Le mystère de l’inconnue d’Isdal.

Nous sommes le 29 novembre 1970 en Norvège. Ce jour là, un père et ses enfants font une randonnée dans la vallée d’Isdal autour du mont Ulriken. Alors qu’ils entrent dans une clairière en plein coeur de la forêt, ils font une terrible découverte. Caché entre les rochers se trouve le cadavre à moitié calciné d’une femme nue. Lorsque les policiers arrivent sur les lieux, ils découvrent non loin du corps un parapluie, des bouteilles en plastique fondues, une verre, une cuillère en argent, des bouts de vêtements, une bouteille d’alcool, un morceau de plastique endommagé ressemblant à un passeport. Les étiquettes de ses vêtements ont été coupées, le fond des bouteilles en plastique a été gratté, et on trouve également un peu de pétrole sous le corps. Le cadavre dégage une odeur pestilentielle, laissant supposer qu’il se trouve ici depuis plusieurs jours.

Lors de l’autopsie, on constate que la femme a ingéré plus d’une cinquantaine de somnifères dans les heures qui ont précédé sa mort, elle n’aurait jamais eu d’enfants et on constate également la présence d’un bleu dans son cou. Peu après, deux valises appartenant à cette femme sont retrouvées consignées à la gare de Bergen. A l’intérieur se trouve plusieurs lunettes de soleil (sur l’une d’elle on découvre une empreinte digitale concordant avec le corps), une perruque, des cuillères en argent semblables à celle trouvée près du corps, une ordonnance dont la date et le nom du médecin ont été effacés… Un sac provenant du magasin de chaussures Oscar Rørtvedt dans la ville de Stavanger est également trouvé, ainsi qu’un carnet contenant des codes étranges, tel que « 11 M 16 ML ».

Lorsque les enquêteurs se rendent à la boutique de chaussure, le fils du gérant dit qu’il se souvient d’une femme étrangère venue trois semaines plus tôt pour acheter des bottes en caoutchouc bleues, ces mêmes bottes qui ont été trouvées près du cadavre. Il la décrit comme étant une femme de taille moyenne, avec des yeux bruns, des cheveux noirs, de jolies jambes. Il ajoute que la femme semblait hésitante, elle mettait du temps à se décider et ne parlait pas très bien anglais. Ce témoignage va permettre d’établir un portrait-robot.

Portrait robot

Les enquêteurs vont commencer à retracer son parcours en commençant par l’hôtel Saint Svithun, où elle s’est enregistrée sous le nom de Finella Lorck et prétendait venir de Belgique. Par la suite, on découvre qu’entre mars et novembre, cette femme a séjourné dans plusieurs hôtels à travers l’Europe et la Norvège sous différentes identités. Avec ces faux noms, cette perruque et ces mystérieux codes écrits dans le carnet, la police pense avoir affaire à une espionne.

Petit à petit, l’étrange voyage de cette femme prend forme grâce aux témoignages. Elle aurait voyagé en Allemagne, en France, en Suisse, en Suède et en Norvège. Fin octobre, elle aurait prit un avion depuis Paris pour attérir en Norvège, où elle a séjourné à Stavanger, Olso, Trondheim et Bergen. Elle aurait été vue pour la dernière fois le 23 novembre 1970 alors qu’elle quittait l’hôtel Hordaheimen où elle réglait le montant de sa chambre, avant de prendre un taxi pour la mener à la gare de Bergen où ses valises furent retrouvées.

Le personnel de l’hôtel la décrivit comme une femme ayant entre 30 et 40 ans, environ 1m64, bronzée, des hanches larges. Ils précisent qu’elle sortait rarement de sa chambre, qu’elle avait une mine sombre et semblait méfiante. Les témoins qui ont croisé sa route à travers son voyage ont rapporté qu’elle parlait plusieurs langues, dont l’allemand, le français, l’anglais et le néerlandais. Elle prétendait être née entre 1943 et 1945, et selon où elle se trouvait elle disait soit qu’elle voyageait, soit qu’elle rendait visite à de la famille. Elle disait à qui voulait l’entendre qu’elle était décoratrice, secrétaire ou antiquaire. Des employés disent l’avoir vu parler à des hommes dans plusieurs langues. Des analyses de son écriture nous apprennent également qu’elle aurait pu être scolarisée en France ou en Belgique.

La gare de Bergen, où les valises de l’inconnue furent retrouvées.

Pour en revenir au pourquoi du comment, on pense d’abord à un suicide à cause de tous ces somnifères retrouvés dans son organisme. Mais tous les enquêteurs ne sont pas convaincus. Plusieurs théories voient le jour. Dans le contexte de l’époque où on était en pleine guerre froide, et à en juger par ses fausses identités et faux passeports, on pense que cette femme était bien une espionne. De plus, ses déplacements correspondent à des essais de missiles norvégiens top-secrets, et un témoin affirme l’avoir aperçue en train d’observer des essais militaires à Stavanger. De plus, entre les années 1960-1970, la Norvège a connu diverses disparitions mystérieuses à proximité d’installations militaires.

 « Personnellement, je suis convaincu qu’il s’agit d’un meurtre. Elle avait plusieurs identités, elle utilisait des codes, portait des perruques, voyageait de ville en ville, et changeait d’hôtel après quelques jours. C’est ce que les policiers appellent un comportement conspirateur. De plus, ses voyages en Europe ont dû lui coûter de l’argent. Où a-t-elle trouvé cet argent si personne ne lui fournissait ? » déclare Knut Haavik, un reporter local spécialisé dans le crime.

32 ans plus tard, soit en 2002, un témoignage d’un homme fait surface : le 24 novembre 1970, alors âgé de 26 ans, il était en train de faire une randonnée dans la vallée d’Isdal. C’était en fin d’après-midi et il commençait à faire sombre. Il aurait alors croisé la route d’une femme habillée d’une manière inadaptée pour une randonnée en montagne. Elle semblait terrifiée et était suivie de près par deux hommes en noir d’apparence étrangère. Après la découverte du corps, ce témoin a reconnu la femme sur le portrait-robot mais un policier lui aurait dit : « Oubliez-la, elle a été liquidée. L’affaire ne sera jamais résolue ».

A ce jour, on se pose encore beaucoup de questions sur son existence, mais la théorie la plus plausible reste celle d’une espionne oeuvrant dans le contexte de la guerre froide. Cette femme qu’on appelle désormais l’Inconnue d’Isdal est enterrée le 5 février 1971 au cimetière de Møllendal à Bergen, sous une pierre tombale sans nom et dans un cercueil qui ne se décompose pas, afin que le mystère sur son identité puisse être percé un jour.

L'affaire Natalee Holloway : disparue en voyage scolaire.

Natalee Ann Holloway est née le 21 octobre 1986 à Clinton, dans l’Etat américain du Mississippi. Ses parents sont David et Elizabeth Holloway, et elle a un frère cadet nommé Matthew. Alors que Natalee est encore enfant, ses parents divorcent et sa mère se remarie à un certain George Twitty. Par la suite, la famille déménage dans l’Alabama au début des années 2000, s’installant dans la ville de Mountain Brooks.

Natalee était considérée comme une élève brillante et populaire. Elle excellait dans ses activités extrascolaires et avait beaucoup d’amis. Elle fut diplômée du lycée de Mountain Brooke en mai 2005. Elle réussit à décrocher une bourse grâce à ses excellentes notes et comptait intégrer l’université d’Alabama afin de suivre des études de médecine. Pour fêter leurs diplômes, Natalee et d’autres élèvent avaient prévu de faire un voyage scolaire sur l’île d’Aruba. Le 26 mai 2005, c’est plus de 100 élèves et 7 accompagnateurs qui arrivent à Aruba.

Natalee (à gauche) avec des amies

Les adolescents faisaient la fête et consommaient beaucoup d’alcool. Tout le monde passait un bon moment et les étudiants menaient parfois la vie dure à leurs accompagnateurs qui ne pouvaient pas toujours surveiller leurs faits et gestes. Plus tard, l’organisateur de ce voyage scolaire a avoué que personne ne surveillait réellement les étudiants.

La veille du départ, les étudiants voulurent profiter de leur dernière soirée sur l’île, et après le dîner ils se sont rendu dans un bar nommé Carlos’n’Charlie. Au cours de la soirée, Natalee fit la connaissance de Joran van der Sloot, un étudiant hollandais de 17 ans, ainsi que ses deux amis, les frères Deepak et Satish Kalpoe, âgés de 21 et 18 ans. C’est avec eux que Natalee sera vue pour la dernière fois, alors qu’elle quittait le bar pour monter dans une voiture en leur compagnie.

Le lendemain, les élèves et les accompagnateurs sont en route pour prendre leur vol de retour, mais ils remarquent rapidement l’absence de Natalee. L’hôtel où séjournait la jeune femme fut fouillé, et on découvre que ses affaires, sa valise et son passeport étaient toujours dans sa chambre.

Les autorités d’Aruba commencèrent d’importantes recherches, et lorsque les parents de Natalee furent prévenus de la disparition de leur fille ils s’envolèrent immédiatement pour l’île. Le gérant du bar avertit les parents de Natalee de l’identité des trois hommes avec qui leur fille était partie, et les policiers se rendirent directement chez Joran Van der Sloot. Au début, Joran va nier connaître Natalee. Puis il va dire qu’il avait déposé Natalee à son hôtel vers 2h du matin cette soirée là, après avoir été faire un tour sur la plage. Selon lui, Natalee était ivre et lorsqu’il l’avait déposée à son hôtel, elle était tellement saoule qu’elle serait tombée en sortant de la voiture. Elle se serait ensuite faite approcher par un homme en costume noir, semblable à un agent de sécurité, et comme ils semblaient bien s’entendre, Joran et les frères Kalpoe partirent.

Joran Van der Sloot

Le 9 juin 2005, Joran et les frères Kalpoe sont placés en détention provisoire. Joran a rapidement changé sa version des faits et a expliqué qu’après être parti du bar, il aurait emmené Natalee sur une plage, et qu’il aurait ensuite quitté les lieux en laissant Natalee seule. Il ajoute qu’il n’avait pas osé l’avouer dès le début car il se sentait honteux de l’avoir abandonnée. Le jardinier du Racquet Club va apporter un témoignage : il dit avoir vu Joran et les deux frères en train de conduire en direction de son club ce soir-là entre 2h30 et 3h30, et que Joran essayait de cacher son visage. Un autre témoin affirme avoir vu les trois garçons en train d’enterrer une fille blonde dans les dépotoirs de l’île d’Aruba. Les lieux furent fouillés à l’aide d’un chiens de cadavre mais sans succès. La police a pu obtenir un mandat pour fouiller le domicile de Joran, mais rien ne fut trouvé.

Un ruban adhésif fut alors trouvé dans un dépotoir avec des cheveux blonds collés dessus, mais après des tests ADN; il est révélé qu’il ne s’agissait pas de Natalee. Le 3 septembre 2005, les trois garçons sont libérés, faute de preuves. Le 14 septembre, la cour d’appel des Antilles néerlandaises et d’Aruba supprime toutes leurs restrictions. Joran est ensuite rentré aux Pays-Bas.

Par la suite, Joran donnera plusieurs interviews. Dans l’une d’elles, il changera à nouveau sa version des faits. Il dira que lorsqu’il se trouvait sur la plage avec Natalee, ils se seraient embrassé et elle aurait voulu avoir des relations sexuelles. Joran aurait refusé et lui aurait dit qu’il devait partir car il avait cours le lendemain. Les frères Kalpoe seraient venus le chercher et il aurait laissé la jeune femme seule sur la plage. Mais Joran et les frères Kalpoe ne se mettent pas d’accord sur la version de l’histoire. Le 17 mai 2006, Guido Wever, le fils d’un ancien politicien d’Aruba, est arrêté et soupçonné de complicité d’enlèvement et du meurtre de Natalee Holloway. Il sera interrogé pendant six jours, puis relâché après un accord entre le procureur et son avocat.

Grâce à des micros cachés, un journaliste réussit à avoir une autre version sur ce qui s’est passé la nuit de la disparition de Natalee. Joran confessa que lorsqu’il se trouvait sur la plage avec Natalee, la jeune femme aurait commencé à être prise de convulsions et elle serait décédée. Ayant peur d’être accusé de meurtre, il aurait appelé un ami qui lui promettait d’arriver très vite pour venir cacher le corps, et Joran serait alors rentré chez lui.

En novembre 2008, Joran déclare à Fox News que Natalee avait été vendue comme esclave sexuelle et qu’elle se trouvait au Venezuela, mais il se rétracte assez vite. En mars 2010, Joran prend contact avec l’avocat des Holloway et propose de leur dire où est caché le corps de la jeune femme en échange d’une somme de 250 000 $. Mais les enquêteurs vont se rendre compte que les informations fournies par Joran sont fausses et il sera inculpé pour fraude et extorsion de fonds.

Le 30 mai 2010, Joran van der Sloot est à nouveau au coeur d’une affaire ; une étudiante de 21 ans, Stephany Tatiana Flores Ramirez, est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel au nom de Van der Sloot. Le 7 juin 2010, Joran avoue avoir tué la jeune étudiante après qu’elle ait compris qu’il avait un lien avec la disparition de Natalee Holloway. Le 11 janvier 2012, Joran van der Sloot plaide coupable pour le meurtre de Stephany Ramirez et est condamné à 28 ans de prison.

Le père de Natalee Holloway a publié un livre : « Aruba : The Tragic Untold Story of Natalee Holloway and Corruption in Paradise» dans lequel il relate l’enquête pour retrouver sa fille. Un téléfilm basé sur le livre d’Elizabeth Holloway (« Living Natalee») nommé « Natalee Holloway : la détresse d’une mère » est diffusé pour la première fois sur la chaîne Lifetime Movie Network en 2009. En 2011 est diffusée la suite « Natalee Holloway : justice pour ma fille». Depuis le 12 janvier 2012, Natalee est déclarée comme officiellement décédée, et son corps n’a jamais été retrouvé.

Susan Powell : la disparition d’une mère de famille.

Susan Cox Powell

Susan Cox est née le 16 octobre 1981 dans l’Oregon aux Etats-Unis. Elle était la fille de Chuck et Judy Cox et elle faisait partie d’une fratrie de quatre filles. Les Cox étaient des pratiquants mormons et Susan a toujours démontré une grande implication dans sa foi. Au sein de l’église, Susan s’était fait pleins d’amis et elle était décrite comme ayant une personnalité attirante, drôle et soucieuse des autres. Elle était également très proche de ses parents et de ses soeurs. Ensemble ils formaient une famille soudée.

A l’âge de 19 ans, Susan rencontre Joshua Powell, né en 1976, au sein de l’église des mormons. Il faisait parti d’une famille de cinq enfants et également mormons, mais contrairement à Susan la vie de famille de Joshua était plus chaotique. Ses parents, Steve et Terrica, étaient en conflit permanent et avaient eu un divorce houleux. De plus, Terrica avait reproché à Steve sa renonciation à la religion mormone et l’avait accusé d’avoir partagé de la pornographie à leurs enfants. Tout cela avait fortement perturbé Joshua qui avait fait une tentative de suicide. Après le divorce, Steve Powell a obtenu la garde de trois de ses cinq enfants, dont Joshua.

Joshua était déjà connu par la famille Cox car il avait eu une courte relation avec l’une des soeurs de Susan. Cette dernière avait prévenu Susan du comportement bizarre et agaçant de Joshua, mais cela n’a pas empêché le jeune couple de se marier en 2001.

Joshua et Susan à leur mariage

Après leur mariage et pour cause de problèmes d’argent, Susan et Joshua ont habité quelques temps chez Steve Powell, le père de Joshua. A ce moment-là, les choses ont commencé à s’envenimer car Steve ne cachait pas son attirance obsessionnelle pour sa belle-fille. Il la filmait et la prenait en photo à son insu, il lui volait des sous-vêtements, il lui avait même fait une déclaration d’amour et avait déjà tenté de l’embrasser. Malgré les nombreux refus de Susan, Steve était persuadé que la jeune femme partageait ses sentiments.

En 2003, le couple a pu s’acheter une maison à West Valley City dans l’Utah et ainsi s’éloigner de Steve Powell. Susan a rapidement trouvé un emploi en tant qu’esthéticienne. Joshua, qui avait un baccalauréat en affaires, avait du mal à garder un emploi à cause de ses nombreuses querelles avec ses collègues et patrons.

Dans l’Utah, Susan s’est rapidement fait de nouveaux amis à qui elle confiait ses problèmes de couple. En effet, si Susan était une épouse douce et attentionné, Joshua était plus distant. Le couple se disputait à cause du comportement de Joshua et son refus d’assister aux événements religieux ou aux réunions de famille, ce qui blessait Susan. De plus, Joshua gardait un contact continu avec son père, malgré les avances de celui-ci envers sa femme. En 2005, Joshua et Susan ont accueillit leur premier enfant, un petit garçon nommé Charles, surnommé Charlie. Puis en 2007 est né leur deuxième fils, Braden.

Joshua, Susan et leurs enfants

Rapidement Joshua a commencé à se montrer contrôlant et agressif envers sa femme. Il avait arrêté toute forme d’affection, il contrôlait le salaire de Susan et l’argent qu’elle dépensait. Avec la naissance des enfants, le couple, qui ne roulait pas sur l’or, a commencé à avoir des problèmes financiers. La famille vivait exclusivement du salaire d’esthéticienne de Susan, Joshua n’arrivant pas à trouver un emploi stable.

Joshua a commencé à interdire à Susan de prendre la voiture pour aller travailler car l’essence leur coûtait trop cher. Il obligeait Susan à utiliser un vélo pour aller au travail, lui faisant faire plusieurs kilomètres. De plus, pour économiser davantage, Joshua avait également obligé Susan à s’occuper d’un potager chez eux afin de ne plus payer les légumes. Susan gérait tout à la maison, sans aucune aide de la part de son mari.

Susan commençait à sérieusement envisager le divorce, mais Joshua avait fait pression sur sa femme en lui disant qu’il lui rendrait la vie impossible si elle décidait de se séparer. En 2008, sur les conseils d’un avocat, Susan filme ses possessions ainsi que les dommages matériels provoqués par Joshua. Elle a ensuite commencé à mettre de l’argent sur un compte à part et a écrit un testament secret où elle déclarait : « Je veux documenter quelque part qu’il y a beaucoup de problèmes dans mon mariage. […] Si je meurs, ce n’est pas peut-être pas un accident, même si ça y ressemble. Prenez soin de mes garçons. Je veux que mes parents Chuck et Judy Cox soient très impliqués et qu’ils soient en charge de Charlie et Braden. […] »

Le matin du 7 décembre 2009, la mère et la soeur de Joshua ont prévenu la police car elles avaient été informées que Charlie et Braden n’avaient pas été emmenés à la crèche, et ni Joshua ni Susan ne répondaient au téléphone. Il venait d’y avoir une tempête de neige et ils craignaient que la famille ait succombé à un empoisonnement au monoxyde de carbone chez eux.

Lorsque les policiers sont entrés dans la maison qui était vide, ils ont remarqué un détail intriguant : deux ventilateurs étaient en marche et pointaient vers le canapé. Susan avait également laissé son sac à main et elle ne s’était pas présentée à son travail. Il n’y avait aucun signe de violence ou d’effraction dans la maison, ce qui laissait supposer que les Powell n’avaient pas été victimes d’une intrusion.

La même journée vers 17h, Joshua est rentré chez lui avec ses fils et a tout de suite été emmené au poste de police afin d’être interrogé. Joshua explique qu’il était partie avec ses garçons faire du camping pendant que Susan était restée à la maison. Cela n’avait aucun sens. Qui irait faire du camping avec ses enfants de 4 ans et 2 ans en pleine tempête de neige ? Le 9 décembre, de microscopiques traces de sang appartenant à Susan sont retrouvées dans la maison.

Les microscopiques traces de sang

Le comportement de Joshua devenait de plus en plus suspect. Il avait liquidé les comptes de retraite de Susan, avait retiré ses enfants de la garderie, et selon des collègues de travail Joshua aurait parlé sur la manière de cacher un corps dans le désert de l’Utah. Le fils aîné, Charlie, fut interrogé par la police. Le garçon confirme le voyage pour aller faire du camping. Mais contrairement à Joshua qui prétendait que Susan était restée à la maison, Charlie affirme que Susan était partie avec eux et qu’elle n’était pas revenue. Autre fait troublant, à la garderie, Braden avait fait un dessin représentant une voiture avec trois personnes à l’intérieur, en disant que sa mère se trouvait dans le coffre.

Les policiers fouillèrent la voiture de Joshua, et ils y trouvèrent une scie circulaire, des couteaux, une boîte de gants en latex, une pelle, un générateur électrique. Les policiers voulurent alors fouiller les téléphones portables de Joshua et Susan, mais Joshua avait prit soin de retirer les cartes sim. Peu après, des voisins affirment avoir vu Joshua nettoyer sa voiture de fond en comble en pleine nuit.

Les policiers réussirent à obtenir un mandat pour fouiller la maison et Joshua fut à nouveau interrogé. A aucun moment Joshua ne semblait préoccupé par l’enquête ni par la disparition de sa femme. Les enquêteurs firent part à Joshua des déclarations troublantes de ses fils à propos de Susan, ils lui confirmèrent qu’il était le principal suspect dans l’affaire.

Une voisine des Powell nommée Gionvanna contacta les policiers pour apporter un témoignage. Le dimanche avant la disparition de Susan, Giovanna avait passé l’après-midi avec la mère de famille, et affirme que ce jour-là Joshua avait un comportement totalement différent que d’habitude. Il était particulièrement serviable et avait même fait des crêpes pour les servir à Susan, Giovanna et les garçons. Après avoir mangé les crêpes, vers 16h30, Susan aurait commencé à se sentir mal. Le lendemain, Susan avait disparue.

Il est rapporté que quelques mois avant sa disparition, Susan avait déjà commencé à se sentir malade. Elle était très fatiguée et avait beaucoup de nausées. Elle pensait être enceinte et avait donc fait plusieurs tests qui s’étaient révélés négatifs. A ce jour, on ne sait toujours pas avec certitude ce qui a pu rendre Susan malade à ce point, mais tout porte à croire que Joshua essayait de l’empoisonner.

L’histoire de Susan fut rapidement très médiatisée et Joshua fini par engager un avocat ainsi qu’un expert en relation publique. Le 6 janvier 2010, Joshua est revenu chez lui avec son frère Michael pour l’aider à déménager. Un ami du couple qui a également aider Josh à emballer ses cartons de déménagement affirme que Josh lui aurait dit en plaisantant : »Attention je viens juste de pacter la tête de Susan. » Et lorsqu’il y avait des traces dans la maison, il disait sur le même ton : « Attention au sang de Susan. »

Joshua a fini par arrêter de coopérer avec la police. Il refusa de se soumettre au détecteur de mensonge et n’a jamais voulu révéler l’endroit exact où il est allé soit-disant camper.

Pendant les recherches, Joshua et son père Steve ont créer un site internet afin d’aider à retrouver Susan, où ils spéculaient que Susan s’étaient enfuie avec Steven Koecher, un mormon de 30 ans ayant disparu la même semaine que Susan. Joshua amenait des théories comme quoi Susan s’était enfuie pour abandonner sa famille et qu’elle avait des problèmes psychologiques, ce qui était faux. A ce moment là, des tensions ont commencé à se créer entre les Cox et les Powell.

L’enquête s’est étendue jusqu’à Steve Powell que les policier soupçonnaient d’avoir un lien avec la disparition de Susan. Ils ont obtenu un mandat pour fouiller sa maison et on découvert sept journaux intimes dans lequel Steve écrivait à quel point il était obsédé par Susan. Sur son ordinateur ont été retrouvées plus de 4500 photos de Susan prises à son insu. Michael Powell, le frère de Joshua, a également attiré l’attention des policiers après qu’il ait vendu sa voiture à un chantier de démolition dans l’Oregon et acheté des images satellites pour voir si on avait déjà détruit sa voiture. Les policier sont allés sur le chantier avec un chien renifleur qui s’est directement dirigé vers la voiture de Michael, indiquant qu’un corps humain en décomposition s’y trouvait auparavant.

Michael Powell a été interrogé plusieurs fois, mais il semblait évasif sur les raisons pour lesquelles sa voiture se trouvait à la décharge. Les policiers ont commencé à penser que Michael était le complice de Joshua, et qu’il avait aidé son frère à se débarrasser du corps.

En septembre 2011, Steve Powell est arrêté et condamné pour voyeurisme et pornographie juvénile après avoir trouvé plusieurs photos et vidéos de femmes et jeunes filles mineures, en plus de celles de Susan. Peu après, les services sociaux ont pu retirer la garde de Charlie et Braden à Joshua, et les confier à Chuck et Judy Cox. Joshua obtient le droit de visiter ses enfants deux fois par semaine sous la supervison d’une assistante sociale.

Le 5 février 2012, l’assistante sociale Elizabeth Griffin a conduit Charlie et Braden chez Joshua pour la visite supervisée. A peine les garçons sont-ils allés vers leur père que Joshua a saisit ses fils et s’est enfermé dans la maison avec eux. Elizabeth a toqué plusieurs fois à la porte et rapporte avoir entendu Charlie appeler à l’aide. Directement, elle appelle le 911.

A 12h16, avant que les secours n’aient le temps d’arriver, la maison de Joshua explose.

La maison de Joshua après l’explosion.

Après une enquête brève, il est confirmé que l’explosion a été délibérément planifiée lorsqu’on a découvert dans la maison plusieurs bidons d’essence renversés. Le coroner a noté que les enfants avaient d’importantes blessures au cou et à la tête, et une hache a été trouvée près du corps de Joshua, laissant supposer qu’il aurait attaqué ses enfants avant de succomber à une intoxication au monoxyde de carbone.

Charlie et Braden reposent au cimetière Woodbine dans l’Etat de Washington, près d’un mémorial dédié à leur mère, tandis que Joshua a été incinéré.

En février 2013, Michael Powell se suicide en sautant du toit d’un parking. Le 21 mai 2013, la police annonce qu’elle arrête les recherches du corps de Susan. Steve Powell a été libéré de prison en juillet 2017 et est décédé de causes naturelles l’année suivante.

A ce jour, le corps de Susan n’a jamais été retrouvé.

L’affaire Lucas Tronche : volatilisé dans la nature.

Lucas Tronche est né le 18 avril 1999. Il était le fils cadet d’une famille de trois enfants et vivait à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard, situé dans le sud de la France. Ses proches le décrivent comme un garçon joyeux, amusant, sociable, ayant beaucoup d’amis. Il était également bon élève et souhaitait devenir vétérinaire. Lucas pratiquait la natation, le badminton et également le scoutisme depuis plusieurs années.

Le mercredi 18 mars 2015, Lucas doit se rendre à un cours de natation avec son frère aîné Valentin. Au moment de partir, Lucas dit à son frère de partir avant lui car il doit refermer la porte derrière, et qu’il le rejoindrait à l’arrêt de bus. A 17h30, ne voyant pas arriver son frère, Valentin essaie de le contacter sur son portable mais le téléphone de Lucas est éteint. 

Vers 20h, lorsque Nathalie vient chercher ses fils à l’arrêt de bus qui les ramène de la piscine, elle remarque que Valentin est seul. Elle lui demande où est Lucas, Valentin lui réponds qu’il n’est pas venu à la piscine et qu’il est donc resté à la maison. Nathalie comprend immédiatement que quelque chose ne va pas, car cela faisait 2h qu’elle était à la maison et il n’y avait personne d’autre qu’elle-même. 

Les parents de Lucas pensent d’abord qu’il a eu un accident. Ils font des recherches autour de chez eux et appellent les urgences pour savoir si leur fils était hospitalisé. Ils contactent ensuite les amis de Lucas qui disent n’avoir aucune nouvelle de lui. La police est finalement prévenue et une enquête pour disparition inquiétante est ouverte dans la soirée du 18 mars.

Lucas et sa mère Nathalie

En premier lieu, la disparition de Lucas est vue comme un départ volontaire. En effet, il était parti avec un sac à dos, mais avait laissé ses affaires de piscine ainsi que ses affaires de survie en tant que scout (sac de couchage, couteau…) et n’avait pas prit d’argent ni ses papiers. On sait seulement qu’il serait parti en doudoune et en pull. Lucas n’avait pourtant pas le profil d’un fugueur. C’était un garçon équilibré et sans histoires, il était proche de sa famille et n’aimait pas les décevoir. Le 30 mars, le parquet de Nîmes ouvre une information judiciaire pour enlèvement et séquestration. 

Les enquêteurs s’intéressent au téléphone portable de Lucas. Le jour de sa disparition il serait allé plusieurs fois sur l’application Snapchat, dont les messages s’effacent mais dont les serveurs conservent une trace. Une commission rogatoire a été lancée aux États-Unis pour pouvoir accéder aux conversations et échanges que Lucas avait eu sur cette application, mais rien d’anormal fut trouvé, ni sur son ordinateur ou sa tablette.

A l’évidence, Lucas avait parlé à quelqu’un via Snapchat avant de disparaître ce 18 mars 2015. Au lieu d’aller à la piscine ce jour-là il comptait manifestement se rendre à un rendez-vous avec cette personne. 

Plusieurs témoins disent avoir vu Lucas le jour de sa disparition. Une femme assure l’avoir aperçu entre 17h15 et 17h30 ce 18 mars, au chemin du Saduran, se dirigeant du côté des vignes. Le 19 mars, une autre femme affirme avoir vu un adolescent tout près de sa ferme, vers midi, qui portait une doudoune bordeaux. Faisant le rapprochement avec l’affaire Lucas, elle prévient la police qui arrive avec un chien de recherche. Le chien va marquer une trace à 1km en direction du nord avant de s’arrêter à cause de la fatigue.

Le même jour en fin d’après-midi, Rachid, un ami de la famille accompagné d’un groupe de bénévoles, voit une silhouette semblable à celle d’un adolescent se tenant assise sur le sommet du piton rocheux. La distance ne permet pas de confirmer qu’il s’agisse de Lucas. Rachid l’appelle : « Lucas ! Lucas ! ». Pas de réponse. Rachid et les bénévoles s’approchent du piton, et soudainement, la silhouette se met debout et disparaît. 

Le piton rocheux

Le 23 mars vers 10h30, une équipe de bénévoles aurait aperçu une silhouette se tenant sur les hauteurs de Saint-Gervais. La personne se tenait de profil, portait des vêtements sombres et regardait un groupe de travailleurs dans les vignes. Mais le temps que les bénévoles parviennent à la rejoindre, la personne avait disparue dans les bois. Un chien de police va marquer une piste à cet endroit, laissant supposer qu’il pouvait s’agir de Lucas. 

Un peu plus tard, un motard affirmera avoir vu Lucas aux alentours de 17h10-17h30 le 23 mars. Il portait un sac à dos et marchait vers le lieu-dit Esbrezun en direction de la colline. A ce moment-là le motard ne sait pas que Lucas est recherché, c’est donc deux jours plus tard en voyant un avis de recherche qu’il va contacter les parents de Lucas. L’homme fera une description très précise du jeune garçon. La zone sera fouillée par un chien et un hélicoptère, mais sans succès.

Le 28 mars, un père et sa fille disent avoir aperçu Lucas au magasin Cultura du Pontet, dans le Vaucluse. Il aurait été en compagnie d’une femme d’âge mûr, entre 45-50 ans. Mais les vérifications n’ont rien donné.

En octobre 2015, les parents de Lucas commencent à recevoir des lettres anonymes d’une personne affirmant que Lucas va bien et qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter. Les enquêteurs parviendront à identifier cette personne, il s’agissait d’un homme de 57 ans, mythomane, qui n’avait rien à voir avec la disparition de Lucas. En décembre 2016, la police nationale lance un portrait robot pour retrouver un témoin qui aurait été aperçu à proximité de la maison de Lucas le jour de sa disparition. 

En janvier 2018, Nordahl Lelandais, l’assassin de la petite Maëlys de Araujo, sera soupçonné d’être impliqué dans la disparition de Lucas, Lelandais ayant de la famille habitant proche de Bagnols-sur-Cèze et s’étant rendu plusieurs fois dans le Gard. Mais l’analyse du bornage de son mobile prouvera que Lelandais se trouvait en Isère au moment des faits et il est donc écarté de l’enquête.

Finalement, le 17 octobre 2018, le témoin recherché depuis deux ans est retrouvé à Bagnols-sur-Cèze et placé en garde à vue pour être interrogé par les enquêteurs. Mais rien n’a pu prouver qu’il avait un lien avec l’affaire.

EDIT 08/07/2021

Le 7 juin 2021, l’émission Appel à témoins est diffusée pour la première fois sur la chaîne M6. La famille de Lucas y participe pour parler de la disparition de l’adolescent, accordant un regain d’attention à l’affaire. Peu après, la juge d’instruction en charge du dossier de Lucas ordonne de nouvelles recherches, ce qui conduira, le 24 juin 2021, à la découverte d’un sac à dos et d’ossements situés dans un lieu difficile d’accès, sur le versant d’une falaise où la végétation est particulièrement dense. Peu après, un téléphone portable sera retrouvé au même endroit avec des bouts de vêtements et les restes d’une montre. Le 8 juillet 2021, après des examens médico-légaux, le procureur de Nîmes confirme qu’il s’agit bien des ossements de Lucas Tronche.

Un non-lieu est ordonné en janvier 2023 par la juge d’instruction du tribunal de Nîmes. A ce jour, on ne sait toujours pas ce qui a pu causer la mort de l’adolescent.

Marion Wagon : portée disparue depuis 22 ans.

Née le 3 août 1986, Marion Wagon était la cadette d’une fratrie de trois enfants. C’était une petite fille joyeuse et souriante, mais aussi indépendante car elle allait à l’école toute seule.

Marion Wagon

Tout commence à Agen, le 14 novembre 1996. Il est environ midi lorsque Marion, 10 ans, quitte son école pour rentrer manger chez elle. Marion habite à seulement quelques minutes de l’école.

A 12h25, ses parents s’inquiètent car ils ne la voient toujours pas arriver. Ils envoient le frère et la soeur de Marion la chercher, mais ils ne la trouveront pas. A 12h45, ils préviennent la police. Les premières investigations débutent. Dès 13h les policiers parcourent les rues à la recherche d’indices et de témoins. A 17h, une équipe de cynophile fouille les halls d’immeuble et les caves.

Les jours suivants, les recherches se poursuivent. Ce sont des gendarmes et des militaires du 48ème Régiment de transmission, ainsi que près de 20 000 chasseurs qui fouillent les bois et les campagnes. Très vite, la disparition de Marion est jugée comme inquiétante. Une information judiciaire est alors ouverte pour enlèvement par le parquet d’Agen. Des affiches montrant le visage de la petite fille sont collées et distribuées partout, dans les commerces, lieux publics, péages, et même sur des packs de lait. Une première en France. Jusqu’à 1 million de portraits de la fillette seront diffusés dans le pays et à l’étranger.

Le 2 décembre, toujours sans aucune piste, les parents de Marion, Michel et Françoise Wagon, parlent aux journalistes : « Si quelqu’un la retient, nous le supplions de nous rendre notre enfant. Je lance aussi cet appel à toute personne qui pourrait nous aider à retrouver notre petite fille Marion. »

Michel et Françoise Wagon

Le 14 janvier 1997, une opération Ruban Blanc est organisée, ce qui relance l’attention des médias sur l’affaire. En février, à l’initiative de La Mouette et d’Orphelins sans Frontières, des associations européennes pour la défense de l’enfance se réunissent à Agen afin de discuter d’une collaboration transfrontalière. 

En avril, un homme connu des services de police est arrêté et placé en garde à vue. Le 14 novembre 1996, l’homme aurait demandé, à travers les ondes des cibistes, une route discrète pour se rendre à Agen. Mais il sera finalement relâché, faute de preuve. Un mois plus tard, le canal latéral à la Garonne est vidé sur 14 kilomètres, et pendant une semaine les plongeurs de la brigade nautique et la gendarmerie procèdent à des nouvelles recherches. 

En juillet, une touriste en vacances en Martinique assure avoir parlé à une petite fille qui disait s’appeler Marion Wagon et qu’elle souhaitait rentrer chez elle. Mais peu après, un autre témoin affirme l’avoir aperçue sur une plage en Espagne. Malgré que des milliers de personnes aient été entendues, l’enquête reste au point mort.

Début 1998, un faux détective se présente aux parents de Marion. Il prétends savoir où se trouve leur fille et leur réclame 30 000 francs pour pouvoir aller la chercher. Il sera interpellé et condamné à deux ans de prison ferme. En mai de la même année, les gendarmes de la cellule Marion éditent un portrait vieilli de la fillette.

Portrait vieilli de Marion

En 2003, un rebondissement a lieu dans l’enquête : un travesti toulousain se faisant surnommé « Djamel » affirme avoir vu Marion dans des soirées organisées par le tueur en série Patrice Alègre. Ce témoignage s’avère être une fausse piste, et l’homme est mis en examen. Pendant un temps, le pédophile Michel Fourniret fut soupçonné d’être responsable de la disparition de Marion et les gendarmes firent des investigation, mais Fourniret sera finalement écarté de l’affaire.

En 2013, l’affaire des séquestrées de Cleveland aux Etats-Unis, qui concerne trois jeunes femmes enlevées en 2002 et retrouvées vivantes en mai 2013 redonne de l’espoir aux parents de Marion, ainsi qu’à Annie Gourgues, présidente de l’association La Mouette, qui suit de près l’affaire de Marion depuis le début. 

En novembre 2016, à l’initiative de l’association La Mouette, des pins et des enveloppes à l’effigie de Marion sont distribués à Agen, pour rappeler de ne pas oublier la petite fille même 20 ans après. Une marche silencieuse sera également organisée le 14 novembre 2016. Les parents de Marion ne participèrent pas à cette marche silencieuse, préférant s’isoler durant cette période difficile. Mais ils restent très touchés de toute cette mobilisation autour de leur fille : « Tous les messages de sympathie, toute cette solidarité qui s’est créée autour de Marion, les mots de réconfort, les petits signes, les petits gestes, ça nous a aidé très certainement à tenir le coup, et nous sommes très reconnaissants aux Agenais et Agenaises. » A ce jour, ils ont toujours l’espoir de savoir ce qui est arrivé à Marion, ce 14 novembre 1996.

La disparition de Mélina Martin.

Née en 1992, Mélina Martin était la cinquième d’une famille de sept enfants. Elle vivait à Farnham au Québec, et était décrite comme une adolescente normale et sans histoires, qui aimait faire les magasins et passer du temps avec ses amis.

Mélina Martin

Le 22 janvier 2005, la jeune Mélina âgée de 13 ans se voit dans l’obligation de rester dormir chez une amie à cause d’une tempête de neige. Le lendemain, sa mère Françoise Algier vient la récupérer. Toutes deux mangent dans un restaurant le midi et s’en vont ensuite faire les magasins. La même journée, Mélina devait participer à une fête hivernale qui se déroulait au parc Roch-Bourbonnais. Vers 13h, sa mère la dépose au parc, lui faisant promettre de la rejoindre à 17h au restaurant Valentine. Quelques minutes après être arrivée à Boubonnais, Mélina se rend chez une amie qui habite tout près du parc afin de lui proposer de l’accompagner aux festivités. Mais son amie était malade et ne pouvait pas venir. Mélina se dirige ensuite vers le domicile de son copain. La jeune fille lui aurait annoncé qu’elle voulait rompre avec lui, et l’échange ce serait plutôt bien déroulé.

A 17h, Françoise Algier attends sa fille au restaurant Valentine comme convenu. Mais Mélina est en retard. Françoise attends encore un peu, mais comme Mélina ne vient toujours pas, elle commence à s’inquiéter, surtout que sa fille avait pour habitude de la prévenir lorsqu’elle avait du retard ou un empêchement. « Le lendemain, ma mère m’a appelée pour me dire que Mélina n’était toujours pas revenue. » explique Marie-Josée Demers, une des soeurs de Mélina. « Je suis allée chez ma mère pour savoir si on devait appeler la police ou non. On ne savait pas où elle avait passé la nuit et elle ne s’était pas présentée à l’école.« 

Françoise et Marie-Josée commencent alors à interroger les amis de Mélina, et demandent aux passants s’ils auraient aperçu la jeune fille. Mais personne n’était au courant que Mélina avait disparue et personne ne l’avait vue, hormis son amie et son ex-copain chez qui elle s’était rendue avant d’être recherchée . Le soir venu, sa mère prévient la police. Peu après, Françoise s’est rendue à l’école de sa fille afin de discuter de sa disparition avec le directeur et des professeurs. Elle fouilla le casier et la chambre de Mélina dans l’espoir de trouver un indice, mais rien d’anormal ne fut découvert. Trois jours après la disparition de Mélina, Françoise placarde des avis de recherche en ville.

Selon les proches de Mélina, il ne pouvait pas s’agir d’une fugue, car Mélina était une fille heureuse et sans problèmes, elle était proche de sa famille et n’avait pas de soucis à l’école. De plus, elle avait laissé toutes ses affaires à la maison. « Je ne crois pas à cette histoire de fugue. » assure Roxanne, une autre soeur de Mélina. « Nous n’avons jamais manqué de rien. Nous n’étions pas gâtés, mais nous n’étions pas malheureux non plus. Notre mère a toujours tout donné pour nous. » Malgré tout, la police privilégie la thèse de la fugue et de ce fait aucune recherche n’est organisée sur le terrain. Selon les enquêteurs, il n’y avait aucun indice qui aurait pu indiquer une disparition inquiétante. 

Françoise Algier décide alors de se débrouiller par ses propres moyens. Elle continue de distribuer des affiches de sa fille et plusieurs personnes fouillent le parc Boubonnais de fond en comble. 

La famille de Mélina fut consternée que sa disparition n’attira pas l’attention des médias. Pourquoi son cas n’a-t-il pas été plus diffusé ? Il était pourtant question de la disparition troublante d’une mineure.

Finalement, le 3 février 2005 le réseau Enfants-Retour Québec offre son aide à la famille de Mélina, et va continuer à les soutenir des années durant, notamment en ajoutant Mélina à leur affiche annuelle, en publiant ses photos sur des enveloppes de banque et en procédant à une vieillissement de photo en 2007.

Photo vieillie de Mélina

Ce sont 4 millions d’enveloppes avec la photo de Mélina qui furent postées à travers le Canada. Malheureusement, il y eu très peu de nouvelles pistes par la suite.

Le 23 janvier 2006, soit un an après la disparition de Mélina Martin, la sûreté du Québec établit un poste de commandement au parc Bourbonnais, dans le but de recueillir des informations. Finalement, l’hypothèse comme quoi Mélina aurait été victime d’un acte criminel n’est pas écartée.

Le 12 janvier 2010, c’était le jour du 18ème anniversaire de Mélina. A ce moment là, sa famille espérait encore qu’elle donne signe de vie. Même s’ils ne croyaient pas à la fugue, ils espéraient néanmoins que Mélina ait fugué pour ensuite revenir saine et sauve. Mais la jeune fille n’est pas rentrée à la maison.

Françoise Algier est persuadée qu’il y a quelque part une personne qui sait ce qui est arrivé à sa fille, mais qui ne veut pas parler. « Que la personne qui sait ce qui est arrivé à Mélina parle. » supplie Roxanne. « Qu’elle se mette à notre place, surtout à celle de ma mère. Je vois comment elle vit cela chaque jour, c’est encore plus dur.« 

Malgré tout, la famille de Mélina garde espoir et est persuadée qu’un jour ils sauront ce qui est arrivée à la jeune fille.

La dernière fois que Mélina a été vue, elle portait un jean avec de la fourrure au bas, une camisole beige, une veste en jean avec fourrure aux manches, un manteau noir avec capuchon à fourrure, un foulard blanc, et une sacoche en vinyle beige avec une étoile bleue.

Si vous avez des informations qui permettraient de faire avancer l’enquête, contactez : Sûreté du Québec au 1 800 659-4264 ou Réseau Enfants-Retour au 1 888 692-4673.

La mort mystérieuse d’une étudiante française en Hongrie.

Ophélie Bretnacher

Ophélie Bretnacher est née le 8 juin 1986 à Verdun, dans le département de la Meuse. Elle est décrite comme une fille souriante, sociable et très sportive. Elle pratiquait la natation synchronisée, la randonnée et elle s’entraînait pour participer au marathon. Etudiante à l’Ecole Supérieure de Commerce de Reims, c’était une élève brillante et appréciée par ses camarades et professeurs.

En 2008, à l’âge de 22 ans, Ophélie part vivre quelques temps à Budapest en Hongrie, dans le programme d’un échange scolaire Erasmus. Le jeudi 4 décembre 2008, pour célébrer la Saint-Nicolas, l’université d’Ophélie organise une soirée dans le bar Portside of Cuba. Ophélie arrive vers 23h. Un de ses amis, Guillaume, arrive peu après. Il raconte : « C’était vraiment une soirée à part, dans le sens où c’était vraiment convivial. Une soirée de Noël, quoi. »

Le bar Portside of Cuba

La soirée se passe sans encombre. Ophélie danse, rit, est joyeuse. D’autant plus qu’elle vient d’obtenir un stage dans un cabinet d’audit très réputé. Vers 2h du matin, Ophélie dit à son ami Guillaume qu’elle veut rentrer car le lendemain elle a des examens à réviser. Mais elle venait de rater son bus et le prochain arrivait dans 40 minutes, elle confie à Guillaume qu’elle comptait peut-être rentrer à pieds.

Ophélie est la seule à vivre aussi loin parmi ses amis étudiants. Elle prévoit finalement de rejoindre la gare routière. Des caméras de surveillance de la ville suivent son trajet. Pour une raison inconnue, on remarque qu’elle prend une tout autre direction. Elle bifurque à l’ouest, passe devant la basilique Saint-Etienne, continue sur une rue piétonne et débouche sur la place Roosevelt. On perd sa trace vers le Pont des Chaînes.

Les dernières images d’Ophélie.

100m séparent la place Roosevelt et le Pont des Chaînes. Comment a-t-elle pu disparaître si soudainement des caméras ? De plus, il est confirmé que pour atteindre la gare routière ou rentrer chez elle, Ophélie n’avait pas à faire tout ce chemin. Elle aurait dû logiquement suivre le trajet vert ci-dessous, c’est le plus rapide. Le rouge est le trajet qui passe par le pont des chaînes, là où Ophélie semblait se diriger.

Le croix est le lieu où on a perdu la trace d’Ophélie, au coin de la place Roosevelt.

Plus tard, un étudiant d’une autre université, qui ne connaissait pas Ophélie et qui sortait lui aussi de soirée, a retrouvé son sac à main sur le trottoir du Pont des Chaînes.

La croix à gauche est l’endroit où le sac d’Ophélie fut trouvé.

« Vers 3h30 du matin il faisait très sombre. » dit-il. « J’étais avec un ami et j’ai trouvé ce sac sur le pont. Il y avait un téléphone portable à l’intérieur. Le lendemain, j’ai appelé un contact au hasards. »

Le vendredi 5 décembre, la meilleure amie d’Ophélie lui envoie un sms, étonnée de ne pas avoir de ses nouvelles. L’étudiant la contacte et elle récupère finalement le sac d’Ophélie. Lorsqu’elle se rend chez son amie pour le lui rendre, elle se rend compte que la maison est vide. Au début, personne ne s’inquiète, mais le soir venu, les amis et la famille d’accueil d’Ophélie, qui n’ont toujours pas de ses nouvelles, commencent à penser que quelque chose est arrivé à la jeune fille. Les parents d’Ophélie sont prévenus ainsi que l’ambassade de France.

Très vite, une énorme mobilisation est organisée sur internet par sa famille et ses amis. Sur Facebook, plusieurs groupes de recherches sont consacrés à la jeune fille. 

Deux mois plus tard, le 12 février 2009, le corps d’Ophélie est retrouvé près d’une station de traitement des eaux usées à Csepel. Hormis un simple hématome, le médecin légiste n’a constaté aucun signe d’agression ou acte criminel sur son corps. La jeune fille serait morte par noyade.

La police pense d’abord à un suicide. Mais les proches d’Ophélie ne croient pas en cette thèse. « Ça ne tient pas une minute», réponds son père, Francis Bretnacher. « C’était une fille avec qui nous n’avions jamais eu de problèmes. Tout allait bien au niveau de sa vie privée, rien qui n’aurait pu la tourmenter.»

Un de ses amis confirme qu’Ophélie n’avait pas du tout le profil d’une personne déprimée ou suicidaire : « Tous les vendredi avant de partir en week-end elle était très heureuse à l’idée de retrouver sa famille et son copain. Elle tenait vraiment à rentrer les week-end pour retrouver le cocon familial. » Il ajoute : « Ophélie était une fille très sérieuse. Elle était à Budapest afin de faire un programme d’étude spécialisé très sélectif qui demandait beaucoup de rigueur et de travail. Il n’y avait que quatre places disponibles. C’est vous dire la rigueur qu’était la sienne pour intégrer ce programme. Ça ne colle pas du tout à l’image que les enquêteurs ont donné d’elle. »

Les enquêteurs commencent alors à analyser le comportement d’Ophélie sur les caméras. Bien qu’ils pensaient au début qu’Ophélie avait beaucoup bu lors de cette soirée et qu’elle aurait pu avoir un accident, ils estiment finalement qu’elle n’a pas l’allure d’une personne soûle sur les images de vidéo-surveillance. Les amis d’Ophélie présents lors de la soirée affirment que personne n’était venu embêter ou harceler Ophélie, et qu’il était donc peu probable qu’elle se soit faite suivre. Aurait-elle mit fin à la soirée dans le but d’aller retrouver quelqu’un ? Ses amis assurent pourtant que toutes les connaissances d’Ophélie se trouvaient au bar ce soir là. 

La seule théorie qui tiendrait la route malgré ce qu’affirment les policiers serait que Ophélie était soûle. Explication : même si sur les caméras nous voyons la jeune femme marcher d’un pas ferme et décidé, cela ne prouve pas qu’elle n’était pas soûle. Les personnes soûles ne marchent pas forcément d’une drôle de manière. Les adeptes de cette théorie imaginent donc cela : Ophélie aurait bu lors de la soirée, et alors qu’elle rentrait chez elle, elle aurait commencé à se sentir mal. Sur son chemin, elle voit alors le Pont des Chaînes et décide d’y aller faire un tour, se sentant prise de haut-le-coeur. Elle se place sur le bord, laisse tomber son sac à ses pieds, et se penche pour vomir. Mais sous l’effet de l’alcool, elle ne se rend pas compte qu’elle se penche dangereusement en avant et fini par tomber. Cela pourrait aussi expliquer l’hématome qu’Ophélie présentait sur son corps. Elle se serait fait mal en passant par-dessus bord.

Même s’il s’agit de la théorie la plus plausible, il reste une ombre au tableau. En effet, le corps d’Ophélie a été retrouvé dans un lieu situé à contre-courant, et il serait donc impossible qu’il ai dérivé depuis le Pont des Chaînes. Quelqu’un aurait donc déposé son corps à cet endroit. De ce fait, et du fait de nombreuses zones d’ombres dans l’enquête, la thèse d’un acte criminel ne peut être totalement écartée. De plus, un témoin aurait affirmé avoir entendu un cri de femme près du lieu de la disparition d’Ophélie, à la même heure où on aurait perdu sa trace.

Le Pont des Chaînes

Encore aujourd’hui, personne ne sait ce qui s’est réellement passé à Budapest cette nuit de décembre 2008. Malheureusement, de nombreuses improbabilités ont souillé l’enquête. En premier lieu, il n’y a eu aucune analyse des diatomées. Or, cette analyse aurait pu se révéler efficace car cela aurait permis de connaître le lieu de décès exact d’Ophélie. Les bornes téléphoniques du trajet d’Ophélie n’ont pas été contrôlées, et les témoignages n’ont pas été approfondis. 

Autre fait troublant : le 1er janvier 2013, Daniel Gliksten, un étudiant en médecine de 23 ans disparaît exactement au même endroit qu’Ophélie à la sortie d’un bar, vers 2h du matin. Son trajet fut lui aussi filmé par des caméras de surveillance, avant de perdre sa trace. Son corps sera retrouvé le 20 mars 2013, et il serait aussi mort noyé. 

Que se passe-t-il à Budapest ? De simples accidents ou l’oeuvre d’actes criminels ?

Disparition en croisière : le cas inquiétant d’Amy Bradley.

Amy Lynn Bradley est née le 12 mai 1974 à Petersbourg, dans l’Etat de la Virginie aux Etats-Unis. Ses parents sont Ron et Iva Bradley, et elle a un frère cadet nommé Brad. Amy est décrite comme une jeune femme sportive, sociable et amicale. Elle étudiait à l’université de Longwood et avait récemment obtenu son diplôme en éducation physique. Peu après, elle avait emménagé seule dans un appartement.

Un jour de 1998, alors que Amy est âgée de 23 ans, son père Ron annonça qu’il avait gagné une croisière pour deux personnes. Les parents de la jeune femme avaient prévu de faire cette croisière ensemble, mais ils proposèrent finalement à Amy et à Brad de les rejoindre afin de faire un voyage familial. Bien que Amy soit une excellente nageuse, elle avait une grande peur de l’océan et fut tout d’abord réticente. Néanmoins, elle se laissa convaincre de faire ce voyage. Le 21 mars 1998, Amy et sa famille montèrent à bord du Rhapsody of the Seas, un immense bateau de croisière pouvant accueillir plus de 2400 passagers. Le navire était en route pour les Antilles.

Les Bradley en croisière.

A bord du Rhaposdy, Amy sympathisa très vite avec certains employés. Tout se passait bien, la famille passait du bon temps. A un moment, la famille Bradley fut prise en photo par un photographe du bateau, et un peu plus tard, lorsqu’ils allèrent pour récupérer leurs photos de famille, ils se rendirent compte d’un fait pour le moins troublant : toutes les photos d’Amy avaient déjà été achetées par une personne inconnue. Mais les Bradley ne se sont pas plus inquiété que cela, pensant sans doute à une erreur, et ils continuèrent à profiter de leur croisière. 

Dans la nuit du 24 mars, Amy et Brad sont allés dans l’un des bars du bateau où jouait le groupe Blue Orchid. Amy sympathisa avec l’un des membres nommé Alister Douglas, surnommé Yellow. Yellow semblait flirter avec Amy, et bien que celle-ci n’avait pas l’air intéressée, elle accepta tout de même de danser avec lui. 

Plus tard, Yellow affirmera aux enquêteurs qu’il s’était séparé de Amy vers 1h du matin. Cela qui fut contredit par le père d »Amy, qui dira que lorsqu’il était descendu au bar pour vérifier que ses enfants allaient bien, il était presque 3h du matin et il avait vu que Amy était toujours en compagnie de Yellow à ce moment-là.. 

Plus tard dans la soirée, Amy et Brad rentrent ensemble dans leur cabine et s’installent sur le balcon pour discuter. Par la suite, Brad part se coucher tandis que Amy décide de rester un peu plus longtemps sur le balcon. Brad se réveille une première fois et s’aperçoit que Amy est toujours sur le balcon, puis il se rendort. Vers 5h30 du matin, Brad se réveille à nouveau et voit que Amy n’est plus là. En revanche, elle a laissé ses chaussures qui sont toujours sur le balcon. Brad ne s’est pas inquiété sur le moment, mais à 6h du matin, il a commencé à avoir un mauvais pressentiment. Brad s’en va réveiller ses parents et ils se mettent à chercher Amy partout sur le bateau. Selon Ron Bradley, ce n’était pas dans les habitudes de sa fille de partir comme cela sans prévenir quelqu’un. Et pourquoi était-elle partie sans ses chaussures ?

Pendant les recherches, Brad croise le chemin de Yellow, qui l’arrête et lui dit « Je suis désolé d’apprendre ce qui est arrivé à ta soeur. » A ce moment-là, seul le capitaine et la sécurité étaient censés être au courant que Amy était recherchée.

Le bateau allait bientôt accoster sur l’île Curaçao et les parents d’Amy craignaient que leur fille puisse descendre sans eux sur l’île, ou que quelqu’un responsable de sa disparition puisse s’enfuir. Ils demandèrent à ce que le bateau n’accoste pas, ce qui leur fut refusé. Le superviseur ne voulait pas tout interrompre pour une jeune fille disparue, et il ne voulait pas faire paniquer les autres passagers. Il proposa aux parents d’Amy de fouiller toutes les chambres afin de retrouver leur fille. Malheureusement, la jeune femme était introuvable. De plus, de nombreux passagers étaient déjà descendus sur l’île avant la fin des recherches. Si Amy avait bien été enlevée, ses ravisseurs auraient pu facilement s’enfuir avec elle.

Une fois sur l’île Curaçao, les parents fouillèrent toute l’île mais ne trouvèrent pas leur fille. La garde côtière des Antilles et le bateau Royal Caribbean ont effectué des recherches de quelques jours, la mer fut également fouillée au cas où Amy serait tombée par-dessus bord, mais sans succès. Le FBI va finalement intervenir et annoncera à la famille Bradley que le superviseur du bateau avait seulement fouillé les toilettes et les aires communes du bateau, et non toutes les chambres comme il l’avait prétendu. Les parents pensèrent alors que leur fille était toujours retenue prisonnière dans une des chambres du bateau. Ils parvinrent à regagner le navire et ils allèrent trouver le superviseur pour lui annoncer que le FBI était maintenant sur l’affaire. 

Amy et ses parents.

Le bateau fut à nouveau fouillé de fond en comble cette fois, mais il n’y avait aucune trace d’Amy. Des recherches continuèrent sur l’île Curaçao, mais la jeune femme était toujours introuvable. Le coeur lourd, les Bradley durent se résoudre à rentrer chez eux par manque de moyens. Un mois plus tard, ils retournèrent à Curaçao avec des affiches d’Amy et ils se mirent à les distribuer un peu partout sur l’île. Un chauffeur de taxi affirmera avoir vu Amy le matin du 24 mars. Amy se serait approchée de lui, paniquée, pour lui demander où se trouvait le téléphone le plus proche. Le chauffeur ne l’a plus jamais revue par la suite.

Alors qu’ils continuaient leurs recherches sur l’île, Brad est persuadé d’avoir entendu la voix de sa soeur l’appeler. La voix provenait d’une voiture qui était passée à toute vitesse près de lui. « J’ai entendu Amy m’appeler. Elle le disait toujours d’une manière spéciale. J’ai grandi toute ma vie avec elle, je sais comment elle m’appelait. » Brad et son père ont poursuivit la voiture, mais lorsque le conducteur s’est arrêté, ils se sont rendu compte qu’il était seul.

Amy et Brad.

En août 1998, un touriste canadien qui se trouvait sur la plage de l’île Curaçao a rapporté avoir aperçu une jeune femme qui correspondait à la description d’Amy. La femme était escortée par deux hommes et elle avait les mêmes tatouages qu’Amy : un diable de Tazmanie sur l’épaule, un symbole chinois sur la cheville, un soleil dans le bas du dos et un lézard sur le nombril. Lorsqu’elle se serait aperçu que les touristes parlaient anglais, elle se serait précipité vers eux avant d’être emmenée de force par les deux hommes. « Je n’ai même pas besoin de réfléchir. Ce n’est pas seulement à 99%, je suis sûr à 100% que c’était elle. » affirmera le touriste.

En 1999, un membre de la marine s’est rendu dans une maison close dans les Caraïbes. Il a affirmé avoir rencontrer Amy. La jeune femme lui ressemblait comme deux gouttes d’eau, et elle avait l’air en détresse. Elle se serait approchée de lui pour lui dire qu’elle s’appelait Amy Bradley avant de le supplier de lui venir en aide. Lorsque le FBI est parti enquêter sur cette maison close, un incendie avait tout ravagé.

En 2005, la famille Bradley reçoit un courrier électronique de la part d’un membre d’une organisation qui localise les victimes de trafic sexuel. Le courrier contenait la photo d’une jeune femme qui ressemblait étrangement à Amy, allongée sur un lit en sous-vêtements. Cela confirmerait l’hypothèse comme quoi Amy a été enlevée pour servir dans un réseau de prostitution.

Une victime d’un réseau de prostitution ressemblant à Amy.

En 2005 également, une touriste nommée Judy Maurer, qui était en vacances sur l’île de la Barbade, a rapporté qu’elle avait rencontré Amy. Judy se trouvait dans une cabine de toilettes dans un centre commercial de la Barbade, quand elle a entendu une femme et plusieurs hommes entrer dans les toilettes. Les hommes semblaient en colère et étaient en train de menacer la femme, avant de sortir et de la laisser seule. Quand les hommes furent partis, Judy est sortie de la cabine et alla voir la jeune femme qui était totalement stressée et affolée. Judy lui demanda son nom, la femme répondit qu’elle s’appelait Amy et qu’elle venait de l’Etat de la Virginie aux Etats-Unis. A ce moment-là, la porte des toilettes s’ouvrit et Judy se cacha dans une cabine, puis elle entendit la jeune femme sortir avec les hommes. Plus tard, Judy fit un dessin de la jeune femme qu’elle avait rencontrée : 

Une ressemblance troublante.

Les parents d’Amy croient fermement qu’elle a été enlevée. Brad affirmera que l’équipage du bateau portait une attention particulière à sa soeur, et les soupçonne d’être complices d’un trafic. Sa mère Iva ajoutera : « Je me souviens avoir vu des gens la regarder avec admiration […] Amy aurait été un trophée. » Il est bon de se rappeler de la personne inconnue qui aurait acheté les photos de croisière d’Amy. Il se pourrait que cet inconnu travaillait pour ce trafic, et avait acheté les photos d’Amy afin de montrer la « marchandise ». Et aux yeux de l’opinion public, Yellow serait loin d’être innocent dans cette affaire. A ce jour, Amy est toujours portée disparue et sa famille est toujours à sa recherche.