Marcia Ryan : elle disparaît avec son chien sur une autoroute.

Marcia Ann Ryan est née le 19 juillet 1963 et vivait à Seaford, dans l’Etat de Victoria en Australie. Ses parents sont John et Johanna Ryan, et elle était la plus jeune d’une fratrie de cinq enfants. Ses proches la décrivent comme une jeune femme spontanée, déterminée et intelligente. Elle aimait la plongée sous-marine, les motos et passer du temps avec sa famille. Au moment de sa disparition, elle vivait dans une maison située à Larool Crescent avec son chien Ziggy, un croisé border collie et bouvier australien âgé de 10 ans qui la suivait partout et qu’elle adorait.

Marcia travaillait dans une entreprise de transport tenue par son oncle et sa tante, où elle était vue comme une employée sérieuse qui ne manquait jamais un jour de travail. Mais dans la matinée du 19 août 1996, Marcia a demandé si elle pouvait quitter le travail un peu plus tôt car elle ne se sentait pas bien. Dans l’après-midi, elle a expulsé un locataire qu’elle avait accueillit chez elle quatre jours plus tôt. Marcia avait récemment finit de rénover sa maison et voulait la faire louer lorsqu’elle était absente afin de gagner un peu plus d’argent, mais elle a décidé de ne pas garder ce locataire car, selon ses dires, elle n’était pas à l’aise en sa présence et il l’agaçait.

L’un des frères de Marcia, Mark, est venu chez elle le même jour pour s’assurer que l’expulsion du locataire se passait bien. Après le départ du locataire, Mark a remarqué que sa soeur avait l’air particulièrement agitée et stressée. Elle craignait que le locataire lui ait volé des affaires. La veille, elle avait appelé ses parents qui l’ont décrite comme étant délirante et paranoïaque. Ils ont pensé que cette expérience avec le locataire l’avait vraiment stressée. Mark est resté tenir compagnie à Marcia jusqu’à 22h30.

Marcia et son chien Ziggy.

Un peu plus tard dans la soirée, Marcia téléphone à ses parents qui se trouvent dans leur maison de vacances à Surfers Paradise, dans l’Etat du Queensland. Elle leur confie qu’elle ne se sent pas bien et qu’elle aimerait entreprendre un road trip pour aller leur rendre visite. Il lui fallait parcourir environ 1900 kilomètres en voiture pour arriver jusque dans le Queensland. Ses parents étaient hésitants et on tenté de la dissuader, mais Marcia a insisté et ils ont finalement cédé. Marcia n’a pas perdu de temps et est directement montée à bord de sa Mitsubishi Sigma 1980, quittant son domicile avec son inséparable Ziggy. L’enquête a déterminé plus tard que Marcia avait téléphoné à ses parents depuis une cabine téléphonique, ce qui voulait dire qu’elle était probablement déjà en route vers chez eux.

Peu après son départ, Marcia a fait un détour jusqu’à Camberwell, situé à environ 38km au nord de Seaford, pour retirer 50 dollars à un distributeur automatique. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi elle est parti aussi loin pour retirer une si petite somme d’argent, ni si elle a fait autre chose là-bas entre temps. Il fallait environ 20h à Marcia pour rejoindre le Queensland en voiture si elle se dépêchait et si elle ne rencontrait pas trop de problèmes. Mais deux jours plus tard, Marcia n’était toujours pas parvenue chez ses parents. Ils ont essayé de la contacter, en vain. Au bout du troisième jour, Marcia n’était toujours pas arrivée et elle était injoignable, sa famille a donc commencé à s’inquiéter sérieusement.

Un de ses frères, Tony, s’est rendu chez Marcia et a découvert qu’elle n’avait pas emmené certains de ses effets personnels qui auraient pu être indispensables pour son voyage, comme sa brosse à dents. Il a également découvert plus d’une quinzaine de messages sur le répondeur de sa soeur. L’un d’eux provenait de l’entreprise VicRoads qui l’informait que sa voiture allait être emmenée à la fourrière si elle ne venait pas la récupérer, un autre message venait d’une personne disant que son portefeuille avait été retrouvé le long de l’autoroute à Darnum.

Tony s’est rendu au poste de police où il a apprit que la voiture de Marcia avait été retrouvée abandonnée le 20 août sur une autoroute nommée Princes Highway , non loin d’une station-service ouverte 24h/24, entre Moe et Morwell. La voiture était en panne d’essence. Les clés se trouvaient toujours sur le contact et les portes étaient verrouillées, mais il n’y avait aucune trace de Marcia et de Ziggy. « Elle s’est arrêtée dans une tranchée avec des falaises abruptes des deux côtés de l’autoroute. Ce n’est certainement pas un endroit pour s’arrêter et sortir d’une voiture, et encore moins pour qu’un chien puisse courir. J’y suis allé avec un ami vers minuit quelques semaines plus tard et je ne me serais pas arrêté là car c’est assez dangereux de croiser le trafic à 100 km/h. » a expliqué Tony.

La personne ayant retrouvé le portefeuille de Marcia a déclaré que les cartes avaient été trouvées en ligne sur l’autoroute, et que leur position semblait montrer qu’elles avaient été jetées depuis le côté conducteur d’un véhicule en mouvement. Rien ne manquait dans le portefeuille, ni ses cartes de crédit, ni sa carte d’identité. Pourquoi Marcia aurait-elle voulu se débarrasser de son portefeuille ? Pourquoi n’a-t-elle pas au moins garder ses cartes de crédit sur elle ?

D’intenses recherches de plusieurs semaines ont été menées par les policiers, aidés par la famille de Marcia ainsi que par des bénévoles, des hélicoptères et des chiens détecteurs de cadavres. Un témoin a déclaré avoir aperçu Marcia près de sa voiture garée sur le côté de la Princes Highway, et qu’un Break blanc était garé juste devant avec deux hommes se tenant de chaque côté. Marcia se tenait à l’arrière de sa propre voiture.

Un chauffeur de camion s’est également manifesté pour apporter son témoignage. Le 19 août aux alentours de 23h50, il affirme avoir aperçu Marcia en train de marcher le long de la Princes Highway, s’éloignant de sa voiture. Il a remarqué qu’elle avait l’air en détresse et il a arrêté son camion à sa hauteur pour lui proposer son aide, mais Marcia est devenue méfiante et a refusé. L’homme est donc reparti, comprenant qu’une femme seule au milieu de la nuit puisse se méfier d’un inconnu. Ce camionneur n’a pas précisé si Ziggy se trouvait avec elle à ce moment-là.

Marcia avec Ziggy et une amie.

Juste avant de disparaître, Marcia semblait déprimée, stressée, et était pressée de rejoindre ses parents dans le Queensland. Sa famille pense que cela était également dû au fait que le mois de septembre se rapprochait. En effet, un événement tragique a frappé la famille Ryan quelques années auparavant. Le 28 septembre 1980, Marcia, âgée de 17 ans, a été témoin d’un accident de voiture qui a coûté la vie de sa soeur aînée Dianne, 20 ans. Cet événement a ébranlé la jeune femme, qui devenait particulièrement mélancolique à chaque fois que l’anniversaire de la mort de Dianne se rapprochait. Ses proches affirment que Marcia n’avait plus été la même depuis la mort de sa soeur qu’elle adorait, mais qu’elle avait réussi à aller un peu mieux grâce au soutien de sa famille et à la présence réconfortante de Ziggy.

Cependant, ses proches ne croient pas en la thèse du suicide. Sa meilleure amie Theresa Lynch lui avait parlé peu avant sa disparition, et elle affirme que Marcia avait l’air heureuse et enjouée. Mais l’état mental de Marcia semblait s’être rapidement détérioré, la rendant confuse et anxieuse. John a toujours pensé que sa fille avait fait le choix de partir quelques temps pour mettre de l’ordre dans ses pensées et qu’elle n’avait jamais osé revenir à cause de la médiatisation de sa disparition. Il pensait également qu’elle ait pu être victime d’une perte de mémoire durant son voyage.

Le détective Jim Cooks, qui enquêtait sur l’affaire, a également affirmé qu’il y avait une possibilité que Marcia puisse être toujours en vie. Johanna, cependant, était persuadée que sa fille ait été victime d’un acte criminel, mais elle espérait également qu’elle puisse être en vie. La tante de Marcia, Thea Thomson, affirme que sa nièce ne se serait pas laissée faire si quelqu’un avait tenté de lui faire du mal, et que Ziggy l’aurait défendue. « Ziggy la protégerait comme vous ne l’imagineriez pas. Il est difficile de penser que Ziggy n’aurait pas riposté s’il y avait eu un acte criminel. Il n’irait nulle part sans Marcia. »

En 2008, le coroner de l’Etat de Victoria a jugé que Marcia était finalement morte la nuit de sa disparition, laissant la cause du décès indéterminée. Cette décision a profondément bouleversé les parents de Marcia. « Je suis sûr que cela a pris 10 ans de la vie de ma mère. Ils s’attendaient à une enquête ouverte car nous n’avons jamais vu ni entendu parler daucune preuve qu’elle ait été victime d’un acte criminel. » s’est indigné Tony. Cependant, sa famille n’a jamais perdu espoir. Ses parents n’ont pas voulu déménager durant la décennie qui a suivi, au cas où elle reviendrait, et John a toujours refusé de retirer Marcia de son testament.

Sa tante Thea se rappelle avec douceur de la jeune femme qu’était Marcia.  « C’était une belle personne, je l’aimais beaucoup. Elle travaillait pour moi quand elle a disparu et elle était là depuis 10 ans […] Pendant qu’elle travaillait pour nous, elle était brillante, perfectionniste, honnête, fiable et on pouvait lui faire confiance pour tout. » Thea ajoute que lorsque Johanna se trouvait sur son lit de mort, elle gardait avec elle une photo de Marcia et Dianne. Avant de mourir, elle avait dit à Thea : « Je vais enfin savoir ce qui est arrivé à Marcia. »

John et Johanna Ryan sont à ce jour décédés. Mark, l’un des frères de Marcia, est également décédé depuis. Paul et Tony, les deux derniers de la fratrie, espèrent toujours connaître la vérité sur le destin de Marcia et Ziggy, qui ont mystérieusement disparu sur l’autoroute australienne durant cette nuit d’août 1996.

La disparition inquiétante de John Bui Tran.

John est né le 11 novembre 1976 à Saigon, au Vietnam. Alors qu’il n’est qu’un enfant, il déménage avec sa famille aux Etats-Unis et s’installe à West Covina, en Californie, avant d’être naturalisé américain. John vit une enfance et une adolescence heureuse, entouré de sa famille et de ses amis. Il est décrit comme un jeune homme extraverti et avenant, toujours souriant et de bonne humeur.

John souhaitait devenir scénariste pour le cinéma et la télévision. De ce fait, il déménage durant l’été 2004 à Dorchester, dans l’Etat du Massachusetts, afin d’étudier les arts libéraux au Quincy College. Afin de pouvoir payer l’appartement qu’il louait, il a également commencé un travail à temps partiel dans un magasin de fournitures pour animaux de compagnie. Les personnes qui l’ont fréquenté durant cette période se souviennent de lui comme d’un jeune homme sociable, studieux et généreux qui avait pour habitude de faire des dons de sang à la Croix Rouge américaine. Certains étudiants le voyaient chaque jour faire du vélo autour du campus.

Le 2 avril 2005, John participe à une fête qui a lieu à Randolph, plus précisément sur l’Avenue Mitchell. Il y a très peu d’informations sur ce qui s’est passé durant cette fête, mais après cet événement John a soudainement cessé de donner des nouvelles à ses proches, ce qui était inhabituel. Inquiète, sa mère finit par contacter Chiến Nguyen, le meilleur ami de John. Les deux amis vivaient non loin l’un de l’autre et avaient pour habitude d’être régulièrement en contact. Lorsque la mère de John lui révèle qu’il n’a plus donné signe de vie, Chiến comprends immédiatement que quelque chose de grave a pu se passer.

Peu d’informations sur la suite de l’enquête sont disponibles. Des sources révèlent que les collègues de travail de John étaient également présents à la fête et qu’ils étaient les derniers à l’avoir vu avant qu’il ne disparaisse. Malgré des recherches et des appels à témoin, personne n’a plus revu John par la suite. Ses proches ont tenté de le chercher par leurs propres moyens mais sans succès. Aucun indice ne sera retrouvé. C’est comme si John avait soudainement disparu de la surface de la Terre.

Plusieurs années vont passer sans aucun rebondissement. En octobre 2021, le FBI a organisé de nouvelles fouilles dans l’arrière-cour de la maison où la fête avait eu lieu, mais les résultats de ces fouilles sont à ce jour inconnus. Malgré le manque d’avancée dans l’enquête, la famille de John continue de collaborer avec le FBI.

Depuis ce 2 avril 2005, la famille de John vit dans l’incompréhension et la douleur. Ils craignent qu’il ait été victime d’un acte criminel. Ils ne pensent pas que John ait pu disparaître de lui-même, car il avait déménagé dans le Massachusetts pour commencer une nouvelle vie et tout semblait aller pour le mieux. Il était également très proche de sa famille et avait pour habitude de leur donner des nouvelles régulièrement. Il ne souffrait apparemment d’aucune maladie mentale qui aurait pu le pousser à fuir.

Les collègues de John présents à la fête ont-ils été témoins de quelque chose d’étrange ? Ont-ils quelque chose à se reprocher et ont-ils fait le choix de se taire ? Qui aurait pu s’en prendre à John et pourquoi ? Il n’était pas impliqué dans des histoires de drogues ou d’argent et il n’était pas connu pour avoir des ennemis. Cependant, il est possible qu’il ait pu rencontrer des personnes malintentionnées durant cette fête. S’est-il retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment ?

Son meilleur ami Chiến reste également très marqué par la disparition de John. Les deux hommes ont grandi ensemble en Californie avant de se retrouver au Massachusetts pour leurs études. Chiến avait vu John avant qu’il aille à cette fête d’où il ne reviendra jamais, et il n’aurait jamais pensé que ce serait la dernière fois qu’il verrait son meilleur ami. « J’ai grandi avec John et j’ai beaucoup de bons souvenirs avec lui. Il me traitait comme si j’étais son petit frère, il a toujours pris soin de moi et de tout le monde. […] John n’a jamais quitté mon esprit, il est toujours dans mon coeur et j’ai toujours pensé à lui depuis. »

Le FBI offre une récompense de 10 000$ pour toute information pouvant résoudre la disparition de John, dont le sort demeure toujours incertain.

L’affaire Kirsa Jensen : disparue lors d’une promenade à cheval.

Née le 15 décembre 1968, Kirsa Mary Jensen était la fille de Dan et Robyn Jensen. Elle avait également un frère nommé Michael. La famille vivait à Napier, une ville située sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Robyn décrit Kirsa comme une adolescente timide, généreuse et dévouée aux autres. Elle était également une grande défenseuse des animaux.

Elle essayait toujours de prendre soin d’animaux en difficulté et elle faisait également du bénévolat dans une clinique vétérinaire. Kirsa possédait un cheval nommé Commodore, qu’elle adorait et qu’elle entraînait pour participer à des concours. Son rêve était d’intégrer l’équipe équestre néo-zélandaise, et elle souhaitait également rejoindre l’Université Messey pour devenir vétérinaire.

Kirsa et son cheval Commodore.

A la fin du mois d’août 1983, la pluie était présente sur la région, empêchant Kirsa de s’entraîner avec son cheval. Le 1er septembre, le soleil a refait surface et Kirsa comptait profiter du beau temps en faisant une promenade à vélo avec une amie après l’école. Cette amie va finalement annuler le rendez-vous, mais Kirsa va quand même prendre la décision d’aller se promener avec Commodore le long de la plage d’Awatoto, un lieu qu’elle a l’habitude de fréquenter. Elle quitte son domicile aux alentours de 14h45 et dit au revoir à sa mère, précisant qu’elle rentrerait bientôt. A ce moment-là, Robyn ne se doute pas un instant que ce serait la dernière fois qu’elle verrait sa fille.

Vers 17h, Kirsa n’est toujours pas revenue et Robyn l’attend fébrilement. Elle finit par prévenir la police quelques minutes plus tard, alors que sa fille est toujours absente. Les policiers partent directement en direction de la plage d’Awatoto pour chercher l’adolescente de 14 ans. Ils retrouvent rapidement Commodore en train d’errer seul près de la rivière Tutaekuri, mais il n’y avait aucune trace de Kirsa.

Reconstitution policière avec le cheval Commodore.

Des empreintes de sabots, des morceaux de brides et une corde ont été retrouvés aux alentours de la plage, près d’un ancien emplacement de canons datant de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui pouvait suggérer que Kirsa s’était bien rendue à cet endroit avec son cheval. Les recherches vont durer jusque tard dans la nuit, puis vont reprendre le lendemain. Des bénévoles vont également participer aux recherches et la rivière Tutaekuri sera fouillée par des plongeurs, en vain. Une récompense de 5000$ était offerte pour toute information pouvant mener à l’adolescente, avant de monter jusqu’à 30 000$ grâce aux dons publics.

La disparition de Kirsa va faire grand bruit dans ce coin tranquille, et les policiers vont rapidement soupçonner un enlèvement. « […] C’était une affaire tellement énorme. En grande partie parce qu’il s’agissait d’une écolière de 14 ans et que c’était inhabituel. C’était au-delà de la croyance du public. C’est resté à la une du journal pendant un mois », avait déclaré l’inspecteur Ian Holyoake.

Deux témoins faisant du surf diront avoir vu une jeune fille marcher le long de la plage en tenant un cheval par les rênes, ce 1er septembre vers 16h20. Un autre témoin nommé William John Russell va se manifester, disant avoir aperçu Kirsa parler avec un homme près d’un pont non loin de l’emplacement des canons, vers 16h30. Il décrit l’homme comme étant caucasien, chauve, mesurant environ 1m80 et ayant entre 45 et 50 ans. Ils se tenaient près d’une fourgonnette blanche aux côtés marrons. Malgré les recherches, cet homme et la fourgonnette ne seront pas retrouvés.

Toujours selon les dires de Russell, il aurait dépassé Kirsta et l’homme avant de revenir sur ses pas, ayant un mauvais pressentiment. Il aurait alors retrouvé Kirsa avec du sang sur le visage, et l’homme à la fourgonnette avait disparu. Il serait allé la voir et Kirsa lui aurait assuré qu’elle allait bien, qu’elle était juste tombée de son cheval et que ses parents étaient en route pour venir la chercher. Russell serait donc rapidement rentré chez lui, chose qui sera corroborée par ses voisins qui diront l’avoir vu rentrer peu après 16h30.

Les enquêteurs vont rapidement jeter leurs soupçons sur Russell. Des détails ne semblent pas coller dans son récit. Les parents de Kirsa ont notamment précisé plus tard qu’ils n’avaient jamais été prévenus que leur fille avait été blessée, contrairement à ce qu’elle aurait prétendument dit à John Russell. Le jour de la disparition de Kirsa, d’autres témoins ont aperçu Commodore entre 16h40 et 16h45, mais l’adolescente n’était pas avec lui.

Les enquêteurs vont davantage se pencher sur Russell après avoir découvert d’autres détails étranges. Les morceaux de bride et la corde retrouvés correspondaient à ceux utilisés pour attacher Commodore, mais la corde n’appartenait pas à Kirsta. Il s’agissait du même style de corde utilisée dans le verger où travaillait Russell. Il a admis que la corde lui appartenait mais il n’a pas su expliquer pourquoi Kirsa possédait cette corde.

John Russell avait purgé une peine de prison pour viol dans les années 1970 mais semblait ne plus avoir eu de démêlés avec la justice depuis, bien qu’il semblait souffrir d’instabilité mentale. Les enquêteurs sont allés fouiller sa voiture et sa maison en vain. En revanche, quelques mèches de cheveux de Kirsa ont été retrouvées dans sa voiture, mais il a été supposé qu’il pouvait s’agir d’un transfert puisqu’il s’était retrouvé en présence de Kirsa.

Les enquêteurs ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour inculper Russell. Cependant, sa santé mentale s’est davantage détériorée suite à la disparition de Kirsa et il a eu des comportements et des propos étranges durant les années qui ont suivi. Il a été interné dans un hôpital psychiatrique dont il s’est échappé en 1985. Durant sa fuite, il s’est rendu au commissariat pour voir l’inspecteur Holyoake. Il semblait bouleversé et confus, il se parlait à lui-même et disait des choses inquiétantes, comme quoi il avait « peut-être » tué Kirsa. Compte tenu de son état mental défaillant, ses aveux ont été considérés avec prudence et il a été renvoyé en hôpital psychiatrique, où il s’est finalement rétracté sur ses déclarations. William John Russell s’est suicidé en 1992 alors qu’il était toujours interné. Il n’a laissé aucune note expliquant son geste, emportant ses secrets dans la tombe.

Le 19 juin 1987, la petite Teresa Cormack, 6 ans, originaire de Napier, a disparu sur le chemin de l’école et son corps a été retrouvé quelques jours plus tard. Elle avait été violée avant d’être tuée. De l’ADN a été retrouvé sur son corps et l’évolution de la science a permis de mener jusqu’à son assassin, Jules Mikus, arrêté en 2002 et condamné à la prison à vie. Cette affaire avait redonné de l’espoir aux enquêteurs et à la famille de Kirsa, qui espéraient que le progrès de la science permettrait de les aider à la retrouver. En 2012, des ossements trouvés dans la région où Kirsa a disparu ont été analysés, avant de conclure qu’ils n’appartenaient pas à l’adolescente.

Le mémorial de Kirsa.

Touchée par cette disparition, la communauté locale a créé un mémorial au dernier endroit où Kirsa a été vue. « Je n’ai jamais oublié Kirsa Jensen et je ne l’oublierai jamais. Je vis toujours dans l’espoir qu’un jour quelqu’un dira quelque chose qui nous mènera là où elle se trouve, ce qui apporterait un certain soulagement à la famille. », a déclaré l’inspecteur Holyoake. Bien qu’il soit désormais à la retraire, il continue de visiter le mémorial dédié à Kirsa avec d’autres policiers qui ont travaillé sur l’affaire. Il se demande toujours si John Russell avait quelque chose à se reprocher et si sa culpabilité avait aggravé sa santé mentale au point de se suicider.

Quarante ans plus tard, le dossier de Kirsa Jensen est toujours ouvert. Malgré le temps qui passe, sa famille espère toujours découvrir ce qui lui ait arrivé ce 1er septembre 1983. « Une mère n’oublie pas son bébé. Jusqu’au jour de ma mort, je continuerai d’espérer. Je ne perdrai jamais espoir. » a déclaré Robyn Jensen.

L’affaire Ludovic Janvier : enlevé sous les yeux de ses frères.

Ludovic JANVIER enlevé à Saint-Martin-d\'Hères (38) | ARPD

Ludovic était l’un des quatre enfants du couple formé par Jean-Bernard et Maryline Janvier. Il avait un grand frère, Jérôme, ainsi qu’une soeur et un frère cadets, Virginie et Nicolas. La famille Janvier était originaire de Sarthe, dans le grand Ouest de la France. Ludovic est décrit comme un petit garçon gentil, affectueux et particulièrement proche de son grand frère Jérôme, avec qui il n’a qu’un an d’écart.

Au mois de février 1983, la famille déménage à Saint-Martin-d’Hères, une ville située au sud-est de Grenoble, dans l’Isère. Ils vivaient chez une tante en attendant de trouver un nouvel appartement. Seule Virginie était restée vivre temporairement chez sa grand-mère dans le Mans, attendant que ses parents soient mieux installés pour les rejoindre.

Le jeudi 17 mars 1983, les enfants Janvier se trouvent chez leur tante, chez qui ils sont hébergés avec leurs parents. Vers 18h30, alors que Jérôme, 7 ans, et Ludovic, 6 ans, font leurs devoirs, leur père leur demande d’aller lui chercher des cigarettes au buraliste qui se trouve à une centaine de mètres du domicile. Leur petit frère Nicolas, 2 ans, insiste pour les accompagner et leurs parents acceptent.

Jérôme et Ludovic

Après avoir acheté les cigarettes, les trois frères profitent d’être dehors pour s’amuser ensemble. Ils vont trouver un caddie de supermarché abandonné et vont y mettre Nicolas dedans pour le pousser. Dans le processus, le petit garçon se râpe les doigts contre un mur. Un homme témoin de la scène va voir les garçons pour leur demander de faire attention à leur frère, puis s’en va.

Lorsque les trois garçons se lassent de jouer avec le caddie, ils prennent le chemin en direction du domicile de leur tante pour ramener les cigarettes achetées. Alors qu’ils atteignent la place de la République, un autre homme vient vers eux. Jérôme le décrit comme portant un bleu de travail, des chaussures de sécurité et portant un casque de moto sur la tête. L’homme les aborde et leur dit qu’il a perdu son chien. Il demande aux garçons de l’aider à trouver son animal et qu’il leur offrirait des bonbons en contrepartie.

Les garçons ne se méfient pas car malgré son accoutrement étrange, cet inconnu semble sympathique. L’homme casqué propose que Jérôme et Nicolas partent d’un côté pour chercher le chien, tandis qu’il partirait dans l’autre sens avec Ludovic. De ce fait, l’homme attrape la main du petit garçon et l’emmène avec lui. Et tandis qu’ils s’éloignent, Ludovic tourne la tête derrière lui pour lancer un dernier regard à Jérôme. « Ludo n’a rien dit, c’était un gamin plutôt peureux. » racontera Jérôme, plusieurs années après. « Mais il m’a regardé en s’éloignant. J’ai vu son inquiétude dans ses yeux. Là, j’ai compris que j’avais fait une bêtise. »

Paniqué et ne sachant quoi faire d’autre, Jérôme attrape Nicolas par la main et fonce prévenir leurs parents. A ce moment-là, Nicolas est beaucoup trop jeune pour comprendre la gravité de la situation. Lorsqu’ils arrivent au domicile, Jérôme, en panique et essoufflé, annonce à ses parents qu’un homme est parti avec Ludovic. Jean-Bernard et Maryline se mettent à crier et ils se précipitent dans la rue pour chercher leur fils, mais il n’y avait aucune trace de Ludovic et de l’homme casqué. La gendarmerie sera ainsi prévenue.

Pendant ce temps, Virginie se trouve chez sa grand-mère. Ce 17 mars 1983 est le jour de son cinquième anniversaire, mais son anniversaire va se transformer en cauchemar car il marque également le jour de l’enlèvement de son petit frère. C’est en regardant la télévision, où elle voit ses parents et ses frères passer aux informations, qu’elle apprend l’enlèvement de Ludovic.

Les enquêteurs tentent de recueillir des témoignages, mais personne d’autre n’a vu Ludovic en compagnie de l’homme casqué. L’enlèvement s’est pourtant déroulé dans un endroit entouré d’immeubles, mais c’est comme si l’homme et le petit garçons s’étaient volatilisés.

Les gendarmes entendent Jérôme qui leur donne un portrait-robot de l’homme. Ils vont même jusqu’à le chercher pendant qu’il est à l’école pour lui montrer des photos de potentiels suspects, mais cela ne donne rien. Quatre mois après l’enlèvement de Ludovic, le jeune Grégory Dubrulle, 8 ans, est enlevé à Grenoble le 9 juillet 1983. Il sera retrouvé dans une décharge le lendemain, vivant, mais dans un état déplorable. Entre 1980 et 1996, plus d’une dizaine d’enfants ont été enlevés ou tués en Isère, ce qui leur a valu le nom des « Disparus de l’Isère ».

Les disparus de l’Isère

Un mois après l’enlèvement de Ludovic, l’officier de justice du tribunal de Grenoble reçoit un appel d’une personne anonyme. Cette personne prétend que Ludovic a été enlevé pour être adopté par un couple qui ne parvenait pas à avoir d’enfant. Mais dû aux faibles moyens des policiers à l’époque, ils ne sont pas parvenu à retracer la personne. Ce genre de piste est à prendre avec des pincettes, car il n’est pas rare que des charlatans donnent de fausses informations dans une enquête.

Au printemps 1985, le squelette d’un petit garçon est retrouvé dans une grotte du massif du Vercors. La famille Janvier apprend via la presse la découverte de ce squelette, qui est suspecté d’appartenir à Ludovic, disparu deux ans plus tôt. Cela a bouleversé la famille d’apprendre la nouvelle de cette manière, et Jérôme déplore que la justice les a laissés de côtés : « Il fallait que mes parents appellent pour savoir s’il y avait du nouveau. Mon père travaillait comme un fou pour payer les affiches de mon frère qu’on faisait imprimer et que ma mère allait ensuite placarder un peu partout. La justice nous a méprisés. »

A cette époque, il n’y avait pas les mêmes moyens scientifiques pour identifier l’ADN de ce squelette. Certains experts affirmaient qu’il pouvait s’agir de Ludovic tandis que d’autres experts affirmaient le contraire. Un premier non-lieu est prononcé en 1988.

Les prochaines années passent sans aucun rebondissement. Les enfants Janvier voient leurs parents sombrer dans le désespoir, au point de divorcer. Les enfants sont également témoins de rumeurs terribles sur leurs parents, qui sont accusés d’avoir vendu Ludovic à un prédateur. Dans cette ambiance morose, Jérôme, Virginie et Nicolas n’ont pas eu le choix que de continuer de grandir sans leur frère à leurs côtés.

En 1995, des gendarmes se présentent au domicile de Jean-Bernard Janvier. Ils disent qu’ils viennent au sujet de Ludovic. Jean-Bernard croit d’abord qu’ils viennent lui donner des nouvelles de son fils, mais ce n’est pas le cas. Les gendarmes accusent Ludovic de ne pas se rendre à son service militaire et qu’ils viennent donc le chercher. En proie au malaise, Jean-Bernard leur explique que son fils a été enlevé il y a plusieurs années, d’où le fait qu’il ne s’était pas rendu à son service militaire.

Jean-Bernard Janvier est décédé en 2007, sans jamais savoir ce qui était arrivé à Ludovic. « Il est mort de chagrin. Je l’ai vu peu de temps avant son décès et il m’a dit que Ludo lui parlait la nuit, qu’il l’entendait lui parler, et il pleurait. On aurait tant aimé qu’il sache avant de mourir ce qui était arrivé à son fils. » raconte Virginie.

La famille Janvier quelques années après l’enlèvement de Ludovic.

En 2010, une infirmière travaillant dans un hôpital de Reims contacte Virginie. Elle lui dit avoir croisé un homme ressemblant de manière troublante à Jérôme, qu’elle avait vu dans un reportage quelques semaines plus tôt, et elle pense qu’il pourrait s’agir de Ludovic désormais adulte. Suite à cela, Didier Seban et Corinne Herrmann, des avocats spécialisés dans les affaires de disparition non résolues, sont engagés par la famille. Ils vont ainsi demander une expertise ADN sur le squelette retrouvé en 1985, mais on leur a répondu que le squelette avait été détruit en 1998 sur ordre du parquet de Grenoble. Cela a été un énième coup dur à encaisser pour la famille de Ludovic.

En 2014, un nouveau non-lieu est prononcé par la justice, et les avocats ont fait appel de cette décision. En juin 2015, grâce à la ténacité de la famille, le dossier de Ludovic a été réouvert. Jérôme et Virginie ont aujourd’hui construit leur propre vie, ils ont chacun fondé une famille, mais ils sont toujours hantés par l’enlèvement de Ludovic. Ils continuent d’être actifs dans la recherche de leur frère. Nicolas, quant à lui, préfère rester éloigné des médias.

Malgré le temps qui passe, la douleur ne s’efface pas et Jérôme ressent toujours une immense culpabilité. « Ma mère nous habillait pareil, on dormait dans la même chambre, on avait les mêmes jeux, on faisait les mêmes bêtises. J’ai grandi avec ce sentiment de culpabilité. Car c’est moi qui l’ai laissé partir, je n’ai pas su le protéger. Je me souviendrai toujours du regard qu’il m’a lancé quand l’homme l’a emmené. » 

A ce jour, Ludovic Janvier n’a jamais été retrouvé.

Virginie et Jérôme avec une photo de Ludovic. (Source : France Bleu – Véronique Pueyo)

La disparition inexpliquée d’Haruchika Miyagi.

Haruchika Derk Miyagi, surnommé Haru, est né le 13 juin 1981. D’origine japonaise, il a grandit à American Fork, une ville située au sud de Salt Lake City, dans l’Etat américain de l’Utah. Il est décrit comme un homme sympathique, intelligent et passionné de technologie. Après avoir été diplômé de la Lehi High School, et il est parti étudier à l’Utah Valley University, la plus grande université de l’Utah.

Haruchika était très actif sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Facebook, LinkedIn, Twitter et YouTube. Il avait posté quelques vidéos de son quotidien avec ses amis, mais également des conseils sur comment gérer son argent. Il avait également fait des vidéos pour présenter son propre logiciel d’investissement, nommé Tensai. Haruchika semblait mener une vie bien remplie et sans histoires.

Le 3 décembre 2015, peu avant 21h, le jeune homme poste un message sur son profil Facebook :« Le pouvoir de donner est important. J’ai envie de donner autant que possible. Cela s’appelle le karma. » A ce moment-là, personne ne se doute que ce sera son dernier message.

Le 5 décembre 2015 vers 17h, une femme vivant dans un ranch équestre situé à Med Bar Road, à l’extérieur de Dewey, en Arizona, appelle le bureau du shérif du comté de Yavapai. Elle leur signale qu’une Mazda Protege 2002 rouge à quatre portes s’était garée sur sa propriété privée. Lorsque la femme était sortie de chez elle pour voir de qui il s’agissait, un homme est sorti du véhicule et lui a demandé s’il pouvait passer la nuit sur sa propriété. La femme a refusé, peu rassurée à l’idée de laisser un inconnu dormir chez elle, et elle lui a conseillé d’aller plutôt chercher un hôtel. L’homme, qui semblait calme, est alors rentré dans sa voiture. Mais au lieu de faire demi-tour, il s’est plutôt dirigé vers le nord de la grande propriété pour partir, percutant le portail au passage. Il s’est avéré plus tard que cet homme était Haruchika.

Cette même journée à 19h, la voiture d’Haruchika est retrouvée à une station de lavage, à seulement 1,6km de la propriété où il était entré. La voiture était fortement endommagée, probablement à cause du portail qu’elle avait percuté, mais son propriétaire était introuvable. Le téléphone portable d’Haruchika a borné une dernière fois près du ranch équestre à Dewey, avant de s’éteindre. Des policiers et des chiens pisteurs vont être déployés pour retrouver l’homme, mais sans succès. Haruchika ne donnera plus aucune nouvelle à personne. Ses réseaux sociaux, où il était habituellement très actif, sont désormais à l’abandon.

Pendant ce temps, dans l’Utah, les amis d’Haruchika avaient déjà prévenu les policiers du comté pour leur signaler sa disparition. Ils étaient inquiets car Haruchika ne s’était pas rendu au travail et était injoignable, ce qui était une chose inhabituelle. Malgré les recherches des policiers, le jeune homme restait introuvable.

Les proches d’Haruchika ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé cette journée-là. De plus, ils ne comprennent pas pourquoi il se trouvait en Arizona, il n’avait apparemment aucune connaissance dans cet Etat et n’y a jamais montré le moindre intérêt. Les hôpitaux de la région ont également été contactés, mais Haruchika ne s’y était pas rendu. Comme les chiens étaient incapables de détecter son odeur, on se demande si l’homme est monté dans un autre véhicule après avoir abandonné sa propre voiture. Si tel est le cas, connaissait-il cette personne qui l’a récupéré ? Ou s’agissait-il d’un inconnu qui lui aurait fait du mal ? Pourquoi était-il allé jusqu’en Arizona ?

On se demande si Haruchika était dans son état normal le jour où il a voulu trouver refuge dans le ranch équestre. Etait-il sous l’influence de drogues ? Haruchika n’était apparemment pas un consommateur de drogues et il n’avait jamais été mêlé à des histoires louches. Devait-il retrouver quelqu’un en Arizona ? Même si ses proches affirment qu’il ne connaissait personne là-bas, il est probable qu’il ait voulu y rencontrer quelqu’un pour une quelconque raison, mais aucune preuve n’a été trouvée à ce sujet.

Haruchika n’avait apparemment aucune raison de partir. Il avait un emploi stable, une maison, des projets, et il n’avait pas de problèmes d’argent. Mais peut-être avait-il une maladie mentale non diagnostiquée ? A-t-il été atteint d’une rupture psychotique ? Cela pourrait expliquer ses derniers instants un peu étranges, mais il ne s’agit que de théories parmi tant d’autres. A ce jour, Haruchika Miyagi n’a toujours pas été retrouvé.

La disparition troublante de Franco Imani Mulindahabi.

Franco est né le 10 octobre 1996 au Kenya, en Afrique de l’Est. Dans son enfance, il part s’installer en France avec sa famille. Il vient d’une famille catholique qui se rend chaque dimanche à la messe, il est également le cadet de trois enfants et il vivait dans la ville de Tourcoing, située dans les Hauts-de-France. Franco est décrit comme un jeune homme sportif, amical et généreux, ayant beaucoup d’amis. Il est passionné par le football et pratique la course à pieds, il aime jouer aux jeux vidéo, dessiner et lire des mangas.

Après le lycée, Franco prévoyait d’entrer directement dans le monde du travail, contrairement à ses parents qui souhaitaient qu’il continue des études. Avec deux de ses amis, il est finalement parvenu à trouver un travail en tant qu’hôte d’accueil dans une gare, et tout semblait aller pour le mieux.

Le samedi 1er octobre 2016 semble être un week-end comme les autres. « Franco a passé la journée avec nous, comme d’habitude. On est allé se coucher en laissant nos deux plus grands enfants dans le salon. Son frère, qui venait de faire un match de football américain, est ensuite parti dormir, laissant Franco seul devant la télé. » a expliqué Françoise, la mère de Franco.

Le 2 octobre 2016, Françoise se lève à 3h du matin pour commencer son travail au centre hospitalier de Wattrelos. En passant devant la chambre de Franco, elle remarque que la porte de sa chambre a été laissée ouverte, et ce petit détail lui a semblé étrange car son fils avait pour habitude de toujours dormir avec la porte fermée. Elle a supposé qu’il était allé aux toilettes, mais il ne s’y trouvait pas non plus. Françoise cherche son fils partout dans la maison, mais il est nulle part. La famille possédait un chien, et Françoise a donc pensé qu’il était peut-être sorti promener le chien, mais l’animal se trouvait dans la maison.

Françoise ne s’inquiète pas immédiatement car il est arrivé plusieurs fois que Franco sorte voir des amis ou parte sans prévenir ses parents, mais il revenait toujours très vite. C’était un jeune homme indépendant et sans histoires, et ses parents avaient confiance en lui. La seule fois où Franco s’est enfui c’était à l’âge de 15 ans, pour aller voir une fille qui lui plaisait et qui habitait à Roubaix. Hormis cela, il ne s’était jamais rien passé d’autre.

Le 3 octobre, Franco n’est toujours pas revenu et ne donne aucune nouvelle, ce qui est une chose inhabituelle. Ses parents vont fouiller sa chambre – qui est anormalement bien rangée – et découvrir que leur fils est parti avec un sac à dos, sa carte de crédit et sa carte d’identité, mais il n’a pas emmené sa carte vitale, ni son passeport, ni son chien qu’il adorait. Ils vont également se rendre compte que Franco a supprimé son compte Facebook et Instagram, ainsi que ses réponses dans ses messages privés sur Messenger. Ses amis et sa famille vont essayé de le contacter sans succès.

Le 5 octobre, Franco contacte ses parents et prétend être parti avec des amis dans un camping à Arras pour quelques jours. Il leur dit également qu’il doit se rendre à Paris mais sans vouloir leur expliquer pourquoi. Rassurés d’avoir eu des nouvelles de leur fils, les parents de Franco ne se posent pas plus de questions et le laisse vaquer à ses occupations. Le 10 octobre 2016 est le jour du vingtième anniversaire de Franco, ses proches tentent de le contacter pour lui souhaiter son anniversaire, mais le jeune homme ne répond à personne. La disparition de Franco sera signalée le 14 octobre 2016 au commissariat de Lille, puis son dossier sera transféré au commissariat de Tourcoing.

Les enquêteurs sont parvenus à retracer les derniers faits de Franco. Entre le 1er et le 10 octobre 2016, il a effectué plusieurs retraits bancaire qui vont témoigner de ses derniers achats. Franco a acheté un ticket de bus Ouibus pour une destination inconnue le 1er octobre. Il serait également parti à la gare routière Lille Europe en direction de Lyon, où il va acheter un autre ticket de bus pour se rendre à l’Hôtel de l’Europe, le 5 octobre. Le tenancier de l’hôtel sera interrogé et il dira que Franco avait bel et bien séjourné dans son hôtel, qu’il avait un comportement normal et qu’il était seul. Il ajoutera qu’il voyait Franco sortir faire sa course à pieds chaque matin et soir.

Le 8 octobre 2016, Franco a reprit un ticket de bus pour se rendre à La Confluence, un quartier du 2ème arrondissement de Lyon, où il a effectué des achats à Decathlon, puis il va acheter une place dans un cinéma. Le 9 octobre, il va acheter un nouveau ticket TCL (Transports en commun lyonnais), puis il va effectuer des achats aux enseignes Relay et Paul, qui se trouvent à la gare ferroviaire Lyon-Perrache. Ce seront les derniers mouvements sur le compte bancaire de Franco. Les policiers ont tenté une réquisition auprès de la société Ouibus pour obtenir davantage d’informations, mais sans succès. Faute de nouveaux éléments, la disparition de Franco a été classée sans suite en 2017.

La gare Lyon-Perrache, dernier endroit où les enquêteurs ont pu situer Franco.

Françoise déplore ne pas avoir obtenu suffisamment d’aide de la part de la police. Elle a fini par trouver du soutien auprès de la ARPD (L’association Assistance et recherche de personnes disparues) et a également fait appel à un détective privé. Les enquêteurs bénévoles de la ARPD ont analysé les derniers appels reçus sur le téléphone portable de Franco, et le 8 octobre 2016, il aurait laissé un message vocal de 9 secondes sur sa propre messagerie, mais on ne sait pas ce qui a été dit dans ce message vocal. Il a également appeler sa conseillère bancaire le 5 octobre et l’appel a duré 10 minutes.

Plusieurs théories ont vu le jour, notamment celle où Franco aurait pu disparaitre volontairement. Même si cela semble être une théorie plausible, le fait que le jeune homme soit parti sans son passeport et qu’il n’ait plus touché à l’argent sur son compte bancaire reste questionnable. De plus, peu après sa disparition, il avait reçu son salaire qui n’a jamais été dépensé.

Selon les proches de Franco, le jeune homme n’avait aucune connaissance sur Lyon, mais il aurait confié à des amis qu’il devait partir pour un projet professionnel. Ses amis le décrivent comme étant assez influençable, et ils pensent qu’il est possible que Franco ait pu rencontrer une personne avec de mauvaises intentions qui l’a convaincu de la rejoindre sur Lyon. De plus, le fait qu’il ait effacé ses messages privés et ses réseaux sociaux peut démontrer qu’il était sous l’influence de quelqu’un, peut-être pour être embrigadé dans une secte. La théorie du suicide a brièvement été envisagée, mais ses proches n’y croient pas.

A ce jour, Franco n’a toujours pas été retrouvé et son sort reste incertain.

Elle s’enfonce dans les bois et disparaît : le cas de Maureen Kelly.

Maureen Leianuhea Kelly est née le 26 septembre 1993, elle a été élevée par sa mère célibataire et vivait dans l’Etat de Washington. Surnommée Anu par ses amis, elle était décrite comme un esprit libre, souriante, insouciante et affectueuse, qui aimait chanter et composer ses propres chansons. Elle avait publié quelques vidéos sur Youtube où elle chantait et jouait du ukulélé.

Le 9 juin 2013, Maureen et ses amis ont décidé d’aller faire du camping dans la forêt nationale de Gifford Pinchot, située dans le sud de l’Etat de Washington. Maureen était particulièrement excitée et impatiente de commencer cette activité, car cela faisait quelques temps qu’elle répétait à ses proches qu’elle comptait entreprendre une quête spirituelle dans le but de se « retrouver elle-même », et elle estimait que ce camping serait une bonne opportunité.

Le groupe d’amis installe leur camping, et vers 17h, Maureen a décidé qu’il était temps de commencer sa quête spirituelle dans la forêt. Elle a retiré ses chaussures et s’est entièrement déshabillée, ne portant avec elle qu’un sac où elle avait mit un couteau, une boussole et des allumettes. Par la suite, elle s’est enfoncée dans les bois et aucun de ses amis n’a essayé de l’arrêter. Mais lorsqu’ils ne l’ont pas vu revenir vers les premières heures du 10 juin, ils ont fini par appeler les secours.

Malgré des recherches approfondies de la part des enquêteurs et des bénévoles, Maureen restait introuvable. Le terrain montagneux est particulièrement escarpé et il y a beaucoup de végétation, ce qui s’avère être particulièrement dangereux pour quelqu’un n’ayant aucun matériel sur lui. A un moment, ils ont trouvé des traces de pieds nus qui pourraient appartenir à Maureen grâce à leur taille et leur forme. Les traces laissaient supposer qu’elle s’était dirigée vers Canyon Creek et cela a conduit les enquêteurs jusqu’à la route 54 du Forest Service. Mais lorsque les enquêteurs sont arrivés à cet endroit, les empreintes de Maureen ont disparu et même les chiens pisteurs n’ont pas pu détecter son odeur.

Les recherches pour retrouver Maureen se sont arrêtées au bout de seulement deux jours, malgré les protestations de ses proches. Les températures étaient assez chaudes la journée, mais la nuit les températures chutaient drastiquement et les enquêteurs ont donc pensé qu’elle aurait pu succomber à une hypothermie. Il est possible que le corps de Maureen soit resté depuis tout ce temps dans la forêt avant de se faire avaler par la végétation. Une autre théorie suppose qu’elle aurait pu être enlevée, ce qui expliquerait pourquoi ses empreintes et son odeur s’arrêteraient soudainement sur la route.

Les amis de Maureen ont expliqué qu’ils avaient été inquiets à l’idée de la laisser partir seule et nue dans les bois, mais qu’ils n’avaient pas tenté de la retenir car elle leur parlait depuis longtemps de commencer une quête spirituelle et ils savaient à quel point cela semblait être important pour elle. Son amie Kiana Haynes a déclaré : « Lorsque je l’ai rencontrée pour la première fois, j’ai ressenti cette énergie spirituelle chez elle. Cette quête était censée la libérer de son égo et reprendre contact avec la nature. » A ce jour, la disparition de Maureen n’est toujours pas résolue.

La disparition de Coral Hall : tuée par sa grand-mère ?

Coral Pearl Hall est née le 21 septembre 1984. Elle était décrite comme une jeune fille gentille et intelligente, mais elle était également renfermée sur elle-même et pouvait s’emporter facilement. Elle vivait dans la ville de Flint, située dans l’Etat américain du Michigan, avec sa grand-mère Lois Janish et le conjoint de cette dernière, Bruce Strait.

La mère de Coral, nommée Sharon Jones, est décédée d’une overdose en 1996. Elle était considérée comme un parent inapte en raison de ses problèmes de drogue et avait donc perdu la garde de Coral. Quant à son père, dont l’identité est restée inconnue, il était absent et ne s’impliquait pas dans l’éducation de sa fille. Coral avait également une demi-soeur avec qui elle entretenait peu de contact et qui avait été placée en famille d’accueil.

Coral et sa grand-mère Lois vivaient avec peu de moyens et leur relation était conflictuelle. Avant sa disparition, Coral avait signalé les abus qu’elle subissait de la part de sa grand-mère, et les services sociaux avaient déjà enquêter plusieurs fois sur Lois en raison de négligences et de maltraitances. Bruce, qui était récemment sorti de prison à cette époque, avait été accusé d’agression sexuelle par Coral. L’ambiance à la maison était électrique et Coral a commencé à se rebeller contre les règles que Lois voulait lui imposer. La jeune fille avait également pour habitude de sécher l’école, à tel point qu’il avait été envisager qu’elle aille en famille d’accueil.

Le 22 septembre 1998, Coral a appelé son amie Melissa Pierce depuis une cabine téléphonique, située sur la rue Ann Arbor. Elle a demandé à son amie si elle pouvait venir la récupérer à cause de la situation conflictuelle chez elle, ajoutant qu’elle ne se sentait pas en sécurité chez sa grand-mère. Bien qu’elle se trouvait dans un autre Etat à ce moment-là, Melissa a accepté de passer récupérer Coral avec son oncle. Mais lorsque Melissa et son oncle sont arrivés à Flint, Coral était introuvable.

Une enquête a ensuite été ouverte. Rapidement, les enquêteurs vont être mis au courant des signalements envers Lois et Bruce, et les soupçons se sont rapidement tournés vers eux. Une connaissance de Coral, qui vivait dans le même quartier, va rapporter aux enquêteurs qu’il avait l’habitude de fumer du crack avec Coral et que Lois lui avait déjà proposé de « passer du temps seul » avec sa petite-fille en échange de drogues. Il a également confirmer que Coral présentait des signes de maltraitance.

Lois va d’abord nier être responsable de la disparition de sa petite-fille, prétendant que Coral s’était enfuie avec un homme pour la Californie. Au fil des années, Lois a continué à faire des déclarations contradictoires sur sa petite-fille. En 2012, elle a admis qu’elle était dépendante à la cocaïne et qu’elle avait battu Coral à mort avec un marteau, avant de la démembrer et de disperser ses restes avec l’aide de Bruce. Elle va ensuite changer de version, prétendant que Bruce avait violé et tué Coral le jour de sa disparition, avant de se rétracter à nouveau. En 2013, Lois est arrêtée et accusée du meurtre de sa petite-fille. Quant à Bruce, il est décédé en février 2000 de complications dues à son alcoolisme et n’a donc jamais pu être condamné.

Lois Janish au tribunal

Les co-détenues de Lois ont rapporté que la vieille femme riait lorsqu’elle leur parlait de la manière dont elle avait tué Coral et dispersé ses restes, mais elle finissait toujours par se rétracter. En 2015, Lois a accepté un accord de plaidoyer planifiant une réduction de peine si elle conduisait les enquêteurs jusqu’au corps de Coral, mais le corps de la jeune fille n’a pas pu être localisé. La même année, Lois a été condamnée à 9 ans de prison, puis a obtenu une libération conditionnelle en février 2022. A ce jour, Coral Hall n’a jamais été retrouvée.

La disparition troublante de la petite Lucy Meadows.

Lucy Rebecca Meadows est née le 1er octobre 1992. Elle est la fille de Tommy « Tom » Meadows et de Yong Mun Chong. La famille vivait à Clarksville dans l’Etat américain du Tennessee. Yong est née et a grandi en Corée du Sud avant d’immigrer aux Etats-Unis. Tom était professeur d’économie à l’Université d’Etat Austin Peay et Yong était serveuse dans un bar. C’est sur son lieu de travail qu’elle a rencontré Tom par l’intermédiaire de son patron. Leur fils Daniel va naître en 1985, puis en 1992 la petite Lucy vient au monde. Yong avait également une fille aînée nommée Amy, née d’une précédente union.

Yong a commencé à fréquenter une église coréenne où elle a rencontré son amie Hyong S. « Tammy » Dy. Lorsque le mari de Tammy a été déployé dans l’armée de l’air, Yong a proposé à son amie d’emménager chez eux avec ses enfants. Le séjour de Tammy chez les Meadows devait durer seulement quelques semaines, mais il va s’allonger de plusieurs mois. Tom ne voyait pas d’un très bon oeil la présence de Tammy chez eux, et des tensions ont commencé à naître au sein du couple à ce sujet, à tel point que Tom va finir par quitter le foyer et Yong demandera le divorce. Tom accusait Tammy d’être irresponsable et d’avoir une influence dévastatrice sur sa famille. Un jour où Tammy devait garder les enfants, des voisins ont retrouvé la petite Lucy errant seule dehors et pleurant. De plus, Daniel était souvent laissé seul à la maison pour de longues périodes par Yong et Tammy. Tom va ainsi entamer une procédure d’expulsion contre Tammy en 1995.

Tom Meadows

Yong va peu à peu commencer à se couper de ses relations, notamment avec ses parents, ses frères et soeurs, et même avec sa fille aînée Amy. A ce moment-là, Amy était une jeune adulte et elle avait tenté plusieurs fois de contacter sa mère par téléphone pour lui parler, mais Yong refusait. Par la suite, Tom va déposer une ordonnance de non-communication envers Yong car elle avait commencé à avoir un comportement instable et l’avait accusé d’abus et d’infidélité, ce que Tom va nier.

Le 25 juillet 1996 vers 17h30, la sécurité du centre commercial Rivergate situé à Goodlettsville dans le comté de Davidson, est alertée : une petite fille de trois ans nommée Lucy Meadows a disparu sur le parking. Yong a déclaré aux policiers qu’elle avait détaché Lucy de son siège situé sur la banquette arrière, avant d’aller du côté passager pour prendre des colis qu’elle prévoyait de vendre au marché à proximité. Lorsqu’elle s’était retournée, Lucy avait disparu.

Les policiers ont effectué des recherches approfondies autour du centre commercial et des magasins aux alentours, ils ont interrogé une centaine de témoins, ils ont également analyser les images de vidéosurveillance du parking, en vain. Des témoins ont affirmé avoir vu Yong faire ses courses en compagnie de Lucy, d’autre diront qu’elle était seule. Une femme va déclaré que Yong l’avait approchée au centre commercial Governor Square de Clarksville, lui disant que sa fille avait disparu sur le parking et qu’elle avait besoin d’aide. La femme, qui était accompagnée de son fils, a aidé Yong à chercher Lucy pendant un moment jusqu’à ce que son fils l’arrête, lui disant que Yong avait l’air folle et qu’il n’y avait pas d’enfant avec elle.

Rapidement, les enquêteurs vont trouver le comportement de Yong plutôt étrange. Elle a commencé à se contredire dans ses affirmations, disant que Lucy avait disparu dans un autre centre commercial , avant de se rétracter et de confirmer qu’elle avait bien disparu au centre commercial Rivergate. Elle avait d’abord prétendu qu’il ne s’était écoulé que quelques secondes entre le moment où elle était allée chercher les colis et le moment où Lucy a disparu, puis elle va prétendre qu’en réalité il s’était écoulé entre 10 et 15 minutes.

Centre commercial Rivergate à Goodlettsville, Tennessee.

Des empreintes digitales inconnues ont été trouvées sur la voiture de Yong et ont été envoyées pour des tests, mais les résultats n’ont pas été révélés. Par la suite, Yong va passer deux fois le test du polygraphe et va échouer. Elle refusera de faire une déclaration et va cesser de coopérer avec les enquêteurs, qui considéraient la disparition de Lucy comme un enlèvement. Tom, quant à lui, va être bien plus impliqué dans la recherche de sa fille et va promettre la somme de 5000$ pour toute piste menant vers Lucy. Le divorce entre Tom et Yong sera prononcé un an plus tard.

Les policiers vont également effectuer une perquisition au domicile des Meadows à l’aide de chiens, mais ils ne vont rien trouver. En mai 1997, Amy est arrêtée car elle ne s’est pas présentée au tribunal pour une accusation de vol à l’étalage. Amy leur a dit qu’elle avait des informations sur la disparition de Lucy. Elle a prétendu que Yong avait des dettes causées par des jeux de poker et que Lucy avait été enlevée à cause de cela. Lucy aurait été donnée à une vieille femme coréenne qui vivait dans la région de Hopkinsville, dans le Kentucky. Suivant cette piste, les policiers vont effectué des recherches approfondies, mais Lucy était toujours introuvable.

Plusieurs années vont passer sans nouvelle piste, mais en 2004, un témoin va aller voir la police pour leur révéler des détails troublants. Ce témoin, dont l’identité n’a pas été révélée mais qui serait un membre de la famille, dira qu’il avait vu Lucy chez ses parents la nuit avant sa disparition. La petite fille était enveloppée dans une couverture et semblait morte. Il y avait plusieurs adultes paniqués autour d’elle, dont Yong. Les adultes criaient le nom de Lucy et demandaient à ce qu’on ramène une Bible, puis ils auraient emmené Lucy dans la salle de bain. Le témoin dira qu’il n’avait pas informé les policiers à l’époque car il était âgé de seulement 12 ans et qu’il ne réalisait pas la gravité de la situation. Il a également passé le test du polygraphe et l’a réussi. Yong refusera de faire une déclaration sur ce témoignage et n’a plus coopérer avec la police depuis la disparition de sa fille.

A cause de ce témoignage et des contradictions de Yong, les enquêteurs pensaient que Lucy aurait pu être morte avant que sa mère ne donne l’alerte au centre commercial Rivergate. De ce fait, ils ont tenté d’ouvrir une enquête du grand jury dans le comté de Montgomery, où elle vivait, mais il n’y a eu aucune suite. Malgré le comportement énigmatique de Yong, elle n’a pas été désignée comme suspecte dans cette affaire. Tom a toujours pensé que Tammy pouvait être liée à la disparition de Lucy. Tammy a toujours refusé de passer le test du polygraphe et a également refusé que les policiers interrogent ses enfants. A ce jour, la petite Lucy n’a jamais été retrouvée et son sort demeure incertain.

L’affaire Erin Gilbert : elle ne reviendra jamais de son rencard.

Erin Marie Gilbert est née le 4 mai 1971 et a vécu une partie de sa vie à San Francisco, en Californie. Elle était décrite comme une jeune femme intelligente, sportive, aimant la lecture et étant proche de sa famille. En 1994, Erin quitte la Californie pour s’installer à Anchorage, en Alaska. Elle vivait avec sa soeur Stephanie, son mari et leurs deux enfants dans la base aérienne d’Elmendorf. Elle travaillait en tant que nounou et avait l’intention de commencer des études en cosmétologie.

Le 1er juillet 1995, Erin se prépare pour un rencard avec un homme nommé David Combs, surnommé Dave, qu’elle a rencontré quelques jours plus tôt au bar Chilkoot Charlie’s. Ayant laissé ses amis en Californie, Erin avait commencé à sortir de plus en plus afin de faire de nouvelles rencontres en Alaska. Stephanie et son mari avaient déjà fait connaissance avec cet homme qui était venu chez eux entre temps. Avant son départ, le neveu d’Erin lui suggère de prendre un téléphone portable, mais Erin le rassure en lui disant qu’elle n’en aura pas besoin. Dave passe récupérer la jeune femme vers 16h00 et ensemble ils partent à la foire forestière de Girdwood, à environ 1h de route. Erin sera vue pour la dernière fois dans un café en plein air avec David, vers 18h.

Vers 7h du matin, Stephanie reçoit un appel de Dave lui demandant si Erin se trouve chez elle. Elle va voir dans la chambre de sa soeur, pensant qu’elle était rentrée tard dans la nuit alors que tout le monde dormait et qu’ils ne l’avaient pas entendue, mais Erin n’est jamais rentrée à la maison. Stephanie affirmera que Dave avait l’air très calme au téléphone, et que rien dans cette situation ne semblait normal. Stephanie et sa famille se sont rendus jusqu’à la foire à Girdwood pour chercher Erin et demander aux gens de garder l’oeil ouvert au cas où quelqu’un l’apercevrait, et les soldats de l’Etat de l’Alaska ont également effectué des recherches plus vastes dans les bois environnants à l’aide de chiens et d’hélicoptères.

L’attention va se porter sur Dave, qui était la dernière personne à avoir vu Erin. Il racontera qu’ils avaient quitté la foire peu après 18h et qu’ils s’étaient par la suite dirigés vers sa voiture, mais ils avaient réalisé que la batterie était à plat car les phares avaient été laissés allumés. Dave aurait essayé de faire démarrer la voiture, en vain. Il aurait alors dit à Erin qu’il allait marcher jusqu’à la maison d’un ami pour y trouver de l’aide et qu’elle devait l’attendre à la voiture. Dave aurait marché environ deux heures sans parvenir à trouver la maison de son ami, et lorsqu’il serait retourné à la voiture, Erin n’était plus là.

Lorsqu’il va essayé à nouveau de faire démarrer la voiture, celle-ci a fonctionné. Par la suite il a affirmé qu’il était retourné à la foire en pensant qu’Erin s’y trouvait et qu’il l’aurait cherchée jusqu’à 1h du matin. Selon lui, il pensait qu’Erin était rentrée chez elle d’une manière ou d’une autre. Les enquêteurs ne l’ont jamais vraiment considéré comme suspect et on ne sait pas si une enquête plus poussée a été faite sur lui. Il avait été initialement prévu qu’il passe le test du polygraphe mais il ne l’avait pas fait. Dave Combs a toujours refusé de parler à la presse ou à la famille d’Erin par la suite.

Les proches d’Erin savaient que cela ne faisait pas longtemps qu’elle vivait en Alaska et qu’elle ne connaissait pas très bien les environs, si elle avait décidé de se promener dans les bois en attendant le retour de Dave elle aurait probablement pu se perdre. Le lieutenant Randy McPherron a déclaré : « Nous vivons dans un endroit très grand et très rural, les gens s’y perdent parfois et c’est difficile de les retrouver. » Mais la famille d’Erin savait qu’elle était assez responsable pour ne pas prendre ce genre de risque. Malheureusement, les recherches dans les bois et aux alentours ont été infructueuses.

En 2002, le cas d’Erin Gilbert a eu un regain d’attention car, grâce à des subventions du gouvernement fédéral, l’unité d’enquête sur les affaires non résolues d’Alaska a pu se pencher sur plusieurs affaires de meurtres et disparitions qui avaient eu lieu depuis les cinq dernières décennies, avec pour mission de les résoudre définitivement grâce à la technologie moderne. Ils ont pu résoudre quelques cas mais l’unité a dû fermer en 2015 par faute de moyens, avant de rouvrir en 2017.

Stephanie, qui tient la page Facebook « Finding Erin Marie Gilbert », a toujours pensé que Dave Combs avait quelque chose à voir avec la disparition de sa soeur. Elle estime que la version des faits qu’il a donné ne tient pas et qu’il y a beaucoup de zones d’ombre dans cette affaire. Pourquoi avoir préféré faire deux heures de marche jusqu’à la maison d’un ami au lieu de demander de l’aide parmi tous ces gens présents à la foire ? Pourquoi avoir laissé Erin toute seule à la voiture ? Pourquoi ne pas avoir demandé de l’aide aux employés de la foire afin de passer une annonce lorsqu’elle a disparu ? Pourquoi avoir attendu jusqu’à 7h du matin pour demander si Erin était rentrée chez elle ? Au cours des années qui ont suivies, Stephanie a tenté plusieurs fois de contacter Dave pour en savoir plus et lui poser des questions, en vain. L’homme s’est toujours montré très discret dans cette affaire.

En juillet 2021, Stephanie écrit dans un post Facebook : « Le 4 juillet est le week-end où Erin a disparu à Girdwood, en Alaska. Cela fait 26 ans. Elle avait 24 ans lorsqu’elle a disparu. Elle a disparu plus longtemps qu’elle n’était en vie. C’est une pensée plutôt difficile pour moi. Ce matin, j’ai appelé l’entreprise de tôlerie de Dave à Anchorage, mais la messagerie vocale était pleine sur son secteur d’activité et je n’ai pas pu laisser de message. Mon moi sarcastique ne pensait pas que ce soit une très bonne façon de gérer une entreprise. J’ai ensuite appelé son téléphone portable et laissé un message rappelant à Dave que cela faisait 26 ans qu’Erin avait disparu et lui ai demandé s’il pouvait amener son avocat et aller parler au détective McPherron. J’ai aussi dit que je pensais que cela faisait assez longtemps. »

A ce jour, Erin Gilbert n’a pas été retrouvée et l’enquête est toujours ouverte pour savoir ce qui s’est passé ce 1er juillet 1995 à Girdwood.