Le cas de Diane Augat : une disparition troublante.

Diane est née le 21 février 1958. Elle vivait dans le quartier de Chesapeake Bay Drive à Odessa, dans l’Etat de Floride aux Etats-Unis. Elle était décrite comme étant une épouse et une mère attentionnée, aimant la musique, la pêche et le camping.

Mais dans sa trentaine, on a diagnostiqué à Diane un trouble bipolaire qui la conduisait parfois dans des états de dépression sévère. Son mari Frederic et d’autres proches l’avaient surprise plusieurs fois en train de se parler toute seule, à tel point qu’ils l’avaient convaincue de se rendre chez un médecin. Après la découverte de son trouble bipolaire, Diane devait prendre des médicaments. Son état s’était stabilisé grâce à son traitement, mais lorsqu’elle se sentait mieux, il lui arrivait de ne pas prendre ses pilules, et cela n’avait fait qu’aggraver son état.

Frederic demande le divorce en 1991 et il obtient la garde complète de leurs enfants. Ce fut le début de la descente aux enfers pour Diane, qui tenta de trouver du réconfort dans l’alcool. « Le cœur de son problème de santé mentale a été la perte de ses enfants. Elle mettait des photos d’eux sur son réfrigérateur et les regardait. Elle restait là et pleurait sans arrêt. » a confié Mildred Young, la mère de Diane.

Au cours des années qui suivirent, l’état de Diane ne s’arrangeait pas et elle fut incarcérée pas moins de 32 fois pour des délits mineurs. Elle fit également plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Après de sa dernière hospitalisation, Diane s’en alla vivre chez sa soeur Deborah Cronin, qui habitait dans la ville d’Hudson. Deborah s’inquiétait pour elle, et elle avait donc proposé à Diane d’emménager dans son foyer afin de l’aider à reprendre sa vie en main, mais également pour mieux la surveiller.

Le 10 avril 1998, Diane quitte le domicile de sa soeur vers 11h pour se rendre à un rendez-vous chez son médecin. Deborah se trouvait chez elle à ce moment-là, et elle a bien vu Diane partir à son rendez-vous. Plus tard dans la même journée, Diane s’est rendue au pub Hay Loft, situé qu’à quelques kilomètres du domicile de Deborah. Le barman rapportera que Diane buvait beaucoup, à tel point qu’il avait arrêté de la servir. Il ajoutera que la femme avait un comportement étrange, elle se parlait à elle-même et tournait en rond. Le barman a fini par lui exiger de sortir, et c’est ce que Diane a fait. Ce soir-là, Diane ne rentrera pas chez sa soeur.

Le Coral Sands Motel

Le 11 avril, un automobiliste pense avoir aperçu Diane en train de marcher seule sur la US 19, près de New York Avenue. Entre le 11 et le 13 avril, Diane aurait été vue au Coral Sands Motel, et une serveuse affirme l’avoir également vue déjeuner à l’hôtel Inn on the Gulf. Le 13 avril, Mildred reçoit un appel téléphonique de sa fille. Mais elle ne se trouvait pas chez elle à ce moment-là. Lorsque Mildred rentre chez elle, elle découvre qu’un message vocal a été laissé sur le répondeur. Lorsqu’elle écoute le message, son sang se glace.

Elle y entend sa fille en train de crier : « A l’aide ! A l’aide ! Laisse-moi partir ! », puis des bruits de lutte, comme si quelqu’un essayait de lui arracher le téléphone des mains. Elle entend Diane crier une dernière phrase : « Donne-moi ça ! » puis l’appel se coupe. Lorsque la mère de Diane a tenté de rappeler, personne n’a répondu.

L’identification a indiqué que l’appel provenait d’une entreprise nommée Starlight qui se trouvait à Odessa. Mais en faisant des recherches, les enquêteurs se sont rendu compte qu’il y avait pas moins de six entreprises portant le nom de Starlight, toutes dans un rayon de 70km autour d’Odessa, mais aucune à Odessa même.

Le 15 avril, un doigt coupé dont l’ongle est vernis en rouge a été retrouvé au bord de la route US 19, près de New York Avenue, soit dans la même zone où Diane aurait été aperçue en train de marcher le 11 avril. Ce doigt sera identifié comme étant celui de Diane Augat grâce à l’empreinte digitale. Ses proches affirment qu’au moment de sa disparition, Diane portait un vernis à ongle corail. Pourquoi aurait-on repeint ses ongles en rouge ? Et pourquoi avoir laissé son doigt coupé au bord d’une route ? Ayant eu des problèmes avec la drogue, Diane aurait-elle pu être impliquée dans des affaires louches ? Pourrait-il donc s’agir d’un avertissement ? Ou tout simplement d’une erreur d’inattention de la part de son meurtrier ?

Entre le 10 et le 18 avril, la maison où vivait Diane à Chesapeake Bay Drive fut cambriolée, mais les policiers n’ont jamais retrouvé les coupables. Ils pensent qu’il pourrait s’agir de personnes que Diane fréquentait. Le 18 avril, la propriétaire d’une épicerie où Diane avait l’habitude de se rendre découvre un sac en plastique dans l’un des congélateurs extérieur de son magasin, avec à l’intérieur des vêtements soigneusement pliés. Plus tard, Deborah va reconnaître ses propres vêtements qu’elle avait prêté à Diane lorsqu’elle avait emménager chez elle.

En novembre 2000, Terry Wilson, la femme du frère de Diane, se rend au dépanneur Circle K situé sur la US 19. Elle va alors faire une découverte étrange. Posé sur le comptoir, elle trouve une pochette transparente sur laquelle est écrit le prénom de Diane au marqueur. A l’intérieur il y avait un eye-liner, une bouteille de parfum Taboo, un rouge à lèvres appartenant à Diane, et un tube de dentifrice provenant de l’hôpital psychiatrique où Diane a été hospitalisée. Mildred a confirmé que ces objets appartenaient à sa fille. De plus, le Circle K se trouve dans un quartier que Diane avait pour habitude de fréquenter. Qui avait déposé les affaires de Diane à cet endroit ? Pourquoi ?

En 2001, Deborah a reçu un appel d’un des enquêteurs pour lui annoncer qu’un homme était suspecté dans la disparition de Diane. Il s’appelle Gary Robert Evers, il a 52 ans et il est le gérant du Coral Sands Motel, un des derniers endroits où Diane a été vue. Le 27 juin 2001, deux hommes armés et masqués ont fait irruption dans le Coral Sands Motel vers 4h du matin, et Evers avait réussi à les faire fuir en les menaçant avec une arme. Le lendemain, Evers avait confronté Todd Kammers, 26 ans, un délinquant connu des environs. Il l’avait accusé d’avoir participé au cambriolage, ce que Kammers niait. Evers avait alors sorti un pistolet et abattu Kammers.

Hormis le fait que le motel fut l’un des derniers endroits où Diane a été aperçue, et que son doigt a été retrouvé à un pâté de maison du motel également, il n’y avait aucune piste qui aurait pu rattacher Evers à Diane. D’ailleurs, il ne fut jamais inculpé pour la disparition de Diane Augat. En revanche, il fut condamné à perpétuité pour l’assassinat de Kammers, et il mourut en prison en 2012.

Sa mère pense que la maladie mentale de Diane a pu jouer dans sa disparition, car en plus d’être victime de crises lorsqu’elle ne prenait pas ses médicaments, elle faisait aussi facilement confiance aux étrangers. Peut-être que quelqu’un avait profité de sa vulnérabilité ? En revanche, il est très étrange que les effets personnels de Diane furent disposés de manière à ce que sa famille les trouve, comme pour les narguer. De plus, il se pourrait que le responsable de la disparition de Diane la connaissait suffisamment pour savoir quels endroits elle avait l’habitude de fréquenter, et qu’il y avait des chances que ses proches tombent dessus.

A ce jour l’enquête est au point mort. Depuis 2001, il n’y eut plus aucun suspect ni témoin dans la disparition étrange de Diane Augat.

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