Disparition troublante à Aruba : l’affaire Max DeVries.

Maximus William “Max” DeVries est né le 18 avril 1990 dans l’Etat américain du Michigan. Il était le fils de George et Yvonne DeVries, et avait une soeur cadette nommée Dominique. Max était très proche de sa famille avec qui il avait une relation privilégiée. Malheureusement, en 2002, George décède d’une crise cardiaque, un événement qui a profondément marqué la famille.

Passionné par l’eau et les activités nautiques, Max avait grandi en bord de lac et aimait passer du temps à naviguer et à s’amuser en plein air. Elève sociable et curieux, il fréquentait le Scranton Middle School et était décrit par ses proches comme vif d’esprit et aimé de ses amis

Début mai 2004, Max quitte le Michigan pour se rendre à Aruba en compagnie de sa mère et de sa soeur. Ce voyage a une signification particulière pour eux : il s’agit d’une occasion de se retrouver et de changer d’air après le décès de George, deux ans plus tôt. La famille embarque à bord de l’Allegra, un bateau privé ancré près de la côte d’Aruba, où ils passent la nuit.

Max et sa mère Yvonne.

Quelques jours après leur arrivée au complexe hôtelier d’Aruba, Max passe une partie de son temps libre à jouer au billard lorsqu’il est abordé par homme d’une trentaine d’années nommé David Jr. Les deux entament une partie ensemble, une interaction qui attire brièvement l’attention d’Yvonne. Sur le moment, elle éprouve un léger malaise, mais le contexte détendu des vacances, où les échanges entre inconnus sont fréquents, la rassure, et elle n’y voit finalement rien d’alarmant.

Au fil de la conversation, David Jr. explique qu’il séjourne sur l’île avec son père adoptif, David Sr., venu célébrer l’anniversaire de son adoption. Peu après, ce dernier se joint au groupe. Ils discutent ensemble de leurs projets respectifs, et Yvonne mentionne que sa famille envisage de faire une balade en jet‑ski le lendemain. David Sr. propose alors que lui et son fils se joignent à eux pour l’activité. Après réflexion, Yvonne accepte.

Le jour suivant s’est déroulé sans incident particulier. Toute la famille a profité d’une séance de parasailing, et à un moment, Max est parti faire du jet‑ski avec David Jr. A la fin de cette journée remplie d’activités, les deux familles se sont séparées, sans prévoir de se revoir.

Le jour d’après, le 12 mai, David Sr. a approché la famille DeVries au bord de la piscine de l’hôtel et a demandé à Max s’il voulait refaire du jet‑ski. Au début, Yvonne a refusé, mais après l’insistance de David Sr. et les supplications de son fils, elle a finalement accepté.« Max sautait de joie, il était surexcité, il me suppliait de le laisser partir. Et je l’ai laissé faire », a raconté Yvonne.

Peu de temps après, Max et David Sr. sont partis sur un jet‑ski, tandis que Yvonne et sa fille Dominique les regardaient. C’est la dernière fois que Max a été vu vivant.

Au bout d’une heure, Yvonne commence à s’inquiéter. En effet, les jet-skis avaient été loués pour quarante-cins minutes, et il n’y avait toujours aucune trace de Max et de David Sr. Elle est descendue à la plage et a constaté que le personnel de la société de location de jet-skis était déjà en train de les chercher à l’aide de jumelles. Paniquée, Yvonne est retournée à l’hôtel pour informer le personnel que son fils avait disparu et que la dernière fois qu’elle l’avait vu, il était sur un jet‑ski avec un homme plus âgé, David Sr., également résident de l’hôtel.

Lorsque l’absence de Max est signalée, le personnel de l’hôtel se rend immédiatement à la chambre occupée par David Sr. et son fils, mais la porte reste fermée et personne ne répond. Devant l’absence de nouvelles, la famille DeVries prévient les autorités locales, qui organisent une opération de recherche en mer avec des embarcations. A leur retour sur la côte, seul David Sr. est retrouvé à bord du bateau de sauvetage, mais Max n’a toujours pas été localisé. Peu après, David Jr. fait son apparition sur la plage, sans explication claire sur son absence pendant les premières heures de la recherche. Interrogé, il dit qu’il a dormi dans sa chambre pour récupérer d’un malaise et qu’il n’a pas entendu le personnel frapper à sa porte

Selon son témoignage aux autorités, David Sr. raconte que Max et lui se seraient éloignés de la plage à bord de leurs jet‑skis vers un banc de sable pour explorer. Selon lui, au moment de repartir, les jet-skis ne fonctionnaient plus. Max aurait alors tenté de lier les deux engins ensemble afin qu’ils ne dérivent pas. C’est à ce moment que David Sr. affirme avoir entendu un bruit sourd, et en se retournant, il aurait constaté que Max flottait au loin sur l’un des jet-skis immobilisés. D’après lui, c’est la dernière fois qu’il a vu l’adolescent.

Cependant, David Sr. a fourni plusieurs versions différentes de ce qui s’est passé lors de la sortie en jet‑ski avec Max, ce qui a compliqué l’enquête. Dans une autre version, il prétend que Max aurait éteint son jet‑ski et tenté de nager vers la côte, ce qui diffère de sa première explication. David Sr. a également donné des récits contradictoires concernant le fait d’avoir appelé ou non Max lorsqu’il s’est retrouvé seul.

Quand David Sr. est amené à parler, les autorités notent qu’il est couvert de éraflures et de marques sur le visage, le cou et les bras. Interrogé sur cela, il a expliqué qu’elles seraient survenues lorsqu’il avait tenté de récupérer les jet-skis et de maîtriser la situation en mer, en s’accrochant aux engins et aux cordages, bien que certains enquêteurs aient trouvé ces explications peu plausibles compte tenu de l’état des jet-skis et des conditions.

Yvonne fut la première à ne pas croire aux explications de David Sr. Elle craignait qu’il ait fait du mal à son fils et que ses égratignures soient le résultat d’une tentative de défense de Max. Désespérée, elle demanda à la police de procéder à un prélèvement d’ADN sous les ongles et à un test polygraphique. Mais la police a refusé, prétextant que de telles procédures n’étaient pas courantes ou nécessaires dans leur juridiction.

Les autorités arubaines ont immédiatement lancé une recherche maritime étendue, mobilisant bateaux de sauvetage, garde‑côtière, hélicoptères et avions, mais aucune trace de Max n’a été retrouvée malgré plusieurs jours d’opérations intensives. La police d’Aruba a officiellement conclu qu’il s’agissait d’un accident en mer et déclaré Max « perdu en mer », mettant fin à la phase active des recherches, et laissant la famille DeVries livrée à elle-même.

En 2005, Yvonne a contacté le lieutenant retraité Cory Williams, ancien détective du service de police de Livonia dans le Michigan. Il a accepté de revoir les documents, les rapports et les témoignages de l’enquête arubaine, et a rapidement constaté des contradictions importantes dans les versions données par David Sr. Il a également constaté l’absence de vérifications approfondies, comme les antécédents des deux David. Et en fouillant dans le passé de David Sr. et David Jr., Williams a déclaré avoir identifié des éléments troublants qui l’ont amené à remettre en question certaines des versions officielles de l’enquête.

Dans la série documentaire, il explique avoir contacté les autorités afin de vérifier les antécédents des deux hommes. « L’une des déclarations faites par le plus jeune mentionnait qu’il avait déclaré à la police, en 1981, avoir été victime de son père pour des crimes contre des enfants », affirme-t-il, sans que ces éléments n’aient conduit à une mise en cause officielle dans l’enquête sur la disparition de Max.

Williams a ensuite porté le dossier à l’attention du FBI, ce qui a entraîné une période où le cas a été considéré comme un cold case auprès des autorités fédérales américaines. Cependant, comme plusieurs agents ont été ensuite réaffectés à d’autres enquêtes nationales, le dossier a été mis en suspens, ce qui a poussé Yvonne à continuer à faire pression pour qu’il soit rouvert et examiné plus rigoureusement.

« Le FBI m’a appelée en octobre 2008 pour m’informer qu’ils avaient clos l’enquête le concernant. Ne jamais savoir ce qui s’est passé dans les derniers instants de la vie de Max sera toujours une épreuve difficile. Je peux affirmer sans hésiter que ni notre gouvernement ni celui d’Aruba n’ont fait le nécessaire pour découvrir ce qui est arrivé à mon fils. » déplore Yvonne.

Aucun rebondissement n’a été signalé jusqu’en avril 2016, lorsqu’Yvonne a reçu un message sur Facebook d’une femme souhaitant rester anonyme, qui avait été en couple avec David Jr. pendant un an. Cette dernière racontait qu’un jour, alors qu’elle, David Jr. et David Sr. se trouvaient dans le salon, David Sr. avait soudain évoqué la disparition d’un « garçon de quatorze ans à Aruba », précisant que David Jr. avait été très proche de Max et que sa disparition l’avait profondément affecté.

Selon ses propos, lorsqu’elle a demandé à David Jr. ce qui s’était passé à Aruba, il a réagi avec colère et lui a interdit de mentionner Max. La femme aurait alors remarqué des comportements inappropriés de David Sr. envers son propre fils mineur, ce qui l’a poussée à mettre fin à sa relation. En enquêtant sur la disparition de Max, elle a décidé de contacter Yvonne pour partager ces informations.

Yvonne a ensuite été mise en contact avec une autre ancienne compagne de David Jr., qui affirmait que celui-ci parlait souvent de Max dans son sommeil et que, selon lui, la seule chose positive que son père avait faite pour lui avait été de « l’avoir sorti d’Aruba ». Cette femme rapportait également avoir été victime d’une agression de la part de David Jr., dont elle a pu s’échapper. Aucune arrestation ni inculpation n’a été rendue publique à la suite de ces déclarations.

En 2024, une série documentaire intitulée Never Seen Again a consacré au moins deux épisodes à l’affaire de Max DeVries, remettant sa disparition en lumière. Yvonne, quant à elle, continue de sensibiliser le public à travers des prises de parole, des appels à témoins et des activités sur les réseaux sociaux, notamment sur Tiktok et Facebook. Un peu plus de vingt ans après la disparition de Max, elle espère que les actions qu’elle mène conduiront la police et le FBI à réexaminer le dossier de son fils et à rouvrir l’enquête.

La disparition mystérieuse de Nevaeh Kingbird.

Nevaeh Leigh Kingbird est née le 26 août 2006 à Bemidji, dans l’État du Minnesota aux États-Unis. A l’époque de sa disparition, elle avait 15 ans et était une élève de première année de lycée. Elle est la troisième des six enfants de sa mère, Teddi Wind, et était très proche de ses frères et sœurs ainsi que de son neveu. Elle est membre inscrite de la communauté Ojibwe, du Red Lake Band of the Minnesota Chippewa Tribe, et parlait couramment à la fois l’Ojibwe et l’anglais.

Nevaeh était décrite comme une jeune fille aimante, sensible et très attachée à sa famille, qui aimait passer du temps avec ses proches et prenait soin de sa maison. Elle n’était pas du genre à s’éloigner longtemps sans donner de nouvelles. Elle est également décrite comme ayant une âme artistique (elle dessinait, peignait et écrivait des poèmes) et rêvait d’aller à l’université dans le Colorado après le lycée. Elle aimait aussi le volleyball, sport qu’elle pratiquait.

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2021, Nevaeh se trouvait à Bemidji. Après avoir dit à sa mère qu’elle allait au cinéma avec des amis, elle a en réalité assisté à une première petite réunion dans le quartier de Carter Circle, dans le sud-est de la ville, où elle a été vue vers 1h du matin. Peu après, elle s’est rendue à une deuxième résidence dans le secteur de Southview Terrace Park, où elle aurait été aperçue seule en train de partir vers 2h du matin ; ce sont les dernières observations confirmées d’elle.

Depuis ce moment, elle n’a établit aucun contact avec sa famille ou ses amis, et son téléphone n’a plus émis de signal. Les circonstances entourant ses déplacements cette nuit-là, notamment pourquoi elle est partie à pied entre ces lieux, restent floues, ce qui rend l’enquête particulièrement difficile. Des habitants de la zone ont même signalé une possible apparition d’une jeune femme correspondant à son signalement entre 3h30 et 4h du matin dans un autre quartier proche, mais cela n’a pas encore été confirmé de manière définitive.

Dès l’annonce de la disparition de Nevaeh Kingbird, la police de Bemidji a mobilisé d’importantes ressources. Dans les premiers jours, des équipes au sol, assistées de chiens pisteurs et de volontaires locaux, ont ratissé les zones boisées et marécageuses situées autour de Carter Circle, l’endroit où elle avait été vue pour la dernière fois.

Des drones, des hélicoptères et des caméras thermiques ont été déployés pour tenter de détecter une présence ou un objet personnel pouvant guider les recherches. Le FBI et le Minnesota Bureau of Criminal Apprehension (BCA) se sont rapidement joints à l’enquête, élargissant le périmètre et vérifiant des dizaines de pistes, y compris les mouvements de personnes présentes la nuit de sa disparition.

Malgré les nombreux signalements et les entrevues menées au sein de son cercle social, aucun élément matériel n’a été retrouvé. Avec le temps, l’absence d’indices exploitables a rendu l’enquête particulièrement difficile.

La disparition de Nevaeh a profondément marqué la communauté de Bemidji et la Red Lake Nation. Sa famille, déterminée à ne jamais abandonner, organise régulièrement des marches, vigiles, événements commémoratifs et campagnes d’affichage pour maintenir son visage visible du public. Sa mère, ses tantes et ses frères et sœurs ne cessent de rappeler que Nevaeh était une jeune fille très proche de sa famille, et que son silence prolongé ne correspond en rien à son caractère.

« Ce n’est pas du tout dans ses habitudes de rester des mois sans contacter qui que ce soit. Elle prenait toujours des nouvelles de sa famille proche et de ses amis. Depuis sa disparition, personne n’a reçu le moindre message. » a déclaré sa cousine, Valahlena Steeprock.

Selon sa mère Teddi Wind, Nevaeh avait des problèmes de santé mentale, notamment un diagnostic de trouble bipolaire, ce qui, d’après elle, pouvait affecter son comportement à certains moments. Sa mère explique également qu’elle avait été inquiète par son état et qu’elle avait parfois tendance à partir sans prévenir, ce qui avait déjà eu lieu auparavant quand elle était en phase maniaque, mais elle restait normalement en contact avec la famille.

De plus, Nevaeh avait perdu deux de ses amis par suicide en 2021 : l’un en avril et l’autre une semaine avant sa disparition. Ces pertes ont été décrites comme des épreuves particulièrement dures pour elle, amplifiant ses difficultés émotionnelles.

Le 22 octobre 2021, quelques heures avant la disparition de Nevaeh, sa mère l’a appelée alors qu’elle se trouvait au travail. Au cours de cette conversation, Nevaeh lui a dit : « Je t’aime, maman. Tu me manques ». Teddi a expliqué plus tard que sa fille avait du mal à parler et que quelque chose dans sa voix l’avait immédiatement inquiétée. Lorsqu’elle lui a demandé si tout allait bien, Nevaeh a répondu par l’affirmative, mais sa mère a confié avoir senti que ce n’était pas le cas.

Certaines sources ont évoqué la possibilité que Nevaeh ait quitté volontairement son domicile, notamment après avoir assisté à des fêtes le soir de sa disparition. Toutefois, sa mère et sa famille insistent fortement sur le fait que cela ne correspond pas à son caractère : Nevaeh était très proche de sa famille et ne s’était jamais éloignée pendant de longues périodes sans prévenir.

Les forces de l’ordre ont envisagé que Nevaeh aurait pu se retrouver dans une situation dangereuse lors de la nuit où elle a été vue pour la dernière fois. L’absence d’indices matériels ou de corps rend cette hypothèse difficile à confirmer, mais elle reste dans la liste des possibilités, notamment étant donné qu’elle circulait seule dans des zones peu surveillées.

La théorie la plus créditée par la police et la famille est que Nevaeh a pu être victime d’un acte criminel. La nuit de sa disparition, Nevaeh a été vue avec d’autres personnes lors de fêtes, et il y aurait eu des individus présents dans sa maison sans autorisation avant d’être chassés par Teddi, ce qui pourrait indiquer que des personnes extérieures à la famille ont eu un rôle dans sa disparition. Le fait que Nevaeh n’ait laissé aucune trace, aucun objet ou message, et que personne ne l’ait revue, alimente l’idée qu’un acte criminel pourrait être impliqué.

Une récompense de 10 000 $ a été mise en place pour encourager toute personne détentrice d’informations crédibles à se manifester. Pour sa famille, chaque anniversaire, chaque saison qui passe et chaque événement communautaire rappelle douloureusement son absence. A ce jour, Nevaeh est toujours portée disparue.

La disparition du petit Christopher Dansby.

Christopher Milton Dansby est un garçon américain né le 30 mars 1987 à Manhattan. Sa mère, Allison Dansby, vivait à Central Harlem avec Christopher et son frère aîné, Levon. Leur père, Milton Robbins, était parti s’installer en Floride peu après la naissance de Christopher, et n’avait qu’un contact intermittent avec ses fils.

Christopher était un petit garçon joyeux, souriant, curieux ; sa mère et sa famille le décrivaient comme vif et plein de vie. Il vivait avec sa mère, son frère, sa grand-mère maternelle Elizabeth Manley et plusieurs oncles et tantes dans l’immeuble des Martin Luther King Jr. Towers, un complexe d’appartements de logements sociaux à Harlem.

Le 18 mai 1989, vers la fin de l’après-midi, Allison emmène Christopher et Levon au parc du complexe, situé à l’angle de la 113e/114e rue et Lenox Avenue. Elle laisse les deux enfants sous la surveillance de leur grand-mère et d’une tante pendant qu’elle part faire quelques courses rapides à l’épicerie proche. Avant de partir, elle serre Christopher dans ses bras et lui dit qu’elle revient très vite. Une trentaine de minutes plus tard, lorsqu’elle revient, Christopher a disparu : Levon, la grand-mère et la tante sont là mais aucun signe de Christopher. Des témoins affirment l’avoir vu quelques instants plus tôt jouer avec une balle rouge, balle qui ne lui appartenait pas, puis il s’était volatilisé.

Les tours Martin Luther King, Harlem.

Carolyn s’est mise à chercher Christopher à son tour. Certains témoins au parc diront avoir vu le petit garçon jouer avec une balle rouge. Elizabeth dira qu’elle avait vu Christopher alors qu’il jouait avec son cousin, elle avait détourné le regard quelques secondes pour parler à quelqu’un, et le petit garçon avait soudainement disparu de son champs de vision. Le cousin de Christopher, qui jouait avec lui, dira également qu’il ne l’avait soudainement plus vu dans le parc. De plus en plus paniquée, Allison a commencé à chercher son fils dans le quartier, mais Christopher était toujours introuvable.

Le 911 fut appelé et des policiers furent rapidement sur place. Ils ont interrogé les passant, ont fouillé les immeubles alentours qui comptaient une dizaine de tours de plusieurs étages, et on ratissé un large secteur s’étendant sur 24 pâtés de maisons. Des hélicoptères et des chiens policiers ont également été déployés, et un chien a pu suivre l’odeur de Christopher au sud de Lenox Avenue, avant de perdre sa trace. Un lac à proximité a été fouillé au cas où Christopher serait tombé dedans, mais il n’y avait aucune trace du petit garçon.

L’inspecteur Lindahl a pointé le fait que la rue où se trouve le parc était particulièrement fréquentée ce jour-là, et que quelqu’un aurait pu kidnapper Christopher en le faisant monter dans un véhicule. Allison est persuadée que son fils n’aurait pas spontanément suivi un inconnu et que quelqu’un l’a emmené contre son gré. Dans les années 1980, New York était connu pour être particulièrement mal fréquenté, avec un taux élevé de crimes et de délits. Harlem, en particulier, était considéré comme un endroit très dangereux, bien que la plupart des familles essayaient de s’en sortir comme elles pouvaient.

Un garçon de 7 ans du voisinage a déclaré avoir vu Christopher plus tard dans la journée, marchant dans la rue (West 111th Street) avec un homme non identifié. Cet homme est décrit comme un Afro-Américain d’environ 25-30 ans, de grande taille, mince, avec des dreadlocks.

Allison Dansby, qui a eu des problèmes de toxicomanie par le passé, est brièvement soupçonnée d’être impliquée dans l’enlèvement de son propre fils, accusation qu’elle réfute avec force. Elle passe au polygraphe, mais les résultats sont jugés inconclusifs. Elle affirme avoir arrêté la drogue et n’avoir aucune dette envers personne. Ces pistes ne mèneront nulle part.

Shane Anthony Walker

Trois mois après la disparition de Christopher, un autre enfant, Shane Anthony Walker, âgé de 19 mois, disparaît dans des circonstances étonnamment similaires : même parc, même jour de la semaine (un jeudi), même créneau horaire. Et détail glaçant : juste avant sa disparition, Shane jouait avec les mêmes deux enfants plus âgés (une fille de 10 ans et un garçon de 5 ans) qui se trouvaient au parc le jour où Christopher a disparu. La mère de Shane, Rosa Glover, se souvient que le garçon et la fille ont insisté pour jouer avec Shane ce jour-là, et qu’elle a finalement accepté à contrecoeur. Juste après, un homme s’est assis à côté d’elle sur le banc et a commencé à lui parler, captant son attention quelques instants. L’homme lui aurait parlé de ce qui peut arriver à des enfants kindappés, et elle se souvient qu’il avait des cicatrices. Lorsque Rosa a relevé les yeux, Shane avait disparu, ainsi que les deux enfants avec qui il jouait.

C’est alors que Rosa a aperçu les deux enfants qui revenaient au parc, mais Shane n’était pas avec eux. Rosa leur a demandé où était son fils, les enfants ont répondu qu’ils sont partis quelques instants mais qu’ils avaient laissé Shane au parc. Rosa a rétorqué que son fils était introuvable et elle a continué à le chercher avant d’appeler la police.

Les deux enfants avec qui Shane a été vu pour la dernière fois ont été interrogés, ainsi que leurs parents, mais les enquêteurs n’ont rien trouvé qui pourrait les lier à l’enquête. L’homme aux cicatrices ayant parlé à Rosa a également été retrouvé et interrogé, mais cela n’a rien donné. Shane n’a jamais été retrouvé.

Néanmoins, pour les enquêteurs comme pour les habitants du quartier, la coïncidence est trop forte. Les deux affaires sont rapidement liées, mais aucun élément concret ne permettra d’établir qu’un même individu soit responsable. Certains mentionnent l’existence d’un “baby black market”, un marché clandestin où des enfants seraient revendus à des couples incapables d’adopter légalement.

Quelques mois avant la disparition de Christopher, un nourrisson nommé Andre Terrance Bryant avait été enlevé à Brooklyn. Sa mère avait ensuite été retrouvée morte dans un parc, et Andre n’a jamais été retrouvé. Certains voient dans ces trois disparitions un schéma inquiétant. Mais la violence meurtrière dans l’affaire Bryant diffère complètement des disparitions “propres” de Christopher et Shane. Les enquêteurs restent donc prudents : peut-être lié, ou peut-être juste une tragique succession d’événements sans rapport.

Malgré l’ampleur des recherches, les portraits-robots, les diffusions médiatiques et les appels à témoins, aucune piste solide n’a jamais permis de retrouver Christopher. Mais Allison n’a jamais cessé de croire que son fils est en vie. Elle a participé à des interviews et à des émissions comme Unsolved Mysteries où elle confie sa culpabilité mais également son espoir de retrouver son fils un jour. Elle s’accroche à des histoires comme celle de Carlina White, enlevée à Harlem bébé et retrouvée vingt-trois ans plus tard. Allison a quitté le complexe d’appartements dans lequel elle vivait avec sa famille pour déménager ailleurs à Manhattan, et elle a tenté de reprendre sa vie en main. A ce jour, elle continue de parler de Christopher dans les médias afin que son fils ne tombe pas dans l’oubli.

La disparition de Tanja Mühlinghaus : vit-elle sous une nouvelle identité ?

Tanja est née le 11 mars 1983 et vivait avec ses parents dans la ville de Wuppertal, en Allemagne. Fille unique, Tanja est décrite comme étant belle et gentille, mais elle était aussi intelligente et sportive, ayant d’excellents résultats scolaires et étant passionnée par la danse. Son rêve était de devenir danseuse dans une comédie musicale. Afin de gagner un peu d’argent de proche, Tanja faisait du babysitting quand elle en avait l’occasion et elle avait un bon contact avec les enfants. Tanja entretenait également de bons rapports avec ses parents, même si elle commençait à se rebeller contre les règles qu’ils lui imposaient. Elle souhaitait devenir plus indépendante et n’aimait pas se sentir entravée.

Au matin du mercredi 21 octobre 1998, Tanja, 15 ans, se prépare pour l’école. Ce jour-là, elle doit passer un examen de latin au lycée. A 8h30, Tanja téléphone à sa mère Elisabeth, qui est déjà partie pour le travail. Elle demande à sa mère si elle peut la récupérer au lycée après ses cours, et Elisabeth accepte. A la fin de l’appel, Elisabeth ne se doute pas un instant que ce sera la dernière fois qu’elle entendra la voix de sa fille. On suppose que Tanja a ensuite préparé ses affaires pour se diriger vers son arrêt de bus.

Quelques heures plus tard, Elisabeth se rend au lycée de sa fille pour la récupérer comme convenu, mais Tanja n’apparaît pas. En se renseignant davantage, Elisabeth tombe de haut en apprenant que sa fille ne s’est pas rendue à l’école de la journée. Elle sait que Tanja n’aurait pas fait en sorte de manquer son examen de latin ce jour-là, ce n’était pas dans ses habitudes de sécher l’école et de ne pas prévenir ses parents s’il se passait quelque chose. De plus, lorsque Elisabeth avait parlé à sa fille au téléphone quelques heures plus tôt, Tanja semblait être dans un état normal, elle était même plutôt joyeuse. Elisabeth a passé le reste de la journée à chercher sa fille et à se renseigner auprès des personnes qui pourraient potentiellement l’avoir aperçue, mais c’est comme si Tanja s’était évaporée. Dans la soirée, les parents de Tanja préviennent la police.

Les policiers ont d’abord minimiser la disparition de Tanja, pensant qu’elle était partie de son propre chef et qu’elle reviendrait probablement assez vite. Les parents de Tanja avaient du mal à croire que leur fille avait fait une fugue, car malgré le fait qu’elle commençait à affirmer son caractère et à se rebeller contre ses parents, Tanja n’était pas connue pour être une adolescente à problème et menait une vie ordinaire sans faire de vagues.

Deux jours plus tard, le 23 octobre, les parents de Tanja reçoivent une lettre au nom de leur fille. Il y est écrit : «  Chère Maman, cher Papa ! Ne vous inquiétez pas trop ! Je suis en bonne santé et je serai de retour à la maison dans deux ou trois mois. C’est pourquoi il n’est pas nécessaire de me chercher. Merci de prendre soin des lapins et du baby-sitting. Veuillez également conserver les choses que j’ai commandées. Inventez simplement quelque chose à dire à l’école. J’ai besoin de prendre de la distance et je vous contacterai la semaine prochaine. Bien à vous, Tanja. »

Le 27 octobre, une deuxième lettre datée du 24 octobre est reçue chez les parents de Tanja. « Chère Maman, cher Papa ! Vous n’avez toujours pas à vous inquiéter ! Je vais bien et je rentrerai déjà chez moi le week-end prochain. C’est pourquoi vous n’avez pas besoin de me chercher. J’espère que vous avez, ou aurez, pris soin des choses que j’ai mentionnées et qui étaient importantes pour moi. Bien à vous, Tanja.”

Une des lettres supposément écrite par Tanja.

Les parents de la jeune fille et les policiers vont déterminer qu’il s’agissait bien de son écriture, et l’ADN de Tanja a bien été trouvé sur la lettre. De plus, il était mentionné des choses personnelles à propos de l’adolescente, comme le fait qu’elle faisait du babysitting et qu’elle possédait des lapins, ce qui accentuait l’hypothèse selon laquelle Tanja avait bel et bien écrit ces lettres. En revanche, les policiers ont découvert un autre ADN sur les lettres, ce qui laissait supposer que quelqu’un d’autre était impliqué. Les parents de Tanja ont également soupçonné qu’elle avait été contrainte d’écrire ces lettres, car la manière de s’exprimer ne correspondait pas à celle de leur fille. Après l’analyse des timbres, les policiers ont déterminé que les lettres avaient été envoyées depuis Düsseldorf, situé à environ 35 kilomètres à l’ouest de Wuppertal. Personne ne parvenait à expliquer pourquoi Tanja aurait voyagé jusqu’à Düsseldorf, ni si elle avait des connaissances là-bas.

Contrairement à ce qu’elle prétendait dans ses écrits, Tanja n’est pas rentrée chez elle le week-end suivant et n’est jamais rentrée. Malgré des recherches et des appels à témoin, la jeune fille était introuvable et l’enquête a rapidement stagné. Les parents de Tanja ont divorcé au début des années 2000. Tous deux avaient une manière différente de réagir face à la disparition de leur fille : le père de Tanja était énervé et frustré par le manque de nouveaux éléments et estimait que la police ne faisait pas correctement son travail, tandis que Elisabeth continuait de chercher des réponses par elle-même avec l’aide du public. L’absence pesante et inexpliquée de leur fille avait finalement eu raison de leur mariage.

Le 2 novembre 2011, l’émission allemande Aktenzeichen XY Show consacre un épisode sur la disparition de Tanja. L’émission a alors commencé à recevoir des appels du public qui suggérait que Tanja pouvait être impliquée dans un réseau de prostitution dans la ville de Cologne, la quatrième plus grande ville d’Allemagne qui se situe à seulement 30 minutes en voiture de Düsseldorf. Des policiers sont allés enquêter sur cette piste, mais cela ne donnera rien.

En 2014, un rebondissement a lieu dans l’affaire lorsqu’un homme sous le nom de « Patrick O » a témoigné sur le sort de Tanja. Entre 1999 et 2001, il affirme qu’il travaillait dans une chronique de presse de Francfort, réputée douteuse avec des méthodes de ventes illégales. En 1999, Patrick aurait rencontré Tanja, qui travaillait aussi pour cette chronique mais qui était également contrainte de se prostituer. Au début méfiante envers lui, Tanja a ensuite noué une relation amoureuse avec l’homme. Il prétend que Tanja lui aurait annoncé qu’elle était enceinte quelques mois plus tard, et ils avaient prévu de changer d’environnement pour pouvoir élever leur enfant en toute sécurité. Mais en décembre 2001, un incident est survenu au cours duquel Tanja aurait été abattue dans une forêt non loin de Königswinter. Patrick a accepté d’escorter les policiers sur le lieu où la jeune fille avait apparemment trouvé la mort, mais ils ne trouvèrent aucune preuve.

Le témoignage de Patrick contenait également des détails personnels sur la vie de Tanja, qui n’avaient jamais été révélés dans les médias. Ces révélations ont éveillé un nouvel espoir chez les proches de Tanja, qui espéraient pouvoir enfin obtenir des réponses. En 2017, Elisabeth et une équipe de tournage ont rendu visite à Patrick, qui était incarcéré pour fraude et agression au centre correctionnel de Wolfenbüttel. Patrick a alors partagé une nouvelle révélation : Tanja avait en réalité survécu à ses blessures.

Patrick rajoute que Tanja vivait désormais avec leur fille à Francfort sous le nom de « Melanie », et qu’ils étaient toujours en contact. Il a ensuite promit à Elisabeth d’informer Tanja de leur rencontre en prison et qu’il allait essayer de les mettre en contact. Pour Elisabeth, une nouvelle lueur d’espoir venait de naître et elle a demandé plusieurs fois à Patrick des preuves selon lesquelles il était toujours en contact avec Tanja. Cependant, Patrick s’est montré incapable de lui fournir une preuve, ce qui a finalement rendu Elisabeth sceptique sur son histoire.

Après avoir été libéré de prison quelques mois plus tard, Patrick a recontacté Elisabeth pour lui annoncer qu’il était retourné vivre auprès de Tanja et de leur enfant. Il a ensuite proposé à Elisabeth la possibilité de rencontrer Tanja à Wuppertal, et il lui a également envoyé des photos d’une femme et d’une jeune fille qui étaient apparemment Tanja et leur fille, Jani. Cela a à nouveau éveillé l’espoir chez la famille de Tanja qui attendait des réponses depuis deux décennies. Elisabeth a finalement convenu d’une date de rencontre entre elle et sa fille, qu’elle espérait enfin retrouver depuis toutes ces années d’incertitude et d’angoisse.

Cependant, la veille du rendez-vous, Patrick a envoyé un message à la nièce d’Elisabeth : « S’il vous plaît, ne dites pas à votre tante ce que j’écris maintenant. J’ai écrit longtemps à Tanja hier soir, elle a peur du lendemain et n’est pas sûre de pouvoir le gérer. Je serai avec elle et Jani cet après-midi. Peut-être que vous pourrez alors parler au téléphone, si elle est d’accord. Jani m’a envoyé un texto à 23h40 pour dire que sa mère pleurait, puis nous avons discuté. Je vous contacterai. Salutations, Pat. »

Un peu plus tard, un autre message venant prétendument de Tanja a été envoyé : « Bonjour, je sais que cela semble assez dur maintenant, mais je ne peux pas venir à Wuppertal demain. Je ne peux tout simplement pas le faire. Je suis vraiment désolée, mais dès que je te ferai face en personne, ma vie actuelle sera terminée et je serais à nouveau Tanja. C’est ma décision et je dois aussi penser à mon enfant. Je vous recontacterai par téléphone dans les prochains jours, mais tout le reste prendra du temps. A bientôt, Melli. »

Mais Patrick et la prétendue Tanja ne donneront plus jamais de nouvelles. Cela a été très douloureux à encaisser pour Elisabeth et sa famille, qui espéraient enfin pouvoir obtenir des réponses après des années de souffrance. Ces faux espoirs les ont laissés davantage confus avec des questions sans réponses. Patrick avait-il dit la vérité ? Et si non, pourquoi avoir inventé toute cette histoire ? L’homme avait pourtant présenté des détails intimes sur Tanja et sa vie d’avant, des détails qui n’avaient été révélés nulle part ailleurs.

Sur son site internet dédié à Tanja, Elisabeth a écrit ces mots pour sa fille : « C’est mon seul et plus fervent souhait : avoir de tes nouvelles sur tout ce que tu as vécu, ce qui t’as poussé à partir, de quoi tu m’accuses et si tu peux me pardonner (…) Je ne suis plus mariée à papa. (…) Si tu veux juste trouver ton chemin vers moi, rien ne s’y oppose. Je voudrais te dire encore une chose : tu n’as pas à avoir honte de quoique ce soit et tu n’as plus à avoir peur de rien. Si quelqu’un doit avoir honte, c’est bien moi. Parce que je n’ai pas remarqué ce que tu ressentais. »

Tanja a-t-elle réellement fugué ce 21 octobre 1998, avant de refaire sa vie sous une nouvelle identité ? A-t-elle été enlevée ? Est-elle toujours vivante aujourd’hui ? A ce jour, son sort demeure incertain. Le père de Tanja est décédé depuis, sans jamais savoir ce qui est arrivé à sa fille. Quant à Elisabeth, elle s’accroche à l’espoir que Tanja soit toujours en vie quelque part.

Un petit garçon disparaît en forêt : l’affaire Derrick Engebretson.

Derrick James Engebretson est né le 5 juillet 1990 et vivait à Klamath Falls, dans l’Etat américain de l’Oregon. Ses parents sont Robert et Lori Engebretson, et il était le plus jeune d’une fratrie de trois enfants. Derrick était surnommé affectueusement « Bear Boy » car il était passionné par la nature et les activités de plein air. Il adorait accompagner son père à la chasse ou aller cueillir des champignons en forêt. Il aimait également le baseball, le basketball et le football. Derrick est décrit comme un esprit libre et intrépide, aimant vagabonder partout et ayant une bonne connaissance de la nature. Il avait l’habitude de passer ses journées exclusivement à l’extérieur et de ne rentrer à la maison qu’à la tombée de la nuit. Lorsqu’il se trouvait chez lui, il aimait regarder des émissions sur les animaux.

Le 5 décembre 1998, en début d’après-midi, le petit Derrick âgé de 8 ans a accompagné son père, Robert, et son grand-père paternel, Bob, en forêt. Comme chaque année lors cette période, leur objectif était de trouver l’arbre de Noël idéal à décorer. Vers 14h, le trio arrive dans la région enneigée de Rocky Point, située dans la forêt nationale de Winema. Bob se souvient que Derrick leur avait dit qu’ils devaient se dépêcher de trouver un arbre convenable avant que la nuit tombe. Durant l’hiver, le soleil disparaît aux alentours de 16h sur la région, et bien que Derrick n’était pas effrayé par grand chose, il avait peur de l’obscurité et n’aimait pas être dehors la nuit.

Le petit groupe s’est ensuite enfoncé dans la forêt avant de monter sur une colline. Robert, qui était le plus expérimenté, a commencé à les distancer, laissant Derrick et Bob quelques mètres derrière lui. Robert finit par être hors de vue alors qu’il s’éloignait plus loin, et Bob et Derrick sont restés ensemble dans la même zone quelques instants. Ne parvenant pas à rester en place, Derrick s’amusait avec sa hachette en coupant des petits arbres, tandis que Bob essayait de surveiller son petit-fils tout en continuant de chercher leur futur arbre de Noël. Derrick se mit alors à insister auprès de Bob pour rejoindre son père qui se trouvait plus haut sur la colline. Au début réticent, Bob finit par accepter, à condition que Derrick suive scrupuleusement les traces de pas de Robert afin de ne pas se perdre. Le petit garçon le lui promit, puis il parti en suivant les traces de son père avec enthousiasme.

Bob remarqua que les traces de pas de Derrick suivaient celles de son père, comme convenu, et il se dit que son petit-fils était parvenu à le rattraper. Le vieil homme continua ses recherches de son côté. Un peu plus tard, Robert et Bob se sont rejoints à la voiture, mais Derrick était absent. Robert lui demanda où était son fils, et Bob lui répondit qu’il pensait que le petit garçon était avec son père durant tout ce temps. Les deux hommes se sont mit à rechercher Derrick et à crier son nom, leurs voix résonnant à travers la forêt enneigée et silencieuse.

Durant leur recherche, l’obscurité et la neige se sont mis à tomber, rendant les deux hommes de plus en plus inquiets au sujet du petit garçon. En descendant dans une clairière, ils ont découvert un ange de neige non loin de la route, et ils ont supposé que c’était Derrick qui l’avait fait. Ils ont continué à l’appeler et à le chercher frénétiquement, mais Derrick était introuvable. En redescendant vers la route principale, Robert est parvenu à arrêter un automobiliste pour lui expliquer la situation et lui demander d’appeler les secours. Cet automobiliste s’est rendu jusqu’à la station balnéaire la plus proche pour appeler le 911. A ce moment-là, les équipes de recherche et de secours participaient à leur repas de Noël annuel, et ils n’ont pas immédiatement considéré la disparition de Derrick comme une urgence. Il a donc fallut attendre plusieurs heures pour que les équipes arrivent sur les lieux.

La communauté a activement participé aux recherches en fouillant à travers la nature épaisse, à l’aide de motoneiges et de chiens pisteurs. Un hélicoptère a également été déployé pour fouiller la zone. Malheureusement, les fortes chutes de neige ont compliqué les recherches. Alors qu’ils cherchaient toujours Derrick, Robert et des bénévoles ont découvert des empreintes de pas dans la neige, assez petites pour appartenir à un enfant. Ils ont suivi les traces qui descendaient jusqu’au lac Klamath supérieur, avant de disparaître au niveau d’une route. Ce détail était particulièrement inquiétant, car si ces empreintes appartenaient bien à Derrick, cela voudrait dire que quelqu’un l’avait probablement récupéré sur la route à bord d’un véhicule. Les policiers ont également découvert un abri de fortune dans la zone où Derrick a disparu. L’abri était construit avec des branches de sapin, mais les chiens n’ont pas pu détecter l’odeur du petit garçon à cet endroit.

Le lac Klamath.

Comme Derrick avait des connaissances de survie et de chasse, ses parents espéraient qu’il pouvait survivre pendant une durée indéterminée dans la nature, mais les fortes tempêtes de neige et les températures glaciales diminuaient ses chances de survie. Les recherches pour retrouver le petit garçon ont cessé le 13 décembre. Cela a été un gros coup dur pour la famille Engebretson, qui a malgré tout continué sa propre enquête avec l’aide de bénévoles. Mais au fil des jours, la météo et les températures extrêmes ont poussé les nouvelles recherches à s’arrêter de nouveau, car cela devenait dangereux. A ce moment-là, il était certain que Derrick ne serait pas retrouvé vivant.

En janvier 1999, un promeneur a trouvé un emballage de bonbon ainsi qu’un marque-page provenant de l’école de Bonanza, où Derrick était scolarisé. Cependant, un détail inquiétant a attiré l’attention de ce promeneur : des traces de sang inconnues et des ossements se trouvaient aux côtés de ces objets. Cette découverte a été faite non loin de l’endroit où Derrick a été vu pour la dernière fois. Bien que les ossements ont été identifiés comme appartenant à un animal, on ne sait toujours pas si le sang et les autres objets appartenaient au petit garçon.

En mai 1999, la neige a commencé à fondre et les forces de l’ordre ont pu reprendre des fouilles intenses pour retrouver la dépouille de Derrick, mais en vain. Robert et Lori ont émis l’hypothèse que leur fils avait pu être kidnappé par quelqu’un dans la forêt. De plus, au début de l’enquête, un témoin a rapporté qu’il avait aperçu un petit garçon se débattre avec un homme ce jour-là. Il pensait qu’il s’agissait simplement d’un père en train de se disputer avec son fils, et c’est pour cela qu’il n’avait pas immédiatement signalé l’incident. D’autres témoignages ont été rapportés concernant un homme au volant d’une Honda à deux portes, qui roulait non loin de la forêt de Winema ce jour-là et qui demandait des renseignements.

Des rumeurs ont commencé à émerger, impliquant la famille Engebretson dans la disparition de Derrick. Bien que les policiers ne les aient pas considérés comme des suspects, Robert, Lori et Bob ont passé le test du polygraphe, qu’ils ont réussi. En septembre 1999, des graffitis troublants ont été trouvés dans les toilettes d’une aire de repos, située à Burns. Le contenu de ces graffitis n’a jamais été rendu public, mais ce serait apparemment lié à la disparition de Derrick. Après analyse, il s’est avéré que ces graffitis étaient une plaisanterie de mauvais goût.

Au début des années 2000, la famille Engebretson et la police ont reçu une lettre d’un homme en prison, qui révélait que son codétenu Frank James Milligan s’était vanté d’être responsable de la disparition de Derrick. En 2000, Milligan était en liberté sous caution pour l’agression sexuelle d’un jeune garçon. La même année, il a enlevé, violé et tué un autre garçon âgé de 10 ans dans l’Oregon. Il a plaidé coupable en 2001 et a été condamné à purger une peine de trente ans de prison. Lorsqu’il fut interrogé par les enquêteurs, Milligan dira qu’il avait bien tué Derrick et qu’il acceptait de les conduire jusqu’à son corps. Après de nouvelles recherches approfondies dans la forêt nationale de Winema, le corps de Derrick n’a pas été retrouvé et Milligan s’est finalement rétracté sur ses propos. Néanmoins, il reste désormais le principal suspect dans cette affaire.

La disparition de Derrick a eu des conséquences désastreuses sur sa famille. Robert a eu des problèmes de santé à force de chercher son fils dans le froid glacial de la forêt au fil des années, et Lori a sombré dans la dépression. Le frère et la soeur de Derrick, Amy et Kenny, ont aussi très mal supporté sa disparition. Robert et Lori ont également dû vendre leur maison pour s’installer dans un mobil home après avoir dépensé toutes leurs économies dans la recherche de leur fils. De plus, Robert n’a jamais pardonné à son père Bob, qu’il considère en partie responsable de la disparition de Derrick. Presque trente ans plus tard, Lori tente malgré tout de garder espoir : « Je veux croire qu’il est toujours en vie aujourd’hui. Jusqu’à ce que quelqu’un me prouve le contraire, je ne pense pas que j’abandonnerai cette idée un jour. », a-t-elle déclaré.

Que s’est-il passé ce 5 décembre 1998 dans la forêt de Winema ? Derrick s’est-il perdu dans la nature luxuriante et a-t-il succombé aux éléments ? Ses ossements ont-ils été éparpillés par des animaux sauvages ? Ou plus effrayant encore, a-t-il croisé le chemin d’une personne malveillante ? A ce jour, le sort du petit Derrick est toujours inconnu.

La disparition troublante de Tej Chitnis : menait-il une double vie ?

Tejeshwar « Tej » Chitnis est né le 22 novembre 1994 à Melbourne, dans l’Etat de Victoria en Australie. Il vivait dans la banlieue australienne de Burwood East avec ses parents Jayant et Reva Chitnis, et son frère aîné nommé Rudra. Tej est décrit comme un jeune homme respectueux, attentionné et studieux. Bien qu’il soit proche de sa famille et de ses amis, il a également un côté introverti et réservé, aimant faire des activités en solitaire comme peindre, lire et faire de la programmation informatique.

A l’école, Tej est considéré comme un élève brillant et assidu, recevant plusieurs fois les félicitations de ses professeurs. En grandissant, il a développé une passion pour les sciences et souhaitait devenir médecin praticien. En 2012, il a intégré la prestigieuse Université de Deakin et il partageait fièrement ses bonnes notes à ses parents. Chaque matin, Tej prenait un train qui le menait à l’université, où il ne manquait jamais un cours. En parallèle, il travaillait également chez Officeworks, un magasin de fournitures de bureau.

Tej (à droite) avec ses parents et son frère aîné.

Le 27 avril 2016 est le jour du 60ème anniversaire de Jayant. Il était prévu que tous les membres de la famille se rendent dans un lieu qu’ils avaient réservé pour l’occasion dans l’après-midi. Ce matin-là, Tej a prévenu ses parents qu’il devait rejoindre des amis dans le centre de Melbourne, mais avant de partir, il a demandé à ses parents d’attendre son retour pour commencer les festivités. Le jeune homme quitte le domicile familial vers 10h, au volant de sa Volkswagen Golf 2005. Aux alentours de 16h, Tej n’est toujours pas rentré et sa famille l’attends pour rejoindre le lieu de la fête d’anniversaire de Jayant.

Lorsque Jayant et Reva tentent de joindre leur fils sur son téléphone portable, ils tombent à chaque fois sur la messagerie vocale. Ils ont pensé que son téléphone était déchargé et ils ont donc attendu patiemment son retour, mais Tej ne venait toujours pas. Les Chitnis ont trouvé cela étrange, mais alors que l’heure avançait, ils sont finalement partis sur le lieu de la fête en se disant que Tej les rejoindrait probablement là-bas. Durant toute la soirée, la famille du jeune homme tente de le joindre sur son téléphone, mais sans succès. Ses parents s’attendaient à le voir arriver d’une minute à l’autre, mais Tej n’est jamais venu.

La panique va monter chez les Chitnis, qui commencent à comprendre que quelque chose d’anormal est en train de se produire. Ils savent que Tej n’aurait jamais manqué la fête d’anniversaire de son père et qu’il lui ait probablement arrivé quelque chose de grave. La police va lancer une importante opération de recherche et sa famille va immédiatement faire connaître sa disparition via les réseaux sociaux, créant une page Facebook nommée « Help Find Tej Chitnis. » Des avis de recherches vont être distribués en ville et les Chitnis vont donné des interviews dans plusieurs médias, demandant à des potentiels témoins de se manifester.

En se renseignant auprès de l’Université de Deakin, les enquêteurs vont faire une découverte stupéfiante : cela faisait presque deux ans que Tej n’allait pas à l’université, contrairement à ce qu’il prétendait. Il y avait bien été inscrit en 2012 et 2013, mais il n’était plus inscrit à ses cours depuis 2014. En revanche, les enquêteurs ont découvert que Tej se rendait toujours comme convenu à son travail chez Officeworks, et ses collègues n’ont noté aucun comportement étrange chez lui. Que faisait-il de ses journées où il faisait croire qu’il assistait à ses cours universitaires ? Pourquoi avait-il menti aussi longtemps à ce sujet ?

« Ce n’est qu’après sa disparition que la police nous a dit qu’il n’avait pas fréquenté l’université pendant plus d’une année entière. Nous n’en savions rien. Nous pensions qu’il était heureux. Une semaine avant sa disparition, il avait fait la fête, avait profité d’un barbecue avec ses collègues durant le week-end de la fête du Travail et tout semblait aller pour le mieux. Puis, soudain, son nom a été ajouté à la liste des personnes disparues et cela fait vraiment mal. » a confié Jayant.

Les Chitnis vont tomber de haut en apprenant la double vie que menait Tej. Jayant et Reva affirment qu’ils ont toujours eu une relation de confiance avec leurs deux fils, et ils savaient que Tej n’aimait pas leur mentir ou les décevoir. De ce fait, ils étaient assez bouleversés de savoir que Tej leur avait menti à propos de l’université, mais ils ne lui en tenaient aucunement rigueur. Dans une interview, Reva a déclaré que peu avant sa disparition, Tej lui a confié être incertain sur son avenir et qu’il n’était plus très sûr de ce qu’il voulait faire. Elle lui a alors conseillé de faire une pause s’il le souhaitait, et de ne pas trop s’inquiéter pour son avenir à son jeune âge, car il pouvait toujours changer de voie.

Les enquêteurs ont ensuite interrogé les amis de Tej, qu’il prétendait devoir rejoindre au centre-ville de Melbourne le jour de sa disparition. Ses amis ont tous affirmé qu’il n’était pas prévu qu’ils voient Tej ce jour-là, qu’ils n’avaient pas été mis au courant. Mais dans ce cas, que comptait faire Tej le jour de sa disparition ? Où était-il allé ?

Il a été découvert que le téléphone de Tej s’était éteint à 11h26, et qu’il avait borné une dernière fois à 11h49 à Healesville, une petite ville rurale située au nord-est de Melbourne. Des images de vidéosurveillance montrant la voiture de Tej à Healesville ce 27 avril ont été retrouvées, ce qui prouve qu’il s’est bien rendu à cet endroit ce jour-là, bien qu’on ne voit pas distinctement Tej à l’intérieur du véhicule. Selon ses proches, le jeune homme n’avait aucun lien avec Healesville, ce qui rends sa présence là-bas d’autant plus étrange. Tej a-t-il éteint son téléphone délibérément ou a-t-il été forcé de l’éteindre ? Etait-il seul dans sa voiture au moment où il a été filmé à Healesville ? Etait-ce même lui qui conduisait sa voiture à ce moment-là ?

La dernière observation de la voiture de Tej ce 27 avril 2016, à Healesville.

La thèse de suicide a été évoquée, mais ses proches ont du mal à y croire. Sa famille, ses amis et ses collègues n’ont décelé aucun comportement suspect ou suicidaire chez lui avant sa disparition. La thèse de la fugue a été également envisagée, mais Tej n’avait rien emmené avec lui hormis son téléphone et son portefeuille. De plus, il n’y a eu aucun mouvement sur son compte bancaire depuis sa disparition. Ces éléments laissent à penser qu’il prévoyait de revenir rapidement chez lui, mais que quelque chose l’en a empêché.

Tej ressentait-il trop de pression quant à ses études ? Le fait qu’il ait fait croire à sa famille qu’il continuait l’université et qu’il ait confié à sa mère être incertain de son futur peut donner du sens à cette théorie. Mais cela n’explique pas ce que faisait le jeune homme de ses journées lorsqu’il prétendait suivre ses cours, ni pourquoi il avait à nouveau menti en prétendant rejoindre des amis le jour de sa disparition, ni pourquoi il n’est jamais revenu alors qu’il n’avait emporté aucune affaire avec lui. Cela n’explique pas non plus pourquoi sa voiture a été filmée à Healesville, qui se trouve à l’opposé de Melbourne et où il ne connaissait apparemment personne.

Devait-il rejoindre quelqu’un qu’il n’a pas voulu mentionner à ses parents ? Etait-il impliqué dans des histoires louches, comme du trafic de drogue ? Ses proches n’ont jamais rien découvert de suspect à ce sujet et les policiers n’ont trouvé aucune preuve pour appuyer davantage cette théorie. De plus, ses parents affirment que Tej ne souffrait d’aucune maladie mentale. Cependant, même si Tej montrait toujours un comportement jovial et détendu auprès de ses proches, il est possible qu’il cachait probablement des choses plus sombres. Peut-être n’était-il pas aussi heureux qu’il le prétendait ? Peut-être avait-il des mauvaises fréquentations dont il ne voulait pas parler ?

Tej a disparu en laissant de nombreux mystères derrière lui. Pourquoi a-t-il préféré mentir en faisant croire qu’il assistait à ses cours ? Que faisait-il de ses journées à la place ? Quel était le but de cette mascarade ? Qu’a-t-il fait exactement le jour de sa disparition ? Que cachait-il ?

A ce jour, ni Tej et ni sa voiture n’ont été retrouvés. Le jeune homme n’a plus fait entendre parler de lui depuis ce 27 avril 2016. S’est-il suicidé ? A-t-il été victime d’un acte criminel ? Pour sensibiliser à sa disparition, une fresque murale à l’effigie de Tej a été peinte dans le quartier des affaires de Melbourne. Malgré les efforts déployés par les forces de l’ordre et les proches de Tej, aucun indice n’a été trouvé depuis.

La disparition étrange et inquiétante de Kyle Fleischmann.

Kyle est un jeune américain né le 24 septembre 1983. Ses parents sont Dick et Barbara Fleischmann, et il est l’aîné d’une fratrie de trois enfants. En 2000, la famille déménage dans la ville de Charlotte, en Caroline du Nord, pour le travail de Dick. Kyle est décrit comme un jeune homme sociable, attentionné et bienveillant. Il est particulièrement proche de sa famille et n’a aucune difficulté à se faire des amis.

En 2002, Kyle est diplômé la Charlotte Catholic High School, puis il va suivre des études à l’université d’Elon d’où il en ressortira diplômé en 2006. Après avoir obtenu son diplôme, il a déménagé dans le sud de Charlotte avec deux colocataires. Par la suite, il a rapidement trouvé un travail en tant que cadre chez Fidelity Investments. Peu avant la disparition de Kyle, sa mère Barbara a été diagnostiquée avec un cancer du sein. Cette nouvelle a été un choc pour tout le monde, mais Kyle s’est tout de suite montré confiant et rassurant. La première chose qu’il a dite à sa mère en apprenant sa maladie est : « Ne t’inquiète pas maman, nous allons traversé cela ensemble. »

Le soir du 9 novembre 2007, Kyle invite Barbara voir un spectacle de l’humoriste Dane Cook, dans le centre-ville de Charlotte. Il voulait que sa mère puisse se changer les idées et ne plus penser à sa maladie le temps d’une soirée. Ils sont rejoints par Noelle et Daniel, la soeur et le meilleur ami de Kyle. Après le spectacle, Barbara et Noelle sont rentrées à la maison mais Kyle et Daniel ont décidé de rejoindre des amis au bar Buckhead Saloon.

Kyle avec ses parents Dick et Barbara.

Les amis s’amusent tous ensemble et boivent de l’alcool, puis ils commencent à partir au fur et à mesure, entre 23h et 1h du matin. Lorsque Daniel prévient Kyle qu’il compte rentrer chez lui, il lui demande s’il veut rentrer avec lui car Kyle a laissé sa voiture chez son ami. Kyle lui dit qu’il veut rester encore un peu au bar et qu’il prendrait un taxi pour retourner chez son ami et y récupérer sa voiture. Daniel quitte donc le bar, laissant Kyle s’amuser.

Le lendemain matin, Kyle ne s’est pas présenté à son travail, ce qui inquiète ses collègues. Le jeune homme est connu pour être quelqu’un de ponctuel et responsable, et ne pas venir au travail sans prévenir personne était totalement anormal de sa part. Ils ont tenté de le joindre par téléphone, mais sans succès. De son côté, Daniel a aussi comprit que quelque chose n’allait pas avec son ami.

Lorsqu’il s’est réveillé ce matin-là, il a remarqué qu’il avait reçu un appel manqué de Kyle dans la nuit, mais il s’est réellement inquiété lorsqu’il a remarqué que Kyle n’avait pas récupéré sa propre voiture, qui se trouvait toujours devant chez Daniel. Or, Kyle avait assuré à son ami qu’il prendrait un taxi dans la nuit pour venir récupérer sa voiture, qui lui était essentielle pour ses déplacements. Daniel tente ensuite d’appeler Kyle plusieurs fois sur son téléphone portable, mais il tombe à chaque fois sur la messagerie vocale.

De plus en plus inquiet, Daniel contacte les colocataires de Kyle, qui lui révèlent que le jeune homme n’est pas rentré. Il appelle les parents de Kyle pour les prévenir, et lorsque Noelle vérifie son propre téléphone portable, elle remarque que son frère a tenté de la joindre à 2h19 du matin, mais elle n’avait pas répondu car elle dormait. Lorsque la famille de Kyle tente de le joindre sur son téléphone à tour de rôle, ils tombent également sur la messagerie vocale, ce qui est à nouveau totalement inhabituel. Ils préviennent donc le 911.

Les policiers vont enquêter sur la chronologie de la dernière soirée de Kyle et vérifier les images que les caméras de surveillance du bar ont enregistrées. Sur les images de vidéosurveillance, entre 1h et 2h15 du matin, on y voit Kyle en train de boire, discuter avec des gens et danser avec une jeune fille. A 2h, alors que Kyle danse avec la fille, ils sont rejoint par un homme qui sera identifié comme le petit ami de cette jeune fille. Des amis de l’homme s’en mêlent et il semble y avoir une altercation verbale sans gravité avec Kyle. Cet homme et sa petite amie quittent le bar peu après.

A 2h19, c’est le moment où Kyle appelle sa soeur, appel qui restera sans réponse. Il est supposé qu’il voulait probablement savoir si sa soeur était réveillée et si elle pouvait venir le récupérer. A 2h20, il est vu quittant le bar sans récupérer sa veste et sa carte bancaire aux vestiaires. Le fait que Kyle soit parti sans récupérer ses affaires est plutôt étrange, d’autant plus qu’il faisait particulièrement froid cette nuit-là et qu’il n’avait pas prit la peine de reprendre sa veste. Une théorie suppose qu’il avait oublié ses affaires sous l’effet de l’alcool.

Une des dernières images de Kyle via une vidéo surveillance.

Kyle se retrouve seul dehors dans le froid glacial d’une nuit de novembre, habillé d’une simple chemise à manches courtes et d’un jean. Les caméras de surveillance des commerces alentours ont filmé Kyle se diriger vers une pizzeria nommée Fuel Pizza, à 2h30. L’employé qui a servi Kyle a été interrogé, et il a révélé que le jeune homme avait bien commandé une pizza, qu’il semblait être seul mais qu’il semblait aussi être en état d’ébriété. A 2h42, Kyle a essayé de contacter le bar qu’il venait de quitter. Il avait probablement réalisé qu’il avait oublié ses affaires là-bas, mais il n’a obtenu aucune réponse de l’établissement.

Les enquêteurs ont également découvert que Kyle a essayé de joindre le lieu de travail de son père par téléphone. Il y a appelé quatre fois, entre 2h42 et 2h57 du matin. Evidemment, personne n’a répondu. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi il a appelé au bureau de son père à cette heure de la nuit. Peut-être s’est-il trompé de numéro sous l’effet de l’alcool, alors qu’il essayait de joindre quelqu’un pour qu’on vienne le chercher.

Selon les données du téléphone de Kyle, il s’est ensuite rendu à NoDa, un quartier artistique populaire de la ville de Charlotte, plus précisément sur la rue North Davidson, réputée pour sa dangerosité la nuit. Il est étrange que Kyle soit rendu à cet endroit, car il connaissait les risques de ce lieu et il savait qu’il n’était pas prudent de s’y aventurer seul. De plus, l’endroit se trouve dans la direction opposée à celle de son appartement. Alors qu’il se trouve à NoDa, Kyle appelle son ami Daniel à 3h28 et un de ses colocataires à 3h29, sans obtenir de réponse. Un chauffeur de taxi a rapporté avoir aperçu un homme correspondant à la description de Kyle dans cette rue, et cela l’a interpelé car l’homme se promenait sans manteau par cette nuit glaciale.

La dernière géolocalisation de Kyle le situe à Cordelia Park, à environ trois kilomètres du Buckhead Saloon. Il s’agit d’un parc de plus de 9 hectares qui possède des jeux pour enfants ainsi qu’une piscine publique. La journée, il est fréquenté par des promeneurs, des sportifs ou des familles. Cependant, l’ambiance du parc change totalement la nuit, car il attire les trafiquants de drogue et les gangs, ce qui rend l’endroit particulièrement dangereux. Toute activité sur le téléphone de Kyle a cessé à 4h du matin alors qu’il bornait une dernière fois à Cordelia Park.

Durant l’enquête, les chiens policiers ont pu sentir l’odeur de Kyle du Buckhead Saloon jusqu’au Fuel Pizza, puis les chiens ont suivi l’odeur en faisant une large boucle autour des rues, comme si Kyle avait tourné en rond. Une théorie suggère qu’il essayait probablement d’échapper à quelqu’un qui le suivait. Les chiens sont ensuite allés jusqu’à la rue North Davidson, puis vers un petit pont menant à Cordelia Park. Mais ils ont dû arrêter les recherches à cet endroit car cela devenait trop dangereux.

Le lendemain, les chiens ont été ramenés à Cordelia Park et ils ont pu suivre l’odeur de Kyle jusqu’à un chantier de construction, situé à 200 mètres du parc. Les maîtres-chiens y ont senti une forte odeur nauséabonde, comme celle d’un cadavre en décomposition. Les policiers y ont effectué des recherches à l’aide de chiens dressés pour sentir l’odeur d’un cadavre et également à l’aide d’un radar pour sonder le sol, mais rien de fut trouvé.

Un bloc appartements a été construit sur ce chantier, et des résidents se sont également plaints d’une odeur nauséabonde qui s’est faite sentir pendant un moment, mais on a jamais découvert d’où cela provenait. Les parents de Kyle sont sûrs que son corps a été enterré sur ce chantier, bien que rien n’y a été trouvé durant les recherches. Dick pense que son fils a été une cible facile pour des malfaiteurs, compte tenu de sa vulnérabilité. Il pense que Kyle a été tué et que son corps a été enterré quelque part.

En 2010, les Fleischmann ont déménagé en Caroline du Sud, puis en Floride où ils résident actuellement. Bien qu’ils soient sûrs que leur fils n’est plus en vie, Dick et Barbara sont toujours actifs dans la recherche de Kyle et ils espèrent pouvoir enfin découvrir ce qui lui est arrivé. Daniel a créé une page Facebook nommée « Help Find Kyle Fleischmann » pour continuer de faire connaître cette affaire. A ce jour, Kyle est toujours porté disparu.

La disparition de Monica Carrasco : évaporée dans la nuit.

Monica Cassandra Carrasco est née le 13 décembre 1986 au Texas. Elle vivait à Balmorhea, un village d’environ 500 habitants, aux côtés de ses parents Ramon et Kathy, et de son frère Juan. Ses proches la décrivent comme une personne optimiste, généreuse et ayant un sourire contagieux, qui était toujours prête à aider les autres.

Scolarisée au Alpine High School, Monica était également une élève studieuse passionnée par les sciences. Elle rêvait d’intégrer l’université de Harvard et hésitait entre entreprendre des études de droit ou de travailler pour la NASA. En dehors de l’école, Monica faisait du bénévolat et aimait jouer du saxophone, peindre et faire du sport. Elle était aussi une fervente chrétienne qui aimait étudier les textes bibliques.

La vie de Monica semblait être sans nuages jusqu’au 8 novembre 2000. Ce jour-là, son père Ramon, qui luttait contre un cancer des os, a été victime d’une crise cardiaque devant Monica et sa famille. Ils ont tenté de le réanimer en attendant l’arrivée des secours, mais Ramon n’a pas survécu. Voir son père mourir a été un traumatisme pour Monica, qui a sombré dans la dépression et a également souffert d’anorexie.

En septembre 2003, Monica était âgée de 16 ans et venait récemment de sortir d’un séjour en hôpital à cause de sa santé mentale. Des sources attestent qu’elle souffrait également d’hypoglycémie ou de schizophrénie. C’est sa mère, Kathy, qui l’avait obligée à être hospitalisée. Suite à cela, des tensions ont commencé à naître entre Monica et sa mère. Abel et Velma Baeza, l’oncle et la tante de Monica qui vivaient aussi à Balmorhea, ont proposé que l’adolescente viennent s’installer chez eux afin de calmer les tensions mais aussi pour mieux la surveiller. Velma était femme au foyer et était proche de sa nièce, elle voulait l’aider à aller mieux et surveiller si elle mangeait bien et prenait correctement ses médicaments. Monica a donc accepté d’aller vivre temporairement chez eux.

Le 1er octobre 2003, Monica a eu un rendez-vous avec son psychiatre qui a estimé qu’elle n’était toujours pas apte à retourner à l’école à cause de son état. Cela a davantage attristé la jeune fille. Le même jour, Kathy est venue rendre visite à Monica pour voir comment elle se portait. Kathy, Velma, Abel et Monica se sont ensuite réunis en cercle pour prier. Avant de partir, Kathy a serré sa fille dans ses bras et elles se sont dit qu’elles s’aimaient.

Vers 20h, Monica a parlé au téléphone avec son frère Juan. Durant la conversation, Monica a commencé à lui dire des choses étranges, comme : « Pourquoi ne m’as-tu pas dit que j’étais Jésus ? » Lorsque Juan lui a demandé des explications, Monica a répondu que c’était les oiseaux qui lui disaient qu’elle était Jésus. Juan a supposé qu’elle délirait à cause des effets secondaires de ses médicaments. Monica lui a ensuite demandé si elle pouvait le rejoindre à Austin, où il vivait. Mais Juan a refusé, ajoutant qu’elle pourrait le rejoindre lorsqu’elle irait mieux.

Monica a passé le reste de la soirée à jouer à des jeux vidéo avec ses cousins, tandis que Velma et Abel dormaient. Elle est partie se coucher à 23h00. A 1h30 du matin, les cousins de Monica sont allés vérifier son état et on rapporté qu’elle dormait dans son lit, puis ils sont allés se coucher à leur tour.

A 6h du matin, Velma est allée vérifier si Monica dormait toujours, et elle a été surprise de découvrir le lit vide de sa nièce. Cependant, la porte de la chambre de l’adolescente, qui menait au jardin, était déverrouillée. La maison possédait un jardin avec une balançoire où Monica aimait aller pour réfléchir et prier, Velma est donc allée jeter un oeil au jardin, mais Monica ne s’y trouvait pas non plus. Abel se réveille à son tour et Velma lui annonce que leur nièce est introuvable. Il a d’abord pensé que Monica était allée faire un jogging, comme elle aimait le faire, mais toutes ses chaussures se trouvaient dans sa chambre. Le terrain autour de la maison était rocailleux et entouré de cactus, et il a pensé qu’il était peu probable qu’elle soit partie pieds nus.

Kathy, qui se trouvait à son travail, a téléphoné à 9h30 pour avoir des nouvelles de sa fille. On lui annonce alors l’impensable : Monica a disparu sans laisser de traces. Directement, Kathy quitte son travail et se rends au domicile des Baeza. Lorsqu’elle arrive, des policiers, des adjoints de shérif, les Texas Rangers et des agents de la patrouille frontalière sont déjà sur place. Ils n’ont trouvé aucun signe d’effraction, de lutte ou d’acte criminel dans la maison, et les effets personnels de l’adolescente étaient toujours sur place. Concrètement, il n’y avait rien qui pouvait laisser présager un acte criminel ou une fugue.

La famille de Monica, aidée par des hélicoptères et les habitants de la ville, a également fouillé la zone sur plusieurs kilomètres, mais l’adolescente était toujours introuvable. Lorsqu’il a été mis au courant de la disparition de sa soeur, Juan a pensé qu’elle était partie pour tenter de le rejoindre à Austin comme elle le voulait, il est donc resté chez lui à l’attendre, mais Monica n’est jamais venue.

Bien que tous les effets personnels de Monica étaient laissés à la maison, dont ses médicaments, les enquêteurs ont néanmoins soupçonné une fugue. Etait-elle partie avec un garçon ? Cela semblait peu probable car Monica n’avait pas de petit ami au moment de sa disparition. De plus, Balmorhea est une toute petite communauté où tout le monde connait tout le monde, et aucun homme n’a été porté disparu en même temps que l’adolescente. Cependant, les policiers vont interroger un chauffeur de bus qui aurait harcelé Monica quelques mois avant sa disparition. Mais l’homme avait un alibi qui a pu être vérifié, et il fut exclu de l’enquête.

L’un des oncles de Monica, Rosendo Carrasco, qui était un ancien juge de paix, a déterminé que sa nièce était confuse et désorientée à cause de ses médicaments, et qu’elle a pu être récupérée par un automobiliste sur l’autoroute 17, qui se trouve non loin du domicile des Baeza. Cette autoroute mène directement au Mexique, ce qui rend cette théorie d’autant plus inquiétante. Il était cependant possible que Monica soit toujours en vie.

D’intenses recherches vont être effectuées pendant plusieurs semaines. Les forces de l’ordre et les bénévoles vont ratisser chaque lieu où l’adolescente aurait pu se rendre. Ils vont fouiller le lac de Balmorhea, les grottes, les falaises, les puits, les fossés, sous les ponts, mais Monica était toujours introuvable. C’est comme si elle avait disparu de la surface de la Terre entre 1h30 et 6h du matin, ce 2 octobre 2003.

Abel et Valma vont être interrogés et soumis au test du polygraphe. Abel va échouer au test, mais cela ne fera pas avancer l’enquête car les test polygraphiques sont généralement peu probants et ne peuvent pas être admis devant un tribunal. Concernant la possible implication de son oncle, Juan a déclaré : « Il a pu réunir beaucoup de ressources pour venir aider à la recherche de Monica. Et apparemment, comme il connaissait très bien la région, il dirigeait une grande partie des recherches. Mais plus tard, au cours de l’enquête, il s’est avéré qu’il était un suspect potentiel, si quelque chose s’était passé. Ils ont remis en question son implication dans tout cela. »

Abel est à ce jour décédé. A propos de la possible culpabilité de son beau-frère, Kathy réponds : « C’est vraiment difficile de croire qu’un membre de la famille aurait pu faire quoi que ce soit. Cela ne m’est pas venu à l’esprit au début, et maintenant qu’il est décédé, je n’ai toujours pas l’impression qu’il aurait pu faire quoi que ce soit. »

Il est également possible que Monica ait été désorientée à cause de sa santé mentale. Les médicaments qu’elle prenait n’ont jamais été cités, mais il est courant que certains médicaments qui traitent les maladies mentales peuvent provoquer de lourds effets secondaires. Il est probable que Monica ait souffert de paranoïa, de troubles du sommeil, d’hallucinations ou de psychose. Son discours inquiétant lors de son dernier appel avec son frère peut appuyer cette théorie. Si elle s’était aventurée dehors la nuit en pleine crise, elle aurait pu partir sans penser à prendre ses affaires et se mettre en danger si une personne malintentionnée avait croisé son chemin.

En 2015, le dossier de Monica Carrasco a été rouvert par le bureau du shérif du comté de Reeves, mais il n’y a actuellement aucune avancée dans l’enquête. Monica est officiellement toujours portée disparue.

L’affaire Leigh Occhi : disparue chez elle lors d’un ouragan.

Née le 21 août 1979 à Honolulu, à Hawaii, Leigh est l’unique fille de Donald Occhi et Vickie Felton. Elle est décrite comme une jeune fille extravertie et sociable. Elle était intelligente, dynamique et aimait beaucoup les animaux. Passionnée par les chevaux, elle pratiquait également l’équitation. Elle était scolarisée à la Tupelo Middle School.

Ses parents se sont rencontrés dans les années 1970 alors qu’ils servaient dans l’armée américaine. Ils se marient en 1977, puis ils divorcent en 1981. Après le divorce, Donald s’est installé temporairement en Allemagne, où il restait en contact étroit avec sa fille, avant de retourner aux Etats-Unis et d’emménager en Virginie. Quant à Vickie et Leigh, elles ont déménagé dans la ville de Tupelo, dans le Mississippi. Vickie a ensuite rencontré Barney Yarborough, avec qui elle s’est mariée. Ils se sont séparés peu avant la disparition de Leigh.

Tôt le matin du 27 août 1992, Vickie est partie au travail tandis que Leigh est restée seule à la maison. La jeune fille devait un peu plus tard assister à la journée portes ouvertes de son école avec sa grand-mère, puis aller dîner avec sa mère dans un Taco Bell. Vers 8h30, Vicki écoute la radio et apprend qu’une tempête liée à l’ouragan Andrew allait bientôt frapper Tupelo. L’ouragan était de catégorie 5 et avait causé de lourds dégâts lors de son passage aux Bahamas et en Floride. Il s’était ensuite rétrogradé en tempête tropicale au moment où il atteignait le Mississippi. Leigh avait particulièrement peur des orages et de la tempête, Vickie a donc voulu lui téléphoner pour savoir si tout allait bien.

Comme c’était la première fois que Leigh restait seule à la maison, Vickie et Leigh avaient instauré une technique spéciale pour lui signaler que c’était sa mère qui appelait. Cette technique consistait à ce que Vickie fasse sonner le téléphone deux fois avant de raccrocher et de rappeler tout de suite. Si le téléphone sonnait sans cette particularité, Leigh n’était pas autorisée à répondre à l’appel afin de ne pas parler à des inconnus.

Tandis que Vickie tente de joindre sa fille avec la technique qu’elles ont convenue, Leigh ne répond pas. Elle continue d’appeler plusieurs fois, sans obtenir de réponse. Inquiète pour sa fille, Vickie quitte son travail et brave les risques liés à la météo pour rejoindre son domicile, situé à quelques minutes en voiture. En arrivant devant sa maison, elle se rend compte que la porte du garage est grande ouverte avec la lumière allumée. Ce détail la trouble, mais lorsqu’elle rentre dans la maison, elle réalise que la porte est déverrouillée. La panique monte d’un cran lorsqu’elle découvre du sang sur les murs du couloir.

Vickie crie le nom de sa fille et la cherche partout dans la maison. Et alors qu’elle se trouve dans la chambre de Leigh, elle remarque que la couverture du lit est jetée sur le sol, et découvre d’autres traces de sang sur le sol et sur l’encadrement de la porte. Du sang sera également retrouvé sur une chemise de nuit appartenant à Leigh, qui se trouvait dans le panier à linge. Vickie appelle le 911 à 9h du matin.

Des policiers se rendent rapidement au domicile. L’inspecteur-chef, Bart Aguirre, a déterminé qu’il n’y avait aucun signe d’effraction. Lorsqu’ils fouillent la maison, ils découvrent que du sang, qui semblait avoir été nettoyé, était présent sur le comptoir de la salle de bain. « J’ai remarqué qu’il y avait une légère brume rose sur le comptoir », a déclaré Aguirre. « Il est assez évident pour nous que quelqu’un a essayé de nettoyer la scène ou le comptoir, mais nous n’avons pas pu retrouver le chiffon ou la serviette qui avait été utilisée. Nous ne l’avons trouvé nulle part. »

Il y avait également une longue traînée de sang qui partait du couloir jusqu’à la cour arrière. Le sang trouvé dans la maison était encore frais. Des effets personnels de Leigh étaient manquants, comme ses lunettes, des sous-vêtements, un short et un sac de couchage. Mais compte tenu de la quantité importante de sang trouvée dans la maison, les policiers n’ont pas soupçonné une fugue mais un acte criminel.

Lorsque Vickie est interrogée, elle raconte que Leigh avait dormi avec elle cette nuit, effrayée à cause des orages. Vickie, qui travaillait désormais pour l’entreprise Leggett & Platt, s’est réveillée à 6h45 pour commencer sa journée. D’après elle, Leigh dormait toujours à ce moment-là. Elle est allée prendre une douche puis est retournée dans la chambre pour s’habiller. Leigh était toujours dans le lit mais réveillée cette fois. La mère et la fille ont ensuite prit le petit-déjeuner ensemble où elles ont discuté de leurs projets. Toujours selon ses dires, Vickie a ensuite quitté le domicile à 7h40 et est arrivée à son travail dix minutes plus tard. Elle déclare également qu’elle ne se rappelait pas d’avoir fermé la porte du garage ce matin-là.

La maison de Leigh et Vicki. (Source : David Lohr)

Les forces de l’ordre ont effectué d’intenses recherches dans le quartier et dans les zones boisées à l’aide d’hélicoptères et de chiens, mais cela s’est avéré particulièrement difficile à cause de la tempête et de ses dégâts. Le sang trouvé dans la maison et sur la chemise de nuit de Leigh ont été envoyés en laboratoire pour être analysés. Comme Leigh n’avait jamais été soumise à des analyses sanguines, ils furent incapable de déterminer si ce sang lui appartenait, d’autant plus que les analyses ADN étaient encore à leurs débuts à cette époque. Ils apprirent cependant que le sang était de type O. Hormis cela, aucun autre ADN ou indice ne fut trouvé.

Donald, qui travaillait toujours dans l’armée et qui vivait sur une base militaire en Virginie, a apprit la disparition de sa fille le lendemain, le 28 août, après un appel de son ex-femme. Il a pu obtenir un congé d’urgence et a prit un avion pour se rendre au plus vite à Tupelo. Il a fait part de son désarroi sur la disparition inquiétante de sa fille de 13 ans : « Je ne pense pas qu’elle soit en vie. Je me prépare au pire. » Pendant tout le mois de septembre 1992, Donald et des bénévoles ont parcouru les bois environnants et ont déposé des avis de recherche pour tenter de retrouver Leigh.

En dehors de Vickie, la dernière observation de Leigh a été faite par des voisins. La veille de sa disparition, aux alentours de 20h, Leigh s’est rendue chez un voisin et lui a demandé si elle pouvait attendre sa mère chez lui car elle était enfermée dehors. Ce voisin accepte, mais à 20h45, Leigh a quitté le domicile pour aller chez un autre voisin et expliquer à nouveau qu’elle était enfermée dehors. Cet autre voisin accepte à son tour de la faire entrer. Quelques minutes plus tard, en regardant par la fenêtre, Leigh a signalé que sa mère était finalement arrivée et est partie.

Quelques jours après la disparition de Leigh, un employé de Mcdonald’s a contacté les policiers. Il a rapporté avoir aperçu une jeune fille ressemblant à Leigh dans un camion à Booneville, à environ 50 kilomètres de Tupelo. Il l’avait aperçue au drive du fast-food où il travaillait. Ce camion sera retrouvé avec la jeune fille, mais il s’est avéré qu’il ne s’agissait pas de Leigh.

Le 9 septembre 1992, Vickie contacte la police et prévient qu’elle a reçu un colis contenant les lunettes disparues de Leigh. Le destinataire était noté « B Yarborough », écrit en lettres majuscules sur le paquet ; il s’agissait du nom de son ex-mari. Elle avait donc contacté Barney pour le prévenir qu’il avait reçu un colis, et lorsqu’il est venu le récupérer et qu’il l’a ouvert devant Vickie, ils ont découvert les lunettes de Leigh à l’intérieur. « Il n’y avait pas de lettre de rançon ou quoi que ce soit de ce genre avec ces lunettes », a déclaré l’inspecteur-chef Aguirre. « C’étaient juste ses lunettes. On pourrait penser que s’il s’agissait d’un véritable enlèvement, on s’attendrait à ce qu’il y ait un peu plus de choses avec ça. »

En examinant le colis, les enquêteurs ont déterminé qu’il avait été envoyé depuis Booneville, là où un employé pensait avoir aperçu Leigh. Le colis a ensuite été envoyé en laboratoire pour des analyses plus approfondies, mais aucun ADN ne fut trouvé, pas même sur le timbre qui avait été collé à l’aide d’eau et non de salive. L’écriture a également subit des tests graphologiques, mais cela ne donnera aucune piste.

Des soupçons ont commencé à se porter sur Barney et Vickie, mais Barney sera rapidement écarté des suspects car il avait un alibi solide qui a pu être vérifié. Vickie fut soumise trois fois au test du polygraphe, dont deux par le FBI. Elle a échoué à tous les tests. Des rumeurs ont commencé à émerger, notamment que Vickie était violente envers sa fille. En effet, des camarades de classe de Leigh ont affirmé que la jeune fille s’était déjà présentée à l’école avec le corps couvert de bleus, mais elle assurait que c’était à cause de l’équitation. Une amie de Leigh a rapporté qu’elle disait parfois des choses étranges sur le fait qu’elle voulait mourir. Alors que Donald se trouvait toujours à Tupelo pour chercher sa fille, des habitants lui ont suggéré de garder un oeil sur son ex-femme.

Vickie s’est fermement défendue face aux résultats polygraphiques : « Je ne saurais pas vous dire pourquoi. Ils mesurent les changements dans votre corps, et lorsque votre fille disparaît et qu’ils vous attachent à des objets, je ne peux pas imaginer que le corps de quelqu’un ne réagisse pas. » Elle estime que l’attention portée sur elle était une perte de temps dans l’enquête.

Elle a rapidement jeté ses soupçons sur Oscar McKinley « Mike » Kearns, qui travaillait à l’église luthérienne que Vickie et Leigh fréquentaient. De plus, Leigh pratiquait l’équitation dans la même écurie où Kearns possédait des chevaux, et il aurait déjà proposé à la jeune fille de faire du cheval avec lui. Kearns semblait être un suspect notable : seulement quelques mois après la disparition de Leigh, il a enlevé une adolescente dans le Tennessee, avant de l’agresser sexuellement. Lors de son arrestation, il a plaidé coupable de viol puis a été condamné à 8 ans de prison, mais il fut libéré plus tôt, en 1997. En 1999, Kearns est de nouveau arrêté après avoir kidnappé un couple, et il fut condamné à 20 ans de prison.

Compte tenu du manque de signe d’effraction dans la maison, Vickie pense que Leigh avait dû ouvrir la porte à la personne responsable de sa disparition. Comme Leigh était de nature prudente, il est fort probable qu’elle connaissait suffisamment cette personne pour lui ouvrir la porte, ce qui a accentué les soupçons de Vickie sur Kearns. Mais lorsque la police et le FBI ont voulu l’interroger à propos de la disparition de Leigh, Kearns a toujours refusé de dire quoique ce soit. Oscar Kearns est décédé en 2021.

Quant à Donald, il a continué d’émettre des doutes sur son ex-femme. Il pense que l’expérience de Vickie dans l’armée l’a aidée à tromper les enquêteurs lors des interrogatoires. « Je ne pense pas qu’ils aient eu affaire à une personne aussi intelligente que Vickie auparavant. » il a déclaré. « Elle était une interrogatrice expérimentée. Elle savait comment se comporter lors d’un interrogatoire. »

Il a déterminé que Leigh a probablement été tuée dans la nuit du 26 au 27 août. Le jour de la disparition de Leigh, Vickie ne s’était absentée environ qu’une heure avant de revenir à la maison, et Donald affirme que personne n’aurait eu le temps de cacher un corps, l’arme du crime, et de nettoyer le sang de la salle de bain en moins d’une heure, surtout en pleine tempête. Selon lui, Vickie en sait plus qu’elle ne le prétend.

En novembre 1993, un rebondissement a lieu dans l’enquête après qu’un agriculteur de la région ait trouvé un crâne humain dans son champ. Mais après analyse, il s’est avéré que ce crâne n’appartenait pas à Leigh, mais à une femme de 27 ans nommée Pollyanna Sue Keith, qui avait disparu dans le Mississippi quelques semaines plus tôt.

A cause des lourds soupçons que la communauté de Tupelo avait porté sur elle, Vickie s’était temporairement installée au Texas pour fuir les intimidations. Malgré tout ce temps sans d’autres rebondissements dans l’affaire, Vickie refuse toujours de perdre espoir. En 2009, elle a déclaré qu’elle espérait que Leigh soit encore en vie quelque part, et que cela l’aidait à supporter toutes ces années sans sa fille. Par la suite, Vickie s’est faite plus discrète. Quant à Donald, il a toujours du mal à rester optimiste sur le sort de sa fille. Il pense qu’elle a été assassinée et que son corps est toujours quelque part. A ce jour, Leigh n’a toujours pas été retrouvée.

Cécile Vallin : la disparition troublante d’une adolescente.

Cécile est née le 28 octobre 1979 en Normandie, dans le nord-ouest de la France. Elle est la fille de Jonathan Oliver, un Britannique venu s’installer en France, et de Maryse Vallin. Elle a également une demi-soeur aînée, Chloé, née d’une précédente union du côté de son père. Ses proches décrivent Cécile comme une belle jeune fille sociable, intelligente et sportive. Elle aimait faire de la randonnée, de la course à pieds et de l’escalade.

Lorsqu’elle a six ans, ses parents se séparent et elle part vivre avec sa mère en Savoie, à St-Jean-de-Maurienne, tandis que son père reste en Normandie. Malgré la séparation de ses parents, Cécile est restée proche de son père qu’elle appelle souvent et à qui elle rend visite dès que possible. De son côté, Maryse a refait sa vie avec un homme qui n’est autre que le proviseur du lycée Paul Héroult, où Cécile est scolarisée. De ce fait, Maryse et Cécile vivaient dans le logement de fonction de ce dernier, au sein du lycée où la jeune fille préparait un baccalauréat littéraire.

Ses camarades de classe décrivent Cécile comme une élève studieuse, organisée et aimable, qui allait facilement vers les autres et qui était également douée en sport, particulièrement en escalade, l’une de ses passions. C’est justement dans un cours d’escalade qu’elle rencontre un jeune garçon nommé Jérémy, et les deux tombent très vite amoureux. Leurs proches décrivent leur relation comme étant saine et sans nuages. Au moment de la disparition de Cécile, ils sortaient ensemble depuis deux ans.

En 1997, Cécile était en terminale et allait bientôt passer ses examens du baccalauréat. Elle prévoyait de devenir prof de sport et avait commencé des démarches pour faire une colocation dans un appartement à Grenoble, avec sa meilleure amie Sandrine. Elle avait hâte de commencer cette nouvelle vie. Elle voulait devenir indépendante et travaillait dur pour atteindre ses objectifs.

Le samedi 7 juin 1997, Cécile se trouve seule chez elle après que sa mère et son beau-père se soient absentés pour le week-end. Elle révise toute la matinée pour les épreuves du baccalauréat qui ont lieu dans quelques jours, puis elle décide d’inviter ses amis Sébastien, Mathias, Benoît et Karim dans le logement. Comme elle vit dans l’enceinte du lycée, elle invite ses amis pour qu’ils fassent de l’escalade ensemble dans le gymnase, bravant ainsi les interdictions de son beau-père.

Depuis quelques temps, Cécile se détache de Jérémy et commence à avoir un faible pour Sébastien. Cette attirance est réciproque. Le groupe passe quelques heures à faire de l’escalade puis ils dînent tous ensemble. Durant la soirée, ils mettent de la musique, boivent un peu d’alcool et regardent un film. Après s’être isolés dans la cuisine, Cécile et Sébastien flirtent ensemble et échangent un baiser. Les quatre garçons finissent par partir et Cécile passe le reste de la nuit seule.

Dans la matinée du 8 juin, Cécile tente de contacter par téléphone sa demi-soeur Chloé, qui vit à Paris pour ses études d’infirmière. Mais cette dernière ne se trouve pas chez elle. En début d’après-midi, Sébastien retourne voir Cécile puis repart vers 16h45. Après le départ de Sébastien, Cécile téléphone à sa meilleure amie Sandrine. Elle lui dit qu’elle est prise de remords d’avoir dépassé la limite avec Sébastien.

Cécile téléphone ensuite à son père Jonathan et lui avoue qu’elle a fait une bêtise en invitant des amis sans l’accord de sa mère et de son beau-père. Jonathan tente de la rassurer et lui conseille de ne pas se prendre la tête avec cela, mais plutôt de se concentrer sur ses révisions. « Je vais m’y mettre. » lui assure Cécile, puis elle raccroche. L’appel a duré 6 minutes et 12 secondes, et ce sera la dernière fois que Jonathan entendra la voix de sa fille.

On ne sait pas exactement ce qu’a fait Cécile après cet appel. Des témoins vont rapporter l’avoir aperçue à plusieurs endroit ce jour-là à St-Jean-de-Maurienne. Elle aurait été aperçue dans une cabine téléphonique près d’un bar vers 17h30, puis vers la gare.

Un autre témoignage provient de Myriam, une copine de classe de Cécile. Ce jour-là aux alentours de 17h45, Myriam se trouve en voiture lorsqu’elle aperçoit Cécile en train de marcher seule sur la départementale 906 (auparavant la nationale 6). Elle précise que l’adolescente était vêtue d’un T-shirt blanc et d’un pantalon foncé, elle n’avait pas de sac à main ni de sac à dos, et elle semblait se diriger vers l’extérieur de la ville. Myriam précise également qu’elle a eu le temps de voir l’expression faciale de Cécile : elle avait l’air triste et préoccupée. Elle semblait marcher sans savoir où elle allait.

Lorsque Maryse rentre le dimanche soir et découvre que sa fille est introuvable et injoignable, elle contacte directement la gendarmerie. Les gendarmes croient d’abord à une fugue, mais ils vont quand même fouiller le logement sans rien trouver de suspect. Ils fouillent ensuite la chambre de Cécile. Ses cours sont toujours ouverts sur son bureau, entourés de ses autres affaires scolaires. La couette de Cécile est saisie pour être analysée, afin de découvrir si du sang ou un autre ADN se trouve dessus, mais en vain. Les gendarmes remarquent cependant que l’adolescente est partie sans son portefeuille qui contient 300 francs de l’époque, l’équivalant de 45 euros. Sa carte d’identité et sa carte de crédit sont introuvables, mais cette dernière ne sera jamais utilisée. A cause de ces détails, l’hypothèse de la fugue sera rapidement qualifiée de disparition inquiétante.

Cécile plus jeune avec son père Jonathan.

Le lundi 9 juin, Jonathan est allé acheter une corde d’escalade pour Cécile qui allait fêter ses 18 ans en octobre. Il était persuadé d’avoir trouvé le cadeau d’anniversaire parfait pour sa fille car c’était une corde de très bonne qualité. Peu après, il a appelé au domicile de son ex-femme pour avoir des nouvelles de Cécile, mais lorsque Maryse a décroché, elle lui a annoncé que leur fille avait disparu depuis dimanche et qu’elle était introuvable. « Je ne saurais expliquer pourquoi, mais quand j’ai appris la disparition de Cécile, j’ai tout de suite imaginé le pire. J’ai vu le corps de ma fille, désarticulé, comme un pantin. Elle était morte, c’était la seule explication possible. J’ai eu du mal à effacer cette image épouvantable de ma tête. »

Lorsque la disparition de Cécile est rendue publique, un autre témoin va se manifester. Il prétend avoir aperçu l’adolescente le 8 juin à 18h15 à l’entrée du village Pontamafrey-Montpascal, qui se trouve non loin du domicile de Cécile. Il la revoit ensuite vers 18h45 en train de marcher devant l’école du village. Cécile connait bien Pontamafrey car elle a l’habitude de s’y rendre pour faire de l’escalade, mais personne ne l’a vue sur la via ferrata du village et elle n’avait pas emporté ses affaires d’escalade avec elle.

Cécile est-elle partie se promener dans les collines et montagnes environnantes afin de se changer les idées ? A-t-elle eut un accident ? L’hypothèse du suicide a également été évoquée, car Sandrine précise que lorsque Cécile lui a parlé au téléphone le jour de sa disparition, elle lui aurait dit : « Je vais me jeter d’une montagne », alors qu’elle culpabilisait pour ce qu’elle avait fait envers son petit ami Jérémy, mais aussi pour avoir désobéi à son beau-père en invitant des amis au lieu de se concentrer sur ses cours. Sur le moment, Sandrine n’a pas prit sa remarque au sérieux. Elle pensait que Cécile était simplement confuse et stressée car elle avait enfreint des règles ce week-end là.

D’intenses recherches vont être effectuées dans les montagnes et les ravins, des hélicoptères, des chiens renifleurs de cadavres vont être déployés, le lac et les étangs seront fouillés, des affiches vont être collées et distribuées partout dans la région, mais aucune trace de l’adolescente ne sera trouvée. Les proches de Cécile ont du mal à croire à la théorie du suicide. Ils affirment que Cécile n’avait pas le profil d’une personne suicidaire, elle avait beaucoup de projets en tête et avait hâte de commencer sa nouvelle vie après avoir passé ses examens. Même si elle avait l’air bouleversée avant de disparaître, elle ne serait pas allée jusqu’à s’ôter la vie.

Même si l’hypothèse de la fugue a rapidement été écartée, Maryse pensait que sa fille était bien parti d’elle-même. Après la disparition de Cécile, elle a enregistré un message sur le répondeur du domicile au cas où sa fille appellerait. Dans ce message vocal, Maryse lui dit qu’elle ne lui en veut pas pour ce qu’il s’est passé et qu’elle pouvait rentrer dès qu’elle le souhaitait. Mais Cécile n’a plus jamais appelé et n’est jamais rentrée à la maison. Elle ne s’est jamais présentée à ses épreuves du baccalauréat, qu’elle attendait avec impatience.

Son petit ami Jérémy ainsi que les quatre amis présents chez elle avant sa disparition ont été interrogés, et tous avaient des alibis solides qui ont pu être vérifiés. Cécile avait-elle téléphoné à une autre personne le jour de sa disparition ? Quelqu’un qui lui aurait donné rendez-vous quelque part ? Ou a-t-elle été enlevée sur la route ?

Deux semaines après la disparition de l’adolescente, les enquêteurs ont été alertés par la douane qui venait d’intercepter un homme nommé Jean-Marc Reiser à Morteau. A l’intérieur de sa voiture, les douaniers avaient trouvé un arsenal inquiétant : des armes, des cagoules et des photographies de femmes inconscientes et nues. Parmi ces photos se trouvait celle d’une jeune femme ressemblant à Cécile. En 1987, Jean-Marc Reiser avait été soupçonné de la disparition d’une jeune femme de 23 ans, Françoise Hohmann. Françoise vivait à Strasbourg et était une vendeuse d’aspirateur à domicile. Elle avait été vue pour la dernière fois le 8 septembre 1987 en train d’entrer dans l’appartement de Reiser et n’a jamais été retrouvée. Faute de preuves, Reiser n’avait pas été arrêté.

Rapidement, Jean-Marc Reiser a été écarté de tout soupçon concernant la disparition de Cécile. En effet, les enquêteurs ont découvert qu’il se trouvait à Strasbourg le jour de la disparition de l’adolescente. Cependant, Reiser fut condamnée à 15 ans de réclusion criminelle au début des années 2000 pour des affaires de viol. En 2022, Reiser est cette fois condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Sophie Le Tan, une jeune femme de 20 ans disparue le 7 septembre 2018 alors qu’elle visitait un appartement qu’elle voulait louer à Reiser. Concernant la photo de cette jeune femme nue ressemblant à Cécile, les enquêteurs ont découvert qu’il s’agissait d’une ancienne compagne de Jean-Marc Reiser, qui avait été prise en photo à son insu alors qu’elle dormait.

Le tueur en série et pédocriminel Michel Fourniret sera également soupçonné. Il avait une nièce qui vivait non loin de St-Jean-de-Maurienne et il s’était déjà rendu dans la région, mais sa nièce affirmera qu’elle n’avait pas reçu la visite de Fourniret depuis les années 1980. Lorsqu’il est arrêté en 2003 avec sa compagne Monique Olivier, sa fourgonnette sera fouillée et plusieurs ADN de jeune filles seront retrouvés, dont celui de la petite Estelle Mouzin, mais pas celui de Cécile.

Cependant, lorsque Monique Olivier est à nouveau interrogée en 2005, elle affirme que Fourniret avait quitté leur domicile situé à Sart-Custinne, en Belgique, après une dispute conjugale survenue le 9 juin 1997. Environ 24h après, il est rentré à leur domicile en compagnie d’une jeune fille. « La jeune fille marchait près de lui sans s’agiter, sans crier ni parler. » a-t-elle déclaré. « Fourniret la tenait par le bras, mais sans la forcer à avancer : elle avançait d’elle-même, de manière docile, sans vouloir fuir, sans résistance aucune. Son attitude ne me semblait pas naturelle : elle était comme endormie, sans réaction.»

Monique Olivier précise que la jeune fille était âgée entre 16 et 18 ans, qu’elle avait les cheveux bruns, qu’elle mesurait environ 1m66. Cette description correspond de manière troublante à Cécile, mais Monique n’est pas rentrée davantage dans les détails. Fourniret avait pour habitude de voyager à travers la France et la Belgique pour trouver ses victimes, et les enlevait à bord de sa fourgonnette. « Il y a de fortes chances que ce soit lui (…) J’ai l’habitude depuis un moment de dire que tant que je ne sais pas ce qu’est devenue Cécile, Fourniret serait forcément un responsable logique vu sa façon de faire », a déclaré Jonathan. Depuis la mort de Fourniret en 2021, Monique Olivier est désormais la seule à détenir la vérité, mais elle n’a encore jamais été entendue dans l’affaire Cécile Vallin. Cependant, l’ombre de celui qu’on surnomme « L’ogre des Ardennes » continue de planer sur la disparition de l’adolescente.

En 2002, la famille de Cécile engage un détective privé qui va travailler en collaboration avec la police. Ce détective va mettre en avant la piste d’une homme qu’il va nommer le « Docteur G », qui était récemment décédé. Une boîte remplie de coupures de journaux sur la disparition de Cécile a été retrouvée sous son lit après son décès, et cette étrange découverte a poussé les policiers à fouiller son domicile, mais rien d’autre ne sera trouvé.

Pourquoi cachait-il des coupures de journaux concernant Cécile ? L’avait-il vue le jour de sa disparition ? La connaissait-il personnellement ? Actuellement, aucune autre information n’a été rapportée sur ce « Docteur G ».

Cécile a-t-elle été prise en autostop par une personne malintentionnée ? L’adolescente avait déjà fait de l’autostop auparavant et avait prévu de le refaire l’été de sa disparition pour se rendre en Espagne avec une amie, mais son petit ami Jérémy avait tenté de la dissuader de le faire. A-t-elle ignoré les avertissements de Jérémy ? A-t-elle été forcée de monter à bord d’un véhicule ? Au moment de sa disparition, la route que l’adolescente a empruntée était en travaux. En 2008, l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie a sondé profondément les fondations de l’autoroute A 43 à l’aide d’un radar, espérant pouvoir trouver le corps de Cécile, mais en vain.

L’avocate de Jonathan, Me Caty Richard, a dû faire pression pour que le dossier de Cécile Vallin ne soit pas clôturé au fil des années. L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) reprend le dossier de Cécile en décembre 2019. En 2022, le dossier est transmit au pôle judiciaire national de Nanterre dédié aux cold cases.

Au moment de la disparition de Cécile, sa demi-soeur Chloé avait 23 ans et résidait à Paris. Les deux soeurs étaient très proches et l’absence de Cécile a eu l’effet d’un tsunami. « Une partie de ma vie s’est arrêtée quand Cécile a disparu. J’étais en permanence entre la vie et la mort. » a confié Chloé. « Officiellement, c’était une demi-soeur, mais c’était une vraie soeur quand même. Je n’ai pas eu de demi-peine, de demi-angoisse, de demi-douleur. »

Cécile et Chloé dans leur enfance.

Chloé est finalement parvenue à trouver de l’aide parmi des professionnels au bout de longues années. Elle a enfin pu trouver un semblant de paix lors d’une séance en groupe menée par un psychologue. Le but de cette séance était que chaque participant représente un membre d’une famille pour aider à résoudre des problèmes personnels. « Une femme a représenté ma sœur. J’ai pu la prendre physiquement dans mes bras. Ça a été un moment très fort. J’ai pu la sentir comme si je sentais ma sœur à nouveau, j’ai pu lui dire au revoir. » Chloé a finalement renoncé à sa vocation d’infirmière et est aujourd’hui thérapeute par le chant intuitif. Elle a tenu à s’éloigner de l’enquête pour enfin lâcher prise.

En 2016, Jonathan a écrit un livre intitulé « Cécile ma fille, ma disparue » publié aux Editions de l’Archipel, où il relate son combat pour retrouver sa fille. Aujourd’hui, Maryse semble avoir accepté l’idée que Cécile a disparu pour toujours, mais Jonathan veut garder une lueur d’espoir. « Ce n’est pas de la naïveté, c’est simplement que je me refuse à spéculer. […] Moi, je suis persuadé d’une seule chose, c’est que Cécile n’a pas disparu de son plein gré. Elle n’est pas en train de se la couler douce sur une plage paradisiaque. Non, ça, j’en suis sûr. » a-t-il déclaré.

Jonathan s’est fait tatouer la signature de sa fille après avoir retrouvé les dernières lettres qu’elle lui avait écrites. Dans sa maison de Normandie, il a également laissé la chambre de Cécile telle quelle. « .Je n’ai jamais cessé de vivre avec ma fille. Elle est omniprésente dans mon quotidien, mais terriblement absente à la fois. Tous les jours, j’entends sa voix, je vois son visage, ses jolis traits rieurs, sa coupe garçonne. Son image est aussi vive qu’il y a vingt ans, même si j’ai conscience que j’en garde une image figée dans le temps. Cécile restera une éternelle adolescente de 17 ans. »