les filles vont pour rencontrer Aura, mais cette dernière, qui s’était apparemment montré très désagréable, leur explique que les activités des bénévoles commenceront seulement la semaine prochaine. Interloquées par cette information, les filles vont demander des explications à l’école qui ne sait quoi leur répondre.

Ayant donc une semaine de libre, Kris et Lisanne décident le 1er avril 2014 de faire de la randonnée juste toutes les deux à El Pianista. Elles partent dans la matinée en compagnie de Blue, le chien de leur famille d’accueil. A 13h, les filles atteignent le sommet nommé le Mirador, et vont continuer à s’aventurer dans la jungle. A 13h39, leurs téléphones perdent contact avec le réseau. Au cours de leur périple, les filles vont prendre une trentaine de photos.

Quelques photos prises lors du 1er avril 2014.

Mais étrangement, à 16h39, le téléphone de Kris appelle le 112, le numéro d’urgence européen. A 16h51, c’est au tour du téléphone de Lisanne d’appeler le 112. A chaque appel, le réseau téléphonique inexistant dans la forêt empêche la communication de se faire. Dans la soirée, le chien Blue rentre à la famille d’accueil, seul. Sur le coup la famille d’accueil des filles ne s’inquiètent pas trop, se disant qu’elles étaient sans doute aller boire un verre ou qu’elles avaient rencontré des amis entre temps, et qu’elles rentreront dans la nuit.

Le lendemain, le 2 avril, les filles ne sont toujours pas rentrées et manquent leur rendez-vous avec le guide touristique Feliciano. On découvrira plus tard que cette matinée à 6h58, Lisanne avait tenté d’appeler le 112. Ne voyant pas les hollandaises se présenter au rendez-vous, Feliciano se rend chez la famille d’accueil des filles avec Eileen, la manager de l’école. Il est dit que Feliciano et Eileen avaient eu accès à la chambre des filles où ils y étaient restés un moment. Entre 8h14 et 13h56, les filles vont à nouveau tenter de passer plusieurs appels au 112 puis au 911. Dans l’après-midi, Feliciano serait retourné dans la chambre des filles, seul.

Dans l’après-midi cette même journée, Eileen va contacter Ingrid Lommers, la propriétaire des écoles Spanish at locations qui collabore avec l’agence Het Andere Reizen, par laquelle les filles sont passées pour leur voyage. Elle la prévient que Kris Kremers et Lisanne Froon ne sont pas revenues de leur randonnée depuis hier. Ne se trouvant actuellement pas au Panama, Ingrid lui conseille de prévenir directement la police, ce qu’elle fait. Dans la nuit du 3 avril 2014, Eileen contacte les parents de Lisanne, Dinie et Peter Froon, et leur révèle que leur fille et son amie n’ont pas été revues depuis le 1er avril. Dinie va alors appeler Judith, la directrice de l’agence, pour la prévenir de la situation. Plus tard, la famille de Kris est également prévenue et contacte Eileen pour en savoir plus.

Dans la matinée du 3 avril, Dinie Froon contacte le ministère hollandais des affaires étrangères. Le même jour vers 8h, les premières recherches commencent avec la Sistema Nacional de Proteccion Civil qui va chercher les filles avec un hélicoptère. A 9h33, le téléphone de Kris appelle le 911. Entre 13h30 et 16h19, leurs téléphones vont s’allumer et s’éteindrent plusieurs fois pour vérifier le signal. La même journée, Feliciano commence à faire des recherches jusqu’au Mirator.

Le 4 avril, entre 4h50 et 13h42, les téléphones des filles vont de nouveau s’allumer pour vérifier tour à tour le signal. Mais le téléphone de Lisanne va finir par s’éteindre définitivement. Le 5 avril, entre 10h50 et 13h37, le téléphone de Kris va s’allumer et s’éteindre deux fois, mais la deuxième fois le code PIN n’est pas rentré. Pendant ce temps, les recherches pour retrouver les filles s’accélèrent, et sur les réseaux sociaux Ingrid Lommers va mettre en ligne des photos des filles pour plus de visibilité. Le 6 avril, le téléphone de Kris va à nouveau s’allumer plusieurs fois pour vérifier le signal, et à nouveau le code PIN n’est pas rentré. La même journée, les parents de Kris et Lisanne arrivent au Panama.

Deux touristes français qui faisaient de la randonnée à plusieurs kilomètres d’El Pianista ont été surpris de constater la présence de plusieurs policiers et sauveteurs. Et alors qu’ils se trouvent à un poste de garde, un homme leur aurait raconté quelque chose d’effrayant. Le 5 avril, il prétend avoir entendu des cris terrifiés de femme, un bruit de chute, et avoir vu par la suite trois hommes s’enfuir sur le sentier.

Du 7 au 10 avril, il y eu 90 tentatives d’entrer le code PIN du téléphone de Kris. Le 14 avril, toujours sans aucune trace des deux filles, les recherches sont définitivement arrêtées. Deux mois plus tard, le 13 juin 2014, dans le village Alto Romero qui se trouve à 8 heures de marche du sommet d’El Pianista, une indigène découvre un sac à dos près de la rivière. Le sac, qui est parfaitement conservé, est remit à la police. A l’intérieur on y trouve un téléphone, des lunettes de soleil, un soutien-gorge, un appareil photo et un passeport appartenant à Lisanne, une carte d’assurance, un soutien-gorge et un téléphone appartenant à Kris, ainsi qu’une bouteille d’eau et 83 dollars.

Le contenu du sac à dos

Lorsque les policiers fouillent le contenu des téléphones et de l’appareil photo, ils découvrent alors les photos des filles prises le 1er avril au début de leur randonnée, les nombreux appels passés au 112 et au 911, mais ils découvrent également des images à la fois intrigantes et inquiétantes.

Juste après les photos prises de jour lors de la randonnée, on découvre des photos prises de nuit, entre 1h et 4h du matin. Sur les 90 photos prises de nuit, 87 ne montraient rien d’autre que le noir complet.

Les photos prises de nuit

On se demande si ces photos ont bien été prises par Kris et Lisanne. Si c’est le cas, quel est le but de ces photos ? Selon les enquêteurs, la théorie la plus plausible est que les filles cherchaient à utiliser le flash de l’appareil pour retrouver leur chemin la nuit.

Mais par la suite, on découvre un autre détail assez troublant concernant les photos. En effet, les photos prises par les filles sont numérotées, et entre la photo 508 et 510, on remarque qu’il manque la photo 509, soit celle qui se trouve entre la dernière photo prise de jour, et la première photo prise de nuit. Pourquoi les filles auraient-elles pris le temps d’effacer la numéro 509 parmi toutes les autres photos, dans quel but ?

Toujours en juin 2014, peu après la découverte du sac à dos, une battue est organisée. Feliciano et une équipe d’indigène vont retrouvé le short en jean de Kris à quelques kilomètres de l’endroit où le sac à dos fut trouvé, non loin d’Alto Romero. La police dit que le short fut retrouvé soigneusement plié sur un rochet, mais les locaux affirment qu’il a en fait été retrouvé dans la rivière. Près de l’endroit où le sac à dos fut retrouvé, Feliciano fera également la macabre découverte d’un morceau de pelvis et d’une chaussure avec un pied resté à l’intérieur. Les tests ADN révèlent que le pelvis appartient à Kris, et que le pied est celui de Lisanne. On trouvera également aux alentours pas moins de 33 ossements, et selon les tests ADN, tous appartiennent aux deux filles, sauf trois fragments qui ne correspondent à aucun autre ADN. Les ossements des filles et le sac à dos furent tous découvert aux alentours d’Alto Romero, séparés par plusieurs kilomètres.

Lorsque les ossements des filles sont analysés, on remarque qu’il reste des bout de peau sur les os de Lisanne, tandis que les os de Kris ont comme été blanchis. Selon l’anthropologue, il semble que le morceau de peau de Lisanne ait été gardé dans un endroit confiné. Et bien que les ossements aient été retrouvés dans les mêmes zones, ceux de Lisanne ont une décomposition différente de ceux de Kris. On se demande alors si Lisanne aurait survécu plus longtemps après Kris, et qu’elle aurait été retenue quelque part.

L’état de son sac à dos pourrait confirmer cette hypothèse. En effet, le sac a été retrouvé dans un état impeccable, alors qu’il est censé être resté 2 mois dans la forêt tropicale. Au milieu de la pluie, de la chaleur, de l’humidité et des animaux, il aurait obligatoirement gardé des séquelles de cet environnement. Selon les experts, tout porte à croire que Lisanne ne serait pas morte de causes naturelles liées à une chute ou une noyade. Mais le gouvernement du Panama insiste sur le fait que la mort des deux hollandaises serait dû à un accident.

Plusieurs touristes ayant emprunté le même chemin de randonnée que les filles affirment qu’il est impossible de s’y perdre. Kris et Lisanne auraient-elles été suivies par un prédateur ? Les soupçons vont se porter sur le guide Feliciano. En effet, cet homme est connu pour aimer être entouré de femmes touristes et leur faire des avances lors des expéditions. Bien avant la disparition des hollandaises, plusieurs femmes qu’il a accompagné se sont déjà plaintes de son comportement qu’elles ont trouvé déplacé. Certains pensent même qu’il aurait pu manipuler des preuves lorsqu’il s’est retrouvé seul dans la chambre des filles, et ils soulignent que ce soit lui qui, étrangement, ait découvert les ossements des hollandaises ainsi que le short de Kris. Mais il n’y a pas de preuves concrètes pour l’accuser.

En février 2017, une jeune américaine de 23 ans nommée Catherine Johannet a été retrouvée morte étranglée non loin d’El Pianista. Mais il existe plusieurs autres cas de disparitions et de morts mystérieuses de touristes dans le coin. Que se passe-t-il dans les forêts du Panama ? Un tueur en série serait-il en liberté ?

L’affaire Missy Bevers : était-elle attendue par son meurtrier ?

Terry « Missy » Bevers est née le 9 août 1970 à Graham au Texas. En 1998, elle se marie avec Brandon Bevers avec qui elle aura trois filles. Missy vivait à Midlothian dans l’Etat du Texas avec sa petite famille. Dynamique et sportive, elle exerçait en tant que professeur de fitness et était très appréciée par ses élèves.

Missy avait pour habitude de donner ses cours de fitness très tôt le matin sur le parking d’une église, la Creekside Church. Depuis quelques jours il pleut averse sur la région, et le 17 avril 2016 Missy poste un message sur Facebook où elle informe ses élèves que le cours de fitness du lendemain sera maintenu, mais au lieu se de dérouler sur le parking il se fera donc exceptionnellement à l’intérieur de l’église.

Le 18 avril 2016, vers 3h50 du matin, les caméras de surveillance à l’intérieur de l’église filment une personne non identifiée et affublée d’une tenue de policier et d’un casque, qui erre seule dans les couloirs. On pense d’abord à quelqu’un qui s’est infiltré dans l’église dans le but de voler des objets, mais on se rend rapidement compte que l’individu n’a pas le profil d’un cambrioleur. Il déambule tranquillement dans l’église, ouvre certaines portes, mais il ne prend aucun objet. Cependant, on remarque qu’il tient un marteau à la main. Son attitude calme et détachée semble montrer qu’il attend quelqu’un. A 4h16, une caméra de surveillance filme Missy arriver à l’église et y entrer afin de préparer son cours qui doit se dérouler une heure plus tard. Vers 5h06 du matin, les élèves de Missy appellent le 911 lorsqu’ils découvrent son corps sans vie dans l’église.

Les images du suspect

La pauvre femme baigne dans une marre de sang, et lorsque les secours arrivent, ils ne peuvent que constater son décès. Elle présente des blessures importantes à la tête et au thorax. Un examen du bâtiment a révélé que l’intrus était entré par effraction par une porte latérale. Il est clair pour les enquêteurs qu’il s’agit bien d’un meurtre prémédité, et non d’un cambriolage qui aurait mal tourné. Encore une fois, l’attitude du suspect ne correspond pas à un cambrioleur, il ne semble pas s’intéresser à ce qui se trouve dans les pièces, et après vérification on constate qu’aucun objet n’a été volé dans l’église. Sur les caméras, on le voit en revanche taper plusieurs dans le mur d’un couloir avec son marteau, comme s’il cherchait à faire croire à un cambriolage qui aurait tourné à la lutte. De plus, on pense qu’il devait forcément savoir que Missy devait se rendre à l’église à cette heure-là, et qu’elle serait seule.

Lorsqu’on se penche sur les images filmées cette nuit là, on remarque que l’individu a une démarche assez particulière, il marche les jambes en « canard », et semble presque boiter de la jambe droite. On pense qu’il ferait entre 1m57 et 1m70. Certains ont même penser qu’il pourrait s’agir d’une femme. Il est fort probable que le meurtre de Missy fut filmé par les caméras à l’intérieur de l’église, mais les images ne furent jamais rendues public. Un minuscule ADN sera retrouvé sur la scène de crime, mais malheureusement pas en quantité suffisante pour être analysé.

Rapidement, les enquêteurs font une nouvelle découverte. Plus tôt ce matin-là, environ deux heures avant le meurtre, une Nissan Altina de 2010-2012 a été filmée par des caméra de surveillance en train de circuler sur le parking d’un magasin SWFA Outdoor, situé à environ 800 mètres de l’église. Le conducteur, qui n’a pas été identifié, a une attitude des plus étranges. A bord de sa voiture, on le voit faire lentement le tour du bâtiment, s’arrêter quelques minutes, éteindre ses feux et les rallumer, pour ensuite continuer à faire le tour du magasin. Ce petit manège dure environ six minutes. Mais tout comme le conducteur, la plaque d’immatriculation du véhicule n’a pas pu être identifiée.

L’entourage de Missy sera rapidement interrogé, dont Brandon, son mari. L’attitude de Brandon a été jugée suspicieuse car il disait ne pas vouloir savoir qui aurait pu commettre cet acte, mais l’homme possède un alibi : au moment des faits, il se trouvait à plus de 965km d’ici. Il précise plus tard que s’il voulait se tenir éloigner de l’enquête, c’était pour le bien de ses filles qui étaient très perturbées par les événements. Plus tard, une amie de Missy va confier aux enquêteurs que quelques jours avant le meurtre, Missy avait reçu un message anonyme sur LinkedIn qu’elle avait jugé inquiétant, mais elle ne se rappelle plus du pseudonyme du profil.

Rapidement, les soupçons vont ensuite se tourner vers Randy Bevers, le père de Brandon, et donc le beau-père de Missy. En effet, on constate que la corpulence ainsi que la démarche du suspect et celle de Randy ont des similitudes particulièrement troublantes, voire quasiment identiques.

Brandon et Randy Bevers

Quatre jours après le drame, on apprend que Randy s’était présenté au pressing avec un t-shirt tâché de sang. Il disait qu’il s’agissait du sang de son chien qui s’était battu avec un autre chien. Le vétérinaire sera interrogé, et il confirmera l’histoire. Mais les soupçons continuent de peser sur lui. On apprend alors que comme son fils, Randy a un alibi : il se rendait en Californie avec sa femme au moment du meurtre. Mais cela ne rassure pas l’opinion public. Il est étrange que précisément ce jour-là, Randy et Brandon aient fait en sorte de se fournir chacun un alibi en se trouvant très loin de la ville.

Mais dans ce cas, si Randy est bien le coupable, pourquoi s’en serait-il prit à sa belle-fille qui était une femme sans histoires ? Certains avancent la théorie qu’il aurait fait cela pour aider son fils qui subissait une situation compliquée avec sa femme. En effet, depuis quelques temps, le couple avait des problèmes financiers et relationnels. En fouillant le téléphone portable de Missy, on trouvera également des messages échangés avec des hommes, où elle semblait flirter avec eux. Les enquêteurs se demandent alors si Missy avait déjà trompé Brandon, et qu’il avait décidé de se venger avec l’aide de son père. En tout cas, aucun nom d’un potentiel amant ne fut révélé, et les enquêteurs finiront pas écarter Randy de la liste des suspects, faute de preuves tangibles.

Etant donné que l’intrus de l’église fut également soupçonné d’être une femme, les enquêteurs se sont un peu plus penchés sur cette théorie. Comme Missy flirtait apparemment avec d’autres hommes, peut-être s’agissait-il de la femme vengeresse d’un de ses amants ? La femme porterait des chaussures trop larges ou trop lourdes, ce qui expliquerait cette démarche étrange. Elle aurait également pu s’ajouter plusieurs couches de vêtements afin de tromper sur sa corpulence. Mais pourquoi cet habit de policier ? Peut-être que l’époux de cette femme était policier, et qu’elle avait utilisé son uniforme pour se déguiser aux yeux des caméras. Peut-être s’agissait-il d’une manière d’éviter les problèmes avec de potentiels témoins : en voyant un policier vaquer à ses occupations, les gens n’oseraient sans doute pas l’importuner. Le déguisement aurait également pu servir à approcher plus facilement Missy, qui aurait baisser sa garde à la vue de ce prétendu policier. Il y eut également la théorie d’un tueur à gage qui aurait été engagé par Randy et Brandon, leur permettant ainsi de se créer leurs alibis. Mais encore une fois, cela ne reste qu’une supposition.

Malgré les images de vidéosurveillance de l’individu et de la voiture suspecte filmée la même nuit, on ne sait toujours pas qui a pu s’en prendre à cette mère de famille appréciée de tous, ni pourquoi. Cependant, bien que Randy fut écarté de la liste des suspects par la police, il reste tout de même le principal coupable aux yeux de l’opinion public. Non seulement à cause des fortes similitudes entre lui et l’intrus de l’église, mais également car il connaissait l’emploi du temps de Missy. Mais encore une fois, il n’y a pas assez de preuves concrètes pour l’inculper.

Au moment de sa mort, Missy avait 45 ans. Elle laisse derrière elle ses trois filles, qui sont maintenant élevées par Brandon.