
Christina Calayca, une jeune femme philippino-canadienne née le 19 décembre 1986, était la fille de Mario Calayca et Elizabeth Rutledge. Ses parents étant divorcés, elle avait grandi aux côtés de son frère cadet, Michael. Élevée dans la foi catholique, Christina était profondément investie dans sa religion et dans la vie communautaire.
Elle vivait à Toronto, dans le quartier de Cabbagetown, et travaillait à la garderie St. Bernadette, où elle s’occupait d’enfants après avoir obtenu son certificat en éducation de la petite enfance en 2006.
En parallèle de son emploi, Christina s’impliquait activement dans le mouvement chrétien Youth for Christ, où elle occupait un rôle de direction. Elle devait prochainement se rendre aux Philippines pour une mission humanitaire organisée par le mouvement, avant de partir en vacances au Panama avec sa famille. À son retour au Canada, elle avait prévu de reprendre des études pour devenir enseignante.
Christina est décrite par son entourage comme une jeune femme travailleuse, souriante et extrêmement sociable. Toujours prête à rendre service, elle était profondément dévouée à sa famille, à ses amis et aux enfants dont elle prenait soin.
Durant l’été 2007, Christina décide de partir en escapade improvisée avec sa cousine Faith Castulo, ainsi que deux amis, Joe Benedict et Edward “Eddy” Migue. Tous deux faisaient également partie du mouvement Youth for Christ, où ils avaient rencontré Christina et avaient noué une amitié solide. Le groupe prend la route le 5 août, à bord de la Honda CR-V appartenant à la mère de Christina, qui avait accepté de lui prêter sa voiture pour le voyage. Ils mettent le cap sur le parc provincial Rainbow Falls, situé dans le nord-ouest de l’Ontario, un site très prisé en période estivale.
À leur arrivée, leur emplacement initial, le site 72, leur est attribué, mais ils décident finalement de changer pour le site 88, situé plus près du lac Whitehead. En cette période de l’année, le parc attire de nombreux visiteurs et la plupart des campings sont occupés.
Après s’être installés, Christina et ses amis décident de se détendre et font une sieste vers 18 h 30. Ils se réveillent aux alentours de 22 h 30, puis allument un feu de camp autour duquel ils mangent, boivent et discutent. Plusieurs photos sont prises durant la soirée, dont la dernière connue de Christina, où on la voit assise près du feu.
Le groupe finit par se coucher vers 4h du matin. À 6h30, Christina et Eddy se réveillent. Malgré le peu de sommeil, les deux jeunes se sentent en forme et n’ont pas envie de se rendormir. Eddy accompagne alors Christina jusqu’au bloc sanitaire tout proche, avant que celle-ci ne lui propose d’aller courir avec elle. Il accepte, et ils se préparent tous les deux à partir pour un jogging matinal.

À ce moment-là, l’aube commence doucement à se lever. Tandis qu’ils effectuent leur jogging matinal, Christina et Eddy finissent par se séparer à une intersection située à l’entrée du parc. Eddy choisit de continuer du côté de l’autoroute 17, tandis que Christina s’engage sur un sentier menant aux cascades. Environ une heure plus tard, Eddy retourne au campement, où Faith et Joe dorment encore. Christina n’est toujours pas rentrée, mais il ne s’inquiète pas outre mesure, pensant qu’elle a simplement prolongé son jogging.
Joe et Faith se réveillent vers 9h30, et constatent à leur tour que Christina est toujours absente. Faith suppose d’abord que sa cousine souhaite profiter d’un moment seule pour marcher et qu’elle ne tardera pas à revenir. Mais à 11h, sans aucune nouvelle de Christina, l’inquiétude commence réellement à monter au sein du groupe.
Ils commencent à chercher Christina en empruntant le même chemin qu’elle, puis fouillent le sentier de Rainbow Falls ainsi que celui du lac Supérieur, mais sans succès. Ils retournent finalement au camping vers 13 h 40, puis repartent presque aussitôt poursuivre les recherches. Avant de quitter leur emplacement, ils laissent une note au cas où Christina reviendrait pendant leur absence.
Ils signalent ensuite sa disparition au personnel du parc. Celui-ci lance immédiatement des recherches préliminaires et leur conseille de contacter la Police provinciale de l’Ontario. La disparition de Christina est officiellement déclarée le 6 août 2007, à 14 h 00.
Une équipe d’intervention d’urgence se rend rapidement sur place, mobilisant quatre unités initiales. Très vite, près d’une centaine de policiers, pompiers et civils spécialement formés se joignent aux recherches. Le parc est fouillé méthodiquement à l’aide de chiens renifleurs, de caméras infrarouges, de GPS, de radars sous-marins, ainsi que d’hélicoptères et d’hydravions.
Les recherches vont s’étendre sur 17 jours, devenant la plus longue opération de recherche pour personne disparue jamais menée dans la région. Pourtant, malgré des moyens considérables et un terrain passé au crible, aucune trace de Christina n’est retrouvée.

La famille de Christina finit par installer un campement aux alentours de Thunder Bay afin de rester au plus près des recherches. Grâce au groupe Find Christina Calayca, Elizabeth parvient à récolter des fonds permettant de financer des recherches privées dans le parc Rainbow Falls.
Le 15 août, la famille organise une veillée à l’église catholique Prince of Peace, à Scarborough, rassemblant plus de 600 personnes venues soutenir leurs démarches. Une autre veillée en son hommage est également tenue par son employeur de la garderie St. Bernadette.
En juin 2008, l’association canine Ottawa Valley Search and Rescue Dog Association rejoint les recherches, grâce au soutien de la fondation John Francis. Les équipes signalent alors à la police le comportement étrange de leurs chiens près d’un large trou situé dans le parc. Une enquête est menée sur place le 18 juin par des techniciens médico-légaux, mais aucune preuve ni élément concret n’est découvert pour expliquer la réaction des chiens.
En novembre 2008, des chiens renifleurs auraient détecté la présence de restes humains dans la rivière Hewitson dans le parc Rainbow Falls. Mais l’enquête n’a pas pu être approfondie à cause de la vitesse et de la profondeur de l’eau. En octobre 2010, des restes humains sont trouvés aux alentours de Thunder Bay. Mais après avoir été analysés, il a été confirmé qu’il ne s’agissait pas de Christina.
Faith, Eddy et Joe ont été interrogés à trois reprises, et les enquêteurs ont conclu qu’aucun élément ne permettait de les considérer comme suspects. Eddy a exprimé à plusieurs reprises ses regrets d’avoir laissé son amie partir seule, sachant qu’aucun d’eux ne connaissait très bien la région.
Un témoin, Paul Gauthier, affirme avoir aperçu Christina le jour de sa disparition. Le 6 août 2007, vers 9h, il se trouvait à l’extérieur de son camping-car lorsqu’il a vu une jeune femme ressemblant à Christina traverser l’autoroute, non loin du camping Rossport. Gauthier se trouvait à seulement trois kilomètres de l’endroit où Christina et Eddy s’étaient séparés, mais son témoignage n’a finalement apporté aucun élément supplémentaire à l’enquête.

Au début, les enquêteurs ont envisagé que Christina ait pu être victime d’une attaque d’animaux sauvages. Le parc abrite en effet des ours, des loups et même des wapitis. Cependant, ce type d’attaque reste relativement rare, et même si Christina avait été attaquée, on aurait nécessairement retrouvé des signes de lutte, du sang ou des vêtements déchirés.
Une autre hypothèse avancée était que Christina se soit perdue dans les bois et ait succombé aux éléments. La jeune femme était connue pour avoir un mauvais sens de l’orientation, mais sa mère a souligné qu’elle avait de l’expérience en survie et aurait pu tenir plusieurs jours. Cependant, les sentiers du parc sont bien balisés et une seule personne s’était perdue auparavant, avant d’être retrouvée quelques heures plus tard. Même si Christina s’était effectivement égarée, on aurait normalement retrouvé quelque chose, que ce soit son corps ou ses effets personnels.
La piste criminelle a alors été envisagée. Peut-être Christina avait-elle croisé quelqu’un aux intentions malveillantes alors qu’elle se trouvait seule dans les bois. Sa proximité avec une route transcanadienne la rendait particulièrement vulnérable : un prédateur aurait pu la contraindre à monter dans un véhicule pour l’enlever. Le fait qu’aucune trace d’elle n’ait été retrouvée dans le parc, malgré l’ampleur des recherches et les moyens déployés, renforce cette hypothèse inquiétante.
À ce jour, Christina Calayca demeure introuvable et sa disparition reste un mystère.

