La disparition étrange et inquiétante de Kyle Fleischmann.

Kyle est un jeune américain né le 24 septembre 1983. Ses parents sont Dick et Barbara Fleischmann, et il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. En 2000, la famille déménage dans la ville de Charlotte, en Caroline du Nord, pour le travail de Dick. Kyle est décrit comme un jeune homme sociable, attentionné et bienveillant. Il est particulièrement proche de sa famille et n’a aucune difficulté à se faire des amis.

En 2002, Kyle est diplômé la Charlotte Catholic High School, puis il va suivre des études à l’université d’Elon d’où il en ressortira diplômé en 2006. Après avoir obtenu son diplôme, il a déménagé dans le sud de Charlotte avec deux colocataires. Par la suite, il a rapidement trouvé un travail en tant que cadre chez Fidelity Investments. Peu avant la disparition de Kyle, sa mère Barbara a été diagnostiquée avec un cancer du sein. Cette nouvelle a été un choc pour tout le monde, mais Kyle s’est tout de suite montré confiant et rassurant. La première chose qu’il a dite à sa mère en apprenant sa maladie est : « Ne t’inquiète pas maman, nous allons traversé cela ensemble. »

Le soir du 9 novembre 2007, Kyle invite Barbara voir un spectacle de l’humoriste Dane Cook, dans le centre-ville de Charlotte. Il voulait que sa mère puisse se changer les idées et ne plus penser à sa maladie le temps d’une soirée. Ils sont rejoints par Noelle et Daniel, la soeur et le meilleur ami de Kyle. Après le spectacle, Barbara et Noelle sont rentrées à la maison mais Kyle et Daniel ont décidé de rejoindre des amis au bar Buckhead Saloon.

Kyle avec ses parents Dick et Barbara.

Les amis s’amusent tous ensemble et boivent de l’alcool, puis ils commencent à partir au fur et à mesure, entre 23h et 1h du matin. Lorsque Daniel prévient Kyle qu’il compte rentrer chez lui, il lui demande s’il veut rentrer avec lui car Kyle a laissé sa voiture chez son ami. Kyle lui dit qu’il veut rester encore un peu au bar et qu’il prendrait un taxi pour retourner chez son ami et y récupérer sa voiture. Daniel quitte donc le bar, laissant Kyle s’amuser.

Le lendemain matin, Kyle ne s’est pas présenté à son travail, ce qui inquiète ses collègues. Le jeune homme est connu pour être quelqu’un de ponctuel et responsable, et ne pas venir au travail sans prévenir personne était totalement anormal de sa part. Ils ont tenté de le joindre par téléphone, mais sans succès. De son côté, Daniel a aussi comprit que quelque chose n’allait pas avec son ami.

Lorsqu’il s’est réveillé ce matin-là, il a remarqué qu’il avait reçu un appel manqué de Kyle dans la nuit, mais il s’est réellement inquiété lorsqu’il a remarqué que Kyle n’avait pas récupéré sa propre voiture, qui se trouvait toujours devant chez Daniel. Or, Kyle avait assuré à son ami qu’il prendrait un taxi dans la nuit pour venir récupérer sa voiture, qui lui était essentielle pour ses déplacements. Daniel tente ensuite d’appeler Kyle plusieurs fois sur son téléphone portable, mais il tombe à chaque fois sur la messagerie vocale.

De plus en plus inquiet, Daniel contacte les colocataires de Kyle, qui lui révèlent que le jeune homme n’est pas rentré. Il appelle les parents de Kyle pour les prévenir, et lorsque Noelle vérifie son propre téléphone portable, elle remarque que son frère a tenté de la joindre à 2h19 du matin, mais elle n’avait pas répondu car elle dormait. Lorsque la famille de Kyle tente de le joindre sur son téléphone à tour de rôle, ils tombent également sur la messagerie vocale, ce qui est à nouveau totalement inhabituel. Ils préviennent donc le 911.

Les policiers vont enquêter sur la chronologie de la dernière soirée de Kyle et vérifier les images que les caméras de surveillance du bar ont enregistrées. Sur les images de vidéosurveillance, entre 1h et 2h15 du matin, on y voit Kyle en train de boire, discuter avec des gens et danser avec une jeune fille. A 2h, alors que Kyle danse avec la fille, ils sont rejoint par un homme qui sera identifié comme le petit ami de cette jeune fille. Des amis de l’homme s’en mêlent et il semble y avoir une altercation verbale sans gravité avec Kyle. Cet homme et sa petite amie quittent le bar peu après.

A 2h19, c’est le moment où Kyle appelle sa soeur, appel qui restera sans réponse. Il est supposé qu’il voulait probablement savoir si sa soeur était réveillée et si elle pouvait venir le récupérer. A 2h20, il est vu quittant le bar sans récupérer sa veste et sa carte bancaire aux vestiaires. Le fait que Kyle soit parti sans récupérer ses affaires est plutôt étrange, d’autant plus qu’il faisait particulièrement froid cette nuit-là et qu’il n’avait pas prit la peine de reprendre sa veste. Une théorie suppose qu’il avait oublié ses affaires sous l’effet de l’alcool.

Une des dernières images de Kyle via une vidéo surveillance.

Kyle se retrouve seul dehors dans le froid glacial d’une nuit de novembre, habillé d’une simple chemise à manches courtes et d’un jean. Les caméras de surveillance des commerces alentours ont filmé Kyle se diriger vers une pizzeria nommée Fuel Pizza, à 2h30. L’employé qui a servi Kyle a été interrogé, et il a révélé que le jeune homme avait bien commandé une pizza, qu’il semblait être seul mais qu’il semblait aussi être en état d’ébriété. A 2h42, Kyle a essayé de contacter le bar qu’il venait de quitter. Il avait probablement réalisé qu’il avait oublié ses affaires là-bas, mais il n’a obtenu aucune réponse de l’établissement.

Les enquêteurs ont également découvert que Kyle a essayé de joindre le lieu de travail de son père par téléphone. Il y a appelé quatre fois, entre 2h42 et 2h57 du matin. Evidemment, personne n’a répondu. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi il a appelé au bureau de son père à cette heure de la nuit. Peut-être s’est-il trompé de numéro sous l’effet de l’alcool, alors qu’il essayait de joindre quelqu’un pour qu’on vienne le chercher.

Selon les données du téléphone de Kyle, il s’est ensuite rendu à NoDa, un quartier artistique populaire de la ville de Charlotte, plus précisément sur la rue North Davidson, réputée pour sa dangerosité la nuit. Il est étrange que Kyle soit rendu à cet endroit, car il connaissait les risques de ce lieu et il savait qu’il n’était pas prudent de s’y aventurer seul. De plus, l’endroit se trouve dans la direction opposée à celle de son appartement. Alors qu’il se trouve à NoDa, Kyle appelle son ami Daniel à 3h28 et un de ses colocataires à 3h29, sans obtenir de réponse. Un chauffeur de taxi a rapporté avoir aperçu un homme correspondant à la description de Kyle dans cette rue, et cela l’a interpelé car l’homme se promenait sans manteau par cette nuit glaciale.

La dernière géolocalisation de Kyle le situe à Cordelia Park, à environ trois kilomètres du Buckhead Saloon. Il s’agit d’un parc de plus de 9 hectares qui possède des jeux pour enfants ainsi qu’une piscine publique. La journée, il est fréquenté par des promeneurs, des sportifs ou des familles. Cependant, l’ambiance du parc change totalement la nuit, car il attire les trafiquants de drogue et les gangs, ce qui rend l’endroit particulièrement dangereux. Toute activité sur le téléphone de Kyle a cessé à 4h du matin alors qu’il bornait une dernière fois à Cordelia Park.

Durant l’enquête, les chiens policiers ont pu sentir l’odeur de Kyle du Buckhead Saloon jusqu’au Fuel Pizza, puis les chiens ont suivi l’odeur en faisant une large boucle autour des rues, comme si Kyle avait tourné en rond. Une théorie suggère qu’il essayait probablement d’échapper à quelqu’un qui le suivait. Les chiens sont ensuite allés jusqu’à la rue North Davidson, puis vers un petit pont menant à Cordelia Park. Mais ils ont dû arrêter les recherches à cet endroit car cela devenait trop dangereux.

Le lendemain, les chiens ont été ramenés à Cordelia Park et ils ont pu suivre l’odeur de Kyle jusqu’à un chantier de construction, situé à 200 mètres du parc. Les maîtres-chiens y ont senti une forte odeur nauséabonde, comme celle d’un cadavre en décomposition. Les policiers y ont effectué des recherches à l’aide de chiens dressés pour sentir l’odeur d’un cadavre et également à l’aide d’un radar pour sonder le sol, mais rien de fut trouvé.

Un bloc appartements a été construit sur ce chantier, et des résidents se sont également plaints d’une odeur nauséabonde qui s’est faite sentir pendant un moment, mais on a jamais découvert d’où cela provenait. Les parents de Kyle sont sûrs que son corps a été enterré sur ce chantier, bien que rien n’y a été trouvé durant les recherches. Dick pense que son fils a été une cible facile pour des malfaiteurs, compte tenu de sa vulnérabilité. Il pense que Kyle a été tué et que son corps a été enterré quelque part.

En 2010, les Fleischmann ont déménagé en Caroline du Sud, puis en Floride où ils résident actuellement. Bien qu’ils soient sûrs que leur fils n’est plus en vie, Dick et Barbara sont toujours actifs dans la recherche de Kyle et ils espèrent pouvoir enfin découvrir ce qui lui est arrivé. Daniel a créé une page Facebook nommée « Help Find Kyle Fleischmann » pour continuer de faire connaître cette affaire. A ce jour, Kyle est toujours porté disparu.

La disparition de Monica Carrasco : évaporée dans la nuit.

Monica Cassandra Carrasco est née le 13 décembre 1986 au Texas. Elle vivait à Balmorhea, un village d’environ 500 habitants, aux côtés de ses parents Ramon et Kathy, et de son frère Juan. Ses proches la décrivent comme une personne optimiste, généreuse et ayant un sourire contagieux, qui était toujours prête à aider les autres.

Scolarisée au Alpine High School, Monica était également une élève studieuse passionnée par les sciences. Elle rêvait d’intégrer l’université de Harvard et hésitait entre entreprendre des études de droit ou de travailler pour la NASA. En dehors de l’école, Monica faisait du bénévolat et aimait jouer du saxophone, peindre et faire du sport. Elle était aussi une fervente chrétienne qui aimait étudier les textes bibliques.

La vie de Monica semblait être sans nuages jusqu’au 8 novembre 2000. Ce jour-là, son père Ramon, qui luttait contre un cancer des os, a été victime d’une crise cardiaque devant Monica et sa famille. Ils ont tenté de le réanimer en attendant l’arrivée des secours, mais Ramon n’a pas survécu. Voir son père mourir a été un traumatisme pour Monica, qui a sombré dans la dépression et a également souffert d’anorexie.

En septembre 2003, Monica était âgée de 16 ans et venait récemment de sortir d’un séjour en hôpital à cause de sa santé mentale. Des sources attestent qu’elle souffrait également d’hypoglycémie ou de schizophrénie. C’est sa mère, Kathy, qui l’avait obligée à être hospitalisée. Suite à cela, des tensions ont commencé à naître entre Monica et sa mère. Abel et Velma Baeza, l’oncle et la tante de Monica qui vivaient aussi à Balmorhea, ont proposé que l’adolescente viennent s’installer chez eux afin de calmer les tensions mais aussi pour mieux la surveiller. Velma était femme au foyer et était proche de sa nièce, elle voulait l’aider à aller mieux et surveiller si elle mangeait bien et prenait correctement ses médicaments. Monica a donc accepté d’aller vivre temporairement chez eux.

Le 1er octobre 2003, Monica a eu un rendez-vous avec son psychiatre qui a estimé qu’elle n’était toujours pas apte à retourner à l’école à cause de son état. Cela a davantage attristé la jeune fille. Le même jour, Kathy est venue rendre visite à Monica pour voir comment elle se portait. Kathy, Velma, Abel et Monica se sont ensuite réunis en cercle pour prier. Avant de partir, Kathy a serré sa fille dans ses bras et elles se sont dit qu’elles s’aimaient.

Vers 20h, Monica a parlé au téléphone avec son frère Juan. Durant la conversation, Monica a commencé à lui dire des choses étranges, comme : « Pourquoi ne m’as-tu pas dit que j’étais Jésus ? » Lorsque Juan lui a demandé des explications, Monica a répondu que c’était les oiseaux qui lui disaient qu’elle était Jésus. Juan a supposé qu’elle délirait à cause des effets secondaires de ses médicaments. Monica lui a ensuite demandé si elle pouvait le rejoindre à Austin, où il vivait. Mais Juan a refusé, ajoutant qu’elle pourrait le rejoindre lorsqu’elle irait mieux.

Monica a passé le reste de la soirée à jouer à des jeux vidéo avec ses cousins, tandis que Velma et Abel dormaient. Elle est partie se coucher à 23h00. A 1h30 du matin, les cousins de Monica sont allés vérifier son état et on rapporté qu’elle dormait dans son lit, puis ils sont allés se coucher à leur tour.

A 6h du matin, Velma est allée vérifier si Monica dormait toujours, et elle a été surprise de découvrir le lit vide de sa nièce. Cependant, la porte de la chambre de l’adolescente, qui menait au jardin, était déverrouillée. La maison possédait un jardin avec une balançoire où Monica aimait aller pour réfléchir et prier, Velma est donc allée jeter un oeil au jardin, mais Monica ne s’y trouvait pas non plus. Abel se réveille à son tour et Velma lui annonce que leur nièce est introuvable. Il a d’abord pensé que Monica était allée faire un jogging, comme elle aimait le faire, mais toutes ses chaussures se trouvaient dans sa chambre. Le terrain autour de la maison était rocailleux et entouré de cactus, et il a pensé qu’il était peu probable qu’elle soit partie pieds nus.

Kathy, qui se trouvait à son travail, a téléphoné à 9h30 pour avoir des nouvelles de sa fille. On lui annonce alors l’impensable : Monica a disparu sans laisser de traces. Directement, Kathy quitte son travail et se rends au domicile des Baeza. Lorsqu’elle arrive, des policiers, des adjoints de shérif, les Texas Rangers et des agents de la patrouille frontalière sont déjà sur place. Ils n’ont trouvé aucun signe d’effraction, de lutte ou d’acte criminel dans la maison, et les effets personnels de l’adolescente étaient toujours sur place. Concrètement, il n’y avait rien qui pouvait laisser présager un acte criminel ou une fugue.

La famille de Monica, aidée par des hélicoptères et les habitants de la ville, a également fouillé la zone sur plusieurs kilomètres, mais l’adolescente était toujours introuvable. Lorsqu’il a été mis au courant de la disparition de sa soeur, Juan a pensé qu’elle était partie pour tenter de le rejoindre à Austin comme elle le voulait, il est donc resté chez lui à l’attendre, mais Monica n’est jamais venue.

Bien que tous les effets personnels de Monica étaient laissés à la maison, dont ses médicaments, les enquêteurs ont néanmoins soupçonné une fugue. Etait-elle partie avec un garçon ? Cela semblait peu probable car Monica n’avait pas de petit ami au moment de sa disparition. De plus, Balmorhea est une toute petite communauté où tout le monde connait tout le monde, et aucun homme n’a été porté disparu en même temps que l’adolescente. Cependant, les policiers vont interroger un chauffeur de bus qui aurait harcelé Monica quelques mois avant sa disparition. Mais l’homme avait un alibi qui a pu être vérifié, et il fut exclu de l’enquête.

L’un des oncles de Monica, Rosendo Carrasco, qui était un ancien juge de paix, a déterminé que sa nièce était confuse et désorientée à cause de ses médicaments, et qu’elle a pu être récupérée par un automobiliste sur l’autoroute 17, qui se trouve non loin du domicile des Baeza. Cette autoroute mène directement au Mexique, ce qui rend cette théorie d’autant plus inquiétante. Il était cependant possible que Monica soit toujours en vie.

D’intenses recherches vont être effectuées pendant plusieurs semaines. Les forces de l’ordre et les bénévoles vont ratisser chaque lieu où l’adolescente aurait pu se rendre. Ils vont fouiller le lac de Balmorhea, les grottes, les falaises, les puits, les fossés, sous les ponts, mais Monica était toujours introuvable. C’est comme si elle avait disparu de la surface de la Terre entre 1h30 et 6h du matin, ce 2 octobre 2003.

Abel et Valma vont être interrogés et soumis au test du polygraphe. Abel va échouer au test, mais cela ne fera pas avancer l’enquête car les test polygraphiques sont généralement peu probants et ne peuvent pas être admis devant un tribunal. Concernant la possible implication de son oncle, Juan a déclaré : « Il a pu réunir beaucoup de ressources pour venir aider à la recherche de Monica. Et apparemment, comme il connaissait très bien la région, il dirigeait une grande partie des recherches. Mais plus tard, au cours de l’enquête, il s’est avéré qu’il était un suspect potentiel, si quelque chose s’était passé. Ils ont remis en question son implication dans tout cela. »

Abel est à ce jour décédé. A propos de la possible culpabilité de son beau-frère, Kathy réponds : « C’est vraiment difficile de croire qu’un membre de la famille aurait pu faire quoi que ce soit. Cela ne m’est pas venu à l’esprit au début, et maintenant qu’il est décédé, je n’ai toujours pas l’impression qu’il aurait pu faire quoi que ce soit. »

Il est également possible que Monica ait été désorientée à cause de sa santé mentale. Les médicaments qu’elle prenait n’ont jamais été cités, mais il est courant que certains médicaments qui traitent les maladies mentales peuvent provoquer de lourds effets secondaires. Il est probable que Monica ait souffert de paranoïa, de troubles du sommeil, d’hallucinations ou de psychose. Son discours inquiétant lors de son dernier appel avec son frère peut appuyer cette théorie. Si elle s’était aventurée dehors la nuit en pleine crise, elle aurait pu partir sans penser à prendre ses affaires et se mettre en danger si une personne malintentionnée avait croisé son chemin.

En 2015, le dossier de Monica Carrasco a été rouvert par le bureau du shérif du comté de Reeves, mais il n’y a actuellement aucune avancée dans l’enquête. Monica est officiellement toujours portée disparue.

L’affaire Leigh Occhi : disparue chez elle lors d’un ouragan.

Née le 21 août 1979 à Honolulu, à Hawaii, Leigh est l’unique fille de Donald Occhi et Vickie Felton. Elle est décrite comme une jeune fille extravertie et sociable. Elle était intelligente, dynamique et aimait beaucoup les animaux. Passionnée par les chevaux, elle pratiquait également l’équitation. Elle était scolarisée à la Tupelo Middle School.

Ses parents se sont rencontrés dans les années 1970 alors qu’ils servaient dans l’armée américaine. Ils se marient en 1977, puis ils divorcent en 1981. Après le divorce, Donald s’est installé temporairement en Allemagne, où il restait en contact étroit avec sa fille, avant de retourner aux Etats-Unis et d’emménager en Virginie. Quant à Vickie et Leigh, elles ont déménagé dans la ville de Tupelo, dans le Mississippi. Vickie a ensuite rencontré Barney Yarborough, avec qui elle s’est mariée. Ils se sont séparés peu avant la disparition de Leigh.

Tôt le matin du 27 août 1992, Vickie est partie au travail tandis que Leigh est restée seule à la maison. La jeune fille devait un peu plus tard assister à la journée portes ouvertes de son école avec sa grand-mère, puis aller dîner avec sa mère dans un Taco Bell. Vers 8h30, Vicki écoute la radio et apprend qu’une tempête liée à l’ouragan Andrew allait bientôt frapper Tupelo. L’ouragan était de catégorie 5 et avait causé de lourds dégâts lors de son passage aux Bahamas et en Floride. Il s’était ensuite rétrogradé en tempête tropicale au moment où il atteignait le Mississippi. Leigh avait particulièrement peur des orages et de la tempête, Vickie a donc voulu lui téléphoner pour savoir si tout allait bien.

Comme c’était la première fois que Leigh restait seule à la maison, Vickie et Leigh avaient instauré une technique spéciale pour lui signaler que c’était sa mère qui appelait. Cette technique consistait à ce que Vickie fasse sonner le téléphone deux fois avant de raccrocher et de rappeler tout de suite. Si le téléphone sonnait sans cette particularité, Leigh n’était pas autorisée à répondre à l’appel afin de ne pas parler à des inconnus.

Tandis que Vickie tente de joindre sa fille avec la technique qu’elles ont convenue, Leigh ne répond pas. Elle continue d’appeler plusieurs fois, sans obtenir de réponse. Inquiète pour sa fille, Vickie quitte son travail et brave les risques liés à la météo pour rejoindre son domicile, situé à quelques minutes en voiture. En arrivant devant sa maison, elle se rend compte que la porte du garage est grande ouverte avec la lumière allumée. Ce détail la trouble, mais lorsqu’elle rentre dans la maison, elle réalise que la porte est déverrouillée. La panique monte d’un cran lorsqu’elle découvre du sang sur les murs du couloir.

Vickie crie le nom de sa fille et la cherche partout dans la maison. Et alors qu’elle se trouve dans la chambre de Leigh, elle remarque que la couverture du lit est jetée sur le sol, et découvre d’autres traces de sang sur le sol et sur l’encadrement de la porte. Du sang sera également retrouvé sur une chemise de nuit appartenant à Leigh, qui se trouvait dans le panier à linge. Vickie appelle le 911 à 9h du matin.

Des policiers se rendent rapidement au domicile. L’inspecteur-chef, Bart Aguirre, a déterminé qu’il n’y avait aucun signe d’effraction. Lorsqu’ils fouillent la maison, ils découvrent que du sang, qui semblait avoir été nettoyé, était présent sur le comptoir de la salle de bain. « J’ai remarqué qu’il y avait une légère brume rose sur le comptoir », a déclaré Aguirre. « Il est assez évident pour nous que quelqu’un a essayé de nettoyer la scène ou le comptoir, mais nous n’avons pas pu retrouver le chiffon ou la serviette qui avait été utilisée. Nous ne l’avons trouvé nulle part. »

Il y avait également une longue traînée de sang qui partait du couloir jusqu’à la cour arrière. Le sang trouvé dans la maison était encore frais. Des effets personnels de Leigh étaient manquants, comme ses lunettes, des sous-vêtements, un short et un sac de couchage. Mais compte tenu de la quantité importante de sang trouvée dans la maison, les policiers n’ont pas soupçonné une fugue mais un acte criminel.

Lorsque Vickie est interrogée, elle raconte que Leigh avait dormi avec elle cette nuit, effrayée à cause des orages. Vickie, qui travaillait désormais pour l’entreprise Leggett & Platt, s’est réveillée à 6h45 pour commencer sa journée. D’après elle, Leigh dormait toujours à ce moment-là. Elle est allée prendre une douche puis est retournée dans la chambre pour s’habiller. Leigh était toujours dans le lit mais réveillée cette fois. La mère et la fille ont ensuite prit le petit-déjeuner ensemble où elles ont discuté de leurs projets. Toujours selon ses dires, Vickie a ensuite quitté le domicile à 7h40 et est arrivée à son travail dix minutes plus tard. Elle déclare également qu’elle ne se rappelait pas d’avoir fermé la porte du garage ce matin-là.

La maison de Leigh et Vicki. (Source : David Lohr)

Les forces de l’ordre ont effectué d’intenses recherches dans le quartier et dans les zones boisées à l’aide d’hélicoptères et de chiens, mais cela s’est avéré particulièrement difficile à cause de la tempête et de ses dégâts. Le sang trouvé dans la maison et sur la chemise de nuit de Leigh ont été envoyés en laboratoire pour être analysés. Comme Leigh n’avait jamais été soumise à des analyses sanguines, ils furent incapable de déterminer si ce sang lui appartenait, d’autant plus que les analyses ADN étaient encore à leurs débuts à cette époque. Ils apprirent cependant que le sang était de type O. Hormis cela, aucun autre ADN ou indice ne fut trouvé.

Donald, qui travaillait toujours dans l’armée et qui vivait sur une base militaire en Virginie, a apprit la disparition de sa fille le lendemain, le 28 août, après un appel de son ex-femme. Il a pu obtenir un congé d’urgence et a prit un avion pour se rendre au plus vite à Tupelo. Il a fait part de son désarroi sur la disparition inquiétante de sa fille de 13 ans : « Je ne pense pas qu’elle soit en vie. Je me prépare au pire. » Pendant tout le mois de septembre 1992, Donald et des bénévoles ont parcouru les bois environnants et ont déposé des avis de recherche pour tenter de retrouver Leigh.

En dehors de Vickie, la dernière observation de Leigh a été faite par des voisins. La veille de sa disparition, aux alentours de 20h, Leigh s’est rendue chez un voisin et lui a demandé si elle pouvait attendre sa mère chez lui car elle était enfermée dehors. Ce voisin accepte, mais à 20h45, Leigh a quitté le domicile pour aller chez un autre voisin et expliquer à nouveau qu’elle était enfermée dehors. Cet autre voisin accepte à son tour de la faire entrer. Quelques minutes plus tard, en regardant par la fenêtre, Leigh a signalé que sa mère était finalement arrivée et est partie.

Quelques jours après la disparition de Leigh, un employé de Mcdonald’s a contacté les policiers. Il a rapporté avoir aperçu une jeune fille ressemblant à Leigh dans un camion à Booneville, à environ 50 kilomètres de Tupelo. Il l’avait aperçue au drive du fast-food où il travaillait. Ce camion sera retrouvé avec la jeune fille, mais il s’est avéré qu’il ne s’agissait pas de Leigh.

Le 9 septembre 1992, Vickie contacte la police et prévient qu’elle a reçu un colis contenant les lunettes disparues de Leigh. Le destinataire était noté « B Yarborough », écrit en lettres majuscules sur le paquet ; il s’agissait du nom de son ex-mari. Elle avait donc contacté Barney pour le prévenir qu’il avait reçu un colis, et lorsqu’il est venu le récupérer et qu’il l’a ouvert devant Vickie, ils ont découvert les lunettes de Leigh à l’intérieur. « Il n’y avait pas de lettre de rançon ou quoi que ce soit de ce genre avec ces lunettes », a déclaré l’inspecteur-chef Aguirre. « C’étaient juste ses lunettes. On pourrait penser que s’il s’agissait d’un véritable enlèvement, on s’attendrait à ce qu’il y ait un peu plus de choses avec ça. »

En examinant le colis, les enquêteurs ont déterminé qu’il avait été envoyé depuis Booneville, là où un employé pensait avoir aperçu Leigh. Le colis a ensuite été envoyé en laboratoire pour des analyses plus approfondies, mais aucun ADN ne fut trouvé, pas même sur le timbre qui avait été collé à l’aide d’eau et non de salive. L’écriture a également subit des tests graphologiques, mais cela ne donnera aucune piste.

Des soupçons ont commencé à se porter sur Barney et Vickie, mais Barney sera rapidement écarté des suspects car il avait un alibi solide qui a pu être vérifié. Vickie fut soumise trois fois au test du polygraphe, dont deux par le FBI. Elle a échoué à tous les tests. Des rumeurs ont commencé à émerger, notamment que Vickie était violente envers sa fille. En effet, des camarades de classe de Leigh ont affirmé que la jeune fille s’était déjà présentée à l’école avec le corps couvert de bleus, mais elle assurait que c’était à cause de l’équitation. Une amie de Leigh a rapporté qu’elle disait parfois des choses étranges sur le fait qu’elle voulait mourir. Alors que Donald se trouvait toujours à Tupelo pour chercher sa fille, des habitants lui ont suggéré de garder un oeil sur son ex-femme.

Vickie s’est fermement défendue face aux résultats polygraphiques : « Je ne saurais pas vous dire pourquoi. Ils mesurent les changements dans votre corps, et lorsque votre fille disparaît et qu’ils vous attachent à des objets, je ne peux pas imaginer que le corps de quelqu’un ne réagisse pas. » Elle estime que l’attention portée sur elle était une perte de temps dans l’enquête.

Elle a rapidement jeté ses soupçons sur Oscar McKinley « Mike » Kearns, qui travaillait à l’église luthérienne que Vickie et Leigh fréquentaient. De plus, Leigh pratiquait l’équitation dans la même écurie où Kearns possédait des chevaux, et il aurait déjà proposé à la jeune fille de faire du cheval avec lui. Kearns semblait être un suspect notable : seulement quelques mois après la disparition de Leigh, il a enlevé une adolescente dans le Tennessee, avant de l’agresser sexuellement. Lors de son arrestation, il a plaidé coupable de viol puis a été condamné à 8 ans de prison, mais il fut libéré plus tôt, en 1997. En 1999, Kearns est de nouveau arrêté après avoir kidnappé un couple, et il fut condamné à 20 ans de prison.

Compte tenu du manque de signe d’effraction dans la maison, Vickie pense que Leigh avait dû ouvrir la porte à la personne responsable de sa disparition. Comme Leigh était de nature prudente, il est fort probable qu’elle connaissait suffisamment cette personne pour lui ouvrir la porte, ce qui a accentué les soupçons de Vickie sur Kearns. Mais lorsque la police et le FBI ont voulu l’interroger à propos de la disparition de Leigh, Kearns a toujours refusé de dire quoique ce soit. Oscar Kearns est décédé en 2021.

Quant à Donald, il a continué d’émettre des doutes sur son ex-femme. Il pense que l’expérience de Vickie dans l’armée l’a aidée à tromper les enquêteurs lors des interrogatoires. « Je ne pense pas qu’ils aient eu affaire à une personne aussi intelligente que Vickie auparavant. » il a déclaré. « Elle était une interrogatrice expérimentée. Elle savait comment se comporter lors d’un interrogatoire. »

Il a déterminé que Leigh a probablement été tuée dans la nuit du 26 au 27 août. Le jour de la disparition de Leigh, Vickie ne s’était absentée environ qu’une heure avant de revenir à la maison, et Donald affirme que personne n’aurait eu le temps de cacher un corps, l’arme du crime, et de nettoyer le sang de la salle de bain en moins d’une heure, surtout en pleine tempête. Selon lui, Vickie en sait plus qu’elle ne le prétend.

En novembre 1993, un rebondissement a lieu dans l’enquête après qu’un agriculteur de la région ait trouvé un crâne humain dans son champ. Mais après analyse, il s’est avéré que ce crâne n’appartenait pas à Leigh, mais à une femme de 27 ans nommée Pollyanna Sue Keith, qui avait disparu dans le Mississippi quelques semaines plus tôt.

A cause des lourds soupçons que la communauté de Tupelo avait porté sur elle, Vickie s’était temporairement installée au Texas pour fuir les intimidations. Malgré tout ce temps sans d’autres rebondissements dans l’affaire, Vickie refuse toujours de perdre espoir. En 2009, elle a déclaré qu’elle espérait que Leigh soit encore en vie quelque part, et que cela l’aidait à supporter toutes ces années sans sa fille. Par la suite, Vickie s’est faite plus discrète. Quant à Donald, il a toujours du mal à rester optimiste sur le sort de sa fille. Il pense qu’elle a été assassinée et que son corps est toujours quelque part. A ce jour, Leigh n’a toujours pas été retrouvée.

Cécile Vallin : la disparition troublante d’une adolescente.

Cécile est née le 28 octobre 1979 en Normandie, dans le nord-ouest de la France. Elle est la fille de Jonathan Oliver, un Britannique venu s’installer en France, et de Maryse Vallin. Elle a également une demi-soeur aînée, Chloé, née d’une précédente union du côté de son père. Ses proches décrivent Cécile comme une belle jeune fille sociable, intelligente et sportive. Elle aimait faire de la randonnée, de la course à pieds et de l’escalade.

Lorsqu’elle a six ans, ses parents se séparent et elle part vivre avec sa mère en Savoie, à St-Jean-de-Maurienne, tandis que son père reste en Normandie. Malgré la séparation de ses parents, Cécile est restée proche de son père qu’elle appelle souvent et à qui elle rend visite dès que possible. De son côté, Maryse a refait sa vie avec un homme qui n’est autre que le proviseur du lycée Paul Héroult, où Cécile est scolarisée. De ce fait, Maryse et Cécile vivaient dans le logement de fonction de ce dernier, au sein du lycée où la jeune fille préparait un baccalauréat littéraire.

Ses camarades de classe décrivent Cécile comme une élève studieuse, organisée et aimable, qui allait facilement vers les autres et qui était également douée en sport, particulièrement en escalade, l’une de ses passions. C’est justement dans un cours d’escalade qu’elle rencontre un jeune garçon nommé Jérémy, et les deux tombent très vite amoureux. Leurs proches décrivent leur relation comme étant saine et sans nuages. Au moment de la disparition de Cécile, ils sortaient ensemble depuis deux ans.

En 1997, Cécile était en terminale et allait bientôt passer ses examens du baccalauréat. Elle prévoyait de devenir prof de sport et avait commencé des démarches pour faire une colocation dans un appartement à Grenoble, avec sa meilleure amie Sandrine. Elle avait hâte de commencer cette nouvelle vie. Elle voulait devenir indépendante et travaillait dur pour atteindre ses objectifs.

Le samedi 7 juin 1997, Cécile se trouve seule chez elle après que sa mère et son beau-père se soient absentés pour le week-end. Elle révise toute la matinée pour les épreuves du baccalauréat qui ont lieu dans quelques jours, puis elle décide d’inviter ses amis Sébastien, Mathias, Benoît et Karim dans le logement. Comme elle vit dans l’enceinte du lycée, elle invite ses amis pour qu’ils fassent de l’escalade ensemble dans le gymnase, bravant ainsi les interdictions de son beau-père.

Depuis quelques temps, Cécile se détache de Jérémy et commence à avoir un faible pour Sébastien. Cette attirance est réciproque. Le groupe passe quelques heures à faire de l’escalade puis ils dînent tous ensemble. Durant la soirée, ils mettent de la musique, boivent un peu d’alcool et regardent un film. Après s’être isolés dans la cuisine, Cécile et Sébastien flirtent ensemble et échangent un baiser. Les quatre garçons finissent par partir et Cécile passe le reste de la nuit seule.

Dans la matinée du 8 juin, Cécile tente de contacter par téléphone sa demi-soeur Chloé, qui vit à Paris pour ses études d’infirmière. Mais cette dernière ne se trouve pas chez elle. En début d’après-midi, Sébastien retourne voir Cécile puis repart vers 16h45. Après le départ de Sébastien, Cécile téléphone à sa meilleure amie Sandrine. Elle lui dit qu’elle est prise de remords d’avoir dépassé la limite avec Sébastien.

Cécile téléphone ensuite à son père Jonathan et lui avoue qu’elle a fait une bêtise en invitant des amis sans l’accord de sa mère et de son beau-père. Jonathan tente de la rassurer et lui conseille de ne pas se prendre la tête avec cela, mais plutôt de se concentrer sur ses révisions. « Je vais m’y mettre. » lui assure Cécile, puis elle raccroche. L’appel a duré 6 minutes et 12 secondes, et ce sera la dernière fois que Jonathan entendra la voix de sa fille.

On ne sait pas exactement ce qu’a fait Cécile après cet appel. Des témoins vont rapporter l’avoir aperçue à plusieurs endroit ce jour-là à St-Jean-de-Maurienne. Elle aurait été aperçue dans une cabine téléphonique près d’un bar vers 17h30, puis vers la gare.

Un autre témoignage provient de Myriam, une copine de classe de Cécile. Ce jour-là aux alentours de 17h45, Myriam se trouve en voiture lorsqu’elle aperçoit Cécile en train de marcher seule sur la départementale 906 (auparavant la nationale 6). Elle précise que l’adolescente était vêtue d’un T-shirt blanc et d’un pantalon foncé, elle n’avait pas de sac à main ni de sac à dos, et elle semblait se diriger vers l’extérieur de la ville. Myriam précise également qu’elle a eu le temps de voir l’expression faciale de Cécile : elle avait l’air triste et préoccupée. Elle semblait marcher sans savoir où elle allait.

Lorsque Maryse rentre le dimanche soir et découvre que sa fille est introuvable et injoignable, elle contacte directement la gendarmerie. Les gendarmes croient d’abord à une fugue, mais ils vont quand même fouiller le logement sans rien trouver de suspect. Ils fouillent ensuite la chambre de Cécile. Ses cours sont toujours ouverts sur son bureau, entourés de ses autres affaires scolaires. La couette de Cécile est saisie pour être analysée, afin de découvrir si du sang ou un autre ADN se trouve dessus, mais en vain. Les gendarmes remarquent cependant que l’adolescente est partie sans son portefeuille qui contient 300 francs de l’époque, l’équivalant de 45 euros. Sa carte d’identité et sa carte de crédit sont introuvables, mais cette dernière ne sera jamais utilisée. A cause de ces détails, l’hypothèse de la fugue sera rapidement qualifiée de disparition inquiétante.

Cécile plus jeune avec son père Jonathan.

Le lundi 9 juin, Jonathan est allé acheter une corde d’escalade pour Cécile qui allait fêter ses 18 ans en octobre. Il était persuadé d’avoir trouvé le cadeau d’anniversaire parfait pour sa fille car c’était une corde de très bonne qualité. Peu après, il a appelé au domicile de son ex-femme pour avoir des nouvelles de Cécile, mais lorsque Maryse a décroché, elle lui a annoncé que leur fille avait disparu depuis dimanche et qu’elle était introuvable. « Je ne saurais expliquer pourquoi, mais quand j’ai appris la disparition de Cécile, j’ai tout de suite imaginé le pire. J’ai vu le corps de ma fille, désarticulé, comme un pantin. Elle était morte, c’était la seule explication possible. J’ai eu du mal à effacer cette image épouvantable de ma tête. »

Lorsque la disparition de Cécile est rendue publique, un autre témoin va se manifester. Il prétend avoir aperçu l’adolescente le 8 juin à 18h15 à l’entrée du village Pontamafrey-Montpascal, qui se trouve non loin du domicile de Cécile. Il la revoit ensuite vers 18h45 en train de marcher devant l’école du village. Cécile connait bien Pontamafrey car elle a l’habitude de s’y rendre pour faire de l’escalade, mais personne ne l’a vue sur la via ferrata du village et elle n’avait pas emporté ses affaires d’escalade avec elle.

Cécile est-elle partie se promener dans les collines et montagnes environnantes afin de se changer les idées ? A-t-elle eut un accident ? L’hypothèse du suicide a également été évoquée, car Sandrine précise que lorsque Cécile lui a parlé au téléphone le jour de sa disparition, elle lui aurait dit : « Je vais me jeter d’une montagne », alors qu’elle culpabilisait pour ce qu’elle avait fait envers son petit ami Jérémy, mais aussi pour avoir désobéi à son beau-père en invitant des amis au lieu de se concentrer sur ses cours. Sur le moment, Sandrine n’a pas prit sa remarque au sérieux. Elle pensait que Cécile était simplement confuse et stressée car elle avait enfreint des règles ce week-end là.

D’intenses recherches vont être effectuées dans les montagnes et les ravins, des hélicoptères, des chiens renifleurs de cadavres vont être déployés, le lac et les étangs seront fouillés, des affiches vont être collées et distribuées partout dans la région, mais aucune trace de l’adolescente ne sera trouvée. Les proches de Cécile ont du mal à croire à la théorie du suicide. Ils affirment que Cécile n’avait pas le profil d’une personne suicidaire, elle avait beaucoup de projets en tête et avait hâte de commencer sa nouvelle vie après avoir passé ses examens. Même si elle avait l’air bouleversée avant de disparaître, elle ne serait pas allée jusqu’à s’ôter la vie.

Même si l’hypothèse de la fugue a rapidement été écartée, Maryse pensait que sa fille était bien parti d’elle-même. Après la disparition de Cécile, elle a enregistré un message sur le répondeur du domicile au cas où sa fille appellerait. Dans ce message vocal, Maryse lui dit qu’elle ne lui en veut pas pour ce qu’il s’est passé et qu’elle pouvait rentrer dès qu’elle le souhaitait. Mais Cécile n’a plus jamais appelé et n’est jamais rentrée à la maison. Elle ne s’est jamais présentée à ses épreuves du baccalauréat, qu’elle attendait avec impatience.

Son petit ami Jérémy ainsi que les quatre amis présents chez elle avant sa disparition ont été interrogés, et tous avaient des alibis solides qui ont pu être vérifiés. Cécile avait-elle téléphoné à une autre personne le jour de sa disparition ? Quelqu’un qui lui aurait donné rendez-vous quelque part ? Ou a-t-elle été enlevée sur la route ?

Deux semaines après la disparition de l’adolescente, les enquêteurs ont été alertés par la douane qui venait d’intercepter un homme nommé Jean-Marc Reiser à Morteau. A l’intérieur de sa voiture, les douaniers avaient trouvé un arsenal inquiétant : des armes, des cagoules et des photographies de femmes inconscientes et nues. Parmi ces photos se trouvait celle d’une jeune femme ressemblant à Cécile. En 1987, Jean-Marc Reiser avait été soupçonné de la disparition d’une jeune femme de 23 ans, Françoise Hohmann. Françoise vivait à Strasbourg et était une vendeuse d’aspirateur à domicile. Elle avait été vue pour la dernière fois le 8 septembre 1987 en train d’entrer dans l’appartement de Reiser et n’a jamais été retrouvée. Faute de preuves, Reiser n’avait pas été arrêté.

Rapidement, Jean-Marc Reiser a été écarté de tout soupçon concernant la disparition de Cécile. En effet, les enquêteurs ont découvert qu’il se trouvait à Strasbourg le jour de la disparition de l’adolescente. Cependant, Reiser fut condamnée à 15 ans de réclusion criminelle au début des années 2000 pour des affaires de viol. En 2022, Reiser est cette fois condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Sophie Le Tan, une jeune femme de 20 ans disparue le 7 septembre 2018 alors qu’elle visitait un appartement qu’elle voulait louer à Reiser. Concernant la photo de cette jeune femme nue ressemblant à Cécile, les enquêteurs ont découvert qu’il s’agissait d’une ancienne compagne de Jean-Marc Reiser, qui avait été prise en photo à son insu alors qu’elle dormait.

Le tueur en série et pédocriminel Michel Fourniret sera également soupçonné. Il avait une nièce qui vivait non loin de St-Jean-de-Maurienne et il s’était déjà rendu dans la région, mais sa nièce affirmera qu’elle n’avait pas reçu la visite de Fourniret depuis les années 1980. Lorsqu’il est arrêté en 2003 avec sa compagne Monique Olivier, sa fourgonnette sera fouillée et plusieurs ADN de jeune filles seront retrouvés, dont celui de la petite Estelle Mouzin, mais pas celui de Cécile.

Cependant, lorsque Monique Olivier est à nouveau interrogée en 2005, elle affirme que Fourniret avait quitté leur domicile situé à Sart-Custinne, en Belgique, après une dispute conjugale survenue le 9 juin 1997. Environ 24h après, il est rentré à leur domicile en compagnie d’une jeune fille. « La jeune fille marchait près de lui sans s’agiter, sans crier ni parler. » a-t-elle déclaré. « Fourniret la tenait par le bras, mais sans la forcer à avancer : elle avançait d’elle-même, de manière docile, sans vouloir fuir, sans résistance aucune. Son attitude ne me semblait pas naturelle : elle était comme endormie, sans réaction.»

Monique Olivier précise que la jeune fille était âgée entre 16 et 18 ans, qu’elle avait les cheveux bruns, qu’elle mesurait environ 1m66. Cette description correspond de manière troublante à Cécile, mais Monique n’est pas rentrée davantage dans les détails. Fourniret avait pour habitude de voyager à travers la France et la Belgique pour trouver ses victimes, et les enlevait à bord de sa fourgonnette. « Il y a de fortes chances que ce soit lui (…) J’ai l’habitude depuis un moment de dire que tant que je ne sais pas ce qu’est devenue Cécile, Fourniret serait forcément un responsable logique vu sa façon de faire », a déclaré Jonathan. Depuis la mort de Fourniret en 2021, Monique Olivier est désormais la seule à détenir la vérité, mais elle n’a encore jamais été entendue dans l’affaire Cécile Vallin. Cependant, l’ombre de celui qu’on surnomme « L’ogre des Ardennes » continue de planer sur la disparition de l’adolescente.

En 2002, la famille de Cécile engage un détective privé qui va travailler en collaboration avec la police. Ce détective va mettre en avant la piste d’une homme qu’il va nommer le « Docteur G », qui était récemment décédé. Une boîte remplie de coupures de journaux sur la disparition de Cécile a été retrouvée sous son lit après son décès, et cette étrange découverte a poussé les policiers à fouiller son domicile, mais rien d’autre ne sera trouvé.

Pourquoi cachait-il des coupures de journaux concernant Cécile ? L’avait-il vue le jour de sa disparition ? La connaissait-il personnellement ? Actuellement, aucune autre information n’a été rapportée sur ce « Docteur G ».

Cécile a-t-elle été prise en autostop par une personne malintentionnée ? L’adolescente avait déjà fait de l’autostop auparavant et avait prévu de le refaire l’été de sa disparition pour se rendre en Espagne avec une amie, mais son petit ami Jérémy avait tenté de la dissuader de le faire. A-t-elle ignoré les avertissements de Jérémy ? A-t-elle été forcée de monter à bord d’un véhicule ? Au moment de sa disparition, la route que l’adolescente a empruntée était en travaux. En 2008, l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie a sondé profondément les fondations de l’autoroute A 43 à l’aide d’un radar, espérant pouvoir trouver le corps de Cécile, mais en vain.

L’avocate de Jonathan, Me Caty Richard, a dû faire pression pour que le dossier de Cécile Vallin ne soit pas clôturé au fil des années. L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) reprend le dossier de Cécile en décembre 2019. En 2022, le dossier est transmit au pôle judiciaire national de Nanterre dédié aux cold cases.

Au moment de la disparition de Cécile, sa demi-soeur Chloé avait 23 ans et résidait à Paris. Les deux soeurs étaient très proches et l’absence de Cécile a eu l’effet d’un tsunami. « Une partie de ma vie s’est arrêtée quand Cécile a disparu. J’étais en permanence entre la vie et la mort. » a confié Chloé. « Officiellement, c’était une demi-soeur, mais c’était une vraie soeur quand même. Je n’ai pas eu de demi-peine, de demi-angoisse, de demi-douleur. »

Cécile et Chloé dans leur enfance.

Chloé est finalement parvenue à trouver de l’aide parmi des professionnels au bout de longues années. Elle a enfin pu trouver un semblant de paix lors d’une séance en groupe menée par un psychologue. Le but de cette séance était que chaque participant représente un membre d’une famille pour aider à résoudre des problèmes personnels. « Une femme a représenté ma sœur. J’ai pu la prendre physiquement dans mes bras. Ça a été un moment très fort. J’ai pu la sentir comme si je sentais ma sœur à nouveau, j’ai pu lui dire au revoir. » Chloé a finalement renoncé à sa vocation d’infirmière et est aujourd’hui thérapeute par le chant intuitif. Elle a tenu à s’éloigner de l’enquête pour enfin lâcher prise.

En 2016, Jonathan a écrit un livre intitulé « Cécile ma fille, ma disparue » publié aux Editions de l’Archipel, où il relate son combat pour retrouver sa fille. Aujourd’hui, Maryse semble avoir accepté l’idée que Cécile a disparu pour toujours, mais Jonathan veut garder une lueur d’espoir. « Ce n’est pas de la naïveté, c’est simplement que je me refuse à spéculer. […] Moi, je suis persuadé d’une seule chose, c’est que Cécile n’a pas disparu de son plein gré. Elle n’est pas en train de se la couler douce sur une plage paradisiaque. Non, ça, j’en suis sûr. » a-t-il déclaré.

Jonathan s’est fait tatouer la signature de sa fille après avoir retrouvé les dernières lettres qu’elle lui avait écrites. Dans sa maison de Normandie, il a également laissé la chambre de Cécile telle quelle. « .Je n’ai jamais cessé de vivre avec ma fille. Elle est omniprésente dans mon quotidien, mais terriblement absente à la fois. Tous les jours, j’entends sa voix, je vois son visage, ses jolis traits rieurs, sa coupe garçonne. Son image est aussi vive qu’il y a vingt ans, même si j’ai conscience que j’en garde une image figée dans le temps. Cécile restera une éternelle adolescente de 17 ans. »

Marcia Ryan : elle disparaît avec son chien sur une autoroute.

Marcia Ann Ryan est née le 19 juillet 1963 et vivait à Seaford, dans l’Etat de Victoria en Australie. Ses parents sont John et Johanna Ryan, et elle était la plus jeune d’une fratrie de cinq enfants. Ses proches la décrivent comme une jeune femme spontanée, déterminée et intelligente. Elle aimait la plongée sous-marine, les motos et passer du temps avec sa famille. Au moment de sa disparition, elle vivait dans une maison située à Larool Crescent avec son chien Ziggy, un croisé border collie et bouvier australien âgé de 10 ans qui la suivait partout et qu’elle adorait.

Marcia travaillait dans une entreprise de transport tenue par son oncle et sa tante, où elle était vue comme une employée sérieuse qui ne manquait jamais un jour de travail. Mais dans la matinée du 19 août 1996, Marcia a demandé si elle pouvait quitter le travail un peu plus tôt car elle ne se sentait pas bien. Dans l’après-midi, elle a expulsé un locataire qu’elle avait accueillit chez elle quatre jours plus tôt. Marcia avait récemment finit de rénover sa maison et voulait la faire louer lorsqu’elle était absente afin de gagner un peu plus d’argent, mais elle a décidé de ne pas garder ce locataire car, selon ses dires, elle n’était pas à l’aise en sa présence et il l’agaçait.

L’un des frères de Marcia, Mark, est venu chez elle le même jour pour s’assurer que l’expulsion du locataire se passait bien. Après le départ du locataire, Mark a remarqué que sa soeur avait l’air particulièrement agitée et stressée. Elle craignait que le locataire lui ait volé des affaires. La veille, elle avait appelé ses parents qui l’ont décrite comme étant délirante et paranoïaque. Ils ont pensé que cette expérience avec le locataire l’avait vraiment stressée. Mark est resté tenir compagnie à Marcia jusqu’à 22h30.

Marcia et son chien Ziggy.

Un peu plus tard dans la soirée, Marcia téléphone à ses parents qui se trouvent dans leur maison de vacances à Surfers Paradise, dans l’Etat du Queensland. Elle leur confie qu’elle ne se sent pas bien et qu’elle aimerait entreprendre un road trip pour aller leur rendre visite. Il lui fallait parcourir environ 1900 kilomètres en voiture pour arriver jusque dans le Queensland. Ses parents étaient hésitants et on tenté de la dissuader, mais Marcia a insisté et ils ont finalement cédé. Marcia n’a pas perdu de temps et est directement montée à bord de sa Mitsubishi Sigma 1980, quittant son domicile avec son inséparable Ziggy. L’enquête a déterminé plus tard que Marcia avait téléphoné à ses parents depuis une cabine téléphonique, ce qui voulait dire qu’elle était probablement déjà en route vers chez eux.

Peu après son départ, Marcia a fait un détour jusqu’à Camberwell, situé à environ 38km au nord de Seaford, pour retirer 50 dollars à un distributeur automatique. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi elle est parti aussi loin pour retirer une si petite somme d’argent, ni si elle a fait autre chose là-bas entre temps. Il fallait environ 20h à Marcia pour rejoindre le Queensland en voiture si elle se dépêchait et si elle ne rencontrait pas trop de problèmes. Mais deux jours plus tard, Marcia n’était toujours pas parvenue chez ses parents. Ils ont essayé de la contacter, en vain. Au bout du troisième jour, Marcia n’était toujours pas arrivée et elle était injoignable, sa famille a donc commencé à s’inquiéter sérieusement.

Un de ses frères, Tony, s’est rendu chez Marcia et a découvert qu’elle n’avait pas emmené certains de ses effets personnels qui auraient pu être indispensables pour son voyage, comme sa brosse à dents. Il a également découvert plus d’une quinzaine de messages sur le répondeur de sa soeur. L’un d’eux provenait de l’entreprise VicRoads qui l’informait que sa voiture allait être emmenée à la fourrière si elle ne venait pas la récupérer, un autre message venait d’une personne disant que son portefeuille avait été retrouvé le long de l’autoroute à Darnum.

Tony s’est rendu au poste de police où il a apprit que la voiture de Marcia avait été retrouvée abandonnée le 20 août sur une autoroute nommée Princes Highway , non loin d’une station-service ouverte 24h/24, entre Moe et Morwell. La voiture était en panne d’essence. Les clés se trouvaient toujours sur le contact et les portes étaient verrouillées, mais il n’y avait aucune trace de Marcia et de Ziggy. « Elle s’est arrêtée dans une tranchée avec des falaises abruptes des deux côtés de l’autoroute. Ce n’est certainement pas un endroit pour s’arrêter et sortir d’une voiture, et encore moins pour qu’un chien puisse courir. J’y suis allé avec un ami vers minuit quelques semaines plus tard et je ne me serais pas arrêté là car c’est assez dangereux de croiser le trafic à 100 km/h. » a expliqué Tony.

La personne ayant retrouvé le portefeuille de Marcia a déclaré que les cartes avaient été trouvées en ligne sur l’autoroute, et que leur position semblait montrer qu’elles avaient été jetées depuis le côté conducteur d’un véhicule en mouvement. Rien ne manquait dans le portefeuille, ni ses cartes de crédit, ni sa carte d’identité. Pourquoi Marcia aurait-elle voulu se débarrasser de son portefeuille ? Pourquoi n’a-t-elle pas au moins garder ses cartes de crédit sur elle ?

D’intenses recherches de plusieurs semaines ont été menées par les policiers, aidés par la famille de Marcia ainsi que par des bénévoles, des hélicoptères et des chiens détecteurs de cadavres. Un témoin a déclaré avoir aperçu Marcia près de sa voiture garée sur le côté de la Princes Highway, et qu’un Break blanc était garé juste devant avec deux hommes se tenant de chaque côté. Marcia se tenait à l’arrière de sa propre voiture.

Un chauffeur de camion s’est également manifesté pour apporter son témoignage. Le 19 août aux alentours de 23h50, il affirme avoir aperçu Marcia en train de marcher le long de la Princes Highway, s’éloignant de sa voiture. Il a remarqué qu’elle avait l’air en détresse et il a arrêté son camion à sa hauteur pour lui proposer son aide, mais Marcia est devenue méfiante et a refusé. L’homme est donc reparti, comprenant qu’une femme seule au milieu de la nuit puisse se méfier d’un inconnu. Ce camionneur n’a pas précisé si Ziggy se trouvait avec elle à ce moment-là.

Marcia avec Ziggy et une amie.

Juste avant de disparaître, Marcia semblait déprimée, stressée, et était pressée de rejoindre ses parents dans le Queensland. Sa famille pense que cela était également dû au fait que le mois de septembre se rapprochait. En effet, un événement tragique a frappé la famille Ryan quelques années auparavant. Le 28 septembre 1980, Marcia, âgée de 17 ans, a été témoin d’un accident de voiture qui a coûté la vie de sa soeur aînée Dianne, 20 ans. Cet événement a ébranlé la jeune femme, qui devenait particulièrement mélancolique à chaque fois que l’anniversaire de la mort de Dianne se rapprochait. Ses proches affirment que Marcia n’avait plus été la même depuis la mort de sa soeur qu’elle adorait, mais qu’elle avait réussi à aller un peu mieux grâce au soutien de sa famille et à la présence réconfortante de Ziggy.

Cependant, ses proches ne croient pas en la thèse du suicide. Sa meilleure amie Theresa Lynch lui avait parlé peu avant sa disparition, et elle affirme que Marcia avait l’air heureuse et enjouée. Mais l’état mental de Marcia semblait s’être rapidement détérioré, la rendant confuse et anxieuse. John a toujours pensé que sa fille avait fait le choix de partir quelques temps pour mettre de l’ordre dans ses pensées et qu’elle n’avait jamais osé revenir à cause de la médiatisation de sa disparition. Il pensait également qu’elle ait pu être victime d’une perte de mémoire durant son voyage.

Le détective Jim Cooks, qui enquêtait sur l’affaire, a également affirmé qu’il y avait une possibilité que Marcia puisse être toujours en vie. Johanna, cependant, était persuadée que sa fille ait été victime d’un acte criminel, mais elle espérait également qu’elle puisse être en vie. La tante de Marcia, Thea Thomson, affirme que sa nièce ne se serait pas laissée faire si quelqu’un avait tenté de lui faire du mal, et que Ziggy l’aurait défendue. « Ziggy la protégerait comme vous ne l’imagineriez pas. Il est difficile de penser que Ziggy n’aurait pas riposté s’il y avait eu un acte criminel. Il n’irait nulle part sans Marcia. »

En 2008, le coroner de l’Etat de Victoria a jugé que Marcia était finalement morte la nuit de sa disparition, laissant la cause du décès indéterminée. Cette décision a profondément bouleversé les parents de Marcia. « Je suis sûr que cela a pris 10 ans de la vie de ma mère. Ils s’attendaient à une enquête ouverte car nous n’avons jamais vu ni entendu parler daucune preuve qu’elle ait été victime d’un acte criminel. » s’est indigné Tony. Cependant, sa famille n’a jamais perdu espoir. Ses parents n’ont pas voulu déménager durant la décennie qui a suivi, au cas où elle reviendrait, et John a toujours refusé de retirer Marcia de son testament.

Sa tante Thea se rappelle avec douceur de la jeune femme qu’était Marcia.  « C’était une belle personne, je l’aimais beaucoup. Elle travaillait pour moi quand elle a disparu et elle était là depuis 10 ans […] Pendant qu’elle travaillait pour nous, elle était brillante, perfectionniste, honnête, fiable et on pouvait lui faire confiance pour tout. » Thea ajoute que lorsque Johanna se trouvait sur son lit de mort, elle gardait avec elle une photo de Marcia et Dianne. Avant de mourir, elle avait dit à Thea : « Je vais enfin savoir ce qui est arrivé à Marcia. »

John et Johanna Ryan sont à ce jour décédés. Mark, l’un des frères de Marcia, est également décédé depuis. Paul et Tony, les deux derniers de la fratrie, espèrent toujours connaître la vérité sur le destin de Marcia et Ziggy, qui ont mystérieusement disparu sur l’autoroute australienne durant cette nuit d’août 1996.

La disparition inquiétante de John Bui Tran.

John est né le 11 novembre 1976 à Saigon, au Vietnam. Alors qu’il n’est qu’un enfant, il déménage avec sa famille aux Etats-Unis et s’installe à West Covina, en Californie, avant d’être naturalisé américain. John vit une enfance et une adolescence heureuse, entouré de sa famille et de ses amis. Il est décrit comme un jeune homme extraverti et avenant, toujours souriant et de bonne humeur.

John souhaitait devenir scénariste pour le cinéma et la télévision. De ce fait, il déménage durant l’été 2004 à Dorchester, dans l’Etat du Massachusetts, afin d’étudier les arts libéraux au Quincy College. Afin de pouvoir payer l’appartement qu’il louait, il a également commencé un travail à temps partiel dans un magasin de fournitures pour animaux de compagnie. Les personnes qui l’ont fréquenté durant cette période se souviennent de lui comme d’un jeune homme sociable, studieux et généreux qui avait pour habitude de faire des dons de sang à la Croix Rouge américaine. Certains étudiants le voyaient chaque jour faire du vélo autour du campus.

Le 2 avril 2005, John participe à une fête qui a lieu à Randolph, plus précisément sur l’Avenue Mitchell. Il y a très peu d’informations sur ce qui s’est passé durant cette fête, mais après cet événement John a soudainement cessé de donner des nouvelles à ses proches, ce qui était inhabituel. Inquiète, sa mère finit par contacter Chiến Nguyen, le meilleur ami de John. Les deux amis vivaient non loin l’un de l’autre et avaient pour habitude d’être régulièrement en contact. Lorsque la mère de John lui révèle qu’il n’a plus donné signe de vie, Chiến comprends immédiatement que quelque chose de grave a pu se passer.

Peu d’informations sur la suite de l’enquête sont disponibles. Des sources révèlent que les collègues de travail de John étaient également présents à la fête et qu’ils étaient les derniers à l’avoir vu avant qu’il ne disparaisse. Malgré des recherches et des appels à témoin, personne n’a plus revu John par la suite. Ses proches ont tenté de le chercher par leurs propres moyens mais sans succès. Aucun indice ne sera retrouvé. C’est comme si John avait soudainement disparu de la surface de la Terre.

Plusieurs années vont passer sans aucun rebondissement. En octobre 2021, le FBI a organisé de nouvelles fouilles dans l’arrière-cour de la maison où la fête avait eu lieu, mais les résultats de ces fouilles sont à ce jour inconnus. Malgré le manque d’avancée dans l’enquête, la famille de John continue de collaborer avec le FBI.

Depuis ce 2 avril 2005, la famille de John vit dans l’incompréhension et la douleur. Ils craignent qu’il ait été victime d’un acte criminel. Ils ne pensent pas que John ait pu disparaître de lui-même, car il avait déménagé dans le Massachusetts pour commencer une nouvelle vie et tout semblait aller pour le mieux. Il était également très proche de sa famille et avait pour habitude de leur donner des nouvelles régulièrement. Il ne souffrait apparemment d’aucune maladie mentale qui aurait pu le pousser à fuir.

Les collègues de John présents à la fête ont-ils été témoins de quelque chose d’étrange ? Ont-ils quelque chose à se reprocher et ont-ils fait le choix de se taire ? Qui aurait pu s’en prendre à John et pourquoi ? Il n’était pas impliqué dans des histoires de drogues ou d’argent et il n’était pas connu pour avoir des ennemis. Cependant, il est possible qu’il ait pu rencontrer des personnes malintentionnées durant cette fête. S’est-il retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment ?

Son meilleur ami Chiến reste également très marqué par la disparition de John. Les deux hommes ont grandi ensemble en Californie avant de se retrouver au Massachusetts pour leurs études. Chiến avait vu John avant qu’il aille à cette fête d’où il ne reviendra jamais, et il n’aurait jamais pensé que ce serait la dernière fois qu’il verrait son meilleur ami. « J’ai grandi avec John et j’ai beaucoup de bons souvenirs avec lui. Il me traitait comme si j’étais son petit frère, il a toujours pris soin de moi et de tout le monde. […] John n’a jamais quitté mon esprit, il est toujours dans mon coeur et j’ai toujours pensé à lui depuis. »

Le FBI offre une récompense de 10 000$ pour toute information pouvant résoudre la disparition de John, dont le sort demeure toujours incertain.

L’affaire Kirsa Jensen : disparue lors d’une promenade à cheval.

Née le 15 décembre 1968, Kirsa Mary Jensen était la fille de Dan et Robyn Jensen. Elle avait également un frère nommé Michael. La famille vivait à Napier, une ville située sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Robyn décrit Kirsa comme une adolescente timide, généreuse et dévouée aux autres. Elle était également une grande défenseuse des animaux.

Elle essayait toujours de prendre soin d’animaux en difficulté et elle faisait également du bénévolat dans une clinique vétérinaire. Kirsa possédait un cheval nommé Commodore, qu’elle adorait et qu’elle entraînait pour participer à des concours. Son rêve était d’intégrer l’équipe équestre néo-zélandaise, et elle souhaitait également rejoindre l’Université Messey pour devenir vétérinaire.

Kirsa et son cheval Commodore.

A la fin du mois d’août 1983, la pluie était présente sur la région, empêchant Kirsa de s’entraîner avec son cheval. Le 1er septembre, le soleil a refait surface et Kirsa comptait profiter du beau temps en faisant une promenade à vélo avec une amie après l’école. Cette amie va finalement annuler le rendez-vous, mais Kirsa va quand même prendre la décision d’aller se promener avec Commodore le long de la plage d’Awatoto, un lieu qu’elle a l’habitude de fréquenter. Elle quitte son domicile aux alentours de 14h45 et dit au revoir à sa mère, précisant qu’elle rentrerait bientôt. A ce moment-là, Robyn ne se doute pas un instant que ce serait la dernière fois qu’elle verrait sa fille.

Vers 17h, Kirsa n’est toujours pas revenue et Robyn l’attend fébrilement. Elle finit par prévenir la police quelques minutes plus tard, alors que sa fille est toujours absente. Les policiers partent directement en direction de la plage d’Awatoto pour chercher l’adolescente de 14 ans. Ils retrouvent rapidement Commodore en train d’errer seul près de la rivière Tutaekuri, mais il n’y avait aucune trace de Kirsa.

Reconstitution policière avec le cheval Commodore.

Des empreintes de sabots, des morceaux de brides et une corde ont été retrouvés aux alentours de la plage, près d’un ancien emplacement de canons datant de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui pouvait suggérer que Kirsa s’était bien rendue à cet endroit avec son cheval. Les recherches vont durer jusque tard dans la nuit, puis vont reprendre le lendemain. Des bénévoles vont également participer aux recherches et la rivière Tutaekuri sera fouillée par des plongeurs, en vain. Une récompense de 5000$ était offerte pour toute information pouvant mener à l’adolescente, avant de monter jusqu’à 30 000$ grâce aux dons publics.

La disparition de Kirsa va faire grand bruit dans ce coin tranquille, et les policiers vont rapidement soupçonner un enlèvement. « […] C’était une affaire tellement énorme. En grande partie parce qu’il s’agissait d’une écolière de 14 ans et que c’était inhabituel. C’était au-delà de la croyance du public. C’est resté à la une du journal pendant un mois », avait déclaré l’inspecteur Ian Holyoake.

Deux témoins faisant du surf diront avoir vu une jeune fille marcher le long de la plage en tenant un cheval par les rênes, ce 1er septembre vers 16h20. Un autre témoin nommé William John Russell va se manifester, disant avoir aperçu Kirsa parler avec un homme près d’un pont non loin de l’emplacement des canons, vers 16h30. Il décrit l’homme comme étant caucasien, chauve, mesurant environ 1m80 et ayant entre 45 et 50 ans. Ils se tenaient près d’une fourgonnette blanche aux côtés marrons. Malgré les recherches, cet homme et la fourgonnette ne seront pas retrouvés.

Toujours selon les dires de Russell, il aurait dépassé Kirsta et l’homme avant de revenir sur ses pas, ayant un mauvais pressentiment. Il aurait alors retrouvé Kirsa avec du sang sur le visage, et l’homme à la fourgonnette avait disparu. Il serait allé la voir et Kirsa lui aurait assuré qu’elle allait bien, qu’elle était juste tombée de son cheval et que ses parents étaient en route pour venir la chercher. Russell serait donc rapidement rentré chez lui, chose qui sera corroborée par ses voisins qui diront l’avoir vu rentrer peu après 16h30.

Les enquêteurs vont rapidement jeter leurs soupçons sur Russell. Des détails ne semblent pas coller dans son récit. Les parents de Kirsa ont notamment précisé plus tard qu’ils n’avaient jamais été prévenus que leur fille avait été blessée, contrairement à ce qu’elle aurait prétendument dit à John Russell. Le jour de la disparition de Kirsa, d’autres témoins ont aperçu Commodore entre 16h40 et 16h45, mais l’adolescente n’était pas avec lui.

Les enquêteurs vont davantage se pencher sur Russell après avoir découvert d’autres détails étranges. Les morceaux de bride et la corde retrouvés correspondaient à ceux utilisés pour attacher Commodore, mais la corde n’appartenait pas à Kirsta. Il s’agissait du même style de corde utilisée dans le verger où travaillait Russell. Il a admis que la corde lui appartenait mais il n’a pas su expliquer pourquoi Kirsa possédait cette corde.

John Russell avait purgé une peine de prison pour viol dans les années 1970 mais semblait ne plus avoir eu de démêlés avec la justice depuis, bien qu’il semblait souffrir d’instabilité mentale. Les enquêteurs sont allés fouiller sa voiture et sa maison en vain. En revanche, quelques mèches de cheveux de Kirsa ont été retrouvées dans sa voiture, mais il a été supposé qu’il pouvait s’agir d’un transfert puisqu’il s’était retrouvé en présence de Kirsa.

Les enquêteurs ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour inculper Russell. Cependant, sa santé mentale s’est davantage détériorée suite à la disparition de Kirsa et il a eu des comportements et des propos étranges durant les années qui ont suivi. Il a été interné dans un hôpital psychiatrique dont il s’est échappé en 1985. Durant sa fuite, il s’est rendu au commissariat pour voir l’inspecteur Holyoake. Il semblait bouleversé et confus, il se parlait à lui-même et disait des choses inquiétantes, comme quoi il avait « peut-être » tué Kirsa. Compte tenu de son état mental défaillant, ses aveux ont été considérés avec prudence et il a été renvoyé en hôpital psychiatrique, où il s’est finalement rétracté sur ses déclarations. William John Russell s’est suicidé en 1992 alors qu’il était toujours interné. Il n’a laissé aucune note expliquant son geste, emportant ses secrets dans la tombe.

Le 19 juin 1987, la petite Teresa Cormack, 6 ans, originaire de Napier, a disparu sur le chemin de l’école et son corps a été retrouvé quelques jours plus tard. Elle avait été violée avant d’être tuée. De l’ADN a été retrouvé sur son corps et l’évolution de la science a permis de mener jusqu’à son assassin, Jules Mikus, arrêté en 2002 et condamné à la prison à vie. Cette affaire avait redonné de l’espoir aux enquêteurs et à la famille de Kirsa, qui espéraient que le progrès de la science permettrait de les aider à la retrouver. En 2012, des ossements trouvés dans la région où Kirsa a disparu ont été analysés, avant de conclure qu’ils n’appartenaient pas à l’adolescente.

Le mémorial de Kirsa.

Touchée par cette disparition, la communauté locale a créé un mémorial au dernier endroit où Kirsa a été vue. « Je n’ai jamais oublié Kirsa Jensen et je ne l’oublierai jamais. Je vis toujours dans l’espoir qu’un jour quelqu’un dira quelque chose qui nous mènera là où elle se trouve, ce qui apporterait un certain soulagement à la famille. », a déclaré l’inspecteur Holyoake. Bien qu’il soit désormais à la retraire, il continue de visiter le mémorial dédié à Kirsa avec d’autres policiers qui ont travaillé sur l’affaire. Il se demande toujours si John Russell avait quelque chose à se reprocher et si sa culpabilité avait aggravé sa santé mentale au point de se suicider.

Quarante ans plus tard, le dossier de Kirsa Jensen est toujours ouvert. Malgré le temps qui passe, sa famille espère toujours découvrir ce qui lui ait arrivé ce 1er septembre 1983. « Une mère n’oublie pas son bébé. Jusqu’au jour de ma mort, je continuerai d’espérer. Je ne perdrai jamais espoir. » a déclaré Robyn Jensen.

L’affaire Ludovic Janvier : enlevé sous les yeux de ses frères.

Ludovic JANVIER enlevé à Saint-Martin-d\'Hères (38) | ARPD

Ludovic est né en 1977 et était l’un des quatre enfants de Jean-Bernard et Maryline Janvier. Il avait un grand frère, Jérôme, ainsi qu’une soeur et un frère cadets, Virginie et Nicolas. La famille Janvier était originaire de Sarthe, dans le grand Ouest de la France. Ludovic est décrit comme un petit garçon gentil, affectueux et particulièrement proche de son grand frère Jérôme, avec qui il n’a qu’un an d’écart.

Au mois de février 1983, la famille déménage à Saint-Martin-d’Hères, une ville située au sud-est de Grenoble, dans l’Isère. Ils vivaient chez une tante en attendant de trouver un nouvel appartement. Seule Virginie était restée vivre temporairement chez sa grand-mère dans le Mans, attendant que ses parents soient mieux installés pour les rejoindre.

Le jeudi 17 mars 1983, les enfants Janvier se trouvent chez leur tante, chez qui ils sont hébergés avec leurs parents. Vers 18h30, alors que Jérôme, 7 ans, et Ludovic, 6 ans, font leurs devoirs, leur père leur demande d’aller lui chercher des cigarettes au buraliste qui se trouve à une centaine de mètres du domicile. Leur petit frère Nicolas, 2 ans, insiste pour les accompagner et leurs parents acceptent.

Jérôme et Ludovic

Après avoir acheté les cigarettes, les trois frères profitent d’être dehors pour s’amuser ensemble. Ils vont trouver un caddie de supermarché abandonné et vont y mettre Nicolas dedans pour le pousser. Dans le processus, le petit garçon se râpe les doigts contre un mur. Un homme témoin de la scène va voir les garçons pour leur demander de faire attention à leur frère, puis s’en va.

Lorsque les trois garçons se lassent de jouer avec le caddie, ils prennent le chemin en direction du domicile de leur tante pour ramener les cigarettes achetées. Alors qu’ils atteignent la place de la République, un autre homme vient vers eux. Jérôme le décrit comme portant un bleu de travail, des chaussures de sécurité et portant un casque de moto sur la tête. L’homme les aborde et leur dit qu’il a perdu son chien. Il demande aux garçons de l’aider à trouver son animal et qu’il leur offrirait des bonbons en contrepartie.

Les garçons ne se méfient pas car malgré son accoutrement étrange, cet inconnu semble sympathique. L’homme casqué propose que Jérôme et Nicolas partent d’un côté pour chercher le chien, tandis qu’il partirait dans l’autre sens avec Ludovic. De ce fait, l’homme attrape la main du petit garçon et l’emmène avec lui. Et tandis qu’ils s’éloignent, Ludovic tourne la tête derrière lui pour lancer un dernier regard à Jérôme. « Ludo n’a rien dit, c’était un gamin plutôt peureux. » racontera Jérôme, plusieurs années après. « Mais il m’a regardé en s’éloignant. J’ai vu son inquiétude dans ses yeux. Là, j’ai compris que j’avais fait une bêtise. »

Paniqué et ne sachant quoi faire d’autre, Jérôme attrape Nicolas par la main et fonce prévenir leurs parents. A ce moment-là, Nicolas est beaucoup trop jeune pour comprendre la gravité de la situation. Lorsqu’ils arrivent au domicile, Jérôme, en panique et essoufflé, annonce à ses parents qu’un homme est parti avec Ludovic. Jean-Bernard et Maryline se mettent à crier et ils se précipitent dans la rue pour chercher leur fils, mais il n’y avait aucune trace de Ludovic et de l’homme casqué. La gendarmerie sera ainsi prévenue.

Pendant ce temps, Virginie se trouve chez sa grand-mère. Ce 17 mars 1983 est le jour de son cinquième anniversaire, mais son anniversaire va se transformer en cauchemar car il marque également le jour de l’enlèvement de son petit frère. C’est en regardant la télévision, où elle voit ses parents et ses frères passer aux informations, qu’elle apprend l’enlèvement de Ludovic.

Les enquêteurs tentent de recueillir des témoignages, mais personne d’autre n’a vu Ludovic en compagnie de l’homme casqué. L’enlèvement s’est pourtant déroulé dans un endroit entouré d’immeubles, mais c’est comme si l’homme et le petit garçons s’étaient volatilisés.

Les gendarmes entendent Jérôme qui leur donne un portrait-robot de l’homme. Ils vont même jusqu’à le chercher pendant qu’il est à l’école pour lui montrer des photos de potentiels suspects, mais cela ne donne rien. Quatre mois après l’enlèvement de Ludovic, le jeune Grégory Dubrulle, 8 ans, est enlevé à Grenoble le 9 juillet 1983. Il sera retrouvé dans une décharge le lendemain, vivant, mais dans un état déplorable. Entre 1980 et 1996, plus d’une dizaine d’enfants ont été enlevés ou tués en Isère, ce qui leur a valu le nom des « Disparus de l’Isère ».

Les disparus de l’Isère

Un mois après l’enlèvement de Ludovic, l’officier de justice du tribunal de Grenoble reçoit un appel d’une personne anonyme. Cette personne prétend que Ludovic a été enlevé pour être adopté par un couple qui ne parvenait pas à avoir d’enfant. Mais dû aux faibles moyens des policiers à l’époque, ils ne sont pas parvenu à retracer la personne. Ce genre de piste est à prendre avec des pincettes, car il n’est pas rare que des charlatans donnent de fausses informations dans une enquête.

Au printemps 1985, le squelette d’un petit garçon est retrouvé dans une grotte du massif du Vercors. La famille Janvier apprend via la presse la découverte de ce squelette, qui est suspecté d’appartenir à Ludovic, disparu deux ans plus tôt. Cela a bouleversé la famille d’apprendre la nouvelle de cette manière, et Jérôme déplore que la justice les a laissés de côtés : « Il fallait que mes parents appellent pour savoir s’il y avait du nouveau. Mon père travaillait comme un fou pour payer les affiches de mon frère qu’on faisait imprimer et que ma mère allait ensuite placarder un peu partout. La justice nous a méprisés. »

A cette époque, il n’y avait pas les mêmes moyens scientifiques pour identifier l’ADN de ce squelette. Certains experts affirmaient qu’il pouvait s’agir de Ludovic tandis que d’autres experts affirmaient le contraire. Un premier non-lieu est prononcé en 1988.

Les prochaines années passent sans aucun rebondissement. Les enfants Janvier voient leurs parents sombrer dans le désespoir, au point de divorcer. Les enfants sont également témoins de rumeurs terribles sur leurs parents, qui sont accusés d’avoir vendu Ludovic à un prédateur. Dans cette ambiance morose, Jérôme, Virginie et Nicolas n’ont pas eu le choix que de continuer de grandir sans leur frère à leurs côtés.

En 1995, des gendarmes se présentent au domicile de Jean-Bernard Janvier. Ils disent qu’ils viennent au sujet de Ludovic. Jean-Bernard croit qu’ils viennent lui donner des nouvelles de son fils, mais ce n’est pas le cas. Les gendarmes accusent Ludovic de ne pas se rendre à son service militaire et qu’ils viennent donc le chercher. En proie au malaise, Jean-Bernard leur explique que son fils a été enlevé il y a plusieurs années, d’où le fait qu’il ne s’était pas rendu à son service militaire.

Jean-Bernard Janvier est décédé en 2007, sans jamais savoir ce qui était arrivé à Ludovic. « Il est mort de chagrin. .Je l’ai vu peu de temps avant son décès et il m’a dit que Ludo lui parlait la nuit, qu’il l’entendait lui parler, et il pleurait. On aurait tant aimé qu’il sache avant de mourir ce qui était arrivé à son fils. » raconte Virginie.

La famille Janvier quelques années après l’enlèvement de Ludovic.

En 2010, une infirmière travaillant dans un hôpital de Reims contacte Virginie. Elle lui dit avoir croisé un homme ressemblant de manière troublante à Jérôme, qu’elle avait vu dans un reportage quelques semaines plus tôt, et elle pense qu’il pourrait s’agir de Ludovic désormais adulte. Suite à cela, Didier Seban et Corinne Herrmann, des avocats spécialisés dans les affaires de disparition non résolues, sont engagés par la famille. Ils vont ainsi demander une expertise ADN sur le squelette retrouvé en 1985, mais on leur a répondu que le squelette avait été détruit en 1998 sur ordre du parquet de Grenoble. Cela a été un énième coup dur à encaisser pour la famille de Ludovic.

En 2014, un nouveau non-lieu est prononcé par la justice, et les avocats ont fait appel de cette décision. En juin 2015, grâce à la ténacité de la famille, le dossier de Ludovic a été réouvert. Jérôme et Virginie ont aujourd’hui construit leur propre vie, ils ont chacun fondé une famille, mais ils sont toujours hantés par l’enlèvement de Ludovic. Ils continuent d’être actifs dans la recherche de leur frère. Nicolas, quant à lui, préfère rester éloigné des médias.

Malgré le temps qui passe, la douleur ne s’efface pas et Jérôme ressent toujours une immense culpabilité. « Ma mère nous habillait pareil, on dormait dans la même chambre, on avait les mêmes jeux, on faisait les mêmes bêtises. J’ai grandi avec ce sentiment de culpabilité. Car c’est moi qui l’ai laissé partir, je n’ai pas su le protéger. Je me souviendrai toujours du regard qu’il m’a lancé quand l’homme l’a emmené. » 

A ce jour, Ludovic Janvier n’a jamais été retrouvé.

Virginie et Jérôme avec une photo de Ludovic. (Source : France Bleu – Véronique Pueyo)

La disparition inexpliquée d’Haruchika Miyagi.

Haruchika Derk Miyagi, surnommé Haru, est né le 13 juin 1981. D’origine japonaise, il a grandit à American Fork, une ville située au sud de Salt Lake City, dans l’Etat américain de l’Utah. Il est décrit comme un homme sympathique, intelligent et passionné de technologie. Après avoir été diplômé de la Lehi High School, et il est parti étudier à l’Utah Valley University, la plus grande université de l’Utah.

Haruchika était très actif sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Facebook, LinkedIn, Twitter et YouTube. Il avait posté quelques vidéos de son quotidien avec ses amis, mais également des conseils sur comment gérer son argent. Il avait également fait des vidéos pour présenter son propre logiciel d’investissement, nommé Tensai. Haruchika semblait mener une vie bien remplie et sans histoires.

Le 3 décembre 2015, peu avant 21h, le jeune homme poste un message sur son profil Facebook :« Le pouvoir de donner est important. J’ai envie de donner autant que possible. Cela s’appelle le karma. » A ce moment-là, personne ne se doute que ce sera son dernier message.

Le 5 décembre 2015 vers 17h, une femme vivant dans un ranch équestre situé à Med Bar Road, à l’extérieur de Dewey, en Arizona, appelle le bureau du shérif du comté de Yavapai. Elle leur signale qu’une Mazda Protege 2002 rouge à quatre portes s’était garée sur sa propriété privée. Lorsque la femme était sortie de chez elle pour voir de qui il s’agissait, un homme est sorti du véhicule et lui a demandé s’il pouvait passer la nuit sur sa propriété. La femme a refusé, peu rassurée à l’idée de laisser un inconnu dormir chez elle, et elle lui a conseillé d’aller plutôt chercher un hôtel. L’homme, qui semblait calme, est alors rentré dans sa voiture. Mais au lieu de faire demi-tour, il s’est plutôt dirigé vers le nord de la grande propriété pour partir, percutant le portail au passage. Il s’est avéré plus tard que cet homme était Haruchika.

Cette même journée à 19h, la voiture d’Haruchika est retrouvée à une station de lavage, à seulement 1,6km de la propriété où il était entré. La voiture était fortement endommagée, probablement à cause du portail qu’elle avait percuté, mais son propriétaire était introuvable. Le téléphone portable d’Haruchika a borné une dernière fois près du ranch équestre à Dewey, avant de s’éteindre. Des policiers et des chiens pisteurs vont être déployés pour retrouver l’homme, mais sans succès. Haruchika ne donnera plus aucune nouvelle à personne. Ses réseaux sociaux, où il était habituellement très actif, sont désormais à l’abandon.

Pendant ce temps, dans l’Utah, les amis d’Haruchika avaient déjà prévenu les policiers du comté pour leur signaler sa disparition. Ils étaient inquiets car Haruchika ne s’était pas rendu au travail et était injoignable, ce qui était une chose inhabituelle. Malgré les recherches des policiers, le jeune homme restait introuvable.

Les proches d’Haruchika ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé cette journée-là. De plus, ils ne comprennent pas pourquoi il se trouvait en Arizona, il n’avait apparemment aucune connaissance dans cet Etat et n’y a jamais montré le moindre intérêt. Les hôpitaux de la région ont également été contactés, mais Haruchika ne s’y était pas rendu. Comme les chiens étaient incapables de détecter son odeur, on se demande si l’homme est monté dans un autre véhicule après avoir abandonné sa propre voiture. Si tel est le cas, connaissait-il cette personne qui l’a récupéré ? Ou s’agissait-il d’un inconnu qui lui aurait fait du mal ? Pourquoi était-il allé jusqu’en Arizona ?

On se demande si Haruchika était dans son état normal le jour où il a voulu trouver refuge dans le ranch équestre. Etait-il sous l’influence de drogues ? Haruchika n’était apparemment pas un consommateur de drogues et il n’avait jamais été mêlé à des histoires louches. Devait-il retrouver quelqu’un en Arizona ? Même si ses proches affirment qu’il ne connaissait personne là-bas, il est probable qu’il ait voulu y rencontrer quelqu’un pour une quelconque raison, mais aucune preuve n’a été trouvée à ce sujet.

Haruchika n’avait apparemment aucune raison de partir. Il avait un emploi stable, une maison, des projets, et il n’avait pas de problèmes d’argent. Mais peut-être avait-il une maladie mentale non diagnostiquée ? A-t-il été atteint d’une rupture psychotique ? Cela pourrait expliquer ses derniers instants un peu étranges, mais il ne s’agit que de théories parmi tant d’autres. A ce jour, Haruchika Miyagi n’a toujours pas été retrouvé.

La disparition troublante de Franco Imani Mulindahabi.

Franco est né le 10 octobre 1996 au Kenya, en Afrique de l’Est. Dans son enfance, il part s’installer en France avec sa famille. Il vient d’une famille catholique qui se rend chaque dimanche à la messe, il est également le cadet de trois enfants et il vivait dans la ville de Tourcoing, située dans les Hauts-de-France. Franco est décrit comme un jeune homme sportif, amical et généreux, ayant beaucoup d’amis. Il est passionné par le football et pratique la course à pieds, il aime jouer aux jeux vidéo, dessiner et lire des mangas.

Après le lycée, Franco prévoyait d’entrer directement dans le monde du travail, contrairement à ses parents qui souhaitaient qu’il continue des études. Avec deux de ses amis, il est finalement parvenu à trouver un travail en tant qu’hôte d’accueil dans une gare, et tout semblait aller pour le mieux.

Le samedi 1er octobre 2016 semble être un week-end comme les autres. « Franco a passé la journée avec nous, comme d’habitude. On est allé se coucher en laissant nos deux plus grands enfants dans le salon. Son frère, qui venait de faire un match de football américain, est ensuite parti dormir, laissant Franco seul devant la télé. » a expliqué Françoise, la mère de Franco.

Le 2 octobre 2016, Françoise se lève à 3h du matin pour commencer son travail au centre hospitalier de Wattrelos. En passant devant la chambre de Franco, elle remarque que la porte de sa chambre a été laissée ouverte, et ce petit détail lui a semblé étrange car son fils avait pour habitude de toujours dormir avec la porte fermée. Elle a supposé qu’il était allé aux toilettes, mais il ne s’y trouvait pas non plus. Françoise cherche son fils partout dans la maison, mais il est nulle part. La famille possédait un chien, et Françoise a donc pensé qu’il était peut-être sorti promener le chien, mais l’animal se trouvait dans la maison.

Françoise ne s’inquiète pas immédiatement car il est arrivé plusieurs fois que Franco sorte voir des amis ou parte sans prévenir ses parents, mais il revenait toujours très vite. C’était un jeune homme indépendant et sans histoires, et ses parents avaient confiance en lui. La seule fois où Franco s’est enfui c’était à l’âge de 15 ans, pour aller voir une fille qui lui plaisait et qui habitait à Roubaix. Hormis cela, il ne s’était jamais rien passé d’autre.

Le 3 octobre, Franco n’est toujours pas revenu et ne donne aucune nouvelle, ce qui est une chose inhabituelle. Ses parents vont fouiller sa chambre – qui est anormalement bien rangée – et découvrir que leur fils est parti avec un sac à dos, sa carte de crédit et sa carte d’identité, mais il n’a pas emmené sa carte vitale, ni son passeport, ni son chien qu’il adorait. Ils vont également se rendre compte que Franco a supprimé son compte Facebook et Instagram, ainsi que ses réponses dans ses messages privés sur Messenger. Ses amis et sa famille vont essayé de le contacter sans succès.

Le 5 octobre, Franco contacte ses parents et prétend être parti avec des amis dans un camping à Arras pour quelques jours. Il leur dit également qu’il doit se rendre à Paris mais sans vouloir leur expliquer pourquoi. Rassurés d’avoir eu des nouvelles de leur fils, les parents de Franco ne se posent pas plus de questions et le laisse vaquer à ses occupations. Le 10 octobre 2016 est le jour du vingtième anniversaire de Franco, ses proches tentent de le contacter pour lui souhaiter son anniversaire, mais le jeune homme ne répond à personne. La disparition de Franco sera signalée le 14 octobre 2016 au commissariat de Lille, puis son dossier sera transféré au commissariat de Tourcoing.

Les enquêteurs sont parvenus à retracer les derniers faits de Franco. Entre le 1er et le 10 octobre 2016, il a effectué plusieurs retraits bancaire qui vont témoigner de ses derniers achats. Franco a acheté un ticket de bus Ouibus pour une destination inconnue le 1er octobre. Il serait également parti à la gare routière Lille Europe en direction de Lyon, où il va acheter un autre ticket de bus pour se rendre à l’Hôtel de l’Europe, le 5 octobre. Le tenancier de l’hôtel sera interrogé et il dira que Franco avait bel et bien séjourné dans son hôtel, qu’il avait un comportement normal et qu’il était seul. Il ajoutera qu’il voyait Franco sortir faire sa course à pieds chaque matin et soir.

Le 8 octobre 2016, Franco a reprit un ticket de bus pour se rendre à La Confluence, un quartier du 2ème arrondissement de Lyon, où il a effectué des achats à Decathlon, puis il va acheter une place dans un cinéma. Le 9 octobre, il va acheter un nouveau ticket TCL (Transports en commun lyonnais), puis il va effectuer des achats aux enseignes Relay et Paul, qui se trouvent à la gare ferroviaire Lyon-Perrache. Ce seront les derniers mouvements sur le compte bancaire de Franco. Les policiers ont tenté une réquisition auprès de la société Ouibus pour obtenir davantage d’informations, mais sans succès. Faute de nouveaux éléments, la disparition de Franco a été classée sans suite en 2017.

La gare Lyon-Perrache, dernier endroit où les enquêteurs ont pu situer Franco.

Françoise déplore ne pas avoir obtenu suffisamment d’aide de la part de la police. Elle a fini par trouver du soutien auprès de la ARPD (L’association Assistance et recherche de personnes disparues) et a également fait appel à un détective privé. Les enquêteurs bénévoles de la ARPD ont analysé les derniers appels reçus sur le téléphone portable de Franco, et le 8 octobre 2016, il aurait laissé un message vocal de 9 secondes sur sa propre messagerie, mais on ne sait pas ce qui a été dit dans ce message vocal. Il a également appeler sa conseillère bancaire le 5 octobre et l’appel a duré 10 minutes.

Plusieurs théories ont vu le jour, notamment celle où Franco aurait pu disparaitre volontairement. Même si cela semble être une théorie plausible, le fait que le jeune homme soit parti sans son passeport et qu’il n’ait plus touché à l’argent sur son compte bancaire reste questionnable. De plus, peu après sa disparition, il avait reçu son salaire qui n’a jamais été dépensé.

Selon les proches de Franco, le jeune homme n’avait aucune connaissance sur Lyon, mais il aurait confié à des amis qu’il devait partir pour un projet professionnel. Ses amis le décrivent comme étant assez influençable, et ils pensent qu’il est possible que Franco ait pu rencontrer une personne avec de mauvaises intentions qui l’a convaincu de la rejoindre sur Lyon. De plus, le fait qu’il ait effacé ses messages privés et ses réseaux sociaux peut démontrer qu’il était sous l’influence de quelqu’un, peut-être pour être embrigadé dans une secte. La théorie du suicide a brièvement été envisagée, mais ses proches n’y croient pas.

A ce jour, Franco n’a toujours pas été retrouvé et son sort reste incertain.