La disparition d’une jeune mère : le cas d’Unique Harris.

Unique Raquel-Leona Harris est née le 31 janvier 1986. Décrite comme une jeune femme souriante, généreuse et sans histoires, elle était également mère de deux garçons. Suite à sa séparation avec le père de ses enfants, elle décide de quitter l’Etat de la Virginie avec ses fils âgés de 4 et 5 ans pour s’installer à Washington, dans le but de se rapprocher de sa mère, Valencia Harris. Unique et ses enfants déménagent donc à la fin de l’été 2010.

Ayant peu de moyens, ils vivaient dans un quartier ayant un taux de criminalité assez élevé. Le père de ses enfants refusait de lui verser l’argent de la pension alimentaire et Unique faisait de son mieux pour subvenir aux besoins de ses garçons. Elle comptait d’ailleurs reprendre ses études pour devenir massothérapeute ou infirmière auxiliaire.

A l’automne 2010, Unique téléphone à sa cousine Tiffanee et lui propose d’organiser chez elle une pyjama party pour la fille de celle-ci, Talaya, âgée de 9 ans, dont l’anniversaire était pour bientôt. Elle ajoute que cela serait également l’occasion pour Talaya de s’amuser avec ses cousins. Le soir du 9 octobre 2010, Tiffanee dépose Talaya chez Unique. La soirée se passe sans encombre, Talaya et les fils d’Unique regardent des films tout en mangeant du pop-corn. Unique couche les enfants vers 21h30 puis retourne au salon.

Unique avec ses fils

Le lendemain matin, lorsque les enfants se réveillent, ils se rendent compte que Unique ne se trouve pas dans l’appartement. Talaya parvient à appeler sa mère et lui dit que Unique est introuvable. Tiffanee ne s’inquiète pas immédiatement, pensant que sa cousine était partie rapidement acheter quelque chose pour le petit-déjeuner, mais elle fini finalement par rejoindre l’appartement. Lorsqu’elle arrive chez sa cousine, les enfants lui annoncent que Unique n’est toujours pas revenue et que cela fait au moins deux heures qu’ils sont seuls. Commençant à s’inquiéter, Tiffanee fouille l’appartement et découvre que Unique a laissé son sac à main avec ses papiers d’identité et sa carte de crédit. Elle remarque également qu’un coussin du canapé a été découpé. Son téléphone portable est introuvable, mais la panique monte d’un cran lorsqu’elle découvre que Unique a laissé ses lunettes de vue sur son oreiller. En effet, Unique ne faisait jamais rien sans ses lunettes car elle voyait très mal et elle ne portait pas de lentilles de contact, ce qui rendait la situation d’autant plus inquiétante.

En panique, Tiffanee appelle Valencia Harris et lui explique la situation. Valencia comprend immédiatement que quelque chose de grave se trame et elle ne va pas tarder à agir, cherchant sa fille partout, distribuant des affiches, tapant aux portes pour demander si quelqu’un avait vu Unique, mais la jeune mère de 24 ans s’était comme volatilisée. Pour les proches d’Unique il était évident qu’il ne s’agissait pas d’une fuite volontaire, car elle était partie sans ses affaires ni ses lunettes qui lui étaient indispensables. De plus, Unique était une jeune mère totalement dévouée à ses enfants et il était impensable qu’elle ai pu les quitter d’elle-même. Mais peu de temps avant sa disparition, Unique avait été témoin d’un meurtre en bas de chez elle alors qu’elle était au téléphone avec sa mère. Quelqu’un avait-il voulu l’éliminer pour avoir été témoin de ce meurtre ? De plus, il était plausible que quelqu’un ai pu entrer par effraction chez elle car son immeuble n’était pas sécurisé et en mauvais état.

La petite Talaya dira qu’elle s’était réveillée une fois durant la nuit du 9 au 10 octobre et qu’elle avait entendu Unique parler à quelqu’un, puis elle s’était rendormie. Les relevés téléphoniques de Unique montreront qu’elle avait discuté avec son petit ami jusqu’à 3h du matin ce soir-là. Le petit ami d’Unique, nommé Parris, sera interrogé par les policiers mais rien ne put le rattacher à la disparition de la jeune femme. Les fils d’Unique parleront aux enquêteurs d’un homme nommé Isaac Moye, qui était un ami. Durant son interrogatoire, Moye fera comprendre aux enquêteurs qu’il avait un faible pour Unique mais il ajoutera que leur relation était purement amicale car il savait qu’elle avait un petit ami. Il se contredira dans un autre interrogatoire où il dira que lui et Unique avaient peut-être déjà eu une aventure ensemble, pour ensuite à nouveau dire le contraire.

Les enquêteurs ont fini par laisser partir Isaac Moye malgré ses contradictions car ils n’avaient pas assez d’éléments pour l’inculper. En 2021, Moye sera finalement arrêté pour son implication présumée dans la disparition d’Unique Harris. Peu après la disparition d’Unique, les enquêteurs avaient récolté du sperme sur l’un des coussins découpés du canapé de la jeune femme, mais il a fallu attendre 2017 pour confirmer que cet ADN appartenait bien à Moye. La même année, un détective affecté à l’affaire interrogera l’un des fils d’Unique ; il dira qu’il avait peut-être vu Moye dans l’appartement avec sa mère le soir du 9 octobre 2010, mais qu’il n’était pas sûr. De plus, en 2010, Moye était en liberté conditionnelle après avoir purgé une peine de prison pour agression, et il portait un bracelet GPS à la cheville. D’après les données GPS de ce bracelet, l’homme s’était bien rendu à l’adresse d’Unique le 9 octobre à 22h39 avant de repartir le lendemain matin à 7h20. Ces informations n’ont été rendues publiques que récemment et on ne sait pas exactement quand les enquêteurs ont pu les obtenir.

Durant le procès, Ashley, la soeur d’Unique, a souligné la grande empathie de la jeune femme envers les autres. Elle ajoute qu’Unique faisait toujours passer le bonheur des autres avant le sien. Davantage de détails furent révélés et on y apprend que Isaac Moye avait rencontré Unique peu de temps après son arrivée à Washington et qu’il était tombé amoureux d’elle. Ces sentiments n’étaient pas partagés et Moye était jaloux et frustré qu’Unique puisse avoir un petit ami. Le sperme de Moye retrouvé sur le canapé suggère qu’il a pu y avoir une agression sexuelle ce soir-là, soit avant ou après le meurtre d’Unique.

En juin 2023, Isaac Moye est déclaré coupable de meurtre au deuxième degré. La famille d’Unique a déclaré qu’ils étaient soulagés après des années de prière pour obtenir justice, mais aussi à la fois un peu amer que l’homme n’ait pas été arrêté plus tôt. Malheureusement, à ce jour, le corps d’Unique n’a toujours pas été retrouvé.

L’affaire Alicia Allemeersch : elle sort chercher du pain et disparaît.

Alicia est née le 7 novembre 1986. Elle vivait à Charleroi, dans la province de Hainaut en Belgique. Ses parents, Rita et Marcel, sont divorcés et elle avait deux soeurs cadettes, Aurélie et Mégane, ainsi qu’un frère. Son père s’était installé à Montignies-sur-Sambre avec sa nouvelle compagne et Alicia avait principalement été élevée par sa mère. Elle est décrite comme une jeune femme au fort caractère qui n’hésitait pas à dire ce qu’elle pensait, mais elle avait aussi un côté plus sensible et naïf.

Elle était en couple avec un jeune homme nommé Judigaël et ensemble ils avaient eu une fille, Jenna, âgée de quelques mois au moment des faits. Ils avaient récemment emménager dans la rue Bosquetville, un endroit ayant mauvaise réputation. En effet, les trafics de drogues et les agressions y étaient monnaie courante, de plus l’endroit était assez sombre et en proie à la pollution sonore.

Alicia et sa fille Jenna.

Le soir du 12 novembre 2006, Alicia appelle une amie pour lui demander si elle peut lui dépanner du pain pour le petit-déjeuner du lendemain, mais son amie lui répond qu’elle n’en a pas. A ce moment-là Jenna et Judigaël dorment, Alicia décide donc d’aller chercher du pain elle-même au night-shop et de s’y rendre à pieds. Bien que son père lui ai souvent déconseillé de sortir seule la nuit, surtout dans un quartier aussi mal fréquenté que le sien, Alicia est téméraire et préfère se débrouiller plutôt que de réveiller son compagnon. Elle écrit une note qu’elle adresse à Judigaël pour le prévenir qu’elle sort acheter du pain et elle y note également l’heure où elle s’en va : 22h45.

Ce soir-là, Alicia est filmée par la caméra de surveillance d’une banque où elle se rend pour retirer 40 euros. Sur les images nous voyons qu’Alicia est au téléphone. On apprendra plus tard qu’elle était au téléphone avec un homme nommé François, qui se présentait comme son petit ami. En effet, Alicia et Judigaël avaient une relation tumultueuse et Judigaël était connu pour souvent aller voir d’autres femmes. François affirmera qu’Alicia avait l’air détendue et même joyeuse ce soir-là alors qu’il lui parlait au téléphone.

Vidéosurveillance montrant Alicia à la banque le 12 novembre 2006. (Source : RTL Info.)

Après être sortie de la banque elle s’est dirigé vers la rue de Marchienne, une autre rue connue pour être mal fréquentée et où traînent prostituées et junkies. Au bout de cette rue se trouve le night-shop dans lequel se rend Alicia pour y acheter du pain, chose qui sera confirmée par le propriétaire du magasin qui sera interrogé plus tard par les policiers. Alicia rappelle François en sortant du night-shop, et tandis qu’elle est sur le chemin du retour, elle lui confie qu’elle se sent suivie. Quelques instants après, elle lui dit simplement : « Attends, chouchou. » L’appel est ensuite brutalement coupé. François tentera de la rappeler, en vain. Le téléphone d’Alicia s’éteint puis se rallume brièvement avant de s’éteindre définitivement.

D’après le dernier bornage du téléphone d’Alicia, elle se trouvait à seulement 200 mètres de chez elle au moment où elle a disparu. Les policiers ont d’abord pensé à une fuite volontaire et on suggéré à la famille d’Alicia d’attendre 48 heures. Les jours suivants, après maintes insistances auprès du commissariat, une enquête est finalement ouverte. Pour les proches d’Alicia il est difficile de croire en une fuite volontaire ; la jeune femme était partie sans affaires, sans carte d’identité, elle n’avait retiré que 40 euros et surtout elle n’aurait jamais abandonné sa fille.

Aurélie, qui n’avait que 17 ans au moment des faits, dira qu’il était impossible qu’Alicia prévoit de s’enfuir sans lui en parler. Les deux soeurs étaient très proches et se disaient tout, et elle insiste sur le fait qu’Alicia n’aurait jamais quitter sa fille qu’elle adorait. Elle ajoutera qu’Alicia pouvait être impulsive et qu’elle n’était pas du genre à se laisser faire lorsqu’elle était importunée. Mais à côté de ce fort caractère elle pouvait aussi faire trop facilement confiance aux gens.

Laurence Gonze, une ancienne institutrice d’Alicia, va également se manifester. Elle ne croit pas non plus à un départ volontaire. « Trois semaines plus tôt, Alicia était venue m’attendre à la sortie de l’école pour me montrer sa petite fille Jenna. Je sais comme elle tenait à elle. Pour moi, il était exclu qu’Alicia ait pu abandonner son bébé. Refaire sa vie sans sa petite fille, c’était impensable. […] Il y a des élèves que l’on n’oublie pas. C’est le cas d’Alicia. »

Les policiers iront chercher des témoignages mais personne n’a vu ce qui s’est passé dans les rues de Charleroi cette nuit-là. Alicia s’est comme évaporée soudainement. La rivière franco-belge la Sambre sera également fouillée vers l’endroit où la jeune femme a disparu, sans succès. Pour les proches d’Alicia, la théorie la plus plausible est qu’elle a été enlevée et séquestrée. En 2007, Marcel Allemeersch va donner une interview et montrer le chemin que sa fille aurait emprunté cette nuit-là. En se dirigeant vers un tunnel, il déclarera : « C’est un raccourci. Il permet de gagner un quart d’heure de marche au moins si l’on désire se rendre au centre ville. Et c’est ce qu’Alicia a fait le soir de sa disparition. […] Ce lieu n’est jamais éclairé et donc, le soir, c’est un vrai coupe-gorge. J’ai souvent conseillé à ma fille de ne pas s’aventurer par ici, une fois la nuit tombée, mais elle ne voulait rien entendre. »

Judigaël sera interrogé sur les derniers instants qu’il a passé avec Alicia avant qu’elle ne disparaisse. Il dira qu’ils avaient regarder ensemble le film d’horreur Scream puis qu’ils avaient eu une relation sexuelle sur le canapé. Suite à cela, il s’était endormi et c’est peu après qu’Alicia aurait été chercher du pain. En se réveillant vers 23h, il avait lu la note qu’elle lui avait laissé avant de sortir et de ne plus jamais revenir. L’écriture d’Alicia sera analysée et il s’agissait bien de la sienne. François sera également interrogé et il ne va pas changer sa version des faits. Peu de temps après la disparition d’Alicia, Judigaël va emménager avec une autre femme. Selon des sources proches du couple, non seulement il trompait Alicia mais il pouvait aussi se montrer violent avec elle. Par la suite, François et Judigaël passeront tous les deux le test du polygraphe avec succès, et les investigations ne montreront rien qui puisse les inculper. Les deux hommes sont donc mit hors de cause.

En revanche, d’autres sources proches du couple affirment que Judigaël avait déjà trompé Alicia avec sa propre soeur, Mégane, qui était toujours mineure. D’ailleurs, deux ans après la disparition de la jeune femme, Mégane et Judigaël vont emménager ensemble et avoir un enfant. Dans une interview, Mégane racontera qu’en étant en couple avec Judigaël elle avait subit les mêmes violences conjugales que celles endurées par sa soeur. Malgré cela elle soutient que l’homme n’est pas impliqué dans la disparition d’Alicia, et rien dans l’enquête n’a pu remettre en cause sa culpabilité. Pour les proches d’Alicia, la piste de l’enlèvement restera toujours la plus plausible.

Rita est décédée sans jamais savoir ce qui est arrivé à sa fille. En 2020, Judigaël et Jenna, qui était âgée de 14 ans, vont passer un appel à témoin sur la chaîne RTL TVI où ils raconteront la disparition d’Alicia. Jenna conclura par : « J’ai toujours un peu d’espoir mais ce n’est pas facile. J’aimerais qu’elle revienne, qu’elle vienne toquer à la porte et que je puisse aller dans ses bras. […] J’essaie de mener ma propre enquête pour essayer de trouver plus d’informations, une piste qui me permette d’aller jusqu’à la personne qui l’a enlevée. […] Maman, si tu m’entends, tu me manques et je t’aime. J’aimerais que tu reviennes. » A ce jour, Alicia Allemeersch est toujours portée disparue.

La disparition inquiétante d’Ashley Martinez.

Ashley Renee Martinez est née le 24 janvier 1989 et vivait dans l’Etat américain du Missouri. Elle était la cadette d’une famille de trois enfants et était décrite comme une jeune fille dynamique avec un bon sens de l’humour. Elle aimait la natation, la lecture, passer du temps avec ses amis et envisageait de devenir mannequin. Ashley a cependant été diagnostiquée avec de l’asthme ainsi qu’avec des troubles bipolaires pour lesquels elle devait prendre des médicaments au quotidien. Si elle ne prenait pas correctement son traitement, elle pouvait manifester un comportement impulsif et de violents sautes d’humeur que les médecins jugeaient à risque.

Le 6 juillet 2004, Tammy Mack, la mère d’Ashley, la dépose avec son petit frère à la piscine municipale Krug Pool située à St Joseph Avenue, à environ 1h de route de Kansas City. Les témoins qui se trouvaient à la piscine ce jour-là diront que Ashley y était restée quelques heures avant d’emprunter un téléphone pour appeler quelqu’un. Suite à cela elle finira par quitter la piscine et ce sera la dernière fois qu’elle sera vue.

Lorsque Tammy est revenue récupérer ses enfants elle a été surprise de voir que seul son fils est présent. Le jeune garçon va dire à sa mère que Ashley avait quitté la piscine municipale et était montée dans la voiture d’un homme qu’il avait supposé être un ami à elle. Cette annonce va être un choc pour Tammy et elle va directement se rendre à la police.

Au début Tammy pensait que sa fille avait fugué comme elle l’avait déjà fait. En 2001, Ashley avait fait une fugue mais était rapidement rentrée chez elle saine et sauve. Selon Tammy, Ashley avait parfois des comportements rebelles à cause des règles que lui imposaient ses parents, comme respecter le couvre-feu et la forcer d’aller à l’école même lorsqu’elle n’avait pas envie. Mais cette fois, Ashley avait laissé la plupart de ses effets personnels derrière elle et n’avait pas emmené ses médicaments. Selon Tammy, sa fille n’avait pas de raisons de fuguer, d’autant plus que peu avant sa disparition ils avaient adopté un chat que Ashley adorait et elle semblait heureuse. Malgré le fait qu’elle pouvait se montrer rebelle quelque fois, elle n’avait pas de problème familiaux ni de problèmes scolaires.

Mais lorsque les amis d’Ashley seront interrogés ils affirmeront qu’elle leur avait déjà parlé de s’enfuir. L’enquête a dévoilé qu’Ashley avait pu partir avec Christopher Matthias Hart, âgé de 32 ans au moment des faits. La description de l’homme donnée par les témoins de la piscine va corroborer cette affirmation. Hart avait été arrêté plusieurs fois pour du trafic de drogue, pour agression et pour possession illégale d’arme à feu. A cette époque, il était confiné à son domicile sur ordonnance du tribunal. Mais en juin 2004, il avait violé sa probation et devait assister à une audience le 8 juillet suivant. Il n’assistera jamais à cette audience et le tribunal va exécuter un mandat d’arrêt contre lui.

Durant l’automne 2004, Denise Campbell, qui était l’ancienne directrice de l’école d’Ashley, affirmera avoir aperçu la jeune fille en compagnie d’un homme afro-américain. Ashley lui aurait fait un signe de la main au loin avant de partir vers le nord sur la rue Leonard. Brad Kerns, l’enquêteur principal et sergent du département de police de St Joseph, a déclaré que Christopher Hart restait une personne d’intérêt dans la disparition d’Ashley. Peu après la disparition de la jeune fille, Hart se fera arrêté pour le vol d’un sac à main à Olympia, dans l’Etat de Washington. Il va donner un faux nom lors de son arrestation, de ce fait les forces de l’ordre ne sauront pas qu’il était recherché dans le Missourri et Hart sera libéré. Il se fera de nouveau arrêté en septembre 2004 à Washington, et cette fois sa véritable identité et les accusations portées contre lui seront découvertes.

Hart était hébergé chez un cousin à Olympia et lorsque ce cousin sera interrogé il dira qu’il ne connaissait pas Ashley et qu’il ne l’avait jamais vue. Hart sera également interrogé mais refusera de dire quoique ce soit sur la jeune fille. Alors qu’il se trouve en prison il sera envoyé en hôpital psychiatrique pour une évaluation.

Julie Wahlgren, une cousine de Hart, a confirmé qu’il connaissait Ashley et qu’elle les avaient déjà vus ensemble au domicile de l’homme. Elle a également affirmé qu’ils avaient prévu un voyage ensemble dans l’Oregon. Julie était censée les accompagner mais avait décliné à la dernière minute. Hart a été emprisonné et libéré plusieurs fois au cours des années et il est actuellement en prison dans l’attente de son procès pour possession illégale d’arme et violence domestique, mais il n’a pas été inculpé pour la disparition d’Ashley Martinez. A ce jour Ashley est toujours portée disparue.

L’étrange disparition de Stevie Bates.

Stevie Danielle Bates est née le 29 décembre 1992 à New York. Ses parents sont Darryl et Vivian, et elle avait également une soeur aînée nommée Sherina. Ses proches la décrivent comme une jeune fille sociable, extravertie et très intelligente. Elle était d’ailleurs diplômée de la Bronx High School of Science, l’une des écoles de sciences les plus prestigieuses des Etats-Unis. Suite à cela, elle avait obtenu une bourse d’étude et devait initialement rejoindre l’Université d’Arizona avant de changer d’avis pour aller étudier au Hunter College, un établissement de l’Université de New York.

A l’automne 2011 elle rejoint le mouvement Occupy Wall Street qui tend à lutter contre les inégalités entre les riches et les pauvres, et elle avait participé à de nombreuses manifestations. Peu avant sa disparition, Stevie va subitement perdre l’une de ses amies. Cela va être un tel bouleversement qu’elle va commencé à souffrir d’anxiété, de claustrophobie et de dépression. Elle va également commencé à se négliger et à changer d’apparence en coupant et blanchissant ses cheveux. Sa mère dira que Stevie était devenue plus renfermée sur elle-même et plus solitaire suite à cela.

Stevie après son changement d’apparence

Au printemps 2012, la famille de Stevie achète une maison dans le comté de Westchester. La maison nécessitait des travaux et pendant ce temps Stevie devait rester à Brooklyn en étant hébergée soit par sa soeur soit par des amis. A la mi-avril 2012, il était prévu qu’elle fasse un voyage dans le nord de la Californie avec trois amis qui faisaient également parti du mouvement Occupy Wall Street. Le 19 avril, alors qu’elle se trouve en Virginie, Stevie appelle sa mère et lui dit qu’elle utilise le téléphone d’un ami pour lui parler car elle a perdu son propre téléphone entre la Californie et la Virginie.

Le 23 avril, elle appelle à nouveau sa mère pour lui dire qu’elle et son groupe sont tombés en panne en Caroline du Nord mais qu’ils allaient prendre un bus pour rejoindre l’Arkansas. Le 27 avril, Stevie appelle à nouveau sa mère pour lui dire qu’elle est bien dans le bus censé la ramener à New York et qu’elle se trouve actuellement à Pittsburgh en Pennsylvanie. Vivian va lui proposer de la récupérer au terminal du bus, mais Stevie refuse en lui disant qu’elle se débrouillerait par elle-même. Elle lui fait également savoir qu’elle doit aller voir son ex petit ami avant de rentrer à la maison. Ce sera la dernière fois que Vivian parlera à sa fille.

La dernière apparition de Stevie provient d’une caméra de surveillance du terminal du bus, le 28 avril 2012 vers 9h00 du matin. Elle aurait été ensuite vue en train de marcher sur la 8eme rue. Suite à cela, on perdra toute trace de la jeune fille. Sans nouvelle de sa fille, Vivian va rapidement s’inquiéter et va vouloir déposer un rapport pour personne disparue, mais cela prendra du temps car aucune région ne voulait ouvrir une enquête sur son cas. Le 9 mai 2012, Vivian parvint à faire déposer un rapport de personne disparue auprès de la police de Yonkers.

Toujours en mai 2012, une vidéo est postée sur Youtube avec le titre « Stevie Bates on train» On y voit une personne être supposément Stevie qui est assise au bout d’une rangée de siège. L’homme à l’origine de cette vidéo sera interrogé et il dira qu’il avait filmé cela le 11 avril 2012, soit peu de temps avant que Stevie ne commence son voyage avec ses amis. Il dira également qu’après avoir entendu parler de la disparition de Stevie il avait décidé de poster cette vidéo pour tenter de cueillir de nouveaux indices. Il ajoutera que le train partait de Brooklyn à destination de Coney Island.

Image tirée de la vidéo Youtube « Stevie Bates on train »

La disparition de Stevie a eu droit à une large diffusion dans les médias, malheureusement il n’y aura aucun témoignage ni aucune piste permettant de mener jusqu’à la jeune fille. Vivian a toujours affirmé que sa fille n’avait pas disparue d’elle-même, car même si Stevie avait vécu une période difficile ce n’était absolument pas dans ses habitudes de s’enfuir sans donner de nouvelles, d’autant plus qu’elle était proche de sa mère.

Les enquêteurs vont s’intéresser à l’ex petit ami de Stevie, nommé Brandon Klosterman. L’homme était âgé de dix ans de plus que Stevie et était connu pour être un toxicomane. La famille de Stevie n’approuvait pas cette relation mais ils ont affirmé que la jeune fille ne semblait pas avoir de problème de drogue malgré ses fréquentations. Néanmoins, Brandon sera d’abord perçu comme une personne d’intérêt dans l’affaire. Il semblait méfiant et agacé d’être interrogé et avait affirmé avoir parlé une dernière fois à Stevie peu avant son périple en Californie. A cette époque il vivait dans une propriété qu’il squattait à côté d’un cimetière, et ce serait à cet endroit qu’il était censé rencontrer Stevie après son voyage. Lorsque les enquêteurs vont fouiller son compte Facebook ils vont réaliser que Brandon avait supprimé tous les messages que lui et Stevie échangeaient. Malgré ce comportement étrange ils ne trouvèrent rien de plus pour pouvoir l’inculper et Brandon fut écarté de la liste des suspects.

Stevie aurait bien échangé des messages sur Facebook avec Brandon ainsi qu’avec d’autres amis le 26 avril 2012, et sa carte bancaire n’a enregistré aucune activité depuis cette date. Même ses amis ne semblaient pas savoir ce qui lui était arrivé depuis la dernière fois qu’elle a été vue au terminal du bus le 28 avril.

Presque une décennie va passer sans plus aucune nouvelle ni observation de la jeune fille, mais le 18 septembre 2020 des ossements humains enroulés dans une couverture sont retrouvés lors d’une fouille sur un chantier de construction à Glendale dans le Queens. Le 30 mars 2021, la famille de Stevie annonce via le site « Find Stevie Bates » que les ossements ont bien été identifiés comme étant ceux de la jeune fille disparue en avril 2012. Cependant, la cause de sa mort n’a pas encore été déterminée.

Avec la découverte des ossements, la famille de Stevie a pu enfin lui offrir des funérailles. Mais Vivian espère toujours savoir qui est la personne responsable de la mort de sa fille. « Maintenant, nous prions juste pour un miracle, pour que quelqu’un se manifeste, pour que justice soit rendue. Pour Stevie. »

Candace Newmaker : morte lors d’une thérapie controversée.

Candace Tiara Elmore est née le 19 novembre 1989 à Lincolnton, dans le comté de Lincoln en Caroline du Nord. Elle était la fille biologique de Todd et Angela Elmore, elle avait également une soeur, Chelsea, et un frère, Michael. Les enfants Elmore vivaient dans un foyer dysfonctionnel d’où ils finirent par être retirés par les services sociaux avant d’être séparés. Par la suite, ses parents seront déchus de leurs droits parentaux.

En 1996, Candace se fera adoptée par Jeane Elizabeth Newmaker et changera de nom pour prendre le sien, devenant ainsi Candace Elizabeth Newmaker. Jeane était une femme célibataire qui exerçait en tant qu’infirmière praticienne en pédiatrie. Elle avait toujours voulu avoir un enfant et ne voulait pas attendre d’être mariée pour en avoir un, ce qui la poussera à se tourner vers l’adoption.

Jeane va vite déchanter lorsqu’elle s’aperçoit que la petite Candace ne semble éprouver aucun attachement pour elle, refusant ses câlins et autre marque d’affection. De plus, l’enfant a des comportements qui commencent à l’inquiéter. Selon ses dires, Candace avait froidement tué ses poissons rouge et aimait particulièrement jouer avec des allumettes. Elle était également décrite par Jeane comme ayant un manque d’empathie et pouvant devenir agressive à la maison. Ses professeurs, en revanche, la décrivent comme une petite fille sérieuse, polie, douce et travaillant assidûment. Jeane finira par lui faire consulter un psychiatre, et ce dernier va prescrire un traitement médicamenteux pour la petite fille qui ne fera qu’aggraver la situation.

Au début de l’année 2000, alors qu’elle cherche toujours une solution pour sa fille, Jeane rencontre le psychologue William Gobles. Elle lui explique la situation avec sa fille, et le psychologue lui dit qu’il pense que Candace souffre d’un grave trouble de l’attachement. Il va lui recommander des séances de Rebirthing, que l’on peut traduire par « renaissance » et qui est aussi appelé « thérapie de l’attachement. » Il s’agit d’une thérapie pseudoscientifique très controversée et utilisée sur les enfants adoptés ayant des problèmes de comportement, le but étant d’améliorer la relation de l’enfant avec ses parents adoptifs.

En avril 2000, Jeane et Candace se rendent à Evergreen, dans le Colorado, afin de commencer la thérapie d’une durée de deux semaines et facturée 7000$. La thérapie était réalisée par Connell Watkins, une femme ne possédant aucune licence mais pouvant tout de même exercer.

Connell Watkins

Lors des premières séances, Jeane voit des changements positifs chez sa fille qui semble devenir plus douce et qui accepte même de lui faire un câlin. Le 18 avril 2000, Connell Watkins veut mettre en pratique une séance plus intensive de rebirthing, qui doit avoir lieu dans son bureau à son domicile. Watkins commence en douceur, demandant à Candace de dessiner des objets puis elles discutent ensemble. Durant la discussion, Candace se met à bâiller et Watkins lui demande si elle a assez dormi. La fillette lui répond qu’elle a fait un cauchemar dans lequel elle mourait.

Peu après, la thérapie commence. Watkins est aidée par Julie Ponder, une thérapeute conjugale et familiale agréée en Californie ayant récemment déménagé dans le Colorado. Il y avait également deux assistants nommés Brita St Clair et son compagnon Jack McDaniel. Jeane Newmaker assiste également à la séance de thérapie qui est filmée. Candace est entièrement enroulée dans une couverture censée symboliser le ventre de sa mère, elle est également recouverte d’oreillers pour simuler un utérus. On lui explique qu’elle est censée simuler sa naissance pour l’aider à créer un lien avec sa mère adoptive. Les deux thérapeutes et les assistants s’assoient de tout leur poids sur elle et lui disent qu’elle doit se débattre pour se frayer un chemin hors de la couverture afin de renaître.

Une séance de rebirthing ( il ne s’agit pas de Candace )

Au bout de quelques minutes, Candace est toujours incapable de se libérer et elle commence à paniquer. Elle les supplie d’arrêter et leur dit qu’elle ne peut pas respirer, mais personne ne l’écoute. Julie Ponder lui demande « Tu veux renaître ou tu veux rester ici et mourir ? », mais Candace ne parvint pas à lui répondre alors qu’elle appelle à l’aide, suppliant pour qu’on la laisse respirer. Au bout de 20 minutes de torture Candace leur dit qu’elle est en train de mourir, ce à quoi Watkins lui répond : « C’est plus facile de mourir. Il faut beaucoup de courage pour naître. » Terrifiée, l’enfant vomi et défèque à l’intérieur de la couverture sous l’indifférence des adultes. Au bout de 40 minutes Jeane lui demande si elle veut renaître, et Candace répond faiblement « Non. » Ce sera son dernier mot.

Bouleversée par le comportement de sa fille qu’elle interprète comme un refus de renaître, Jeane est invitée à quitter la pièce avec les assistants, laissant Watkins et Ponder seules avec Candace. Elles continuent à lui dire des choses cruelles sans réaliser que la petite fille est inconsciente. Au bout de 70 minutes, la séance prend fin. En ouvrant la couverture, les thérapeutes se rendent compte que la petite fille est immobile dans son vomi. Juste après, Jeane revient dans la pièce et réalise que quelque chose ne va pas avec Candace. Elle lui pratique un massage cardiaque tandis que Watkins appelle le 911. Candace est transportée en urgence à l’hôpital de Denver où elle décède le lendemain.

Le procès de Connell Watkins, Julie Ponder, Jeane Newmaker, Jack McDaniel et Brita St Clair s’ouvre en 2001. Watkins va d’abord affirmé que la mort de Candace était un accident, mais les enregistrements des séances de Candace seront retrouvés et montrés aux jurés, ce qui constituera une preuve suffisante contre elle et les autres accusés. Jack McDaniel tentera de justifier leur indifférence face aux supplications de Candace, disant qu’ils croyaient qu’il s’agissait simplement d’un caprice.

Watkins et Ponder sont reconnues coupables de maltraitance d’enfant ayant entraîné la mort et ont été condamnées à 16 ans de prison. McDaniel et St Clair sont condamnés à 10 ans de mise à l’épreuve ainsi qu’à 1000 heures de travaux d’intérêt généraux. Quant à Jeane Newmaker, elle est condamnée à 4 ans de prison avec sursis. Connell Watkins sera finalement libérée sur parole en 2008, tout en restant sous surveillance et ayant l’interdiction d’exercer auprès des enfants.

Connell Watkins et Julie Ponder.
Jack McDaniel et Brita St Clair.

La mort de Candace lors d’un rebirthing n’est malheureusement pas un cas isolé. D’autres cas d’enfants décédés lors de thérapies de l’attachement ont été signalés dans les années 1990. Parmi eux, le cas de Krystal Tibbets, trois ans, morte en 1995 après que des thérapeutes aient conseillé à son père adoptif des pratiques similaires à celles utilisées pour Candace. La petite Krystal est morte asphyxiée et son père sera condamné à cinq ans de prison. Sa mère ne sera pas jugée.

L’un des professeur de Candace, profondément touché par sa mort, va militer pour faire interdire cette pratique. Il va d’abord demander l’aide de Jeane, mais celle-ci refusera. La « loi Candace » sera finalement adoptée par l’Etat du Colorado et de la Caroline du Nord en 2001, interdisant ainsi la thérapie du rebirthing.

George Smith : disparu en croisière pendant sa lune de miel.

George Allen Smith IV est né le 3 octobre 1978. Fils de Maureen et George Smith III, il avait une soeur aînée nommée Bree et était décrit comme quelqu’un de bienveillant, sociable et avec beaucoup de charisme. Il travaillait dans le magasin d’alcool tenu par ses parents à Greenwich dans le Connecticut et il était prévu qu’il reprenne le magasin lorsque ses parents partiraient à la retraite.

George a rencontré Jennifer Hagel en 2002. Leur entourage les décrivaient comme un couple complice et dont les personnalités s’harmonisaient parfaitement. « Dès le début, nous savions tous les deux que nous avions trouvé un grand amour l’un pour l’autre, et George est rapidement devenu une partie de ma très grande et aimante famille. Mes parents considéraient George comme un autre fils et mes frères et sœurs considéraient George comme leur nouveau frère bien avant notre mariage. » expliquera plus tard Jennifer.

Ils se marient le 25 juin 2005 à l’auberge de Castle Hill à Newport et décident de passer leur lune de miel dans une croisière qui naviguerait en Méditerrannée. Fin juin 2005, le couple part pour Barcelone afin d’embarquer sur le navire de croisière Brillance of the Seas. Cette croisière va leur permettre de voyager en Italie, en Grèce mais également en Turquie, et le couple vivait un moment de rêve.

George et Jennifer

Mais tout va basculer la nuit du 4 au 5 juillet 2005. Le couple avait passé la journée à Mykonos en Grèce, puis avait regagné le navire pour dîner au restaurant. Vers minuit George et Jennifer ont joué dans le casino avec le couple formé par Paul et Galina Kvitnisky, qu’ils ont rencontré sur le bateau et avec qui ils ont sympathisé. Ils avaient bu un peu d’alcool mais George aurait fini par être ivre au point que Paul et Galina lui auraient proposé d’aller se coucher. Ils diront que Jennifer était aussi ivre mais cela sera contredit par un autre couple qui avait discuté avec la jeune femme ce soir-là. Selon eux Jennifer n’était pas saoule, ou du moins elle n’en avait pas l’air. Des caméras de surveillance ont capturé les derniers instants de George alors qu’il quittait le casino.

Le 5 juillet vers 7h30 du matin, alors que le navire accoste à Kusadasi en Turquie, une adolescente nommée Emily Rausch sort sur le balcon de sa cabine pour prendre des photos. Mais lorsqu’elle regarde plus bas, elle découvre avec horreur une énorme tache de sang qui recouvre la verrière métallique d’un canot de sauvetage. Elle prit une photo de cette tache avant de la montrer à ses parents qui ont ensuite prévenu les autorités.

La tâche de sang

Ils ont pu déduire que le canot de sauvetage où se trouvait le sang se situait en dessous de la cabine de George et Jennifer Smith. Des agents de sécurité sont venus toquer à la porte mais personne n’a répondu. Ils sont donc entrés dans la cabine et ont remarqué que le couple était absent, bien que leurs affaires étaient toujours sur place. Ils finirent par trouver Jennifer dans un Spa où elle était censée recevoir un massage avec son mari, mais George n’est pas avec elle. La jeune femme sera emmenée pour être interrogée et elle dira avoir des souvenirs flous après être partie du casino cette nuit. Elle dira s’être réveillée vers 8h00 et que George n’était pas avec elle dans la cabine. Elle ajoutera qu’elle a pensé que George avait pu dormir ailleurs ou qu’il était resté avec le couple Kvitnisky, et qu’elle ne s’était pas inquiété car elle savait qu’il était quelqu’un de responsable et de débrouillard. Elle s’est ensuite dirigé au Spa pour recevoir le massage qu’elle avait réservé pour elle et son mari, pensant qu’elle le trouverait à cet endroit.

Jennifer est ensuite mise au courant pour la trace de sang juste en dessous de leur cabine ainsi que pour la disparition de George. « George était « accidentellement » tombé par-dessus bord, selon les responsables de la croisière et le capitaine du navire. Ne réalisant pas que quelque chose n’allait pas jusqu’à ce que je reçoive cette horrible nouvelle d’employés de croisière qui avaient trouvé du sang sous notre balcon, j’ai commencé à entrer dans un état de choc. Le cauchemar pour nous tous venait de commencer. » dira plus tard Jennifer.

C’est John Hagel, le père de Jennifer, qui a eu la lourde tâche d’annoncer la terrible nouvelle à la famille de George. « 6h30 du matin, le téléphone a sonné, et j’ai entendu quelqu’un pleurer. C’était le père de Jennifer… il sanglotait de façon incontrôlable et il a dit : ‘Quelque chose de terrible est arrivé à George sur le bateau de croisière. Il a disparu’. » racontera plus tard Maureen Smith.

Le consulat Américain ainsi que les autorités turques ont été prévenus de la disparition mystérieuse de George et la police turque va monter sur le bateau pour enquêter. Ils ont interrogé les dernières personnes qui auraient vu George vivant ; il s’agissait de trois cousins américano-russes nommés Rusty Kofman, Greg Rozenberg et Zach Rozenberg. Il y avait également un étudiant américain, Josh Askin.

Ils diront avoir rencontré le couple Smith la nuit du 5 juillet au casino. Lorsque le casino a fermé vers 3h30, les quatre hommes seraient parti en discothèque avec George et sa femme. Josh affirmera avoir vu Jennifer flirté avec le capitaine du bateau, un certain Lloyd Botha, mais personne d’autre n’a pu corroborer ces affirmations. Les quatre hommes diront que George était si ivre qu’ils l’ont raccompagné dans sa cabine vers 4h00 du matin et qu’ils l’auraient aidé à se mettre au lit, avant de rentrer dans leur propre cabine et de commander auprès du service de chambre. Jennifer, quant à elle, avait été retrouvée évanouie dans un couloir de l’autre côté du navire vers 4h30 et avait été ramenée dans sa cabine par des agents de sécurité.

Ces derniers affirmeront que George était absent et qu’il n’y avait personne d’autre dans la cabine à ce moment-là. En fouillant la cabine du couple, l’équipe médico-légale remarque qu’il n’y aucun signe de lutte, mais ils découvrent des traces de sang dans les draps. S’ajoutant à l’énorme tâche de sang juste en dessous du balcon, la police a soupçonné un acte criminel. Cet avis sera également partagé par la famille de George qui ne croyait pas à la thèse de l’accident comme l’affirmait le capitaine du navire.

La cabine des Smith durant la fouille.
Les traces de sang sur les draps.

Des témoins auditifs diront avoir entendu des gens se disputer sur le balcon de la cabine du couple aux alentours de 4h00 du matin. Ils diront également avoir entendu des bruits comme si quelqu’un déplaçait des meubles ou cherchait quelque chose dans la cabine. Ces témoins avaient prévenu les agents de sécurité mais aucun employé ne viendra vérifier. L’un de ces témoins, Cletus Hyman, qui avait sa cabine voisine à celle des Smith, ajoutera qu’il avait regardé par le judas de sa porte et qu’il avait vu trois hommes quitter la cabine du couple vers 4h15. Quelques minutes plus tard, il entendit une voix parler depuis le balcon des Smith puis ce fut le silence avant qu’il n’entende un « horrible bruit sourd », comme si quelqu’un était tombé du balcon. Hyman va à nouveau appeler la sécurité qui va aller toquer à la porte des Smith, mais personne ne leur ouvrit. Ce n’est que peu de temps après qu’ils ont découvert Jennifer évanouie et qu’ils l’ont ramenée dans sa cabine.

Au matin, peu après le passage des autorités turques, une équipe de nettoyage a été autorisée à entrer dans la cabine du couple pour faire le ménage et le capitaine va demander à ce que la tache de sang sur la verrière soit également nettoyée. Le jour même, Jennifer a dû récupérer ses affaires et rester seule en Turquie pour être interrogée par la police tandis que le bateau repartait pour rejoindre l’Italie. Son père va rapidement lui transférer de l’argent pour qu’elle puisse s’acheter un billet d’avion et rentrer aux Etats-Unis. Cette décision sera critiquée plus tard par les Smith qui ne comprendront pas pourquoi Jennifer n’avait pas essayé de regagner le bateau et d’y chercher son mari.

Les quatre hommes qui auraient vu George pour la dernière sont restés sur le bateau. En se renseignant sur leur profil, on découvre qu’ils avaient des comportements problématiques : ils étaient souvent ivres et se montraient agressifs verbalement et physiquement, à tel point que plusieurs personnes s’étaient plaintes auprès du personnel. Peu après la disparition de George, alors que le navire est en route vers l’Italie, une jeune femme de 18 ans va les accuser d’avoir abuser d’elle alors qu’elle était ivre et qu’ils l’avaient filmée pendant qu’ils l’agressaient sexuellement.

Les quatre hommes vont donc être détenus dans une pièce et ils vont ensuite être expulsés le 10 juillet alors que le navire accostait à Naples. Ils ont remit ces hommes aux autorités italiennes à cause des allégations d’agression sexuelle; mais les autorités italiennes ont rétorqué qu’ils ne pouvaient rien y faire car cela s’était produit en mer et non sur leur territoire. En 2012, le FBI va rendre publique des enregistrements personnels de ces quatre hommes datant de 2005 : on les entend se moquer ouvertement de la mort de George, puis Greg Rozenberg est filmé en train de se vanter :« Je vous l’avais dit que j’étais un gangster ! »

Le FBI va interrogé les quatre hommes qui vont s’en tenir à la même version qu’ils avaient raconté la première fois. Cependant, Mike Jones, l’avocat de la famille Smith, va découvrir que leur alibi n’était pas fiable. En effet, les hommes avaient affirmé avoir raccompagné George dans sa cabine à 4h00 du matin avant de regagner leur propre cabine et de commander auprès du service de chambre. Mike Jones a pu obtenir le dossier du service d’étage et découvrir qu’il n’y avait aucune commande passée par ces hommes cette nuit-là. Un membre du personnel va également apporter un témoignage en disant qu’il s’était retrouvé dans un ascenceur avec Josh Askin et un autre homme peu après la disparition de George, et que Josh s’était vanté en disant : « J’en sais beaucoup plus qu’ils ne le pensent. »

Les quatre hommes ont ensuite passé le test du polygraphe et seul le résultat de Greg a été rendu publique : il n’était pas concluant. Les soupçons qui étaient portés sur Jennifer ont motivé les enquêteurs à lui faire passer le test du polygraphe et elle l’a passé avec succès. Les principaux suspects restaient donc les trois cousins américano-russes et Josh Askin. Cependant il n’y avait pas assez de preuves concrètes pour les accuser du meurtre de George Smith et en 2015 le FBI a décidé de clore l’affaire.

Des rumeurs couraient selon lesquelles George et Jennifer s’étaient vanté d’avoir sur eux de grosses sommes d’argent alors qu’ils jouaient au casino, ce qui aurait pu motiver des personnes malintentionnées à les viser. George et Jennifer n’étaient pas connus pour boire beaucoup d’alcool, et certains ont trouvé étrange que précisément ce soir-là ils se sont retrouvés ivres au point de ne pas pouvoir rejoindre leur cabine sans aide.

De plus, George avait pour habitude de porter sa montre Breitling et des témoins ont affirmé qu’il la portait le soir de sa disparition. Or, cette montre n’a jamais été retrouvée. L’état de Jennifer cette nuit-là sera également perçu comme étrange. Des témoins diront que la jeune femme semblait totalement sobre à 3h30, pour ensuite s’évanouir une heure plus tard en ne se souvenant de rien. Pour une personne ayant le profil de Jennifer, ce brusque changement paraît totalement invraisemblable, et certains ont avancé la théorie qu’elle aurait pu être droguée avec George pour les rendre vulnérables et qu’on puisse s’en prendre plus facilement à eux.

Des théories ont également avancé que George serait tombé de lui-même par la balustrade car il était ivre ou drogué. Leur balcon se trouvait à un peu plus de 6 mètres de haut depuis la verrière du canot en dessous, et une chute aurait pu être fatale pour l’homme. Cependant, on se demande si une chute de cette hauteur aurait pu provoquer autant de sang. Il se pourrait donc que George ait pu être blessé avant de tomber.

George avec ses parents et sa soeur.

En 2006, la compagnie de croisière Royal Caribbean International a versé une indemnité de 1,1 million de dollars à Jennifer. Par la suite Jennifer et sa belle-famille vont s’éloigner en mauvais termes, les Smith l’accusant d’avoir accepté cette somme démesurée à la hâte pour conclure rapidement l’affaire. De plus, elle aurait affirmé que la mort de George aurait pu être un accident et non un crime, ce qui déplaira fortement aux Smith.

Bree, la soeur de George, publiera sur Facebook une lettre datant de 2006 où l’avocat de Jennifer s’adressait à Robert Peltz, l’avocat de Royal Caribbean. Dans cette lettre, il lui demandait si Royal Caribbean avait une copie d’une vidéo compromettante de Jennifer dans laquelle elle aurait des relations sexuelles avec d’autres hommes sur le bateau. Les Smith pensent que Jennifer a pu être complice de la disparition de George malgré le manque de preuves.

Jennifer s’est remariée en 2009 avec Jeff Agne, un analyste financier, et ensemble ils eurent deux enfants. Ils vivent aujourd’hui dans le Connecticut. Les Smith promettent la somme de 100 000$ pour toute nouvelle information menant aux responsables de la disparition de George, dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Le meurtre de Sherri Jarvis : une Jane Doe identifiée des années plus tard.

Sherri Ann Jarvis est née le 9 mars 1966. Surnommée Tati par ses amis, elle était la fille de Don Jarvis Sr et Kerry Zumbrunnen. Elle était décrite comme étant gentille et extravertie mais également assez rebelle. En 1979 elle sera placée en foyer d’accueil à Stillwater dans le comté de Washington, à cause de certains comportements jugés problématiques. Le foyer d’accueil était géré par le couple Dick et Judith Anderson et était destiné à des jeunes entre 12 et 18 ans en attendant leur comparution devant un tribunal pour mineurs.

En mars 1980, Sherri s’enfuit du palais de justice avec deux « soeurs » du foyer et iront jusqu’à Green Bay, dans le Wisconsin. Les deux soeurs vont ensuite décider de rentrer chez elles mais Sherri refusera de les suivre avant de partir seule à pieds. En août de la même année, alors qu’elle est toujours en fugue, Sherri envoi une lettre à ses parents dans laquelle elle explique avoir été très contrariée d’avoir été mise en foyer d’accueil et qu’ils n’auraient plus de nouvelles d’elle jusqu’à ce qu’elle atteigne sa majorité.

Le 1er novembre 1980 aux alentours de 9h30 du matin, un corps nu est retrouvé par un camionneur sur l’Interstate 45, près d’un parking de relais routier dans la ville de Huntsville, au Texas. Lorsque les policiers arrivent, ils découvrent le corps d’une jeune fille qui avait été battue et étranglée avec des collants.

Il y avait des ecchymoses présentes sur de nombreuses parties de son corps, sa paupière droite et ses lèvres étaient gonflées, elle portait une chaîne en or autour du cou avec un pendentif rectangulaire et des sandales rouges à talons hauts se trouvaient non loin d’elle. Lors de l’autopsie, il est révélé qu’elle était morte six heures auparavant et qu’elle avait été agressée sexuellement par un objet contondant. Ses sous-vêtements et une paire de collant ont été retrouvés à l’intérieur de son vagin, et une trace de morsure était présente sur l’une de ses épaules. L’autopsie a également révélé que la fille avait été en bonne santé de son vivant et qu’elle pouvait appartenir à la classe moyenne. Selon le coroner, la cause de la mort serait l’asphyxie et son âge serait estimé entre 14 et 18 ans.

Reconstruction du visage de la jeune fille.

Suite à la découverte du corps, une reconstruction médico-légales du visage de la jeune fille sera rendue public lors d’un appel à témoin, et les témoignages ne vont pas tarder à arriver. Un directeur de la station-service South End Gulf affirme avoir rencontré l’adolescente le 31 octobre 1980 vers 18h30, accompagnée d’un homme blanc qui conduisait une Chevrolet Caprice bleue. Elle portait un t-shirt jaune, un pull en tricot blanc, un jean bleu et des sandales rouges à talons hauts. Elle aurait demandé des renseignements sur l’unité pénitentiaire d’Ellis avant de repartir à pieds, seule.

Deux serveuses du relais camion Hitch’n’Post diront également avoir discuté avec la fille ce jour-là. Elles décriront la même tenue vestimentaire rapportée par le directeur de la station-service. En discutant avec la jeune fille, celle-ci leur aurait dit qu’elle venait d’Aransa Pass au Texas et qu’elle cherchait des renseignements sur l’unité pénitentiaire d’Ellis pour voir un ami qui s’y trouvait. Une des serveuses, la trouvant particulièrement jeune pour entreprendre ce voyage seule, va lui demander son âge. La jeune fille aurait répondu avoir 19 ans, mais la serveuse peu convaincue va lui demander si ses parents savaient qu’elle se trouvait ici. La jeune fille aurait répondu que personne ne s’en souciait, et la serveuse avait fini par lui dessiner une carte pour l’aider à rejoindre le pénitencier. Personne n’a pensé à lui demander son prénom et la fille finira par quitter le relais. Ce sera la dernière fois qu’elle sera aperçue.

Suite à ces informations, les enquêteurs vont interrogé les employés et les détenus du pénitencier d’Ellis, mais tous nieront connaître la victime et rien ne prouvera que l’un d’eux avait un lien avec elle. Malgré les nombreux comptes rendus médiatiques, personne ne vint réclamer le corps de la jeune fille. De plus, il n’y avait aucun rapport de disparition concernant son profil. Dans l’incapacité de l’identifier formellement, cette jeune fille fut ainsi renommée Walker County Jane Doe. Elle sera enterrée en janvier 1981 au cimetière d’Oakwood et l’inscription « Femme blanche inconnue. Décédée le 1er novembre 1980. » sera gravée sur sa pierre tombale.

Ses restes seront exhumés en 1999 afin de procéder à de nouvelles analyses ADN. Ses chaussures à talons hauts seront également analysées mais les résultats ne seront pas rendus public. L’affaire de la Walker County Jane Doe, qui était classée sans suite, sera réouverte en 2015 par le bureau du shérif du comté de Walker. La même année, deux personnes provenant de la même famille ont retrouvé une collection de photos personnelles où se trouvait également la photographie d’une jeune fille datant de l’été 1980. La fille sur la photo avait des traits caractéristiques de la Walker County Jane Doe, et les deux personnes ont affirmé l’avoir rencontrée dans un motel situé à Beeville au Texas cet été-là. Elle se faisait appeler Kathleen (ou Cathleen) et leur avait confié qu’elle devait rendre visite à un ami en prison. Selon leurs souvenirs, elle vivait probablement avec un couple à cette époque.

En 2020, le bureau du shérif du comté de Walker va s’associer à Othram Incorporated, une société américaine spécialisée dans la généalogie médico-légale afin d’identifier des personnes décédées ou victimes de meurtre. Grâce à l’ADN retrouvé sur les restes de la victime, ils ont ainsi pu établir son arbre généalogique. Ils découvrirent que ses parents étaient décédés respectivement en 2018 et 2019, et ils ont donc contacté d’autres membres de sa famille qui étaient toujours vivants afin d’y prélever leur ADN et l’utiliser pour faire avancer l’enquête. En septembre 2021, l’identité de la Walker County Jane Doe est formellement identifiée comme étant Sherri Ann Jarvis, disparu 40 ans auparavant. Son identité sera révélée publiquement en novembre 2021 par le bureau du shérif du comté de Walker.

 Connie LeTourneau, qui avait été la meilleure amie de Sherri, déclarera à son sujet : « Nous l’appelions Tati. Nous aimions passer du temps ensemble. On s’asseyait en écoutant de la musique avec nos amis. C’était la chose la plus importante pour elle : être avec des amis. […] J’ai passé 40 ans à la chercher. J’ai cherché partout : journaux, Facebook, sites Web, etc. J’ai regardé et regardé, et demandé et demandé, mais personne ne savait rien. Son père a gardé le même numéro de téléphone pendant 38 ans, espérant qu’elle appellerait un jour. »

Il y a eu des théories comme quoi Sherri avait pu être assassinée par Henry Lee Lucas, un tueur en série qui sévissait au Textas à l’époque. Mais il a été révélé que la marque de morsure sur l’épaule de Sherri ne correspondait pas à la dentition de l’homme et aucun autre ADN lui correspondant n’a été retrouvé sur le corps de la jeune fille. Il y eût une autre théorie selon laquelle Sherri avait eu le malheur de croiser le chemin d’un autre tueur inconnu, qui avait assassiné trois femmes en 1980 et dont les corps avaient été également retrouvés sur l’Interstate 45. D’autres ont prétendu qu’il était possible que Sherri ait été tuée et agressée par une femme car il n’y avait aucune preuve biologique, comme du sperme, sur son corps lors de l’autopsie. Il a été seulement prouvé qu’elle avait été agressée sexuellement par des objets contondants au vu des blessures à l’intérieur de son intimité.

Il y a plus de quarante ans, Sherri a affirmé à une serveuse d’un relais routier que personne ne se souciait d’elle. Pourtant, de nombreuses personnes ont œuvré sans relâche pendant plusieurs années pour découvrir son identité et ce qui lui était arrivé. Aujourd’hui, la tombe de Sherri a été changée pour y placer une stèle avec son nom, sa photo et sa date de naissance. L’enquête est actuellement toujours en cours pour découvrir le responsable de sa mort.

Sunshine Wood : disparue en sortant d’un hôtel.

Sunshine « Sunny » April Hilda Wood est née le 6 avril 1987. Décrite comme une jeune fille extravertie, amusante et intelligente, elle faisait partie de la Manto Sipi Cree Nation et vivait dans la réserve isolée de Gods River, située dans la province de Manitoba au Canada. A un moment de sa vie, la jeune fille a vécu quelques mois en famille d’accueil avant de retrouver sa propre famille.

En septembre 2003 Sunny a déménagé à Winnipeg, la capitale de Manitoba, pour continuer ses études au lycée Gordon Bell. En effet, la réserve où elle vivait n’avait pas les moyens d’offrir un enseignement scolaire complet et il n’était donc pas rare que les jeunes autochtones partent vivre dans les grandes villes pour leurs études. Bien que cette nouvelle vie était très différente de ce qu’elle avait connu à Gods River, ce nouvel environnement lui plaisait beaucoup et Sunny s’est rapidement fait de nouveaux amis. Elle s’est également révélée être une élève studieuse. Par la suite, Sunny emménagera avec une femme du nom de Priscilla mais elle restera relativement discrète sur cette personne.

Alors qu’elle se trouvait à Winnipeg, Sunny avait l’habitude d’être en contact régulier avec son père Anthony. Il avait d’ailleurs prévu de se rendre à Winnipeg le samedi 21 février 2004 afin de rendre visite à sa fille et Sunny était vraiment heureuse à l’idée de voir son père. Mais un jour avant, soit le soir du vendredi 20 février 2004, Sunny et des amis ont profité du début du week-end pour passer du bon temps en ville. Des caméras de surveillance filmeront Sunny cette nuit-là alors qu’elle quittait l’hôtel St Regis, situé au 285 Smith Street. Sur les images, nous voyons Sunny dans le hall de l’hôtel vers 23h45 en train de tenir la porte à un homme qui lui emboîte le pas pour sortir. Ce sera la dernière fois que Sunny sera aperçue.

Les dernières images de Sunny

Anthony Wood a été mis au courant de la disparition de sa fille à son arrivée à Winnipeg le lendemain. Pour toute la famille de Sunny cette nouvelle est un énorme choc. Ils seront d’autant plus inquiets lorsqu’ils découvriront plus tard les dernières images de la jeune fille à l’hôtel St Regis. En effet, l’endroit a mauvaise réputation à cause des nombreux junkies et alcooliques qui traînent autour. Pourquoi Sunny se trouvait-elle dans un lieu aussi malfamé ? Elle n’était pas connue pour user de drogues ni d’alcool, et même si elle était une fille sociable elle était aussi prudente avec ses fréquentations. Aucune information sur l’homme à qui Sunny tenait la porte ne seront révélées, à ce jour on ne sait pas si la jeune fille le connaissait, ni s’il a été retrouvé et interrogé par la police. Les policiers n’ont également jamais révélé s’ils avaient interrogé Priscilla, la femme avec qui vivait Sunny. Dans une interview, Anthony dira qur Sunny n’avait jamais raconté en détails leur rencontre, ni la nature de leur relation. Ladite Priscilla ne fera jamais entendre parler d’elle.

Les soupçons se sont ensuite portés sur Shawn Lamb, un tueur en série qui sévissait à Winnipeg et dont les victimes étaient des femmes autochtones. Mais après vérifications il a été révélé que l’homme purgeait une peine de prison au moment où Sunny a disparu. Etant donné que la jeune fille se trouvait dans un lieu mal fréquenté, des théories supposent qu’elle a été enlevée pour servir dans le trafic d’êtres humains. La famille de Sunny a toujours soutenu qu’il ne s’agissait pas d’une fugue car elle n’avait pas le profil d’une fugueuse. Au moment de sa disparition, Sunny semblait épanouie dans sa vie et elle n’avait vraisemblablement aucune raison de tout quitter.

Par la suite, sa disparition a permis à sa communauté d’avoir accès à un enseignement plus complet afin que les jeunes autochtones puissent rester à Gods River sans avoir besoin de déménager pour leurs études. Bien que la famille de Sunny a reçu le soutien de l’association Child Find, son cas n’a eu droit qu’à peu d’attention médiatique et aucun rebondissement n’a eu lieu depuis. A ce jour Anthony Wood pense que Sunny est décédée, mais il espère toujours savoir ce qui est arrivé à sa fille cette nuit du 20 février 2004.

Une partie de cache-cache mortelle : l’affaire Huang Na.

Huang Na est née le 26 septembre 1996 à Putian, dans la province de Fujian en Chine. Elle était décrite comme une petite fille sociable, intelligente et énergique. En grandissant, elle avait pour ambition de devenir médecin. Sa mère, Huang Shuying, avait rencontré son père Huang Qingrong un an auparavant et tout était allé très vite entre eux. Elle n’est encore qu’un bébé lorsque son père part s’installer à Singapour en espérant gagner plus d’argent. Il travaillait illégalement en tant qu’emballeur de légumes sur le marché de Pasir Panjang Wholesale Center à Singapour, et il sera emprisonné en 1999 pour cela. Huang Shuying finira par demander le divorce et se remariera par la suite avec un homme nommé Zheng Wenhai dont elle tombera enceinte.

En 2003, Huang Shuying et sa fille Huang Na partent s’installer à Singapour dans l’espoir d’une vie meilleure. Elles avaient trouvé un petit appartement au-dessus d’une entreprise de fruits et légumes, et Huang Na avait été inscrite à l’école primaire de Jin Tai tandis que sa mère avait trouvé un emploi au Pasir Panjang Wholesale Center. Les employés avaient l’habitude de voir la petite Huang Na, et parmi ces employés il y en avait un en particulier que Huang Na appréciait beaucoup. Son nom est Took Leng How, âgé de 22 ans au moment des faits, marié et père d’un enfant. Il était venu s’installer à Singapour quelques années auparavant et travaillait en tant qu’emballeur de légume sur Pasir Panjang Wholesale Center. Il était souvent aperçu en train de discuter ou de s’amuser avec la petite fille, et Huang Na disait qu’elle le considérait comme son oncle.

Took Leng How

Huang Shuying devait souvent faire des allers-retours entre Singapour et la Chine pour s’occuper de son autre fille qui était restée vivre avec son mari dans la province de Fujian. Quand Huang Na ne pouvait pas l’accompagner elle était gardée par des amis de sa mère qui vivaient dans le même appartement. Ce train de vie permis à la petite fille d’acquérir une grande indépendance : elle allait à l’école seule et cuisinait ses propres repas. Elle avait une bonne connaissance des lieux et cela lui arrivait même de préparer des repas pour les autres.

Peu après le huitième anniversaire de Huang Na, sa mère a dû repartir pour la Chine pour une durée de deux semaines. Le 10 octobre 2004, Huang Na téléphone à sa mère depuis une cabine téléphonique et elles discutent quelques minutes. A ce moment-là, Huang Shuying ne se doute pas une seconde que ce sera la dernière fois qu’elle entendra la voix de sa fille.

La disparition de Huang Na sera signalée la même journée par sa tutrice Li Xiu Qin. La petite fille aurait été vue pour la dernière fois sur une aire de restauration habillée d’une veste en jean bleue et d’un bermuda. En apprenant la disparition de sa fille, Huang Shuying va précipitamment quitter la Chine pour la rechercher sans relâche à travers la Malaisie. La police ainsi que le Département des Affaires Criminelles vont être réactifs et déployé d’intenses recherches pour retrouver la petite fille. Le groupe de volontaires Crime Library ainsi que les employés de la compagnie ComfortDeIGro vont également apporter leur contribution. La nouvelle de la disparition de Huang Na va atteindre toute la Malaisie où des bénévoles vont distribué des avis de recherches. Des taxis et plusieurs kopitiam vont également afficher sa photo. Un homme d’affaires singapourien, touché par cette triste histoire, va offrir la somme de 10 000$ pour quiconque fournira des informations sur la disparition de Huang Na. 5000$ supplémentaires seront ajoutés par un autre singapourien.

Des chauffeurs de taxi malaisiens posent avec des avis de recherche.

Les policiers vont recevoir l’information comme quoi Took Leng serait la dernière personne à avoir été vue avec Huang Na. L’homme sera interrogé par la police et il affirmera que la petite fille avait été enlevée par un gang. Les policiers vont lui demander s’il était d’accord pour passer le test du polygraphe, ce qu’il va accepter. Mais avant d’avoir pu passer le test, Took Leng va parvenir à s’enfuir à travers la chaussée Johor-Singapour et il va rester caché pendant plusieurs jours tandis que la police singapourienne le traque. Finalement, le 30 octobre, l’homme décide de se rendre à la police de Penang et il est ramené à Singapour. Lorsqu’ils vont apprendre son arrestation, la famille de Took Leng va immédiatement prendre sa défense. Selon eux, Took Leng est un jeune homme timide, serviable et travailleur qui n’aurait jamais osé faire du mal à un enfant. Interrogé, Took Leng avouera avoir accidentellement étranglé Huang Na durant une partie de cache-cache et va leur révéler où se trouve son corps.

Le corps de la petite Huang Na sera retrouvé dans un parc de Telok Blangah, nu et recroquevillé dans une boîte en carton. La boîte était cachée par la végétation et scellée par du ruban adhésif. Le corps était dans un état de décomposition avancé et une analyse médico-légale a dû être effectuée pour confirmer qu’il s’agissait de Huang Na. Les funérailles de la petite fille se sont déroulées le 8 novembre 2004 et des milliers de personnes y participèrent. Elle a ensuite été incinérée.

Les funérailles de Huang Na

Le procès de Took Leng How commence le 11 juillet 2005. Des témoins raconteront avoir vu Took Leng How le 10 octobre, traînant avec Huang Na près d’un cellier et lui offrant des mangues. Il avouera finalement avoir proposé à la petite fille une partie de cache-cache dans le cellier, mais qu’au lieu de cela il avait fini par la ligoter avant de l’agresser sexuellement. Par la suite, il l’avait étouffée avant de donner des coups de pieds à son corps pour s’assurer qu’elle était morte, puis l’avait emballée dans plusieurs sacs avant de la placer dans une boîte en carton qu’il avait caché dans la végétation. Il s’était ensuite débarrasser de ses vêtements dans une poubelle. Il a pu être démontré que le ruban adhésif pour fermer la boîte provenait du même rouleau que celui qui se trouvait dans le cellier et les sacs où Huang Na était enveloppée étaient les mêmes que ceux utilisés par l’entreprise où travaillait Took Leng.

Les violences physiques de Took Leng envers Huang Na seront corroborées par l’autopsie qui va révélé des ecchymoses à la tête de la petite fille. Mais les analyses n’ont pas été en mesure de prouver qu’il y avait eu agression sexuelle compte tenu de l’état de décomposition avancée du corps. En fouillant le cellier où le crime se serait produit, les policiers ont découvert des signes de lutte, ce qui laisserait supposer que Huang Na avait tenté de se défendre. En revanche, la cause du décès n’a pas pu être concluante.

Des collègues de Took Leng vont révéler qu’il avait parfois des comportements violents et l’avoir vu plusieurs fois se montrer méchant avec Huang Na. Un jour, il lui aurait même attaché les mains derrière le dos pendant qu’il travaillait, soit disant pour lui donner une leçon et qu’elle ne le dérange pas. Huang Shuying dira également que Took Leng avait tendance à s’emporter lorsqu’il était contrarié, et qu’elle l’avait déjà confronté après l’avoir vu frapper Huang Na.

La défense s’est appuyée sur le compte rendu du psychiatre R. Nagulendran ; selon lui, Took Leng serait schizophrène. Pour appuyer sa défense, sa famille affirmera qu’après la mort de Huang Na il parlait souvent à lui-même et disait voir des esprits. Mais G. Sathyadevan, le psychiatre de l’accusation, a rejeté ces allégations. Selon lui, Took Leng n’avait jamais démontré un quelconque comportement schizophrène avant la mort de Huang Na. De plus, la manière dont il l’avait attirée dans le cellier avant de l’agresser et de cacher son corps avait été parfaitement calculée, ce qui montrait qu’il était en possession de toutes ses facultés.

Le 27 août 2005, le juge Lai Kew Chai déclare Took Leng How coupable du meurtre de Huang Na et le condamne à la peine capitale. Took Leng fera appel de sa condamnation mais la Cour d’appel de Singapour maintiendra le verdict. La famille de Took Leng va lancer une pétition pour que sa peine soit changée en une réclusion à perpétuité et va récolter 36 000 signatures. La pétition sera ensuite envoyée au président de l’époque, Sellapan Ramanathan, qui après huit mois de réflexion va décider de maintenir la peine de mort.

Took Leng How sera exécuté par pendaison le 3 novembre 2006 à la prison de Changi. Par la suite, Huang Shuying est retournée vivre à Putian en Chine, ramenant avec elle les cendres de sa fille. Elle eut par la suite d’autres enfants avec son mari Zheng Wenhai et s’est pleinement consacrée à leur éducation, tout en chérissant le souvenir de Huang Na.

Le cas Owen Harding : disparu pendant le confinement.

Owen est né le 13 mai 2003 et vivait avec sa mère et sa soeur à Saltdean dans le sud-est de l’Angleterre. Il avait fréquenté la Brighton Waldorf School puis avait commencé à étudier l’art et le cinéma au lycée. Il était considéré comme un garçon aimable, aventureux et intelligent.

Tout semblait aller pour le mieux dans la vie d’Owen, mais le 24 mars 2020 le Royaume-Unis instaure le premier confinement dû à la pandémie du COVID-19. Juste avant, sa petite amie Meg Wells Rhodes était venue lui rendre visite à son domicile avant de repartir chez elle à Pocklington, dans le Yorkshire, situé à 280 miles de Saltdean. Owen, qui avait pour habitude de sortir voir ses amis et sa petite amie, va très mal vivre le fait d’être confiné et de ne voir personne. Le 26 mars, seulement deux jours après que le confinement ait commencé, Owen va se disputer avec sa mère, Stella, sur le fait qu’il n’en pouvait plus d’être coupé de tout le monde et qu’il voulait sortir. Evidemment, Stella va le lui interdire mais l’adolescent va quand même parvenir à se faufiler à l’extérieur.

Owen avec sa mère Stella.
Owen et sa petite amie Meg.

Dans la soirée, en voyant que son fils ne rentrait pas, Stella va s’inquiéter et va tenter de le joindre sur son téléphone portable, mais Owen ne répondra jamais. Les policiers sont prévenus et les premières recherches vont révéler que son téléphone s’était éteint ce 26 mars à 18h23. Les compagnies de bus seront contactées par les enquêteurs et elles affirmeront qu’aucun laisser-passer au nom d’Owen n’a été utilisé. Sa petite-amie Meg sera interrogée et elle dira qu’elle avait parlé au téléphone avec Owen ce jour-là vers 18h15, il lui avait dit qu’il se dirigeait vers les falaises pour observer le coucher de soleil. Saltdean est un village situé au sommet d’une falaise surplombant le bord de mer, et la famille d’Owen a donc pensé qu’il aurait pu avoir un accident à cet endroit. Meg et sa famille vont descendre jusqu’à Saltdean pour participer aux recherches, et malgré l’implication des policiers et des bénévoles rien ne sera trouvé.

La disparition étrange de cet adolescent durant le confinement va faire le tour de l’Angleterre. A cause du confinement de nombreux magasins possédant des caméras de surveillance étaient fermés et ne pouvaient donc pas fournir des images. En revanche, d’autres caméras de surveillance ont filmé trois personnes le 26 mars, marchant le long de Hamsey Road. Celle à la veste noire va se manifester aux policiers pour affirmer qu’elle n’était pas Owen, en revanche, les deux autres personnes ne sont toujours pas identifiées. D’autres images de vidéosurveillance ont filmé une personne à l’allure d’un adolescent ce 26 mars à 18h05.

Des personnes filmées le 26 mars. La personne à gauche se serait manifesté à la police.
Autre personne filmée le 26 mars.

Owen avait déjà plaisanté avec Meg et avec ses amis sur le fait qu’il était prêt à faire la route jusqu’à chez elle dans le Yorkshire. Mais évidemment, il n’est jamais parvenu jusqu’à chez elle et aucune piste n’a pu démontrer qu’il avait commencé son périple pour se rendre dans le Yorkshire. La piste de l’accident serait la plus plausible, et Stella pense également qu’il a pu se passer quelque chose du côté des falaises. Par la suite, l’océanographe Simon Boxall de l’Université de Southampton a affirmé que si Owen était tombé à l’eau, les conditions météorologiques à ce moment-là auraient pu transporter son corps plus loin en mer plutôt que de le laisser flotter au niveau des côtes. Les fronts de mer seront néanmoins fouillés jusqu’à Dungeness, en vain.

Le coeur brisé, Stella a pu compter sur le soutien des anglais qui ont été touchés par la disparition de cet adolescent de 16 ans en plein confinement. Elle a également rejoint l’association Missing People où elle a rencontré d’autres proches de disparus avec qui elle a pu partager sa peine. Par la suite, Stella va blâmer le confinement pour la disparition de son fils. Selon elle, Owen serait toujours là si le confinement n’avait pas été imposé. Elle alerte sur les conséquences que peut avoir l’enfermement sur les gens, en particulier les adolescents. « Cela affecte vraiment les adolescents, nous devons les surveiller et nous assurer que la santé mentale fait partie de la conversation. »

Aujourd’hui, toujours sans aucune trace du jeune garçon, Stella tente de continuer du mieux qu’elle peut. Mais au fond, elle pense que son fils n’est plus en vie. « Semaine après semaine, mois après mois, je me suis assise dehors dans mon jardin de devant. J’ai pensé que si Owen rentrait à la maison, je serai là à l’attendre […] Il a une sœur de cinq ans qui l’adore et est consciente de son absence. Elle n’arrête pas de demander quand Owen reviendra, et mon cœur se serre à l’idée de devoir lui dire qu’il ne reviendra jamais. »

A ce jour, Owen n’a toujours pas été retrouvé.