L’affaire Leigh Occhi : disparue chez elle lors d’un ouragan.

Née le 21 août 1979 à Honolulu, à Hawaii, Leigh est l’unique fille de Donald Occhi et Vickie Felton. Elle est décrite comme une jeune fille extravertie et sociable. Elle était intelligente, dynamique et aimait beaucoup les animaux. Passionnée par les chevaux, elle pratiquait également l’équitation. Elle était scolarisée à la Tupelo Middle School.

Ses parents se sont rencontrés dans les années 1970 alors qu’ils servaient dans l’armée américaine. Ils se marient en 1977, puis ils divorcent en 1981. Après le divorce, Donald s’est installé temporairement en Allemagne, où il restait en contact étroit avec sa fille, avant de retourner aux Etats-Unis et d’emménager en Virginie. Quant à Vickie et Leigh, elles ont déménagé dans la ville de Tupelo, dans le Mississippi. Vickie a ensuite rencontré Barney Yarborough, avec qui elle s’est mariée. Ils se sont séparés peu avant la disparition de Leigh.

Tôt le matin du 27 août 1992, Vickie est partie au travail tandis que Leigh est restée seule à la maison. La jeune fille devait un peu plus tard assister à la journée portes ouvertes de son école avec sa grand-mère, puis aller dîner avec sa mère dans un Taco Bell. Vers 8h30, Vicki écoute la radio et apprend qu’une tempête liée à l’ouragan Andrew allait bientôt frapper Tupelo. L’ouragan était de catégorie 5 et avait causé de lourds dégâts lors de son passage aux Bahamas et en Floride. Il s’était ensuite rétrogradé en tempête tropicale au moment où il atteignait le Mississippi. Leigh avait particulièrement peur des orages et de la tempête, Vickie a donc voulu lui téléphoner pour savoir si tout allait bien.

Comme c’était la première fois que Leigh restait seule à la maison, Vickie et Leigh avaient instauré une technique spéciale pour lui signaler que c’était sa mère qui appelait. Cette technique consistait à ce que Vickie fasse sonner le téléphone deux fois avant de raccrocher et de rappeler tout de suite. Si le téléphone sonnait sans cette particularité, Leigh n’était pas autorisée à répondre à l’appel afin de ne pas parler à des inconnus.

Tandis que Vickie tente de joindre sa fille avec la technique qu’elles ont convenue, Leigh ne répond pas. Elle continue d’appeler plusieurs fois, sans obtenir de réponse. Inquiète pour sa fille, Vickie quitte son travail et brave les risques liés à la météo pour rejoindre son domicile, situé à quelques minutes en voiture. En arrivant devant sa maison, elle se rend compte que la porte du garage est grande ouverte avec la lumière allumée. Ce détail la trouble, mais lorsqu’elle rentre dans la maison, elle réalise que la porte est déverrouillée. La panique monte d’un cran lorsqu’elle découvre du sang sur les murs du couloir.

Vickie crie le nom de sa fille et la cherche partout dans la maison. Et alors qu’elle se trouve dans la chambre de Leigh, elle remarque que la couverture du lit est jetée sur le sol, et découvre d’autres traces de sang sur le sol et sur l’encadrement de la porte. Du sang sera également retrouvé sur une chemise de nuit appartenant à Leigh, qui se trouvait dans le panier à linge. Vickie appelle le 911 à 9h du matin.

Des policiers se rendent rapidement au domicile. L’inspecteur-chef, Bart Aguirre, a déterminé qu’il n’y avait aucun signe d’effraction. Lorsqu’ils fouillent la maison, ils découvrent que du sang, qui semblait avoir été nettoyé, était présent sur le comptoir de la salle de bain. « J’ai remarqué qu’il y avait une légère brume rose sur le comptoir », a déclaré Aguirre. « Il est assez évident pour nous que quelqu’un a essayé de nettoyer la scène ou le comptoir, mais nous n’avons pas pu retrouver le chiffon ou la serviette qui avait été utilisée. Nous ne l’avons trouvé nulle part. »

Il y avait également une longue traînée de sang qui partait du couloir jusqu’à la cour arrière. Le sang trouvé dans la maison était encore frais. Des effets personnels de Leigh étaient manquants, comme ses lunettes, des sous-vêtements, un short et un sac de couchage. Mais compte tenu de la quantité importante de sang trouvée dans la maison, les policiers n’ont pas soupçonné une fugue mais un acte criminel.

Lorsque Vickie est interrogée, elle raconte que Leigh avait dormi avec elle cette nuit, effrayée à cause des orages. Vickie, qui travaillait désormais pour l’entreprise Leggett & Platt, s’est réveillée à 6h45 pour commencer sa journée. D’après elle, Leigh dormait toujours à ce moment-là. Elle est allée prendre une douche puis est retournée dans la chambre pour s’habiller. Leigh était toujours dans le lit mais réveillée cette fois. La mère et la fille ont ensuite prit le petit-déjeuner ensemble où elles ont discuté de leurs projets. Toujours selon ses dires, Vickie a ensuite quitté le domicile à 7h40 et est arrivée à son travail dix minutes plus tard. Elle déclare également qu’elle ne se rappelait pas d’avoir fermé la porte du garage ce matin-là.

La maison de Leigh et Vicki. (Source : David Lohr)

Les forces de l’ordre ont effectué d’intenses recherches dans le quartier et dans les zones boisées à l’aide d’hélicoptères et de chiens, mais cela s’est avéré particulièrement difficile à cause de la tempête et de ses dégâts. Le sang trouvé dans la maison et sur la chemise de nuit de Leigh ont été envoyés en laboratoire pour être analysés. Comme Leigh n’avait jamais été soumise à des analyses sanguines, ils furent incapable de déterminer si ce sang lui appartenait, d’autant plus que les analyses ADN étaient encore à leurs débuts à cette époque. Ils apprirent cependant que le sang était de type O. Hormis cela, aucun autre ADN ou indice ne fut trouvé.

Donald, qui travaillait toujours dans l’armée et qui vivait sur une base militaire en Virginie, a apprit la disparition de sa fille le lendemain, le 28 août, après un appel de son ex-femme. Il a pu obtenir un congé d’urgence et a prit un avion pour se rendre au plus vite à Tupelo. Il a fait part de son désarroi sur la disparition inquiétante de sa fille de 13 ans : « Je ne pense pas qu’elle soit en vie. Je me prépare au pire. » Pendant tout le mois de septembre 1992, Donald et des bénévoles ont parcouru les bois environnants et ont déposé des avis de recherche pour tenter de retrouver Leigh.

En dehors de Vickie, la dernière observation de Leigh a été faite par des voisins. La veille de sa disparition, aux alentours de 20h, Leigh s’est rendue chez un voisin et lui a demandé si elle pouvait attendre sa mère chez lui car elle était enfermée dehors. Ce voisin accepte, mais à 20h45, Leigh a quitté le domicile pour aller chez un autre voisin et expliquer à nouveau qu’elle était enfermée dehors. Cet autre voisin accepte à son tour de la faire entrer. Quelques minutes plus tard, en regardant par la fenêtre, Leigh a signalé que sa mère était finalement arrivée et est partie.

Quelques jours après la disparition de Leigh, un employé de Mcdonald’s a contacté les policiers. Il a rapporté avoir aperçu une jeune fille ressemblant à Leigh dans un camion à Booneville, à environ 50 kilomètres de Tupelo. Il l’avait aperçue au drive du fast-food où il travaillait. Ce camion sera retrouvé avec la jeune fille, mais il s’est avéré qu’il ne s’agissait pas de Leigh.

Le 9 septembre 1992, Vickie contacte la police et prévient qu’elle a reçu un colis contenant les lunettes disparues de Leigh. Le destinataire était noté « B Yarborough », écrit en lettres majuscules sur le paquet ; il s’agissait du nom de son ex-mari. Elle avait donc contacté Barney pour le prévenir qu’il avait reçu un colis, et lorsqu’il est venu le récupérer et qu’il l’a ouvert devant Vickie, ils ont découvert les lunettes de Leigh à l’intérieur. « Il n’y avait pas de lettre de rançon ou quoi que ce soit de ce genre avec ces lunettes », a déclaré l’inspecteur-chef Aguirre. « C’étaient juste ses lunettes. On pourrait penser que s’il s’agissait d’un véritable enlèvement, on s’attendrait à ce qu’il y ait un peu plus de choses avec ça. »

En examinant le colis, les enquêteurs ont déterminé qu’il avait été envoyé depuis Booneville, là où un employé pensait avoir aperçu Leigh. Le colis a ensuite été envoyé en laboratoire pour des analyses plus approfondies, mais aucun ADN ne fut trouvé, pas même sur le timbre qui avait été collé à l’aide d’eau et non de salive. L’écriture a également subit des tests graphologiques, mais cela ne donnera aucune piste.

Des soupçons ont commencé à se porter sur Barney et Vickie, mais Barney sera rapidement écarté des suspects car il avait un alibi solide qui a pu être vérifié. Vickie fut soumise trois fois au test du polygraphe, dont deux par le FBI. Elle a échoué à tous les tests. Des rumeurs ont commencé à émerger, notamment que Vickie était violente envers sa fille. En effet, des camarades de classe de Leigh ont affirmé que la jeune fille s’était déjà présentée à l’école avec le corps couvert de bleus, mais elle assurait que c’était à cause de l’équitation. Une amie de Leigh a rapporté qu’elle disait parfois des choses étranges sur le fait qu’elle voulait mourir. Alors que Donald se trouvait toujours à Tupelo pour chercher sa fille, des habitants lui ont suggéré de garder un oeil sur son ex-femme.

Vickie s’est fermement défendue face aux résultats polygraphiques : « Je ne saurais pas vous dire pourquoi. Ils mesurent les changements dans votre corps, et lorsque votre fille disparaît et qu’ils vous attachent à des objets, je ne peux pas imaginer que le corps de quelqu’un ne réagisse pas. » Elle estime que l’attention portée sur elle était une perte de temps dans l’enquête.

Elle a rapidement jeté ses soupçons sur Oscar McKinley « Mike » Kearns, qui travaillait à l’église luthérienne que Vickie et Leigh fréquentaient. De plus, Leigh pratiquait l’équitation dans la même écurie où Kearns possédait des chevaux, et il aurait déjà proposé à la jeune fille de faire du cheval avec lui. Kearns semblait être un suspect notable : seulement quelques mois après la disparition de Leigh, il a enlevé une adolescente dans le Tennessee, avant de l’agresser sexuellement. Lors de son arrestation, il a plaidé coupable de viol puis a été condamné à 8 ans de prison, mais il fut libéré plus tôt, en 1997. En 1999, Kearns est de nouveau arrêté après avoir kidnappé un couple, et il fut condamné à 20 ans de prison.

Compte tenu du manque de signe d’effraction dans la maison, Vickie pense que Leigh avait dû ouvrir la porte à la personne responsable de sa disparition. Comme Leigh était de nature prudente, il est fort probable qu’elle connaissait suffisamment cette personne pour lui ouvrir la porte, ce qui a accentué les soupçons de Vickie sur Kearns. Mais lorsque la police et le FBI ont voulu l’interroger à propos de la disparition de Leigh, Kearns a toujours refusé de dire quoique ce soit. Oscar Kearns est décédé en 2021.

Quant à Donald, il a continué d’émettre des doutes sur son ex-femme. Il pense que l’expérience de Vickie dans l’armée l’a aidée à tromper les enquêteurs lors des interrogatoires. « Je ne pense pas qu’ils aient eu affaire à une personne aussi intelligente que Vickie auparavant. » il a déclaré. « Elle était une interrogatrice expérimentée. Elle savait comment se comporter lors d’un interrogatoire. »

Il a déterminé que Leigh a probablement été tuée dans la nuit du 26 au 27 août. Le jour de la disparition de Leigh, Vickie ne s’était absentée environ qu’une heure avant de revenir à la maison, et Donald affirme que personne n’aurait eu le temps de cacher un corps, l’arme du crime, et de nettoyer le sang de la salle de bain en moins d’une heure, surtout en pleine tempête. Selon lui, Vickie en sait plus qu’elle ne le prétend.

En novembre 1993, un rebondissement a lieu dans l’enquête après qu’un agriculteur de la région ait trouvé un crâne humain dans son champ. Mais après analyse, il s’est avéré que ce crâne n’appartenait pas à Leigh, mais à une femme de 27 ans nommée Pollyanna Sue Keith, qui avait disparu dans le Mississippi quelques semaines plus tôt.

A cause des lourds soupçons que la communauté de Tupelo avait porté sur elle, Vickie s’était temporairement installée au Texas pour fuir les intimidations. Malgré tout ce temps sans d’autres rebondissements dans l’affaire, Vickie refuse toujours de perdre espoir. En 2009, elle a déclaré qu’elle espérait que Leigh soit encore en vie quelque part, et que cela l’aidait à supporter toutes ces années sans sa fille. Par la suite, Vickie s’est faite plus discrète. Quant à Donald, il a toujours du mal à rester optimiste sur le sort de sa fille. Il pense qu’elle a été assassinée et que son corps est toujours quelque part. A ce jour, Leigh n’a toujours pas été retrouvée.

Cécile Vallin : la disparition troublante d’une adolescente.

Cécile est née le 28 octobre 1979 en Normandie, dans le nord-ouest de la France. Elle est la fille de Jonathan Oliver, un Britannique venu s’installer en France, et de Maryse Vallin. Elle a également une demi-soeur aînée, Chloé, née d’une précédente union du côté de son père. Ses proches décrivent Cécile comme une belle jeune fille sociable, intelligente et sportive. Elle aimait faire de la randonnée, de la course à pieds et de l’escalade.

Lorsqu’elle a six ans, ses parents se séparent et elle part vivre avec sa mère en Savoie, à St-Jean-de-Maurienne, tandis que son père reste en Normandie. Malgré la séparation de ses parents, Cécile est restée proche de son père qu’elle appelle souvent et à qui elle rend visite dès que possible. De son côté, Maryse a refait sa vie avec un homme qui n’est autre que le proviseur du lycée Paul Héroult, où Cécile est scolarisée. De ce fait, Maryse et Cécile vivaient dans le logement de fonction de ce dernier, au sein du lycée où la jeune fille préparait un baccalauréat littéraire.

Ses camarades de classe décrivent Cécile comme une élève studieuse, organisée et aimable, qui allait facilement vers les autres et qui était également douée en sport, particulièrement en escalade, l’une de ses passions. C’est justement dans un cours d’escalade qu’elle rencontre un jeune garçon nommé Jérémy, et les deux tombent très vite amoureux. Leurs proches décrivent leur relation comme étant saine et sans nuages. Au moment de la disparition de Cécile, ils sortaient ensemble depuis deux ans.

En 1997, Cécile était en terminale et allait bientôt passer ses examens du baccalauréat. Elle prévoyait de devenir prof de sport et avait commencé des démarches pour faire une colocation dans un appartement à Grenoble, avec sa meilleure amie Sandrine. Elle avait hâte de commencer cette nouvelle vie. Elle voulait devenir indépendante et travaillait dur pour atteindre ses objectifs.

Le samedi 7 juin 1997, Cécile se trouve seule chez elle après que sa mère et son beau-père se soient absentés pour le week-end. Elle révise toute la matinée pour les épreuves du baccalauréat qui ont lieu dans quelques jours, puis elle décide d’inviter ses amis Sébastien, Mathias, Benoît et Karim dans le logement. Comme elle vit dans l’enceinte du lycée, elle invite ses amis pour qu’ils fassent de l’escalade ensemble dans le gymnase, bravant ainsi les interdictions de son beau-père.

Depuis quelques temps, Cécile se détache de Jérémy et commence à avoir un faible pour Sébastien. Cette attirance est réciproque. Le groupe passe quelques heures à faire de l’escalade puis ils dînent tous ensemble. Durant la soirée, ils mettent de la musique, boivent un peu d’alcool et regardent un film. Après s’être isolés dans la cuisine, Cécile et Sébastien flirtent ensemble et échangent un baiser. Les quatre garçons finissent par partir et Cécile passe le reste de la nuit seule.

Dans la matinée du 8 juin, Cécile tente de contacter par téléphone sa demi-soeur Chloé, qui vit à Paris pour ses études d’infirmière. Mais cette dernière ne se trouve pas chez elle. En début d’après-midi, Sébastien retourne voir Cécile puis repart vers 16h45. Après le départ de Sébastien, Cécile téléphone à sa meilleure amie Sandrine. Elle lui dit qu’elle est prise de remords d’avoir dépassé la limite avec Sébastien.

Cécile téléphone ensuite à son père Jonathan et lui avoue qu’elle a fait une bêtise en invitant des amis sans l’accord de sa mère et de son beau-père. Jonathan tente de la rassurer et lui conseille de ne pas se prendre la tête avec cela, mais plutôt de se concentrer sur ses révisions. « Je vais m’y mettre. » lui assure Cécile, puis elle raccroche. L’appel a duré 6 minutes et 12 secondes, et ce sera la dernière fois que Jonathan entendra la voix de sa fille.

On ne sait pas exactement ce qu’a fait Cécile après cet appel. Des témoins vont rapporter l’avoir aperçue à plusieurs endroit ce jour-là à St-Jean-de-Maurienne. Elle aurait été aperçue dans une cabine téléphonique près d’un bar vers 17h30, puis vers la gare.

Un autre témoignage provient de Myriam, une copine de classe de Cécile. Ce jour-là aux alentours de 17h45, Myriam se trouve en voiture lorsqu’elle aperçoit Cécile en train de marcher seule sur la départementale 906 (auparavant la nationale 6). Elle précise que l’adolescente était vêtue d’un T-shirt blanc et d’un pantalon foncé, elle n’avait pas de sac à main ni de sac à dos, et elle semblait se diriger vers l’extérieur de la ville. Myriam précise également qu’elle a eu le temps de voir l’expression faciale de Cécile : elle avait l’air triste et préoccupée. Elle semblait marcher sans savoir où elle allait.

Lorsque Maryse rentre le dimanche soir et découvre que sa fille est introuvable et injoignable, elle contacte directement la gendarmerie. Les gendarmes croient d’abord à une fugue, mais ils vont quand même fouiller le logement sans rien trouver de suspect. Ils fouillent ensuite la chambre de Cécile. Ses cours sont toujours ouverts sur son bureau, entourés de ses autres affaires scolaires. La couette de Cécile est saisie pour être analysée, afin de découvrir si du sang ou un autre ADN se trouve dessus, mais en vain. Les gendarmes remarquent cependant que l’adolescente est partie sans son portefeuille qui contient 300 francs de l’époque, l’équivalant de 45 euros. Sa carte d’identité et sa carte de crédit sont introuvables, mais cette dernière ne sera jamais utilisée. A cause de ces détails, l’hypothèse de la fugue sera rapidement qualifiée de disparition inquiétante.

Cécile plus jeune avec son père Jonathan.

Le lundi 9 juin, Jonathan est allé acheter une corde d’escalade pour Cécile qui allait fêter ses 18 ans en octobre. Il était persuadé d’avoir trouvé le cadeau d’anniversaire parfait pour sa fille car c’était une corde de très bonne qualité. Peu après, il a appelé au domicile de son ex-femme pour avoir des nouvelles de Cécile, mais lorsque Maryse a décroché, elle lui a annoncé que leur fille avait disparu depuis dimanche et qu’elle était introuvable. « Je ne saurais expliquer pourquoi, mais quand j’ai appris la disparition de Cécile, j’ai tout de suite imaginé le pire. J’ai vu le corps de ma fille, désarticulé, comme un pantin. Elle était morte, c’était la seule explication possible. J’ai eu du mal à effacer cette image épouvantable de ma tête. »

Lorsque la disparition de Cécile est rendue publique, un autre témoin va se manifester. Il prétend avoir aperçu l’adolescente le 8 juin à 18h15 à l’entrée du village Pontamafrey-Montpascal, qui se trouve non loin du domicile de Cécile. Il la revoit ensuite vers 18h45 en train de marcher devant l’école du village. Cécile connait bien Pontamafrey car elle a l’habitude de s’y rendre pour faire de l’escalade, mais personne ne l’a vue sur la via ferrata du village et elle n’avait pas emporté ses affaires d’escalade avec elle.

Cécile est-elle partie se promener dans les collines et montagnes environnantes afin de se changer les idées ? A-t-elle eut un accident ? L’hypothèse du suicide a également été évoquée, car Sandrine précise que lorsque Cécile lui a parlé au téléphone le jour de sa disparition, elle lui aurait dit : « Je vais me jeter d’une montagne », alors qu’elle culpabilisait pour ce qu’elle avait fait envers son petit ami Jérémy, mais aussi pour avoir désobéi à son beau-père en invitant des amis au lieu de se concentrer sur ses cours. Sur le moment, Sandrine n’a pas prit sa remarque au sérieux. Elle pensait que Cécile était simplement confuse et stressée car elle avait enfreint des règles ce week-end là.

D’intenses recherches vont être effectuées dans les montagnes et les ravins, des hélicoptères, des chiens renifleurs de cadavres vont être déployés, le lac et les étangs seront fouillés, des affiches vont être collées et distribuées partout dans la région, mais aucune trace de l’adolescente ne sera trouvée. Les proches de Cécile ont du mal à croire à la théorie du suicide. Ils affirment que Cécile n’avait pas le profil d’une personne suicidaire, elle avait beaucoup de projets en tête et avait hâte de commencer sa nouvelle vie après avoir passé ses examens. Même si elle avait l’air bouleversée avant de disparaître, elle ne serait pas allée jusqu’à s’ôter la vie.

Même si l’hypothèse de la fugue a rapidement été écartée, Maryse pensait que sa fille était bien parti d’elle-même. Après la disparition de Cécile, elle a enregistré un message sur le répondeur du domicile au cas où sa fille appellerait. Dans ce message vocal, Maryse lui dit qu’elle ne lui en veut pas pour ce qu’il s’est passé et qu’elle pouvait rentrer dès qu’elle le souhaitait. Mais Cécile n’a plus jamais appelé et n’est jamais rentrée à la maison. Elle ne s’est jamais présentée à ses épreuves du baccalauréat, qu’elle attendait avec impatience.

Son petit ami Jérémy ainsi que les quatre amis présents chez elle avant sa disparition ont été interrogés, et tous avaient des alibis solides qui ont pu être vérifiés. Cécile avait-elle téléphoné à une autre personne le jour de sa disparition ? Quelqu’un qui lui aurait donné rendez-vous quelque part ? Ou a-t-elle été enlevée sur la route ?

Deux semaines après la disparition de l’adolescente, les enquêteurs ont été alertés par la douane qui venait d’intercepter un homme nommé Jean-Marc Reiser à Morteau. A l’intérieur de sa voiture, les douaniers avaient trouvé un arsenal inquiétant : des armes, des cagoules et des photographies de femmes inconscientes et nues. Parmi ces photos se trouvait celle d’une jeune femme ressemblant à Cécile. En 1987, Jean-Marc Reiser avait été soupçonné de la disparition d’une jeune femme de 23 ans, Françoise Hohmann. Françoise vivait à Strasbourg et était une vendeuse d’aspirateur à domicile. Elle avait été vue pour la dernière fois le 8 septembre 1987 en train d’entrer dans l’appartement de Reiser et n’a jamais été retrouvée. Faute de preuves, Reiser n’avait pas été arrêté.

Rapidement, Jean-Marc Reiser a été écarté de tout soupçon concernant la disparition de Cécile. En effet, les enquêteurs ont découvert qu’il se trouvait à Strasbourg le jour de la disparition de l’adolescente. Cependant, Reiser fut condamnée à 15 ans de réclusion criminelle au début des années 2000 pour des affaires de viol. En 2022, Reiser est cette fois condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Sophie Le Tan, une jeune femme de 20 ans disparue le 7 septembre 2018 alors qu’elle visitait un appartement qu’elle voulait louer à Reiser. Concernant la photo de cette jeune femme nue ressemblant à Cécile, les enquêteurs ont découvert qu’il s’agissait d’une ancienne compagne de Jean-Marc Reiser, qui avait été prise en photo à son insu alors qu’elle dormait.

Le tueur en série et pédocriminel Michel Fourniret sera également soupçonné. Il avait une nièce qui vivait non loin de St-Jean-de-Maurienne et il s’était déjà rendu dans la région, mais sa nièce affirmera qu’elle n’avait pas reçu la visite de Fourniret depuis les années 1980. Lorsqu’il est arrêté en 2003 avec sa compagne Monique Olivier, sa fourgonnette sera fouillée et plusieurs ADN de jeune filles seront retrouvés, dont celui de la petite Estelle Mouzin, mais pas celui de Cécile.

Cependant, lorsque Monique Olivier est à nouveau interrogée en 2005, elle affirme que Fourniret avait quitté leur domicile situé à Sart-Custinne, en Belgique, après une dispute conjugale survenue le 9 juin 1997. Environ 24h après, il est rentré à leur domicile en compagnie d’une jeune fille. « La jeune fille marchait près de lui sans s’agiter, sans crier ni parler. » a-t-elle déclaré. « Fourniret la tenait par le bras, mais sans la forcer à avancer : elle avançait d’elle-même, de manière docile, sans vouloir fuir, sans résistance aucune. Son attitude ne me semblait pas naturelle : elle était comme endormie, sans réaction.»

Monique Olivier précise que la jeune fille était âgée entre 16 et 18 ans, qu’elle avait les cheveux bruns, qu’elle mesurait environ 1m66. Cette description correspond de manière troublante à Cécile, mais Monique n’est pas rentrée davantage dans les détails. Fourniret avait pour habitude de voyager à travers la France et la Belgique pour trouver ses victimes, et les enlevait à bord de sa fourgonnette. « Il y a de fortes chances que ce soit lui (…) J’ai l’habitude depuis un moment de dire que tant que je ne sais pas ce qu’est devenue Cécile, Fourniret serait forcément un responsable logique vu sa façon de faire », a déclaré Jonathan. Depuis la mort de Fourniret en 2021, Monique Olivier est désormais la seule à détenir la vérité, mais elle n’a encore jamais été entendue dans l’affaire Cécile Vallin. Cependant, l’ombre de celui qu’on surnomme « L’ogre des Ardennes » continue de planer sur la disparition de l’adolescente.

En 2002, la famille de Cécile engage un détective privé qui va travailler en collaboration avec la police. Ce détective va mettre en avant la piste d’une homme qu’il va nommer le « Docteur G », qui était récemment décédé. Une boîte remplie de coupures de journaux sur la disparition de Cécile a été retrouvée sous son lit après son décès, et cette étrange découverte a poussé les policiers à fouiller son domicile, mais rien d’autre ne sera trouvé.

Pourquoi cachait-il des coupures de journaux concernant Cécile ? L’avait-il vue le jour de sa disparition ? La connaissait-il personnellement ? Actuellement, aucune autre information n’a été rapportée sur ce « Docteur G ».

Cécile a-t-elle été prise en autostop par une personne malintentionnée ? L’adolescente avait déjà fait de l’autostop auparavant et avait prévu de le refaire l’été de sa disparition pour se rendre en Espagne avec une amie, mais son petit ami Jérémy avait tenté de la dissuader de le faire. A-t-elle ignoré les avertissements de Jérémy ? A-t-elle été forcée de monter à bord d’un véhicule ? Au moment de sa disparition, la route que l’adolescente a empruntée était en travaux. En 2008, l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie a sondé profondément les fondations de l’autoroute A 43 à l’aide d’un radar, espérant pouvoir trouver le corps de Cécile, mais en vain.

L’avocate de Jonathan, Me Caty Richard, a dû faire pression pour que le dossier de Cécile Vallin ne soit pas clôturé au fil des années. L’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) reprend le dossier de Cécile en décembre 2019. En 2022, le dossier est transmit au pôle judiciaire national de Nanterre dédié aux cold cases.

Au moment de la disparition de Cécile, sa demi-soeur Chloé avait 23 ans et résidait à Paris. Les deux soeurs étaient très proches et l’absence de Cécile a eu l’effet d’un tsunami. « Une partie de ma vie s’est arrêtée quand Cécile a disparu. J’étais en permanence entre la vie et la mort. » a confié Chloé. « Officiellement, c’était une demi-soeur, mais c’était une vraie soeur quand même. Je n’ai pas eu de demi-peine, de demi-angoisse, de demi-douleur. »

Cécile et Chloé dans leur enfance.

Chloé est finalement parvenue à trouver de l’aide parmi des professionnels au bout de longues années. Elle a enfin pu trouver un semblant de paix lors d’une séance en groupe menée par un psychologue. Le but de cette séance était que chaque participant représente un membre d’une famille pour aider à résoudre des problèmes personnels. « Une femme a représenté ma sœur. J’ai pu la prendre physiquement dans mes bras. Ça a été un moment très fort. J’ai pu la sentir comme si je sentais ma sœur à nouveau, j’ai pu lui dire au revoir. » Chloé a finalement renoncé à sa vocation d’infirmière et est aujourd’hui thérapeute par le chant intuitif. Elle a tenu à s’éloigner de l’enquête pour enfin lâcher prise.

En 2016, Jonathan a écrit un livre intitulé « Cécile ma fille, ma disparue » publié aux Editions de l’Archipel, où il relate son combat pour retrouver sa fille. Aujourd’hui, Maryse semble avoir accepté l’idée que Cécile a disparu pour toujours, mais Jonathan veut garder une lueur d’espoir. « Ce n’est pas de la naïveté, c’est simplement que je me refuse à spéculer. […] Moi, je suis persuadé d’une seule chose, c’est que Cécile n’a pas disparu de son plein gré. Elle n’est pas en train de se la couler douce sur une plage paradisiaque. Non, ça, j’en suis sûr. » a-t-il déclaré.

Jonathan s’est fait tatouer la signature de sa fille après avoir retrouvé les dernières lettres qu’elle lui avait écrites. Dans sa maison de Normandie, il a également laissé la chambre de Cécile telle quelle. « .Je n’ai jamais cessé de vivre avec ma fille. Elle est omniprésente dans mon quotidien, mais terriblement absente à la fois. Tous les jours, j’entends sa voix, je vois son visage, ses jolis traits rieurs, sa coupe garçonne. Son image est aussi vive qu’il y a vingt ans, même si j’ai conscience que j’en garde une image figée dans le temps. Cécile restera une éternelle adolescente de 17 ans. »

Marcia Ryan : elle disparaît avec son chien sur une autoroute.

Marcia Ann Ryan est née le 19 juillet 1963 et vivait à Seaford, dans l’Etat de Victoria en Australie. Ses parents sont John et Johanna Ryan, et elle était la plus jeune d’une fratrie de cinq enfants. Ses proches la décrivent comme une jeune femme spontanée, déterminée et intelligente. Elle aimait la plongée sous-marine, les motos et passer du temps avec sa famille. Au moment de sa disparition, elle vivait dans une maison située à Larool Crescent avec son chien Ziggy, un croisé border collie et bouvier australien âgé de 10 ans qui la suivait partout et qu’elle adorait.

Marcia travaillait dans une entreprise de transport tenue par son oncle et sa tante, où elle était vue comme une employée sérieuse qui ne manquait jamais un jour de travail. Mais dans la matinée du 19 août 1996, Marcia a demandé si elle pouvait quitter le travail un peu plus tôt car elle ne se sentait pas bien. Dans l’après-midi, elle a expulsé un locataire qu’elle avait accueillit chez elle quatre jours plus tôt. Marcia avait récemment finit de rénover sa maison et voulait la faire louer lorsqu’elle était absente afin de gagner un peu plus d’argent, mais elle a décidé de ne pas garder ce locataire car, selon ses dires, elle n’était pas à l’aise en sa présence et il l’agaçait.

L’un des frères de Marcia, Mark, est venu chez elle le même jour pour s’assurer que l’expulsion du locataire se passait bien. Après le départ du locataire, Mark a remarqué que sa soeur avait l’air particulièrement agitée et stressée. Elle craignait que le locataire lui ait volé des affaires. La veille, elle avait appelé ses parents qui l’ont décrite comme étant délirante et paranoïaque. Ils ont pensé que cette expérience avec le locataire l’avait vraiment stressée. Mark est resté tenir compagnie à Marcia jusqu’à 22h30.

Marcia et son chien Ziggy.

Un peu plus tard dans la soirée, Marcia téléphone à ses parents qui se trouvent dans leur maison de vacances à Surfers Paradise, dans l’Etat du Queensland. Elle leur confie qu’elle ne se sent pas bien et qu’elle aimerait entreprendre un road trip pour aller leur rendre visite. Il lui fallait parcourir environ 1900 kilomètres en voiture pour arriver jusque dans le Queensland. Ses parents étaient hésitants et on tenté de la dissuader, mais Marcia a insisté et ils ont finalement cédé. Marcia n’a pas perdu de temps et est directement montée à bord de sa Mitsubishi Sigma 1980, quittant son domicile avec son inséparable Ziggy. L’enquête a déterminé plus tard que Marcia avait téléphoné à ses parents depuis une cabine téléphonique, ce qui voulait dire qu’elle était probablement déjà en route vers chez eux.

Peu après son départ, Marcia a fait un détour jusqu’à Camberwell, situé à environ 38km au nord de Seaford, pour retirer 50 dollars à un distributeur automatique. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi elle est parti aussi loin pour retirer une si petite somme d’argent, ni si elle a fait autre chose là-bas entre temps. Il fallait environ 20h à Marcia pour rejoindre le Queensland en voiture si elle se dépêchait et si elle ne rencontrait pas trop de problèmes. Mais deux jours plus tard, Marcia n’était toujours pas parvenue chez ses parents. Ils ont essayé de la contacter, en vain. Au bout du troisième jour, Marcia n’était toujours pas arrivée et elle était injoignable, sa famille a donc commencé à s’inquiéter sérieusement.

Un de ses frères, Tony, s’est rendu chez Marcia et a découvert qu’elle n’avait pas emmené certains de ses effets personnels qui auraient pu être indispensables pour son voyage, comme sa brosse à dents. Il a également découvert plus d’une quinzaine de messages sur le répondeur de sa soeur. L’un d’eux provenait de l’entreprise VicRoads qui l’informait que sa voiture allait être emmenée à la fourrière si elle ne venait pas la récupérer, un autre message venait d’une personne disant que son portefeuille avait été retrouvé le long de l’autoroute à Darnum.

Tony s’est rendu au poste de police où il a apprit que la voiture de Marcia avait été retrouvée abandonnée le 20 août sur une autoroute nommée Princes Highway , non loin d’une station-service ouverte 24h/24, entre Moe et Morwell. La voiture était en panne d’essence. Les clés se trouvaient toujours sur le contact et les portes étaient verrouillées, mais il n’y avait aucune trace de Marcia et de Ziggy. « Elle s’est arrêtée dans une tranchée avec des falaises abruptes des deux côtés de l’autoroute. Ce n’est certainement pas un endroit pour s’arrêter et sortir d’une voiture, et encore moins pour qu’un chien puisse courir. J’y suis allé avec un ami vers minuit quelques semaines plus tard et je ne me serais pas arrêté là car c’est assez dangereux de croiser le trafic à 100 km/h. » a expliqué Tony.

La personne ayant retrouvé le portefeuille de Marcia a déclaré que les cartes avaient été trouvées en ligne sur l’autoroute, et que leur position semblait montrer qu’elles avaient été jetées depuis le côté conducteur d’un véhicule en mouvement. Rien ne manquait dans le portefeuille, ni ses cartes de crédit, ni sa carte d’identité. Pourquoi Marcia aurait-elle voulu se débarrasser de son portefeuille ? Pourquoi n’a-t-elle pas au moins garder ses cartes de crédit sur elle ?

D’intenses recherches de plusieurs semaines ont été menées par les policiers, aidés par la famille de Marcia ainsi que par des bénévoles, des hélicoptères et des chiens détecteurs de cadavres. Un témoin a déclaré avoir aperçu Marcia près de sa voiture garée sur le côté de la Princes Highway, et qu’un Break blanc était garé juste devant avec deux hommes se tenant de chaque côté. Marcia se tenait à l’arrière de sa propre voiture.

Un chauffeur de camion s’est également manifesté pour apporter son témoignage. Le 19 août aux alentours de 23h50, il affirme avoir aperçu Marcia en train de marcher le long de la Princes Highway, s’éloignant de sa voiture. Il a remarqué qu’elle avait l’air en détresse et il a arrêté son camion à sa hauteur pour lui proposer son aide, mais Marcia est devenue méfiante et a refusé. L’homme est donc reparti, comprenant qu’une femme seule au milieu de la nuit puisse se méfier d’un inconnu. Ce camionneur n’a pas précisé si Ziggy se trouvait avec elle à ce moment-là.

Marcia avec Ziggy et une amie.

Juste avant de disparaître, Marcia semblait déprimée, stressée, et était pressée de rejoindre ses parents dans le Queensland. Sa famille pense que cela était également dû au fait que le mois de septembre se rapprochait. En effet, un événement tragique a frappé la famille Ryan quelques années auparavant. Le 28 septembre 1980, Marcia, âgée de 17 ans, a été témoin d’un accident de voiture qui a coûté la vie de sa soeur aînée Dianne, 20 ans. Cet événement a ébranlé la jeune femme, qui devenait particulièrement mélancolique à chaque fois que l’anniversaire de la mort de Dianne se rapprochait. Ses proches affirment que Marcia n’avait plus été la même depuis la mort de sa soeur qu’elle adorait, mais qu’elle avait réussi à aller un peu mieux grâce au soutien de sa famille et à la présence réconfortante de Ziggy.

Cependant, ses proches ne croient pas en la thèse du suicide. Sa meilleure amie Theresa Lynch lui avait parlé peu avant sa disparition, et elle affirme que Marcia avait l’air heureuse et enjouée. Mais l’état mental de Marcia semblait s’être rapidement détérioré, la rendant confuse et anxieuse. John a toujours pensé que sa fille avait fait le choix de partir quelques temps pour mettre de l’ordre dans ses pensées et qu’elle n’avait jamais osé revenir à cause de la médiatisation de sa disparition. Il pensait également qu’elle ait pu être victime d’une perte de mémoire durant son voyage.

Le détective Jim Cooks, qui enquêtait sur l’affaire, a également affirmé qu’il y avait une possibilité que Marcia puisse être toujours en vie. Johanna, cependant, était persuadée que sa fille ait été victime d’un acte criminel, mais elle espérait également qu’elle puisse être en vie. La tante de Marcia, Thea Thomson, affirme que sa nièce ne se serait pas laissée faire si quelqu’un avait tenté de lui faire du mal, et que Ziggy l’aurait défendue. « Ziggy la protégerait comme vous ne l’imagineriez pas. Il est difficile de penser que Ziggy n’aurait pas riposté s’il y avait eu un acte criminel. Il n’irait nulle part sans Marcia. »

En 2008, le coroner de l’Etat de Victoria a jugé que Marcia était finalement morte la nuit de sa disparition, laissant la cause du décès indéterminée. Cette décision a profondément bouleversé les parents de Marcia. « Je suis sûr que cela a pris 10 ans de la vie de ma mère. Ils s’attendaient à une enquête ouverte car nous n’avons jamais vu ni entendu parler daucune preuve qu’elle ait été victime d’un acte criminel. » s’est indigné Tony. Cependant, sa famille n’a jamais perdu espoir. Ses parents n’ont pas voulu déménager durant la décennie qui a suivi, au cas où elle reviendrait, et John a toujours refusé de retirer Marcia de son testament.

Sa tante Thea se rappelle avec douceur de la jeune femme qu’était Marcia.  « C’était une belle personne, je l’aimais beaucoup. Elle travaillait pour moi quand elle a disparu et elle était là depuis 10 ans […] Pendant qu’elle travaillait pour nous, elle était brillante, perfectionniste, honnête, fiable et on pouvait lui faire confiance pour tout. » Thea ajoute que lorsque Johanna se trouvait sur son lit de mort, elle gardait avec elle une photo de Marcia et Dianne. Avant de mourir, elle avait dit à Thea : « Je vais enfin savoir ce qui est arrivé à Marcia. »

John et Johanna Ryan sont à ce jour décédés. Mark, l’un des frères de Marcia, est également décédé depuis. Paul et Tony, les deux derniers de la fratrie, espèrent toujours connaître la vérité sur le destin de Marcia et Ziggy, qui ont mystérieusement disparu sur l’autoroute australienne durant cette nuit d’août 1996.

La disparition inquiétante de John Bui Tran.

John est né le 11 novembre 1976 à Saigon, au Vietnam. Alors qu’il n’est qu’un enfant, il déménage avec sa famille aux Etats-Unis et s’installe à West Covina, en Californie, avant d’être naturalisé américain. John vit une enfance et une adolescence heureuse, entouré de sa famille et de ses amis. Il est décrit comme un jeune homme extraverti et avenant, toujours souriant et de bonne humeur.

John souhaitait devenir scénariste pour le cinéma et la télévision. De ce fait, il déménage durant l’été 2004 à Dorchester, dans l’Etat du Massachusetts, afin d’étudier les arts libéraux au Quincy College. Afin de pouvoir payer l’appartement qu’il louait, il a également commencé un travail à temps partiel dans un magasin de fournitures pour animaux de compagnie. Les personnes qui l’ont fréquenté durant cette période se souviennent de lui comme d’un jeune homme sociable, studieux et généreux qui avait pour habitude de faire des dons de sang à la Croix Rouge américaine. Certains étudiants le voyaient chaque jour faire du vélo autour du campus.

Le 2 avril 2005, John participe à une fête qui a lieu à Randolph, plus précisément sur l’Avenue Mitchell. Il y a très peu d’informations sur ce qui s’est passé durant cette fête, mais après cet événement John a soudainement cessé de donner des nouvelles à ses proches, ce qui était inhabituel. Inquiète, sa mère finit par contacter Chiến Nguyen, le meilleur ami de John. Les deux amis vivaient non loin l’un de l’autre et avaient pour habitude d’être régulièrement en contact. Lorsque la mère de John lui révèle qu’il n’a plus donné signe de vie, Chiến comprends immédiatement que quelque chose de grave a pu se passer.

Peu d’informations sur la suite de l’enquête sont disponibles. Des sources révèlent que les collègues de travail de John étaient également présents à la fête et qu’ils étaient les derniers à l’avoir vu avant qu’il ne disparaisse. Malgré des recherches et des appels à témoin, personne n’a plus revu John par la suite. Ses proches ont tenté de le chercher par leurs propres moyens mais sans succès. Aucun indice ne sera retrouvé. C’est comme si John avait soudainement disparu de la surface de la Terre.

Plusieurs années vont passer sans aucun rebondissement. En octobre 2021, le FBI a organisé de nouvelles fouilles dans l’arrière-cour de la maison où la fête avait eu lieu, mais les résultats de ces fouilles sont à ce jour inconnus. Malgré le manque d’avancée dans l’enquête, la famille de John continue de collaborer avec le FBI.

Depuis ce 2 avril 2005, la famille de John vit dans l’incompréhension et la douleur. Ils craignent qu’il ait été victime d’un acte criminel. Ils ne pensent pas que John ait pu disparaître de lui-même, car il avait déménagé dans le Massachusetts pour commencer une nouvelle vie et tout semblait aller pour le mieux. Il était également très proche de sa famille et avait pour habitude de leur donner des nouvelles régulièrement. Il ne souffrait apparemment d’aucune maladie mentale qui aurait pu le pousser à fuir.

Les collègues de John présents à la fête ont-ils été témoins de quelque chose d’étrange ? Ont-ils quelque chose à se reprocher et ont-ils fait le choix de se taire ? Qui aurait pu s’en prendre à John et pourquoi ? Il n’était pas impliqué dans des histoires de drogues ou d’argent et il n’était pas connu pour avoir des ennemis. Cependant, il est possible qu’il ait pu rencontrer des personnes malintentionnées durant cette fête. S’est-il retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment ?

Son meilleur ami Chiến reste également très marqué par la disparition de John. Les deux hommes ont grandi ensemble en Californie avant de se retrouver au Massachusetts pour leurs études. Chiến avait vu John avant qu’il aille à cette fête d’où il ne reviendra jamais, et il n’aurait jamais pensé que ce serait la dernière fois qu’il verrait son meilleur ami. « J’ai grandi avec John et j’ai beaucoup de bons souvenirs avec lui. Il me traitait comme si j’étais son petit frère, il a toujours pris soin de moi et de tout le monde. […] John n’a jamais quitté mon esprit, il est toujours dans mon coeur et j’ai toujours pensé à lui depuis. »

Le FBI offre une récompense de 10 000$ pour toute information pouvant résoudre la disparition de John, dont le sort demeure toujours incertain.

L’affaire Kirsa Jensen : disparue lors d’une promenade à cheval.

Née le 15 décembre 1968, Kirsa Mary Jensen était la fille de Dan et Robyn Jensen. Elle avait également un frère nommé Michael. La famille vivait à Napier, une ville située sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Robyn décrit Kirsa comme une adolescente timide, généreuse et dévouée aux autres. Elle était également une grande défenseuse des animaux.

Elle essayait toujours de prendre soin d’animaux en difficulté et elle faisait également du bénévolat dans une clinique vétérinaire. Kirsa possédait un cheval nommé Commodore, qu’elle adorait et qu’elle entraînait pour participer à des concours. Son rêve était d’intégrer l’équipe équestre néo-zélandaise, et elle souhaitait également rejoindre l’Université Messey pour devenir vétérinaire.

Kirsa et son cheval Commodore.

A la fin du mois d’août 1983, la pluie était présente sur la région, empêchant Kirsa de s’entraîner avec son cheval. Le 1er septembre, le soleil a refait surface et Kirsa comptait profiter du beau temps en faisant une promenade à vélo avec une amie après l’école. Cette amie va finalement annuler le rendez-vous, mais Kirsa va quand même prendre la décision d’aller se promener avec Commodore le long de la plage d’Awatoto, un lieu qu’elle a l’habitude de fréquenter. Elle quitte son domicile aux alentours de 14h45 et dit au revoir à sa mère, précisant qu’elle rentrerait bientôt. A ce moment-là, Robyn ne se doute pas un instant que ce serait la dernière fois qu’elle verrait sa fille.

Vers 17h, Kirsa n’est toujours pas revenue et Robyn l’attend fébrilement. Elle finit par prévenir la police quelques minutes plus tard, alors que sa fille est toujours absente. Les policiers partent directement en direction de la plage d’Awatoto pour chercher l’adolescente de 14 ans. Ils retrouvent rapidement Commodore en train d’errer seul près de la rivière Tutaekuri, mais il n’y avait aucune trace de Kirsa.

Reconstitution policière avec le cheval Commodore.

Des empreintes de sabots, des morceaux de brides et une corde ont été retrouvés aux alentours de la plage, près d’un ancien emplacement de canons datant de la Seconde Guerre Mondiale, ce qui pouvait suggérer que Kirsa s’était bien rendue à cet endroit avec son cheval. Les recherches vont durer jusque tard dans la nuit, puis vont reprendre le lendemain. Des bénévoles vont également participer aux recherches et la rivière Tutaekuri sera fouillée par des plongeurs, en vain. Une récompense de 5000$ était offerte pour toute information pouvant mener à l’adolescente, avant de monter jusqu’à 30 000$ grâce aux dons publics.

La disparition de Kirsa va faire grand bruit dans ce coin tranquille, et les policiers vont rapidement soupçonner un enlèvement. « […] C’était une affaire tellement énorme. En grande partie parce qu’il s’agissait d’une écolière de 14 ans et que c’était inhabituel. C’était au-delà de la croyance du public. C’est resté à la une du journal pendant un mois », avait déclaré l’inspecteur Ian Holyoake.

Deux témoins faisant du surf diront avoir vu une jeune fille marcher le long de la plage en tenant un cheval par les rênes, ce 1er septembre vers 16h20. Un autre témoin nommé William John Russell va se manifester, disant avoir aperçu Kirsa parler avec un homme près d’un pont non loin de l’emplacement des canons, vers 16h30. Il décrit l’homme comme étant caucasien, chauve, mesurant environ 1m80 et ayant entre 45 et 50 ans. Ils se tenaient près d’une fourgonnette blanche aux côtés marrons. Malgré les recherches, cet homme et la fourgonnette ne seront pas retrouvés.

Toujours selon les dires de Russell, il aurait dépassé Kirsta et l’homme avant de revenir sur ses pas, ayant un mauvais pressentiment. Il aurait alors retrouvé Kirsa avec du sang sur le visage, et l’homme à la fourgonnette avait disparu. Il serait allé la voir et Kirsa lui aurait assuré qu’elle allait bien, qu’elle était juste tombée de son cheval et que ses parents étaient en route pour venir la chercher. Russell serait donc rapidement rentré chez lui, chose qui sera corroborée par ses voisins qui diront l’avoir vu rentrer peu après 16h30.

Les enquêteurs vont rapidement jeter leurs soupçons sur Russell. Des détails ne semblent pas coller dans son récit. Les parents de Kirsa ont notamment précisé plus tard qu’ils n’avaient jamais été prévenus que leur fille avait été blessée, contrairement à ce qu’elle aurait prétendument dit à John Russell. Le jour de la disparition de Kirsa, d’autres témoins ont aperçu Commodore entre 16h40 et 16h45, mais l’adolescente n’était pas avec lui.

Les enquêteurs vont davantage se pencher sur Russell après avoir découvert d’autres détails étranges. Les morceaux de bride et la corde retrouvés correspondaient à ceux utilisés pour attacher Commodore, mais la corde n’appartenait pas à Kirsta. Il s’agissait du même style de corde utilisée dans le verger où travaillait Russell. Il a admis que la corde lui appartenait mais il n’a pas su expliquer pourquoi Kirsa possédait cette corde.

John Russell avait purgé une peine de prison pour viol dans les années 1970 mais semblait ne plus avoir eu de démêlés avec la justice depuis, bien qu’il semblait souffrir d’instabilité mentale. Les enquêteurs sont allés fouiller sa voiture et sa maison en vain. En revanche, quelques mèches de cheveux de Kirsa ont été retrouvées dans sa voiture, mais il a été supposé qu’il pouvait s’agir d’un transfert puisqu’il s’était retrouvé en présence de Kirsa.

Les enquêteurs ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour inculper Russell. Cependant, sa santé mentale s’est davantage détériorée suite à la disparition de Kirsa et il a eu des comportements et des propos étranges durant les années qui ont suivi. Il a été interné dans un hôpital psychiatrique dont il s’est échappé en 1985. Durant sa fuite, il s’est rendu au commissariat pour voir l’inspecteur Holyoake. Il semblait bouleversé et confus, il se parlait à lui-même et disait des choses inquiétantes, comme quoi il avait « peut-être » tué Kirsa. Compte tenu de son état mental défaillant, ses aveux ont été considérés avec prudence et il a été renvoyé en hôpital psychiatrique, où il s’est finalement rétracté sur ses déclarations. William John Russell s’est suicidé en 1992 alors qu’il était toujours interné. Il n’a laissé aucune note expliquant son geste, emportant ses secrets dans la tombe.

Le 19 juin 1987, la petite Teresa Cormack, 6 ans, originaire de Napier, a disparu sur le chemin de l’école et son corps a été retrouvé quelques jours plus tard. Elle avait été violée avant d’être tuée. De l’ADN a été retrouvé sur son corps et l’évolution de la science a permis de mener jusqu’à son assassin, Jules Mikus, arrêté en 2002 et condamné à la prison à vie. Cette affaire avait redonné de l’espoir aux enquêteurs et à la famille de Kirsa, qui espéraient que le progrès de la science permettrait de les aider à la retrouver. En 2012, des ossements trouvés dans la région où Kirsa a disparu ont été analysés, avant de conclure qu’ils n’appartenaient pas à l’adolescente.

Le mémorial de Kirsa.

Touchée par cette disparition, la communauté locale a créé un mémorial au dernier endroit où Kirsa a été vue. « Je n’ai jamais oublié Kirsa Jensen et je ne l’oublierai jamais. Je vis toujours dans l’espoir qu’un jour quelqu’un dira quelque chose qui nous mènera là où elle se trouve, ce qui apporterait un certain soulagement à la famille. », a déclaré l’inspecteur Holyoake. Bien qu’il soit désormais à la retraire, il continue de visiter le mémorial dédié à Kirsa avec d’autres policiers qui ont travaillé sur l’affaire. Il se demande toujours si John Russell avait quelque chose à se reprocher et si sa culpabilité avait aggravé sa santé mentale au point de se suicider.

Quarante ans plus tard, le dossier de Kirsa Jensen est toujours ouvert. Malgré le temps qui passe, sa famille espère toujours découvrir ce qui lui ait arrivé ce 1er septembre 1983. « Une mère n’oublie pas son bébé. Jusqu’au jour de ma mort, je continuerai d’espérer. Je ne perdrai jamais espoir. » a déclaré Robyn Jensen.

Elisabeth Mandala : retrouvée morte mystérieusement au Mexique.

Elisabeth est née le 13 mars 1992 aux Etats-Unis. Elle est décrite comme une jeune femme sociable, aventureuse et passionnée par les chevaux dont elle s’occupait dans le ranch où elle vivait. Elle était scolarisée au lycée Kempner dans la ville de Sugar Land, au Texas, et était une élève studieuse et appréciée. Elle faisait parti d’une fratrie de quatre enfants et ses parents étaient divorcés. Son père, Robert, a des origines italiennes et sa mère, Paula, est une immigrée du Mexique.

Elisabeth avait une vie bien remplie. Elle était une fêtarde qui sortait souvent avec ses amis, elle jouait également dans l’équipe de football de son lycée, était membre du Future Farmers of America – une organisation qui soutient l’enseignement agricole – elle s’occupait des chevaux de son ranch et parvenait même à avoir de bons résultats scolaires. Elle travaillait dur en espérant pouvoir rejoindre l’université et devenir vétérinaire.

En fin d’année 2009, Elisabeth a accompagné son père en Italie pour rendre visite à une partie de sa famille et passer le Nouvel An avec eux. Durant ce séjour, la jeune fille va se donner un nouvel objectif : économiser suffisamment d’argent pour rejoindre une université à Rome. Elle allait bientôt obtenir son diplôme d’études secondaires et voulait à tout prix gagner de l’argent rapidement pour atteindre son objectif. Elle va ainsi prendre part à ce qui s’apparentait à une arnaque en ligne pour gagner de l’argent au plus vite.

Peu après, Elisabeth va laisser de côté cette activité et va travailler dans un restaurant comme serveuse, mais également en tant que danseuse exotique dans un établissement haut de gamme de Pasadena, au Texas. Elle va rapidement devenir une des danseuses les plus populaires de l’établissement. Selon certaines sources, les proches d’Elisabeth n’étaient pas au courant de cette double vie, mais un rapport affirme que sa mère avait elle-même décrit aux autorités les activités de sa fille dans cet établissement.

Elisabeth avait également fait savoir qu’elle voulait devenir « coyote », c’est-à-dire une personne qui aide à faire passer clandestinement des immigrants à la frontière américano-mexicaine. Elle avait eu cette idée dans le but de se faire davantage d’argent, mais ses proches ont précisé qu’elle semblait plaisanter et ne l’ont pas vraiment prise au sérieux.

Le mardi 27 avril 2010, Elisabeth rejoint le Mexique en voiture sans prévenir sa mère, lui disant simplement qu’elle partait quelque part et qu’elle reviendrait demain. Le lendemain, Paula découvre que sa fille ne s’est pas rendue à l’école de la journée. Elle parvient à la contacter et Elisabeth tente de la rassurer en lui disant qu’elle se trouve actuellement au Mexique et qu’elle reviendrait jeudi, sans donner plus d’explication.

Certains de ses amis avaient tenté de couvrir son absence au lycée, mais ils ont affirmé ne pas avoir eu davantage de nouvelles. Paula était en colère car Elisabeth n’avait pas le droit de partir comme cela sans demander la permission. Le père d’Elisabeth va également la contacter pour lui rappeler qu’il était dangereux d’être au Mexique seule et qu’elle devait rentrer, mais Elisabeth était déterminée à finir ce qu’elle avait commencé là-bas.

Ce n’était pas la première fois qu’Elisabeth prenait ses parents au dépourvu. Sa soeur aînée Adriana a révélé que lorsque Elisabeth était âgée de 13 ans, elle avait commencé à se rebeller, fuguant de chez elle sans dire où elle allait et étant parfois hébergée par des amis ou par sa soeur aînée. Quand elle avait 16 ans, Elisabeth avait séché l’école avec une amie et n’était pas rentrée à la maison. A ce moment-là, Paula, qui était inquiète pour sa fille et qui ne savait pas où elle se trouvait, avait déposé un rapport de personne disparue mais Elisabeth était finalement revenue le lendemain. Durant cette période, Elisabeth s’était beaucoup rapprochée de sa soeur Adriana. Mais peu avant le drame, les deux soeurs s’étaient disputées et elles n’ont pas eu le temps de se réconcilier.

Le 1er mai, les parents d’Elisabeth signalent sa disparition aux alentours de midi, car ils ne parvenaient pas à la contacter. Et c’est alors qu’ils apprennent le pire : le corps sans vie d’Elisabeth a été retrouvé cette même journée vers 6h du matin. Elle a été retrouvée gisant sur la banquette arrière d’une camionnette Dodge Dakota, qui se situait dans l’Etat mexicain Nuevo León, le long d’une autoroute près de la ville de Mina. La camionnette était immatriculée au Texas, et Elisabeth n’était pas seule à l’intérieur. Deux autres corps ont également été retrouvés, identifiés plus tard comme étant Dante Ruiz Siller, un commerçant âgé de 38 ans, et Luis Angel Estrella Mondragón, un chauffeur de taxi âgé de 44 ans, tous deux originaires de Cuautitlán, dans l’Etat de Mexico. Les policiers ont découvert qu’ils possédaient de fausses pièces d’identité.

Le camionnette était entrée en collision avec un autre véhicule dont le conducteur n’a pas été blessé, et les enquêteurs ont estimé que l’accident n’avait pas été assez violent pour provoquer la mort de trois personnes en même temps. Après l’autopsie, il a été révélé que les trois victimes présentaient des blessures importantes au niveau du crâne, mais que cela ne pouvait pas correspondre aux blessures qu’un accident aussi minime aurait pu provoquer. Le médecin légiste a estimé que les victimes avaient été battues à mort environ dix heures avant l’accident. Les enquêteurs ont également découvert qu’une grosse pierre avait été posée sur l’accélérateur de la camionnette, la lançant à toute vitesse sur la route. Les autorités ont donc soupçonné un meurtre camouflé en accident.

La police de Houston n’avait pas les compétences pour enquêter jusqu’au Mexique et l’affaire a donc été transférée aux autorités mexicaines, mais ils n’ont malheureusement trouvé aucune piste et ont rapidement clos le dossier d’Elisabeth. A ce jour, on ne sait toujours pas pourquoi Elisabeth se trouvait dans cette camionnette avec ces deux hommes, ni s’ils se connaissaient, ni par qui ils ont été tués. On ne sait pas non plus pourquoi elle s’est rendue au Mexique, mais sa famille soupçonne un lien avec l’activité de « coyote » dont elle avait parlé. Par la suite, la famille d’Elisabeth a fait rapatrier son corps jusqu’aux Etats-Unis pour lui offrir des funérailles. Elle repose désormais au cimetière Forest Park Westheimer à Houston.

La mort d’Elisabeth a été un énorme choc pour sa famille mais également pour tous les élèves de son lycée, où elle était appréciée. « Cela a affecté tout le monde. Il y avait des gens qui pleuraient au milieu de la classe, dans presque tous les cours où je suis allée. » avait déclaré une camarade de classe à la chaîne KHOU-TV. Une autre élève avait écrit sur Facebook : « J’ai pleuré en regardant les informations sur toi. Personne, surtout toi, ne méritait ce qui s’est passé. Mais je sais que tous tes amis et tes proches, moi y compris, prient pour toi, et je sais qu’en fin de compte, Dieu servira Sa justice. »

On ne connait toujours pas les raisons qui ont poussé la jeune fille à se rendre au Mexique avant de trouver la mort dans des conditions suspectes. Elisabeth menait-elle une double vie ? A-t-elle été contactée par des personnes qui l’ont impliquée dans des activités qui la dépassaient ? Avait-elle un lien avec les deux hommes retrouvés morts à ses côtés ? Depuis 2010, la mort d’Elisabeth Mandala reste un mystère.

La mort de Mary Pewitt : ses filles la retrouvent assassinée.

Mary Elizabeth Morgan Pewitt est née le 22 février 1963. Elle était la fille de David et Elizabeth Morgan. Elle vivait à Comanche, une petite ville de 1500 habitants située dans l’Etat américain de l’Oklahoma. Elle était décrite comme une femme gentille et déterminée, qui avait également un fort caractère. Elle n’avait pas peur de se confronter aux gens s’il le fallait, mais elle pouvait aussi se montrer attentionnée et serviable envers ses proches.

A l’âge de 16 ans, Mary s’est mariée à son amour de jeunesse, Ricky Tidwell. Ils ont rapidement divorcé et Mary s’est ensuite mariée à un homme nommé Tim Allen. Après quelques années, le couple va prendre la décision de se séparer. Par la suite, elle a rencontré Stanley Pewitt, qui sera son troisième et dernier mari. Au moment de la mort de Mary, ils étaient séparés mais pas officiellement divorcés. Mary était également mère de deux filles, Kira et Amber.

Mary et sa fille Kira.

Mary a d’abord travaillé en tant qu’infirmière dans une maison de retraite, mais a dû arrêter suite à un accident de travail : un patient en surpoids lui ai tombé dessus et cela lui a causé de grosses lésions au dos qui ont nécessité une intervention chirurgicale. Cet événement a beaucoup affaibli la santé de Mary qui ne pouvait plus reprendre son travail d’infirmière. Cela a été un coup dur pour elle car elle avait du mal à joindre les deux bouts, mais elle faisait toujours en sorte de donner le meilleur d’elle-même pour ses filles.

Kira et Amber gardent des doux souvenirs de leur enfance à Comanche avant le drame. « C’était l’Amérique des petites villes. Tout le monde connaissait tout le monde. C’était très communautaire.» dira Kira à Dateline. « Notre maison était adossée au terrain de jeu, nous avions donc notre propre terrain de jeu essentiellement dans notre jardin. » Les filles rajoutent que leur mère était comme leur meilleure amie. Mary s’amusait à tester toutes sortes de coiffures sur ses filles et elles aimaient cuisiner ensemble toutes les trois.

Mary a fini par trouver un poste de serveuse dans le seul bar de la ville, le Harold’s Club. Ce n’était pas un emploi qui la passionnait, mais ses problèmes de santé avaient limité ses choix de carrière et elle ne pouvait pas se permettre de refuser un travail, car elle avait des enfants à nourrir. La beauté de Mary suscitait souvent des convoitises de la part des clients, et certains hommes se permettaient des gestes et des paroles déplacées envers elle. Cela ne faisait que treize jours qu’elle travaillait dans ce bar avant qu’elle ne trouve la mort.

Mary plus jeune.

En début de soirée du 3 juin 1988, Mary dépose ses filles Kira, 7 ans, et Amber, 6 ans, chez ses parents pour commencer son quart de travail. David et Elizabeth Morgan vivaient également à Comanche, et de ce fait, Mary et ses filles les visitaient souvent. Ce jour-là, il était prévu que Kira et Amber passent la nuit chez leurs grands-parents puis qu’elles soient déposées chez leur mère le lendemain matin. A minuit, Mary effectue seule la fermeture du bar puis elle se rend au domicile de son patron pour déposer les reçus, avant de rentrer chez elle.

Ce 4 juin 1988, Elizabeth, Kira et Amber se réveillent tôt. Il était prévu qu’Elizabeth déposent ses petites-filles chez Mary avant de se rendre à une réunion. Elizabeth arrive au domicile de sa fille vers 6h30. Directement, Kira et Amber courent jusqu’à la porte d’entrée et toquent, mais Mary ne vient pas leur ouvrir. Les petites filles décident de faire le tour de la maison, et en regardant par la fenêtre de la chambre de Mary, elles découvrent leur mère allongée sur son lit, inerte, et recouverte de sang.

Choquées, les petites filles retournent voir leur grand-mère qui attends devant la porte. Amber lui dit : « Je ne peux pas réveiller maman, elle est recouverte de sang. » En panique, Elizabeth rentre précipitamment dans la maison et se dirige directement dans la chambre de Mary. Elle y découvre sa fille allongée sur son lit et ensanglantée. Mary ne portait pas de pantalon ni de sous-vêtements, et était uniquement vêtue d’un t-shirt et de chaussettes.

Elizabeth eut l’espoir que sa fille était encore en vie car certaines parties de son corps étaient toujours chaudes, mais elle dû se rendre à l’évidence que Mary était bel et bien morte. Sous le choc, Elizabeth retourne dehors auprès de ses petites-filles et parvient à prévenir les secours. L’autopsie a révélé que Mary avait été poignardée une trentaine de fois au cou et à la poitrine, ses mains et ses bras présentaient des blessures qui laissaient supposer qu’elle s’était défendue. Il a été déterminé qu’elle n’avait pas été agressée sexuellement, bien qu’il soit étrange que la jeune femme ait été trouvée à moitié nue. Un rapport toxicologique a révélé qu’il n’y avait ni drogue ni alcool présent dans le corps de Mary.

Un témoin a affirmé avoir aperçu Mary vers 1h du matin le 4 juin. Elle se tenait sur le porche de sa maison et faisait partir un homme de chez elle. On apprendra peu après que cet homme était Randy Benson. Selon Kira, Mary et Randy se fréquentaient depuis quelques mois. Lorsqu’il sera interrogé, Randy a confirmé qu’il avait rejoint Mary chez elle après son quart de travail et qu’il était resté chez elle jusqu’à 00h45, niant l’avoir tuée. Bien qu’il était la dernière personne à avoir vu Mary en vie, les enquêteurs ont estimé qu’il n’y avait pas assez de preuves pour l’inculper.

Les policiers vont ensuite s’intéresser aux ex-maris de la jeune femme. Ricky Tidwell ne se trouvait apparemment pas à Comanche au moment du meurtre, son alibi ayant été corroboré par sa mère. En ce qui concerne Tim Allen, la situation semblait plus tendue. Un rapport de police avait enregistré une altercation entre Tim, sa nouvelle femme Lynn et Mary peu avant le meurtre. Ils se seraient tous les trois battus dans le jardin de Mary, sous les yeux de Kira et Amber. Le motif de cette bagarre concernait apparemment la garde des enfants. Mary aurait ensuite poignardé Tim à la main en représailles, mais il a affirmé qu’il n’était pas allé voir la police pour cela. Quant à Stanley Pewitt, il était incarcéré au moment du meurtre, mais les parents de Mary ont affirmé qu’il s’était déjà montré violent avec elle.

Mary et une de ses filles.

L’agent spécial du Bureau d’enquête de l’État d’Oklahoma, Ray Homer, a déclaré que la plus grosse difficulté dans cette affaire est qu’il y avait trop de suspects potentiels. Entre un amant, les ex-maris et les hommes qui s’intéressaient à Mary, la liste était assez longue. Mary a-t-elle été tuée par un admirateur dont les avances ont été repoussées ? Etait-ce quelqu’un qu’elle connaissait ? Ou a-t-elle été tuée par une épouse jalouse ? Le fait que Mary n’ait pas été agressée sexuellement peut donner du crédit à cette dernière théorie.

Mary attirait l’attention des hommes grâce à sa beauté, peut-être a-t-elle été tuée par une épouse jalouse de l’intérêt que son mari pouvait porter à la jeune femme. Le fait que Mary ait été retrouvée à moitié nue alors qu’il n’y a pas eu d’agression sexuelle était peut-être une volonté de l’humilier. Pour rappel, Mary aurait été poignardée une trentaine de fois, et lorsqu’un tueur s’acharne autant, c’est qu’il ressent une forte haine ou rancoeur envers sa victime. Etait-ce donc l’oeuvre macabre d’une femme jalouse, d’un homme n’ayant pas supporter un refus ou d’un ex-mari en colère ?

Cependant, Tim Allen reste un suspect intéressant dans cette affaire. En effet, en plus de se disputer la garde des enfants avec Mary, il devait également lui verser des milliers de dollars dans le cadre d’un règlement d’indemnisation des accidents du travail. La nuit où Mary a été tuée, Tim avait appelé chez David et Elizabeth pour demander s’ils gardaient les enfants cette nuit-là, et c’était quelque chose qu’il ne faisait pas habituellement.

Un peu plus tard dans la nuit du meurtre, un voisin a aperçu une camionnette se garer devant la maison de Mary. Une femme en est descendue et s’est dirigée vers la maison, mais il n’a pas pu voir de qui il s’agissait, ni ce qu’elle faisait. Il pense avoir aperçu une autre personne dans la camionnette, mais le voisin n’a pas pu identifier correctement ces personnes ni le véhicule à cause de l’obscurité. Lorsque les enquêteurs ont demandé à Tim et Lynn Allen de soumettre leur ADN, ils ont refusé et ont déménagé au Texas.

Après la mort de Mary, Tim et Lynn ont obtenu la garde de Kira et Amber qui sont parties vivre avec eux au Texas. Les filles gardent des souvenirs moroses de la période qui a suivi. Elles avaient l’interdiction de parler de leur mère ou de garder des photos d’elle, et elles étaient forcées de dire aux gens que Mary était morte d’un cancer. De plus, lorsqu’elles entendaient Tim et Lynn parler de Mary, c’était uniquement pour dire des choses négatives. En grandissant, elles ont également entendu des rumeurs de trafic de drogue qui entouraient la mort de Mary, et en se renseignant elles ont apprit qu’aucune trace de drogue n’avait été trouvée dans le corps de leur mère, ni dans sa maison.

David Morgan s’est battu jusqu’au bout pour rendre justice à Mary. En espérant pouvoir résoudre le meurtre de sa fille, il a commencé des études en justice pénale et a obtenu son diplôme. Il a par la suite commencé sa propre enquête en solitaire. Malheureusement, David et Elizabeth sont décédés sans jamais savoir qui a tué leur fille.

A ce jour, on ne sait toujours pas qui a tué la jeune mère de famille. Des empreintes digitales ont été trouvées dans la maison de Mary et ont été enregistrées dans la base de données du FBI, et un échantillon ADN a également pu être récupéré sur la scène de crime, mais ils n’ont pu être liés à personne pour le moment. La plupart des suspects sont aujourd’hui décédés, mais Kira et Amber ont toujours l’espoir que le temps et le progrès de la science parviennent à résoudre le meurtre de leur mère.

L’affaire Ludovic Janvier : enlevé sous les yeux de ses frères.

Ludovic JANVIER enlevé à Saint-Martin-d\'Hères (38) | ARPD

Ludovic était l’un des quatre enfants du couple formé par Jean-Bernard et Maryline Janvier. Il avait un grand frère, Jérôme, ainsi qu’une soeur et un frère cadets, Virginie et Nicolas. La famille Janvier était originaire de Sarthe, dans le grand Ouest de la France. Ludovic est décrit comme un petit garçon gentil, affectueux et particulièrement proche de son grand frère Jérôme, avec qui il n’a qu’un an d’écart.

Au mois de février 1983, la famille déménage à Saint-Martin-d’Hères, une ville située au sud-est de Grenoble, dans l’Isère. Ils vivaient chez une tante en attendant de trouver un nouvel appartement. Seule Virginie était restée vivre temporairement chez sa grand-mère dans le Mans, attendant que ses parents soient mieux installés pour les rejoindre.

Le jeudi 17 mars 1983, les enfants Janvier se trouvent chez leur tante, chez qui ils sont hébergés avec leurs parents. Vers 18h30, alors que Jérôme, 7 ans, et Ludovic, 6 ans, font leurs devoirs, leur père leur demande d’aller lui chercher des cigarettes au buraliste qui se trouve à une centaine de mètres du domicile. Leur petit frère Nicolas, 2 ans, insiste pour les accompagner et leurs parents acceptent.

Jérôme et Ludovic

Après avoir acheté les cigarettes, les trois frères profitent d’être dehors pour s’amuser ensemble. Ils vont trouver un caddie de supermarché abandonné et vont y mettre Nicolas dedans pour le pousser. Dans le processus, le petit garçon se râpe les doigts contre un mur. Un homme témoin de la scène va voir les garçons pour leur demander de faire attention à leur frère, puis s’en va.

Lorsque les trois garçons se lassent de jouer avec le caddie, ils prennent le chemin en direction du domicile de leur tante pour ramener les cigarettes achetées. Alors qu’ils atteignent la place de la République, un autre homme vient vers eux. Jérôme le décrit comme portant un bleu de travail, des chaussures de sécurité et portant un casque de moto sur la tête. L’homme les aborde et leur dit qu’il a perdu son chien. Il demande aux garçons de l’aider à trouver son animal et qu’il leur offrirait des bonbons en contrepartie.

Les garçons ne se méfient pas car malgré son accoutrement étrange, cet inconnu semble sympathique. L’homme casqué propose que Jérôme et Nicolas partent d’un côté pour chercher le chien, tandis qu’il partirait dans l’autre sens avec Ludovic. De ce fait, l’homme attrape la main du petit garçon et l’emmène avec lui. Et tandis qu’ils s’éloignent, Ludovic tourne la tête derrière lui pour lancer un dernier regard à Jérôme. « Ludo n’a rien dit, c’était un gamin plutôt peureux. » racontera Jérôme, plusieurs années après. « Mais il m’a regardé en s’éloignant. J’ai vu son inquiétude dans ses yeux. Là, j’ai compris que j’avais fait une bêtise. »

Paniqué et ne sachant quoi faire d’autre, Jérôme attrape Nicolas par la main et fonce prévenir leurs parents. A ce moment-là, Nicolas est beaucoup trop jeune pour comprendre la gravité de la situation. Lorsqu’ils arrivent au domicile, Jérôme, en panique et essoufflé, annonce à ses parents qu’un homme est parti avec Ludovic. Jean-Bernard et Maryline se mettent à crier et ils se précipitent dans la rue pour chercher leur fils, mais il n’y avait aucune trace de Ludovic et de l’homme casqué. La gendarmerie sera ainsi prévenue.

Pendant ce temps, Virginie se trouve chez sa grand-mère. Ce 17 mars 1983 est le jour de son cinquième anniversaire, mais son anniversaire va se transformer en cauchemar car il marque également le jour de l’enlèvement de son petit frère. C’est en regardant la télévision, où elle voit ses parents et ses frères passer aux informations, qu’elle apprend l’enlèvement de Ludovic.

Les enquêteurs tentent de recueillir des témoignages, mais personne d’autre n’a vu Ludovic en compagnie de l’homme casqué. L’enlèvement s’est pourtant déroulé dans un endroit entouré d’immeubles, mais c’est comme si l’homme et le petit garçons s’étaient volatilisés.

Les gendarmes entendent Jérôme qui leur donne un portrait-robot de l’homme. Ils vont même jusqu’à le chercher pendant qu’il est à l’école pour lui montrer des photos de potentiels suspects, mais cela ne donne rien. Quatre mois après l’enlèvement de Ludovic, le jeune Grégory Dubrulle, 8 ans, est enlevé à Grenoble le 9 juillet 1983. Il sera retrouvé dans une décharge le lendemain, vivant, mais dans un état déplorable. Entre 1980 et 1996, plus d’une dizaine d’enfants ont été enlevés ou tués en Isère, ce qui leur a valu le nom des « Disparus de l’Isère ».

Les disparus de l’Isère

Un mois après l’enlèvement de Ludovic, l’officier de justice du tribunal de Grenoble reçoit un appel d’une personne anonyme. Cette personne prétend que Ludovic a été enlevé pour être adopté par un couple qui ne parvenait pas à avoir d’enfant. Mais dû aux faibles moyens des policiers à l’époque, ils ne sont pas parvenu à retracer la personne. Ce genre de piste est à prendre avec des pincettes, car il n’est pas rare que des charlatans donnent de fausses informations dans une enquête.

Au printemps 1985, le squelette d’un petit garçon est retrouvé dans une grotte du massif du Vercors. La famille Janvier apprend via la presse la découverte de ce squelette, qui est suspecté d’appartenir à Ludovic, disparu deux ans plus tôt. Cela a bouleversé la famille d’apprendre la nouvelle de cette manière, et Jérôme déplore que la justice les a laissés de côtés : « Il fallait que mes parents appellent pour savoir s’il y avait du nouveau. Mon père travaillait comme un fou pour payer les affiches de mon frère qu’on faisait imprimer et que ma mère allait ensuite placarder un peu partout. La justice nous a méprisés. »

A cette époque, il n’y avait pas les mêmes moyens scientifiques pour identifier l’ADN de ce squelette. Certains experts affirmaient qu’il pouvait s’agir de Ludovic tandis que d’autres experts affirmaient le contraire. Un premier non-lieu est prononcé en 1988.

Les prochaines années passent sans aucun rebondissement. Les enfants Janvier voient leurs parents sombrer dans le désespoir, au point de divorcer. Les enfants sont également témoins de rumeurs terribles sur leurs parents, qui sont accusés d’avoir vendu Ludovic à un prédateur. Dans cette ambiance morose, Jérôme, Virginie et Nicolas n’ont pas eu le choix que de continuer de grandir sans leur frère à leurs côtés.

En 1995, des gendarmes se présentent au domicile de Jean-Bernard Janvier. Ils disent qu’ils viennent au sujet de Ludovic. Jean-Bernard croit d’abord qu’ils viennent lui donner des nouvelles de son fils, mais ce n’est pas le cas. Les gendarmes accusent Ludovic de ne pas se rendre à son service militaire et qu’ils viennent donc le chercher. En proie au malaise, Jean-Bernard leur explique que son fils a été enlevé il y a plusieurs années, d’où le fait qu’il ne s’était pas rendu à son service militaire.

Jean-Bernard Janvier est décédé en 2007, sans jamais savoir ce qui était arrivé à Ludovic. « Il est mort de chagrin. Je l’ai vu peu de temps avant son décès et il m’a dit que Ludo lui parlait la nuit, qu’il l’entendait lui parler, et il pleurait. On aurait tant aimé qu’il sache avant de mourir ce qui était arrivé à son fils. » raconte Virginie.

La famille Janvier quelques années après l’enlèvement de Ludovic.

En 2010, une infirmière travaillant dans un hôpital de Reims contacte Virginie. Elle lui dit avoir croisé un homme ressemblant de manière troublante à Jérôme, qu’elle avait vu dans un reportage quelques semaines plus tôt, et elle pense qu’il pourrait s’agir de Ludovic désormais adulte. Suite à cela, Didier Seban et Corinne Herrmann, des avocats spécialisés dans les affaires de disparition non résolues, sont engagés par la famille. Ils vont ainsi demander une expertise ADN sur le squelette retrouvé en 1985, mais on leur a répondu que le squelette avait été détruit en 1998 sur ordre du parquet de Grenoble. Cela a été un énième coup dur à encaisser pour la famille de Ludovic.

En 2014, un nouveau non-lieu est prononcé par la justice, et les avocats ont fait appel de cette décision. En juin 2015, grâce à la ténacité de la famille, le dossier de Ludovic a été réouvert. Jérôme et Virginie ont aujourd’hui construit leur propre vie, ils ont chacun fondé une famille, mais ils sont toujours hantés par l’enlèvement de Ludovic. Ils continuent d’être actifs dans la recherche de leur frère. Nicolas, quant à lui, préfère rester éloigné des médias.

Malgré le temps qui passe, la douleur ne s’efface pas et Jérôme ressent toujours une immense culpabilité. « Ma mère nous habillait pareil, on dormait dans la même chambre, on avait les mêmes jeux, on faisait les mêmes bêtises. J’ai grandi avec ce sentiment de culpabilité. Car c’est moi qui l’ai laissé partir, je n’ai pas su le protéger. Je me souviendrai toujours du regard qu’il m’a lancé quand l’homme l’a emmené. » 

A ce jour, Ludovic Janvier n’a jamais été retrouvé.

Virginie et Jérôme avec une photo de Ludovic. (Source : France Bleu – Véronique Pueyo)

La disparition inexpliquée d’Haruchika Miyagi.

Haruchika Derk Miyagi, surnommé Haru, est né le 13 juin 1981. D’origine japonaise, il a grandit à American Fork, une ville située au sud de Salt Lake City, dans l’Etat américain de l’Utah. Il est décrit comme un homme sympathique, intelligent et passionné de technologie. Après avoir été diplômé de la Lehi High School, et il est parti étudier à l’Utah Valley University, la plus grande université de l’Utah.

Haruchika était très actif sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Facebook, LinkedIn, Twitter et YouTube. Il avait posté quelques vidéos de son quotidien avec ses amis, mais également des conseils sur comment gérer son argent. Il avait également fait des vidéos pour présenter son propre logiciel d’investissement, nommé Tensai. Haruchika semblait mener une vie bien remplie et sans histoires.

Le 3 décembre 2015, peu avant 21h, le jeune homme poste un message sur son profil Facebook :« Le pouvoir de donner est important. J’ai envie de donner autant que possible. Cela s’appelle le karma. » A ce moment-là, personne ne se doute que ce sera son dernier message.

Le 5 décembre 2015 vers 17h, une femme vivant dans un ranch équestre situé à Med Bar Road, à l’extérieur de Dewey, en Arizona, appelle le bureau du shérif du comté de Yavapai. Elle leur signale qu’une Mazda Protege 2002 rouge à quatre portes s’était garée sur sa propriété privée. Lorsque la femme était sortie de chez elle pour voir de qui il s’agissait, un homme est sorti du véhicule et lui a demandé s’il pouvait passer la nuit sur sa propriété. La femme a refusé, peu rassurée à l’idée de laisser un inconnu dormir chez elle, et elle lui a conseillé d’aller plutôt chercher un hôtel. L’homme, qui semblait calme, est alors rentré dans sa voiture. Mais au lieu de faire demi-tour, il s’est plutôt dirigé vers le nord de la grande propriété pour partir, percutant le portail au passage. Il s’est avéré plus tard que cet homme était Haruchika.

Cette même journée à 19h, la voiture d’Haruchika est retrouvée à une station de lavage, à seulement 1,6km de la propriété où il était entré. La voiture était fortement endommagée, probablement à cause du portail qu’elle avait percuté, mais son propriétaire était introuvable. Le téléphone portable d’Haruchika a borné une dernière fois près du ranch équestre à Dewey, avant de s’éteindre. Des policiers et des chiens pisteurs vont être déployés pour retrouver l’homme, mais sans succès. Haruchika ne donnera plus aucune nouvelle à personne. Ses réseaux sociaux, où il était habituellement très actif, sont désormais à l’abandon.

Pendant ce temps, dans l’Utah, les amis d’Haruchika avaient déjà prévenu les policiers du comté pour leur signaler sa disparition. Ils étaient inquiets car Haruchika ne s’était pas rendu au travail et était injoignable, ce qui était une chose inhabituelle. Malgré les recherches des policiers, le jeune homme restait introuvable.

Les proches d’Haruchika ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé cette journée-là. De plus, ils ne comprennent pas pourquoi il se trouvait en Arizona, il n’avait apparemment aucune connaissance dans cet Etat et n’y a jamais montré le moindre intérêt. Les hôpitaux de la région ont également été contactés, mais Haruchika ne s’y était pas rendu. Comme les chiens étaient incapables de détecter son odeur, on se demande si l’homme est monté dans un autre véhicule après avoir abandonné sa propre voiture. Si tel est le cas, connaissait-il cette personne qui l’a récupéré ? Ou s’agissait-il d’un inconnu qui lui aurait fait du mal ? Pourquoi était-il allé jusqu’en Arizona ?

On se demande si Haruchika était dans son état normal le jour où il a voulu trouver refuge dans le ranch équestre. Etait-il sous l’influence de drogues ? Haruchika n’était apparemment pas un consommateur de drogues et il n’avait jamais été mêlé à des histoires louches. Devait-il retrouver quelqu’un en Arizona ? Même si ses proches affirment qu’il ne connaissait personne là-bas, il est probable qu’il ait voulu y rencontrer quelqu’un pour une quelconque raison, mais aucune preuve n’a été trouvée à ce sujet.

Haruchika n’avait apparemment aucune raison de partir. Il avait un emploi stable, une maison, des projets, et il n’avait pas de problèmes d’argent. Mais peut-être avait-il une maladie mentale non diagnostiquée ? A-t-il été atteint d’une rupture psychotique ? Cela pourrait expliquer ses derniers instants un peu étranges, mais il ne s’agit que de théories parmi tant d’autres. A ce jour, Haruchika Miyagi n’a toujours pas été retrouvé.

Tuée au milieu du fjord : l’affaire Trude Espås.

Trude était une jeune norvégienne de 20 ans décrite comme souriante, attentionnée et soucieuse des autres. Fin juillet 1996, Trude obtient un emploi saisonnier en tant que femme de chambre à l’Union Hotel de la ville de Geiranger, située dans la région de Sunnmøre, en Norvège. Geiranger est réputé pour son panorama, où des randonnées et des croisières y sont effectuées par des milliers de touristes chaque année autour du fjord. Le fjord de Geiranger est un site classé à l’UNESCO depuis 2005.

Le 8 août 1996, la jeune Trude est aperçue par plusieurs touristes sur la rive nord-est du fjord, en train de lire un livre, assise sur un rocher. Roine et Birgitta Löf, un couple suédois, se trouve parmi ces témoins. A 17h, alors qu’ils effectuent une promenade, ils passent à côté du rocher où se trouve Trude, mais lorsqu’ils reviennent vers 18h, la jeune femme n’est plus là. Au même moment, Roine remonte légèrement le chemin du talus à proximité pour uriner, tandis que sa femme l’attends plus bas. C’est alors que le couple entend un cri.

Intrigué, Roine décide de monter un peu plus haut sur le chemin et s’enfonce dans la végétation, tandis que sa Birgitta l’attends toujours en bas. En remontant, à environ 30 ou 40 mètres au loin, il aperçoit un homme et ce qu’il suppose être une petite fille. La petite fille était allongée sur le sol et l’homme se tenait au-dessus d’elle.

L’homme a alors tourné son regard vers Roine et l’aurait regardé étrangement. Roine a supposé qu’il s’agissait seulement d’un père en train de jouer avec sa fille, et il est donc monté un peu plus haut pour finir d’uriner. Lorsqu’il est redescendu après un court instant, l’homme et l’enfant avaient déjà disparu. En rejoignant sa femme, il lui a raconté ce qu’il avait vu et lui a demandé si cet homme et cette fille étaient descendu dans sa direction, mais Birgitta n’avait vu personne.

Le lendemain, les collègues de Trude s’inquiètent de ne pas la voir se présenter à son quart de travail. C’était inhabituel car la jeune femme était une employée sérieuse et ponctuelle, et la police a donc été rapidement appelée. Son livre et son sac qu’elle avait avec elle avant de disparaître ont été retrouvés, mais il n’y avait aucune signe de Trude. Les policiers ont rapidement soupçonné un acte criminel.

Les affaires retrouvées de Trude.

Durant l’été, la ville de Geiranger attire de nombreux touristes locaux ou étrangers, et les policiers craignaient que des potentiels témoins aient pu partir sans avoir pu leur fournir de précieuses informations. Les recherches ont été infructueuses, mais le 19 août, alors qu’un couple se promenait près de l’endroit où Trude a été vue pour la dernière fois, ils ont senti une forte odeur nauséabonde.

Le couple a décidé de suivre l’odeur. Ils sont passés à l’endroit où l’homme et l’enfant avaient été vus quelques jours plus tôt par Roine, et ont continué sur 20 mètres. C’est alors qu’ils ont aperçu des chaussures dépassant d’un tas de rochers. Le couple a prévenu la police, et le corps de Trude a été découvert en dessous des rochers et de la végétation. Selon l’autopsie, la jeune femme a été violée et la cause de la mort serait l’asphyxie. Des cheveux inconnus furent retrouvés sur son corps, mais pas en assez grande quantité pour les analyser.

C’est alors que le couple suédois ayant aperçu Trude s’est manifesté pour apporter son témoignage. Roine a décrit l’homme qu’il avait vu avec la petite fille et qui se trouvait à seulement 20 mètres de l’endroit où le corps de Trude fut retrouvé. Il a décrit l’homme comme étant caucasien, brun, portant un polo rayé bleu et blanc ainsi qu’un short blanc, mesurant environ 1m85 et étant âgé entre 30 et 40 ans.

Portait robot du suspect.

Lorsque le portait robot fut rendu public, une femme s’est présentée à la police pour rapporter qu’elle avait croisé cet homme alors qu’elle se prélassait à 500 mètres de l’endroit où Trude a été vue pour la dernière fois. Elle a affirmé que l’homme était habillé de la même manière que sur le portait robot et qu’il l’avait observée étrangement pendant plusieurs minutes, avant de la rejoindre et de lui demander l’heure en allemand. Lorsqu’elle lui a répondu qu’il était 17h10, l’homme est parti en direction de l’endroit où se trouvait Trude.

Les policiers vont ensuite reconstituer la scène étrange de l’homme se tenant au-dessus d’une petite fille, telle qu’elle était décrite par Roine Löf. Avec le recul, Roine n’est pas totalement sûr qu’il s’agissait d’une petite fille, mais à cause de la distance il ne parvenait pas à distinguer précisément les individus. En revanche, il se souvient très bien du regard étrange que lui a lancé l’homme. « J’ai ces yeux juste devant moi. Des yeux un peu paniqués. C’est ce dont je me souviens. » racontera-t-il dans une interview.

Reconstitution de la scène selon le point de vue de Roine.

Parmi les milliers de visiteurs qui séjournent chaque jour à Geiranger, les policiers ont interrogé plus de 3000 touristes de 40 pays différents. Plusieurs d’entre eux ont rapporté avoir vu Trude sur le rocher en train de lire un livre, et diront qu’elle portait un T-shirt rouge. Les policiers ont également réquisitionné leurs appareils photos pour y trouver des indices. Parmi les nombreuses photos qu’ils vont analyser, une en particulier va attirer leur attention.

Il s’agit d’une photo prise en hauteur avec vue sur le fjord. Rien de particulier ne semble se démarquer du cliché, mais en zoomant en bas à droite, les enquêteurs ont pensé voir une personne non identifiée sur le rocher où Trude a été vue assise. La photo a été prise le 8 août 1996 à 17h15, soit le jour et la tranche horaire à laquelle Trude a été vue sur le rocher. Les policiers pensent qu’il pourrait s’agir de la dernière photo de Trude vivante.

Photo originale.
La silhouette supposée de Trude sur le rocher.

Lorsque les policiers vont fouiller la chambre de Trude, ils vont y retrouver son journal dans lequel elle écrivait des notes. A la date du 2 août 1996, Trude a écrit simplement « Allemand, béquilles. » Avait-elle rencontré un allemand en béquilles les jours précédant sa mort ? Pour rappel, la femme qui avait reconnu l’homme sur le portrait robot du suspect a affirmé qu’il avait parlé allemand. En revanche, aucun témoin n’a dit que l’homme avait des béquilles avec lui.

En 2017, le cas de Trude est apparu dans une émission allemande. Suite à cela, l’émission norvégienne Åsted Norge, qui traite des affaires criminelles, va recevoir un mail d’un certain Norbert Bartling. Norbert est un allemand qui était en vacances à Geiranger le 2 août 1996. Ce jour-là, il avait prit plusieurs photos qu’il va envoyer à l’émission. Parmi ces photos se trouve celle d’un homme non identifié, appuyé sur des béquilles.

Photo d’un homme inconnu, le 2 août 1996 à Geiranger.

Lorsque cette photo sera rendue publique, les journalises d’Åsted Norge vont se rendre à Geiranger pour interroger Camilla Rønneberg, qui les avaient contactés. En août 1996, Camilla avait 16 ans et travaillait dans un kiosque de Geiranger. Elle dira qu’elle avait vu cet homme agir étrangement dans les environs, puis qu’il était venu lui parler et lui poser des questions qui la mettaient mal à l’aise. Elle ajoutera que cet homme avait la cinquantaine, qui lui manquait une jambe et qu’il parlait couramment allemand. Trude faisait-elle référence à cet homme dans ses notes ?

Trude était une personne attentionnée et empathique, il est possible que son tueur ait pu l’attendrir en prétendant avoir besoin d’aide avec ses béquilles. Cependant, les policiers soulignent de la difficulté de maîtriser et tuer quelqu’un avant de cacher un corps tout en étant en béquilles. De plus, le suspect du portrait robot n’avait pas de béquilles avec lui, et son physique ne semble pas correspondre avec l’allemand en béquilles sur la photo. Il est important de savoir que les touristes allemands ne sont pas rares à Geiranger. A l’époque où Trude a été tuée, plus de 800 allemands ont été recensés dans la ville, et la plupart étaient des touristes qui n’étaient que de passage.

Le rocher où Trude a été vue pour la dernière fois.

Pour les enquêteurs, il est peu probable que Trude ait été agressée alors qu’elle était assise sur le rocher, car il se trouvait sur une route particulièrement fréquentée, et personne n’a rapporté avoir vu la jeune femme en compagnie de quelqu’un. Une théorie suggère que Trude s’est levée du rocher pour aller uriner plus loin, s’enfonçant dans la végétation à l’abri des regards, et c’est à ce moment-là qu’elle aurait rencontré une personne malveillante. Peut-être a-t-elle été attirée dans la végétation par une autre manière.

Il est également possible que Roine ait pu apercevoir Trude en compagnie de son tueur ce jour-là, alors qu’il pensait qu’il s’agissait d’un père avec sa fille. A ce jour, le doute subsiste toujours. Au fil des années, il a essayé de se remémorer plus de détails, en vain. Il trouve toujours étrange que ces deux personnes aient disparu si vite du chemin le temps qu’il fasse ses besoins naturels, et qu’ils n’ont pas été revus par la suite.

Malgré ces nouveaux témoignages et les années qui passent, il n’y a toujours aucune réelle avancée dans l’enquête. A ce jour, la mort de Trude Espås est toujours irrésolue.